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Bien préempté ou exproprié, sanction, contrat public, mandat local : décrivez-nous la décision qui vous concerne.
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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Droit public : propriétaires, entreprises et élus face à la personne publique
Propriété, contrats publics, mandats locaux · Paris 17e
Ce que fait un avocat en droit public à Paris
- Barreau de Paris
- Droit public
- Cabinet à Paris 17e
Avocat au Barreau de Paris : préemption, expropriation, emprise sur un terrain, sanctions administratives, contrats publics et sécurité juridique des élus locaux.
Le droit public encadre le pouvoir de contraindre. Nul ne peut être obligé de céder sa propriété, si ce n'est pour cause d'utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité (article 545 du code civil). L'acheteur public doit traiter les candidats à égalité et ouvrir l'accès à ses contrats (article L. 3 du code de la commande publique). La commune doit enfin sa protection au maire et aux élus qui le suppléent ou ont reçu une délégation, lorsqu'ils sont poursuivis pour des faits non détachables de leurs fonctions (article L. 2123-34 du code général des collectivités territoriales). Le cabinet part de la situation de chacun : celui qui subit la décision, celui qui contracte avec la personne publique, celui qui décide en son nom.
Envoyez la décision, l'arrêté ou la délibération en cause avec sa date de notification ou d'affichage : le cabinet calcule d'abord le délai restant, au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Propriétaires : préemption, expropriation, emprise
L'indemnité d'expropriation couvre l'intégralité du préjudice direct, matériel et certain (article L. 321-1 du code de l'expropriation) ; encore faut-il saisir le bon juge et le bon délai.
Entreprises : contrats publics et sanctions
Une sanction administrative ne peut être prise qu'après information sur les griefs et possibilité de demander le dossier (article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration).
Élus locaux : délibérer sans s'exposer
Est illégale la délibération à laquelle a pris part un conseiller intéressé à l'affaire (article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales), et le même intérêt peut relever du juge pénal.
Les leviers
Le bon juge, le bon délai, la bonne règle
Quatre règles, tirées de la jurisprudence de la Cour de cassation, décident souvent du sort d'un litige avec une personne publique avant même l'examen du fond.
- L'atteinte à la propriété relève en principe du juge administratif : la Cour de cassation juge que « le juge administratif, compétent pour statuer sur le recours en annulation d'une telle décision et, le cas échéant, pour adresser des injonctions à l'administration, l'est également pour connaître de conclusions tendant à la réparation des conséquences dommageables de cette décision administrative, hormis le cas où elle aurait pour effet l'extinction du droit de propriété » (Cass. 1re civ., 5 février 2020, n° 19-11.864).
- Sans dépossession définitive, le juge judiciaire se déclare incompétent : pour un terrain aménagé par une commune en parking et piste cyclable, la Cour de cassation a approuvé les juges d'avoir déduit, « en l'absence de dépossession définitive, que l'emprise irrégulière n'avait pas eu pour effet l'extinction du droit de propriété de l'IRC, de sorte que le juge judiciaire était incompétent pour connaître de l'action » (Cass. 3e civ., 18 janvier 2018, n° 16-21.993), solution défavorable au propriétaire qui avait choisi ce juge.
- L'ouvrage public attire le juge administratif, même lorsque son propriétaire gère un service industriel et commercial, car la compétence judiciaire cède « lorsque les dommages allégués trouvent leur cause dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public » (Cass. 1re civ., 13 mars 2019, n° 18-13.232).
- L'élu se juge aussi au pénal : sous la rédaction de l'article 432-12 du code pénal antérieure au 24 décembre 2025, la chambre criminelle a jugé que « caractérise un intérêt, au sens de l'article 432-12 du code pénal, l'existence d'un lien d'affaires qui unit l'auteur de ce délit à la personne bénéficiant d'une décision prise par lui dans le cadre de ses fonctions publiques » (Cass. crim., 20 mars 2019, n° 17-81.975). Le texte en vigueur vise désormais un intérêt altérant l'impartialité, l'indépendance ou l'objectivité (article 432-12 du code pénal).
L'annulation d'une préemption ne rend pas toujours le bien : pour un immeuble du 18e arrondissement transformé en logements sociaux, le Conseil d'État a refusé d'ordonner sa revente à l'acquéreur évincé, jugeant que le rétablissement de la situation initiale porterait une atteinte excessive à l'intérêt général (CE, 28 septembre 2020, n° 436978), solution défavorable à l'acquéreur.
Vos pièces
Ce qu'il faut réunir avant d'agir
Le dossier se construit autour de l'acte de la personne publique, de sa date et de la preuve de ce qu'il a coûté.
Position A
Propriétaire ou entreprise
- Décision attaquée, avec l'enveloppe, l'avis de réception ou la date d'affichage
- Déclaration d'intention d'aliéner, promesse de vente, titre de propriété et plans cadastraux
- Courriers de griefs, rapports de contrôle, lettre de rejet d'une offre
- Justificatifs chiffrés du préjudice : devis, baux, comptes, attestations
Position B
Élu ou commune
- Délibération, note de synthèse et convocation du conseil
- Liste des présents, procès-verbal et sens des votes
- Liens personnels, professionnels ou familiaux de chaque élu avec le bénéficiaire
- Arrêtés de délégation, courrier du préfet, convocation ou plainte pénale
Erreurs fréquentes : saisir le juge judiciaire d'une emprise qui n'a pas éteint la propriété ; laisser expirer le délai de recours contre l'acte ; saisir le juge d'une demande d'indemnité sans réclamation préalable à l'administration ; laisser voter un conseiller lié au bénéficiaire d'une délibération.
Le cabinet examine aussi :
- Déclaration d'intention d'aliéner
- Enquête publique
- Contrôle de légalité
- Commande publique
La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Avant toute écriture, il faut savoir qui a décidé, sur quel fondement, et quel juge peut encore être saisi.
Étape 1
Qualification de l'acte
Décision, contrat, travaux ou ouvrage public : la nature de l'acte désigne le juge, administratif ou judiciaire, et le délai.
Étape 2
Lecture du dossier administratif
Délibérations, déclaration d'intention d'aliéner, enquête publique, rapport de contrôle : le cabinet vérifie la compétence de l'auteur, la procédure et les motifs.
Étape 3
Stratégie
Négociation amiable, recours administratif, recours au fond, référé ou demande indemnitaire, choisis selon l'urgence et ce qui peut encore être obtenu.
Étape 4
Exécution
Suivi du jugement, demande d'injonction lorsque l'annulation implique une mesure précise (article L. 911-1 du code de justice administrative), fixation de l'indemnité.
Repères : en principe, deux mois pour contester une décision à compter de sa notification ou de sa publication (article R. 421-1 du code de justice administrative), délai qui n'est opposable que si la notification mentionne les voies et délais de recours (article R. 421-5 du même code), sous réserve des régimes spéciaux ; deux mois pour le déféré du préfet après transmission de l'acte (article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales) ; trente ans à compter de l'ordonnance d'expropriation pour demander la rétrocession d'un bien qui n'a pas reçu la destination prévue (article L. 421-1 du code de l'expropriation).
Le calendrier
Les étapes d'un dossier de droit public
De la réception de l'acte à son exécution, durées indicatives selon le juge saisi.
Réception de l'acte
Jour J. Arrêté, délibération, décision de préemption ou de sanction : la date de notification ou de publication fait courir le délai de recours. Une lettre de griefs ouvre seulement le délai d'observations qu'elle fixe, avant la décision.
Analyse
Semaine 1. Compétence du juge, délai restant, moyens sérieux, préjudice chiffrable.
Recours administratif ou observations
Selon le texte. Observations écrites avant une sanction, recours gracieux, demande indemnitaire préalable.
Saisine du juge
Dans le délai. Recours au fond, et référé-suspension si l'urgence le justifie et qu'un doute sérieux existe (article L. 521-1 du code de justice administrative).
Instruction et audience
Plusieurs mois. Échange de mémoires, pièces nouvelles, transport sur les lieux devant le juge de l'expropriation, suivi de l'audience (article R. 311-18 du code de l'expropriation).
Exécution
Injonction, paiement de l'indemnité, rétrocession ou nouvelle proposition d'acquisition.
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle en premier
Aucun recours ni aucune négociation sans avoir vérifié ces points.
- Date de notification, d'affichage ou de transmission au préfet, et mention des voies et délais.
- Ordre de juridiction compétent : décision, contrat, travaux publics, emprise ou dépossession.
- Compétence de l'auteur de l'acte et régularité de la délibération qui le fonde.
- Objet de la préemption et réalité du projet à la date de la décision.
- Information sur les griefs et demande écrite de communication du dossier avant toute sanction.
- Liens d'intérêts des élus présents lors du vote.
Synthèse
Situation, risque, acte, décision
Les arbitrages les plus fréquents face à une personne publique.
Situation
Bien préempté par la commune
Risque principal : Vente perdue, prix révisé à la baisse.
Acte à privilégier : Recours contre la décision de préemption.
Décision recommandée : Vérifier l'objet mentionné et la réalité du projet.
Situation
Terrain occupé par des travaux publics
Risque principal : Action portée devant un juge incompétent.
Acte à privilégier : Constat de l'emprise et de son caractère définitif.
Décision recommandée : Choisir le juge selon l'extinction ou non de la propriété.
Situation
Bien exproprié resté inutilisé
Risque principal : Plus-value perdue faute d'action.
Acte à privilégier : Demande de rétrocession dans le délai légal.
Décision recommandée : Agir sans attendre pour fixer la période indemnisable.
Situation
Sanction envisagée contre l'entreprise
Risque principal : Décision prise sans accès au dossier.
Acte à privilégier : Demande de communication avant la décision.
Décision recommandée : Présenter des observations écrites argumentées.
Situation
Élu lié au bénéficiaire d'une délibération
Risque principal : Délibération annulée, poursuites pénales.
Acte à privilégier : Déport effectif et mention au procès-verbal.
Décision recommandée : Identifier les liens avant l'inscription à l'ordre du jour.
Situation
Conseiller municipal poursuivi
Risque principal : Refus de prise en charge des frais.
Acte à privilégier : Demande de protection fonctionnelle motivée.
Décision recommandée : Vérifier la délégation ou la suppléance au moment des faits.
Questions fréquentes
Vos questions : propriétaires, entreprises et élus
Quand un propriétaire a-t-il besoin d'un avocat en droit public ?
Dès qu'une personne publique entend disposer de son bien ou en limiter l'usage. Le code civil pose la règle de départ : nul ne peut être contraint de céder sa propriété, si ce n'est pour cause d'utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité (article 545 du code civil). Le code de l'expropriation précise que cette utilité doit être constatée préalablement et formellement, à la suite d'une enquête (article L. 1 du code de l'expropriation).
En pratique, quatre situations reviennent. La commune préempte un bien mis en vente ; un projet d'aménagement est déclaré d'utilité publique et conduit à l'expropriation ; des travaux publics empiètent sur un terrain ou endommagent une construction ; un refus d'autorisation bloque un projet immobilier. Chacune obéit à son juge et à ses délais.
L'avocat intervient d'abord pour qualifier l'acte. Une décision de préemption se conteste devant le juge administratif ; à défaut d'accord, l'indemnité d'expropriation est fixée par le juge de l'expropriation (article L. 311-5 du code de l'expropriation), et elle couvre l'intégralité du préjudice direct, matériel et certain (article L. 321-1 du code de l'expropriation). Le cabinet examine le dossier, mesure le délai restant et indique la voie la plus utile.
La commune a préempté le bien que je vendais : que peut-on contester ?
Toute vente d'un bien soumis au droit de préemption urbain est précédée d'une déclaration d'intention d'aliéner adressée à la mairie, à peine de nullité, et le silence du titulaire pendant deux mois vaut renonciation (article L. 213-2 du code de l'urbanisme). Une demande de documents ou de visite suspend ce délai, selon le même article : la chronologie se vérifie pièce par pièce.
Sur le fond, la préemption doit poursuivre l'un des objets d'intérêt général définis par le code, et la décision doit mentionner l'objet pour lequel le droit est exercé (article L. 210-1 du code de l'urbanisme). Le Conseil d'État exige que le titulaire justifie, à la date de la décision, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement, même si ses caractéristiques précises ne sont pas encore définies, et fasse apparaître la nature de ce projet dans la décision.
Cette exigence ne va pas au-delà. Dans une affaire de Vincennes, le Conseil d'État a censuré une cour qui reprochait à l'établissement public foncier de ne pas démontrer que son projet de logements serait mené à bien de manière certaine et dans un délai raisonnable, peu important que d'autres parcelles restent à acquérir (CE, 25 mars 2026, n° 504317). Le vendeur ou l'acquéreur évincé doit donc concentrer sa critique sur le projet existant au jour de la préemption.
La préemption a été annulée : le vendeur ou l'acheteur évincé récupère-t-il le bien ?
Pas automatiquement. Lorsque la décision est annulée après le transfert de propriété, le titulaire du droit de préemption doit proposer l'acquisition en priorité aux anciens propriétaires, puis, s'ils y renoncent, à la personne qui voulait acheter et dont le nom figurait dans la déclaration ; à défaut d'accord, le prix est fixé par le juge de l'expropriation (article L. 213-11-1 du code de l'urbanisme).
Le juge administratif peut ordonner ces propositions, mais il vérifie d'abord, au regard de l'ensemble des intérêts en présence, que le rétablissement de la situation initiale ne porte pas une atteinte excessive à l'intérêt général. Pour un immeuble du 18e arrondissement, rénové et loué en logements sociaux après sa préemption, le Conseil d'État a refusé d'enjoindre à la Ville de Paris de le proposer à l'acquéreur évincé (CE, 28 septembre 2020, n° 436978). Cette décision, défavorable à l'acquéreur, relève aussi qu'il n'avait pas lui-même attaqué la préemption dans son délai.
La leçon est pratique : contester vite, avant que le bien ne soit transformé, et documenter le projet que la préemption a empêché. Le cabinet examine la décision dès sa notification et, le cas échéant, l'action en dommages-intérêts que l'ancien propriétaire ou l'acquéreur évincé peut porter devant le juge judiciaire si le titulaire du droit de préemption ne lui propose pas l'acquisition comme il le doit, action ouverte même après renonciation à la rétrocession et prescrite par cinq ans à compter de la décision d'annulation devenue définitive (article L. 213-12 du code de l'urbanisme).
Des travaux publics ont empiété sur mon terrain : quel juge saisir ?
Tout dépend de l'effet de l'atteinte sur le droit de propriété. La Cour de cassation juge que « le juge administratif, compétent pour statuer sur le recours en annulation d'une telle décision et, le cas échéant, pour adresser des injonctions à l'administration, l'est également pour connaître de conclusions tendant à la réparation des conséquences dommageables de cette décision administrative, hormis le cas où elle aurait pour effet l'extinction du droit de propriété » (Cass. 1re civ., 5 février 2020, n° 19-11.864). Dans cette affaire, l'arrachage par la commune de toute une haie d'arbres avait éteint la propriété sur ces végétaux, ce qui a justifié la cassation de l'arrêt qui retenait l'inverse ; l'affaire a été renvoyée devant une autre cour d'appel.
L'accord donné aux travaux ne règle pas tout. Le même arrêt rappelle que « l'accord du propriétaire exclut l'existence d'une voie de fait ou d'une emprise irrégulière, à moins que l'action de l'administration n'ait excédé substantiellement les limites prévues par cet accord » (Cass. 1re civ., 5 février 2020, n° 19-11.864). Le propriétaire avait assisté à l'arrachage ; la cour de renvoi doit donc encore rechercher si la commune a outrepassé l'autorisation donnée.
À l'inverse, lorsque la remise en état reste possible, la solution est défavorable au propriétaire qui saisit le tribunal judiciaire. Pour un terrain aménagé en parking et en piste cyclable, la Cour de cassation a approuvé la cour d'appel d'avoir retenu, « en l'absence de dépossession définitive, que l'emprise irrégulière n'avait pas eu pour effet l'extinction du droit de propriété de l'IRC, de sorte que le juge judiciaire était incompétent pour connaître de l'action » (Cass. 3e civ., 18 janvier 2018, n° 16-21.993). Le cabinet fait constater l'état des lieux avant de choisir le juge.
Un ouvrage public voisin cause des dégâts à ma maison : vers quel juge se tourner ?
Vers le juge administratif, le plus souvent. La Cour de cassation l'a rappelé à propos d'infiltrations venues d'un immeuble d'un office public de l'habitat : si l'action en réparation des dommages causés par un service public industriel et commercial relève en principe du juge judiciaire, il en va autrement « lorsque les dommages allégués trouvent leur cause dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public » (Cass. 1re civ., 13 mars 2019, n° 18-13.232). La cour d'appel, qui n'avait pas exclu que l'immeuble soit affecté au service public du logement, a vu son arrêt cassé.
Le propriétaire voisin est un tiers par rapport à l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage répond, même sans faute, des dommages que l'ouvrage public cause aux tiers par son existence même, et ne s'exonère qu'en établissant la faute de la victime ou la force majeure ; mais lorsque le dommage est permanent, non accidentel, il n'est indemnisé que s'il est anormal. Pour un propriétaire montpelliérain dont le dallage de piscine avait été soulevé par les racines des platanes d'un parc municipal, la cour administrative d'appel de Toulouse a admis le lien de causalité mais refusé toute indemnité, parce que l'intéressé avait construit en connaissance de la proximité de ces arbres, antérieurs à ses travaux (CAA Toulouse, 21 février 2023, n° 21TL03343), solution défavorable au propriétaire. Expertise, constats datés, photographies, devis de reprise et chronologie de l'ouvrage et des constructions font le dossier.
Avant de saisir le tribunal administratif d'une demande d'indemnité, une réclamation chiffrée est adressée à la personne publique, car la requête qui tend au paiement d'une somme n'est recevable qu'après une décision de l'administration (article R. 421-1 du code de justice administrative). Le cabinet rédige cette demande et vérifie qui est le maître de l'ouvrage.
Le bien exproprié n'a jamais servi au projet : peut-on le racheter ?
Oui, dans un cadre précis. Si les immeubles expropriés n'ont pas reçu la destination prévue dans les cinq ans de l'ordonnance d'expropriation, ou ont cessé de la recevoir, les anciens propriétaires peuvent en demander la rétrocession pendant trente ans à compter de cette ordonnance, sauf nouvelle déclaration d'utilité publique (article L. 421-1 du code de l'expropriation).
L'inaction coûte cher. La Cour de cassation juge que l'exproprié qui n'a pas exercé l'action en rétrocession dans les délais et conditions légaux « ne dispose pas d'une action en indemnisation de la privation de la plus-value acquise par le bien non affecté à la destination prévue par la déclaration d'utilité publique, dès lors que, en raison de sa propre inaction, il ne subit aucune charge excessive » (Cass. 3e civ., 19 mars 2020, n° 19-13.648). Le pourvoi de la société expropriée a été rejeté.
Lorsque la rétrocession est devenue impossible, elle se résout en dommages-intérêts, et la période indemnisée dépend de la date d'action : pour la perte de plus-value, « le point de départ de la période préjudicielle est, non pas la date à laquelle le bien a été exproprié, mais celle de l'assignation aux fins de rétrocession » (Cass. 3e civ., 10 juillet 2025, n° 24-10.965). Le cabinet suit le devenir des biens expropriés et engage l'action au bon moment.
Une déclaration d'utilité publique peut-elle être annulée parce que le projet coûte trop cher ?
C'est possible, mais le contrôle est global. Le Conseil d'État juge qu'une opération ne peut être déclarée d'utilité publique que si les atteintes à la propriété privée, le coût financier, les inconvénients d'ordre social, l'atteinte à l'environnement et à d'autres intérêts publics ne sont pas excessifs eu égard à l'intérêt qu'elle présente. C'est la théorie du bilan.
Ce bilan intègre les mesures prévues pour éviter, réduire et compenser les effets du projet. Pour une voie de contournement dans le Var, la cour administrative d'appel avait annulé la déclaration en écartant ces mesures, parce que l'autorisation qui les mettait en œuvre avait été annulée ; le Conseil d'État a censuré ce raisonnement et renvoyé l'affaire (CE, 17 juin 2020, n° 423441). Cette décision est défavorable aux propriétaires qui contestaient le projet : les mesures de l'étude d'impact pèsent dans la balance, même si leur acte d'exécution tombe.
Le recours contre la déclaration d'utilité publique se forme devant le juge administratif, dans le délai de deux mois prévu par le code de justice administrative (article R. 421-1 du code de justice administrative). Le cabinet lit le dossier d'enquête, l'étude d'impact et l'évaluation financière pour mesurer les chances d'un recours, puis prépare, en parallèle, la discussion de l'indemnité.
L'administration envisage de sanctionner mon entreprise : quels droits avant la décision ?
Une sanction administrative ne peut intervenir qu'après que l'entreprise a été informée des griefs et mise à même de demander la communication de son dossier (article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration). Les décisions défavorables qui doivent être motivées supposent en outre que l'intéressé ait pu présenter des observations écrites, et orales sur sa demande, assisté d'un conseil (article L. 122-1 du même code).
Le Conseil d'État en a précisé la portée à propos de la contribution spéciale due pour l'emploi d'étrangers sans titre de travail. Le principe des droits de la défense impose de communiquer le procès-verbal d'infraction lorsque l'employeur le demande, même sans texte ; mais le refus ne rend la sanction irrégulière que si la demande a été faite avant la décision. Une demande postérieure relève de l'exercice du recours et ne vicie pas la sanction déjà prononcée (CE, 6 mai 2019, n° 417756).
Le moment de la demande compte donc autant que son contenu. Dès la réception de la lettre de griefs, le cabinet demande le dossier par écrit, prépare les observations et conserve la preuve de leur date.
Mon offre a été écartée d'un marché public : de quels leviers dispose l'entreprise ?
Le premier est le principe d'égalité de traitement des candidats, auquel s'ajoutent la liberté d'accès et la transparence des procédures (article L. 3 du code de la commande publique). Pour un contrat administratif entrant dans le champ du référé précontractuel, le président du tribunal administratif peut être saisi, avant la conclusion du contrat, d'un manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence (article L. 551-1 du code de justice administrative).
Le juge pénal veille aussi au respect de ces règles. Le délit de favoritisme punit le fait de procurer un avantage injustifié par un acte contraire aux dispositions garantissant la liberté d'accès et l'égalité des candidats (article 432-14 du code pénal). La chambre criminelle juge qu'« une collectivité locale, qui a décidé, bien qu'elle n'y soit pas légalement tenue, de recourir à la procédure d'appel d'offres, doit se conformer aux règles imposées par cette dernière » (Cass. crim., 4 mars 2020, n° 19-83.446).
L'entreprise évincée doit agir vite et sur pièces : lettre de rejet, règlement de la consultation, rapport d'analyse des offres. Le cabinet examine ces documents et oriente vers la page consacrée aux marchés publics pour le détail des recours.
Un refus de permis illégal ouvre-t-il droit à une indemnité ?
L'illégalité d'un refus constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune, mais tous les préjudices ne sont pas réparés. Le Conseil d'État juge que la perte de bénéfices ou le manque à gagner tiré de l'impossibilité de réaliser une opération immobilière revêt en principe un caractère éventuel et n'ouvre donc pas droit à réparation.
Il en va autrement si le demandeur justifie de circonstances particulières, comme des engagements souscrits par de futurs locataires ou l'état avancé de négociations commerciales. Le Conseil d'État a ainsi cassé, avec renvoi, l'arrêt qui accordait 180 000 euros pour la perte de loyers d'un chalet en se fondant sur la location d'un chalet voisin et sur les loyers perçus ensuite, parce que la cour n'avait caractérisé ni circonstances particulières ni lien direct de causalité (CE, 4 mai 2018, n° 410021). La solution est défavorable au propriétaire à ce stade.
La preuve se prépare donc avant le refus : promesses de bail, études de commercialisation, plan de financement. Le cabinet aide à rassembler ces pièces et à présenter une demande indemnitaire préalable chiffrée poste par poste.
Un conseiller municipal lié au bénéficiaire d'une délibération peut-il voter ?
Il ne le doit pas. Sont illégales les délibérations auxquelles a pris part un membre du conseil intéressé à l'affaire, en son nom personnel ou comme mandataire ; la seule présence à la réunion ne vaut pas participation (article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales). Le déport doit être réel : sortir de la salle, ne pas intervenir dans les débats, le faire mentionner au procès-verbal.
Le risque est aussi pénal. Le délit de prise illégale d'intérêts vise désormais l'intérêt qui altère l'impartialité, l'indépendance ou l'objectivité de l'élu, et des dérogations encadrées existent dans les communes de 3 500 habitants au plus (article 432-12 du code pénal). Sous la rédaction antérieure, la chambre criminelle avait jugé que « caractérise un intérêt, au sens de l'article 432-12 du code pénal, l'existence d'un lien d'affaires qui unit l'auteur de ce délit à la personne bénéficiant d'une décision prise par lui dans le cadre de ses fonctions publiques » (Cass. crim., 20 mars 2019, n° 17-81.975).
Chaque conseiller a le droit d'être informé des affaires soumises à délibération (article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales) ; cette information permet aussi de repérer les liens d'intérêts avant le vote. Le cabinet peut examiner un ordre du jour et les situations individuelles en amont de la séance.
Un conseiller municipal sans fonction exécutive peut-il obtenir la protection fonctionnelle de la commune ?
Non, en principe, s'il n'a ni délégation ni fonction de suppléance du maire. La commune est tenue d'accorder sa protection au maire, à l'élu qui le supplée ou qui a reçu une délégation, ou à l'un de ces élus ayant cessé ses fonctions, lorsqu'il fait l'objet de poursuites pénales pour des faits qui ne constituent pas une faute détachable de ses fonctions (article L. 2123-34 du code général des collectivités territoriales). Un conseiller municipal peut suppléer le maire empêché, à défaut d'adjoint, sur désignation du conseil ou dans l'ordre du tableau (article L. 2122-17 du même code) : il entre alors dans le champ de cette protection.
Le Conseil d'État a refusé d'étendre cette protection aux autres conseillers. Vingt-trois élus de la majorité d'une commune des Yvelines, mis en examen pour complicité de diffamation à la suite d'une tribune, avaient obtenu la prise en charge de leur défense. Pour les sept qui ne détenaient aucune délégation, le Conseil d'État a jugé que le principe général du droit à la protection des agents publics ne pouvait fonder ce droit, et les délibérations ont été définitivement annulées (CE, 30 juin 2026, n° 493299). Solution défavorable aux élus sans fonction exécutive.
Avant de solliciter la protection, il faut donc vérifier la délégation ou la suppléance exercée au moment des faits et la nature des poursuites. Le cabinet examine ces points et la rédaction de la délibération, qui peut elle-même être contestée par un opposant.
Un contribuable peut-il contester une subvention votée par sa commune ?
Oui. Le Conseil d'État, en formation de Section, a jugé qu'une délibération accordant une subvention a par elle-même une incidence directe sur le budget communal, ce qui suffit à donner intérêt pour agir à un requérant qui établit sa qualité de contribuable de la commune, sans qu'il y ait à mesurer le poids de la somme dans le budget. Il a ensuite annulé la subvention de 15 000 euros votée par une grande ville à une association d'aide humanitaire (CE, Section, 13 mai 2024, n° 474652).
Sur le fond, la même décision admet que les collectivités soutiennent des actions internationales de coopération, d'aide au développement ou à caractère humanitaire, mais à des conditions : ne pas prendre parti dans un conflit de nature politique ou un conflit collectif du travail et, lorsque l'organisme prend position dans le débat public, s'assurer par des engagements appropriés que l'aide finance exclusivement ces actions.
Pour une commune, l'enseignement est préventif : une convention précise l'objet de l'aide et les engagements du bénéficiaire. Pour l'opposant ou le contribuable, le recours se forme devant le tribunal administratif dans les deux mois de la publication de la délibération (article R. 421-1 du code de justice administrative). Le cabinet peut intervenir pour l'un ou l'autre.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page, vérifiées au 1er novembre 2026, et les expertises voisines du cabinet.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
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Réponse du cabinet
Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.
Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me
Réponse du cabinet
Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.
Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.
Réponse du cabinet
Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.
Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !
Réponse du cabinet
La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.
Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.
Réponse du cabinet
Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.
Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.
Réponse du cabinet
Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.
En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !
Réponse du cabinet
Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.
J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz
Réponse du cabinet
Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.
J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.
Réponse du cabinet
Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.
