Apports en société — fondateurs et investisseurs
Avocat apports en société à Paris : numéraire, nature, industrie et valorisation.
L'apport conditionne la propriété, l'exposition au passif et la valorisation initiale de la société. Le cabinet sécurise l'évaluation, la désignation du commissaire aux apports et les bulletins, et défend les associés en cas de surévaluation.
Sans commissaire aux apports, les associés répondent solidairement pendant cinq ans de la valeur attribuée aux apports en nature. L'évaluation se sécurise avant la signature des statuts, jamais après.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — droit des sociétés et opérations sur capital.
Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr
Page mise à jour le 11 juin 2026.
Numéraire : libération et intérêts
Un cinquième au moins libéré à la constitution en SARL, la moitié en SAS, solde sous cinq ans. L'associé en retard doit de plein droit les intérêts, sans mise en demeure (article 1843-3 du code civil).
Nature : le commissaire ou la solidarité
Dispense possible si aucun apport n'excède 30 000 euros et si le total non évalué reste sous la moitié du capital. Sans commissaire : responsabilité solidaire de cinq ans sur la valeur retenue.
Industrie : utile mais délicat
Le savoir-faire ne concourt pas au capital (article 1843-2) mais ouvre des parts bénéficiaires. En pratique, contrat de travail, prestation ou BSPCE sont souvent préférables.
Réponse rapide
Trois véhicules d'apport coexistent : le numéraire (libération partielle possible, intérêts de plein droit en cas de retard), la nature (évaluation, commissaire aux apports sauf dispense, solidarité de cinq ans) et l'industrie (hors capital, parts bénéficiaires). Tout apport ne nourrit pas le capital : la prime d'émission absorbe le différentiel de valorisation et le compte courant finance la trésorerie sans diluer — avec une convention de blocage écrite pour éviter le remboursement intempestif.
Comprendre votre situation
Apports : ce qui décide vraiment de l'opération
Sept points pour choisir le véhicule, évaluer juste et éviter la solidarité de cinq ans.
Panneau 1 — Les règles
Trois apports, trois régimes
Quatre règles structurent les apports.
Numéraire : un cinquième libéré à la constitution en SARL (articles L. 223-7 et L. 223-9 du code de commerce), la moitié en SAS, solde dans les cinq ans ; intérêts de plein droit contre l'apporteur défaillant (article 1843-3 du code civil).
Nature : commissaire aux apports en principe obligatoire ; dispense en SARL et SAS si aucun apport n'excède 30 000 euros et si le total non évalué ne dépasse pas la moitié du capital ; jamais de dispense en SA (article L. 225-8).
Sans commissaire, ou si la valeur retenue diffère de la sienne, les associés sont solidairement responsables de la valeur attribuée pendant cinq ans à l'égard des tiers (articles L. 223-9 et L. 227-1, alinéa 7).
Industrie : hors capital (article 1843-2 du code civil), parts bénéficiaires, actions inaliénables possibles en SAS dans les conditions statutaires.
La règle de solidarité de l'article L. 227-1, alinéa 7, ne s'applique qu'aux statuts signés depuis l'entrée en vigueur de la loi du 9 décembre 2016 : la chambre commerciale casse l'arrêt qui l'avait appliquée à une SAS aux statuts antérieurs (Cass. com., 12 mai 2021, n° 20-12.670).
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon l'apport
L'évaluation se documente : comparables, méthode, expertise en cas de doute.
Apport en numéraire
- Justificatif d'identité et attestation de provenance des fonds
- RIB et situation matrimoniale
- Attestation de dépôt sur compte bloqué
- Calendrier de libération du solde
Apport en nature
- Titre de propriété du bien apporté
- Évaluation documentée : comparables, méthode patrimoniale ou de rendement
- Rapport du commissaire aux apports le cas échéant
- Pour un fonds de commerce : bail, comptes, état des privilèges
Erreurs fréquentes : surévaluer pour gonfler la quote-part — la solidarité de cinq ans suit ; apporter un immeuble sans acte authentique ni arbitrage apport pur et simple / apport à titre onéreux.
Le cabinet structure aussi :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Le bon véhicule — capital, prime, compte courant — se choisit avant la signature.
Cartographie des apports
Recensement des biens et fonds apportés, vérification de la propriété, choix du véhicule adapté.
Valorisation
Comparables récents, méthode patrimoniale ou de rendement, expertise indépendante en cas de doute sérieux.
Commissaire et actes
Désignation à l'unanimité ou par requête au président du tribunal de commerce, rapport annexé aux statuts, bulletins de souscription.
Signature et libération
Numéraire sur compte bloqué, transfert effectif des biens, publication, suivi de la libération du solde.
Le compte courant d'associé est remboursable à tout moment sauf convention contraire : une convention de blocage écrite, annexée aux statuts, sécurise le financement.
Panneau 4 — Le calendrier
La timeline d'un apport
Le calendrier dépend de la nature du bien transféré.
Étape 1 — Identification
Numéraire, fonds de commerce, immeuble, brevet, créance, parts ou industrie. Vérification de la propriété.
Étape 2 — Valorisation
Comparables, méthode patrimoniale ou de rendement, expertise indépendante si doute.
Étape 3 — Commissaire
Désignation à l'unanimité des futurs associés ou par requête, travaux et rapport.
Étape 4 — Actes
Rapport annexé aux statuts, bulletin de souscription par apporteur, acte authentique pour l'immeuble.
Étape 5 — Signature et libération
Numéraire sur compte bloqué, transfert des biens, mise à disposition du savoir-faire.
Étape 6 — Suites
Immatriculation, déblocage des fonds, publicité spécifique (fonds de commerce, immeuble), libération du solde sous cinq ans.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant la signature
Aucune signature sans avoir validé ces points.
Propriété et libre disposition du bien apporté, accord du conjoint commun en biens le cas échéant.
Méthode d'évaluation documentée et défendable.
Seuils de dispense du commissaire : 30 000 euros par apport, moitié du capital au total.
Exposition à la solidarité de cinq ans, mesurée et expliquée aux associés.
Arbitrage capital / prime d'émission / compte courant selon la dilution voulue.
Formalités spécifiques : opposition des créanciers et BODACC pour le fonds, acte authentique pour l'immeuble.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Quelle est la différence entre apport en numéraire, en nature et en industrie ?
L'apport en numéraire est un versement d'argent à la société. Il alimente directement le capital social. L'apport en nature est le transfert d'un bien (immeuble, fonds de commerce, brevet, matériel) dont la valeur est intégrée au capital. L'apport en industrie est la mise à disposition d'un savoir-faire, d'un travail ou d'une compétence. Il ne participe pas au capital (article 1843-2 du Code civil) mais ouvre droit à des parts bénéficiaires.
Quel capital social minimum pour SAS, SARL, SASU ou SA ?
Aucun minimum légal pour la SAS, la SARL, la SASU et l'EURL : le capital peut être fixé à 1 euro symbolique. La SA exige un capital d'au moins 37 000 euros (article L. 224-2 du Code de commerce). Un capital trop faible peut affaiblir la crédibilité auprès des banques et des fournisseurs. Un capital surévalué peut devenir difficile à libérer en numéraire dans les délais légaux.
Faut-il systématiquement un commissaire aux apports en cas d'apport en nature ?
Non. Pour la SARL (article L. 223-9 du Code de commerce) et la SAS (article L. 227-1 alinéa 6), les futurs associés peuvent décider à l'unanimité de s'en dispenser si aucun apport en nature n'excède 30 000 euros et si la valeur totale des apports en nature non évalués ne dépasse pas la moitié du capital. Pour la SA (article L. 225-8), le commissaire est imposé sans dispense possible.
Quelles sont les conditions précises de la dispense de commissaire aux apports ?
Deux conditions cumulatives, prévues à l'article L. 223-9 du Code de commerce pour la SARL et à l'article L. 227-1 alinéa 6 pour la SAS. D'abord, aucun apport en nature pris isolément ne doit excéder 30 000 euros. Ensuite, la valeur totale des apports en nature non soumis à évaluation ne doit pas excéder la moitié du capital. La décision de dispense doit être prise à l'unanimité des futurs associés et expressément mentionnée.
La libération des apports en numéraire peut-elle être échelonnée ?
Oui. Pour la SARL, un cinquième au moins doit être libéré à la constitution, le solde dans les cinq ans à compter de l'immatriculation (article L. 223-7 du Code de commerce). Pour la SAS, la moitié au moins doit être libérée immédiatement, le solde dans les mêmes délais. Le calendrier d'appel du solde doit être prévu par le dirigeant. À défaut d'appel dans le délai légal, tout intéressé peut saisir le président du tribunal.
Quelle est la différence entre apport au capital et compte courant d'associé ?
L'apport au capital alimente la quote-part de l'associé et conditionne sa responsabilité commerciale. Il est en principe inaliénable hors des cas légaux. Le compte courant d'associé est un prêt consenti par l'associé à la société, qui produit éventuellement intérêts et reste remboursable à tout moment, sauf clause statutaire ou convention de blocage. Il financé la trésorerie sans diluer la participation.
Que se passe-t-il en cas de surévaluation d'un apport en nature ?
À l'égard des tiers, en l'absence de commissaire aux apports ou si la valeur retenue diffère de celle proposée par le commissaire, les associés sont solidairement responsables pendant cinq ans de la valeur attribuée (articles L. 223-9 et L. 227-1 alinéa 7 du Code de commerce). La Cour de cassation, dans Cass. com. 12 mai 2021 n° 20-12.670 (publié au Bulletin), a précisé que cette règle issue de la loi du 9 décembre 2016 n'est applicable qu'aux statuts signés à partir du 11 décembre 2016.
Le dirigeant peut-il être pénalement sanctionné pour majoration frauduleuse d'apport ?
Oui. Pour la SA et la SAS, l'article L. 242-2 du Code de commerce sanctionne pénalement le fait, pour les fondateurs, le président, les administrateurs ou les directeurs généraux, d'attribuer frauduleusement à un apport en nature une valeur supérieure à sa valeur réelle. Cette infraction expose à des peines correctionnelles et à des dommages-intérêts civils. La désignation d'un commissaire aux apports indépendant est la meilleure prévention.
Comment apporter un fonds de commerce à une société ?
L'apport d'un fonds de commerce suit des formalités proches d'une cession. Il faut un acte écrit, l'opposition des créanciers du fonds peut être exercée pendant dix jours, l'apport doit être publié dans un journal d'annonces légales puis au BODACC. L'opération est en principe soumise aux droits d'enregistrement. Le rapport d'un commissaire aux apports est nécessaire dès que l'opération dépasse les seuils de dispense.
Le compte courant d'associé est-il toujours remboursable à tout moment ?
C'est le principe : en l'absence de clause statutaire ou de convention particulière, l'associé créancier peut demander le remboursement de son compte courant à tout moment, suivant le droit commun du prêt. Trois exceptions : convention de blocage écrite, clause statutaire prévoyant une autre modalité, ou ouverture d'une procédure collective qui suspend l'exigibilité. Une demande de remboursement intempestive peut faire basculer la société en cessation des paiements.
Faut-il l'accord du conjoint pour un apport en société ?
En régime communautaire, l'apport d'un bien commun ou de fonds communs nécessite la notification au conjoint qui peut revendiquer la qualité d'associé pour la moitié des parts (article 1832-2 du Code civil). Pour les apports d'immeubles ou de fonds de commerce communs, l'accord exprès du conjoint est exigé. La renonciation écrite à la qualité d'associé doit être obtenue avant la signature des statuts.
Apport en industrie : quelle utilité pratique en SAS ?
La SAS peut émettre des actions inaliénables résultant d'apports en industrie (article L. 227-1 alinéa 4 du Code de commerce). Les modalités de souscription et de répartition sont fixées par les statuts. L'apport en industrie reste marginal : la rémunération d'un savoir-faire passe plus souvent par un contrat de travail, une convention de prestation ou un BSPCE, plus simples à organiser et à liquider en cas de sortie.
Comment faire désigner un commissaire aux apports ?
À l'unanimité des futurs associés. À défaut, le futur associé le plus diligent peut saisir, par requête, le président du tribunal de commerce du siège social envisagé pour qu'il désigne un commissaire. Le commissaire doit être inscrit sur la liste des commissaires aux comptes. Il rend un rapport annexé aux statuts qui décrit chaque apport, les méthodes d'évaluation retenues et la valeur proposée.
Quels sont les coûts d'un commissaire aux apports à Paris ?
Les honoraires sont libres et fonction de la complexité du dossier (nature et nombre des biens apportés, méthode d'évaluation, expertise éventuelle, taille de la société). Pour un apport simple inférieur à 100 000 euros, l'enveloppe se situe généralement entre 1 500 et 3 500 euros HT. Pour un apport de fonds de commerce ou d'immeuble, prévoir 3 000 à 8 000 euros HT selon la documentation à analyser.
Prime d'émission : à quoi sert-elle dans une augmentation de capital ?
La prime d'émission est la fraction du prix d'émission supérieure à la valeur nominale d'une action ou d'une part. Elle absorbe le différentiel entre la valeur économique de la société et la valeur nominale. Elle évite la dilution excessive des associés en place lors de l'entrée d'un investisseur. Elle est inscrite à un compte de réserve distinct et reste mobilisable pour absorber des pertes ou être incorporée au capital.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Code de commerce sur Légifrance — articles L. 223-7, L. 223-9, L. 225-8, L. 227-1
- Code civil sur Légifrance — articles 1843-2 et 1843-3
Synthèse
Situation, risque, document, décision
Les arbitrages les plus fréquents observés en cabinet sur les dossiers d'apports.
| Situation | Risque principal | Document à prévoir | Décision recommandée |
|---|---|---|---|
| Apport en nature supérieur à 30 000 euros | Surévaluation, responsabilité solidaire pendant cinq ans | Rapport du commissaire aux apports | Désigner un commissaire à l'unanimité ou par requête |
| Apport d'un fonds de commerce | Reprise de passif, droit du bailleur, formalité du privilège | Acte d'apport, opposition créanciers, publication BODACC | Acte sous signature d'avocat avec garantie d'éviction |
| Apport d'un immeuble | Plus-value latente, droits d'enregistrement, hypothèque | Acte authentique notarié, rapport du commissaire | Arbitrer apport pur et simple ou apport à titre onéreux |
| Levée de fonds avec investisseur | Dilution mal arbitrée par survalorisation déclarative | Pacte, term sheet, rapport d'évaluation | Cantonner la prime d'émission au lieu d'inflation du capital |
| Apport d'une créance | Insolvabilité du débiteur, garantie de l'apporteur | Rapport du commissaire, garantie d'apport | Évaluer la créance à sa valeur de recouvrement réelle |
| Compte courant injecté en remplacement d'apport | Exigibilité à tout moment, fragilité de la trésorerie | Convention de blocage écrite, clause statutaire | Bloquer le compte courant pour la durée du financement |
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