Fusion et scission — groupes et family offices

Avocat fusion et scission de sociétés à Paris : restructurer sans perdre le contrôle.

Fusion-absorption, fusion par création, scission, apport partiel d'actif : le schéma s'arbitre avant le traité. Le cabinet rédige le traité, sécurise la parité, pilote le calendrier réglementé et défend l'opération contre les contestations.

Le délai d'opposition des créanciers et la mise à disposition des documents trente jours avant l'assemblée ne se rattrapent pas : le calendrier se verrouille dès le projet de traité.

Maître Reda Kohen, avocat fusion et scission de sociétés à Paris

Maître Reda Kohen

Avocat au Barreau de Paris — restructurations et opérations de groupe.

Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr

Page mise à jour le 11 juin 2026.

La TUP, effet central

La fusion entraîne la dissolution sans liquidation et la transmission universelle du patrimoine (article L. 236-3 du code de commerce) : biens, dettes et contrats passent de plein droit — sauf intuitu personae et autorisations nominatives.

La parité, point de friction

Deux valorisations contradictoires, plusieurs méthodes croisées, rapport du commissaire à la fusion : une parité mal documentée se conteste par les minoritaires.

Le régime de faveur fiscal

L'article 210 A du CGI exonère les plus-values d'apport sous conditions strictes de reprise des engagements : la simulation fiscale précède le choix du schéma.

Réponse rapide

Le schéma s'arbitre d'abord : absorption pour simplifier un groupe, création pour réunir dans un véhicule neutre, scission pour séparer, apport partiel d'actif pour transférer une branche sans dissoudre. Le traité fixe périmètre, parité, soulte et dates d'effet. Le calendrier est réglementé : dépôt au greffe, publicité ouvrant l'opposition des créanciers, rapport du commissaire trente jours avant l'AGE. La TUP transfère tout de plein droit, sauf contrats intuitu personae — clause de transmissibilité expresse nécessaire — et autorisations nominatives.

Comprendre votre situation

Fusion-scission : ce qui décide vraiment de l'opération

Sept points pour choisir le schéma, sécuriser la parité et réussir l'intégration.

Panneau 1 — Le schéma

Choisir le véhicule avant de rédiger le traité

Quatre règles structurent la restructuration.

1

La fusion entraîne dissolution sans liquidation et transmission universelle du patrimoine (article L. 236-3 du code de commerce) ; la filiale détenue à 100 % bénéficie du régime simplifié sans rapport ni assemblée (article L. 236-11).

2

Le traité fixe le périmètre transmis, la parité d'échange — deux valorisations contradictoires, méthodes croisées — la soulte et les dates d'effet juridique, comptable et fiscale.

3

Le calendrier est réglementé : dépôt au greffe, publicité ouvrant l'opposition des créanciers, rapport du commissaire à la fusion au moins trente jours avant l'assemblée, mise à disposition des documents.

4

En cours d'instance, la transmission universelle impose de diriger les demandes contre la société absorbante (Cass. com., 18 septembre 2024, n° 23-13.453).

Deux frontières pratiques à la TUP : les contrats intuitu personae (franchise, concession, mandats, conventions bancaires sensibles) exigent une clause de transmissibilité ou l'accord du cocontractant, et les autorisations administratives nominatives peuvent imposer un nouvel agrément. Fiscalement, le régime de faveur de l'article 210 A du CGI se gagne par la reprise exacte des engagements au passif.

Panneau 2 — Vos pièces

Ce qu'il faut réunir pour structurer

La parité se documente par écrit, avec deux méthodes convergentes.

Sociétés participantes

  • Statuts, pactes et tables de capitalisation
  • Comptes des trois derniers exercices et situations intermédiaires
  • Inventaire des contrats clés et clauses intuitu personae
  • Autorisations administratives et agréments nominatifs

Opération

  • Projet de traité : périmètre, parité, soulte, dates d'effet
  • Valorisations contradictoires et méthodes retenues
  • Simulation fiscale au régime de faveur 210 A
  • Effectifs et consultation du CSE le cas échéant

Erreurs fréquentes : parité documentée par une seule méthode ; contrat-clé intuitu personae découvert après la publication ; engagements 210 A repris incomplètement.

Le cabinet structure aussi :

Fusion simplifiée L. 236-11Apport partiel d'actifScission partielleFusion en cours d'instance

Panneau 3 — La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Toute approximation procédurale fragilise l'opération et peut justifier une nullité.

1

Cadrage du schéma

Audit capitalistique, arbitrage fusion / scission / apport partiel, simulation fiscale au régime de faveur.

2

Traité et commissaire

Rédaction du projet de traité, désignation du commissaire, rapports sur la parité et la valeur des apports.

3

Publicité et assemblées

Dépôt au greffe, publication ouvrant l'opposition des créanciers, mise à disposition trente jours, AGE de chaque société.

4

Post-opération

Reconstitution des sûretés, information des cocontractants, déclarations fiscales, fusion comptable, intégration pilotée.

Repères : opposition des créanciers de trente jours ; nullité des fusions prescrite par trois ans (article L. 235-9) ; réintégration des plus-values sur constructions sur quinze ans au régime de faveur.

Panneau 4 — Le calendrier

La timeline d'une fusion

Une opération intra-groupe simple se boucle en quelques mois ; les schémas complexes davantage.

Mois 1 — Cadrage

Choix du schéma, simulation fiscale, calendrier daté partagé.

Mois 1-2 — Traité

Rédaction du projet : périmètre, parité, soulte, dates d'effet.

Mois 2 — Commissaire

Désignation, travaux, rapports sur la parité et les apports.

Mois 2-3 — Publicité

Dépôt au greffe de chaque société, publication, ouverture du délai d'opposition des créanciers.

Mois 3-4 — AGE

Mise à disposition des documents trente jours avant, vote des assemblées, constatation de la réalisation.

Mois 4 et suite

Publication BODACC, radiation de l'absorbée, intégration comptable, fiscale et opérationnelle.

Panneau 5 — Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant le traité

Aucun dépôt sans avoir validé ces points.

Schéma adapté à l'objectif : consolidation, neutralité capitalistique, fiscalité, calendrier supportable.

Parité documentée par au moins deux méthodes convergentes.

Contrats intuitu personae : clauses de transmissibilité ou accords recueillis avant la publication.

Autorisations administratives nominatives et agréments réglementés.

Conditions du régime de faveur 210 A : reprise des provisions, réserve spéciale, réintégrations.

Volet social : transfert des contrats, information et consultation du CSE.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

FAQ

Questions fréquentes

15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.

Quelle différence entre fusion-absorption et fusion par création ?

La fusion-absorption fait disparaître la société absorbée par transmission universelle de son patrimoine à une société préexistante (l'absorbante). C'est le schéma le plus courant pour simplifier un groupe. La fusion par création d'une société nouvelle réunit deux ou plusieurs sociétés préexistantes dans un véhicule neutre nouvellement immatriculé, qui reçoit l'intégralité des patrimoines. Le choix dépend de l'objectif (consolidation patrimoniale, neutralité capitalistique, optique fiscale) et du calendrier supportable.

Qu'est-ce que la transmission universelle de patrimoine (TUP) ?

La TUP est l'effet juridique majeur de la fusion-absorption ou de la dissolution sans liquidation de l'associé unique. La société bénéficiaire reçoit en bloc l'intégralité du patrimoine de la société qui disparaît : actifs, passifs, contrats, salariés, sûretés, instances en cours. Cette transmission opère de plein droit, sans nécessité d'un transfert acte par acte. Elle s'applique aussi à la scission, avec une répartition entre plusieurs sociétés bénéficiaires. C'est l'article L. 236-3 du Code de commerce qui en fixe le régime.

Comment est calculée la parité d'échange entre titres ?

La parité repose sur deux valorisations contradictoires des sociétés concernées au jour de référence. Elle peut combiner plusieurs méthodes : multiples de comparables boursiers, actualisation des flux de trésorerie, actif net réévalué. Le rapport du commissaire à la fusion vérifie la cohérence de la parité retenue. Une parité contestée peut donner lieu à action en responsabilité contre les dirigeants ou en nullité de la fusion, dans le délai de prescription de l'article L. 235-9 du Code de commerce.

Quel délai pour former opposition à une fusion en tant que créancier ?

Les créanciers non obligataires de chaque société participante dont la créance est antérieure à la publicité du projet peuvent former opposition dans un délai légal qui s'apprécie à compter de la dernière publication. Le tribunal saisi peut rejeter l'opposition, ordonner le remboursement ou la constitution de garanties suffisantes. Tant qu'aucune décision n'est rendue, la fusion reste opposable au créancier qui a perçu paiement ou garantie. La haute juridiction (Cass. com. 7 oct. 2020 n° 19-14.755) a confirmé la portée pratique de ce mécanisme.

Le commissaire à la fusion est-il toujours obligatoire ?

Non. Le rapport du commissaire à la fusion sur la parité d'échange peut être écarté par décision unanime des associés des sociétés concernées (article L. 236-10 du Code de commerce). En revanche, le rapport sur la valeur des apports en nature reste exigé lorsqu'il est requis. Pour la fusion simplifiée d'une société détenue à 100 % par l'absorbante, plusieurs étapes sont allégées, mais la traçabilité formelle reste indispensable pour préserver la sécurité juridique de l'opération.

Les contrats intuitu personae sont-ils transférés à la société absorbante ?

Pas automatiquement. Les contrats conclus en considération de la personne du contractant (franchise, concession exclusive, mandat, prestations intellectuelles, conventions bancaires sensibles) peuvent imposer un nouvel accord exprès du cocontractant lors de la fusion. À défaut de clause de transmissibilité expresse ou d'agrément, le cocontractant peut refuser le transfert et obtenir la résiliation. Une revue contractuelle préalable et la collecte des accords écrits avant la signature du traité évitent ce risque structurant.

Les salariés sont-ils transférés à la société bénéficiaire ?

Oui, automatiquement et de plein droit. L'article L. 1224-1 du Code du travail prévoit que tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l'entreprise. La société bénéficiaire récupère l'ancienneté, les primes conventionnelles, les jours capitalisés, les contentieux prud'homaux et les engagements collectifs. L'information préalable du comité social et économique de chaque société concernée est obligatoire.

Qu'est-ce que le régime fiscal de faveur de l'article 210 A CGI ?

Le régime de faveur de l'article 210 A du Code général des impôts permet d'exonérer d'impôt sur les sociétés les plus-values d'apport et les profits dégagés par la fusion. Il est subordonné à plusieurs engagements écrits dans le traité : reprise au passif des provisions différées et de la réserve spéciale, substitution pour la réintégration des résultats différés, calcul des plus-values ultérieures sur la valeur fiscale antérieure, réintégration sur quinze ans pour les constructions et cinq ans pour les autres biens amortissables. Une rédaction approximative fait perdre le bénéfice du régime.

Quelle différence entre fusion et apport partiel d'actif ?

La fusion fait disparaître la société absorbée et transmet l'intégralité de son patrimoine. L'apport partiel d'actif transfère seulement une branche complète d'activité à une société tierce, sans dissoudre l'apporteuse. Cette dernière reçoit en contrepartie des titres de la société bénéficiaire. L'apport partiel est utile pour isoler une activité dans une filiale dédiée ou préparer une cession ultérieure. Le régime juridique se rapproche de la scission lorsque l'apport partiel est placé volontairement sous le régime des scissions.

Combien de temps dure une opération de fusion-absorption ?

Une fusion intra-groupe simple (filiale absorbée par sa mère à 100 %) se réalise en deux à trois mois entre la signature du traité et la publication BODACC. Une fusion entre deux sociétés indépendantes prend généralement quatre à six mois, le temps de la valorisation contradictoire, du rapport du commissaire à la fusion, des assemblées et de la purge des oppositions. Une scission complexe avec plusieurs sociétés bénéficiaires dépasse souvent six mois si plusieurs opérations doivent être coordonnées.

Qu'est-ce que la fusion simplifiée ?

La fusion simplifiée s'applique à l'absorption par une société de sa filiale qu'elle détient à 100 %, ou à l'absorption d'une société par une autre lorsque cette dernière détient toutes les actions. Plusieurs étapes sont allégées : pas d'échange de titres, pas de rapport du commissaire à la fusion, pas d'assemblée de l'absorbée. La traçabilité formelle reste indispensable. Le régime simplifié est très utilisé pour les restructurations intra-groupe afin de réduire le coût et le calendrier.

La scission peut-elle être réalisée sans création d'une société nouvelle ?

Oui. La scission peut s'opérer au profit de sociétés déjà existantes (scission au profit de sociétés bénéficiaires préexistantes). Elle peut aussi s'opérer au profit d'une société nouvelle créée à cette occasion. La répartition des actifs et passifs entre les bénéficiaires est précisée dans le traité, avec mention spéciale pour les éléments dont l'attribution n'est pas claire (article L. 236-23 du Code de commerce). Le cabinet sécurise systématiquement cette répartition pour éviter les revendications post-opération.

Que se passe-t-il pour une instance en cours au moment de la fusion ?

La société absorbante succède à la société absorbée dans l'instance, par l'effet de la transmission universelle de patrimoine. La haute juridiction (Cass. com. 18 sept. 2024 n° 23-13.453, publié au Bulletin) précise que l'autre partie doit toutefois présenter ses demandes à l'encontre de la société absorbante, et non plus contre la société absorbée disparue. Une vigilance procédurale est donc indispensable pour éviter une fin de non-recevoir post-fusion.

Quel coût indicatif pour un accompagnement de fusion ?

Pour une fusion simplifiée intra-groupe (filiale 100 % absorbée par sa mère), les honoraires se situent généralement entre 5 000 et 9 000 euros TTC, calendrier compris. Pour une fusion entre deux sociétés indépendantes avec rapport du commissaire à la fusion et négociation de parité, la fourchette monte à 12 000 - 25 000 euros TTC. Pour une scission complexe ou un apport partiel d'actif structurant, la fourchette dépasse 25 000 euros TTC. Le cabinet propose un forfait global après examen du dossier, sans facturation horaire surprise.

Quel tribunal est compétent en cas de litige sur une fusion ?

Les litiges entre associés et ceux relatifs au fonctionnement de la société relèvent du tribunal de commerce du siège social, soit le tribunal de commerce de Paris pour une société immatriculée dans la capitale. L'action en nullité de la fusion se prescrit dans le délai de l'article L. 235-9 du Code de commerce. Les contestations relatives à la parité d'échange ou à la responsabilité du commissaire à la fusion suivent les règles du droit commun. Le cabinet plaide régulièrement devant le tribunal de commerce de Paris.

Références

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Synthèse

Situation, risque, document, décision

Les arbitrages les plus fréquents observés en cabinet sur les fusions et scissions.

Situation Risque principal Document à prévoir Décision recommandée
Filiale détenue à 100 % à absorber Procédure plus lourde et coûteuse Régime simplifié article L. 236-11 Recourir à la fusion simplifiée sans rapport ni assemblée
Bilan déséquilibré entre absorbante et absorbée Parité d'échange contestée par minoritaires Rapport commissaire à la fusion détaillé Documenter par écrit deux méthodes convergentes
Contrat-clé contenant un intuitu personae Résiliation sur l'opération de restructuration Recueil d'agrément du cocontractant en amont Solliciter par écrit l'accord avant la signature du traité
Créancier bancaire opposant à la fusion Inopposabilité, paiement immédiat ou garantie Lettre de garantie ou affectation hypothécaire Négocier la mainlevée contre garantie équivalente
Salariés transférés sur plusieurs sites Contestation de l'application de l'article L. 1224-1 Information CSE des sociétés concernées Documenter la nouvelle organisation et les contrats repris
Activité régulée (santé, financé, sécurité) Perte d'agrément ou d'autorisation à la fusion Vérification préalable des autorités compétentes Conditionner la date d'effet à l'obtention des accords

Dossiers

Cas pratiques chiffrés du cabinet

Trois dossiers de restructuration récents, montants arrondis par discrétion.

Trois dossiers de restructuration traités récemment, choisis pour la diversité des montants et des problématiques rencontrées sur la dimension corporate.

Fusion intra-groupe holding et exploitation, 1,8 M€ de simplification

Absorption de la SARL d'exploitation par sa holding patrimoniale, optimisation du régime mère-fille, suppression de la facturation intra-groupe, économie annuelle d'environ 1,8 million d'euros sur trois ans. Régime de faveur de l'article 210 A du Code général des impôts intégralement appliqué, aucune opposition créancier formée.

Opération bouclée en quatre mois depuis le projet de traité.

Scission partielle d'isolation immobilière, 4,2 M€ d'actifs séparés

Scission partielle d'une SAS familiale détenant un patrimoine immobilier de 4,2 millions d'euros aux côtés d'une activité d'exploitation. Création de deux sociétés bénéficiaires, l'une recevant l'immobilier, l'autre conservant l'exploitation. Parité d'échange validée par le commissaire à la scission, transmission universelle de patrimoine effective sans rupture de bail.

Patrimoine immobilier sécurisé dans une entité dédiée.

Opposition créancier bancaire résolue par garantie 280 000 €

Fusion-absorption d'une filiale par sa société-mère contestée par la banque créancière, qui craignait l'affaiblissement de sa créance. Le cabinet a négocié une mainlevée de l'opposition contre constitution d'une garantie autonome à première demande de 280 000 euros et apport d'une caution solidaire de la holding. Opération validée et publication BODACC effective.

Mainlevée obtenue en six semaines.

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