Avocat contentieux URSSAF à Paris
Vérifier. Contester. Échelonner.
Mise en demeure, contrainte, échéancier refusé : présentez-nous l'acte reçu et l'état de votre trésorerie.
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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Contentieux URSSAF : la dette, le délai et la bonne voie de recours
Mise en demeure, contrainte, échéancier · Paris 17e
Ce que fait un avocat en contentieux URSSAF à Paris
- Barreau de Paris
- Contentieux URSSAF
- Cabinet à Paris 17e
Avocat au Barreau de Paris : examen des mises en demeure et des contraintes, recours amiables, oppositions, demandes d'échéancier et de remise, dette sociale en procédure collective.
Toute poursuite de l'URSSAF commence par une mise en demeure invitant l'employeur ou le travailleur indépendant à régulariser dans le mois, dont le contenu doit être précis et motivé (article L. 244-2 du code de la sécurité sociale). Si elle reste sans effet un mois après sa notification, le directeur peut décerner une contrainte, contre laquelle l'opposition se forme dans les quinze jours de sa notification ou de sa signification (article R. 133-3). Faute d'opposition, la contrainte produit tous les effets d'un jugement (article L. 244-9). Le cabinet part donc de trois questions : quel acte a été reçu, à quelle date, et ce que la trésorerie de l'entreprise permet de payer pendant la discussion.
Envoyez la mise en demeure, la contrainte ou la lettre d'observations, même sans le reste du dossier : le cabinet vérifie d'abord le délai qui court, au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Vérifier : l'acte et ses mentions
La mise en demeure précise la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, les majorations et la période concernée (article R. 244-1) : une omission sur ces points peut entraîner sa nullité (Cass. 2e civ., 4 décembre 2025, n° 23-18.537).
Contester : la bonne voie, à temps
Commission de recours amiable dans les deux mois de la notification de la décision contestée (article R. 142-1), opposition motivée dans les quinze jours de la notification ou de la signification de la contrainte (article R. 133-3) : chaque acte a son délai propre.
Échelonner : protéger la trésorerie
Le directeur de l'organisme peut accorder des échéanciers et des sursis à poursuites, assortis de garanties, l'employeur devant avoir reversé les cotisations salariales (article R. 243-21).
Les leviers
Vérifier, contester, négocier, anticiper
Quatre règles commandent la stratégie d'un dirigeant qui reçoit une réclamation de l'URSSAF qu'il ne peut ou ne veut pas payer en l'état.
- Une mise en demeure régulière est le préalable de toute poursuite : la Cour de cassation exige qu'elle précise la nature et le montant des cotisations et la période, puisqu'« il importe qu'elle précise, à peine de nullité, la nature et le montant des cotisations et contributions réclamées et la période à laquelle celles-ci se rapportent, sans que soit exigée la preuve d'un préjudice » (Cass. 2e civ., 4 décembre 2025, n° 23-18.537). Dans la même affaire, la mise en demeure visant les cotisations du régime général, avec renvoi aux contributions d'assurance chômage et AGS, a été jugée suffisante, « de sorte que la cotisante pouvait connaître la cause, la nature et l'étendue de son obligation » (Cass. 2e civ., 4 décembre 2025, n° 23-18.537), solution défavorable à l'entreprise.
- La nullité de la mise en demeure arrête la demande de l'URSSAF dans l'instance, car « la nullité de la mise en demeure fait obstacle à ce que, dans la même instance, l'organisme de recouvrement poursuive le paiement des sommes qui en font l'objet » (Cass. 2e civ., 17 octobre 2024, n° 21-25.851). L'organisme ne peut alors obtenir, dans le même procès, une condamnation sur le fondement du redressement.
- L'opposition à contrainte reste ouverte même sans recours amiable préalable : depuis un revirement, « le cotisant qui n'a pas contesté la mise en demeure devant la commission de recours amiable peut, à l'appui de l'opposition à la contrainte décernée sur le fondement de celle-ci, contester la régularité de la procédure et le bien-fondé des causes de la contrainte » (Cass. 2e civ., 22 septembre 2022, n° 21-11.862). La Cour en distingue le cotisant qui a saisi la commission puis, dûment informé des voies et délais de recours, n'a pas contesté en temps utile la décision de celle-ci.
- Le juge ne fait pas crédit à l'entreprise : la Cour de cassation juge que « les juridictions de sécurité sociale n'ont pas le pouvoir d'accorder des délais pour le paiement des cotisations et contributions sociales sur le fondement de l'article 1244-1, devenu l'article 1343-5, du code civil » (Cass. 2e civ., 23 juin 2022, n° 21-10.291), solution défavorable au débiteur. Les délais se négocient avec le directeur de l'organisme, qui peut accorder échéanciers et sursis à poursuites (article R. 243-21).
Une opposition qui se borne à invoquer le manque de trésorerie est perdue d'avance : la Cour de cassation a approuvé un tribunal qui avait jugé que, « dès lors que l'intéressé se bornait à évoquer l'absence de moyens financiers pour régler les sommes détaillées dans la contrainte, dont le montant n'était pas contesté, le tribunal en a exactement déduit que cette opposition était irrecevable » (Cass. 2e civ., 26 juin 2025, n° 23-10.784).
Vos pièces
Ce qu'il faut réunir pour défendre la trésorerie
La date de chaque acte et l'état réel des comptes décident de la voie à suivre plus sûrement que le montant réclamé.
Position A
Entreprise qui conteste la dette
- Mise en demeure, avec l'enveloppe ou l'accusé de réception daté
- Lettre d'observations, réponses et dernier courrier de l'inspecteur
- Contrainte et acte de signification ou de notification
- Déclarations sociales et justificatifs de paiement de la période
Position B
Entreprise qui doit étaler le paiement
- Plan de trésorerie sur six à douze mois et relevés bancaires
- Preuve du reversement des cotisations salariales
- Garanties proposables : caution, nantissement, hypothèque
- Échanges antérieurs avec l'URSSAF sur un plan ou un sursis
Erreurs fréquentes : payer sans vérifier la dette ni préserver les délais de contestation ; former une opposition qui parle seulement de difficultés financières ; laisser passer le délai de la commission de recours amiable en attendant une réponse informelle ; demander des délais au juge plutôt qu'au directeur de l'organisme.
Le cabinet mobilise aussi :
- Commission de recours amiable
- Pôle social du tribunal judiciaire
- Mandataire judiciaire
- Expert-comptable de l'entreprise
La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
L'ordre ne varie pas : mesurer le délai qui court, contrôler l'acte, puis choisir entre contester, payer en plusieurs fois ou faire les deux.
Étape 1
Lecture des actes et des délais
Date de notification de chaque mise en demeure et contrainte, délai restant, mentions obligatoires, concordance entre lettre d'observations, mise en demeure et contrainte.
Étape 2
Chiffrage de la dette
Distinction des cotisations, des majorations et des pénalités, contrôle de la prescription, des paiements déjà imputés et des sommes remises de droit.
Étape 3
Choix de la voie
Recours amiable, opposition motivée, demande d'échéancier ou de sursis à poursuites, demande de remise des majorations, selon les moyens réels de l'entreprise.
Étape 4
Recours et suivi
Rédaction du recours ou de l'opposition, saisine du pôle social si nécessaire, suivi du plan accordé, articulation avec une éventuelle procédure collective.
Repères : mise en demeure à régulariser dans le mois ; commission de recours amiable saisie dans les deux mois de la notification de la décision ; silence de la commission valant rejet après deux mois (article R. 142-6) ; opposition à contrainte dans les quinze jours de sa notification ou de sa signification ; majoration de retard de 5 % puis 0,2 % par mois (article R. 243-16).
Le calendrier
Les étapes d'un contentieux avec l'URSSAF
De la mise en demeure à la décision du pôle social, délais fixés par les textes, sous réserve des dates de notification.
Mise en demeure
Un mois pour régulariser. Acte préalable à toute poursuite, à contrôler dès réception.
Recours amiable
Deux mois après notification. Réclamation devant la commission de recours amiable, préalable au juge pour contester la mise en demeure ou la décision, sauf exceptions légales (article L. 142-4) ; l'opposition à contrainte n'en dépend pas.
Décision de la commission
Deux mois de silence. Le silence vaut rejet et ouvre la saisine du tribunal.
Contrainte
Après un mois sans effet. Titre délivré par le directeur, notifié ou signifié par commissaire de justice.
Opposition
Quinze jours après notification ou signification. Opposition motivée au tribunal compétent, copie de la contrainte jointe.
Pôle social
Requête avec exposé sommaire des motifs et bordereau de pièces (article R. 142-10-1).
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant de payer ou de contester
Aucune stratégie n'est arrêtée sans avoir validé ces points.
- Date de notification de chaque acte et délai encore ouvert.
- Mentions de la mise en demeure : cause, nature, montant, majorations, période.
- Concordance entre lettre d'observations, mise en demeure et contrainte.
- Prescription des cotisations et des majorations réclamées.
- Mentions de l'acte de signification de la contrainte.
- Reversement des cotisations salariales, condition d'un échéancier.
Synthèse
Situation, risque, acte, décision
Les arbitrages les plus courants pour un dirigeant de TPE ou de PME face à l'URSSAF.
Situation
Mise en demeure reçue après un contrôle
Risque principal : Délai de recours amiable qui court.
Acte à privilégier : Recours motivé devant la commission.
Décision recommandée : Contester par écrit dans les deux mois de la notification.
Situation
Contrainte signifiée par commissaire de justice
Risque principal : Titre définitif faute d'opposition dans les quinze jours ; exécution provisoire dès deux jours en cas de travail illégal.
Acte à privilégier : Opposition motivée au tribunal.
Décision recommandée : Former l'opposition sans attendre une négociation.
Situation
Dette reconnue mais trésorerie insuffisante
Risque principal : Poursuites et majorations qui courent.
Acte à privilégier : Demande d'échéancier ou de sursis avec garanties.
Décision recommandée : Négocier avec le directeur, non avec le juge.
Situation
Majorations élevées sur une dette réglée
Risque principal : Paiement de pénalités évitables.
Acte à privilégier : Demande gracieuse de remise.
Décision recommandée : Solder ou signer un plan avant de demander.
Situation
Ouverture d'une procédure collective
Risque principal : Créance admise sans discussion.
Acte à privilégier : Contrôle de la déclaration et du titre.
Décision recommandée : Vérifier la contrainte et le délai d'établissement.
Situation
Liquidation et dette sociale accumulée
Risque principal : Action contre le dirigeant.
Acte à privilégier : Analyse des fautes de gestion alléguées.
Décision recommandée : Discuter le lien entre faute et insuffisance d'actif.
Questions fréquentes
Vos questions : dette et recours face à l'URSSAF
Pourquoi consulter un avocat en contentieux URSSAF dès la mise en demeure ?
Parce que les délais commencent à courir dès cet acte et qu'ils sont brefs. La mise en demeure invite l'entreprise à régulariser dans le mois (article L. 244-2 du code de la sécurité sociale). La contestation de la mise en demeure se porte devant la commission de recours amiable dans les deux mois de sa notification (article R. 142-1), recours préalable avant le juge, sauf exceptions prévues par la loi (article L. 142-4). Si rien n'est fait, une contrainte peut suivre, et l'opposition n'est alors recevable que dans les quinze jours de sa notification ou de sa signification (article R. 133-3).
L'intervention précoce sert aussi la trésorerie. Le cabinet vérifie la régularité de l'acte, chiffre séparément cotisations et majorations, puis examine s'il vaut mieux contester, demander un échéancier au directeur de l'organisme (article R. 243-21), ou mener les deux démarches de front. Pour une petite entreprise, le choix entre ces voies dépend autant de la solidité des moyens que du montant que les comptes peuvent supporter pendant la procédure.
Quelles mentions rendent une mise en demeure de l'URSSAF contestable ?
La mise en demeure doit préciser la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, les majorations et pénalités qui s'y appliquent et la période concernée ; après un contrôle, elle mentionne aussi la référence et les dates de la lettre d'observations (article R. 244-1). La Cour de cassation rappelle qu'« il importe qu'elle précise, à peine de nullité, la nature et le montant des cotisations et contributions réclamées et la période à laquelle celles-ci se rapportent, sans que soit exigée la preuve d'un préjudice » (Cass. 2e civ., 4 décembre 2025, n° 23-18.537).
Le contrôle doit rester réaliste. Dans cet arrêt, la mention des cotisations du régime général, complétée par un renvoi aux contributions d'assurance chômage et AGS, a suffi, la Cour relevant que la cotisante pouvait connaître ses obligations ; la décision, rendue au profit de l'URSSAF, est défavorable au cotisant. À l'inverse, une mise en demeure portant sur des majorations complémentaires sans indiquer la nature ni le montant des cotisations correspondantes a été annulée, ces mentions « ne permettaient pas à la cotisante de connaître la cause, la nature et l'étendue de son obligation » (Cass. 2e civ., 4 avril 2018, n° 17-15.093).
L'enjeu est concret : « la nullité de la mise en demeure fait obstacle à ce que, dans la même instance, l'organisme de recouvrement poursuive le paiement des sommes qui en font l'objet » (Cass. 2e civ., 17 octobre 2024, n° 21-25.851). Le cabinet compare donc ligne par ligne la lettre d'observations, la mise en demeure et, le cas échéant, la contrainte.
Faut-il saisir la commission de recours amiable avant le pôle social ?
Oui, pour contester la mise en demeure ou une décision de l'organisme soumise au recours préalable. Les recours contentieux en matière de sécurité sociale sont précédés d'un recours préalable, sauf pour les décisions que la loi exclut expressément (article L. 142-4) ; ce recours est porté devant la commission de recours amiable dans les deux mois de la notification de la décision contestée (article R. 142-1). Dans ce champ, une saisine directe du tribunal expose à l'irrecevabilité. L'opposition à contrainte obéit à d'autres règles : elle se forme directement devant le tribunal (article R. 133-3), même sans recours amiable préalable contre la mise en demeure, comme l'explique la question suivante.
La commission n'est pas tenue de répondre vite. Faute de décision portée à la connaissance du requérant dans les deux mois de la réception de la réclamation, celui-ci peut la considérer comme rejetée ; si des documents sont produits ensuite, le délai court de leur réception (article R. 142-6). Le tribunal est ensuite saisi par requête comportant un exposé sommaire des motifs et les pièces sur bordereau, accompagnée de la copie de la décision contestée ou, en cas de rejet implicite, à la fois de la copie de la décision initiale de l'organisme et de celle du recours préalable (article R. 142-10-1).
Le recours amiable n'est pas une formalité. Il fixe les premiers moyens, permet de produire les justificatifs et, pour une entreprise qui reconnaît une partie de la dette, d'isoler ce qui reste réellement discuté.
L'entreprise peut-elle contester la contrainte sans avoir saisi la commission de recours amiable ?
Oui. La Cour de cassation a abandonné sa jurisprudence antérieure, jugée contraire au droit à un recours effectif, et retient désormais que « le cotisant qui n'a pas contesté la mise en demeure devant la commission de recours amiable peut, à l'appui de l'opposition à la contrainte décernée sur le fondement de celle-ci, contester la régularité de la procédure et le bien-fondé des causes de la contrainte » (Cass. 2e civ., 22 septembre 2022, n° 21-11.862). Le cotisant qui a laissé passer le délai de la commission conserve donc, par l'opposition, la possibilité de discuter la procédure et le fond.
La solution a une limite nette. Le cotisant qui a saisi la commission, puis n'a pas contesté en temps utile sa décision alors qu'il avait été informé des voies et délais de recours, ne bénéficie pas de cette ouverture : la Cour l'en distingue expressément dans le même arrêt.
Cette voie ne dispense pas de la rigueur. L'opposition doit être formée dans les quinze jours de la notification ou de la signification, être motivée et comporter la copie de la contrainte (article R. 133-3). Elle déplace aussi la charge de la preuve sur l'entreprise, qui doit « rapporter la preuve du caractère infondé de la créance dont le recouvrement est poursuivi par l'organisme social » (Cass. 2e civ., 4 décembre 2025, n° 23-17.270), solution défavorable au cotisant.
Comment rédiger une opposition à contrainte recevable quand la trésorerie manque ?
En contestant la créance, et non la seule capacité de paiement. La Cour de cassation a approuvé un tribunal qui avait jugé que, « dès lors que l'intéressé se bornait à évoquer l'absence de moyens financiers pour régler les sommes détaillées dans la contrainte, dont le montant n'était pas contesté, le tribunal en a exactement déduit que cette opposition était irrecevable » (Cass. 2e civ., 26 juin 2025, n° 23-10.784). Cette décision est défavorable au cotisant. Elle précise toutefois que « Le tribunal, qui déclare irrecevable l'opposition formée contre une contrainte décernée par un organisme de sécurité sociale, excède ses pouvoirs en statuant au fond » (Cass. 2e civ., 26 juin 2025, n° 23-10.784) : la contrainte ne pouvait donc pas être validée dans ce jugement.
Une opposition utile vise des moyens précis : mise en demeure irrégulière ou absente, prescription, montants non concordants, cotisations déjà payées, erreur d'assiette. Elle est formée par inscription au secrétariat du tribunal ou par lettre recommandée dans les quinze jours, avec copie de la contrainte (article R. 133-3).
L'acte qui notifie la contrainte doit lui-même être complet. Sous l'empire de la rédaction alors applicable, la Cour de cassation a censuré une décision d'irrecevabilité, alors que « l'acte de signification de la contrainte ne mentionnait pas que l'opposition devait être motivée à peine d'irrecevabilité, de sorte qu'il n'indiquait pas de manière complète les modalités du recours ouvert à la cotisante » (Cass. 2e civ., 30 janvier 2025, n° 22-17.211). Le texte en vigueur exige, à peine de nullité, la mention de la référence et du montant de la contrainte, du délai d'opposition, de l'adresse du tribunal et des formes de sa saisine (article R. 133-3).
Le juge peut-il accorder des délais de paiement pour une dette de cotisations ?
Non, et cette règle surprend souvent les dirigeants. La Cour de cassation juge que « les juridictions de sécurité sociale n'ont pas le pouvoir d'accorder des délais pour le paiement des cotisations et contributions sociales sur le fondement de l'article 1244-1, devenu l'article 1343-5, du code civil » (Cass. 2e civ., 23 juin 2022, n° 21-10.291). L'arrêt, rendu au sujet d'un travailleur indépendant sous la rédaction alors applicable de l'article R. 243-21, rejette le pourvoi du cotisant : la solution lui est défavorable, et la cour d'appel ne pouvait se substituer à la caisse.
Les délais relèvent du directeur de l'organisme chargé du recouvrement, qui peut accorder des échéanciers de paiement et des sursis à poursuites pour les cotisations, pénalités et majorations, assortis de garanties qu'il apprécie (article R. 243-21). Pour un employeur, cette faculté suppose le reversement intégral des cotisations salariales dues.
Une demande d'échéancier sérieuse s'appuie donc sur un plan de trésorerie, la preuve du reversement des parts salariales et une offre de garantie proportionnée. Le cabinet peut la préparer en parallèle d'un recours, sans attendre l'issue de la négociation pour agir dans les délais de contestation.
Comment obtenir un échéancier ou un sursis à poursuites auprès de l'URSSAF ?
La demande s'adresse au directeur de l'organisme, seul compétent pour accorder des échéanciers et des sursis à poursuites (article R. 243-21). Le texte subordonne cette faveur à des garanties du débiteur, appréciées par le directeur, et, pour l'employeur, au reversement intégral des cotisations salariales. Une entreprise qui a retenu la part salariale sans la reverser se place hors de ce cadre.
Trois éléments rendent la demande crédible. Un état précis de la dette, distinguant cotisations, majorations et pénalités ; un calendrier de paiement tenable, chiffré à partir des encaissements prévisibles ; une garantie adaptée au montant, caution, nantissement ou sûreté sur un bien. La reprise immédiate des cotisations courantes compte aussi, car un plan ne tient pas si une nouvelle dette se forme.
Le plan a un effet utile sur les majorations : la demande de remise devient recevable dès qu'un plan d'apurement est souscrit, la remise n'étant acquise que si le plan est respecté (article R. 243-20).
Peut-on obtenir la remise des majorations de retard ?
Une majoration de retard de 5 % s'applique aux cotisations non versées à la date limite d'exigibilité, à laquelle s'ajoute une majoration complémentaire de 0,2 % par mois ou fraction de mois écoulé (article R. 243-16). Sur une dette ancienne, ces sommes pèsent lourd.
Le cotisant peut demander une remise gracieuse, totale ou partielle. La demande n'est recevable qu'après règlement de la totalité des cotisations concernées ou souscription d'un plan d'apurement ; la majoration complémentaire n'est remise que si les cotisations ont été payées dans les trente jours suivant leur exigibilité, ou à titre exceptionnel en cas d'événement irrésistible et extérieur (article R. 243-20). Certaines majorations liées au contrôle ne peuvent pas être remises.
Le directeur statue sous un seuil fixé par arrêté, la commission de recours amiable au-delà, et les décisions sont motivées (même article). En procédure collective, les pénalités, majorations et frais de poursuites dus au jugement d'ouverture sont remis de plein droit, sauf travail dissimulé (article L. 243-5).
Combien de temps l'URSSAF dispose-t-elle pour réclamer des cotisations puis exécuter une contrainte ?
En droit commun, les cotisations et contributions sociales se prescrivent par trois ans à compter de la fin de l'année civile au titre de laquelle elles sont dues ; pour les travailleurs indépendants, le point de départ est le 30 juin de l'année suivante (article L. 244-3). Après un contrôle, le délai est suspendu pendant la période contradictoire, ce qui en retarde d'autant l'expiration.
Les majorations de retard suivent leur propre délai de trois ans, à compter de la fin de l'année au cours de laquelle a eu lieu le paiement ou l'exigibilité des cotisations qui les ont fait naître (même article). Le cabinet vérifie ces dates poste par poste, car une période prescrite incluse dans la mise en demeure se discute séparément du reste.
Une fois la contrainte devenue définitive faute d'opposition, l'action en exécution se prescrit en principe par trois ans à compter de sa notification ou de sa signification, ou d'un acte d'exécution signifié en vertu de cette contrainte (article L. 244-9). Ce délai est celui de la rédaction du texte en vigueur au 1er novembre 2026.
Ces délais de trois ans, pour les cotisations comme pour l'exécution de la contrainte, sont portés à cinq ans lorsqu'une infraction de travail illégal a été constatée par procès-verbal (article L. 244-11). Dans ce cas, la contrainte portant sur les sommes redressées à ce titre peut en outre être exécutée à titre provisoire deux jours calendaires après sa notification ou sa signification, l'opposant pouvant demander au président du tribunal d'arrêter cette exécution s'il existe un moyen sérieux d'invalidation et un risque de conséquences manifestement excessives (article L. 244-9).
Que devient la dette URSSAF en cas de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire ?
L'URSSAF déclare sa créance comme les autres créanciers. Les créances des organismes de sécurité sociale qui n'ont pas fait l'objet d'un titre exécutoire au moment de leur déclaration sont admises à titre provisionnel. Sous réserve des procédures judiciaires ou administratives en cours, leur établissement définitif doit en principe intervenir, à peine de forclusion, dans le délai prévu pour la vérification du passif ; si l'assiette et le calcul des cotisations sont encore en cours, le titre exécutoire doit être émis dans les douze mois de la publication du jugement d'ouverture, et, si un contrôle a été engagé, avant le dépôt au greffe du compte rendu de fin de mission du mandataire judiciaire (article L. 622-24 du code de commerce, dans sa rédaction en vigueur au 1er novembre 2026).
La Cour de cassation en tire une exigence stricte : faute de contrainte délivrée dans le délai fixé pour la vérification du passif, la créance ne peut être admise définitivement, « seule cette contrainte étant susceptible de constituer le titre exécutoire permettant l'admission définitive de la créance » (Cass. com., 14 janvier 2026, n° 24-21.494). L'absence de contestation par le débiteur n'y change rien. À l'inverse, des contraintes signifiées avant l'ouverture permettent l'admission définitive, et « le fait qu'en l'espèce l'URSSAF ait déclaré ses créances à titre provisionnel, bien qu'elle eût déjà décerné des contraintes, n'était pas de nature à entraîner le rejet de ces créances » (Cass. com., 11 décembre 2019, n° 18-18.665), solution défavorable au débiteur sur ce point ; dans la même affaire, les créances établies par des contraintes signifiées hors délai ont été rejetées.
La procédure collective remet certains accessoires, mais conserve les garanties attachées aux cotisations. Les pénalités, majorations et frais de poursuites dus au jour du jugement d'ouverture sont remis, sauf infraction de travail dissimulé (article L. 243-5). En revanche, les cotisations, majorations et pénalités restent garanties par un privilège sur les biens meubles du débiteur (article L. 243-4).
Le dirigeant peut-il être tenu personnellement de la dette sociale de sa société ?
En liquidation judiciaire, le tribunal peut mettre tout ou partie de l'insuffisance d'actif à la charge des dirigeants de droit ou de fait en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance ; la simple négligence ne suffit pas (article L. 651-2 du code de commerce). Les cotisations impayées figurent souvent parmi les éléments invoqués par le liquidateur.
Le juge doit toutefois caractériser la faute. Dans une affaire où l'arrêt relevait des cotisations sociales impayées, des privilèges inscrits par l'URSSAF et une hausse de l'endettement, la Cour de cassation a censuré la condamnation du dirigeant, ces motifs étant « impropres à caractériser la poursuite d'une activité déficitaire, qui ne peut résulter du seul constat d'une augmentation du montant des dettes » (Cass. com., 11 décembre 2024, n° 23-19.807). Le seul accroissement des dettes, sociales comprises, ne caractérise donc pas la faute de poursuite d'une activité déficitaire.
Le dirigeant a donc intérêt à documenter, au moment des difficultés, les mesures prises : demande d'échéancier, suivi des paiements courants, consultation de l'expert-comptable, déclaration de cessation des paiements dans le délai légal. Le cabinet peut analyser ces éléments avant toute assignation en responsabilité.
Comment récupérer des cotisations versées à tort ?
Par une demande de remboursement adressée à l'URSSAF, qui se prescrit par trois ans à compter de la date à laquelle les cotisations ont été acquittées ; l'organisme rembourse dans les quatre mois de la demande (article L. 243-6). Dans le régime ordinaire, le délai se calcule paiement par paiement, et chaque mois perdu fait sortir une échéance du champ de la demande. Le même article prévoit des règles propres lorsque le remboursement naît d'une décision juridictionnelle révélant la non-conformité de la règle appliquée à une norme supérieure, ou d'une décision rectifiant le taux de cotisation accidents du travail et maladies professionnelles, qui ouvre le remboursement sur toute la période rectifiée.
L'ignorance de l'erreur ne prolonge pas ce délai. La Cour de cassation juge que « L'ignorance du caractère indu des cotisations versées ne caractérise pas l'impossibilité dans laquelle le cotisant serait d'agir avant l'expiration du délai de prescription » (Cass. 2e civ., 6 avril 2023, n° 21-19.111). La décision, qui rejette le pourvoi de l'entreprise, lui est défavorable : les cotisations versées plus de trois ans avant la demande étaient perdues.
En pratique, une vérification périodique de la paie et des taux appliqués, menée avec l'expert-comptable, permet de déceler l'indu tant qu'il est récupérable. Le cabinet peut rédiger la demande, puis porter le refus devant la commission de recours amiable et le pôle social.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page, vérifiées au 1er novembre 2026, et les expertises voisines du cabinet.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN
Réponse du cabinet
Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.
Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me
Réponse du cabinet
Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.
Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.
Réponse du cabinet
Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.
Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !
Réponse du cabinet
La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.
Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.
Réponse du cabinet
Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.
Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.
Réponse du cabinet
Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.
En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !
Réponse du cabinet
Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.
J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz
Réponse du cabinet
Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.
J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.
Réponse du cabinet
Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.
