Avocat fintech et crypto à Paris

Comprendre. Contester. Récupérer.

Cavalier d'échecs ouvert sur des pièces noires, image de la stratégie face à une banque en ligne ou une plateforme
VOS FONDS.

Compte fermé, virement contesté, plateforme muette, placement perdu : présentez-nous l'opération et ses dates.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Fintech et crypto : le côté du client, pas celui de l'émetteur

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Épargnants, TPE, indépendants · Paris 17e

Ce que fait un avocat fintech et crypto à Paris

  • Barreau de Paris
  • Fintech et crypto-actifs
  • Cabinet à Paris 17e

Avocat au Barreau de Paris : litiges des particuliers, des indépendants et des petites entreprises avec une banque en ligne, un établissement de paiement, une plateforme crypto ou de financement participatif.

La page ne traite pas de l'agrément des sociétés du secteur, mais de leurs clients. Trois corps de règles se croisent. Le code monétaire et financier impose au prestataire de rembourser une opération de paiement non autorisée au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant son signalement, sauf si le prestataire a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de l'utilisateur et communique ces raisons par écrit à la Banque de France (article L. 133-18 du code monétaire et financier). Pour les services sur crypto-actifs, le principe est l'agrément de prestataire délivré par l'Autorité des marchés financiers en application du règlement européen MiCA, mais certaines entités déjà réglementées procèdent par simple notification et certains placements de jetons de monnaie électronique échappent à l'agrément (article L. 54-10-7) : le statut du prestataire se vérifie donc service par service. Enfin, le particulier conserve la protection contre les clauses abusives des contrats conclus avec un professionnel (article L. 212-1 du code de la consommation). Le cabinet commence par qualifier l'opération, puis vérifie le délai encore ouvert.

Envoyez les relevés, les échanges et les dates dont vous disposez, même incomplets : le cabinet les classe et vous indique ce qui manque, au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Compte fermé ou suspendu

La banque résilie une convention de compte de dépôt à durée indéterminée moyennant un préavis d'au moins deux mois, sur support durable (article L. 312-1-1). Pour un compte professionnel, les cours d'appel divergent sur ce délai (voir la question sur la fermeture du compte professionnel).

Paiement contesté

L'opération non autorisée se signale sans tarder dès qu'elle est connue, et au plus tard dans les treize mois suivant le débit, sous peine de forclusion, sauf si le prestataire n'a pas fourni les informations sur l'opération ; pour un client professionnel, la convention peut fixer un autre délai (article L. 133-24).

Placement perdu

L'action contre le conseiller ou l'intermédiaire se prescrit par cinq ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits permettant de l'exercer (article 2224 du code civil).

Les leviers

Qualifier, signaler, prouver, agir à temps

Quatre règles reviennent dans la plupart des recours d'un client contre un prestataire financier en ligne.

  1. Tout dépend de la qualification de l'opération : une opération de paiement est autorisée si le payeur a donné son consentement à son exécution (article L. 133-6). Des virements ordonnés par une préposée trompée par un faux dirigeant ont ainsi été jugés autorisés, la salariée ayant agi « qui pensait agir sur instruction de l'un des dirigeants, au moyen du dispositif de paiement sécurisé mis à disposition par la banque » (Cass. com., 30 avril 2025, n° 24-11.255), solution défavorable à l'entreprise, privée du remboursement de plein droit.
  2. La vigilance du banquier reste étroite : la Cour de cassation rappelle que « le devoir de non-immixtion du banquier dans les affaires de son client ne cède, en vertu de son obligation de vigilance, qu'en cas d'anomalie apparente » (Cass. com., 2 mai 2024, n° 22-17.233). Elle admet toutefois, pour des virements autorisés, que « si la responsabilité de la banque ne pouvait pas être recherchée sur le fondement des articles L. 133-18 et L. 133-23 du code monétaire et financier, elle pouvait l'être en cas de manquement à son obligation de vigilance » (Cass. com., 12 juin 2025, n° 24-13.697), avant de casser l'arrêt au profit de la banque.
  3. Les obligations anti-blanchiment ne profitent pas au client : la Cour de cassation juge que « la victime d'agissements frauduleux ne peut se prévaloir de leur inobservation pour réclamer des dommages et intérêts à l'organisme financier » (Cass. com., 4 mars 2026, n° 24-19.588). L'argument, souvent avancé, est donc à écarter.
  4. Le délai de signalement n'est pas le délai d'action : le titulaire qui a signalé l'opération dans les treize mois « peut agir en remboursement contre le prestataire de services de paiement dans le délai de droit commun » (Cass. com., 1er juillet 2026, n° 25-16.495). Sauf pour la personne physique agissant pour des besoins non professionnels, la convention peut cependant fixer un autre délai de signalement (article L. 133-24).

La sollicitation par un faux conseiller n'exclut pas automatiquement la négligence grave du client : la Cour de cassation a censuré un arrêt qui avait statué « par un motif péremptoire excluant la négligence grave du payeur lorsqu'il est sollicité au moyen d'un appel téléphonique d'une personne se présentant comme un préposé du prestataire de services de paiement » (Cass. com., 9 septembre 2026, n° 25-15.038), solution défavorable au client. Il appartient toutefois au prestataire de fournir les éléments prouvant la fraude ou la négligence grave de l'utilisateur, l'utilisation enregistrée de l'instrument ne suffisant pas nécessairement (article L. 133-23).

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir pour reconstituer l'opération

Le juge statue sur des dates et des documents. Un dossier complet évite de perdre le délai pendant que l'on cherche les pièces.

Position A

Particulier ou épargnant

  • Relevés de compte et historique de la plateforme, avec les dates de débit
  • Conditions générales acceptées et courriels de confirmation
  • Échanges avec le prestataire, le démarcheur ou le faux conseiller
  • Récépissé de plainte et réclamations écrites déjà envoyées

Position B

TPE, indépendant ou association

  • Convention de compte professionnel et conditions particulières
  • Lettre de clôture, de suspension ou de demande de justificatifs
  • Habilitations des personnes autorisées à ordonner les paiements
  • Pièces montrant l'effet de l'interruption sur l'activité

Erreurs fréquentes : attendre la réponse de la plateforme avant de signaler l'opération à sa banque ; contester par téléphone sans écrit daté ; supprimer l'application ou les messages qui prouvent le parcours de la fraude.

Le cabinet mobilise aussi :

  • Médiateur de l'AMF
  • Commissaire de justice
  • Banque de France
  • Mesures d'instruction

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

L'ordre ne varie pas : qualifier l'opération avant de choisir l'adversaire, puis tenir le délai le plus court.

Étape 1

Qualification

Opération autorisée ou non, service de paiement ou service d'investissement, client consommateur ou professionnel : chaque réponse change le régime applicable.

Étape 2

Calendrier des délais

Signalement sans tarder dès la découverte, dans la limite de treize mois en principe, prescription de l'action, préavis de clôture : le cabinet date chaque échéance à partir des relevés.

Étape 3

Réclamation écrite

Lettre motivée au prestataire, puis saisine du médiateur compétent lorsque cette voie suspend la prescription.

Étape 4

Action en justice

Mesure d'instruction pour obtenir les pièces détenues par le prestataire, puis demande de remboursement ou de dommages et intérêts.

Repères : remboursement d'une opération non autorisée au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant (article L. 133-18) ; signalement sans tarder, au plus tard dans les treize mois du débit sauf exception légale (article L. 133-24) ; action personnelle dans les cinq ans (article 2224 du code civil).

Le calendrier

Les étapes d'un litige avec un prestataire en ligne

Du premier signalement à l'assignation, durées indicatives selon la réponse du prestataire.

  1. Signalement

    Sans tarder. Déclaration écrite de l'opération au prestataire du compte débité dès sa découverte, sans attendre la fin du délai de treize mois.

  2. Réclamation

    Semaines 1-2. Lettre motivée, pièces jointes, demande de remboursement ou de restitution du solde.

  3. Médiation

    Selon le médiateur. La saisine du médiateur de l'AMF suspend la prescription de l'action civile (article L. 621-19).

  4. Preuve

    Avant le procès. Mesure d'instruction ordonnée sur requête ou en référé s'il existe un motif légitime (article 145 du code de procédure civile).

  5. Assignation

    Devant le juge compétent, après vérification des règles de compétence et de la validité de toute clause : en droit interne, une clause dérogeant à la compétence territoriale n'est valable qu'entre parties ayant toutes contracté en qualité de commerçant et si elle est très apparente (article 48 du code de procédure civile) ; un litige international obéit à d'autres règles.

  6. Prescription

    Cinq ans. À compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'écrire au prestataire

Aucune réclamation ni assignation sans avoir validé ces points.

  • Identité exacte du prestataire, de son agrément et de l'État où il est établi.
  • Qualité du client : consommateur, professionnel, association.
  • Opération autorisée ou non, et mode d'authentification utilisé.
  • Date du débit, date du signalement, délais restant à courir.
  • Clauses de suspension, de clôture et d'attribution de juridiction.
  • Pièces que seul le prestataire détient et moyen de les obtenir.

Synthèse

Situation, risque, acte, décision

Les arbitrages les plus courants pour un client de banque en ligne ou de plateforme.

Situation

Compte professionnel clôturé sans délai

Risque principal : Activité interrompue, paiements rejetés.

Acte à privilégier : Lettre contestant le préavis, preuve du dommage.

Décision recommandée : Ouvrir un compte de secours avant toute action.

Situation

Virement frauduleux depuis le compte

Risque principal : Refus de remboursement pour négligence grave.

Acte à privilégier : Signalement écrit et chronologie de la fraude.

Décision recommandée : Signaler sans tarder, au plus tard dans les treize mois, puis agir.

Situation

Paiement ordonné par un salarié trompé

Risque principal : Opération jugée autorisée.

Acte à privilégier : Examen de la vigilance et des habilitations.

Décision recommandée : Rechercher une anomalie apparente précise.

Situation

Plateforme crypto au statut douteux

Risque principal : Prestataire non autorisé ou établi hors de France.

Acte à privilégier : Vérification du statut sur la liste publiée par l'AMF.

Décision recommandée : Choisir le fondement et les sanctions selon le régime applicable.

Situation

Plateforme étrangère et clause d'un tribunal lointain

Risque principal : Litige renvoyé hors de France.

Acte à privilégier : Assignation devant le juge du domicile.

Décision recommandée : Établir la qualité de consommateur.

Situation

Obligations de crowdfunding impayées

Risque principal : Action individuelle irrecevable pour les intérêts communs.

Acte à privilégier : Saisine du représentant de la masse.

Décision recommandée : Vérifier qui détient le droit d'agir.

Questions fréquentes

Vos questions : fintech, crypto et petits clients

Que fait un avocat fintech pour un particulier ou une petite entreprise ?

Il intervient du côté du client. Les cabinets qui se présentent sous ce libellé accompagnent le plus souvent les sociétés du secteur dans leurs démarches d'agrément. La situation d'un épargnant, d'un artisan ou d'une association est différente : compte fermé sans explication, paiement que l'on n'a pas voulu, plateforme qui ne répond plus, placement dont le capital a disparu. Ces litiges relèvent du code monétaire et financier, du droit des contrats et, pour le particulier, du droit de la consommation.

Le premier travail consiste à qualifier l'opération. Une opération de paiement est autorisée si le payeur a donné son consentement à son exécution (article L. 133-6) ; si elle ne l'est pas, le prestataire doit la rembourser au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant son signalement (article L. 133-18). Si elle l'est, le client doit démontrer une faute du prestataire selon le droit commun.

Le cabinet examine ensuite le délai encore ouvert, l'identité et le statut du prestataire, et les pièces que celui-ci détient. Il peut rédiger la réclamation, saisir le médiateur compétent ou engager l'action, en indiquant à chaque étape ce que la jurisprudence admet et ce qu'elle refuse.

Ma banque en ligne a fermé le compte professionnel de ma société : quel préavis devait-elle respecter ?

Pour un compte de dépôt à durée indéterminée, la loi impose à l'établissement de crédit un préavis d'au moins deux mois, notifié sur papier ou sur un autre support durable (article L. 312-1-1). Les juges ne s'accordent pas sur l'application de ce texte aux personnes morales qui agissent pour leur activité.

La cour d'appel de Paris a écarté le délai légal pour le compte professionnel d'une société, tout en jugant que « la clôture ne peut intervenir que moyennant le respect d'un préavis suffisant, permettant client de conclure de nouveaux services bancaires, ce qui s'apprécie notamment au regard de la taille de la société cliente et de la nature de son activité » (CA Paris, pôle 5, ch. 6, 21 février 2024, n° 21/14330). Elle a ajouté que « la décision de clôturer le compte n'a pas à être motivée et est donc discrétionnaire » (CA Paris, pôle 5, ch. 6, 21 février 2024, n° 21/14330). Elle a néanmoins indemnisé une agence immobilière dont le préavis de trente jours était insuffisant au regard du volume de son activité, et débouté les autres sociétés.

La cour d'appel de Montpellier a, elle, appliqué le préavis de deux mois à une société, mais l'a déboutée faute de prouver le dommage causé par la clôture (CA Montpellier, ch. com., 4 novembre 2025, n° 24/04741), solution défavorable. Le dossier doit donc réunir, dès la lettre de clôture, la preuve des paiements rejetés et des contrats perdus. Une société domiciliée en France dépourvue de compte peut en outre demander l'exercice du droit au compte (article L. 312-1).

Un prestataire de paiement peut-il suspendre le compte de mon activité en ligne ?

Les conditions générales des prestataires de paiement et des places de marché prévoient presque toujours une faculté de suspension. La Cour de cassation a jugé, à propos d'un service de référencement en ligne, qu'en prévoyant une clause de suspension pour des raisons légales puis en l'appliquant à un site trompeur, « un hébergeur ne crée pas un déséquilibre significatif au sens de l'article L. 442-6, I, 2°, devenu l'article L. 442-1, 2° du code de commerce » (Cass. com., 4 septembre 2024, n° 22-12.321). La solution est défavorable à la société suspendue, dont l'activité était jugée illicite faute d'habilitation. Cette solution, propre à un hébergeur tenu de retirer les contenus illicites, ne se transpose pas d'elle-même à un prestataire de paiement.

La situation du particulier est différente. Dans un contrat conclu avec un professionnel, est abusive la clause qui crée, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties (article L. 212-1 du code de la consommation). Une clause permettant de bloquer sans délai ni motif les fonds d'un consommateur peut être discutée sur ce terrain.

Dans les deux cas, le cabinet lit la clause invoquée, vérifie la notification et le motif allégué, puis examine séparément le fondement de la suspension du service et celui de la rétention ou de la restitution du solde, selon le statut du prestataire. La demande peut alors porter sur la restitution du solde plutôt que sur la reprise de la relation.

La banque affirme que j'ai autorisé le virement frauduleux : qu'est-ce que cela change ?

Presque tout. Le remboursement de plein droit, dans le jour ouvrable qui suit le signalement, ne concerne que les opérations non autorisées (article L. 133-18). Si l'opération est autorisée, le client ne peut obtenir réparation qu'en prouvant une faute du prestataire, le plus souvent un manquement à la vigilance.

La frontière est sévère pour les entreprises. Dans une fraude au faux dirigeant, les virements ordonnés par une préposée qui pensait obéir à un dirigeant ont été jugés autorisés, l'arrêt constatant qu'ils avaient été passés par la salariée « qui pensait agir sur instruction de l'un des dirigeants, au moyen du dispositif de paiement sécurisé mis à disposition par la banque » (Cass. com., 30 avril 2025, n° 24-11.255). Le pourvoi de la société a été rejeté.

La tromperie sur la personne qui donne l'ordre ne suffit donc pas à rendre l'opération non autorisée. Le cabinet vérifie qui a matériellement validé l'ordre, avec quel dispositif d'authentification, et si une personne habilitée a été consultée. Lorsque l'opération est autorisée, il examine notamment les anomalies apparentes que la banque teneuse du compte pouvait déceler, fondement retenu dans les affaires citées, sans exclure les recours contre les autres intervenants.

La banque aurait-elle dû bloquer mes virements vers une plateforme de trading douteuse ?

Les décisions citées ici l'ont refusé. La Cour de cassation juge que « le devoir de non-immixtion du banquier dans les affaires de son client ne cède, en vertu de son obligation de vigilance, qu'en cas d'anomalie apparente » (Cass. com., 2 mai 2024, n° 22-17.233). Dans cette affaire, le montant inhabituel d'un virement n'a pas suffi, le client en étant lui-même le bénéficiaire économique.

Les juges du fond appliquent cette règle avec rigueur aux placements frauduleux. Pour un épargnant démarché par téléphone qui avait viré la quasi-totalité de son épargne vers une plateforme de trading, la cour d'appel de Paris a confirmé le rejet de ses demandes, en rappelant que « le client est totalement libre de disposer de ses économies comme il l'entend, quitte à changer drastiquement ses habitudes et choix de gestion » (CA Paris, pôle 5, ch. 6, 12 novembre 2025, n° 23/17193). La décision est défavorable à l'épargnant.

Le recours n'est pas fermé pour autant. La Cour de cassation admet que la responsabilité de la banque puisse être recherchée pour manquement à la vigilance lorsque les virements sont autorisés (Cass. com., 12 juin 2025, n° 24-13.697). Il faut alors démontrer une anomalie apparente pour la banque à la date de l'ordre, à partir des informations dont elle disposait. L'inscription du bénéficiaire sur la liste noire de l'AMF peut en être un indice, à condition d'être antérieure aux virements : dans l'affaire jugée par la cour d'appel de Paris, elle était postérieure et l'épargnant a été débouté (CA Paris, pôle 5, ch. 6, 12 novembre 2025, n° 23/17193).

Peut-on reprocher à la banque de ne pas avoir appliqué ses obligations anti-blanchiment ?

Non, sur le terrain de la responsabilité civile. Les organismes financiers assujettis exercent une vigilance constante sur la relation d'affaires (article L. 561-6), renforcée lorsque le risque de blanchiment leur paraît élevé et dans les autres cas prévus par les textes (article L. 561-10-1). Les victimes de fraude invoquent souvent ces textes pour soutenir que le compte de l'escroc n'aurait jamais dû être ouvert ou alimenté.

La Cour de cassation a fermé cette voie. Elle juge que cette obligation de vigilance a pour seule finalité la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et que, en conséquence, « la victime d'agissements frauduleux ne peut se prévaloir de leur inobservation pour réclamer des dommages et intérêts à l'organisme financier » (Cass. com., 4 mars 2026, n° 24-19.588). Dans cette affaire, le jugement qui avait condamné la banque sur ce fondement a été cassé, solution défavorable au client.

L'argument doit donc être remplacé par d'autres. Pour une opération non autorisée, le régime spécial du code monétaire et financier s'applique. Pour une opération autorisée, la voie examinée dans les décisions citées est celle de l'anomalie apparente. La situation de la banque qui a ouvert le compte du bénéficiaire s'examine à part, au vu des pièces obtenues.

J'ai donné mes codes à un faux conseiller : la banque peut-elle refuser de rembourser ?

Elle peut l'invoquer. Le payeur supporte toutes les pertes occasionnées par des opérations non autorisées lorsqu'il a manqué, intentionnellement ou par négligence grave, à son obligation de préserver la sécurité de ses données personnalisées (article L. 133-19 ; article L. 133-16).

L'appréciation reste concrète. La Cour de cassation a censuré une cour d'appel qui avait statué « par un motif péremptoire excluant la négligence grave du payeur lorsqu'il est sollicité au moyen d'un appel téléphonique d'une personne se présentant comme un préposé du prestataire de services de paiement » (Cass. com., 9 septembre 2026, n° 25-15.038). Le client qui avait communiqué ses identifiants et validé des opérations qu'il n'avait pas initiées a perdu le bénéfice de l'arrêt, solution défavorable.

Le récit de la fraude compte donc autant que la règle. Numéro affiché, informations déjà connues de l'escroc, messages reçus de la banque, nature exacte de ce qui a été validé : le cabinet reconstitue la chronologie minute par minute avant de répondre au refus de la banque. La loi exclut en outre toute perte pour le payeur lorsque le prestataire n'a pas exigé d'authentification forte, sauf agissement frauduleux (article L. 133-19, V).

Mon entreprise dispose-t-elle aussi de treize mois pour contester une opération de paiement ?

Pas nécessairement. L'utilisateur signale sans tarder une opération non autorisée ou mal exécutée, et au plus tard dans les treize mois suivant le débit, sous peine de forclusion. Mais le même texte permet aux parties de convenir d'un délai distinct, sauf lorsque l'utilisateur est une personne physique agissant pour des besoins non professionnels (article L. 133-24). La convention de compte d'une société, d'un artisan ou d'une association peut donc prévoir un délai plus court.

La première vérification porte sur ce point. Le cabinet relit la convention de compte professionnel et ses annexes pour identifier le délai réellement applicable, puis le compare à la date du débit et à celle du premier signalement écrit.

Une fois le signalement fait dans le délai, l'action en justice n'est plus enfermée dans les treize mois. La Cour de cassation l'a jugé en cassant un arrêt qui avait déclaré l'action forclose : le titulaire du compte qui a signalé l'opération à temps « peut agir en remboursement contre le prestataire de services de paiement dans le délai de droit commun » (Cass. com., 1er juillet 2026, n° 25-16.495), à condition d'avoir signalé l'opération sans tarder dès qu'il en a eu connaissance. Le délai de droit commun de l'action personnelle est en principe de cinq ans (article 2224 du code civil).

Que gagne-t-on à prouver que le prestataire n'avait pas l'agrément requis ?

Cela dépend du service en cause. Pour les services sur crypto-actifs, le principe est l'agrément de prestataire délivré par l'Autorité des marchés financiers en application du règlement européen MiCA, mais certaines entités déjà réglementées procèdent par notification et certains placements de jetons de monnaie électronique ne sont pas soumis à agrément ; l'AMF publie la liste des prestataires autorisés (article L. 54-10-7). Pour le service d'investissement de prise ferme, l'agrément relève de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution ou, pour les sociétés de gestion de portefeuille, de l'Autorité des marchés financiers (Cass. com., 9 juillet 2025, n° 23-15.492).

La Cour de cassation a précisé la portée du défaut d'agrément pour le service d'investissement de prise ferme. Sa méconnaissance « est de nature à engager la responsabilité civile de la personne qui a fourni ce service lorsqu'elle cause à son cocontractant un préjudice personnel et direct résultant de la privation des garanties attachées à l'agrément des prestataires de services d'investissement, elle ne peut avoir pour effet d'entraîner la nullité des contrats conclus » (Cass. com., 9 juillet 2025, n° 23-15.492). La demande de nullité avait été rejetée. Cette solution ne statue pas sur un contrat de services sur crypto-actifs soumis au règlement MiCA, ni sur d'autres causes de nullité : sa transposition doit être discutée au cas par cas.

Dans le cadre de cet arrêt, le client doit démontrer le préjudice personnel et direct né de la privation des garanties attachées à l'agrément. Le cabinet vérifie d'abord le statut du prestataire à la date de chaque opération sur les listes publiques des autorités, puis choisit le fondement et la sanction adaptés au régime applicable.

Un particulier peut-il écarter la clause qui désigne un tribunal hors de l'Union européenne ?

En principe oui, s'il est consommateur et domicilié en France. Les plateformes d'investissement établies hors de l'Union européenne insèrent souvent une clause confiant les litiges à un juge de leur pays. La Cour de cassation juge que, selon les principes du droit international privé français, « le consommateur, domicilié en France à la date de l'acte introductif d'instance, ne peut être privé, par une clause attributive désignant une juridiction étrangère, du droit de saisir les juridictions françaises » (Cass. 1re civ., 7 octobre 2026, n° 25-14.323). Le pourvoi des professionnels a été rejeté.

Deux conditions se vérifient. La qualité de consommateur d'abord, qui n'était pas contestée dans l'affaire citée et s'apprécie au regard de l'activité de l'investisseur. Le domicile ensuite, apprécié à la date de l'assignation, au lieu du principal établissement. Dans l'arrêt cité, la Cour a approuvé les juges d'avoir retenu ce domicile à partir de pièces concrètes : factures, relevés, inscription sur les listes électorales.

Le cabinet réunit ces preuves avant de délivrer l'assignation, puis examine l'exécution de la décision contre un prestataire étranger, question distincte de la compétence.

Quand commence le délai pour agir après la perte d'un placement conseillé ?

Le délai de droit commun est de cinq ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer son droit (article 2224 du code civil). Le prestataire soutient souvent qu'il a commencé à la signature, lorsque l'épargnant aurait pu lire la documentation.

La Cour de cassation retient une autre date lorsque le reproche porte sur l'information relative au risque de perte. Elle juge que « le délai de prescription de l'action en indemnisation d'un tel dommage ne peut commencer à courir avant la date à laquelle l'investissement a été perdu » (Cass. com., 21 mai 2025, n° 24-13.217). L'arrêt qui avait déclaré l'action prescrite en retenant la date des contrats a été cassé, au profit de l'épargnante.

Cette solution protège l'épargnant dont le placement s'effondre plusieurs années après la souscription. Elle ne dispense pas de réunir la preuve de la date de la perte : jugement de liquidation, relevé de valorisation, courrier annonçant l'arrêt des remboursements. La saisine du médiateur de l'Autorité des marchés financiers suspend par ailleurs la prescription pendant la médiation (article L. 621-19).

En financement participatif, puis-je agir seul contre le porteur de projet défaillant ?

Cela dépend du titre souscrit. Lorsque l'investisseur a acheté des obligations, il appartient à une masse. Les représentants de la masse, autorisés par l'assemblée générale des obligataires, ont seuls qualité pour engager les actions qui ont pour objet la défense des intérêts communs des obligataires, et toute action contraire est déclarée d'office irrecevable (article L. 228-54 du code de commerce).

La Cour de cassation applique cette règle jusqu'aux mesures préparatoires. Elle a jugé qu'une demande d'expertise ou de production de pièces avant tout procès, lorsqu'elle concerne l'ensemble des souscripteurs, « ne peut être intentée que par le représentant de la masse autorisé par l'assemblée générale des obligataires » (Cass. com., 9 octobre 2024, n° 23-10.645). Le pourvoi de l'investisseur a été rejeté, solution défavorable.

Le prêt ne se confond pas avec l'obligation : l'intermédiation en financement participatif par prêt a son propre régime, qui exclut notamment les activités relevant du règlement européen de 2020 sur les prestataires de financement participatif (article L. 548-1). Qui peut agir dépend alors du régime de la plateforme, du contrat et des pouvoirs confiés à la plateforme pour réclamer les sommes dues. Le cabinet identifie d'abord la nature du titre, la plateforme et le représentant de la masse, puis choisit entre l'action collective, la déclaration de créance et la demande personnelle.

4,9286 avis Google
kader ladjouzi
il y a 1 mois

Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN

Réponse du cabinet

Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.

Janou SAMUEL
il y a 2 mois

Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me

Réponse du cabinet

Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.

Paul MALIK (powlo)
il y a 5 mois

Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.

Réponse du cabinet

Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.

Rayan Kallout
il y a 6 mois

Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !

Réponse du cabinet

La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.

Naji Jouahri
il y a 6 mois

Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.

Réponse du cabinet

Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.

Halim Tunde
il y a 6 mois

Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.

Réponse du cabinet

Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.

Cha
il y a 6 mois

En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !

Réponse du cabinet

Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.

Asmaa Maazaz
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz

Réponse du cabinet

Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.

chaymaa aouadi
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.

Réponse du cabinet

Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.