Bail d'habitation — bailleurs et locataires

Avocat bail d'habitation à Paris : sécuriser le contrat, les loyers et la sortie.

La loi du 6 juillet 1989 est d'ordre public : chaque clause, chaque congé et chaque décompte de charges obéit à des règles précises. Le cabinet audite le bail, contrôle l'encadrement des loyers parisien et défend bailleurs comme locataires devant le juge des contentieux de la protection.

Un congé se conteste avant la fin du préavis. Envoyez le bail et le congé sans attendre : première lecture sous 24 à 48 heures.

Maître Reda Kohen, avocat bail d'habitation à Paris

Maître Reda Kohen

Avocat au Barreau de Paris — droit immobilier et baux d'habitation.

Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr

Page mise à jour le 11 juin 2026.

Une loi d'ordre public

La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 s'impose aux parties dès que le logement est la résidence principale du locataire. Toute clause contraire est réputée non écrite, sans invalider le reste du bail.

Des loyers encadrés à Paris

Le loyer de base ne peut pas excéder le loyer de référence majoré fixé en application de la loi ELAN. Un complément de loyer ne se justifie que par des caractéristiques exceptionnelles.

Des congés très formalistes

Préavis d'un mois pour le locataire en zone tendue, six mois et un motif obligatoire pour le bailleur. Un congé pour vendre incomplet est nul : la description du bien et le prix doivent être exacts.

Réponse rapide

Le bail d'habitation est régi par la loi du 6 juillet 1989, d'ordre public. Les clauses illicites de l'article 4 sont réputées non écrites, le logement doit être décent pendant toute la durée du bail, les charges se prouvent par pièces justificatives et chaque congé obéit à des délais et à des formes stricts. À Paris, le loyer est en outre encadré. Le bon réflexe : faire lire le bail, le congé ou le décompte par un avocat avant d'agir.

Comprendre votre situation

Bail d'habitation : ce qui décide vraiment du dossier

Sept points pour comprendre votre situation, préparer les bonnes pièces et choisir la bonne action, côté bailleur comme côté locataire.

Panneau 1 — Le cadre

Une loi d'ordre public qui prime sur le contrat

Quatre règles structurent tout le contentieux du bail d'habitation à Paris.

1

La loi du 6 juillet 1989 est d'ordre public : les parties ne peuvent pas y déroger lorsque le logement constitue la résidence principale du locataire.

2

Les clauses interdites par l'article 4 sont réputées non écrites : frais hors décret, résiliation de plein droit hors impayés ou défaut d'assurance, interdiction d'activité associative, visites imposées les jours fériés.

3

Le bailleur doit délivrer un logement décent pendant toute la durée du bail : surface minimale, équipements, sécurité, performance énergétique, absence d'infestation (article 6 de la loi et décret du 30 janvier 2002).

4

À Paris, le loyer est encadré : loyer de référence majoré, mention obligatoire au bail et action en diminution ouverte au locataire.

La sanction du réputé non écrit frappe la clause sans anéantir le bail : le locataire peut refuser d'exécuter une obligation illicite sans risquer la résiliation, et le bailleur prudent fait auditer ses clauses sensibles — indexation, solidarité, restrictions d'usage — avant la signature. La Cour de cassation a rappelé le 16 mai 2024 que l'obligation de délivrer un logement décent pèse sur le bailleur même lorsque les désordres apparaissent en cours de bail, sauf force majeure (Cass. 3e civ., 16 mai 2024, n° 23-12.438).

Panneau 2 — Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle

La qualité du dossier conditionne la rapidité de l'analyse. Chaque pièce a une utilité probatoire propre.

Bailleur

  • Bail signé avec annexes obligatoires (DPE, état des risques, dossier amiante et plomb)
  • État des lieux d'entrée et dernière quittance
  • Justificatifs de propriété et de représentation
  • Décomptes de charges et pièces justificatives, procès-verbaux d'assemblée le cas échéant

Locataire

  • Bail signé et état des lieux d'entrée
  • Courriers de relance adressés au bailleur, avec preuve d'envoi
  • Photographies datées des désordres, factures, attestations
  • Congé reçu ou envoyé, décomptes de charges contestés

Erreurs fréquentes : le bailleur qui omet de remettre les diagnostics à la signature, le locataire qui ne conserve pas la copie de ses courriers.

Le cabinet traite aussi les situations particulières :

Garant et acte de cautionnementSCI familialeBailleur institutionnelColocation et solidarité

Panneau 3 — La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Une méthode en quatre temps, de la première lecture au dénouement.

1

Premier échange et envoi du dossier

Appel ou email pour qualifier la situation. Envoi du bail, des courriers et des pièces. Première lecture juridique sous 24 à 48 heures.

2

Audit du contrat et des correspondances

Vérification des clauses sensibles, contrôle de l'encadrement des loyers, analyse de la chaîne de courriers, identification des pièces manquantes.

3

Stratégie amiable ou contentieuse

Mise en demeure rédigée par le cabinet, négociation directe, ou saisine du juge des contentieux de la protection si la voie amiable échoue.

4

Suivi jusqu'au dénouement

Représentation à l'audience, protocole transactionnel, exécution du jugement, coordination avec le commissaire de justice.

Bon réflexe : avant de signer ou d'envoyer un courrier engageant, faites lire votre projet. Une clause ajustée en quelques minutes évite des mois de contentieux.

Panneau 4 — Le calendrier

La vie d'un bail, de la signature à la restitution

Les étapes types et leurs délais. La durée réelle dépend du bail (nu ou meublé), du bailleur et de la zone.

Signature — J 0

Bail signé, diagnostics remis, dépôt de garantie encaissé, état des lieux d'entrée contradictoire.

Premier mois

Délai pour mettre en demeure le bailleur de mentionner le loyer de référence s'il est absent du contrat.

Chaque année

Régularisation des charges sur justificatifs, révision éventuelle du loyer selon l'IRL.

Échéance triennale

Reconduction tacite du bail nu pour trois ans. Congé bailleur possible : préavis de six mois et motif obligatoire (reprise, vente, motif légitime et sérieux).

Préavis locataire

Un mois à Paris, zone tendue, à tout moment. Notification par lettre recommandée, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé.

Sortie et restitution

État des lieux de sortie contradictoire puis restitution du dépôt : un mois si l'état des lieux est conforme, deux mois sinon. Au-delà, majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard.

Panneau 5 — Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune action ni rédaction n'est engagée sans avoir validé ces points.

Régularité formelle du bail : mentions de l'article 3 de la loi de 1989, annexes, diagnostics, clauses particulières.

Conformité au logement décent : surface, équipements, sécurité électrique et gaz, performance énergétique.

Encadrement parisien : loyer de référence majoré applicable, complément de loyer éventuel, mentions obligatoires.

Calendrier et formes du congé : mode de notification, préavis, motivation, reproduction des alinéas obligatoires, prix et conditions en cas de congé pour vendre.

Charges : existence des pièces justificatives, dont la mise à disposition doit être prouvée (Cass. 3e civ., 21 décembre 2017, n° 16-25.686).

Dépôt de garantie : montant légal, délais de restitution, retenues justifiées par l'état des lieux.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

FAQ

Questions fréquentes

15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.

Quelles clauses sont interdites dans un bail d'habitation ?

L'article 4 de la loi du 6 juillet 1989 dresse une liste de clauses réputées non écrites. Sont interdites notamment les clauses obligeant le locataire à signer un acte de cautionnement à un mandataire, à souscrire une assurance auprès d'un assureur imposé, à payer des frais autres que ceux prévus par décret, à autoriser la visite des lieux les jours fériés ou chômés, ou à supporter une résiliation de plein droit pour un motif autre que le non-paiement, le défaut d'assurance ou le non-respect de l'usage paisible. La sanction n'est pas la nullité de l'ensemble du bail mais le réputé non écrit de la seule clause illicite. Le locataire qui repère une clause litigieuse peut soit en faire constater l'inopposabilité par le juge, soit refuser d'exécuter l'obligation en cause sans craindre la résiliation.

Le bailleur peut-il refuser un dossier locataire pour quelle raison ?

Le bailleur dispose d'une liberté de choix mais celle-ci est encadrée par l'article 1er de la loi de 1989 et par la loi du 27 mai 2008 sur les discriminations. Le bailleur peut écarter un candidat pour des raisons objectives liées à sa solvabilité ou à la cohérence du projet locatif, mais il ne peut pas le faire pour des motifs liés à l'origine, à la situation de famille, à l'orientation sexuelle, à la nationalité, à la grossesse, au handicap ou à toute autre caractéristique personnelle protégée. Le décret du 5 novembre 2015 fixe la liste limitative des pièces que le bailleur peut demander : pièce d'identité, justificatif de domicile, justificatif de revenus, attestation employeur. Demander des documents non listés expose le bailleur à des sanctions. La caution solidaire peut être exigée mais ne peut pas être doublée d'une assurance loyers impayés. Pour le locataire qui se sent discriminé, la voie est l'action en responsabilité civile et la saisine du Défenseur des droits.

Quel est le délai de préavis pour le locataire à Paris ?

Le délai de préavis du locataire est de un mois à Paris, qui est classée en zone tendue par le décret du 10 mai 2013. Le préavis est ramené à un mois également hors zone tendue dans plusieurs hypothèses listées par l'article 15 I de la loi de 1989 : obtention d'un premier emploi, mutation professionnelle, perte d'emploi ou nouvel emploi consécutif à une perte d'emploi, état de santé justifiant un changement de domicile, attribution d'un logement social, bénéficiaire du RSA ou de l'allocation adulte handicapé. Hors ces cas, le préavis de droit commun est de trois mois. Le préavis court à compter de la réception du congé par le bailleur, et non de l'envoi. Le mode de notification doit être lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé. Un courriel ne suffit pas.

Le bailleur doit-il fournir des diagnostics au moment de la signature ?

Oui. L'article 3-3 de la loi de 1989 et l'article L. 271-4 du code de la construction et de l'habitation imposent au bailleur d'annexer au bail un dossier de diagnostic technique. Ce dossier comprend : le diagnostic de performance énergétique en cours de validité, le constat de risque d'exposition au plomb pour les logements construits avant 1949, l'état des risques naturels, miniers, technologiques et de pollution des sols, le diagnostic amiante pour les logements construits avant 1997. Le diagnostic électricité et le diagnostic gaz sont également obligatoires pour les installations de plus de 15 ans. L'absence de remise des diagnostics expose le bailleur à des sanctions et peut justifier une demande indemnitaire du locataire si un préjudice est démontré. Pour les logements situés à Paris, l'arrêté préfectoral d'encadrement des loyers et la mention du loyer de référence majoré complètent ces obligations.

Comment fonctionne l'encadrement des loyers à Paris ?

L'encadrement des loyers à Paris est régi par l'article 140 de la loi ELAN du 23 novembre 2018, à titre expérimental. L'arrêté préfectoral applicable fixe chaque année, par quartier et par catégorie de logement, un loyer de référence, un loyer de référence minoré et un loyer de référence majoré. Le loyer de base ne peut excéder le loyer de référence majoré, sauf complément de loyer justifié par des caractéristiques exceptionnelles. Ces caractéristiques doivent être objectives et exceptionnelles : terrasse, vue panoramique, hauteur sous plafond exceptionnelle, prestations très haut de gamme. Le bail doit mentionner le loyer de référence et le loyer de référence majoré. Si la mention est absente, le locataire dispose d'un délai d'un mois pour mettre en demeure le bailleur de la rectifier. À défaut de réponse, il peut saisir le juge en diminution du loyer.

Le bail peut-il être verbal ?

Théoriquement oui, mais c'est très fortement déconseillé. La loi du 6 juillet 1989 prévoit en son article 3 que le bail doit être établi par écrit, ce qui rend l'écrit obligatoire en pratique. Un bail verbal est valable mais soulève d'innombrables problèmes probatoires : montant du loyer, durée, identité des parties, charges récupérables, date d'entrée. Le locataire qui occupe un logement sans bail écrit conserve la protection de la loi de 1989, et il peut, à tout moment, exiger du bailleur la régularisation par un écrit. Le bailleur, de son côté, ne peut pas se prévaloir d'une absence de bail écrit pour échapper aux obligations légales. En cas de litige, c'est presque toujours le bailleur qui supporte la charge de la preuve, ce qui rend le bail verbal très défavorable à sa position.

Que faire si le bailleur ne fait pas les travaux ?

Plusieurs options selon la nature des travaux et l'urgence. Pour les travaux relevant de l'obligation de délivrance d'un logement décent, le locataire doit d'abord mettre en demeure le bailleur par lettre recommandée. La Cour de cassation a jugé le 16 mai 2024 que seul un cas de force majeure peut exonérer le bailleur de son obligation de délivrance. Si la mise en demeure reste sans effet, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection en référé pour obtenir une injonction de travaux sous astreinte, ou au fond pour obtenir une réduction de loyer et des dommages-intérêts. Pour les travaux d'urgence menaçant la sécurité, la procédure du référé d'heure à heure permet une décision en quelques jours. La consignation du loyer entre les mains d'un séquestre est une autre voie, qui suppose une autorisation judiciaire préalable.

Le locataire peut-il refaire la peinture sans accord ?

Oui pour les travaux d'embellissement courants, non pour les travaux de transformation. L'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 permet au locataire d'aménager le logement et de réaliser à ses frais des travaux d'amélioration, à condition de ne pas modifier la structure ou la disposition des lieux. La peinture, le papier peint, le revêtement de sol amovible, les rideaux, les étagères fixées sans gros œuvre relèvent de cette catégorie. En revanche, abattre une cloison, modifier une cuisine ou une salle de bain, déplacer une prise électrique exigent l'accord écrit préalable du bailleur. À défaut d'accord, le bailleur peut, à la sortie, exiger la remise en état aux frais du locataire ou conserver les améliorations sans indemnité. Le locataire prudent demande l'accord écrit avant tout travail susceptible d'être qualifié de transformation.

Quel délai pour le bailleur pour donner congé ?

Le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail, avec un préavis de six mois en bail nu et de trois mois en bail meublé. Le congé doit être motivé : reprise du logement pour habiter, vente, ou motif légitime et sérieux notamment l'inexécution par le locataire de ses obligations. Le congé pour reprise suppose une intention réelle et sérieuse de venir habiter le logement, soit pour le bailleur, soit pour son conjoint, soit pour un proche limitativement énuméré. Le congé pour vendre vaut offre de vente au profit du locataire et doit indiquer le prix et les conditions de la vente. Le motif légitime et sérieux doit être documenté : impayés répétés, troubles de jouissance, sous-location prohibée. Le locataire peut contester le congé devant le juge des contentieux de la protection avant l'expiration du préavis. Si le congé est annulé, le bail se poursuit pour une nouvelle durée.

Le congé pour vendre est-il encadré ?

Oui, strictement. L'article 15 II de la loi de 1989 fixe les règles. Le congé pour vendre vaut offre de vente au profit du locataire pendant les deux premiers mois du préavis. Le congé doit, à peine de nullité, indiquer le prix et les conditions de la vente projetée. La Cour de cassation a jugé le 12 mars 2020 que le congé doit décrire l'intégralité du bien vendu en cohérence avec le bail, à défaut de quoi il est nul. La Cour de cassation a précisé le 18 février 2009 que les six premiers alinéas de l'article 15 II peuvent être reproduits dans une annexe expressément annoncée. Si le locataire accepte l'offre, la vente est conclue. S'il décline, il peut quitter les lieux à l'expiration du préavis. Si le bailleur vend ensuite à un tiers à un prix inférieur ou à des conditions plus favorables, il doit notifier ces conditions au locataire qui dispose alors d'un nouveau droit de préemption.

Comment renouveler un bail à Paris ?

Le renouvellement du bail d'habitation se fait par tacite reconduction à l'échéance du bail initial. Aucune démarche n'est nécessaire. Le bail nu est reconduit pour trois ans, le bail meublé pour un an. Le bailleur peut, dans le cadre du renouvellement, proposer une révision du loyer s'il estime que celui-ci est manifestement sous-évalué. La proposition doit être notifiée au locataire au moins six mois avant l'échéance et doit être justifiée par des références de loyers de logements comparables. Si le locataire accepte, le bail est renouvelé au nouveau loyer. S'il refuse, les parties peuvent saisir la commission départementale de conciliation puis, à défaut d'accord, le juge des contentieux de la protection. À Paris, l'encadrement des loyers limite la hausse maximale au loyer de référence majoré applicable. Pour le bailleur qui souhaite rompre la reconduction, le congé motivé est la seule voie, avec préavis de six mois pour le bail nu.

Le bailleur peut-il réviser le loyer chaque année ?

Oui, à condition que le bail comporte une clause d'indexation et que cette clause soit valable. La révision annuelle s'effectue selon l'indice de référence des loyers (IRL) publié chaque trimestre par l'INSEE. La clause doit prévoir la périodicité, l'indice de base et l'indice applicable. Si la clause est absente, le bailleur ne peut pas réviser le loyer. Si la clause est défaillante, par exemple parce qu'elle exclut toute baisse de l'indice, elle est susceptible d'être déclarée non écrite. La révision n'est pas automatique : le bailleur doit la demander expressément, par lettre recommandée ou par mention sur la quittance. La révision rétroagit jusqu'à un an. Au-delà, le bailleur perd le bénéfice de la révision pour les années non réclamées, en application de l'article 17-1 de la loi de 1989. Le locataire peut contester une révision excessive en saisissant la commission de conciliation puis le juge.

Quelles charges sont récupérables sur le locataire ?

Le décret du 26 août 1987 fixe la liste limitative des charges récupérables. Sont récupérables les dépenses d'entretien courant des parties communes, l'eau froide, l'eau chaude collective, le chauffage collectif, les ordures ménagères, l'entretien de l'ascenseur, le ménage des parties communes, les menues réparations, les frais de gardiennage dans une limite de 75% du salaire si le gardien assure les deux missions de propreté et d'enlèvement des ordures. Ne sont pas récupérables les gros travaux, les honoraires du syndic, les primes d'assurance de l'immeuble, les frais de procédure du syndicat. La Cour de cassation a rappelé le 21 décembre 2017 que le bailleur doit pouvoir tenir les pièces justificatives à la disposition du locataire, faute de quoi la régularisation peut être contestée. La régularisation est annuelle. Au-delà de trois ans, la régularisation est prescrite et les provisions versées sans justification peuvent être restituées.

L'IRL est-il obligatoire pour la révision ?

Oui. Depuis la loi du 6 juillet 2006, l'indice de référence des loyers (IRL) est le seul indice utilisable pour la révision annuelle d'un loyer d'habitation. Toute clause d'indexation prévoyant un autre indice, par exemple l'indice du coût de la construction, est sans effet pour les baux d'habitation. L'IRL est publié chaque trimestre par l'INSEE et calculé sur la moyenne sur douze mois de l'évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. La révision se fait à la date anniversaire du bail. La formule est : nouveau loyer = ancien loyer × (IRL du trimestre de référence du bail / IRL du même trimestre l'année précédente). Si le bail ne précise pas le trimestre de référence, c'est le dernier IRL publié avant la signature qui s'applique. Le bailleur qui omet la révision pendant plus d'un an perd le bénéfice de l'augmentation pour la période antérieure à un an avant la demande, en application de l'article 17-1.

Quel tribunal compétent pour le bail d'habitation à Paris ?

Le juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Paris est exclusivement compétent pour les litiges relatifs aux baux d'habitation, en application de l'article L. 213-4-3 du code de l'organisation judiciaire. Sa compétence couvre les impayés de loyer, les contestations de charges, les troubles de jouissance, les contestations de congé, les actions en restitution du dépôt de garantie, les demandes de délais de paiement et les demandes en exécution de l'obligation de délivrance. La saisine se fait par assignation pour les demandes au fond et par requête pour certaines demandes spécifiques. La représentation par avocat n'est pas obligatoire mais elle est vivement conseillée. L'appel est ouvert pour les litiges supérieurs à 5 000 euros et porte devant la cour d'appel de Paris. Pour les baux commerciaux et professionnels, c'est le président du tribunal judiciaire qui est compétent en référé et la chambre civile au fond, ce qui est une autre matière.

Références

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Synthèse

Situation, preuve, délai, action

Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.

SituationPreuve décisiveDélaiAction utile
Clause illicite repérée dans le bailBail signé, mentions de l'article 4 de la loi de 1989Aucun délai, exception toujours opposableDemande de constat du caractère non écrit, action en répétition de l'indu
Logement présentant un désordrePhotos datées, expertise contradictoire, mise en demeureDans le mois suivant la constatationMise en demeure de travaux, saisine en référé si urgence
Loyer supérieur au loyer de référence majoréContrat de bail, arrêté préfectoral, observatoire1 mois pour la mise en demeure préalable au jugeMise en demeure de mention puis action en diminution
Charges réclamées sans justificatifsDemande écrite de régularisation, absence de réponse3 ans à compter de l'exigibilitéAction en restitution des provisions versées
Congé reçu sans motivation suffisanteLettre de congé, copie d'envoi, bail viséAvant la fin du préavisAssignation en nullité du congé devant le juge des contentieux de la protection
Dépôt de garantie non restituéÉtat des lieux d'entrée et de sortie, RIB transmis, mise en demeure2 mois après remise des clésMise en demeure de restitution puis assignation

Dossiers

Cas pratiques du cabinet

Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.

Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées en bail d'habitation. Les chiffres correspondent à des dossiers réels mais ont été arrondis par souci de discrétion.

Locataire : 4 800 euros pour logement non décent

Appartement parisien présentant infiltrations, moisissures et installation électrique défaillante. Mise en demeure restée sans réponse, expertise contradictoire, action devant le juge des contentieux de la protection. Indemnité de 4 800 euros et injonction de travaux à charge du bailleur sous astreinte.

Action : obligation de délivrance, article 6 loi 1989. Résultat : indemnisation et travaux.

Bailleur : 6 200 euros de charges récupérées sur 3 ans

Bailleur SCI familiale n'ayant jamais procédé à régularisation annuelle. Reconstitution des décomptes de charges sur trois exercices, communication des pièces justificatives au locataire, négociation amiable, signature d'un protocole. 6 200 euros récupérés sans contentieux.

Action : régularisation amiable. Résultat : recouvrement complet.

Annulation d'une clause d'indexation, baisse de 1 800 euros

Bail comportant une clause d'indexation excluant toute baisse de l'indice. Demande de constatation du caractère non écrit accueillie, recalcul du loyer sur l'IRL réel, baisse rétroactive de 1 800 euros sur deux ans, restitution par le bailleur.

Action : constat du non-écrit. Résultat : baisse rétroactive du loyer.

Un bail, un congé, un litige ? Faites lire avant d'agir.

Bailleur ou locataire, la précision juridique évite la majorité des contentieux. Envoyez le bail, l'état des lieux et les derniers courriers : le cabinet répond sous 24 à 48 heures avec une première lecture et une stratégie.

Les dernières actualités.