Expulsion locative — bailleurs et locataires
L’équipe droit immobilier du cabinet Kohen suit la procédure d’expulsion de la mise en demeure jusqu’au concours de la force publique.
Avocat expulsion locative à Paris : commandement, audience et exécution.
Le bailleur ne peut jamais expulser seul : titre exécutoire, commandement de quitter les lieux, concours de la force publique. Le locataire, lui, peut sauver le bail en régularisant ou en obtenant des délais. Dans les deux cas, le calendrier procédural décide du sort du dossier.
Audience dans moins de quinze jours ou commandement de quitter les lieux signifié ? Les marges de manœuvre se réduisent jour après jour : envoyez le bail, le commandement et le décompte immédiatement.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — droit immobilier et contentieux locatif.
Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr
Page mise à jour le 11 juin 2026.
Un commandement très formaliste
Signifié par commissaire de justice, visant la clause résolutoire, mentionnant le délai d'apurement à peine de nullité : deux mois pour les baux antérieurs à la loi du 27 juillet 2023, six semaines pour les baux conclus depuis.
Des délais qui sauvent le bail
Le juge peut accorder jusqu'à 36 mois pour régler la dette (article 24, V de la loi de 1989). Si le locataire respecte l'échéancier, la clause résolutoire ne joue pas.
Une exécution sous contrôle
Commandement de quitter les lieux, transmission obligatoire au préfet, délai de deux mois, trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars : chaque étape conditionne la suivante.
Réponse rapide
L'expulsion suppose un titre exécutoire, un commandement de quitter les lieux transmis au préfet, un délai de deux mois, puis le concours de la force publique, hors trêve hivernale (1er novembre au 31 mars). Côté locataire, la dette peut être régularisée dans le délai du commandement de payer — deux mois ou six semaines selon la date du bail — et le juge peut accorder jusqu'à 36 mois de délais. Côté bailleur, un commandement irrégulier fait perdre plusieurs mois : la vérification préalable est décisive.
Comprendre votre situation
Expulsion locative : ce qui décide vraiment du dossier
Sept points pour maîtriser le calendrier, préparer l'audience et sécuriser ou contester l'exécution.
Panneau 1 — La procédure
Une succession d'actes formels, aucun ne se saute
Quatre règles structurent la procédure d'expulsion.
Le commandement de payer (article 24 de la loi du 6 juillet 1989) vise la clause résolutoire et mentionne, à peine de nullité, le délai d'apurement : deux mois pour les baux antérieurs au 29 juillet 2023, six semaines pour les baux postérieurs — la loi nouvelle ne modifie pas les clauses des baux en cours (Avis Cass., 13 juin 2024, n° 24-70.002).
L'audience se tient devant le juge des contentieux de la protection : constatation de la clause résolutoire, condamnation aux arriérés, expulsion et indemnité d'occupation — ou délais de paiement jusqu'à 36 mois.
Après jugement, le commandement de quitter les lieux ouvre un délai de deux mois et doit être transmis au préfet, transmission obligatoire dont le défaut vicie la procédure (Cass. 3e civ., 19 mai 2010, n° 09-12.424).
La trêve hivernale (article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution) bloque l'expulsion matérielle du 1er novembre au 31 mars — mais ni la procédure, ni les indemnités d'occupation.
Le refus ou le silence du préfet sur la demande de concours de la force publique engage la responsabilité de l'État (article L. 153-1 du même code). Le cabinet défend les deux côtés de la barre : cette double pratique permet d'anticiper les arguments adverses et de bâtir une stratégie chiffrée dès le premier échange.
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle
Le décompte actualisé et les actes signifiés font la différence à l'audience.
Bailleur
- Bail signé, état des lieux d'entrée, dernière quittance
- Commandement de payer signifié
- Décompte détaillé des loyers, charges et indemnités d'occupation
- Justificatifs de relances et transmission au préfet
Locataire
- Commandement reçu et décompte annexé
- Justificatifs de revenus des trois derniers mois
- Courriers et SMS au bailleur, attestations CAF
- Dossier de surendettement le cas échéant, preuves de troubles de jouissance
Erreurs fréquentes : décompte non actualisé au jour de l'audience côté bailleur ; réaction la veille de l'audience côté locataire.
Le cabinet traite aussi les situations liées :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Le calendrier procédural se construit dès le premier échange, trêve hivernale comprise.
Premier échange et envoi du dossier
Appel ou email, envoi du bail, du commandement et du dernier décompte. Première lecture juridique sous 24 à 48 heures.
Analyse du calendrier
Délai applicable (deux mois ou six semaines), échéances, application de la trêve hivernale, calendrier d'action sur trois mois.
Audience ou délais
Conclusions devant le juge des contentieux de la protection, plaidoirie, demande de constatation, de résiliation ou de délais selon le mandat.
Suivi de l'exécution
Coordination avec le commissaire de justice pour le commandement de quitter les lieux, demande de concours de la force publique, gestion de la phase post-trêve.
Une procédure mal calée se décale de plusieurs mois : un commandement délivré en septembre prépare une exécution juste après la trêve.
Panneau 4 — Le calendrier
La timeline d'une expulsion en pratique
Les étapes types d'une procédure engagée par le bailleur, avec leurs délais théoriques.
J 0 — Premier impayé
Loyer impayé à échéance : premier avis, relance écrite, calcul de la dette.
J+30 à J+60 — Commandement
Signification du commandement de payer visant la clause résolutoire. Le délai de deux mois ou six semaines court.
J+90 à J+120 — Assignation
À défaut de régularisation, assignation devant le juge des contentieux de la protection en constatation et expulsion.
J+150 à J+240 — Audience et jugement
Le juge constate la résiliation ou accorde des délais. Jugement notifié aux parties.
J+250 — Commandement de quitter les lieux
Signification après jugement, notification au préfet, nouveau délai de deux mois.
J+310 à J+450 — Exécution
Concours de la force publique hors trêve hivernale, procès-verbal d'expulsion, inventaire, restitution des clés.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucune procédure sans avoir validé ces points.
Régularité du commandement : mentions de l'article 24, qualité du signataire, date de signification, décompte annexé.
État des paiements : avis d'échéance, virements, aides au logement, sommes contestables (régularisations, indexation).
Qualité des parties : propriété vérifiée, co-locataires, cautions, occupants effectifs.
Délai applicable selon la date du bail : deux mois ou six semaines.
Calendrier de la trêve hivernale et délais d'exécution complémentaires.
Côté locataire : délais de l'article 24, V, dossier de surendettement, manquements du bailleur opposables.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
13 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Combien de temps prend une expulsion locative à Paris ?
La procédure d'expulsion locative à Paris dure en pratique entre 12 et 18 mois entre le premier impayé et l'expulsion matérielle, mais ce délai peut être considérablement allonge en cas de demande de délais de paiement, de trêve hivernale, de recours ou de difficultés pour obtenir le concours de la force publique. Une procédure standard suit le calendrier suivant : commandement de payer signifie au mois 1 ou 2, expiration du délai légal au mois 3 a 4, assignation au tribunal au mois 4 a 5, audience devant le juge des contentieux de la protection au mois 6 a 9 selon les délais d'audiencement, jugement de résiliation, signification du commandement de quitter les lieux au mois 9 a 10, expiration du délai de 2 mois au mois 11 a 12, demande de concours de la force publique au préfet et expulsion matérielle au mois 12 a 18. La Cour de cassation a confirme dans son arrêt du 12 octobre 2023 le caractère strict du délai de 2 mois du commandement, sauf périodes dérogatoires.
Que faire si je reçois un commandement de payer ?
Le commandement de payer est l'acte qui déclenche la procédure d'expulsion. Pour le locataire, trois réflexes s'imposent. Premierement, lire intégralement le commandement et vérifier les mentions : délai de 2 mois ou 6 semaines selon la date du bail, décompte détaille, visa de la clause résolutoire, qualité du signataire. Une mention manquante ou erronée peut entraîner la nullité. Deuxiemement, calculer le délai exact pour apurer la dette. Toute somme réglée dans ce délai paralyse la clause résolutoire. Troisiemement, contacter un avocat dans la semaine pour évaluer les marges de défense : délais de paiement de l'article 24 V de la loi de 1989, contestation du décompte, demande de surendettement, troubles de jouissance. Le cabinet propose une analyse du commandement sous 24 à 48 heures sur la base du bail et du décompte. Au-dela du délai, le bailleur peut saisir le tribunal et obtenir la constatation de la résiliation.
Le bailleur peut-il expulser sans passer par un juge ?
Non. Aucune expulsion locative ne peut intervenir sans titre exécutoire. Un bailleur qui change les serrures, retire les meubles, coupe l'électricité ou empêche l'accès au logement commet une voie de fait, sanctionnée par les tribunaux et susceptible de constituer le délit de violation de domicile prévu par l'article 226-4 du code pénal. Le bailleur doit obtenir un jugement constatant la résiliation du bail, faire signifier un commandement de quitter les lieux, attendre l'expiration du délai légal, puis solliciter le concours de la force publique auprès du préfet. La Cour de cassation a juge le 19 mai 2010 que la notification du commandement au préfet est une formalité obligatoire, sanctionnée par la nullité. Toute précipitation expose le bailleur a une condamnation pour voie de fait, a des dommages et intérêts, et a un retard considérable de la procédure.
Qu'est-ce que la trêve hivernale et qui en bénéficie ?
La trêve hivernale, prévue a l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution, suspend les expulsions du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante. Pendant cette période, le concours de la force publique ne peut pas être accorde, et le commissaire de justice ne peut pas exécuter une expulsion. La trêve bénéficie en principe a tous les locataires d'un logement, qu'ils soient en bail d'habitation classique, en colocation ou en logement social. Plusieurs exceptions existent : occupants entres par voie de fait, locaux faisant l'objet d'un arrête de péril, relogement assure dans des conditions décentes par le bailleur ou par les pouvoirs publics. La trêve ne suspend pas la procédure judiciaire ni la signification du commandement de quitter les lieux : seule l'expulsion matérielle est différée. Pendant cette période, le locataire reste redevable de l'indemnité d'occupation, équivalente au loyer et aux charges. Le bailleur peut donc continuer a accumuler des créances qu'il pourra recouvrer une fois l'expulsion exécutée.
Le locataire peut-il obtenir des délais de paiement ?
Oui. Le V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 permet au juge des contentieux de la protection d'accorder au locataire des délais de paiement, qui peuvent atteindre 36 mois lorsque la situation financière et personnelle le justifie. Pendant l'exécution de l'échéancier, la clause résolutoire est suspendue : si le locataire respecte le plan, le bail est préserve. La demande peut être formulée à l'audience ou par voie de conclusions écrites. Elle suppose la production de justificatifs de revenus, d'attestations de la CAF, d'un dossier de surendettement le cas échéant et d'une proposition d'échéancier crédible. La Cour de cassation a juge le 22 octobre 2020 que lorsqu'une ordonnance de référé a suspendu les effets d'une clause résolutoire en accordant des délais, le bailleur ne peut pas reprendre unilatéralement le logement en cas d'inexécution, sans saisine du juge. La procédure est donc strictement encadrée, ce qui protège le locataire respectant le plan.
Que se passe-t-il à l'audience d'expulsion ?
L'audience devant le juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Paris se déroule en plusieurs phases. Le bailleur expose la situation : bail, commandement de payer, décompte de la dette, demande de constatation de la clause résolutoire, demande d'expulsion, demande d'indemnité d'occupation. Le locataire ou son avocat répond : contestation du décompte, demande de délais de paiement, contestation de la régularité du commandement, évocation éventuelle de troubles de jouissance ou d'un dossier de surendettement. Le juge interroge les parties sur la situation personnelle et financière du locataire, sur les efforts de paiement, sur la cause de la dette. La décision peut être rendue sur le siège ou mise en délibéré. Le jugement constatera la résiliation et ordonnera l'expulsion, ou accordera des délais de paiement et suspendra la clause résolutoire. La préparation est décisive : un dossier complet et des conclusions précises augmentent fortement les chances. L'absence du locataire conduit en général a un jugement réputatif contradictoire qui prononce l'expulsion.
Les frais d'expulsion sont-ils à la charge du locataire ?
Oui en règle générale. Le jugement qui constate la résiliation du bail et prononce l'expulsion condamne le locataire aux dépens, c'est-à-dire aux frais de procédure. Le commandement de payer, le commandement de quitter les lieux, le concours de la force publique, le serrurier, le garde-meuble éventuel, sont en principe à la charge du locataire. Le bailleur peut également obtenir une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile pour ses frais d'avocat. Enfin, le bailleur peut imputer les arriérés de loyers et l'indemnité d'occupation jusqu'à la libération des lieux. En pratique, le recouvrement effectif dépend de la solvabilité du locataire. Si le locataire est insolvable, les frais resteront à la charge du bailleur, même si le titre exécutoire les met formellement à la charge du locataire. Cette réalité économique pousse le cabinet a évaluer en amont la solvabilité et a proposer parfois un protocole d'apurement plutôt qu'une procédure d'expulsion coûteuse.
L'expulsion est-elle possible avec des enfants a charge ?
Oui, mais avec des aménagements. La présence d'enfants mineurs ne fait pas obstacle a l'expulsion, qui reste possible si la procédure est régulière et si la dette est établie. Cela étant, le juge dispose de marges importantes pour accorder des délais : délais de paiement de l'article 24 V de la loi de 1989, délais d'expulsion des articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution. Le juge tient compte des efforts du locataire, de la situation des enfants, de l'absence de solution de relogement, des démarches engagées auprès des services sociaux. La présence d'enfants justifie souvent l'octroi de délais d'exécution allant jusqu'à 3 ans, dans des situations exceptionnelles. La trêve hivernale offre par ailleurs une protection supplémentaire de 5 mois. Côté bailleur, la procédure reste disponible, mais le calendrier doit être adapte. Côté locataire, la présence d'enfants justifie une défense engagée et la mobilisation d'aides au logement.
Le bailleur peut-il refuser un plan d'apurement ?
Le bailleur peut refuser un plan d'apurement amiable, mais le juge peut imposer des délais de paiement contre l'avis du bailleur sur le fondement du V de l'article 24 de la loi de 1989. La logique du V de l'article 24 est protectrice : même si le bailleur ne consent pas a un échéancier, le juge peut octroyer un délai de paiement allant jusqu'à 36 mois lorsque la situation financière du locataire le justifie. Pendant l'exécution du plan, la clause résolutoire est suspendue. Si le locataire respecte l'échéancier, le bail est préserve. Si le locataire échoue, le bailleur peut faire constater la résiliation par le juge. Le bailleur a donc intérêt, en pratique, a accepter une proposition raisonnable plutôt que de risquer un plan judiciaire impose, qui peut être plus long et plus désavantageux. Le cabinet évalue cas par cas l'opportunité d'un protocole signe par les parties, qui présente l'avantage de la sécurité juridique et évite l'audiencement.
Comment contester une procédure d'expulsion irrégulière ?
Plusieurs voies existent. Au stade du commandement de payer, le locataire peut soulever la nullité par voie d'exception devant le juge des contentieux de la protection, en s'appuyant sur les mentions obligatoires de l'article 24 de la loi de 1989. Au stade du jugement, la voie de l'appel reste ouverte dans le délai d'un mois à compter de la signification, sauf si le jugement est rendu en dernier ressort. Au stade du commandement de quitter les lieux, le locataire peut saisir le juge de l'exécution, notamment pour faire constater l'absence de notification au préfet, contrôle obligatoire pose par la Cour de cassation le 19 mai 2010. Au stade de l'exécution, le locataire peut demander des délais d'expulsion sur le fondement des articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution. Toute irrégularité, même apparemment formelle, peut suspendre la procédure et faire gagner plusieurs mois. La défense suppose une lecture rigoureuse des actes signifies et des délais.
Que faire face a un commandement de quitter les lieux ?
Le commandement de quitter les lieux est l'acte qui déclenche la phase d'exécution après jugement. Le locataire dispose d'un délai de 2 mois à compter de sa signification pour quitter spontanément le logement ou saisir le juge de l'exécution. Plusieurs actions sont possibles. Premierement, demander des délais d'expulsion sur le fondement de l'article L. 412-3 du code des procédures civiles d'exécution, qui peut accorder un sursis de 3 mois à 3 ans selon la situation personnelle. Deuxiemement, contester la régularité du commandement, notamment en l'absence de notification au préfet, ce qui entraîne la nullité de la procédure subséquente selon la jurisprudence constante. Troisiemement, bénéficier de la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars, qui suspend l'expulsion. Quatriemement, mobiliser les services sociaux, la CAF, le bailleur social pour rechercher une solution de relogement. Le délai de 2 mois est une opportunité a ne pas gâcher : passe ce délai, l'expulsion matérielle peut être demandée au préfet.
Le commissaire de justice peut-il agir sans la force publique ?
Le commissaire de justice peut intenter l'expulsion sans la force publique uniquement si le locataire libéré spontanément les lieux ou s'il est absent et que le commissaire de justice constate l'abandon du logement. Si le locataire reste dans les lieux et refuse de partir, le commissaire de justice ne peut pas l'expulser de force : il doit dresser un procès-verbal de tentative d'expulsion et solliciter le concours de la force publique auprès du préfet. La demande doit détailler la situation familiale et financière de l'occupant. Le préfet dispose d'un délai pour répondre. En cas de refus ou de silence prolonge, le bailleur peut engager la responsabilité de l'État sur le fondement de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, et obtenir indemnisation pour les pertes liées au retard. La procédure est lente, mais elle protège le locataire contre les expulsions sauvages tout en garantissant au bailleur, in fine, la libération des lieux.
Le locataire peut-il revenir après expulsion ?
Après une expulsion locative régulière, le locataire ne peut pas revenir occuper les lieux : son titre d'occupation est anéanti par le jugement de résiliation et le commandement de quitter les lieux. Tout retour serait constitutif d'une voie de fait, et le bailleur pourrait obtenir un nouveau jugement d'expulsion en référé ou saisir le juge pénal pour violation de domicile. Le locataire peut en revanche récupérer ses biens personnels selon la procédure prévue : le commissaire de justice dresse un inventaire des meubles laisses dans les lieux, qui sont conserves à domicile, mis en garde-meuble aux frais du locataire, ou vendus aux enchères si le locataire ne les récupère pas dans le délai légal. Le locataire conserve par ailleurs ses droits sur le dépôt de garantie, sous déduction des sommes dues au bailleur. La fin de la procédure d'expulsion ne signifie pas la fin du contentieux : le recouvrement des arriérés locatifs et de l'indemnité d'occupation se poursuit, parfois durant plusieurs années.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 sur Légifrance — article 24, commandement et délais
- Code des procédures civiles d'exécution sur Légifrance — expulsion et trêve hivernale, articles L. 412-1 et suivants
Synthèse
Situation, preuve, délai, action
Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.
| Situation | Preuve décisive | Délai | Action utile |
|---|---|---|---|
| Loyer impayé depuis 2 a 3 mois | Avis d'échéance, décompte détaille, dernière quittance réglée | Aussitôt que la dette atteint 2 termes | Mise en demeure puis commandement de payer visant la clause résolutoire |
| Commandement de payer reçu par le locataire | Acte signifie, décompte annexe, ressources actuelles | 2 mois (bail antérieur a juillet 2023) ou 6 semaines (bail postérieur) | Régulariser, saisir le juge en délais, préparer l'audience |
| Audience locative imminente | Bail, commandement, justificatifs, attestations | Au moins 15 jours avant la date | Conclusions, demande de délais ou de constatation de la clause |
| Jugement de résiliation rendu | Jugement, certificat de non-appel, décompte des indemnités | 2 mois après signification du commandement de quitter les lieux | Préparation de l'exécution, demande du concours de la force publique |
| Commandement de quitter les lieux notifié | Acte signifie, copie de la transmission au préfet | Sous 2 mois pour quitter ou contester | Recours devant le juge de l'exécution, demande de délais de l'article L. 412-3 CPCE |
| Refus de concours de la force publique | Demande au préfet, accuse de réception, silence ou refus | Après expiration du délai préfectoral | Action en responsabilité de l'État devant le tribunal administratif |
Dossiers
Cas pratiques du cabinet
Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.
Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées. Les chiffres correspondent a des dossiers réels mais ont été arrondis par souci de discrétion.
Bailleur : récupération d'un appartement parisien après 8 mois
Dette locative de l'ordre de 14 000 euros sur 8 mois. Trois audiences, dont une avec demande de délais rejetée, jugement de résiliation, commandement de quitter les lieux, concours de la force publique obtenu après relance préfectorale.
Action : commandement, audience, exécution. Resultat : bailleur retrouve la jouissance du bien.
Locataire : 18 mois de délais grâce au dossier surendettement
Famille monoparentale en arriérés de pres de 5 000 euros. Dossier de surendettement dépose, plan d'apurement homologué, suspension de la clause résolutoire par le juge des contentieux de la protection. Maintien dans le logement et reprise des paiements.
Action : délais V de l'article 24, plan conventionnel. Resultat : bail préserve.
Annulation du commandement irrégulier, expulsion suspendue
Commandement de payer signifie sans mention complète du délai et avec un décompte erroné. Demande de nullité accueillie devant le juge, suspension de la procédure d'expulsion. Le bailleur a du régulariser un nouveau commandement, décalant le calendrier de 5 mois.
Action : exception de nullité. Resultat : délai supplémentaire pour le locataire.
Une procédure d'expulsion ? Réagissez aujourd'hui.
Bailleur ou locataire, le calendrier procédural décide souvent du sort du dossier. Envoyez le bail, le commandement et le décompte : le cabinet répond sous 24 à 48 heures avec une stratégie chiffrée.