Conditions générales, garanties légales, impayés et litiges avec des clients particuliers

Avocat droit de la consommation à Paris : le professionnel face à son client consommateur.

Conditions générales de vente, devis, bons de commande, garantie légale de conformité, vices cachés, factures restées impayées et réclamations de clients particuliers : le code de la consommation impose au professionnel des règles d'ordre public. Le cabinet examine les contrats et les litiges sous cet angle.

Avant de répondre à une réclamation ou de relancer un impayé, vérifiez la qualité du client, la date d'achèvement de la prestation et la clause invoquée : le délai de deux ans et la liste des clauses interdites changent souvent l'issue.

Droit de la consommation · Paris

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Envoyez vos conditions générales, le devis ou le bon de commande, la facture, la réclamation du client et vos échanges : le cabinet examine la qualité des parties, les clauses en cause et les délais applicables.

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juridique

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Étude préalable de votre dossier. Examen de vos pièces et première analyse écrite de Maître Reda KOHEN, sous 24 à 48 heures ouvrées. Le règlement s'effectue en ligne après l'envoi de ce formulaire.

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Ils parlent de nous

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Droit de la consommation : ce que le professionnel doit maîtriser

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit des affaires · Paris 17e

Ce que fait un avocat droit de la consommation à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit des affaires
  • Contrats de consommation

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, intervient en droit des affaires et peut accompagner les entreprises, artisans et commerçants dans leurs relations contractuelles avec des clients particuliers.

Le droit de la consommation est souvent présenté du côté de l'acheteur. Pour l'entreprise, il se traduit par des obligations précises, un contrôle de ses contrats par le juge et des délais plus courts que ceux du droit commercial.

Le cabinet examine trois questions dans cet ordre : le client est-il un consommateur ou un non-professionnel, la clause ou la garantie invoquée est-elle opposable, et l'action reste-t-elle ouverte, notamment l'action en paiement du professionnel contre un consommateur, soumise au délai de deux ans de l'article L. 218-2 du code de la consommation. La réponse oriente ensuite la négociation, la réponse à la réclamation ou la procédure.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

La qualité du client

L'article liminaire du code de la consommation distingue consommateur, non-professionnel et professionnel. Cette qualification décide si la protection s'applique.

Les clauses du contrat

Une clause créant un déséquilibre significatif est réputée non écrite selon l'article L. 241-1 du code de la consommation, et le reste du contrat demeure s'il peut subsister sans elle.

Les délais propres

L'action du professionnel contre un consommateur pour ses biens ou services se prescrit par deux ans. Un impayé ancien se vérifie avant toute relance.

Les règles

Clauses, garanties, délais : les règles qui s'imposent au professionnel

Quatre ensembles de règles encadrent la relation entre une entreprise et un client particulier.

  1. Dans un contrat conclu avec un consommateur, est abusive la clause qui crée à son détriment un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties (article L. 212-1 du code de la consommation). L'article R. 212-1 du code de la consommation dresse une liste de clauses présumées abusives de manière irréfragable, et l'article R. 212-2 du code de la consommation une liste de clauses présumées abusives sauf preuve contraire du professionnel.
  2. La protection dépend de la qualité du client. Le consommateur est une personne physique qui agit hors de son activité professionnelle, et l'article L. 212-2 du code de la consommation étend la règle aux personnes morales non professionnelles. La chambre commerciale a cassé un arrêt qui avait accordé cette protection à une société agissant pour les besoins de son activité (Cass. com., 14 octobre 2026, n° 25-15.388).
  3. Le vendeur répond des défauts de conformité qui apparaissent dans les deux ans de la délivrance (article L. 217-3 du code de la consommation). Ces défauts sont présumés exister lors de la délivrance pendant vingt-quatre mois, ou douze mois pour un bien d'occasion selon la version actuelle de l'article L. 217-7 du code de la consommation. Le vendeur professionnel reste aussi tenu de la garantie des vices cachés de l'article 1641 du code civil.
  4. L'action des professionnels pour les biens ou services fournis aux consommateurs se prescrit par deux ans (article L. 218-2 du code de la consommation). Pour une action en paiement de travaux, la Cour de cassation retient la connaissance des faits par le professionnel, qui peut résulter de l'achèvement des travaux ou de l'exécution des prestations (Cass. 1re civ., 19 mai 2021, n° 20-12.520).

Le juge peut relever d'office les dispositions du code de la consommation et écarte d'office une clause dont le caractère abusif ressort des débats, après avoir recueilli les observations des parties (article R. 632-1 du code de la consommation).

Vos pièces

Les documents à réunir selon votre position

Le contrat signé, sa date et la chronologie de l'exécution permettent de situer le litige dans le bon régime.

Position A

Vous êtes le professionnel

  • Conditions générales de vente ou de prestation dans la version acceptée par le client, avec la preuve de leur acceptation
  • Devis, bon de commande, contrat signé, factures et justificatifs de livraison ou d'achèvement des travaux
  • Réclamation du client, échanges, rapports d'intervention et éléments techniques sur le défaut allégué
  • Coordonnées du médiateur de la consommation communiquées au client et suite donnée à la réclamation

Position B

Votre client conteste

  • Mise en demeure, saisine du médiateur, assignation ou injonction reçue
  • Clause précise invoquée par le client et version du contrat qui la contient
  • Date de délivrance du bien, date d'apparition du défaut et interventions déjà réalisées
  • Tout élément sur l'usage du bien ou du service, privé, professionnel ou mixte

Ne modifiez pas vos conditions générales en cours de litige sans conserver la version applicable au contrat en cause : c'est elle que le juge examinera.

Le cabinet traite aussi :

  • Conditions générales de vente
  • Garantie légale de conformité
  • Recouvrement d'impayés
  • Médiation de la consommation

La méthode

Comment le cabinet examine votre dossier

Qualifier la relation, contrôler le contrat, vérifier les délais, puis choisir la réponse.

Étape 1

Qualifier le client et l'opération

Le cabinet recherche si le client a agi à des fins personnelles, professionnelles ou mixtes, et s'il s'agit d'une personne physique ou d'une personne morale.

Étape 2

Relire le contrat clause par clause

Chaque clause discutée est confrontée aux listes des articles R. 212-1 et R. 212-2 et à l'exigence de rédaction claire et compréhensible de l'article L. 211-1.

Étape 3

Vérifier la garantie et les délais

Le cabinet distingue garantie légale de conformité, garantie des vices cachés et garantie commerciale, puis calcule les délais de prescription applicables.

Étape 4

Répondre, négocier ou agir

Selon l'analyse, il prépare une réponse motivée à la réclamation, une proposition transactionnelle, une médiation, une action en paiement ou la défense devant le tribunal.

Une clause écartée ne fait pas tomber le contrat lorsqu'il peut subsister sans elle. L'analyse porte donc aussi sur ce qui reste dû une fois la clause retirée.

Le calendrier

Le déroulé d'un litige avec un client consommateur

De la formation du contrat à la décision, chaque étape conditionne la suivante.

  1. Formation du contrat

    Avant la signature. Informations précontractuelles de l'article L. 111-1, conditions générales remises et acceptées, coordonnées du médiateur.

  2. Délivrance ou exécution

    La date de délivrance ouvre les délais de la garantie légale de conformité ; l'achèvement des travaux peut marquer le point de départ de la prescription biennale.

  3. Réclamation du client

    Le professionnel répond par écrit, vérifie le défaut allégué et, en cas d'échec, communique à nouveau les coordonnées du médiateur.

  4. Mise en conformité

    Réparation ou remplacement dans un délai qui ne peut dépasser trente jours suivant la demande, sauf refus justifié par l'article L. 217-12.

  5. Médiation ou mise en demeure

    Une médiation de la consommation ou une mise en demeure motivée permet souvent de clore le différend sans procès.

  6. Procédure

    Action en paiement dans les deux ans, ou défense devant la juridiction choisie par le consommateur dans les conditions de l'article R. 631-3.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant de répondre au client

Une position solide repose sur des vérifications faites dans le bon ordre.

  • Qualité du client : personne physique ou morale, usage privé, professionnel ou mixte du bien ou du service.
  • Version du contrat : conditions générales en vigueur à la signature, preuve de leur remise et de leur acceptation.
  • Clauses sensibles : responsabilité, résiliation, acompte, indemnité, réception du bien, modification unilatérale, compétence.
  • Garantie en cause : conformité, vices cachés ou garantie commerciale, avec les dates de délivrance et d'apparition du défaut.
  • Délais : prescription biennale de l'action du professionnel, délai de deux ans pour l'action en garantie des vices cachés, échéances d'un paiement échelonné.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les situations les plus fréquentes et la première priorité de chacune.

Situation

Client qui conteste une clause des conditions générales

Preuve décisive : Version signée des conditions générales, preuve de leur acceptation, clause exacte invoquée.

Délai : Analyser la clause avant toute réponse écrite qui la reprendrait.

Action utile : Confronter la clause aux listes réglementaires et mesurer ce qui reste dû sans elle.

Situation

Annulation par le client et sommes déjà versées

Preuve décisive : Contrat, échéancier, motifs de l'annulation et prestations déjà fournies.

Délai : Répondre rapidement pour fixer les positions avant une médiation.

Action utile : Vérifier la clause de dédit ou de forfait au regard de l'article R. 212-2 et de la jurisprudence récente.

Situation

Défaut signalé sur un bien vendu

Preuve décisive : Date de délivrance, nature du défaut, usage du bien, rapport technique.

Délai : Mise en conformité dans les trente jours de la demande.

Action utile : Proposer la réparation ou le remplacement, ou motiver un refus fondé sur l'article L. 217-12.

Situation

Facture impayée par un particulier

Preuve décisive : Devis accepté, facture, procès-verbal de fin de travaux ou preuve d'exécution.

Délai : Deux ans à compter de la connaissance des faits, souvent l'achèvement.

Action utile : Mise en demeure, injonction de payer ou action au fond avant l'expiration du délai.

Situation

Client personne morale qui invoque le code

Preuve décisive : Objet social du client, finalité du contrat, lien avec son activité.

Délai : Qualifier la relation dès la première réclamation.

Action utile : Démontrer, le cas échéant, que le client a contracté pour les besoins de son activité.

Situation

Assignation devant le tribunal du domicile du client

Preuve décisive : Lieu de résidence du client lors de la conclusion du contrat, clause attributive éventuelle.

Délai : Soulever l'exception d'incompétence avec les autres exceptions, avant toute défense au fond ou fin de non-recevoir (article 74 du code de procédure civile).

Action utile : Vérifier l'application de l'article R. 631-3 avant de contester la compétence.

Questions fréquentes

Vos questions : droit de la consommation

Quand un client est-il un consommateur au sens du code de la consommation ?

L'article liminaire du code de la consommation définit le consommateur comme une personne physique qui agit à des fins n'entrant pas dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole. La qualification ne dépend pas du métier du client, mais de la finalité du contrat conclu. Un médecin peut ainsi être consommateur pour un achat sans rapport avec son exercice. La Cour de cassation l'a jugé pour un neurologue qui avait réservé une chambre d'hôtel dans la ville où se tenait un congrès médical, en cassant le jugement qui lui refusait cette qualité (Cass. 1re civ., 31 août 2022, n° 21-11.097). Elle admet aussi qu'un acheteur conserve la qualité de consommateur lorsque l'usage professionnel reste limité. Dans un arrêt rendu contre un garage, elle juge que « l'usage mixte d'un véhicule, acheté à des fins privées comme professionnelles, ne suffit pas à faire perdre à l'acheteuse sa qualité de consommatrice » (Cass. 1re civ., 11 mars 2026, n° 24-16.635). Pour le professionnel, la conséquence est pratique. Il ne suffit pas de relever que le client exerce une profession, il faut établir que le contrat servait principalement cette activité. Le cabinet vérifie donc l'objet de l'achat, son usage déclaré et les mentions du bon de commande.

Une société cliente peut-elle invoquer les clauses abusives contre le professionnel ?

Oui, mais seulement si elle agit en non-professionnel. L'article L. 212-2 du code de la consommation étend la protection contre les clauses abusives aux contrats conclus avec des non-professionnels, définis par l'article liminaire comme des personnes morales qui n'agissent pas à des fins professionnelles. Appliquant l'ancien article L. 132-1, la Cour de cassation précise qu'« Est un non-professionnel, au sens de ce texte, une personne morale qui n'agit pas pour les besoins de son activité professionnelle » (Cass. 1re civ., 21 janvier 2026, n° 24-11.365). Dans cette affaire, elle a cassé l'arrêt qui avait protégé un établissement d'enseignement ayant souscrit des contrats de maintenance de photocopieurs, faute d'avoir exclu que ces contrats servaient son activité. La chambre commerciale va dans le même sens à propos d'une société de location de bateaux, qui avait la qualité de professionnel dès lors qu'elle agissait pour son activité commerciale (Cass. com., 14 octobre 2026, n° 25-15.388). La qualification s'apprécie au regard de la personne morale elle-même. La troisième chambre civile juge que « la qualité de non-professionnel d'une personne morale s'apprécie au regard de son activité et non de celle de son représentant légal » (Cass. 3e civ., 17 octobre 2019, n° 18-18.469). Le professionnel doit donc documenter le lien entre le contrat et l'activité de la société cliente.

Comment savoir si une clause de mes conditions générales est abusive ?

Le contrôle se fait en trois temps. Il faut d'abord comparer la clause à la liste de l'article R. 212-1 du code de la consommation, dont les clauses sont présumées abusives de manière irréfragable. Sont notamment visées les clauses qui suppriment ou réduisent le droit à réparation du consommateur, ou qui lui interdisent de demander la résolution en cas d'inexécution par le professionnel. Il faut ensuite consulter l'article R. 212-2 du code de la consommation, dont les clauses sont seulement présumées abusives, le professionnel pouvant prouver le contraire. Enfin, une clause absente de ces listes reste soumise au critère général de l'article L. 212-1 du code de la consommation, qui recherche un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties. L'appréciation tient compte des circonstances de la conclusion et des autres clauses du contrat. Elle ne porte ni sur la définition de l'objet principal du contrat ni sur l'adéquation du prix au bien ou au service, à condition que la clause soit rédigée de façon claire et compréhensible. L'article L. 211-1 du code de la consommation ajoute qu'en cas de doute, la clause s'interprète dans le sens le plus favorable au consommateur. Le cabinet relit donc chaque clause sensible de vos conditions générales, signale celles qui figurent sur une liste et propose une rédaction plus équilibrée lorsque le risque est sérieux.

Que se passe-t-il si le juge écarte une clause de mon contrat ?

Selon l'article L. 241-1 du code de la consommation, les clauses abusives sont réputées non écrites, et le contrat reste applicable dans ses autres dispositions s'il peut subsister sans elles. La sanction vise donc la clause, pas l'ensemble de l'engagement du client. Le professionnel conserve en principe son droit au prix, mais perd l'avantage que lui donnait la clause écartée, par exemple une limitation de responsabilité ou une indemnité forfaitaire. Ce contrôle ne dépend pas de l'argumentation du client. L'article R. 632-1 du code de la consommation autorise le juge à relever d'office les dispositions du code et lui impose d'écarter une clause dont le caractère abusif ressort des éléments du débat, après avoir recueilli les observations des parties. La deuxième chambre civile rappelle, à la suite de la Cour de justice, que « le juge national est tenu d'examiner d'office le caractère abusif d'une clause contractuelle dès qu'il dispose des éléments de droit et de fait nécessaires à cet effet » (Cass. 2e civ., 14 octobre 2021, n° 19-11.758). Dans cette affaire, l'arrêt favorable à l'assureur a été cassé faute d'un tel examen. Une action en paiement fondée sur une clause fragile peut donc se retourner contre le professionnel, même lorsque le client ne comparaît pas.

Peut-on conserver l'acompte ou le prix lorsque le client renonce au contrat ?

Pas automatiquement. L'article R. 212-2 du code de la consommation présume abusive la clause qui autorise le professionnel à conserver les sommes versées lorsque le consommateur renonce, sans prévoir une indemnité équivalente au profit du consommateur si c'est le professionnel qui renonce. Il présume aussi abusive l'indemnité manifestement disproportionnée mise à la charge du consommateur défaillant. La Cour de cassation a récemment appliqué l'article L. 212-1 du code de la consommation à un forfait de scolarité. Elle juge que « La stipulation contractuelle qui fait du prix total de la scolarité un forfait intégralement acquis à l'école dès la signature du contrat, sans réserver le cas d'une résiliation pour un motif légitime et impérieux ou un cas de force majeure créé un déséquilibre significatif au détriment de l'élève » (Cass. 1re civ., 26 novembre 2025, n° 24-14.269). Le pourvoi de l'établissement a été rejeté. Cette décision est défavorable au professionnel. Elle ajoute que la présence d'une réserve pour motif légitime ne suffit pas toujours à sauver la clause, qui peut encore procurer un avantage excessif. Pour une formation, un abonnement ou une prestation payée d'avance, le cabinet vérifie la rédaction de la clause de dédit, la réciprocité prévue et la proportion entre l'indemnité et le préjudice réel.

Une clause de prise en charge du bien en bon état protège-t-elle le professionnel ?

Elle le protège beaucoup moins qu'on ne le croit. Dans une affaire de location de véhicule, le contrat faisait reconnaître au locataire la délivrance d'un véhicule en état satisfaisant, sans réserver les défauts non apparents lors de la prise en charge. La Cour de cassation a jugé que cette clause relevait des 6° et 7° de l'article R. 212-1 du code de la consommation, qui visent la suppression du droit à réparation et l'interdiction de demander la résolution. Elle précise que « Cette liste noire s'imposant au juge, sans que la preuve contraire puisse être apportée, le jugement doit être infirmé sur ce point » (Cass. 1re civ., 17 décembre 2025, n° 24-11.295). Statuant au fond, elle a réputé la clause non écrite. L'issue doit toutefois être lue en entier. La même décision maintient le rejet des demandes de résiliation et d'indemnisation du locataire, faute de preuve de l'avarie et du préjudice. La clause disparaît, mais le consommateur doit encore prouver le manquement qu'il reproche. Pour un loueur, un vendeur ou un prestataire, l'enseignement est double. Le procès-verbal de remise reste utile comme preuve de l'état apparent, mais il ne peut fermer tout recours sur les défauts cachés. La rédaction du contrat doit en tenir compte.

Quelles sont les obligations du vendeur au titre de la garantie légale de conformité ?

Selon l'article L. 217-3 du code de la consommation, le vendeur délivre un bien conforme au contrat et répond des défauts de conformité existant à la délivrance qui apparaissent dans les deux ans. L'article L. 217-7 du code de la consommation présume que les défauts apparus dans les vingt-quatre mois existaient déjà à la délivrance, sauf preuve contraire ; pour les biens d'occasion, ce délai est aujourd'hui de douze mois. Le consommateur choisit entre la réparation et le remplacement selon l'article L. 217-9 du code de la consommation, et la mise en conformité doit intervenir dans un délai qui ne peut dépasser trente jours suivant sa demande (article L. 217-10). À défaut, l'article L. 217-14 du code de la consommation lui ouvre la réduction du prix ou la résolution du contrat. Un défaut assez grave permet d'y recourir immédiatement, mais la résolution est exclue lorsque le vendeur démontre que le défaut est mineur. La Cour de cassation a appliqué la présomption à un véhicule d'occasion tombé en panne de moteur cinq mois après la vente, sous l'empire de l'ancienne rédaction qui fixait ce délai à six mois. Elle a rejeté le pourvoi du vendeur, faute pour celui-ci de prouver une cause postérieure à la délivrance (Cass. 1re civ., 11 mars 2026, n° 24-16.635). Cette décision est défavorable au vendeur professionnel. En pratique, le vendeur qui conteste un défaut doit réunir des éléments techniques sur son origine, et pas seulement affirmer que le bien fonctionnait lors de la vente.

Le vendeur peut-il refuser la réparation ou le remplacement demandé ?

Oui, dans des limites précises. L'article L. 217-12 du code de la consommation permet au vendeur de ne pas suivre le choix du consommateur lorsque la mise en conformité demandée est impossible ou entraîne des coûts disproportionnés. Le texte apprécie cette disproportion au regard de la valeur du bien sans défaut, de l'importance du défaut et de la possibilité de recourir à l'autre solution sans inconvénient majeur pour le client. Le vendeur peut même refuser toute mise en conformité lorsque celle-ci est impossible ou trop coûteuse au regard des deux premiers critères. Ce refus a un coût juridique. Si les conditions ne sont pas réunies, le consommateur peut, après mise en demeure, poursuivre l'exécution forcée de la solution choisie. Si le vendeur refuse toute mise en conformité, le consommateur peut obtenir la réduction du prix ou la résolution du contrat prévues par l'article L. 217-14 du code de la consommation. Le même texte impose que tout refus soit motivé par écrit ou sur support durable ; le vendeur conserve aussi les éléments chiffrés qui le fondent. L'article L. 217-13 du code de la consommation prévoit en outre qu'un bien réparé au titre de la garantie bénéficie d'une extension de six mois, et qu'un remplacement consécutif à une réparation non réalisée fait courir un nouveau délai de garantie. Le cabinet aide à choisir la réponse et à la rédiger.

Garantie de conformité, vices cachés, garantie commerciale : quelles différences pour le vendeur ?

Les trois régimes se cumulent sans se confondre. La garantie légale de conformité couvre en principe les défauts existant à la délivrance qui apparaissent dans les deux ans, sous réserve des règles propres aux biens comportant des éléments numériques et des prolongations de l'article L. 217-13 ; l'action du consommateur se prescrit à compter du jour où il a connu le défaut (article L. 217-3 du code de la consommation). La garantie des vices cachés de l'article 1641 du code civil vise les défauts cachés qui rendent la chose impropre à son usage, et l'action doit être intentée dans les deux ans de la découverte du vice (article 1648 du code civil). Pour le vendeur professionnel, ce second régime est particulièrement lourd. La chambre commerciale rappelle qu'il résulte de l'article 1645 du code civil « une présomption irréfragable de connaissance par le vendeur professionnel du vice de la chose vendue, qui l'oblige à réparer l'intégralité de tous les dommages qui en sont la conséquence » (Cass. com., 5 juillet 2023, n° 22-11.621). Dans cette affaire, la présomption jouait même contre un acheteur lui-même professionnel. La garantie commerciale, enfin, est un engagement contractuel facultatif défini par l'article L. 217-21 du code de la consommation, qui s'ajoute aux obligations légales et lie le garant selon ses conditions ou celles de sa publicité si elles sont plus favorables. Le professionnel ne peut donc pas présenter sa garantie commerciale comme remplaçant la garantie légale. Le cabinet vérifie la cohérence des documents remis au client sur ces trois points.

Dans quel délai le professionnel doit-il réclamer le paiement à un consommateur ?

L'article L. 218-2 du code de la consommation fixe à deux ans la prescription de l'action des professionnels pour les biens ou services qu'ils fournissent aux consommateurs. Ce délai spécial est bien plus court que la prescription de cinq ans prévue entre commerçants par l'article L. 110-4 du code de commerce. La question du point de départ a évolué. La Cour de cassation retenait autrefois la date d'établissement de la facture pour les travaux. Elle juge désormais qu'« il y a donc lieu de prendre en compte la date de la connaissance des faits qui permet au professionnel d'exercer son action, laquelle peut être caractérisée par l'achèvement des travaux ou l'exécution des prestations » (Cass. 1re civ., 19 mai 2021, n° 20-12.520). Dans cette affaire, elle a toutefois maintenu l'ancienne règle pour l'entreprise en cause, qui ne pouvait anticiper ce revirement. Une facture tardive ne repousse donc plus le délai. Pour un paiement échelonné, la prescription court pour chaque échéance à sa date, tandis que « l'action en paiement du capital restant dû se prescrit à compter de la déchéance du terme, qui emporte son exigibilité » (Cass. 1re civ., 14 février 2018, n° 16-25.285). Le cabinet reconstitue la date d'achèvement, les échéances et les actes interruptifs avant toute relance ou injonction de payer.

Le professionnel doit-il proposer un médiateur de la consommation ?

Oui. L'article L. 612-1 du code de la consommation donne à tout consommateur le droit de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation pour régler à l'amiable le litige qui l'oppose à un professionnel. Le professionnel garantit le recours effectif à un dispositif de médiation, soit en mettant en place le sien, soit en proposant un médiateur répondant aux exigences du code. Lorsqu'un médiateur couvre l'ensemble de son secteur d'activité, il doit toujours permettre au consommateur d'y recourir. L'article L. 616-1 du code de la consommation impose de communiquer les coordonnées du ou des médiateurs compétents. Il exige de rappeler cette information lorsqu'une réclamation préalable adressée au service client n'a pas permis de régler le litige. L'article L. 111-1 du code de la consommation range enfin la possibilité de recourir à un médiateur parmi les informations à fournir avant la conclusion du contrat. Pour l'entreprise, la médiation est aussi un outil. Une réclamation traitée par écrit, puis transmise à un médiateur identifié, fixe les positions et limite le risque d'une procédure. Le cabinet vérifie que les conditions générales et les réponses aux clients mentionnent correctement le médiateur, et peut préparer les observations du professionnel devant celui-ci.

Devant quel tribunal un consommateur peut-il assigner le professionnel ?

L'article R. 631-3 du code de la consommation permet au consommateur de saisir soit l'une des juridictions compétentes selon le code de procédure civile, soit la juridiction du lieu où il demeurait lors de la conclusion du contrat ou de la survenance du fait dommageable. L'article 48 du code de procédure civile répute par ailleurs non écrite toute clause dérogeant aux règles de compétence territoriale, sauf si elle a été convenue entre personnes ayant toutes contracté en qualité de commerçant et spécifiée de façon très apparente dans l'engagement de la partie à laquelle elle est opposée. Une clause attributive insérée dans des conditions générales destinées à des particuliers est donc en principe inefficace. La Cour de cassation l'a appliqué à un professionnel établi en Polynésie française dont le contrat désignait les tribunaux polynésiens. Elle rappelle que « le droit applicable pour trancher au fond un litige est, en principe, sans incidence sur la détermination de la juridiction compétente » (Cass. 1re civ., 11 mars 2026, n° 24-14.698). Le pourvoi du professionnel a été rejeté, et la compétence du tribunal du domicile métropolitain du consommateur confirmée. Cette décision est défavorable au professionnel. En défense, le cabinet vérifie d'abord le lieu de résidence du client lors de la conclusion du contrat, puis apprécie s'il existe une exception de procédure sérieuse à soulever avant toute défense au fond.

Une association de consommateurs peut-elle attaquer mes conditions générales ?

Une association de consommateurs agréée dans les conditions de l'article L. 621-1 du code de la consommation peut demander au juge la suppression d'une clause abusive dans les contrats proposés aux consommateurs, et faire déclarer cette clause non écrite dans tous les contrats identiques du même professionnel (article L. 621-8 du code de la consommation). Elle peut aussi agir en réparation du préjudice causé à l'intérêt collectif des consommateurs (article L. 621-9 du code de la consommation). Le contentieux qui en résulte concerne l'ensemble des contrats proposés, et pas un client isolé. La Cour de cassation a jugé, dans un litige opposant une association à un fournisseur d'énergie, que la demande de suppression devenait irrecevable lorsque le professionnel avait remplacé les clauses critiquées par de nouvelles clauses notifiées à tous les clients concernés, de sorte qu'aucun contrat en cours ne les contenait plus (Cass. 1re civ., 26 septembre 2019, n° 18-10.890). La même décision casse pourtant l'arrêt sur un autre point, au détriment du fournisseur. Elle censure le rejet de la demande d'indemnisation du préjudice collectif causé par les anciennes conditions générales. Dans cette espèce, le remplacement des anciennes clauses dans tous les contrats en cours rendait la suppression sans objet, mais la demande d'indemnisation pour la période passée restait à juger. Une révision régulière des conditions générales réduit ainsi le risque, sans effacer les conséquences des versions antérieures. Le cabinet peut auditer les documents contractuels de l'entreprise et proposer une version révisée, avec une méthode de notification aux clients qui en conserve la preuve.

Sources et pages liées

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Article liminaire du code de la consommationdéfinitions du consommateur, du non-professionnel et du professionnelArticle L. 211-1 du code de la consommationclauses claires et compréhensibles, interprétation favorable au consommateurArticle L. 212-1 du code de la consommationdéfinition de la clause abusiveArticle L. 212-2 du code de la consommationextension aux non-professionnelsArticle R. 212-1 du code de la consommationclauses présumées abusives de manière irréfragableArticle R. 212-2 du code de la consommationclauses présumées abusives sauf preuve contraireArticle L. 241-1 du code de la consommationclauses abusives réputées non écritesArticle L. 217-3 du code de la consommationobligation de délivrance conformeArticle L. 217-7 du code de la consommationprésomption d'antériorité du défautArticle L. 217-9 du code de la consommationchoix entre réparation et remplacementArticle L. 217-10 du code de la consommationmise en conformité dans les trente joursArticle L. 217-12 du code de la consommationrefus de la mise en conformitéArticle L. 217-13 du code de la consommationextension de garantie après réparationArticle L. 217-14 du code de la consommationréduction du prix ou résolutionArticle L. 217-21 du code de la consommationgarantie commercialeArticle L. 218-2 du code de la consommationprescription biennale de l'action du professionnelArticle L. 111-1 du code de la consommationinformation précontractuelleArticle L. 612-1 du code de la consommationdroit à la médiation de la consommationArticle L. 616-1 du code de la consommationcoordonnées du médiateurArticle R. 631-3 du code de la consommationcompétence territoriale au choix du consommateurArticle R. 632-1 du code de la consommationrelevé d'office par le jugeArticle 1641 du code civilgarantie des vices cachésArticle 1645 du code civilvendeur qui connaissait les vicesArticle 1648 du code civildélai de l'action en garantie des vices cachésArticle 48 du code de procédure civileclauses dérogeant à la compétence territorialeArticle L. 110-4 du code de commerceprescription quinquennale entre commerçantsArticle L. 621-1 du code de la consommationassociations de consommateurs agrééesArticle L. 621-8 du code de la consommationsuppression des clauses abusives à la demande d'une associationArticle L. 621-9 du code de la consommationréparation du préjudice collectifArticle 74 du code de procédure civileexceptions de procédure avant toute défense au fond

Pour aller plus loin

Page mise à jour le 1er novembre 2026.

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