Charges de copropriété — copropriétaires et syndics
Avocat charges de copropriété à Paris : contester, recouvrer et répartir.
Charges générales aux tantièmes, charges spéciales à l'utilité objective : une clé de répartition non conforme se fait réputer non écrite, sans délai. Côté syndic, l'arsenal de recouvrement — déchéance du terme, privilège, hypothèque légale — fait la rapidité du paiement.
Le copropriétaire conteste la clé à tout moment (clause réputée non écrite), mais ne récupère les trop-perçus que dans la limite de la prescription quinquennale : chaque année d'attente coûte.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — copropriété, charges et recouvrement.
Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr
Page mise à jour le 11 juin 2026.
Deux familles de charges
Générales — conservation, entretien, administration — réparties aux valeurs relatives des lots ; spéciales — ascenseur, chauffage, équipements — réparties selon l'utilité objective pour chaque lot (article 10 de la loi du 10 juillet 1965).
Une clé non conforme tombe
La répartition contraire à l'article 10 est réputée non écrite (article 43) : l'action est ouverte sans limitation de délai, la restitution des trop-perçus restant bornée à cinq ans.
Un recouvrement armé
Mise en demeure, déchéance du terme de l'article 19-2 après trente jours, privilège immobilier spécial, hypothèque légale : le syndicat recouvre vite quand la procédure est maîtrisée.
Réponse rapide
La clé de répartition se contrôle à l'article 10 : valeurs relatives pour les charges générales, utilité objective pour les charges spéciales — une répartition forfaitaire entre lots d'utilité différente est non conforme. L'action en réputé non écrit est perpétuelle, la restitution quinquennale. Côté recouvrement : mise en demeure, déchéance du terme après trente jours (article 19-2), privilège et hypothèque légale. Le budget se vote en assemblée et se conteste dans les deux mois du procès-verbal.
Comprendre votre situation
Charges de copropriété : ce qui décide vraiment du dossier
Sept points pour contester une clé, défendre un budget ou recouvrer les impayés.
Panneau 1 — Les règles
La clé d'abord, le recouvrement ensuite
Quatre règles structurent le contentieux des charges.
Charges générales aux valeurs relatives des parties privatives, charges spéciales à l'utilité objective de chaque lot (article 10 de la loi du 10 juillet 1965) : une répartition par parts égales des charges d'ascenseur entre des lots d'étages différents est contraire au critère d'utilité (Cass. 3e civ., 9 mai 2019, n° 18-17.334).
La clé non conforme est réputée non écrite (article 43) : tout copropriétaire ou le syndicat peut, à tout moment, faire constater la non-conformité et obtenir une nouvelle répartition (Cass. 3e civ., 10 septembre 2020, n° 19-17.045), la restitution des trop-perçus restant bornée à cinq ans.
Les impayés déclenchent l'arsenal du syndicat : mise en demeure, déchéance du terme de l'ensemble des provisions après trente jours (article 19-2), privilège immobilier, hypothèque légale.
Le budget prévisionnel se vote en assemblée (article 14-1) et se conteste par l'opposant ou le défaillant dans les deux mois de la notification du procès-verbal (article 42).
Les tantièmes erronés faussent à la fois les majorités d'assemblée et la quote-part de charges : leur correction passe par la nouvelle répartition ou par l'action en réputé non écrit selon l'origine de l'erreur. Côté recouvrement, la forme compte autant que le fond : une opposition sur prix de vente mal ventilée fait perdre aux créances leur caractère privilégié et superprivilégié (Cass. 3e civ., 27 novembre 2013, n° 12-25.824).
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle
Le règlement de copropriété et l'état descriptif de division portent toute l'analyse.
Copropriétaire
- Règlement de copropriété complet avec état descriptif de division
- Derniers appels de fonds et décomptes annuels approuvés
- Procès-verbaux des trois dernières assemblées
- Grille de pondération des charges spéciales et plans des lots
Syndic
- Mises en demeure signifiées et accusés de réception
- Comptes individuels du copropriétaire débiteur
- Procès-verbaux d'approbation des comptes et du budget
- État des sûretés : privilège, hypothèque légale
Erreurs fréquentes : oublier de demander la grille de pondération des charges spéciales ; laisser courir la prescription quinquennale des restitutions.
Le cabinet mobilise aussi :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
L'audit de la clé décide du fondement ; la prescription décide du quantum.
Premier échange et envoi du dossier
Règlement, décomptes, procès-verbaux : première lecture juridique sous 24 à 48 heures.
Audit de la clé ou de la créance
Conformité à l'article 10 côté copropriétaire ; certitude de la créance, prescription et sûretés côté syndic.
Procédure adaptée
Réputé non écrit et nouvelle répartition pour le copropriétaire ; déchéance du terme, procédure au fond ou simplifiée, privilège et hypothèque pour le syndicat.
Exécution
Restitution des trop-perçus, recouvrement effectif, opposition sur prix de vente en cas de mutation du lot.
La déchéance du terme de l'article 19-2 rend exigibles toutes les provisions de l'exercice après une mise en demeure restée trente jours sans effet : l'arme la plus rapide du syndic.
Panneau 4 — Le calendrier
La chronologie d'un recouvrement
De l'impayé au paiement, côté syndicat.
J 0 — Impayé
Provision non réglée à l'échéance : relance écrite, calcul de la dette, compte individuel.
J+30 à J+45 — Mise en demeure
Recommandé avec accusé de réception : délai de trente jours, conséquences de la déchéance du terme.
J+75 — Déchéance du terme
Sans paiement, toutes les provisions de l'exercice deviennent exigibles (article 19-2).
Procédure
Assignation au fond ou procédure adaptée ; inscription du privilège ou de l'hypothèque légale si nécessaire.
Jugement
Condamnation au principal, intérêts et frais ; exécution sur les biens du débiteur.
Mutation du lot
Opposition sur le prix de vente entre les mains du notaire (article 20) : paiement prioritaire du syndicat.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucune action sans avoir validé ces points.
Conformité de la clé à l'article 10 : valeurs relatives ou utilité objective selon la charge.
Régularité des appels : budget voté, majorité, notification du procès-verbal.
Tantièmes : cohérence de l'état descriptif avec la réalité des lots.
Côté syndic : certitude de la créance, mises en demeure régulières, prescription.
Sûretés disponibles : privilège immobilier, hypothèque légale, opposition article 20.
Quantum : restitutions bornées à cinq ans, intérêts et frais récupérables.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Comment contester sa quote-part de charges de copropriété ?
La contestation passe par l'analyse du règlement de copropriété et de l'état descriptif de division. Le copropriétaire vérifie d'abord si la clé de répartition de la charge contestée respecte le critère de l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965 : valeurs relatives des parties privatives pour les charges générales, utilité objective pour les charges spéciales. Si la clé est non conforme, l'action en réputé non écrit fondée sur l'article 43 est ouverte à tout moment, sans limitation de délai. La Cour de cassation a confirmé que tout copropriétaire ou le syndicat des copropriétaires peuvent, à tout moment, faire constater l'absence de conformité aux dispositions de l'article 10, alinéa 1er
(Cass. 3e civ., 10 septembre 2020, n° 19-17.045, publié au Bulletin). Le juge déclare la clause non écrite et procède à une nouvelle répartition conforme. La restitution des trop-perçus est ensuite limitée par la prescription quinquennale de l'article 42, alinéa 1.
Quelle prescription pour le recouvrement par le syndicat ?
Depuis la loi du 23 novembre 2018, l'article 42, alinéa 1, de la loi du 10 juillet 1965 dispose que les actions personnelles relatives à la copropriété entre copropriétaires ou entre un copropriétaire et le syndicat se prescrivent par un délai de cinq ans
. Avant cette réforme, le délai était de dix ans. Le délai court à compter de l'exigibilité de chaque appel de fonds. Pour les charges devenues exigibles avant l'entrée en vigueur de la loi de 2018, la durée totale ne peut excéder dix ans. Le syndicat doit donc agir dans les cinq ans suivant chaque échéance impayée, sous peine de prescription. La Cour de cassation a jugé le 17 novembre 1999 que l'action en recouvrement des charges, qui sont indéterminées et variables, constitue une action personnelle née de l'application de la loi de 1965 et obéit à la prescription spéciale de l'article 42. La mise en demeure, l'assignation et la reconnaissance de dette sont des actes interruptifs.
Qu'est-ce que l'hypothèque légale du syndicat ?
L'hypothèque légale est une sûreté réelle prévue à l'article 19-1 de la loi du 10 juillet 1965. Le syndicat des copropriétaires peut faire inscrire une hypothèque sur le lot du copropriétaire débiteur pour garantir le paiement des charges et travaux mentionnés aux articles 10 et 30. L'inscription est ordonnée par le juge ou volontairement consentie. Elle se classe dans l'ordre des sûretés selon sa date d'inscription. L'hypothèque légale subsiste tant que la dette n'est pas réglée, et grève le lot indépendamment des changements de propriétaire. Pour le copropriétaire débiteur, l'inscription bloque toute vente future ou impose un règlement préalable des charges arriérées. Cette sûreté est subsidiaire au privilège immobilier spécial de l'article 2374, 1° bis du code civil, qui prime pour les charges de l'année courante et des deux dernières années échues. Pour les charges plus anciennes, l'hypothèque légale prend le relais en venant garantir le paiement.
Le syndic peut-il saisir mes comptes ?
Oui, mais seulement après obtention d'un titre exécutoire. La saisie sur compte bancaire suppose un jugement définitif condamnant le copropriétaire au paiement, ou une décision exécutoire à titre provisoire. Le syndic ne peut pas saisir directement, par sa seule volonté. La procédure habituelle commence par une mise en demeure article 19-2, puis une assignation devant le tribunal judiciaire (procédure ordinaire ou accélérée article 14-2). Une fois le jugement obtenu et signifié, le syndic peut faire pratiquer une saisie-attribution sur le compte du débiteur par commissaire de justice. Le compte est bloqué pour la somme due, plus les frais. Le copropriétaire dispose d'un mois pour contester devant le juge de l'exécution. Au-delà, les fonds sont versés au syndic. La saisie ne peut pas dépasser la somme due, et certains revenus restent insaisissables (RSA, allocations familiales, minimum vital). Pour les sommes importantes, la saisie immobilière du lot reste l'arme ultime.
Comment lire la clé de répartition de mon règlement ?
La clé de répartition figure dans l'état descriptif de division annexé au règlement de copropriété. Elle se présente sous forme de tableaux qui donnent, pour chaque lot, le nombre de tantièmes attribués pour chaque catégorie de charges. Les tantièmes sont exprimés en millièmes, dix-millièmes ou cent-millièmes selon la précision retenue. La somme des tantièmes de tous les lots dans une catégorie doit être égale au total prévu (1 000 millièmes ou 10 000 dix-millièmes). Pour les charges générales, les tantièmes reflètent les valeurs relatives des parties privatives. Pour les charges spéciales (ascenseur, chauffage, eau), les tantièmes reflètent l'utilité objective de l'équipement pour le lot. Le contrôle juridique consiste à vérifier que la pondération est cohérente avec la situation réelle du lot. Une grille uniforme entre des lots dont l'utilité diffère est suspecte. Une pondération qui ne tient pas compte de l'étage pour des charges d'ascenseur est en principe contraire à l'article 10. Le cabinet propose un audit complet du règlement et de l'état descriptif sous 24 à 48 heures.
Qu'est-ce qu'une charge spéciale et que vise l'utilité objective ?
Les charges spéciales concernent les services collectifs et les éléments d'équipement commun de l'immeuble : ascenseur, chauffage collectif, eau chaude collective, ventilation mécanique, antenne collective, gardiennage, climatisation, accès parking. L'article 10 de la loi du 10 juillet 1965 impose une répartition en fonction de l'utilité objective
que ces services présentent à l'égard de chaque lot. L'utilité objective est l'utilité théorique tirée de la situation matérielle du lot, indépendamment de l'usage effectif. Un copropriétaire qui n'utilise jamais l'ascenseur est néanmoins redevable des charges si l'ascenseur dessert son étage : seule l'utilité théorique compte. À l'inverse, un copropriétaire dont le lot ne dessert pas l'équipement (rez-de-chaussée pour l'ascenseur, lot non chauffé pour le chauffage collectif) peut obtenir une exonération ou une pondération minimale. La grille de pondération doit refléter cette différence. Une répartition uniforme entre des lots à utilité différenciée est contraire à l'article 10, comme la Cour de cassation l'a jugé le 9 mai 2019 (n° 18-17.334), publié au Bulletin.
Peut-on être exonéré de charges d'ascenseur au rez-de-chaussée ?
L'exonération totale est rare, mais une pondération minimale est juridiquement justifiée. Le copropriétaire situé au rez-de-chaussée dont le lot ne dessert pas l'ascenseur peut faire valoir l'absence d'utilité objective de l'équipement pour son lot. La Cour de cassation a jugé qu'est contraire au critère d'utilité une répartition par parts égales des charges d'ascenseur entre des lots situés à des étages différents (Cass. 3e civ., 9 mai 2019, n° 18-17.334, publié au Bulletin). Le juge peut donc déclarer non écrite la clause de répartition uniforme et procéder à une nouvelle répartition pondérée. La pondération typique attribue zéro ou un tantième minime au rez-de-chaussée non desservi, et augmente progressivement avec l'étage. Si le rez-de-chaussée est desservi par l'ascenseur (par exemple, accès direct ou lot avec partie en sous-sol), une pondération réduite mais non nulle s'applique. L'analyse suppose la lecture des plans et la vérification de la desserte effective de l'équipement. Le cabinet conduit cette vérification dès la première analyse du dossier.
Que faire si le budget voté est aberrant ?
Le copropriétaire opposant ou défaillant dispose de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour contester la résolution adoptant le budget, en application de l'article 42, alinéa 2. Au-delà, l'action en nullité du vote est forclose. Pendant ce délai, l'assignation devant le tribunal judiciaire de Paris peut viser l'annulation pour vice de procédure (convocation tardive, ordre du jour incomplet) ou pour majorité erronée. Si le délai est dépassé, le budget est définitivement opposable. Le copropriétaire peut toutefois agir par voie d'exception lorsque le syndic agit en paiement des appels de fonds : il peut alors soulever l'illégalité de la résolution sur laquelle se fonde l'appel, à condition que cette illégalité soit elle-même contestable. Pour les écarts entre le budget voté et le réalisé, l'article 14-1 impose au syndic de présenter un état détaillé des dépenses. Une dérive importante peut justifier un référé en désignation d'expert sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile. Le conseil syndical, dans son rôle de contrôle, doit alerter avant le vote pour éviter le verrouillage du délai préfix.
Comment contester une régularisation de charges ?
La régularisation annuelle des charges intervient lors de l'approbation des comptes en assemblée générale. Le copropriétaire opposant ou défaillant peut contester la résolution d'approbation des comptes dans le délai de deux mois de l'article 42, alinéa 2. La contestation peut porter sur le calcul des charges, sur l'imputation à un lot précis ou sur la justification de certaines dépenses. Au stade de la contestation des appels individuels, le copropriétaire peut soulever l'absence de pièces justificatives, l'incohérence avec le budget voté, ou l'application d'une clé de répartition non conforme. Sur ce dernier point, l'action en réputé non écrit fondée sur l'article 43 reste ouverte à tout moment. Le copropriétaire peut donc agir simultanément en annulation de la résolution d'approbation des comptes (délai de deux mois) et en réputé non écrit de la clé sous-jacente (imprescriptible). La double action permet de remettre en cause les trop-perçus dans la limite de la prescription quinquennale.
Quel délai pour agir contre une erreur de tantièmes ?
Le régime dépend de la nature de l'erreur. Lorsque les tantièmes initiaux sont contraires à l'article 10 (mauvaise valorisation, oubli d'un lot, erreur de calcul), l'action en réputé non écrit fondée sur l'article 43 est ouverte à tout moment. La Cour de cassation a jugé le 10 septembre 2020 (n° 19-17.045), publié au Bulletin, que l'action en constatation du caractère non écrit d'une clause de répartition est imprescriptible. Lorsque l'erreur résulte d'une décision d'assemblée générale (par exemple, modification non régulièrement votée à la double majorité de l'article 26), le copropriétaire opposant ou défaillant dispose de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour contester la résolution. Lorsque l'erreur résulte d'un acte modificatif notarié pris sans approbation de l'assemblée (cas typique de la division d'un lot), la même Cour de cassation a jugé que la répartition non soumise à l'assemblée est susceptible d'être déclarée non écrite, sans limitation de délai. Le cabinet recommande de réagir dès la découverte de l'erreur, sans attendre, pour préserver les preuves et limiter les conséquences financières accumulées.
L'hypothèque légale prime-t-elle sur le banquier ?
La règle est nuancée. Le privilège immobilier spécial du syndicat prévu à l'article 2374, 1° bis du code civil prime sur les autres créanciers, y compris la banque, mais uniquement pour les charges de l'année courante et des deux dernières années échues. Pour ces sommes, le syndicat est super-privilégié et est payé en priorité sur le prix de vente du lot. Pour les charges plus anciennes, l'hypothèque légale de l'article 19-1 prend le relais : elle se classe selon sa date d'inscription. Si l'hypothèque légale du syndicat est inscrite avant l'hypothèque conventionnelle de la banque, elle prime. Si elle est inscrite après, elle est primée. Le syndicat peut donc maximiser sa protection en inscrivant rapidement une hypothèque légale dès la dette constatée, plutôt que d'attendre. La Cour de cassation a jugé le 27 novembre 2013 (n° 12-25.824), publié au Bulletin, qu'une opposition mal ventilée fait perdre aux créances leur caractère privilégié, qui se transforment alors en créances simplement hypothécaires ou chirographaires. La rigueur formelle est donc essentielle.
La procédure article 14-2 est-elle plus rapide ?
Oui, sensiblement. La procédure simplifiée prévue à l'article 14-2, alinéa II, de la loi du 10 juillet 1965, permet au syndic de saisir le président du tribunal judiciaire selon la procédure accélérée au fond, prévue à l'article 481-1 du code de procédure civile. La demande est portée par voie d'assignation à une audience tenue aux jour et heure prévus à cet effet. Le juge statue rapidement, en principe sous trois à six mois, contre douze à vingt-quatre mois en procédure ordinaire. La procédure suppose toutefois une mise en demeure préalable article 19-2 et l'expiration du délai de trente jours, qui déclenche la déchéance du terme. Le titre obtenu est immédiatement exécutoire, ce qui permet d'engager rapidement les voies d'exécution (saisie-attribution, saisie-vente, saisie immobilière). La procédure 14-2 n'est cependant pas adaptée à toutes les situations : si le copropriétaire contesté la créance ou si une action en clause non écrite est à instruire en parallèle, la procédure ordinaire reste préférable pour permettre une mise en état complète.
Quel tribunal pour les charges à Paris ?
Le tribunal compétent est le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble, en application de l'article 44 du code de procédure civile. À Paris, la compétence territoriale revient au tribunal judiciaire de Paris, et la compétence d'attribution est confiée à la 8e chambre, sections spécialisées en charges de copropriété et baux. La représentation par avocat est obligatoire en matière contentieuse. La procédure ordinaire passe par une assignation devant la chambre civile, suivie d'une mise en état conduite par le juge de la mise en état (article 789 du code de procédure civile). La procédure simplifiée article 14-2 passe par une assignation devant le président du tribunal judiciaire, statuant selon la procédure accélérée au fond. Le juge de l'exécution, compétent pour les difficultés d'exécution forcée, est également au tribunal judiciaire de Paris. Le pourvoi en cassation contre l'arrêt d'appel est ouvert dans les deux mois, devant la troisième chambre civile de la Cour de cassation, qui est la chambre spécialisée en copropriété.
Le copropriétaire absent à l'AG est-il tenu par les charges votées ?
Oui, sous réserve des voies de contestation. Le copropriétaire absent à l'assemblée et non représenté est qualifié de défaillant. Il est tenu par les résolutions adoptées, y compris l'approbation des comptes et le vote du budget, dès lors que la convocation lui a été régulièrement adressée vingt-et-un jours avant la séance et que le procès-verbal lui a été notifié dans le mois suivant l'assemblée. Le défaillant dispose toutefois du même droit de contestation que l'opposant : il peut agir en annulation des résolutions dans le délai de deux mois de l'article 42, alinéa 2, à compter de la notification du procès-verbal. Si la convocation n'a pas été régulièrement adressée, le délai ne court pas et l'action reste ouverte dans le délai de prescription quinquennale de droit commun. Le défaillant qui découvre l'irrégularité après le délai de deux mois doit donc démontrer l'absence de notification régulière pour préserver son droit d'agir. Cette vérification est l'un des premiers contrôles opérés par le cabinet sur tout dossier de contestation.
Le syndic peut-il refuser un échéancier au débiteur ?
Le syndic peut refuser un échéancier amiable, mais le juge dispose du pouvoir d'accorder des délais de paiement sur le fondement de l'article 1343-5 du code civil. Lorsqu'il est saisi d'une demande en paiement, le tribunal judiciaire peut, en considération de la situation du débiteur et des besoins du créancier, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues dans la limite de deux ans. Le débiteur qui sollicite un délai doit produire ses justificatifs de revenus, ses charges et démontrer la capacité à respecter l'échéancier proposé. Pendant l'exécution du délai, les intérêts continuent de courir, sauf si le juge en décide autrement. Le syndicat des copropriétaires conserve toutefois la possibilité de recouvrer la dette en cas de manquement à l'échéancier. Pour le syndic, un refus catégorique d'échéancier peut conduire le juge à imposer un délai défavorable. Une négociation amiable encadrée par un protocole signé est souvent préférable. Le cabinet accompagne la rédaction de protocoles équilibrés qui sécurisent à la fois le recouvrement et la trésorerie du copropriétaire débiteur.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Article 10 de la loi du 10 juillet 1965 sur Légifrance — répartition des charges
- Article 42 de la loi du 10 juillet 1965 sur Légifrance — contestation des décisions d'assemblée
Synthèse
Situation, preuve, délai, action
Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.
| Situation | Preuve décisive | Délai | Action utile |
|---|---|---|---|
| Quote-part contestée par le copropriétaire | Règlement de copropriété, état descriptif de division, plans, grille de pondération | Imprescriptible (clause non écrite article 43) | Action en réputé non écrit, demande de nouvelle répartition par le juge |
| Charges d'ascenseur au RDC | Plan du lot, attestation que l'ascenseur ne dessert pas le RDC, règlement | Imprescriptible | Demande de réputé non écrit fondée sur Cass. 3e civ. 9 mai 2019 |
| Loyer impayé depuis plus de 30 jours | Mise en demeure signifiée, accusé de réception, comptes individuels | Déchéance du terme article 19-2 acquise après 30 jours | Procédure simplifiée article 14-2 devant le président du TJ |
| Vente prochaine du lot débiteur | Avis de mutation reçu du notaire, comptes ventilés par catégorie | 15 jours après réception de l'avis | Opposition sur prix de vente article 20, énoncé précis des 4 catégories |
| Charges anciennes (plus de 2 ans) | Décomptes ventilés par exercice, mise en demeure, courriers de relance | Prescription quinquennale article 42 al. 1 | Inscription d'hypothèque légale article 19-1, assignation au fond |
| Erreur de tantièmes après division | Acte de division, état descriptif modifié, absence de vote en AG | Imprescriptible si non soumis à l'AG | Action en réputé non écrit article 43, nouvelle répartition |
Dossiers
Cas pratiques du cabinet
Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.
Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées. Les chiffres correspondent à des dossiers réels mais ont été arrondis par souci de discrétion.
Copropriétaire récupère 8 400 euros sur 5 ans après requalification de la clé
Lot situé au rez-de-chaussée d'un immeuble parisien avec ascenseur. Charges réparties par parts égales depuis 1985. Action en réputé non écrit fondée sur l'article 10. Nouvelle répartition ordonnée et restitution des trop-perçus dans la limite de la prescription quinquennale.
Action : réputé non écrit + restitution. Résultat : 8 400 euros remboursés.
Syndicat recouvre 23 600 euros via la procédure simplifiée 14-2
Copropriétaire défaillant depuis trois exercices, dette globale de 23 600 euros incluant la déchéance du terme. Mise en demeure article 19-2, expiration du délai de 30 jours, assignation devant le président du TJ. Jugement obtenu en six mois, exécution forcée.
Action : procédure 14-2 + saisie. Résultat : recouvrement intégral plus frais.
Inscription d'hypothèque légale, vente forcée évitée par accord
Copropriétaire débiteur de 18 000 euros sur quatre ans, refusant de vendre. Inscription d'hypothèque légale article 19-1 sur le lot. Sous la pression de l'inscription, accord transactionnel signé, échéancier sur 24 mois respecté, mainlevée à l'issue.
Action : hypothèque légale + transaction. Résultat : recouvrement amiable, vente évitée.
Charges contestées ou impayées ? Réagissez aujourd'hui.
Copropriétaire opposant ou syndic recouvreur : la clé de répartition et la prescription décident du dossier. Envoyez le règlement, les décomptes et les procès-verbaux — réponse sous 24 à 48 heures.