Avocat droit aérien à Paris
Réclamer. Exploiter. Posséder.
Vol perturbé, bagage, fret, sanction ou aéronef saisi : présentez-nous la situation et les pièces dont vous disposez.
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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Droit aérien : à chaque acteur son régime de responsabilité
Passagers, exploitants, propriétaires · Paris 17e
Ce que fait un avocat en droit aérien à Paris
- Barreau de Paris
- Droit aérien
- Cabinet à Paris 17e
Avocat au Barreau de Paris : réclamations de passagers, transport de bagages et de fret, sanctions administratives des exploitants, propriété, location et saisie d'aéronefs.
Le droit aérien ne forme pas un bloc. Le transporteur titulaire d'une licence d'exploitation répond des passagers et de leurs bagages selon le règlement (CE) n° 2027/97 modifié et la convention de Montréal de 1999 (article L. 6421-3 du code des transports). L'exploitant d'un aéronef répond de plein droit des dommages causés aux personnes et aux biens à la surface (article L. 6131-2). Le propriétaire, lui, tient son titre de l'inscription au registre français d'immatriculation (article L. 6121-1). Le cabinet commence donc par situer chaque intervenant, puis applique le régime qui le concerne, ses plafonds et ses délais.
Adressez les pièces dont vous disposez, billet, échanges avec la compagnie, contrat ou extrait du registre : le cabinet les classe et vous indique ce qui manque, au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Passager : le bon fondement
Indemnité forfaitaire du règlement européen, réparation du préjudice prouvé selon la convention de Montréal ou action contre l'agence : chaque voie a ses conditions et son délai (article 35 de la convention de Montréal).
Exploitant : la responsabilité sans faute
Envers les tiers au sol, la responsabilité de l'exploitant ne cède que devant la faute de la victime (article L. 6131-2) ; envers l'administration, les amendes se contestent devant le juge administratif.
Propriétaire : le registre fait foi
La cession d'un aéronef se constate par écrit et ne produit d'effet à l'égard des tiers que par son inscription au registre (article L. 6121-2).
Les leviers
Réclamer, exploiter, détenir, saisir
Quatre règles décident le plus souvent de l'issue d'un dossier de droit aérien, qu'il oppose un passager à une compagnie ou deux professionnels entre eux.
- Le règlement européen et la convention de Montréal se cumulent : la Cour de cassation, reprenant la Cour de justice, rappelle que « l'indemnisation accordée aux passagers aériens sur le fondement de l'article 12 du règlement n° 261/2004 a vocation à compléter les mesures prévues par ce règlement » (Cass. 1re civ., 14 février 2018, n° 16-20.354), de sorte qu'un passager peut demander, en plus du forfait, la réparation des frais d'hôtel exposés à l'arrivée. L'action en paiement de l'indemnité forfaitaire échappe au délai de deux ans de la convention (article 35 de la convention de Montréal) : « l'action en paiement de l'indemnité forfaitaire était soumise à la prescription quinquennale de droit commun prévue à l'article 2224 du code civil » (Cass. 1re civ., 14 mars 2018, n° 17-15.378).
- Le bagage se défend par écrit et dans un délai bref : en cas d'avarie, la réserve écrite suit immédiatement sa découverte et part au plus tard sept jours après la réception d'un bagage enregistré, quatorze jours pour une marchandise ; en cas de retard, elle doit être faite dans les vingt et un jours de la mise à disposition. Passé ces délais, toute action contre le transporteur est irrecevable, sauf fraude de sa part (article 31 de la convention de Montréal). Le tribunal judiciaire de Paris l'a appliqué à un passager qui avait reçu son bagage et n'avait réclamé que plus de vingt et un jours après cette réception, jugeant que « la demande en réparation fondée sur la perte de son bagage est irrecevable » (TJ Paris, 11 mars 2025, n° 22/05748), solution défavorable au passager.
- L'exploitant répond des tiers sans qu'une faute soit à prouver : le préjudice que l'appareil en vol, ou ce qui en tombe, inflige au sol à des personnes ou à des biens engage sa responsabilité de plein droit (article L. 6131-2). En cas de location, propriétaire et exploitant en répondent solidairement, sauf si la location a été inscrite au registre, le propriétaire ne répondant plus alors que de sa faute prouvée (article L. 6131-4).
- L'inscription au registre protège le propriétaire, y compris contre la procédure collective : la Cour de cassation a jugé que « La propriété de l'aéronef étant, par l'immatriculation de celui-ci, opposable à tous, elle est nécessairement opposable à la procédure collective et le propriétaire n'est pas soumis à la procédure de revendication prévue à l'article L. 624-9 du code de commerce » (Cass. com., 27 mars 2024, n° 22-14.028). Côté créancier, la voie de la saisie conservatoire passe par un juge précis, car « le juge de l'exécution autorise, de manière exclusive, les saisies conservatoires portant sur les aéronefs de nationalité étrangère ou dont le propriétaire n'est pas domicilié en France » (Cass. 2e civ., 2 février 2023, n° 21-17.459), sous réserve de la compétence facultative reconnue concurremment au président de la juridiction commerciale, dans les conditions prévues par la loi.
Acheter un billet sec auprès d'une agence ne déclenche pas la responsabilité de plein droit prévue par le code du tourisme (article L. 211-17-3 du code du tourisme) : selon la Cour de cassation, « la responsabilité de l'agence de voyage qui n'a délivré que des titres de transport aérien est engagée uniquement en cas de faute prouvée » (Cass. 1re civ., 4 juin 2025, n° 23-20.062). Elle a cassé le jugement qui avait condamné l'agence sans rechercher si celle-ci, qui soutenait n'avoir vendu que des billets, ne répondait que de sa faute prouvée, et a renvoyé l'affaire. Ce qui a été vendu, forfait ou billet, s'établit donc avant de choisir le défendeur.
Vos pièces
Ce qu'il faut réunir pour établir les responsabilités
Le juge statue sur pièces : certains recours supposent une réserve écrite faite à temps, et la propriété d'un aéronef se lit dans le registre d'immatriculation.
Position A
Passager ou expéditeur
- Billet, carte d'embarquement, fiche d'identification du bagage ou lettre de transport aérien
- Constat d'irrégularité établi à l'aéroport et protestation écrite datée
- Échanges avec la compagnie, l'agence ou le transitaire, refus compris
- Factures, photographies et autres justificatifs du contenu, de la valeur et du préjudice réclamé
Position B
Exploitant ou propriétaire d'aéronef
- Extrait du registre français d'immatriculation et inscriptions en cours
- Contrat de location, de crédit-bail, de maintenance ou d'affrètement
- Procès-verbaux de manquement, notification des griefs et décision de sanction
- Attestations d'assurance et déclarations de sinistre
Erreurs fréquentes : protester trop tard pour un bagage, plus de sept jours après sa réception en cas d'avarie ou plus de vingt et un jours après sa mise à disposition en cas de retard ; acheter ou louer un aéronef sans faire inscrire l'acte au registre ; contester une amende administrative sans relire la procédure suivie par l'autorité.
Interlocuteurs fréquents du dossier :
- Registre français d'immatriculation
- Commissaire de justice
- Expert aéronautique
- Assureur de l'exploitant
La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
L'ordre ne varie pas : qualifier la relation, identifier le régime applicable, puis agir dans le délai que ce régime impose.
Étape 1
Qualification
Transport à titre onéreux ou gratuit, international ou interne, transporteur contractuel ou effectif, exploitant ou simple propriétaire : chaque qualification change le texte applicable.
Étape 2
Délais et preuves
Calcul des délais de protestation et de prescription, collecte des pièces, consultation du registre d'immatriculation et des inscriptions.
Étape 3
Démarche amiable
Réclamation motivée, mise en demeure, échange avec l'assureur ou l'autorité, recherche d'un accord chiffré à partir des plafonds applicables.
Étape 4
Action ou défense
Saisine du juge judiciaire ou administratif compétent, requête en saisie conservatoire, recours de pleine juridiction contre une sanction.
Repères : réserve écrite dès la découverte de l'avarie d'un bagage enregistré et au plus tard sept jours après sa réception, vingt et un jours après sa mise à disposition en cas de retard (article 31 de la convention de Montréal) ; deux ans pour l'action fondée sur la convention de Montréal (article 35 de la convention de Montréal) ; cinq ans pour l'indemnité forfaitaire du règlement européen (article 2224 du code civil).
Le calendrier
Les étapes d'un dossier de droit aérien
De l'incident à l'exécution, durées indicatives selon la nature du litige.
Constat
Le jour même. Déclaration à l'aéroport, photographies, conservation du billet et des étiquettes.
Protestation
Sept, quatorze ou vingt et un jours. Réserve écrite au transporteur : avarie d'un bagage dans les sept jours de sa réception, d'une marchandise dans les quatorze jours, retard dans les vingt et un jours de la mise à disposition, à peine d'irrecevabilité sauf fraude (article 31 de la convention de Montréal).
Réclamation
Semaines 1-4. Demande chiffrée et motivée, adressée au bon débiteur : transporteur, agence, exploitant ou assureur.
Mise en demeure
Dernière démarche avant le juge. Pour une somme d'argent due, elle fait courir les intérêts au taux légal (article 1231-6 du code civil) ; une indemnité fixée par le juge porte en principe intérêts à compter du jugement (article 1231-7 du code civil).
Saisine du juge
Avant l'expiration du délai. Deux ans sous la convention de Montréal, cinq ans pour l'indemnité forfaitaire, délais propres aux recours contre une sanction.
Exécution
Après la décision. Paiement, saisie si besoin, inscription au registre d'immatriculation des jugements relatifs à la propriété.
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucune réclamation, aucune requête ni aucun recours sans avoir validé ces points.
- Nature du transport : onéreux ou gratuit, international ou interne, avec ou sans licence d'exploitation.
- Identité du débiteur : transporteur contractuel, transporteur effectif, agence, transitaire, exploitant ou propriétaire.
- Délais de protestation et de prescription, point de départ de chacun.
- Plafonds en vigueur à la date du transport, déclaration spéciale d'intérêt pour les bagages et les marchandises, faute qualifiée qui écarte les plafonds du retard des passagers et des bagages mais non celui des marchandises.
- Inscriptions au registre d'immatriculation : propriété, location, hypothèque.
- Régularité de la procédure de sanction : constat, notification des griefs, convocation, composition de l'autorité.
Synthèse
Situation, risque, acte, décision
Les arbitrages les plus courants pour un passager, un expéditeur, un exploitant ou un propriétaire d'aéronef.
Situation
Bagage abîmé découvert à l'arrivée
Risque principal : Action irrecevable faute de protestation à temps.
Acte à privilégier : Réserve écrite dès la découverte, au plus tard sept jours après réception.
Décision recommandée : Protester avant même de chiffrer le préjudice.
Situation
Frais d'hôtel après un vol retardé
Risque principal : Rejet si seul le forfait européen est invoqué.
Acte à privilégier : Demande fondée sur l'article 19 de la convention de Montréal.
Décision recommandée : Cumuler forfait et réparation du préjudice prouvé.
Situation
Billet acheté seul en agence
Risque principal : Agence non tenue sans faute prouvée.
Acte à privilégier : Réclamation dirigée contre le transporteur.
Décision recommandée : Rechercher une faute propre de l'agence avant de l'assigner.
Situation
Marchandise perdue en fret aérien
Risque principal : Indemnité plafonnée au kilogramme.
Acte à privilégier : Déclaration spéciale d'intérêt à la remise.
Décision recommandée : Assurer la valeur réelle avant l'envoi.
Situation
Amende pour décollage hors horaire
Risque principal : Sanction confirmée en appel.
Acte à privilégier : Recours de pleine juridiction motivé.
Décision recommandée : Contrôler la procédure et la preuve horaire.
Situation
Aéronef d'un débiteur étranger posé en France
Risque principal : Départ de l'appareil avant toute mesure.
Acte à privilégier : Requête au juge de l'exécution.
Décision recommandée : Vérifier la nature de la créance avant de saisir.
Questions fréquentes
Vos questions : droit aérien, du passager au propriétaire
Que recouvre le droit aérien pour un particulier ou une entreprise ?
Le droit aérien réunit des règles d'origines diverses qui s'appliquent à tout appareil capable de s'élever ou de circuler dans les airs (article L. 6100-1). Pour le passager, il s'agit surtout du règlement européen sur les vols annulés ou retardés et de la convention de Montréal, à laquelle renvoie le code des transports pour la responsabilité du transporteur titulaire d'une licence d'exploitation (article L. 6421-3).
Pour l'exploitant, le droit aérien organise une responsabilité de plein droit envers les tiers au sol (article L. 6131-2) et un régime de sanctions administratives, notamment pour les nuisances aéroportuaires (article L. 6361-12). Pour le propriétaire, il fixe les règles de l'immatriculation, de la cession, de l'hypothèque et de la saisie de l'appareil.
Cette page présente l'ensemble de la matière et les règles propres aux exploitants et aux propriétaires. Les pages consacrées aux vols annulés ou retardés et aux accidents d'avion détaillent les recours des passagers et des victimes.
Le règlement européen et la convention de Montréal peuvent-ils être invoqués ensemble ?
Oui. Le règlement européen prévoit une indemnité forfaitaire et des mesures d'assistance standardisées, tandis que la convention de Montréal met à la charge du transporteur le préjudice né d'un retard, sauf s'il établit que lui-même, ses préposés et mandataires ont fait ce qui pouvait raisonnablement être exigé pour prévenir le dommage, ou qu'ils ne pouvaient le faire (article 19 de la convention de Montréal). La Cour de cassation en déduit que « l'indemnisation accordée aux passagers aériens sur le fondement de l'article 12 du règlement n° 261/2004 a vocation à compléter les mesures prévues par ce règlement » (Cass. 1re civ., 14 février 2018, n° 16-20.354).
Dans cette affaire, une passagère arrivée à destination avec retard réclamait le prix d'une chambre d'hôtel. Le juge de proximité l'avait déboutée au motif que le règlement ne couvre l'hébergement que si le vol est retardé jusqu'au lendemain. La Cour de cassation a censuré ce raisonnement, la demande reposant sur la convention et non sur le droit à l'assistance prévu par le règlement.
Le préjudice réparé selon la convention doit être prouvé et reste plafonné, sauf faute qualifiée du transporteur (article 22 de la convention de Montréal). Pour un retard de passager, le plafond de 4 150 droits de tirage spéciaux fixé en 1999 a été révisé selon le mécanisme prévu par la convention : il s'établit à 6 303 droits de tirage spéciaux pour les transports effectués depuis le 28 décembre 2024 (communiqué de l'OACI du 18 octobre 2024). Chaque demande se répartit donc entre ce qui relève du forfait et ce qui relève de la réparation individualisée.
Deux ans ou cinq ans : quel délai s'applique à l'action contre le transporteur aérien ?
Cela dépend du fondement. L'action en responsabilité fondée sur la convention de Montréal doit être intentée, sous peine de déchéance, dans un délai de deux ans qui court de l'arrivée, de la date d'arrivée prévue ou de l'interruption du transport (article 35 de la convention de Montréal). Ce délai vaut pour les bagages, les marchandises, les retards et les dommages corporels.
L'indemnité forfaitaire du règlement européen obéit à un autre délai. La Cour de cassation a jugé que « l'action en paiement de l'indemnité forfaitaire était soumise à la prescription quinquennale de droit commun prévue à l'article 2224 du code civil » (Cass. 1re civ., 14 mars 2018, n° 17-15.378), c'est-à-dire cinq ans à compter du jour où le passager a connu ou aurait dû connaître les faits (article 2224 du code civil).
Une même perturbation peut ainsi ouvrir deux actions qui ne s'éteignent pas à la même date. Le cabinet calcule chacune à partir des pièces du voyage et, lorsque le délai de deux ans approche, engage l'action sans attendre l'issue des échanges amiables.
Bagage perdu, endommagé ou livré en retard : quelles réserves écrire et quand ?
Le transporteur répond de la perte, de l'avarie ou de la destruction d'un bagage enregistré lorsque le fait s'est produit à bord ou pendant que le bagage était sous sa garde, sauf si le dommage tient à la nature ou au vice propre du bagage ; si le bagage n'est pas arrivé vingt et un jours après la date prévue, ou si la compagnie en admet la perte, le passager exerce ses droits comme pour une perte (article 17 de la convention de Montréal). Pour l'avarie et le retard, une réserve écrite s'impose : en cas d'avarie, dès la découverte et au plus tard sept jours après la réception du bagage ; en cas de retard, dans les vingt et un jours de sa mise à disposition. À défaut, toute action est irrecevable, sauf fraude du transporteur (article 31 de la convention de Montréal).
Le délai est appliqué strictement. Dans une décision rendue à Paris, le passager avait reçu son bagage et n'avait réclamé que plus de vingt et un jours après cette réception ; le tribunal a jugé que « la demande en réparation fondée sur la perte de son bagage est irrecevable » (TJ Paris, 11 mars 2025, n° 22/05748). Solution défavorable au passager, qui a en outre supporté une somme au titre des frais de procédure de la compagnie.
L'indemnisation reste plafonnée. Pour une passagère privée de trois valises, la cour d'appel de Paris a rappelé que « Cette somme constitue un plafond d'indemnisation qui couvre tant le dommage matériel que le dommage moral et dont le passager concerné ne bénéficie pas de plein droit et forfaitairement, même en cas de perte de ses bagages » (CA Paris, 29 février 2024, n° 21/03598). Ce plafond, de 1 519 droits de tirage spéciaux par passager pour les transports effectués depuis le 28 décembre 2024 (communiqué de l'OACI du 18 octobre 2024), peut être relevé par une déclaration spéciale d'intérêt lors de l'enregistrement (article 22 de la convention de Montréal). Dans tous les cas, le contenu, la valeur et le préjudice se justifient par des éléments probants : la cour a statué au vu des factures produites et a aussi réparé le préjudice moral, dans la limite du plafond.
L'agence de voyages répond-elle d'un vol annulé ou d'un bagage perdu ?
Tout dépend de ce qu'elle a vendu. Le professionnel qui vend un forfait touristique ou un service de voyage répond de plein droit de leur exécution ; il ne s'exonère, en tout ou partie, qu'en prouvant que le dommage est imputable au voyageur, à un tiers étranger à la fourniture des services de voyage compris dans le contrat, ou à des circonstances exceptionnelles et inévitables (article L. 211-16 du code du tourisme). Ce régime ne s'applique pas à la vente d'un titre de transport aérien hors forfait (article L. 211-17-3 du code du tourisme).
La Cour de cassation en a tiré la conséquence que « la responsabilité de l'agence de voyage qui n'a délivré que des titres de transport aérien est engagée uniquement en cas de faute prouvée » (Cass. 1re civ., 4 juin 2025, n° 23-20.062). Elle a cassé, sur ce point, le jugement qui avait condamné l'agence in solidum avec la compagnie sans rechercher si sa responsabilité, alors qu'elle soutenait n'avoir vendu que des billets, supposait une faute prouvée, et a renvoyé l'affaire devant un autre tribunal. La nature de la vente reste à établir dans chaque dossier.
Le choix du défendeur se fait donc à partir de la facture : forfait ou billet sec. Dans le second cas, la réclamation vise d'abord le transporteur, l'agence n'étant attraite que si une faute propre peut être établie, par exemple une erreur de réservation ou un défaut d'information.
Une marchandise expédiée par avion a été perdue : quelle indemnisation l'expéditeur peut-il obtenir ?
Le transporteur répond de la perte, de l'avarie ou de la destruction de la marchandise dès lors que le fait dommageable s'est produit pendant le transport aérien (article 18 de la convention de Montréal). Il s'exonère s'il prouve que le dommage résulte notamment du vice propre de la marchandise, d'un emballage défectueux fait par un autre que lui, d'un fait de guerre ou d'un acte de l'autorité publique. Sa responsabilité est en outre limitée par kilogramme, sauf déclaration spéciale d'intérêt faite à la remise du colis (article 22 de la convention de Montréal) : 17 droits de tirage spéciaux dans le texte de 1999, 26 pour les transports effectués depuis le 28 décembre 2024 (communiqué de l'OACI du 18 octobre 2024).
Le plafond s'applique largement. La chambre commerciale de la Cour de cassation a approuvé une cour d'appel qui, la perte étant présumée survenue pendant la phase aérienne et l'intermédiaire ayant la qualité de transporteur aérien au vu des lettres de transport, avait appliqué les limites de la convention sans que l'expéditeur puisse invoquer une faute inexcusable pour les écarter (Cass. com., 16 juin 2021, n° 19-24.510). Le pourvoi de l'expéditeur a été rejeté : solution défavorable à l'expéditeur. La convention ne prévoit d'ailleurs la levée des plafonds pour faute qualifiée qu'en matière de retard des passagers et de bagages.
Pour un envoi de valeur, la protection se prépare avant le départ : déclaration de valeur, assurance ad valorem, puis réserve écrite en cas d'avarie, dès la découverte et au plus tard quatorze jours après la réception, ou dans les vingt et un jours de la mise à disposition en cas de retard (article 31 de la convention de Montréal). Le cabinet relit les lettres de transport et les conditions générales pour identifier qui a la qualité de transporteur et qui n'est que commissionnaire.
Un exploitant peut-il être sanctionné pour un décollage en dehors des horaires autorisés ?
Oui. L'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires prononce une amende administrative contre la personne qui ne respecte pas les restrictions d'exploitation fixées sur un aérodrome, notamment les restrictions des vols de nuit (article L. 6361-12). Pour une personne morale, le plafond est de 20 000 euros par manquement, porté à 40 000 euros notamment pour les vols de nuit, et la décision peut faire l'objet d'un recours de pleine juridiction (article L. 6361-13).
Le recours n'efface pas toujours la sanction. Pour deux décollages contraires au couvre-feu de Nice, le tribunal administratif avait annulé les décisions de l'autorité pour méconnaissance du principe d'impartialité, puis prononcé lui-même deux amendes ; la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel de la compagnie, jugeant notamment qu'une convocation reçue vingt-sept jours avant la séance ne l'avait privée d'aucune garantie (CAA Paris, 17 juillet 2023, n° 21PA00724). Solution défavorable à l'exploitant.
Le cabinet examine la preuve des horaires, la régularité du constat, la notification des griefs et la composition de la formation qui a statué, puis apprécie si un vice a pu exercer une influence sur la décision ou priver l'exploitant d'une garantie.
Une compagnie peut-elle être sanctionnée pour avoir débarqué un passager sans document valable ?
Oui. Le transporteur ne peut embarquer un passager pour un transport international qu'après justification de son droit d'atterrir à destination et aux escales (article L. 6421-2). L'entreprise de transport aérien qui débarque en France, en provenance d'un État non partie à la convention de Schengen, un étranger qui n'est ressortissant ni d'un État de l'Union européenne ni de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse, et qui est démuni du document de voyage ou du visa requis, encourt une amende administrative (article L. 821-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile). L'amende n'est pas infligée, notamment, lorsque la compagnie établit que les documents requis lui ont été présentés à l'embarquement et ne comportaient pas d'irrégularité manifeste (article L. 821-8 du même code).
Le juge contrôle le caractère manifeste de l'irrégularité. Pour un passager muni d'un passeport manifestement contrefait, la cour administrative d'appel de Paris a retenu que les défauts étaient décelables par un examen normalement attentif des agents de la compagnie et a rejeté la requête du transporteur (CAA Paris, 7 juin 2024, n° 23PA02574). Solution défavorable à la compagnie, qui n'a obtenu aucune réduction de l'amende.
La défense porte sur le procès-verbal, sur la présentation effective des documents à l'embarquement et sur leur apparence. Le cabinet réunit les pièces du contrôle avant de rédiger les observations écrites ou le recours.
Qui est propriétaire d'un avion : celui qui l'a payé ou celui qui figure au registre ?
L'aéronef est un bien meuble, mais sa cession se constate par écrit et ne produit d'effet à l'égard des tiers que par son inscription au registre français d'immatriculation (article L. 6121-2). Cette inscription vaut titre de propriété et le registre est public (article L. 6121-1). Un aéronef ne peut d'ailleurs circuler que s'il est immatriculé, sauf exceptions propres à certains drones (article L. 6111-1).
Cette publicité produit des effets puissants. Alors que la revendication des meubles doit en principe être exercée dans les trois mois de la publication du jugement d'ouverture (article L. 624-9 du code de commerce), la Cour de cassation a jugé que « La propriété de l'aéronef étant, par l'immatriculation de celui-ci, opposable à tous, elle est nécessairement opposable à la procédure collective et le propriétaire n'est pas soumis à la procédure de revendication prévue à l'article L. 624-9 du code de commerce » (Cass. com., 27 mars 2024, n° 22-14.028). Le liquidateur de la société en liquidation ne pouvait donc pas opposer la forclusion au propriétaire inscrit.
L'inscription sert aussi le financement : l'aéronef immatriculé peut être grevé d'une hypothèque conventionnelle (article L. 6122-1), constituée par écrit à peine de nullité (article L. 6122-2). Le cabinet vérifie le registre avant toute acquisition, location ou prise de garantie.
Un créancier peut-il faire saisir un avion à titre conservatoire ?
Le droit commun le permet à toute personne dont la créance paraît fondée en son principe et qui justifie de circonstances menaçant son paiement (article L. 511-1 du code des procédures civiles d’exécution). Le juge de l'exécution autorise les mesures conservatoires (article L. 213-6 du code de l’organisation judiciaire).
Pour un aéronef étranger, la Cour de cassation a tranché la question de compétence après avoir interrogé le Conseil d'État : « le juge de l'exécution autorise, de manière exclusive, les saisies conservatoires portant sur les aéronefs de nationalité étrangère ou dont le propriétaire n'est pas domicilié en France » (Cass. 2e civ., 2 février 2023, n° 21-17.459), sous réserve de la compétence facultative concurremment reconnue au président de la juridiction commerciale. Le texte qui désignait le juge d'instance du lieu d'atterrissage avait été déclaré illégal.
Les aéronefs affectés à un service d'État ou à des transports publics bénéficient d'une protection : sans préjudice des procédures spéciales du code des transports, ils ne peuvent être saisis à titre conservatoire que pour des sommes dues par le propriétaire au titre de leur acquisition ou de contrats de formation ou de maintenance liés à leur exploitation, ou pour certaines taxes (article L. 6123-1). Parmi ces procédures spéciales, le ministre chargé des transports, l'exploitant d'aérodrome et l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires peuvent, après mise en demeure, requérir la saisie conservatoire de l'appareil pour des redevances ou des amendes impayées (article L. 6123-2). Le cabinet vérifie la nature de la créance avant de déposer la requête.
En cas de location d'un aéronef, le propriétaire répond-il des dommages causés aux tiers ?
En principe oui, solidairement avec l'exploitant. Le code des transports prévoit toutefois que, si la location a été inscrite au registre d'immatriculation, le propriétaire ne répond des dommages causés aux tiers que si ceux-ci établissent une faute de sa part (article L. 6131-4).
Envers les personnes et les biens à la surface, l'exploitant reste tenu de plein droit, et seule une faute de la victime peut réduire ou supprimer sa responsabilité (article L. 6131-2). Lorsque deux aéronefs en évolution entrent en collision, la responsabilité du pilote et de l'exploitant relève en revanche du code civil (article L. 6131-1).
Pour le propriétaire qui loue son appareil, à un aéroclub, à une école ou à un opérateur, l'inscription de la location est donc une précaution simple. Le contrat, sa publicité au registre et la couverture d'assurance se préparent ensemble, avant la remise de l'appareil.
Le plafond d'indemnisation du transporteur aérien s'impose-t-il au fonds de garantie des victimes ?
Non. Lorsqu'un accident aérien présente le caractère matériel d'une infraction, la victime peut saisir la commission d'indemnisation des victimes d'infractions, mais aux conditions de l'article 706-3 du code de procédure pénale : le dommage doit résulter d'une atteinte à la personne, les faits doivent en principe avoir entraîné la mort, une incapacité permanente ou une incapacité totale de travail personnel d'au moins un mois, et la victime doit être de nationalité française ou les faits avoir été commis sur le territoire national. La réparation est alors intégrale, sauf réduction ou refus en cas de faute de la victime. La Cour de cassation a jugé que le fonds de garantie « ne pouvait pas bénéficier du plafond de garantie institué par la convention de Varsovie en faveur du transporteur aérien » (Cass. 2e civ., 10 février 2022, n° 20-20.814).
Dans cette affaire, la cour d'appel avait limité l'indemnisation au plafond de la convention de Varsovie, que l'article L. 6421-4, dans sa rédaction applicable au litige, appliquait au transporteur dépourvu de licence d'exploitation. Ce texte renvoie aujourd'hui à la convention de Montréal pour les transporteurs qui ne relèvent pas de l'article L. 6421-3 (article L. 6421-4).
La victime n'est donc pas enfermée dans le plafond du transporteur lorsqu'elle peut emprunter la voie de la commission. Le cabinet compare les voies d'indemnisation ouvertes, contre l'exploitant, son assureur ou le fonds, avant de choisir l'ordre des démarches.
Un drone ou un avion peut-il survoler librement une propriété privée ?
Le droit de survol existe, mais il ne peut s'exercer dans des conditions qui entraveraient l'exercice du droit du propriétaire (article L. 6211-3). Le propriétaire qui subit un survol répété, bas ou intrusif dispose donc d'un fondement pour agir, à apprécier selon les circonstances.
Le télépilote doit avoir suivi une formation lui permettant de contrôler l'évolution de l'appareil en sécurité, sauf exception pour certains appareils légers utilisés en club d'aéromodélisme (article L. 6214-2). Les drones de plus de vingt-cinq kilogrammes ou dont la conception est soumise à certification doivent en outre être immatriculés (article L. 6111-1).
Le drone étant un aéronef au sens du code des transports (article L. 6100-1), son exploitant répond de plein droit des dommages causés aux personnes et aux biens à la surface (article L. 6131-2). Le cabinet examine la situation du propriétaire survolé comme celle du télépilote mis en cause.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page, vérifiées au 1er novembre 2026, et les expertises voisines du cabinet.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN
Réponse du cabinet
Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.
Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me
Réponse du cabinet
Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.
Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.
Réponse du cabinet
Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.
Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !
Réponse du cabinet
La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.
Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.
Réponse du cabinet
Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.
Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.
Réponse du cabinet
Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.
En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !
Réponse du cabinet
Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.
J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz
Réponse du cabinet
Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.
J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.
Réponse du cabinet
Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.
