Avocat droit du numérique à Paris

Vendre. Contracter. Défendre.

Cavalier d'échecs ouvert sur des pièces noires, image de la stratégie d'une entreprise en ligne
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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Droit du numérique : ce que vit une entreprise qui vend en ligne

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Commerce en ligne, contrats, données · Paris 17e

Ce que fait un avocat en droit du numérique à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit du numérique
  • Cabinet à Paris 17e

Avocat au Barreau de Paris : site et boutique en ligne, contrats avec les prestataires et les plateformes, données, atteintes en ligne.

Le droit du numérique d'un commerçant ou d'une PME tient moins à une loi unique qu'à une suite d'opérations ordinaires. Vendre en ligne oblige à informer le client consommateur avant la commande (article L. 221-5 du code de la consommation) et, sauf exceptions, à laisser vérifier le détail et le prix total avant la confirmation (article 1127-2 du code civil, article 1127-3). Se faire équiper d'un site expose aux démarcheurs, dont la petite entreprise peut parfois se défendre comme un consommateur (article L. 221-3 du code de la consommation). Se défendre en ligne suppose enfin une preuve recevable et une faute démontrée (article 1240 du code civil). Le cabinet part donc de l'opération en cause, puis des pièces qui la prouvent.

Envoyez les contrats, captures et échanges dont vous disposez, même incomplets : le cabinet les classe et vous indique ce qui manque, au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Vendre : une offre conforme

Étapes de la commande, correction des erreurs de saisie, conservation des conditions générales : l'offre faite à titre professionnel par voie électronique doit les prévoir (article 1127-1 du code civil).

Contracter : prestataires et plateformes

Création de site, location financière, abonnement, place de marché : chaque contrat se lit avec ceux qui l'entourent, car leur sort peut être lié (article 1186 du code civil).

Défendre : preuve et déloyauté

Dénigrement, copie, fichier clients emporté, accès frauduleux au système d'information (article 323-1 du code pénal) : l'action se prépare d'abord par la preuve.

Les leviers

Vendre, s'équiper, se défendre en ligne

Quatre règles, tirées de décisions de la Cour de cassation, déterminent la position d'une petite entreprise qui exerce en ligne.

  1. La petite entreprise démarchée pour son site peut être protégée comme un consommateur : selon la Cour de cassation, « le professionnel employant cinq salariés au plus, qui souscrit, hors établissement, un contrat dont l'objet n'entre pas dans le champ de son activité principale, bénéficie des dispositions protectrices du consommateur édictées par ce code » (Cass. 1re civ., 27 novembre 2019, n° 18-22.525). La protection a ses limites, puisque « le contrat ayant pour objet de concevoir et réaliser, pour le compte d'un client, un site internet personnalisé, tel que celui en cause, qui ne porte pas sur le transfert de la propriété d'un ou plusieurs biens meubles au sens de l'article 528 du code civil, ne peut pas être qualifié de vente » (Cass. 1re civ., 28 mai 2026, n° 25-14.507), solution défavorable à la cliente qui comptait le délai de rétractation depuis la livraison du site.
  2. La location financière suit le sort de la prestation qu'elle finance : lorsque les contrats sont interdépendants, « la résolution par voie de notification est opposable à celui contre lequel est invoquée la caducité d'un contrat, par voie de conséquence de l'anéantissement préalable du contrat interdépendant, sans qu'il soit nécessaire de mettre en cause le cocontractant du contrat préalablement résolu » (Cass. com., 5 février 2025, n° 23-23.358), ce que permettent les articles 1186 et 1226 du code civil.
  3. La plateforme qui encadre et promeut les offres peut perdre la qualité d'hébergeur : reprenant la Cour de justice, la Cour de cassation rappelle que l'exonération ne joue pas « lorsque ce prestataire, au lieu de se limiter à une fourniture neutre de service au moyen d'un traitement purement technique et automatique des données fournies par ses clients, joue un rôle actif de nature à lui confier une connaissance ou un contrôle de ces données » (Cass. com., 7 janvier 2026, n° 24-13.163). La décision applique l'ancienne rédaction de l'article 6 de la loi du 21 juin 2004, qui renvoie désormais au règlement européen sur les services numériques.
  4. Critiquer n'est pas toujours dénigrer : la divulgation d'une information qui jette le discrédit sur un produit est fautive, sauf si elle se rapporte à un sujet d'intérêt général, repose sur une base factuelle suffisante et reste mesurée (Cass. com., 9 janvier 2019, n° 17-18.350). La Cour de cassation a ainsi jugé que « les critiques en cause, même sévères, ne dépassaient pas les limites admissibles de la liberté d'expression » (Cass. 1re civ., 11 juillet 2018, n° 17-21.457), solution défavorable au laboratoire qui s'estimait dénigré.

La preuve se construit avant l'action : un constat d'achat reste recevable même si le tiers acheteur manque d'indépendance, le juge en appréciant alors la valeur probante (Cass. ch. mixte, 12 mai 2025, n° 22-20.739), et la seule détention, sur l'ordinateur professionnel du salarié, d'informations confidentielles appartenant à son ancien employeur suffit à caractériser leur appropriation par le nouvel employeur (Cass. com., 2 septembre 2026, n° 25-12.718).

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir pour établir la situation

Dans un dossier numérique, la pièce utile disparaît vite : page modifiée, compte fermé, message supprimé. Elle se conserve dès le premier jour.

Position A

Entreprise qui vend en ligne

  • Conditions générales en vigueur à la date de chaque commande
  • Parcours de commande, récapitulatif et accusé de réception
  • Contrats de création du site, d'hébergement, de location et de maintenance
  • Conditions de la plateforme et échanges avec son service vendeurs

Position B

Entreprise atteinte en ligne

  • Captures datées et adresses exactes des pages en cause
  • Constat d'un commissaire de justice, en ligne ou d'achat
  • Journaux de connexion et traces d'accès au système d'information
  • Preuves des investissements dans le site, la base ou la marque

Erreurs fréquentes : signer sur place le bon de commande d'un site sans vérifier le financement qui l'accompagne ; laisser le compte d'un salarié parti ouvert sur la messagerie ; faire constater une atteinte par une simple capture sans date certaine.

Le cabinet mobilise aussi :

  • Commissaire de justice
  • Expert judiciaire informatique
  • Registre des noms de domaine
  • Plainte pénale

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

L'ordre ne varie pas : qualifier l'opération, fixer la preuve, puis choisir entre la négociation, la notification et le juge.

Étape 1

Qualification

Lecture des contrats et des conditions générales, identification de chaque partie, de son rôle et du texte qui gouverne la relation.

Étape 2

Preuve

Captures datées, constat d'un commissaire de justice, conservation des journaux et des échanges avant toute démarche visible.

Étape 3

Mise en demeure ou notification

Demande écrite au prestataire, à la plateforme ou à l'auteur de l'atteinte ; résolution notifiée lorsque l'inexécution est suffisamment grave.

Étape 4

Action

Référé, action au fond, plainte pénale ou rétractation, selon l'urgence, la preuve réunie et le montant en jeu.

Repères : rétractation de quatorze jours, prolongée de douze mois après ce délai si l'information n'a pas été donnée, le droit expirant quatorze jours après sa réception si elle est fournie pendant la prolongation (article L. 221-20 du code de la consommation) ; accès ou maintien frauduleux dans un système puni de trois ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende (article 323-1 du code pénal).

Le calendrier

Les étapes d'un dossier de droit du numérique

Du premier constat à la décision, durées indicatives selon l'urgence et la preuve disponible ; un délai légal en cours, comme celui de la rétractation, passe avant ce calendrier.

  1. Constat

    Jours 1-3. Captures datées, constat d'un commissaire de justice, conservation des journaux et des contrats.

  2. Analyse

    Semaine 1. Qualification du contrat ou de l'atteinte, délais en cours, texte applicable.

  3. Notification

    Semaines 1-3. Rétractation sans attendre si le délai, compté depuis la conclusion du contrat, court encore ; mise en demeure, résolution notifiée ou signalement à la plateforme.

  4. Négociation

    Selon la réponse. Retrait, restitution, reprise des données, indemnisation, protocole écrit.

  5. Juge

    Référé en cas d'urgence, action au fond ou plainte, avec expertise informatique si la technique est discutée.

  6. Suivi

    Après la décision. Exécution, mise à jour des conditions générales et des contrats pour éviter le retour du litige.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune notification, mise en demeure ni assignation sans avoir validé ces points.

  • Lieu et mode de conclusion du contrat : en ligne, à distance, hors établissement.
  • Effectif de l'entreprise et lien du contrat avec son activité principale.
  • Contrats liés : location financière, maintenance, hébergement, abonnement.
  • Rôle réel de la plateforme : simple stockage ou contrôle des offres.
  • Date certaine et intégrité de chaque capture ou constat.
  • Délais en cours : rétractation, préavis, prescription, renouvellement du nom de domaine.

Synthèse

Situation, risque, acte, décision

Les arbitrages les plus courants pour une entreprise qui exerce en ligne.

Situation

Site vendu par un démarcheur

Risque principal : Contrat long et coûteux, souvent financé par un tiers.

Acte à privilégier : Rétractation selon les articles L. 221-3 et L. 221-18.

Décision recommandée : Vérifier effectif, activité principale, délai restant et exclusions.

Situation

Prestataire défaillant, loyers maintenus

Risque principal : Paiement d'un service qui n'existe plus.

Acte à privilégier : Résolution notifiée puis caducité de la location.

Décision recommandée : Mettre en demeure, notifier les motifs, informer le loueur.

Situation

Compte ou annonces bloqués par une plateforme

Risque principal : Perte du chiffre d'affaires en ligne.

Acte à privilégier : Réclamation interne puis mise en demeure.

Décision recommandée : Qualifier le rôle de la plateforme avant d'agir.

Situation

Produits critiqués en ligne

Risque principal : Atteinte à l'image et aux ventes.

Acte à privilégier : Demande de retrait, action en dénigrement.

Décision recommandée : Mesurer la base factuelle et l'intérêt général.

Situation

Ancien salarié parti avec des fichiers

Risque principal : Clientèle et savoir-faire captés.

Acte à privilégier : Constat, mesure d'instruction, action en responsabilité.

Décision recommandée : Agir vite, preuves de confidentialité à l'appui.

Situation

Nom de domaine proche de la marque

Risque principal : Confusion et détournement de trafic.

Acte à privilégier : Procédure auprès de l'office d'enregistrement ou action en justice.

Décision recommandée : Prouver l'antériorité et l'absence d'intérêt légitime.

Questions fréquentes

Vos questions : droit du numérique de l'entreprise

Quelles situations amènent un commerçant ou une PME vers un avocat en droit du numérique ?

Trois familles reviennent. La première est la vente en ligne : informations à donner avant la commande, parcours de validation, conditions générales, rétractation. La deuxième tient aux contrats d'équipement : création du site, hébergement, maintenance, location financière, abonnement à un logiciel ou à une place de marché. La troisième regroupe les atteintes : dénigrement, copie d'un site ou d'une base, fichier clients emporté, accès frauduleux à une messagerie.

Dans chacune, la position de l'entreprise dépend d'abord de la qualification de l'opération. Une petite entreprise démarchée hors de ses locaux pour un contrat étranger à son activité principale peut invoquer les règles protectrices du consommateur (article L. 221-3 du code de la consommation) ; une plateforme qui encadrait et promouvait les offres s'est vu refuser la qualité d'hébergeur sous l'ancienne rédaction de la loi du 21 juin 2004, le régime actuel s'appréciant au regard du service et des faits (Cass. com., 7 janvier 2026, n° 24-13.163).

Le cabinet examine les contrats, les captures et les échanges, puis indique la voie adaptée : rétractation, notification, négociation, constat ou action. Les pages du pôle détaillent chaque situation, du RGPD des PME au contentieux informatique.

Un démarcheur nous a fait signer la création d'un site internet : peut-on encore se rétracter ?

C'est possible si trois conditions sont réunies et que le délai court encore. Le contrat doit avoir été conclu hors établissement, son objet ne doit pas entrer dans le champ de l'activité principale de l'entreprise sollicitée, et celle-ci doit employer cinq salariés au plus (article L. 221-3 du code de la consommation). La Cour de cassation l'a appliqué à un contrat d'insertion publicitaire, en jugeant que « le professionnel employant cinq salariés au plus, qui souscrit, hors établissement, un contrat dont l'objet n'entre pas dans le champ de son activité principale, bénéficie des dispositions protectrices du consommateur édictées par ce code » (Cass. 1re civ., 27 novembre 2019, n° 18-22.525). L'arrêt a été cassé sur un autre point, le juge ayant retenu un effectif qui n'était pas dans le débat : l'effectif se prouve.

Le délai est de quatorze jours ; il court de la conclusion du contrat pour une prestation de services et de la réception du bien pour une vente (article L. 221-18). Lorsque l'information sur la rétractation n'a pas été donnée, il est prolongé de douze mois à compter de l'expiration du délai initial ; si l'information est fournie pendant cette prolongation, le droit expire quatorze jours après sa réception (article L. 221-20). Certaines prestations échappent enfin à la rétractation, comme le service pleinement exécuté avant la fin du délai lorsque le client a donné son accord exprès et reconnu perdre son droit (article L. 221-28).

La qualification du contrat compte. La Cour de cassation a jugé que « le contrat ayant pour objet de concevoir et réaliser, pour le compte d'un client, un site internet personnalisé, tel que celui en cause, qui ne porte pas sur le transfert de la propriété d'un ou plusieurs biens meubles au sens de l'article 528 du code civil, ne peut pas être qualifié de vente » (Cass. 1re civ., 28 mai 2026, n° 25-14.507). Cette solution est défavorable à la cliente, qui faisait courir le délai depuis la remise du site. Le cabinet recalcule donc le délai à partir du contrat lui-même.

Le site est financé par une location financière : faut-il continuer à payer si le prestataire ne fait plus rien ?

Pas nécessairement. Lorsque l'exécution de plusieurs contrats est nécessaire à une même opération et que l'un d'eux disparaît, les contrats qui en dépendent deviennent caducs, à condition que le contractant visé ait connu l'opération d'ensemble (article 1186 du code civil). Le contrat de création ou de maintenance du site et la location qui le finance forment souvent un tel ensemble.

Encore faut-il faire disparaître d'abord le contrat de prestation. Le créancier peut le résoudre par notification, à ses risques et périls. Sauf urgence, il met d'abord le débiteur en demeure de s'exécuter dans un délai raisonnable, en précisant qu'à défaut le contrat pourra être résolu ; la notification indique ensuite les raisons de la résolution, et le créancier doit prouver la gravité de l'inexécution si le débiteur conteste devant le juge (article 1226 du code civil). La Cour de cassation a jugé que « la résolution par voie de notification est opposable à celui contre lequel est invoquée la caducité d'un contrat, par voie de conséquence de l'anéantissement préalable du contrat interdépendant, sans qu'il soit nécessaire de mettre en cause le cocontractant du contrat préalablement résolu » (Cass. com., 5 février 2025, n° 23-23.358).

Si le prestataire est en liquidation judiciaire, la résiliation peut résulter d'une décision prise dans cette procédure, puisque « il n'est toutefois pas exigé que l'anéantissement préalable et la caducité soient prononcés ou constatés au cours d'une seule et même instance » (Cass. com., 4 juillet 2018, n° 17-15.597). Le cabinet vérifie l'interdépendance, rédige la mise en demeure puis la notification, et prévient le loueur avant que les impayés ne s'accumulent.

Quelles informations une boutique en ligne doit-elle donner avant la commande ?

Avant d'être lié, le client consommateur reçoit de manière lisible et compréhensible les caractéristiques essentielles du bien ou du service, le prix, le délai de livraison, l'identité et les coordonnées du professionnel et, lorsque le droit de rétractation existe, ses conditions, son délai, ses modalités et le formulaire type (article L. 221-5 du code de la consommation). Ces informations s'ajoutent à l'obligation générale d'information précontractuelle (article L. 111-1). Ces règles ne s'étendent à un client professionnel que dans les cas prévus par la loi, comme le contrat conclu hors établissement avec une petite entreprise (article L. 221-3).

Le code civil encadre en outre la formation du contrat électronique, y compris entre professionnels. L'offre énonce les étapes de la commande et les moyens de corriger les erreurs de saisie, et les stipulations contractuelles doivent pouvoir être conservées et reproduites (article 1127-1 du code civil). Le contrat n'est en principe valablement conclu que si le client a pu vérifier le détail et le prix total avant de confirmer, et la commande donne lieu à un accusé de réception sans délai injustifié (article 1127-2). Ces mentions et ces exigences ne s'appliquent pas aux contrats conclus exclusivement par échange de courriers électroniques, et les professionnels peuvent y déroger entre eux (article 1127-3).

Une présentation trompeuse expose enfin à la qualification de pratique commerciale trompeuse, notamment lorsqu'elle porte sur les caractéristiques essentielles ou le prix (article L. 121-2). Le cabinet relit le parcours de commande écran par écran et les conditions générales, en lien avec la page consacrée à l'e-commerce.

Un contrat accepté ou signé en ligne vaut-il un contrat papier ?

Oui, sous conditions. L'écrit électronique a la même force probante que l'écrit papier, à condition que l'on puisse identifier la personne dont il émane et qu'il soit établi et conservé dans des conditions qui en garantissent l'intégrité (article 1366 du code civil).

La signature électronique consiste en l'usage d'un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte. Sa fiabilité est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la signature est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité de l'acte garantie dans les conditions fixées par décret (article 1367). Hors de cette présomption, la fiabilité du procédé n'est pas présumée et peut être discutée.

En pratique, une case cochée peut ne pas suffire à établir l'acceptation des conditions invoquées : l'entreprise doit pouvoir rattacher cette acceptation au client et à la version des conditions générales alors en vigueur, horodatage à l'appui. Le cabinet vérifie ce que le prestataire de signature ou la plateforme de vente conserve réellement, et pendant combien de temps, avant qu'un litige ne rende la question urgente.

La plateforme sur laquelle nous vendons peut-elle se retrancher derrière le statut d'hébergeur ?

Pas toujours. L'hébergeur bénéficie d'un régime de responsabilité allégé parce qu'il se borne à stocker des contenus fournis par d'autres. Reprenant la Cour de justice, la Cour de cassation rappelle que l'exonération ne joue pas « lorsque ce prestataire, au lieu de se limiter à une fourniture neutre de service au moyen d'un traitement purement technique et automatique des données fournies par ses clients, joue un rôle actif de nature à lui confier une connaissance ou un contrôle de ces données » (Cass. com., 7 janvier 2026, n° 24-13.163).

Elle précise, toujours d'après la Cour de justice, que « l'exploitant joue un rôle actif quand il prête une assistance laquelle consiste notamment à optimiser la présentation des offres à la vente en cause ou à promouvoir celles-ci » (Cass. com., 7 janvier 2026, n° 24-13.163). La cour d'appel a été approuvée d'avoir refusé la qualité d'hébergeur à une plateforme de location qui imposait des règles précises aux annonceurs et récompensait certains d'entre eux par une meilleure visibilité ; l'arrêt a en revanche été cassé sur la condamnation, la cour d'appel ayant accordé une indemnisation alors que la propriétaire demandait la restitution des fruits civils.

Cette décision applique la rédaction antérieure de la loi du 21 juin 2004. L'article 6 de cette loi définit désormais l'hébergeur et la plateforme en ligne par renvoi au règlement européen sur les services numériques. Le cabinet examine les conditions de la plateforme, ses règles de classement et ses sanctions avant de choisir le fondement d'une réclamation.

Un concurrent dénigre nos produits sur internet : que peut-on obtenir ?

Le dénigrement est une faute qui oblige son auteur à réparer le dommage causé (article 1240 du code civil). La Cour de cassation juge que « la divulgation, par l'une, d'une information de nature à jeter le discrédit sur un produit commercialisé par l'autre constitue un acte de dénigrement, à moins que l'information en cause ne se rapporte à un sujet d'intérêt général et repose sur une base factuelle suffisante » (Cass. com., 9 janvier 2019, n° 17-18.350), sous réserve d'une certaine mesure dans l'expression. Dans cette affaire, annoncer à la clientèle une action en contrefaçon qui n'avait pas encore été jugée constituait un dénigrement fautif.

La limite est réelle. À propos d'articles très critiques sur un médicament, la Cour de cassation a jugé que « les critiques en cause, même sévères, ne dépassaient pas les limites admissibles de la liberté d'expression » (Cass. 1re civ., 11 juillet 2018, n° 17-21.457), les publications s'inscrivant dans un débat de santé publique et reposant sur des mesures prises par l'autorité sanitaire. Cette solution est défavorable à l'entreprise qui s'estimait dénigrée.

Avant d'agir, le cabinet distingue donc le dénigrement d'un produit, la diffamation visant l'entreprise elle-même, qui relève de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et de ses règles de procédure et de prescription propres, et la critique légitime. Il fait constater les publications, puis choisit entre la demande de retrait, la mise en demeure et l'action.

Un concurrent reprend notre concept ou l'univers de notre site : est-ce du parasitisme ?

Pas automatiquement. Le parasitisme consiste à se placer dans le sillage d'un autre opérateur pour profiter indûment de ses efforts, de sa notoriété ou de ses investissements, et il engage la responsabilité de son auteur sur le fondement de l'article 1240 du code civil. Mais la Cour de cassation exige une démonstration précise : « Il appartient à celui qui se prétend victime d'actes de parasitisme d'identifier la valeur économique individualisée qu'il invoque » (Cass. com., 26 juin 2024, n° 23-13.535).

Elle ajoute que « les idées étant de libre parcours, le seul fait de reprendre, en le déclinant, un concept mis en oeuvre par un concurrent ne constitue pas, en soi, un acte de parasitisme » (Cass. com., 26 juin 2024, n° 23-13.535). L'enseigne qui reprochait à une autre la reprise d'un décor composé d'images libres de droits a été déboutée, ce décor banal n'ayant jamais été mis en avant comme emblématique de sa marque : la solution lui est défavorable.

Le dossier se construit donc sur les investissements identifiables : création du site, campagnes, photographies commandées, base de produits. Le cabinet vérifie aussi si un droit privatif, droit d'auteur, marque ou droit sur la base de données, offre une voie plus sûre que la seule responsabilité civile.

Un ancien salarié est parti chez un concurrent avec notre fichier clients : quels recours ?

Le fichier clients, les tarifs ou les marges peuvent relever du secret des affaires si l'information n'est pas aisément accessible, a une valeur commerciale du fait de son caractère secret et fait l'objet de mesures de protection raisonnables (article L. 151-1 du code de commerce). Ces mesures, accès restreints, mentions de confidentialité, clauses du contrat de travail, doivent exister avant le départ.

Le nouvel employeur engage sa propre responsabilité. La Cour de cassation a jugé que « la seule détention, sur l'ordinateur professionnel du salarié, d'informations confidentielles appartenant à son ancien employeur, caractérise l'appropriation de ces informations par le nouvel employeur » (Cass. com., 2 septembre 2026, n° 25-12.718), même en l'absence de clause de non-concurrence. Elle a cassé l'arrêt qui exigeait une preuve supplémentaire de cette appropriation.

Le temps joue contre l'entreprise. Le cabinet fait d'abord préserver les journaux d'accès et les exports, puis envisage une mesure d'instruction ou un constat, avant la mise en demeure et l'action en responsabilité.

Un salarié ou un prestataire a lu des messageries sans autorisation : est-ce une infraction ?

Oui, lorsque l'accès ou le maintien dans le système est frauduleux. Le fait d'accéder ou de se maintenir frauduleusement dans tout ou partie d'un système de traitement automatisé de données est puni de trois ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende, peines portées à cinq ans et 150 000 € en cas de suppression ou de modification de données (article 323-1 du code pénal).

Disposer des codes d'accès ne suffit pas à rendre l'accès légitime. La chambre criminelle a jugé que « se rend coupable de l'infraction prévue par l'article 323-1 du code pénal celui qui se maintient dans un système de traitement automatisé de données en prenant connaissance du contenu des messages échangés au sein du réseau, à des fins étrangères à sa mission et à l'insu des titulaires des messages » (Cass. crim., 2 septembre 2025, n° 24-83.605), même lorsque cet administrateur réseau dispose d'un droit général d'accès à la messagerie.

La plainte se prépare avec des journaux de connexion conservés, la liste des comptes et des droits attribués, et la preuve de la finalité de chaque accès. Le cabinet coordonne ces éléments avec le prestataire informatique et, si des données personnelles ont été exposées, avec les obligations propres au RGPD.

Comment prouver une atteinte commise en ligne ou par une vente illicite ?

La capture d'écran réalisée par l'entreprise reste une pièce, mais sa date et son intégrité seront discutées. Le constat d'un commissaire de justice apporte une garantie plus forte, qu'il porte sur une page internet ou sur un achat.

La Cour de cassation, réunie en chambre mixte, a assoupli le régime du constat d'achat : désormais, « l'absence de garanties suffisantes d'indépendance du tiers acheteur à l'égard du requérant n'est pas de nature à entraîner la nullité du constat d'achat » (Cass. ch. mixte, 12 mai 2025, n° 22-20.739). Le juge apprécie alors si ce défaut d'indépendance affecte la valeur probante du constat. L'espèce portait sur un achat en magasin réalisé par un stagiaire du cabinet d'avocats de la partie requérante.

La même décision rappelle que « le juge ne peut refuser d'examiner un constat d'huissier établi à la demande d'une personne, même réalisé non contradictoirement, qui vaut à titre de preuve dès lors qu'il est soumis à la discussion des parties » (Cass. ch. mixte, 12 mai 2025, n° 22-20.739). Le cabinet choisit le mode de constat adapté et fait figurer dans la mission les adresses, les dates et le parcours à reproduire.

Notre base de produits ou d'annonces est aspirée par un concurrent : est-elle protégée ?

Elle peut l'être indépendamment du droit d'auteur. Le producteur d'une base de données, qui prend l'initiative et le risque des investissements, bénéficie d'une protection du contenu lorsque la constitution, la vérification ou la présentation de celui-ci atteste d'un investissement financier, matériel ou humain substantiel (article L. 341-1 du code de la propriété intellectuelle). Il peut interdire l'extraction et la réutilisation d'une partie qualitativement ou quantitativement substantielle de la base (article L. 342-1).

L'investissement doit être distinct de la création des données. La Cour de cassation rappelle, d'après la Cour de justice, que le titulaire doit justifier d'un investissement autonome, « le titulaire d'une base de données devant dès lors justifier d'un investissement autonome par rapport à celui que requiert la création des données contenues dans la base dont il demande la protection » (Cass. 1re civ., 5 octobre 2022, n° 21-16.307). Un site d'annonces a ainsi obtenu la protection en établissant ses dépenses de collecte, de stockage, de modération et de classement.

Le cabinet aide l'entreprise à documenter ces dépenses, souvent dispersées entre marketing, informatique et équipes de contrôle, puis à faire constater l'extraction avant d'agir.

Un tiers a réservé un nom de domaine proche de notre marque : que faire ?

L'office d'enregistrement peut refuser l'enregistrement ou le renouvellement d'un nom de domaine, ou le supprimer, lorsqu'il est susceptible de porter atteinte à des droits de propriété intellectuelle, sauf si le demandeur justifie d'un intérêt légitime et agit de bonne foi (article L. 45-2 du code des postes et des communications électroniques). Toute personne qui démontre un intérêt à agir peut demander à l'office la suppression ou le transfert du nom, selon une procédure contradictoire dont la décision peut être portée devant le juge judiciaire (article L. 45-6 du même code).

Le titulaire de la marque conserve ses droits. La Cour de cassation a jugé que « les règles gouvernant l'attribution des noms de domaine sur internet, qui respectent tant les principes de liberté de communication et de liberté d'entreprendre que les droits de propriété intellectuelle, n'ont ni pour objet ni pour effet de restreindre le droit du titulaire de marque d'interdire l'usage sans son consentement » (Cass. com., 5 juin 2019, n° 17-22.132) d'un signe identique ou similaire, dans la vie des affaires, pour des produits ou services identiques ou similaires, lorsque cet usage crée un risque de confusion. En l'espèce, la société qui avait réservé des noms reprenant celui du département de Saône-et-Loire ne démontrait pas les exploiter pour offrir des services en rapport avec ce territoire, et n'avait donc pas d'intérêt légitime à leur enregistrement.

À l'inverse, l'entreprise qui réserve elle-même un nom proche de la marque d'un tiers s'expose à la même analyse. Le cabinet vérifie les marques antérieures avant toute réservation et rassemble, en cas de litige, les preuves d'antériorité et d'exploitation.

4,9286 avis Google
kader ladjouzi
il y a 1 mois

Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN

Réponse du cabinet

Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.

Janou SAMUEL
il y a 2 mois

Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me

Réponse du cabinet

Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.

Paul MALIK (powlo)
il y a 5 mois

Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.

Réponse du cabinet

Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.

Rayan Kallout
il y a 6 mois

Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !

Réponse du cabinet

La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.

Naji Jouahri
il y a 6 mois

Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.

Réponse du cabinet

Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.

Halim Tunde
il y a 6 mois

Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.

Réponse du cabinet

Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.

Cha
il y a 6 mois

En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !

Réponse du cabinet

Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.

Asmaa Maazaz
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz

Réponse du cabinet

Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.

chaymaa aouadi
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.

Réponse du cabinet

Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.