Compromis de vente — acquéreurs et vendeurs

Avocat compromis de vente immobilier à Paris : conditions, séquestre et réitération.

La vente est parfaite dès l'accord sur la chose et sur le prix : le compromis engage immédiatement, sous la réserve du délai de rétractation et des conditions suspensives. Le cabinet relit avant signature et défend acquéreurs et vendeurs quand la réitération bloque.

Le délai de rétractation expire dix jours après la première présentation du recommandé, retiré ou non. Faites relire le compromis avant de signer ou dès sa notification.

Maître Reda Kohen, avocat compromis de vente à Paris

Maître Reda Kohen

Avocat au Barreau de Paris — droit immobilier et contentieux de la vente.

Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr

Page mise à jour le 11 juin 2026.

Un engagement immédiat

Le compromis vaut vente au sens de l'article 1583 du code civil dès le double accord exprimé. Seuls le délai de rétractation de dix jours et les conditions suspensives peuvent encore défaire l'opération.

La condition de prêt, nerf du contentieux

Montant, taux maximum, durée, délai : la condition suspensive de prêt protège l'acquéreur diligent. Elle est réputée accomplie contre celui qui en a empêché l'accomplissement (article 1304-3 du code civil).

Clause pénale et exécution forcée

Face au refus de réitérer, la partie diligente choisit entre la clause pénale — modulable par le juge — et l'exécution forcée : le jugement peut valoir acte de vente.

Réponse rapide

Le compromis engage dès la signature. L'acquéreur non professionnel dispose de dix jours pour se rétracter à compter du lendemain de la première présentation de la notification. Si la condition de prêt défaille sans faute, le compromis est caduc et le dépôt de garantie restitué. Si le refus de réitérer est fautif, la clause pénale s'applique, sous le contrôle du juge qui peut la modérer. L'exécution forcée reste possible : la vente est parfaite dès l'accord sur la chose et le prix.

Comprendre votre situation

Compromis de vente : ce qui décide vraiment du dossier

Sept points pour sécuriser la signature ou construire la sortie, côté acquéreur comme côté vendeur.

Panneau 1 — Le cadre

Un avant-contrat qui vaut déjà vente

Quatre règles structurent le contentieux du compromis.

1

La vente est parfaite dès l'accord sur la chose et sur le prix (article 1583 du code civil) : le compromis engage immédiatement les deux parties.

2

L'acquéreur non professionnel d'un logement dispose d'un délai de rétractation de dix jours à compter du lendemain de la première présentation de la notification (article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation).

3

La condition suspensive rend l'obligation conditionnelle ; si elle défaille sans faute de l'acquéreur, le compromis est caduc et le dépôt restitué (article 1304 du code civil).

4

La condition est réputée accomplie si celui qui y avait intérêt en a empêché l'accomplissement : dossier de prêt incomplet, demande non conforme, passivité (article 1304-3).

Deux repères jurisprudentiels gouvernent la matière : le délai de rétractation court dès la première présentation du recommandé, peu important son retrait effectif (Cass. 1re civ., 14 février 2018, n° 17-10.514), et un accord de principe bancaire ne constitue pas une offre ferme caractérisant l'obtention du prêt (Cass. 3e civ., 9 novembre 2023, n° 22-13.900).

Panneau 2 — Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle

Le contentieux du compromis se gagne sur l'horodatage et la conformité des démarches.

Acquéreur

  • Compromis signé avec annexes et diagnostics
  • Dossier de demande de prêt et échanges avec les banques
  • Refus bancaires écrits et motivés
  • Avis de première présentation du recommandé, rétractation éventuelle

Vendeur

  • Compromis signé et attestation de l'agent immobilier
  • Courriers de relance et mise en demeure de comparaître chez le notaire
  • Courriers du notaire et du séquestre
  • Justificatifs des frais d'immobilisation du bien

Erreurs fréquentes : ne pas conserver l'avis de présentation du recommandé côté acquéreur, omettre la mise en demeure formelle de réitérer côté vendeur.

Le cabinet traite aussi les rôles liés :

Notaire et séquestreAgent immobilierSCI acquéreuseIndivision venderesse

Panneau 3 — La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Une heure de relecture en amont évite, dans la majorité des dossiers, plusieurs mois de procédure.

1

Premier échange et envoi du dossier

Appel ou email, envoi du compromis et des pièces déterminantes. Première lecture juridique sous 24 à 48 heures.

2

Audit du compromis

Régularité de la notification, contenu des conditions suspensives, calendrier de réitération, notifications aux parties et au séquestre.

3

Voie amiable ou judiciaire

Mise en demeure formelle, négociation avec le notaire et le confrère adverse, ou assignation en exécution forcée et en restitution du dépôt devant le tribunal judiciaire de Paris.

4

Suivi de la décision

Signification, publication du jugement valant acte authentique le cas échéant, recouvrement ou restitution effective du dépôt.

Avant de signer, faites relire votre compromis : conditions suspensives calibrées, clause pénale proportionnée, annexes complètes.

Panneau 4 — Le calendrier

Du compromis à l'acte authentique

Les étapes types. La durée réelle dépend des délais bancaires, du notaire et de l'absence de contentieux.

J 0 — Signature

Compromis signé en agence ou chez le notaire, dépôt de garantie versé entre les mains du séquestre.

J+1 à J+5 — Notification

Envoi du compromis à l'acquéreur par lettre recommandée avec avis de réception ou voie électronique sécurisée.

J+10 — Fin de rétractation

Expiration du délai de dix jours à compter du lendemain de la première présentation.

J+15 à J+30 — Demande de prêt

Dépôt du dossier conforme aux caractéristiques du compromis, transmission des pièces complémentaires demandées par la banque.

J+45 à J+75 — Offre ou refus

Réception de l'offre ou notification du refus motivé au vendeur et au notaire, avec défaillance éventuelle de la condition.

J+75 à J+120 — Réitération

Acte authentique signé chez le notaire : versement du prix, remise des clés, publication au service de la publicité foncière.

Panneau 5 — Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune procédure sans avoir validé ces points.

Régularité de la notification : forme du recommandé, date de première présentation, information sur le droit de rétractation.

Conditions suspensives : périmètre, durée, modalités de notification de la défaillance.

Conformité de la demande de prêt aux caractéristiques convenues et sérieux des démarches accomplies.

Mise en demeure préalable et calendrier : date de réitération, prorogations, attestation de carence du notaire.

Clause pénale : montant, proportion au préjudice réel, encadrement procédural de la modération (Cass. 3e civ., 5 mars 2020, n° 19-13.386).

Stratégie : choix entre exécution forcée, résolution avec dommages et intérêts, restitution du dépôt.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

FAQ

Questions fréquentes

15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.

Quelle différence entre compromis et promesse unilatérale ?

Le compromis de vente, ou promesse synallagmatique, engage à la fois l'acquéreur et le vendeur. Aux termes de l'article 1589 du code civil, la promesse de vente vaut vente lorsqu'il y a consentement réciproque sur la chose et sur le prix. La promesse unilatérale, à l'inverse, n'engage que le promettant (le vendeur), qui consent au bénéficiaire (l'acquéreur) un droit d'option pour une durée déterminée. Le bénéficiaire verse une indemnité d'immobilisation et lève ou non l'option. Le compromis sécurise davantage le vendeur, qui obtient un engagement ferme de l'acquéreur sous condition. La promesse unilatérale laisse plus de marge à l'acquéreur, qui peut renoncer en perdant l'indemnité versée. Le choix entre les deux instruments dépend du rapport de force et de la stratégie patrimoniale. En pratique, le compromis est largement majoritaire en Île-de-France pour les ventes entre particuliers.

Le délai de rétractation est-il franc ?

Non. Le délai de rétractation de dix jours prévu à l'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation n'est pas un délai franc. Il commence à courir le lendemain de la première présentation de la lettre recommandée notifiant le compromis et expire à minuit le dixième jour. Si le dernier jour est un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. La Cour de cassation, première chambre civile, 14 février 2018, n° 17-10.514, publié au Bulletin, a précisé que le délai court dès la première présentation, peu important que l'acquéreur ait effectivement retiré le pli. La vigilance s'impose donc dès la réception de l'avis de présentation.

Que faire si la banque refuse le prêt ?

Le refus de prêt déclenche, en principe, la défaillance de la condition suspensive et la caducité du compromis. L'acquéreur doit notifier ce refus au vendeur et au notaire dans le délai contractuel, en joignant le ou les refus écrits de la banque. La condition suspensive est alors réputée défaillie sans faute, et le dépôt de garantie est restitué intégralement. Encore faut-il que la demande de prêt corresponde aux caractéristiques du compromis : montant, durée, taux maximum. La Cour de cassation, troisième chambre civile, 9 novembre 2023, n° 22-13.900, a rappelé que la cour d'appel ne peut retenir une faute de l'acquéreur sans tirer les conséquences légales de l'absence de manquement aux stipulations. Si la demande est conforme et que la banque refuse, le dépôt revient à l'acquéreur.

L'acquéreur peut-il récupérer son dépôt de garantie ?

Oui dans plusieurs hypothèses. D'abord lorsqu'il exerce son droit de rétractation dans le délai de dix jours de l'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation, le dépôt étant alors restitué dans les vingt et un jours suivant la rétractation. Ensuite lorsqu'une condition suspensive défaille sans faute, par exemple un refus de prêt motivé. Enfin lorsque l'acquéreur démontre la responsabilité du vendeur dans l'échec de la vente, par exemple en cas de dol ou d'omission de pièces déterminantes. En cas de blocage du séquestre, l'acquéreur peut saisir le juge des référés ou le juge du fond pour ordonner la libération des sommes. Le notaire séquestre ne peut conserver le dépôt indéfiniment lorsque les conditions de restitution sont réunies. La voie amiable, par mise en demeure du vendeur ou du notaire, suffit dans une partie significative des dossiers.

Le vendeur peut-il refuser de signer l'acte si l'acquéreur tarde ?

Non, sauf défaillance fautive de l'acquéreur ou prorogation expresse du délai. Le compromis fixe une date de réitération qui constitue un terme. Lorsque ce terme expire et que l'acquéreur n'est pas en mesure de signer, le vendeur peut le mettre en demeure de comparaître chez le notaire. Si l'acquéreur ne se présente pas, le vendeur peut, selon le compromis, renoncer à la vente et conserver le dépôt à titre de clause pénale, ou poursuivre l'exécution forcée. Le simple retard, en revanche, ne suffit pas à libérer le vendeur. Une mise en demeure préalable est souvent indispensable pour caractériser la défaillance et activer la clause pénale. La Cour de cassation, troisième chambre civile, 5 mars 2020, n° 19-13.386, rappelle que le juge ne peut modérer d'office la clause sans inviter les parties à s'expliquer.

Combien coûte la clause pénale en cas de désistement ?

Le compromis fixe en pratique une clause pénale de 10 % du prix de vente, soit le plus souvent le montant du dépôt de garantie versé chez le notaire. L'article 1231-5 du code civil consacre la liberté contractuelle dans la fixation du montant. Le juge peut, même d'office, modérer la clause si elle est manifestement excessive ou l'augmenter si elle est dérisoire, sous réserve d'inviter au préalable les parties à présenter leurs observations. La modération est appréciée au regard du préjudice réel du créancier, du temps d'immobilisation du bien, de l'évolution du marché immobilier et des circonstances particulières du dossier. Une clause pénale de 25 % du prix peut être ramenée à 5 %. Inversement, une clause dérisoire de quelques milliers d'euros peut être augmentée si le préjudice est avéré. Le cabinet anticipe cette modération dès la rédaction du compromis et l'utilise comme arme défensive en contentieux.

Le notaire peut-il être tenu responsable d'une omission ?

Oui. Le notaire, professionnel du droit, est tenu d'une obligation de conseil renforcée. Il doit informer les parties sur les conséquences juridiques du compromis, vérifier la régularité des notifications, transmettre les pièces complètes au notaire de l'autre partie et alerter sur les risques de l'opération. La responsabilité du notaire peut être engagée en cas d'omission d'une condition suspensive essentielle, d'erreur sur la qualité du bien, de retard fautif dans la transmission du projet d'acte ou d'imprécision dans la notification du compromis. La Cour de cassation, première chambre civile, 14 février 2018, n° 17-10.514, illustre la responsabilité notariale en matière de notification du compromis. L'action en responsabilité se prescrit par cinq ans à compter de la connaissance du dommage. La preuve repose sur les actes du notaire et les courriers échangés.

Comment annuler un compromis pour dol ?

Le dol est un vice du consentement défini à l'article 1137 du code civil. Il consiste pour l'une des parties à obtenir le consentement de l'autre par des manoeuvres ou par la dissimulation intentionnelle d'une information dont elle savait le caractère déterminant. En matière immobilière, le dol peut tenir à la dissimulation d'un défaut majeur (humidité, désordres, contentieux de copropriété), à la fausse description du bien, à l'omission d'une procédure d'urbanisme en cours ou à la rétention d'un projet de servitude. L'acquéreur dispose d'une action en nullité du compromis dans le délai de cinq ans à compter de la découverte du dol. Il peut également demander des dommages et intérêts. La preuve du dol incombe à l'acquéreur, qui doit établir l'élément matériel (la manoeuvre) et l'élément intentionnel (la connaissance par le vendeur du caractère déterminant). Le cabinet établit la chronologie des échanges précontractuels pour caractériser la dissimulation.

La condition suspensive de vente d'un autre bien est-elle valable ?

Oui, sous réserve de précision. La condition suspensive de vente préalable d'un autre bien immobilier est licite et fréquente, notamment lorsque l'acquéreur finance partiellement son achat avec le produit de la vente d'un bien dont il est propriétaire. La rédaction doit être suffisamment précise pour éviter le grief de potestativité : description du bien à vendre, prix minimum espéré, délai de réalisation, modalités de notification. Une condition trop large, comme la simple obtention d'un accord d'acquéreur sans plus de précision, risque l'annulation. La diligence de l'acquéreur est appréciée au regard des démarches sérieuses de mise en vente : mandat exclusif, prix conforme au marché, visites organisées. Si l'acquéreur ne met pas réellement son bien en vente, la condition est réputée accomplie sur le fondement de l'article 1304-3 du code civil, et la vente peut être exécutée. Le compromis doit donc encadrer la diligence attendue de l'acquéreur.

L'agent immobilier peut-il garder une commission si la vente échoue ?

En principe, la commission de l'agent immobilier n'est due qu'en cas de réalisation effective de la vente, en application de la loi Hoguet du 2 janvier 1970 et de l'article 6 alinéa 3 de cette loi. Elle est versée à la signature de l'acte authentique et s'éteint si le compromis n'aboutit pas. Toutefois, si l'agent démontre que la vente a échoué par la faute exclusive du vendeur ou de l'acquéreur, il peut prétendre à des dommages et intérêts au titre du préjudice subi pour le travail accompli. La rédaction du mandat de vente est déterminante : elle peut prévoir une indemnité de retrait du mandat avant terme, une commission garantie en cas de manquement du vendeur ou des honoraires de relance en cas de retrait fautif de l'acquéreur. Toute clause prévoyant une commission due malgré l'échec de la vente est interprétée strictement. Les juges écartent les commissions versées en l'absence d'opération effective.

Quel tribunal compétent pour litige compromis à Paris ?

Le tribunal judiciaire est compétent en matière de contentieux du compromis de vente immobilier dès lors que la demande dépasse 10 000 euros, ce qui est presque toujours le cas pour les ventes immobilières. La compétence territoriale obéit à plusieurs règles. Le tribunal du lieu de situation de l'immeuble est compétent en application de l'article R. 211-3 du code de l'organisation judiciaire pour les actions réelles immobilières. Pour les actions personnelles, comme la demande en restitution du dépôt de garantie ou en application de la clause pénale, le tribunal du domicile du défendeur est compétent. À Paris, le tribunal judiciaire siège au Tribunal de Paris dans le 17e arrondissement. La procédure est ordinaire avec représentation obligatoire par avocat dès que la valeur du litige dépasse 10 000 euros. Les délais d'audiencement varient selon les chambres, mais l'instruction d'un dossier complet permet souvent une décision sous 12 à 18 mois.

Le compromis peut-il être conclu sans diagnostics ?

Oui, mais avec des risques. Le compromis peut être signé sans diagnostics, à condition qu'ils soient annexés à l'acte authentique de vente. En pratique, la majorité des compromis intègrent dès leur signature les diagnostics obligatoires : amiante, plomb, électricité, gaz, performance énergétique (DPE), termites le cas échéant, état des risques naturels et technologiques, mesurage Carrez en copropriété. L'absence de diagnostic peut entraîner deux conséquences. Pour le vendeur, l'absence de diagnostic constitue un manquement à son obligation d'information et peut donner lieu à une réduction du prix ou à des dommages et intérêts si le défaut révélé par le diagnostic est ultérieurement découvert. Pour l'acquéreur, le défaut de diagnostic ne libère pas du compromis mais peut justifier la réouverture des négociations ou le report de la signature de l'acte authentique. Les diagnostics sont à la charge du vendeur, sauf clause contraire au compromis.

Que se passe-t-il si l'urbanisme bloque le projet ?

Le compromis intègre, en principe, des conditions suspensives liées à l'urbanisme : purge du droit de préemption urbain, certificat d'urbanisme conforme, absence de servitude majeure non révélée. Si la mairie préempte le bien dans le délai de réponse de deux mois, le compromis devient caduc et le dépôt de garantie est restitué. Si un certificat d'urbanisme négatif est délivré, ou si une servitude grave n'apparaît qu'après la signature, l'acquéreur peut renoncer à la vente sur le fondement de la condition suspensive ou solliciter la nullité pour dol si le vendeur a dissimulé la situation. En l'absence de condition suspensive expresse, l'acquéreur supporte le risque urbanisme, sauf à démontrer un dol ou une réticence dolosive du vendeur. La rédaction du compromis doit donc lister précisément les conditions urbanistiques essentielles à l'opération et leur impact sur la vente.

L'acquéreur peut-il forcer la vente en justice ?

Oui. L'acquéreur dispose d'une action en exécution forcée du compromis devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. La vente étant parfaite dès l'accord sur la chose et le prix, le vendeur ne peut s'opposer à la réitération sans motif sérieux. Le jugement, lorsqu'il est rendu, vaut acte authentique de vente et peut être publié au service de la publicité foncière. La Cour de cassation, troisième chambre civile, 1er octobre 2020, n° 19-17.549, publié au Bulletin, a toutefois rappelé que la simple publication de l'assignation en réitération n'emporte pas mutation de propriété. La protection contre les tiers reste subordonnée à la publication de l'acte authentique ou du jugement. L'action est donc utile lorsque le bien présente un intérêt patrimonial fort. Lorsque l'acquéreur préfère récupérer son dépôt et chercher un autre bien, l'action en résolution avec dommages et intérêts est préférable.

Combien de temps entre compromis et acte authentique ?

Le délai entre la signature du compromis et la réitération par acte authentique est généralement de deux à trois mois, parfois quatre mois en présence d'opérations complexes. Ce délai s'explique par les diligences indispensables : délai de rétractation de dix jours, demande de prêt par l'acquéreur, instruction bancaire de quatre à six semaines, purge du droit de préemption urbain dans un délai de deux mois, obtention de l'état hypothécaire et du certificat d'urbanisme, réunion de l'état daté de copropriété, rédaction du projet d'acte par le notaire. Le compromis fixe une date butoir, souvent assortie d'une clause de prorogation tacite de courte durée si toutes les diligences ne sont pas achevées. Le dépassement de cette date n'est pas en soi fautif, mais il peut justifier une mise en demeure du diligent et, à défaut de comparution, l'application de la clause pénale ou l'exécution forcée. Le cabinet calibre ces délais lors de la relecture du compromis pour éviter les contentieux liés à un calendrier irréaliste.

Références

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Synthèse

Situation, preuve, délai, action

Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement l'arme procédurale.

SituationPreuve décisiveDélaiAction utile
Acquéreur souhaite se rétracterAvis de première présentation du recommandé notifiant le compromis10 jours à compter du lendemain de la présentationLettre recommandée avec demande d'avis de réception au vendeur et au notaire
Refus de prêt non fautifRefus écrit de deux établissements bancaires, dossier conforme aux caractéristiques du compromisDans le délai de la condition suspensive de prêtNotification de la défaillance, demande de restitution du dépôt au séquestre
Acquéreur passif sur le prêtAbsence de demande de prêt ou demande non conforme aux caractéristiques convenuesÀ compter de l'expiration du délai de prêtMise en demeure puis action en application de la clause pénale
Vendeur refuse la signatureCompromis signé, mise en demeure de comparaître, attestation de carence du notaireDans la limite de prescription quinquennaleAction en exécution forcée ou résolution avec dommages et intérêts au TJ de Paris
Clause pénale jugée excessivePrix de vente, montant de la clause, préjudice réel du créancierAu cours de l'instance au fondDemande de modération sur le fondement de l'article 1231-5 du code civil
Compromis pour dol ou erreurPièces non communiquées, diagnostics tardifs, urbanisme caché5 ans à compter de la découverte du viceAction en nullité, restitution du dépôt et dommages et intérêts

Dossiers

Cas pratiques du cabinet

Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.

Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées. Les chiffres correspondent à des dossiers réels mais ont été arrondis par souci de discrétion.

Acquéreur récupère son dépôt de garantie de 25 000 EUR

Compromis sur appartement parisien à 250 000 EUR. Refus bancaire produit dans le délai. Le cabinet a démontré que la demande de prêt était strictement conforme aux caractéristiques du compromis et que l'acquéreur avait fourni l'intégralité des pièces demandées par la banque dans le délai imparti.

Action : notification de défaillance, mise en demeure du séquestre. Résultat : restitution intégrale du dépôt.

Vendeur obtient l'exécution forcée et la clause pénale de 36 000 EUR

Compromis signé sur maison à 360 000 EUR. L'acquéreur a invoqué un refus de prêt mais n'a sollicité aucune banque. Le cabinet a établi la passivité de l'acquéreur et obtenu le bénéfice de l'article 1304-3 du code civil. Le tribunal a constaté la défaillance fautive.

Action : assignation en application de la clause pénale. Résultat : conservation du dépôt et clause pénale réduite à 10 % par le juge.

Réduction judiciaire de la clause pénale de 50 000 EUR à 18 000 EUR

Compromis à 500 000 EUR avec clause pénale de 10 %. L'acquéreur a refusé de signer après l'expiration du délai de rétractation. Le cabinet, en défense, a démontré la disproportion manifeste de la clause au regard du préjudice réel et a obtenu sa modération sur le fondement de l'article 1231-5.

Action : conclusions en modération de la clause pénale. Résultat : réduction de 50 000 EUR à 18 000 EUR.

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