Vices cachés immobiliers — acquéreurs et vendeurs

Notre cabinet d’avocats en droit immobilier à Paris traite chaque année des dizaines de dossiers de vices cachés, côté acquéreur comme côté vendeur.

Lorsque la dissimulation est intentionnelle, le dossier peut basculer vers une escroquerie dans une vente immobilière, qui relève alors du juge pénal.

Avocat vices cachés immobiliers à Paris : annuler, réduire le prix ou indemniser.

Grave, antérieur à la vente, caché : trois conditions cumulatives, deux ans pour agir à compter de la découverte. Le cabinet construit la preuve par l'expertise, choisit entre action rédhibitoire et estimatoire, et fait tomber les clauses de non-garantie quand le vendeur n'y a pas droit.

Le délai de deux ans de l'article 1648 du code civil est une forclusion : une assignation tardive est rejetée même si la preuve du vice est écrasante. Le constat se fait avant toute réparation.

Maître Reda Kohen, avocat vices cachés immobiliers à Paris

Maître Reda Kohen

Avocat au Barreau de Paris — droit immobilier et garantie des vices cachés.

Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr

Page mise à jour le 11 juin 2026.

Trois conditions cumulatives

Le vice doit être grave (impropriété à l'usage), antérieur à la vente — en germe au jour de l'acte — et caché à un examen normal (article 1641 du code civil). L'antériorité se prouve par l'expertise.

Deux remèdes au choix

Action rédhibitoire : rendre le bien, récupérer le prix. Action estimatoire : garder le bien, se faire rendre une partie du prix (article 1644). Le choix dépend de la gravité et du coût des reprises.

La clause de non-garantie tombe parfois

Valable entre particuliers de bonne foi (article 1643), elle est inopposable au vendeur professionnel ou réputé tel — présomption irréfragable de connaissance du vice — et au vendeur de mauvaise foi.

Réponse rapide

L'acquéreur prouve la gravité, l'antériorité et le caractère caché du défaut — l'expertise judiciaire de l'article 145 du code de procédure civile est la clé de voûte. Il agit dans les deux ans de la découverte certaine du vice, souvent fixée au rapport d'expertise, sans dépasser le délai butoir de vingt ans de la vente. La clause de non-garantie protège le particulier de bonne foi, jamais le professionnel ni le vendeur qui connaissait le vice ; le vendeur de mauvaise foi doit en outre tous les dommages et intérêts (article 1645).

Comprendre votre situation

Vices cachés : ce qui décide vraiment du dossier

Sept points pour prouver le vice, tenir le délai et choisir le bon remède.

Panneau 1 — Les conditions

Grave, antérieur, caché : la preuve d'abord

Quatre règles structurent la garantie des vices cachés.

1

Le vice rend le bien impropre à son usage ou en diminue tellement l'usage que l'acquéreur n'aurait pas acheté à ce prix (article 1641 du code civil).

2

L'antériorité — le défaut existait en germe au jour de l'acte authentique — est la condition la plus disputée ; elle se prouve par l'expertise judiciaire.

3

L'option de l'article 1644 : rédhibitoire (restitution du prix contre le bien) ou estimatoire (réduction du prix) ; le délai d'action est de deux ans à compter de la découverte, dans la limite du délai butoir de vingt ans à compter de la vente (Cass. 3e civ., 25 mai 2022, n° 21-18.218).

4

La clause de non-garantie (article 1643) est inopposable au vendeur professionnel — présomption irréfragable de connaissance — et au vendeur de mauvaise foi, qui doit tous les dommages et intérêts (article 1645).

La qualité du vendeur se vérifie au-delà des apparences : le particulier qui a reconstruit lui-même le bien ou multiplie les opérations peut être traité en professionnel. Côté acquéreur professionnel de même spécialité, la jurisprudence présume au contraire la connaissance du vice. Le statut des deux parties se documente avant de choisir le fondement.

Panneau 2 — Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre position

Le constat avant travaux est la pièce qu'on ne peut plus créer après.

Acquéreur

  • Acte authentique et compromis avec annexes
  • Diagnostics techniques annexés à la vente
  • Constat des désordres daté : photos, vidéos, huissier avant toute réparation
  • Courriers de mise en demeure au vendeur

Vendeur

  • Acte d'acquisition initial et historique du bien
  • Factures de travaux et de réparation
  • Déclarations de sinistres antérieurs et attestations d'assurance
  • Clause de non-garantie et preuves de bonne foi

Erreur fréquente : réparer avant de faire constater — la preuve matérielle disparaît avec les travaux.

Le cabinet articule aussi :

Dol du vendeur (fondement alternatif)Garantie décennale si construction récenteResponsabilité du diagnostiqueurAction contre le notaire

Panneau 3 — La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Le référé expertise fixe la réalité du vice, son origine et son antériorité.

1

Premier échange et envoi du dossier

Acte authentique, diagnostics, constats : première lecture juridique sous 24 à 48 heures.

2

Audit des fondements et du délai

Délai de deux ans, opposabilité de la clause de non-garantie, qualité du vendeur, stratégie chiffrée.

3

Référé expertise 145

Requête chiffrée et motivée, désignation de l'expert sous quatre à huit semaines, suivi contradictoire, dires au pré-rapport.

4

Assignation au fond

Action rédhibitoire ou estimatoire, dommages et intérêts de l'article 1645 contre le vendeur de mauvaise foi ou professionnel, plaidoirie et exécution.

Le fondement alternatif du dol (article 1137) reste disponible quand la dissimulation est intentionnelle : délai de cinq ans et restitutions élargies.

Panneau 4 — Le calendrier

La timeline d'une action en vice caché

Le délai de deux ans court dès la découverte certaine — souvent matérialisée par le rapport d'expertise.

J 0 — Découverte

Constat des désordres, photos, vidéos : le délai de deux ans de l'article 1648 commence à courir.

J+15 — Constat d'huissier

Constat par commissaire de justice avant toute réparation : préservation de la preuve matérielle.

J+30 — Mise en demeure

Lettre recommandée au vendeur, invitation à la conciliation — sans effet sur la forclusion.

J+60 à J+120 — Référé expertise

Requête au juge des référés, désignation de l'expert, opérations contradictoires.

Après rapport — Assignation

Action rédhibitoire ou estimatoire devant le tribunal judiciaire, dans le délai de deux ans préservé.

Instance et suites

Plaidoirie, jugement, restitutions et dommages et intérêts, appel éventuel.

Panneau 5 — Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune assignation sans avoir validé ces points.

Réalité du vice : gravité, antériorité, caractère caché au sens de l'article 1641.

Computation du délai de deux ans depuis la découverte certaine, et du butoir de vingt ans.

Statut du vendeur : profane, professionnel, ou se comportant comme tel.

Opposabilité de la clause de non-garantie, lue mot pour mot, et mauvaise foi éventuelle.

Choix rédhibitoire / estimatoire selon la gravité et le coût des reprises.

Quantum : prix, frais de mutation, travaux chiffrés, préjudice de jouissance (article 1645).

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

FAQ

Questions fréquentes

15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.

Qu'est-ce qu'un vice cache en immobilier ?

Un vice cache, au sens de l'article 1641 du code civil, est un défaut de la chose vendue qui présente trois caractères cumulatifs. Premierement, il doit être grave, c'est-à-dire rendre le bien impropre a l'usage auquel on le destine ou en diminuer tellement l'usage que l'acquéreur n'aurait pas achete au même prix. Deuxiemement, il doit être antérieur a la vente, même si ses effets ne se sont révèles qu'après. Troisiemement, il doit être cache, c'est-à-dire imperceptible a un examen normal et raisonnable au moment de la vente. La jurisprudence retient des exemples typiques : humidité structurelle dissimulée, défaut de fondations, présence de mérule ancienne, infiltrations chroniques masquées par des doublages, instabilité du sol non révélée. Le simple désordre apparent ou la non-conformité au cahier des charges ne constituent pas un vice cache : le défaut doit être grave, antérieur et dissimule. La preuve repose sur l'expertise judiciaire, qui retrace l'origine technique et la chronologie des désordres.

Combien de temps a-t-on pour agir après découverte ?

L'article 1648 du code civil impose un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. Ce délai est de forclusion : passe ce terme, l'action est irrecevable, sans examen au fond. Le point de départ est la découverte certaine du vice, c'est-à-dire la connaissance précise du défaut dans toute son ampleur et ses conséquences. La jurisprudence retient fréquemment la date du rapport d'expertise judiciaire ou amiable comme point de départ, ces rapports matérialisant la prise de connaissance technique. Le délai est interrompu par l'assignation au fond ou en référé expertise sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile, et suspendu pendant la durée des opérations d'expertise. Le délai de deux ans s'inscrit dans un délai butoir de vingt ans depuis la vente initiale : la Cour de cassation, 25 mai 2022, a juge que l'action ne peut dépasser ce butoir, conformément a l'article 2232 du code civil.

Peut-on demander l'annulation totale de la vente ?

Oui, sur le fondement de l'article 1644 du code civil. L'action rédhibitoire vise a rendre le bien et a se faire restituer le prix : la vente est anéantie, l'acquéreur récupère la totalité des sommes versées, le vendeur reprend le bien dans son état actuel. Cette voie est privilégiée lorsque le vice est tellement grave qu'il rend le bien définitivement impropre a sa destination, ou lorsque les travaux de remise en état sont impossibles ou disproportionnés. La redhibition s'accompagne du remboursement des frais de notaire, des frais de mutation et, si le vendeur est de mauvaise foi ou professionnel, de dommages et intérêts sur le fondement de l'article 1645 du code civil. Le tribunal vérifie la gravité du vice avant de prononcer la redhibition. En pratique, les juges l'accordent lorsque les travaux de réparation dépassent un tiers du prix de vente, ou lorsque la nature du vice (humidité massive, instabilité structurelle) rend tout aménagement de la solution impossible.

La clause de non-garantie est-elle toujours valable ?

Non. La clause de non-garantie figure dans la quasi-totalité des actes notariés de vente entre particuliers, sur le fondement de l'article 1643 du code civil. Elle n'est cependant pas opposable dans trois hypothèses. D'abord, lorsque le vendeur est un professionnel de l'immobilier ou de la construction : il est réputé connaître les vices et la clause est inopérante. La chambre commerciale de la Cour de cassation, 5 juillet 2023, a confirme cette présomption irrefragable. Ensuite, lorsque le vendeur est un technicien du bâtiment qui a lui-même réalisé les travaux : la 3e chambre civile, 15 juin 2022, l'a juge expressément. Enfin, lorsque la mauvaise foi du vendeur est démontrée, c'est-à-dire qu'il connaissait personnellement le vice et l'a dissimule. Inversement, la clause est opposable a un acheteur professionnel de même spécialité, selon l'arrêt du 4 mars 2021 (n° 20-13.653).

Comment prouver l'antériorité du vice a la vente ?

L'antériorité du vice est la condition la plus disputée. Il appartient a l'acquéreur de démontrer que le défaut existait, en germe ou en cause, au jour de la signature de l'acte authentique de vente. Cette preuve repose sur trois piliers. Premierement, l'expertise judiciaire ou amiable, qui identifie l'origine technique du vice et retrace sa chronologie. Un expert compétent peut dater une humidité structurelle, une fissuration ancienne, une mérule. Deuxiemement, les diagnostics techniques annexes a l'acte de vente, qui établissent l'état du bien au jour de la cession. Un diagnostic insuffisant ou silencieux ne dédouane pas le vendeur, mais constitue un indice. Troisiemement, l'historique du bien : sinistres antérieurs, factures de travaux du vendeur, courriers d'assurance, déclarations a la mairie, attestations de voisins. La conjonction de ces éléments convainc les juges. Le simple constat d'un vice après la vente ne suffit jamais : la preuve d'antériorité doit être construite, étayée, technique. C'est le coeur du dossier.

L'expertise judiciaire est-elle obligatoire ?

Elle n'est pas formellement obligatoire mais devient indispensable en pratique. Une expertise judiciaire sollicitée sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile permet de fixer la réalité du désordre, son origine technique et son antériorité a la vente. Sans expertise, la preuve du vice repose sur les seuls dires de l'acquéreur, ce qui est insuffisant pour convaincre le tribunal. Le référé expertise se déroule devant le juge des référés du tribunal judiciaire, sur la base d'une requête chiffrée. L'ordonnance désigne un expert compétent, fixe la mission et la consignation. Les opérations se déroulent en présence des parties et de leurs avocats. L'expert dépose un rapport définitif, qui peut être ensuite produit dans la procédure au fond. Le coût de l'expertise (entre 3 000 et 15 000 euros selon la complexité) est avance par le demandeur, puis récupère en cas de succès. Le délai du référé expertise est de quatre a huit semaines pour l'ordonnance, et de six a dix-huit mois pour les opérations.

Le vendeur professionnel peut-il invoquer la clause de non-garantie ?

Non. Le vendeur professionnel est présume de manière irrefragable connaître les vices de la chose vendue. Cette présomption a ete consacrée par la jurisprudence depuis très longtemps et confirmée récemment par la chambre commerciale de la Cour de cassation, 5 juillet 2023, qui valide expressément son caractère irrefragable au regard de l'article 6, § 1, de la Convention européenne des droits de l'homme. Le vendeur professionnel ne peut pas démontrer sa bonne foi pour échapper a la garantie. Cette présomption protège l'acquéreur, juge moins compétent pour évaluer l'état technique du bien. La 3e chambre civile a étendu cette règle au technicien du bâtiment ayant lui-même reconstruit l'immeuble : même s'il n'est pas marchand de biens, il est assimile a un vendeur professionnel et ne peut pas se prévaloir de la clause de non-garantie (Cass. 3e civ., 15 juin 2022, n° 21-21.143). En revanche, lorsque l'acheteur lui-même est professionnel de la même spécialité, la clause redevient opposable.

Que recouvre l'action estimatoire (réduction de prix) ?

L'action estimatoire, prévue a l'article 1644 du code civil, consiste a garder le bien et a se faire rendre une partie du prix. Elle est préférable a la redhibition lorsque le bien reste utilisable après travaux et que la perte de valeur est chiffrable par expertise. Le quantum se calcule selon plusieurs méthodes : coût des travaux de remise en état, dépréciation vénale du bien, perte d'usage cumulée. L'expert chiffre chaque poste et le tribunal arbitre. L'action estimatoire est privilégiée lorsque l'acquéreur a déjà aménage le bien et ne souhaite pas le rendre, ou lorsque les travaux sont disproportionnés mais le vice peut être répare. Si le vendeur est de mauvaise foi ou professionnel, des dommages et intérêts s'ajoutent a la réduction du prix : préjudice de jouissance, préjudice moral, frais d'expertise. L'estimation est souvent le levier de négociation : un protocole transactionnel a 30 000 ou 50 000 euros peut clore le dossier rapidement, avec une sécurité juridique supérieure au jugement.

L'agent immobilier peut-il être actionne solidairement ?

Oui, dans certaines conditions. L'agent immobilier engage sa responsabilité contractuelle envers son client (acquéreur ou vendeur) sur le fondement du mandat. Si l'agent a manque a son devoir de conseil, n'a pas vérifié une information essentielle, a transmis des éléments erronés ou a participé a la dissimulation du vice, sa responsabilité peut être recherchée. Les juges retiennent en pratique cette responsabilité lorsque l'agent connaissait personnellement les sinistres antérieurs (visite, courriers, information du voisinage) et n'a pas alerte l'acquéreur. La condamnation est généralement in solidum avec le vendeur, ce qui améliore la solvabilité globale du dispositif. L'agent immobilier dispose d'une assurance professionnelle qui couvre cette responsabilité. La preuve de la faute repose sur les courriers, les rapports de visite, les attestations. Toute mention dans le mandat ou dans le compromis qui révèle que l'agent connaissait le vice ouvre la voie a son action subsidiaire. Le cabinet évalue cette piste en parallèle de l'action principale contre le vendeur.

Le notaire a-t-il une responsabilité ?

Le notaire engage sa responsabilité professionnelle s'il a manque a son devoir de conseil. Le notaire doit vérifier les diagnostics techniques annexes a l'acte, alerter sur les risques juridiques d'une clause manifestement abusive, signaler les sinistres connus mentionnes dans les actes antérieurs. Si le notaire a rédigé une clause de non-garantie sans alerter l'acquéreur sur sa portée, ou s'il a omis de mentionner un sinistre figurant dans l'acte d'acquisition initial du vendeur, sa responsabilité peut être engagée. La preuve repose sur la minute de l'acte, les correspondances avec les parties et l'analyse comparative des actes successifs. La condamnation se prononce in solidum avec le vendeur. Le notaire dispose d'une assurance professionnelle obligatoire, ce qui assure la solvabilité. La responsabilité notariale est cependant difficile a obtenir : la jurisprudence est exigeante sur la preuve de la faute, et le notaire peut s'exonérer en démontrant qu'il a accompli toutes les diligences raisonnables. L'action contre le notaire reste un levier subsidiaire, utile lorsque le vendeur est insolvable ou que le dossier est limite par la clause de non-garantie.

Que faire si le vendeur est insolvable ?

L'insolvabilité du vendeur est une difficulté fréquente, surtout dans les ventes entre particuliers. Plusieurs leviers existent. Premierement, l'inscription d'une hypothèque judiciaire provisoire sur les biens du vendeur, sollicitée auprès du juge de l'exécution, qui sécurisé un éventuel jugement futur. Deuxiemement, l'action subsidiaire contre l'agent immobilier ou le notaire, dont la responsabilité est couverte par une assurance professionnelle. Troisiemement, l'action en garantie décennale contre les constructeurs si le bien a moins de dix ans : la responsabilité des constructeurs est garantie par l'assurance dommages-ouvrage de l'article 1792 du code civil. Quatriemement, la transaction avec le vendeur sur la base d'un protocole d'apurement étale dans le temps. Cinquiemement, l'engagement de la procédure de surendettement si le vendeur est en difficulté avec d'autres créanciers. Le cabinet intègre l'analyse de solvabilité dans la note initiale et oriente la stratégie en conséquence : il est inutile de poursuivre une procédure coûteuse contre un débiteur sans patrimoine.

Combien coûte une procédure en vices cachés ?

Le coût dépend de la complexité du dossier. Trois postes principaux : honoraires d'avocat, frais d'expertise judiciaire, dépens. Les honoraires d'avocat se situent généralement entre 5 000 et 15 000 euros pour une procédure complète (référé expertise + assignation au fond + plaidoirie), avec parfois une part de résultat en cas de succès. Les frais d'expertise judiciaire varient entre 3 000 et 15 000 euros selon la complexité (consignation a la Regie du tribunal, récupérable en cas de succès). Les dépens (frais de procédure) sont chiffres en fin d'instance et intègrent le greffe, l'huissier et l'enregistrement. En cas de succès, le tribunal peut condamner le vendeur aux dépens et a une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile, généralement entre 3 000 et 10 000 euros. Le bilan économique est positif lorsque le quantum récupérable dépasse 50 000 euros. Le cabinet établit un devis détaille en début de dossier et propose, lorsque c'est pertinent, un honoraire mixte (forfait + part de résultat) pour aligner les intérêts.

Le diagnostic technique exonere-t-il le vendeur ?

Non automatiquement. Les diagnostics techniques annexes a l'acte de vente (DPE, amiante, plomb, termites, état parasitaire, gaz, électricité) répondent a une obligation légale d'information de l'acquéreur. Un diagnostic favorable ne dédouane pas le vendeur de la garantie des vices cachés : il fait simplement basculer la charge de la preuve. L'acquéreur doit démontrer que le vice existait au jour de la vente, malgré le diagnostic. La jurisprudence sanctionne les diagnostics insuffisants ou silencieux : un diagnostic termites silencieux sur une infestation déjà active engage la responsabilité du diagnostiqueur en plus du vendeur. Inversement, un diagnostic alarmant que l'acquéreur n'a pas pris en compte affaiblit son recours : il a accepte le risque révèle. Le cabinet analyse systématiquement les diagnostics dans la phase d'audit préalable. Lorsque les diagnostics sont silencieux ou contradictoires avec la réalité constatée après vente, l'action peut être étendue aux diagnostiqueurs, ce qui améliore la solvabilité globale.

Comment chiffrer le préjudice de jouissance ?

Le préjudice de jouissance correspond a la perte d'usage du bien pendant la durée des désordres. Il se chiffre en pourcentage de la valeur locative théorique du bien, multiplie par la durée pendant laquelle l'usage a ete affecte. Une humidité generalisee dans le séjour pendant douze mois peut justifier un préjudice de jouissance de 30 a 50 pour cent de la valeur locative mensuelle, soit plusieurs milliers d'euros. La preuve repose sur les photos, les vidéos, les attestations, le rapport d'expertise qui chiffre la durée des désordres. Le tribunal apprécie souverainement le quantum, mais s'aligne en pratique sur la fourchette propose par l'expert et l'avocat. Le préjudice de jouissance s'ajoute a la restitution du prix (en cas de redhibition) ou a la réduction du prix (en cas d'estimation), et n'est dû que si le vendeur est de mauvaise foi ou professionnel, sur le fondement de l'article 1645 du code civil. Pour un bien parisien valant 4 000 euros par mois en valeur locative, un préjudice de jouissance sur 18 mois peut atteindre 25 000 a 35 000 euros. Cette ligne du quantum est a ne pas négliger.

Quel tribunal compétent pour vices cachés a Paris ?

Le tribunal judiciaire de Paris est compétent pour les actions en vices cachés portant sur des immeubles situes a Paris. La compétence d'attribution releve du tribunal judiciaire (sans plafond), conformément aux articles L. 211-3 et suivants du code de l'organisation judiciaire. Le pôle construction et immobilier traite les dossiers techniques. La compétence territoriale résulte de l'article 44 du code de procédure civile : en matière immobilière, le tribunal du lieu de situation de l'immeuble est compétent. Pour un bien parisien, c'est donc le tribunal judiciaire de Paris (Parvis du Tribunal de Paris, 75017). La représentation par avocat est obligatoire pour les actions au fond. L'appel se forme devant la cour d'appel de Paris dans le mois suivant la signification du jugement. Le cabinet plaide régulièrement devant ces juridictions et connaît les chambres spécialisées, leurs critères et leurs délais. Cette familiarité permet d'orienter la mise en état et de calibrer le calendrier procédural.

Références

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Synthèse

Situation, preuve, délai, action

Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.

SituationPreuve décisiveDélaiAction utile
Vice apparu peu après la venteConstat huissier, photos, expertise amiable2 ans à compter de la découverteRéféré expertise article 145 CPC, puis assignation au fond
Vendeur professionnel ou marchandAnnonces immobilières, factures de travaux du vendeur, statut social2 ans, sans bénéfice de la clause de non-garantieAction rédhibitoire ou estimatoire avec dommages et intérêts de l'article 1645
Clause de non-garantie dans l'acteLecture de la clause, statut des parties, mauvaise foi2 ans, recherche d'inopposabiliteDemonstration du dol ou du statut de vendeur professionnel
Bien immobilier neuf vendu après 2 ansActe de vente, réception, sinistre constate2 ans pour vices cachés, 10 ans pour décennaleCumul des deux fondements, mobilisation de l'assurance dommages-ouvrage
Acquereur déjà en travauxConstat huissier préalable, photos avant et après, facturesUrgence : faire constater puis suspendre les travauxRéféré expertise immédiat pour figer la preuve avant évolution
Vente entre professionnels même spécialitéStatut commercial des parties, formation et activitéClause opposable selon Cass. 3e civ., 4 mars 2021Recherche d'arguments de fraude ou d'asymétrie technique

Dossiers

Cas pratiques du cabinet

Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.

Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées. Les chiffres correspondent a des dossiers réels mais ont ete arrondis par souci de discrétion.

Action rédhibitoire victorieuse, restitution du prix de 425 000 euros

Acquisition d'un appartement parisien de 80 mètres carres au prix de 425 000 euros. Découverte d'une humidité structurelle massive dissimulée par un faux plafond. Expertise judiciaire revelant des infiltrations anciennes antérieures a la vente, le vendeur étant un marchand de biens. Action rédhibitoire accueillie : restitution du prix, des frais de notaire et 35 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice de jouissance.

Action : redhibition + dommages et intérêts. Resultat : annulation totale de la vente.

Action estimatoire a 38 000 euros, vendeur profane garde la clause

Acquisition d'une maison en proche banlieue. Découverte d'un problème de plomberie généralise dissimule par une rénovation cosmétique. Vendeur particulier, age, ignorant les vices : la clause de non-garantie produit ses effets pour les dommages et intérêts, mais la restitution partielle du prix reste due. Action estimatoire chiffrée a 38 000 euros sur la base du devis de remise en état.

Action : estimation, hors dommages et intérêts. Resultat : réduction du prix.

Action irrecevable car forclusion a 2 ans, conseil préalable

Acquereur ayant découvert un vice de toiture dix-huit mois après la vente, mais ayant attendu trois ans pour agir. Action déclarée forclose sur le fondement de l'article 1648 du code civil. Le cabinet a recherche en vain un fondement subsidiaire en dol ou en garantie décennale. Conseil clair en amont aurait permis le référé expertise dans les délais.

Action : aucune, dossier perdu. Lecon : agir des la découverte certaine.

Un vice caché découvert ? Réagissez aujourd'hui.

Acquéreur ou vendeur, le délai de deux ans décide souvent du sort du dossier. Envoyez l'acte, les diagnostics et les constats : le cabinet répond sous 24 à 48 heures.

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