Loyers impayés — bailleurs et cautions

Avocat recouvrement de loyers à Paris : agir avant que la dette grossisse.

Chaque mois d'attente ajoute un loyer, des charges et des frais à la dette. Mise en demeure, information de la caution, commandement de payer visant la clause résolutoire : la séquence est connue — sa régularité décide du résultat.

La prescription triennale de l'article 7-1 de la loi de 1989 ronge la dette mois par mois : chaque échéance impayée se prescrit séparément, trois ans après son exigibilité.

Maître Reda Kohen, avocat recouvrement de loyers à Paris

Maître Reda Kohen

Avocat au Barreau de Paris — recouvrement locatif et baux d'habitation.

Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr

Page mise à jour le 11 juin 2026.

Le décompte d'abord

Le locataire est tenu du loyer et des charges aux termes convenus (article 7 a de la loi du 6 juillet 1989) : un décompte ventilé — loyers, charges, frais — fonde toute la procédure.

La caution dans le viseur

L'acte de cautionnement se vérifie avant toute poursuite : mentions, durée, étendue, signature. L'information de la caution dans les conditions de l'article 22-1 préserve les pénalités et intérêts.

Le commandement, point de départ

Le commandement de payer visant la clause résolutoire ouvre le délai de six semaines de l'article 24, modifié par la loi du 27 juillet 2023 ; sa régularité conditionne assignation, jugement et expulsion.

Réponse rapide

Le recouvrement suit une séquence stricte : mise en demeure qui acte la dette, information de la caution (article 22-1), commandement de payer visant la clause résolutoire ouvrant le délai de six semaines (article 24, modifié par la loi du 27 juillet 2023), assignation, jugement, puis exécution — saisies ou protocole d'apurement. Le juge peut accorder jusqu'à trois ans de délais au locataire en mesure de payer. La prescription est triennale, échéance par échéance ; le décompte ventilé et l'acte de caution vérifié font la solidité du dossier.

Comprendre votre situation

Loyers impayés : ce qui décide vraiment du dossier

Sept points pour recouvrer vite — ou se défendre utilement quand on est caution.

Panneau 1 — Les règles

Du décompte au commandement : la séquence

Quatre règles structurent le recouvrement locatif.

1

Le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus (article 7 a) de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989) : la dette se chiffre par un décompte ventilé, échéance par échéance.

2

La caution se poursuit après vérification de l'acte — une signature sans similitude avec celle du prétendu signataire fait tomber la poursuite (CA Versailles, 14e ch., 23 novembre 2023, n° 23/01619) — et s'informe dans les conditions de l'article 22-1.

3

Le commandement de payer visant la clause résolutoire ouvre le délai d'apurement de six semaines fixé par l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par la loi du 27 juillet 2023 ; les nouveaux délais ne modifient pas les clauses des baux en cours (Cass. avis, 13 juin 2024, n° 24-70.002).

4

Le juge peut accorder jusqu'à trois ans de délais au locataire en situation de régler sa dette, y compris pour les baux en cours à l'entrée en vigueur de la loi ALUR (Cass. avis, 16 février 2015, n° 14-70.011).

Quand Action Logement ou un assureur loyers impayés indemnise le bailleur, le locataire reste débiteur par subrogation, face à un nouveau créancier (CA Chambéry, 2e ch., 6 février 2025, n° 24/00259). Après jugement : saisie-attribution sur compte, saisie des rémunérations ou protocole d'apurement — le choix dépend de la solvabilité du débiteur.

Panneau 2 — Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle

Le bail, le décompte et l'acte de caution portent toute la procédure.

Bailleur

  • Bail signé, état des lieux et avenants
  • Décompte ventilé : loyers, charges, frais, imputations
  • Mises en demeure et commandement déjà délivrés
  • Acte de cautionnement et courriers d'information de la caution

Caution poursuivie

  • Acte de cautionnement intégral avec mentions
  • Courriers d'information reçus du bailleur
  • Décompte réclamé et justificatifs de paiements
  • Tout élément sur la signature et la date de l'engagement

Erreurs fréquentes : un décompte global non ventilé qui fragilise l'assignation ; poursuivre la caution sans avoir vérifié la durée de son engagement.

Le cabinet traite aussi :

Expulsion locativeProtocoles d'apurementSaisies après jugementDéfense des cautions

Panneau 3 — La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

La régularité de chaque acte conditionne la vitesse de l'ensemble.

1

Premier échange et envoi du dossier

Bail, décompte, actes délivrés, acte de caution : première lecture juridique sous 24 à 48 heures.

2

Audit de la créance

Décompte ventilé, prescription triennale échéance par échéance, validité de l'acte de caution, garanties mobilisables.

3

Actes et procédure

Mise en demeure, information de la caution, commandement visant la clause résolutoire, assignation devant le juge des contentieux de la protection.

4

Exécution

Jugement, saisie-attribution ou saisie des rémunérations, protocole d'apurement, suivi jusqu'au paiement complet.

Le commandement contient à peine de nullité les mentions de l'article 24 : montant ventilé, délai de six semaines, faculté de saisir le fonds de solidarité pour le logement — sa relecture évite des mois perdus.

Panneau 4 — Le calendrier

La chronologie d'un recouvrement

De l'impayé à l'exécution, côté bailleur.

J 0 — Impayé

Relance écrite immédiate, décompte ventilé, vérification des garanties — caution, assurance, Action Logement.

J+15 — Mise en demeure

Recommandé avec accusé de réception : la dette est actée, les intérêts courent.

J+30 — Information de la caution

Notification dans les conditions de l'article 22-1 pour préserver pénalités et intérêts.

J+45 — Commandement de payer

Acte de commissaire de justice visant la clause résolutoire : délai de six semaines pour apurer.

Six semaines plus tard — Assignation

Constat de l'acquisition de la clause résolutoire, demande de paiement et d'expulsion.

Jugement et exécution

Condamnation, délais éventuels du juge, saisies ou protocole d'apurement.

Panneau 5 — Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune assignation sans avoir validé ces points.

Décompte ventilé : loyers, charges régularisées, frais — échéance par échéance.

Prescription triennale de chaque échéance impayée (article 7-1).

Validité de l'acte de cautionnement : mentions, durée, étendue, signature.

Information régulière de la caution et ses conséquences sur pénalités et intérêts.

Régularité du commandement : mentions de l'article 24, délai de six semaines.

Solvabilité du débiteur : revenus saisissables, comptes, garants, subrogation éventuelle.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

FAQ

Questions fréquentes

15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.

Combien de temps prend une procédure de recouvrement de loyers à Paris ?

La procédure complète dure entre 6 et 12 mois entre le premier impayé et l'exécution forcée du jugement, parfois davantage selon les délais d'audiencement et la solvabilité du débiteur. Le calendrier type combine quatre étapes : mise en demeure recommandée et information de la caution dans le mois qui suit le 2e impayé, commandement de payer signifié à 6 semaines (baux post-29 juillet 2023) ou 2 mois (baux antérieurs), assignation devant le juge des contentieux de la protection avec notification au préfet au moins 6 semaines avant l'audience, jugement et signification au locataire. La phase d'exécution (saisie-attribution, saisie sur rémunération) prend ensuite 2 à 4 mois. Un protocole d'apurement amiable peut raccourcir significativement le calendrier lorsque le débiteur est solvable et coopératif.

Que peut faire le bailleur dès le premier loyer impayé ?

Le bailleur peut agir dès le premier impayé, sans attendre l'aggravation de la dette. Trois actions utiles. Premièrement, envoyer une relance écrite simple par émail ou courrier classique pour signaler l'impayé et appeler le locataire à régulariser. Deuxièmement, dès le deuxième terme manquant, adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception qui acte la dette et déclenche les intérêts moratoires. Troisièmement, alerter la caution éventuelle conformément à l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989. La saisine d'un avocat dès deux mois d'impayés permet de cadrer la stratégie sans précipitation : analyse du décompte, anticipation du commandement de payer et identification des moyens de défense potentiels du locataire.

Le bailleur peut-il actionner la caution sans attendre l'expulsion ?

Oui. La caution est solidairement tenue avec le locataire, ce qui permet au bailleur d'agir directement contre elle pour obtenir le paiement des loyers impayés, sans attendre l'expulsion ni même le jugement contre le locataire. Cela étant, le bailleur doit respecter une formalité essentielle : le commandement de payer signifié au locataire doit être également signifié à la caution dans un délai de 15 jours, faute de quoi la caution n'est plus tenue des pénalités et des intérêts de retard. En pratique, le bailleur a intérêt à adresser une mise en demeure spécifique à la caution dès le deuxième mois d'impayés pour activer rapidement la garantie. Si la caution contesté l'engagement (mention manuscrite incomplète, durée non précisée), le contentieux peut se complexifier et un avocat est utile dès l'origine.

Quelle est la différence entre commandement de payer et mise en demeure ?

La mise en demeure est un courrier recommandé sans formalisme légal lourd : il acte l'impayé, déclenche les intérêts au taux légal et sert de preuve dans la procédure ultérieure. Le commandement de payer est un acte judiciaire signifié par commissaire de justice, qui vise expressément la clause résolutoire du bail et déclenche le compte à rebours du délai légal (6 semaines pour les baux post-29 juillet 2023, 2 mois pour les baux antérieurs). Le commandement contient à peine de nullité plusieurs mentions obligatoires : montant mensuel du loyer et des charges, décompte précis, avertissement sur les conséquences du défaut de paiement, information sur le fonds de solidarité pour le logement et sur la possibilité de demander un délai de grâce. La mise en demeure est une étape amiable, le commandement ouvre la phase judiciaire de résiliation et de recouvrement forcé.

Le décompte locatif peut-il être contesté ?

Oui, et c'est l'un des moyens de défense les plus efficaces du locataire. Plusieurs points sont régulièrement contestés : le calcul des régularisations annuelles de charges, l'imputation des paiements partiels (article 1342-10 du code civil), l'exigibilité des provisions sur charges au-delà du délai de prescription quinquennale, le double compte du dépôt de garantie. Une jurisprudence constante du tribunal judiciaire de Paris annulé le commandement de payer lorsque le décompte annexé est imprécis ou n'identifie pas clairement les sommes réclamées. La cour d'appel de Paris a notamment jugé que le commandement doit être suffisamment précis pour permettre au locataire de vérifier le bien-fondé de la créance et la prise en compte de ses paiements. Le bailleur a donc intérêt à produire un décompte daté, ventilé par poste et signé.

Le locataire peut-il négocier un échéancier en audience ?

Oui. Le V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 autorise le juge à accorder au locataire des délais de paiement dans la limite de trois années, à condition que le locataire soit en situation de régler la dette et qu'il ait repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience. Pendant l'exécution du plan, la clause résolutoire est suspendue. La Cour de cassation a confirmé l'application immédiate de cette faculté aux baux en cours dans son avis du 16 février 2015. La demande peut être formulée à l'audience ou par voie de conclusions écrites, accompagnée des justificatifs de revenus, des attestations CAF, du dossier de surendettement éventuel et d'une proposition d'échéancier crédible. Le bailleur peut s'y opposer mais le juge dispose d'un pouvoir d'appréciation important. Le respect rigoureux du plan préserve le bail.

Que faire si la caution est sans ressource ?

Le bailleur dispose de plusieurs options. Premièrement, il peut maintenir l'action contre la caution pour obtenir un titre exécutoire qui pourra être exécuté ultérieurement, lorsque la situation patrimoniale s'améliorera. Le titre se prescrit par 10 ans à compter de son obtention. Deuxièmement, il peut négocier un protocole d'apurement amiable avec un échéancier adapté aux capacités réelles. Troisièmement, il peut renoncer à poursuivre la caution insolvable et concentrer ses efforts sur le locataire principal et les saisies. Si le bailleur a souscrit une garantie loyers impayés (GLI) ou si la caution est Visale d'Action Logement, l'organisme indemnise le bailleur puis se subroge dans ses droits. La caution Visale est solvable par construction : c'est l'un des intérêts du dispositif. Le cabinet évalue cas par cas l'opportunité d'une action contre une caution dont la solvabilité est incertaine.

Le garant peut-il échapper au paiement si la mention manuscrite est incorrecte ?

Oui, la nullité de l'acte de cautionnement est régulièrement obtenue lorsque le formalisme de l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 et de l'article 2297 du code civil n'a pas été respecté. La caution doit signer l'acte, faire apparaître le montant du loyer et les conditions de révision, reproduire l'avant-dernier alinéa de l'article 22-1, et apposer la mention prévue à l'article 2297 du code civil. Le bailleur doit remettre à la caution un exemplaire du contrat de location. Toutes ces formalités sont prescrites à peine de nullité du cautionnement. Une mention manuscrite incomplète, une signature contestée ou l'absence de remise du bail peuvent faire tomber tout l'engagement, comme l'a confirmé la cour d'appel de Versailles dans un arrêt du 23 novembre 2023. La caution doit faire analyser l'acte par un avocat dès la première mise en demeure.

Quels sont les frais de recouvrement à la charge du locataire ?

Le jugement qui condamne le locataire au paiement met à sa charge les dépens, c'est-à-dire les frais de procédure (commandement de payer, signification du jugement, droits d'enregistrement). Le bailleur peut également obtenir une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile pour ses frais d'avocat, dont le montant est fixé librement par le juge. Les frais d'exécution (saisie-attribution, saisie des rémunérations, actes du commissaire de justice) sont en principe à la charge du débiteur, mais leur recouvrement effectif suppose la solvabilité du locataire. En pratique, lorsque le locataire est insolvable, ces frais restent à la charge du bailleur même si le titre exécutoire les met formellement à la charge du locataire. C'est un paramètre essentiel dans le calcul de la rentabilité d'une procédure et dans le choix entre poursuite judiciaire et protocole transactionnel.

Le bailleur peut-il saisir le salaire du locataire ?

Oui. La saisie des rémunérations est régie par les articles L. 3252-1 et suivants du code du travail, modifiés par la réforme entrée en vigueur en 2025 qui a transféré la procédure du juge de l'exécution au commissaire de justice. Le bailleur muni d'un titre exécutoire (jugement de condamnation au paiement) peut faire signifier un commandement préalable au locataire, puis enclencher la saisie auprès de l'employeur. Le montant saisissable est calculé selon un barème progressif fixé par décret, qui dépend du montant des rémunérations et de la composition du foyer du débiteur. Une fraction insaisissable, indexée sur le RSA, est obligatoirement préservée. La saisie sur salaire est une voie efficace lorsque le débiteur est en CDI ou CDD long, mais inopérante en cas de chômage ou de travail très précaire. Le cabinet évalue la pertinence de cette voie en amont du jugement.

Combien d'audiences sont nécessaires en moyenne ?

En moyenne, une procédure de recouvrement locatif comporte une à deux audiences devant le juge des contentieux de la protection. Lors de la première audience, le juge examine la régularité formelle du commandement, le décompte de la dette, la situation personnelle du locataire et statue sur la demande de constatation de la clause résolutoire et de condamnation au paiement. Lorsque le locataire ne comparaît pas, le jugement est rendu par défaut ou réputé contradictoire en une seule audience. En cas de contestation sérieuse (nullité du commandement, contestation du décompte, demande de délais sur dossier complexe), une seconde audience peut être nécessaire pour échange de conclusions. En appel, deux à trois audiences peuvent être nécessaires devant la cour d'appel de Paris. La durée moyenne entre l'assignation et le jugement de première instance à Paris est de 6 à 9 mois.

Le bailleur peut-il refuser un plan d'apurement proposé en cours d'instance ?

Le bailleur peut refuser un plan d'apurement amiable, mais le juge peut imposer des délais de paiement contre l'avis du bailleur sur le fondement du V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989. Le juge dispose d'un pouvoir d'appréciation pour fixer un échéancier qu'il estime juste, compte tenu de la situation patrimoniale du locataire et de l'effort consenti. Pendant l'exécution du plan, la clause résolutoire est suspendue. Si le locataire respecte l'échéancier, le bail est préservé. Si le locataire échoue, le bailleur peut faire constater la résiliation par le juge sans nouvelle assignation. Le bailleur a donc intérêt, en pratique, à examiner attentivement la proposition du locataire avant de la refuser, car un plan judiciaire imposé peut être plus long et plus défavorable. Un protocole signé par les parties, homologué par le juge, est souvent la voie la plus sécurisante.

Comment fonctionne la subrogation de la GLI ou de Visale ?

Lorsque le bailleur a souscrit une garantie loyers impayés (GLI auprès d'un assureur) ou que la caution est Action Logement Services dans le cadre du dispositif Visale, l'organisme indemnise le bailleur des sommes impayées puis se subroge dans ses droits sur le fondement de l'article 2306 du code civil. À partir de la quittance subrogative, c'est l'organisme qui devient créancier du locataire et qui peut engager le recouvrement, l'action en résiliation du bail ou l'expulsion. La cour d'appel de Chambéry a rappelé ce mécanisme dans un arrêt du 6 février 2025 : la SAS Action Logement Services, intervenue à la suite d'un défaut de paiement, est subrogée dans les droits du bailleur. Le locataire reste donc débiteur, mais face à un nouveau créancier. Pour le bailleur, l'intérêt de la GLI ou de Visale est d'être indemnisé rapidement sans attendre l'issue du contentieux. Le cabinet conseille les bailleurs sur le choix et la mise en oeuvre de ces garanties.

Quel tribunal est compétent pour le recouvrement de loyers à Paris ?

Le tribunal compétent pour les actions en paiement de loyers et en résiliation de bail d'habitation à Paris est le tribunal judiciaire de Paris, plus précisément le juge des contentieux de la protection, spécialisé dans les contentieux locatifs et de la protection. La compétence territoriale est celle du tribunal du lieu de situation de l'immeuble, par dérogation à la règle générale du domicile du défendeur. À Paris, le tribunal judiciaire siège au Parvis du Tribunal de Paris dans le 17e arrondissement et regroupe également les chambres de proximité spécialisées. Pour les baux commerciaux, le tribunal judiciaire reste compétent en matière de baux mixtes, et le tribunal de commerce pour les baux purement commerciaux. La procédure est introduite par assignation, qui doit être notifiée au préfet de Paris au moins six semaines avant l'audience à peine d'irrecevabilité.

Que se passe-t-il après le jugement définitif ?

Après le jugement définitif, c'est-à-dire après l'expiration du délai d'appel d'un mois à compter de la signification ou après confirmation par la cour d'appel, plusieurs actions sont possibles. Le bailleur signifie le jugement au locataire et à la caution éventuelle, puis enclenche la phase d'exécution. Pour le recouvrement pécuniaire, il peut pratiquer une saisie-attribution sur les comptes bancaires du débiteur, une saisie des rémunérations auprès de l'employeur ou une saisie-vente sur le mobilier. Si le jugement comprend l'expulsion, le commissaire de justice signifie un commandement de quitter les lieux, ouvrant un nouveau délai de deux mois avant l'expulsion forcée. La trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars suspend l'expulsion matérielle mais pas les saisies pécuniaires. Le bailleur peut continuer à faire courir l'indemnité d'occupation tant que le locataire reste dans les lieux. Le solde de la dette peut être recouvré pendant 10 ans à compter du jugement.

Références

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Synthèse

Situation, preuve, délai, action

Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.

SituationPreuve décisiveDélaiAction utile
Premier ou deuxième loyer impayéAvis d'échéance, dernière quittance, décompte simpleDès le 2e terme manquantMise en demeure recommandée et information de la caution
Trois mois de retard ou plusDécompte détaillé, échanges écrits, RIB du locataireAu plus tard à 3 mois d'arriéréCommandement de payer visant la clause résolutoire
Caution non signifiée du commandementActe de cautionnement, copie du commandement au locataire15 jours après signification au locataireSignification rattrapage à la caution pour préserver pénalités et intérêts
Audience locative imminenteBail, commandement, décompte actualisé, attestationsAu moins 15 jours avant la dateConclusions, demande de délais ou de constatation de la clause
Jugement de condamnation renduJugement signifié, certificat de non-appel, décompteAussitôt après expiration du délai d'appelSaisie-attribution sur compte ou saisie sur rémunération
Locataire insolvable mais salariéJustificatif d'emploi, attestation employeur, RIBVariable selon barème de saisieSaisie des rémunérations, protocole d'apurement encadré

Dossiers

Cas pratiques du cabinet

Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.

Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des dossiers. Les chiffres correspondent à des dossiers réels arrondis par discrétion.

Bailleur récupère 18 600 euros en 4 mois

Dette locative équivalent à neuf mois sur un appartement parisien. Mise en demeure, commandement de payer, négociation directe avec le locataire et signature d'un protocole transactionnel d'apurement sur quatre mois. Paiement intégral et maintien du bail.

Action : protocole transactionnel. Résultat : 18 600 euros recouvrés sans audience.

Garant condamné solidairement à 8 200 euros

Mise en demeure ignorée, commandement signifié au locataire et à la caution dans le délai de quinze jours, assignation devant le juge des contentieux de la protection. Condamnation solidaire de la caution. Saisie des rémunérations rapidement opérante.

Action : signification rigoureuse à la caution. Résultat : 8 200 euros plus frais recouvrés en six mois.

Locataire obtient un échelonnement de 24 mois

Famille en arriérés de 11 400 euros à la suite d'une perte d'emploi. Audience devant le juge, justificatifs de revenus complets, plan d'apurement de 24 mois homologué et clause résolutoire suspendue. Maintien dans le logement et reprise des paiements.

Action : délais V de l'article 24. Résultat : bail préservé, dette stabilisée.

Une dette locative à recouvrer ? Faites le point aujourd'hui.

Chaque mois d'attente ajoute une échéance à la dette et en prescrit une autre. Envoyez le bail, le décompte et les actes déjà délivrés — réponse sous 24 à 48 heures.

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