Avocat droit des transports à Paris

Qualifier. Prouver. Agir.

Cavalier d'échecs ouvert sur des pièces noires, image de la stratégie dans un litige de transport
VOS TRANSPORTS.

Marchandise perdue, transport impayé, chauffeur contrôlé, sous-traitant défaillant : exposez-nous la situation.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Droit des transports : qui répond de la marchandise, et jusqu'à quand

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Expéditeurs, transporteurs, commissionnaires · Paris 17e

Ce que fait un avocat en droit des transports à Paris

  • Barreau de Paris
  • Transport de marchandises
  • Cabinet à Paris 17e

Avocat au Barreau de Paris : qualification des contrats, responsabilité du transporteur et du commissionnaire, recouvrement du prix, obligations de l'entreprise de transport.

Un même camion peut relever de régimes très différents. Le transporteur répond de la marchandise perdue, sauf force majeure, et aucune stipulation ne peut l'en décharger (article L. 133-1 du code de commerce). Celui qui conçoit l'acheminement pour un client et le confie, à son nom et à ses risques, aux moyens qu'il choisit est commissionnaire (article L. 1411-1 du code des transports) et répond aussi des intermédiaires qu'il choisit (article L. 132-6). L'entreprise qui transporte pour son propre compte n'est pas un transporteur public (article L. 1000-3 du code des transports). Le cabinet commence donc par une question : qui a promis quoi, à qui, et par quel document.

Transmettez la lettre de voiture, les factures et les échanges dont vous disposez, même incomplets : le cabinet les classe et vous indique ce qui manque, au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Qualifier : nommer chaque intervenant

Transporteur, commissionnaire, loueur avec conducteur ou simple prestataire : la qualification fixe la responsabilité, le plafond et la personne tenue de payer, que le contrat doit préciser (article L. 1432-2 du code des transports).

Prouver : réserver et protester à temps

En transport intérieur, le destinataire dispose de trois jours après le jour de la réception, jours fériés exclus, pour faire connaître au voiturier une protestation motivée, par lettre recommandée ou acte extrajudiciaire ; passé ce délai, son action pour avarie ou perte partielle est éteinte (article L. 133-3). Une demande d'expertise judiciaire présentée dans le même délai en tient lieu (article L. 133-4).

Agir : avant l'expiration d'un an

Les actions nées du contrat de transport, contre le voiturier, le commissionnaire, l'expéditeur ou le destinataire, se prescrivent par un an, la fraude et l'infidélité étant réservées pour les actions en perte, avarie ou retard contre le voiturier (article L. 133-6). La demande en justice, même en référé, interrompt ce délai (article 2241 du code civil).

Les leviers

Qualifier, imputer, réclamer, recouvrer

Quatre règles décident de l'issue de la plupart des différends entre un expéditeur et ceux qui déplacent sa marchandise.

  1. Le commissionnaire répond de toute la chaîne qu'il a promise : il garantit l'arrivée à la date que prévoit la lettre de voiture, force majeure mise à part (article L. 132-4), ainsi que les pertes et avaries, à moins d'une clause contraire de ce document ou d'une force majeure (article L. 132-5) ; il répond aussi des faits de l'intermédiaire auquel il adresse la marchandise (article L. 132-6). Un commissionnaire qui s'était engagé à livrer dans les locaux du destinataire a ainsi été jugé, à son détriment, comme celui qui « était responsable, envers son propre donneur d'ordre, de l'organisation de l'intégralité du transport » (Cass. com., 27 septembre 2016, n° 14-29.644), peu important le contrat passé à l'étranger par son substitué.
  2. La location d'un camion avec chauffeur ne fait pas toujours un transport public : le loueur dispose d'une action directe contre l'expéditeur et le destinataire (article L. 3223-2 du code des transports), mais seulement si son client est transporteur. La Cour de cassation a approuvé les juges d'avoir retenu que l'entreprise, « ayant pris en location des véhicules avec conducteur pour transporter les déchets afin d'exploiter son activité principale, avait effectué les transports pour son compte propre et non comme transporteur public routier » (Cass. com., 3 avril 2019, n° 18-11.242), solution défavorable au loueur, privé de son recours.
  3. Le transporteur ne peut pas s'exonérer par ses conditions générales : en droit interne, toute clause écartant sa garantie des pertes et avaries est nulle (article L. 133-1) ; en transport international soumis à la CMR, la chambre commerciale a cassé la décision qui retenait la clause excluant le retard, « alors qu'une clause contractuelle qui exonère le transporteur de toute responsabilité pour retard est nulle, la cour d'appel a violé les textes susvisés » (Cass. com., 9 mai 2018, n° 17-13.030).
  4. Le délai d'un an se calcule au jour près : il court du jour où la marchandise est remise ou offerte, ou de celui où elle aurait dû l'être en cas de perte totale (article L. 133-6). Une lettre demandant des instructions sur des biens restés chez le transporteur peut constituer « une offre de remise marquant le point de départ de la prescription » (Cass. com., 25 novembre 2020, n° 18-24.585).

Préavis de rupture dans les contrats types : faute d'écrit, dans le silence de l'écrit ou lorsque l'écrit renvoie à la clause du contrat type, la durée du préavis est celle du contrat type (article L. 1432-4 du code des transports) et la Cour de cassation juge que « Les dispositions de l'article L. 442-6, I, 5°, devenu L. 442-1, II, du code de commerce ne trouvent alors pas à s'appliquer » (Cass. com., 1er juillet 2026, n° 24-19.356).

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir pour établir qui doit quoi

Dans un transport, le document compte davantage que le souvenir : chaque intervenant garde une partie de la preuve.

Position A

Expéditeur, destinataire ou assureur

  • Commande de transport, ordre de mission ou contrat cadre
  • Lettre de voiture, bons de livraison et réserves écrites
  • Protestation motivée, par acte extrajudiciaire ou lettre recommandée, et preuve de sa date
  • Factures de la marchandise, rapport d'expertise, quittance de l'assureur

Position B

Transporteur, commissionnaire ou loueur

  • Contrats avec le donneur d'ordre et avec chaque substitué
  • Chronotachygraphe, relevés de géolocalisation, consignes de chargement
  • Inscription au registre et licences des sous-traitants
  • Factures impayées, relances et décompte des immobilisations

Erreurs fréquentes : livrer ou réceptionner sans réserve précise ; confier un transport par téléphone sans aucune trace écrite ; laisser passer le délai d'un an pendant une négociation amiable ; sous-traiter sans vérifier l'inscription et les attestations du sous-traitant.

Selon le dossier, interlocuteurs utiles :

  • Expert en avaries
  • Commissaire de justice
  • Assureur marchandises
  • Expert désigné par le juge

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

L'ordre ne varie pas : identifier les contrats, conserver la preuve, puis agir contre le bon débiteur dans le bon délai.

Étape 1

Cartographie de l'opération

Qui a commandé, qui a organisé, qui a roulé : tableau des intervenants, de leur qualité et des documents qui la prouvent.

Étape 2

Conservation de la preuve

Réserves, protestation motivée, constat ou expertise judiciaire sur requête, interruption de la prescription lorsque l'échéance approche.

Étape 3

Réclamation chiffrée

Calcul du préjudice ou du prix dû, choix du régime applicable, mise en demeure adressée à chaque débiteur possible.

Étape 4

Action et recours

Assignation devant la juridiction compétente, appel en garantie des substitués, défense de l'entreprise poursuivie.

Repères : trois jours, jours fériés non compris, pour protester après réception en transport intérieur (article L. 133-3) ; un an, en principe, pour agir sur le contrat ; un mois pour l'action récursoire, à compter du jour où l'action est exercée contre le garanti (article L. 133-6) ; quarante-cinq jours pour désigner le conducteur d'un véhicule immatriculé au nom d'une société ou détenu par elle (article L. 121-6 du code de la route).

Le calendrier

Les étapes d'un litige de transport

De la livraison à l'assignation, délais légaux et durées indicatives selon le dossier.

  1. Livraison

    Jour J. Réserves écrites sur le document de livraison, photographies, refus motivé si nécessaire.

  2. Protestation

    Trois jours, fériés exclus. Protestation motivée notifiée au voiturier par acte extrajudiciaire ou lettre recommandée, ou demande d'expertise judiciaire formée dans le même délai.

  3. Réclamation

    Semaines 1-3. Chiffrage du dommage ou du prix, mise en demeure du transporteur, du commissionnaire ou du client.

  4. Négociation

    Selon le dossier. Échanges avec les assureurs, expertise amiable, sans perdre de vue l'échéance annuelle.

  5. Assignation

    Avant un an, en principe. Saisine de la juridiction compétente, mise en cause de chaque intervenant de la chaîne.

  6. Recours

    Un mois. Action récursoire du garant contre son substitué, à compter du jour où l'action est exercée contre lui.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune réclamation ni défense sans avoir validé ces points.

  • Qualité de chaque intervenant : transporteur, commissionnaire, loueur, transport pour compte propre.
  • Régime applicable : droit interne, contrat type ou convention CMR pour un transport international.
  • Réserves, protestation et réclamation : forme, contenu, date et destinataire.
  • Point de départ et échéance de la prescription annuelle, actes interruptifs déjà accomplis.
  • Clauses limitatives ou exonératoires et leur validité au regard du régime retenu.
  • Inscription des sous-traitants au registre et attestations de vigilance semestrielles, authenticité comprise.

Synthèse

Situation, risque, acte, décision

Les arbitrages les plus courants pour un expéditeur ou une entreprise de transport.

Situation

Marchandise abîmée confiée à un organisateur de transport

Risque principal : Discussion sur la qualité de commissionnaire.

Acte à privilégier : Lecture des échanges et de la commande de transport.

Décision recommandée : Agir contre le commissionnaire garant de la chaîne.

Situation

Camion loué avec chauffeur resté impayé

Risque principal : Client qui transportait pour son propre compte.

Acte à privilégier : Vérification de l'activité et de l'inscription du client.

Décision recommandée : Choisir entre action directe et action contractuelle.

Situation

Retard de livraison exclu par les conditions générales

Risque principal : Indemnité refusée par le transporteur.

Acte à privilégier : Contrôle de la clause au regard du régime applicable.

Décision recommandée : Réclamer malgré la clause lorsque la loi l'annule.

Situation

Négociation amiable qui se prolonge

Risque principal : Prescription d'un an acquise.

Acte à privilégier : Acte interruptif ou assignation conservatoire.

Décision recommandée : Fixer l'échéance dès le premier jour.

Situation

Avis de contravention adressé à la société

Risque principal : Amende pour défaut de désignation.

Acte à privilégier : Désignation étayée du conducteur dans les quarante-cinq jours, par recommandé ou en ligne.

Décision recommandée : Tenir les plannings de conduite à jour.

Situation

Recours à un sous-traitant de transport

Risque principal : Solidarité financière en cas de travail dissimulé.

Acte à privilégier : Attestations de vigilance à la conclusion puis tous les six mois.

Décision recommandée : Suspendre la relation si les pièces manquent.

Questions fréquentes

Vos questions : transport de marchandises et entreprise de transport

Dans quels cas une entreprise qui expédie ou transporte des marchandises consulte-t-elle un avocat en droit des transports ?

Les situations se ressemblent d'une entreprise à l'autre. Un chargeur constate une marchandise abîmée, incomplète ou livrée en retard. Un transporteur ou un loueur n'est pas payé. Un commissionnaire est mis en cause pour la faute d'un sous-traitant. Une société de transport reçoit un avis de contravention, un procès-verbal de contrôle routier ou une demande de l'URSSAF visant un sous-traitant. Dans chacun de ces cas, la réponse dépend de la qualification exacte des contrats et du respect de délais très courts, notamment la prescription d'un an, en principe, des actions nées du contrat de transport (article L. 133-6).

Le cabinet intervient en amont, pour rédiger les conditions de transport, les contrats de commission ou de sous-traitance et les procédures internes de réception, et en aval, lorsque le différend est né. Il lit d'abord les documents : commande, lettre de voiture, échanges de courriels, factures. Le contrat de transport public doit en effet préciser la nature du transport, ses modalités d'exécution et les obligations de chaque partie (article L. 1432-2 du code des transports). Faute d'écrit, les contrats types prennent le relais (article L. 1432-4), ce qui modifie souvent les plafonds et les délais attendus par les parties.

Comment savoir si l'on a confié la marchandise à un transporteur ou à un commissionnaire ?

Pour le code des transports, est commissionnaire celui qui, pour un donneur d'ordre, organise l'acheminement des marchandises et le fait réaliser à son nom et à ses risques, en retenant lui-même les modes de transport (article L. 1411-1 du code des transports). Le transporteur, lui, exécute le déplacement avec ses propres moyens ou ceux qu'il loue. Le nom donné au contrat ou figurant sur la facture ne suffit pas : le critère légal tient à la liberté d'organiser l'opération et d'en choisir les modes.

La distinction emporte des conséquences concrètes. Le commissionnaire garantit que l'envoi arrivera à la date prévue par la lettre de voiture, sauf force majeure légalement établie (article L. 132-4), et il garantit les pertes et avaries, à moins que ce document n'en dispose autrement ou qu'une force majeure survienne (article L. 132-5) ; il répond aussi des intermédiaires qu'il choisit (article L. 132-6). Un simple mandataire qui se borne à transmettre des instructions répond, lui, du dol et des fautes qu'il commet dans sa gestion (article 1992 du code civil) : il faut alors établir sa faute.

Les indices utiles se trouvent dans les échanges : devis global incluant plusieurs étapes, choix du transporteur laissé à l'organisateur, prix forfaitaire, engagement sur un lieu de livraison final. Le cabinet reconstitue la chronologie de la commande pour établir cette qualité, ou pour la contester lorsque l'entreprise mise en cause n'a fait qu'exécuter des instructions précises.

Le commissionnaire de transport doit-il indemniser l'expéditeur pour une faute du transporteur qu'il a choisi ?

Oui, en principe. Le commissionnaire reste garant de l'intermédiaire à qui il remet l'envoi (article L. 132-6) et, plus largement, des avaries et pertes survenues pendant l'opération qu'il a organisée, hors clause contraire de la lettre de voiture et cas de force majeure (article L. 132-5). L'expéditeur n'a donc pas à rechercher lui-même le transporteur étranger ou le sous-traitant défaillant.

La chambre commerciale a écarté le pourvoi d'un commissionnaire qui s'était engagé à acheminer la marchandise jusqu'aux entrepôts du destinataire : la cour d'appel en avait déduit qu'il « était responsable, envers son propre donneur d'ordre, de l'organisation de l'intégralité du transport » (Cass. com., 27 septembre 2016, n° 14-29.644), peu important le contrat conclu par une société substituée. La solution est défavorable au commissionnaire, qui doit ensuite exercer son propre recours dans le mois de l'action dirigée contre lui (article L. 133-6).

Le commissionnaire peut aussi répondre de sa faute personnelle. Dans une espèce de transport aérien de mobilier destiné à une foire, la Cour de cassation a approuvé les juges d'avoir relevé que « la société Danzas ne s'est pas inquiétée de vérifier que cette marchandise était bien arrivée à Phoenix le 20 mai ainsi qu'elle s'était engagée à le faire » (Cass. com., 17 septembre 2002, n° 00-18.085). Le cabinet examine donc les deux fondements, garantie du fait d'autrui et faute personnelle, avant de chiffrer la réclamation ou d'organiser la défense.

Louer un camion avec chauffeur fait-il de l'entreprise un transporteur public ?

Pas nécessairement. Le transporteur public routier qui n'exécute pas lui-même un transport peut louer un véhicule industriel avec conducteur ; le loueur peut alors réclamer directement son dû à l'expéditeur comme au destinataire, qui répondent du prix de la location (article L. 3223-2 du code des transports). Ce mécanisme protège le loueur lorsque son client, transporteur, ne paie pas.

Encore faut-il que le client soit transporteur. Le transport organisé par une personne pour son propre compte n'est pas un transport public (article L. 1000-3 du code des transports). Les juges du droit ont approuvé la cour d'appel d'avoir retenu qu'une entreprise de négoce de déchets, « ayant pris en location des véhicules avec conducteur pour transporter les déchets afin d'exploiter son activité principale, avait effectué les transports pour son compte propre et non comme transporteur public routier » (Cass. com., 3 avril 2019, n° 18-11.242). Le loueur impayé a perdu son action contre la société auprès de laquelle les déchets étaient collectés : décision défavorable au loueur, présentée ici comme telle.

Avant de louer, le loueur a intérêt à vérifier l'inscription de son client au registre électronique national des entreprises de transport par route et l'objet réel de son activité, et à exiger des garanties lorsque le client transporte ses propres produits. Le cabinet peut rédiger ces clauses ou apprécier, après un impayé, quel débiteur peut encore être poursuivi.

Les conditions générales du transporteur peuvent-elles écarter toute indemnisation du retard ?

Non lorsque la loi l'interdit. En transport intérieur, le voiturier supporte pertes et avaries, hors vice propre et force majeure, et le code annule toute stipulation qui l'en dispenserait, qu'elle figure sur le document de transport ou dans un tarif (article L. 133-1). Une limitation d'indemnité n'est pas une exonération : lorsque le contrat type effectivement applicable ou une stipulation valable fixe un plafond, celui-ci cède devant le dol ou la faute inexcusable, seule faute que la loi tient pour équipollente au dol (article L. 133-8).

En transport international par route, la convention CMR règle elle-même l'indemnisation du retard (article 23, paragraphe 5) et frappe de nullité les stipulations qui y dérogent (article 41, paragraphe 1), textes visés par l'arrêt cité ci-après. Une société dont le colis acheminé de France en Belgique avait été endommagé à la livraison s'était vu opposer les conditions générales imprimées au dos de la lettre de voiture. La Cour de cassation a cassé l'arrêt qui les avait appliquées, « alors qu'une clause contractuelle qui exonère le transporteur de toute responsabilité pour retard est nulle, la cour d'appel a violé les textes susvisés » (Cass. com., 9 mai 2018, n° 17-13.030).

L'enjeu dépasse le seul retard. Avant de renoncer à une réclamation, l'expéditeur doit faire vérifier le régime applicable au transport, la clause invoquée et sa compatibilité avec ce régime. Le cabinet procède à cette lecture et chiffre ce qui peut être réclamé malgré le plafond.

À partir de quand court le délai d'un an pour agir contre le transporteur ou contre le client ?

Un an, en principe : c'est le temps laissé pour agir contre le voiturier à raison d'une perte, d'une avarie ou d'un retard, sous réserve des cas de fraude ou d'infidélité, et pour toutes les autres actions nées du contrat de transport, qu'elles visent le voiturier, le commissionnaire, l'expéditeur ou le destinataire (article L. 133-6). Le transporteur qui réclame son prix est donc soumis au même délai que le chargeur qui réclame une indemnité.

Le point de départ varie. En cas de perte totale, on compte à partir de la date prévue pour la livraison ; sinon, à partir de la livraison effective ou de l'offre de livrer, selon le même article. Pour un déménagement partiellement détruit par un incendie, la Cour de cassation a censuré les juges qui n'avaient pas recherché si une lettre du déménageur demandant des instructions sur les meubles restés en sa possession contenait « une offre de remise marquant le point de départ de la prescription » (Cass. com., 25 novembre 2020, n° 18-24.585).

Le garant poursuivi dispose ensuite d'un mois pour agir contre celui qui lui doit garantie, délai qui court du jour où l'action est exercée contre lui. Une simple négociation amiable n'interrompt pas, à elle seule, ces délais, alors que la demande en justice, même en référé, les interrompt (article 2241 du code civil) : le cabinet fixe l'échéance dès l'ouverture du dossier et prépare, si nécessaire, l'acte qui la préserve.

L'assureur des marchandises peut-il assigner le transporteur avant d'avoir indemnisé son assuré ?

Oui, sous condition. L'assureur qui a indemnisé l'expéditeur ou le destinataire exerce ses droits contre le transporteur ; mais le règlement intervient souvent tard, alors que le délai d'un an court déjà (article L. 133-6). La Cour de cassation admet que l'assureur agisse avant l'expiration de ce délai annal, même sans être encore subrogé au jour de son assignation, dès lors qu'il paie l'indemnité avant que le juge du fond statue : l'action est recevable « contre le responsable du dommage dont il doit garantie » (Cass. com., 22 février 2017, n° 15-20.923).

Cette solution permet à l'assureur de préserver le recours sans attendre la fin de l'expertise. Elle suppose toutefois que le paiement soit effectivement intervenu avant la décision au fond, et que la quittance établisse l'étendue de la subrogation.

Pour l'assuré, la question est différente : son propre recours contre le transporteur, pour la franchise ou le préjudice non couvert, reste enfermé dans le même délai. Le cabinet coordonne les deux actions, celle de l'assuré et celle de l'assureur, afin qu'aucune part du préjudice ne soit prescrite.

Un poids lourd de la société est flashé : que doit faire le dirigeant, et dans quel délai ?

Lorsqu'une infraction constatée par un appareil automatique est commise avec un véhicule dont une personne morale est titulaire du certificat d'immatriculation ou détentrice, son représentant légal doit indiquer à l'autorité mentionnée sur l'avis, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou de façon dématérialisée, l'identité et l'adresse du conducteur dans les quarante-cinq jours de l'envoi ou de la remise de l'avis, sauf vol, usurpation de plaque ou autre événement de force majeure (article L. 121-6 du code de la route). La règle vaut aussi pour la personne physique qui a immatriculé le véhicule en tant que personne morale. À défaut, une amende contraventionnelle distincte est encourue.

La désignation doit être sérieuse. La Cour de cassation juge que « cette obligation n'est remplie que si la désignation de la personne physique qui conduisait effectivement le véhicule au moment des faits repose sur des éléments probants » (Cass. crim., 6 juin 2023, n° 22-87.212). Une désignation de pure forme, contestée ensuite par le salarié désigné, n'exonère donc pas l'entreprise.

La société peut elle-même être poursuivie. La chambre criminelle a jugé que ce texte « n'exclut pas qu'en application du second, la responsabilité pénale de la personne morale soit aussi recherchée pour cette infraction, commise pour son compte, par ce représentant » (Cass. crim., 16 septembre 2025, n° 24-86.659), en application de la responsabilité des personnes morales (article 121-2 du code pénal). Le cabinet recommande de tenir à jour l'affectation des véhicules, les plannings et les données du chronotachygraphe, qui fondent une désignation probante, et peut assister la société ou son dirigeant devant le tribunal de police.

La société de transport répond-elle du repos hebdomadaire pris par un chauffeur dans sa cabine ?

Oui. Il est interdit à tout conducteur routier de prendre à bord de son véhicule le repos hebdomadaire normal, et l'employeur veille à ce que l'organisation du travail des conducteurs respecte ce droit (article L. 3313-3 du code des transports). Le dirigeant est passible des mêmes peines lorsqu'il a, en tant que commettant, laissé commettre l'infraction faute de prendre les dispositions de nature à en assurer le respect (article L. 3315-6).

La chambre criminelle a écarté le recours d'une société de transport condamnée après un contrôle : elle soutenait que seul le conducteur pouvait être poursuivi, « sans apporter aucun élément de nature à établir que le commettant a veillé par ses instructions et contrôles au respect effectif, par son préposé, des dispositions relatives au droit au repos hebdomadaire normal » (Cass. crim., 31 mars 2026, n° 25-82.050). La décision est défavorable à l'entreprise, et elle vaut quelle que soit la nationalité du transporteur.

La défense se prépare avant le contrôle. Instructions écrites sur le repos, réservations d'hébergement, contrôle des relevés, sanctions internes en cas de manquement : ce sont ces éléments, et non une simple affirmation, que le juge examine. Le cabinet aide l'entreprise à documenter son organisation et l'assiste lorsqu'un procès-verbal est dressé.

Quelles vérifications avant de confier des transports à un sous-traitant ?

Toute personne qui conclut un contrat portant sur une prestation de services d'un montant minimum fixé par décret vérifie, lors de la conclusion puis périodiquement jusqu'à la fin de l'exécution, que son cocontractant est immatriculé et s'acquitte de ses déclarations sociales (article L. 8222-1 du code du travail). Le donneur d'ordre de transport y est soumis comme tout autre. Il est réputé avoir procédé à ces vérifications s'il se fait remettre, à la conclusion puis tous les six mois, une attestation de l'organisme de recouvrement datant de moins de six mois, dont il vérifie l'authenticité auprès de cet organisme, et, lorsque l'immatriculation est obligatoire, un justificatif d'immatriculation (article D. 8222-5 du code du travail) ; pour un cocontractant établi ou domicilié à l'étranger, la liste des documents est différente (article D. 8222-7).

Le manquement coûte cher. Le donneur d'ordre qui n'a pas procédé à ces vérifications est tenu solidairement des cotisations, pénalités et majorations dues par le sous-traitant verbalisé pour travail dissimulé, et la Cour de cassation a jugé que « l'organisme de recouvrement peut choisir de poursuivre seulement à l'encontre du donneur d'ordre le recouvrement des cotisations obligatoires, pénalités et majorations dues par son sous-traitant » (Cass. 2e civ., 5 juin 2025, n° 22-23.817), la juridiction saisie n'étant pas tenue d'appeler le sous-traitant en la cause. La solution est défavorable au donneur d'ordre. Il conserve le droit de contester la régularité de la procédure, le bien-fondé et l'exigibilité des sommes, et peut invoquer les irrégularités du redressement opéré contre son sous-traitant ; il ne peut en revanche opposer à l'organisme de recouvrement « celles entachant la mise en demeure délivrée, le cas échéant, à son sous-traitant » (même arrêt).

En transport routier s'ajoute le contrôle de l'inscription du sous-traitant : les entreprises établies en France qui exercent le transport public routier de marchandises, le déménagement ou la location de véhicules industriels avec conducteur doivent être inscrites au registre électronique national des entreprises de transport par route (article R. 3211-8 du code des transports), pris pour l'application des conditions d'accès à la profession (article L. 3211-1). Pour un sous-traitant établi à l'étranger, les titres à demander dépendent de son pays d'établissement et se vérifient au cas par cas. Le cabinet peut établir une liste de pièces à collecter et une clause de suspension en cas de défaut.

Un donneur d'ordre cesse de confier ses transports au sous-traitant habituel : quel préavis respecter ?

Le contrat le dit d'abord. Sans écrit, les rapports des parties sont de plein droit ceux du contrat type applicable (article L. 1432-4 du code des transports) ; pour la sous-traitance de transports publics routiers de marchandises, c'est le contrat type figurant en annexe IX de la troisième partie réglementaire du code des transports (article D. 3224-3).

Le droit commun de la rupture brutale ne s'ajoute pas toujours. Réunie en formation mixte, à propos d'une location de véhicule industriel avec conducteur, la chambre commerciale a jugé que, lorsque les parties n'ont pas stipulé de durée de préavis, faute d'écrit ou dans le silence de l'écrit, cette durée est fixée par le contrat type et que « Les dispositions de l'article L. 442-6, I, 5°, devenu L. 442-1, II, du code de commerce ne trouvent alors pas à s'appliquer » ; il en va de même lorsque l'écrit renvoie expressément à la clause du contrat type. Si l'écrit stipule lui-même la durée du préavis, le régime de la rupture brutale s'applique (article L. 442-1, II, du code de commerce), mais l'auteur de la rupture qui a accordé un préavis au moins égal à celui du contrat type en vigueur au jour de la notification « ne saurait voir sa responsabilité engagée sur le fondement de ce texte » (Cass. com., 1er juillet 2026, n° 24-19.356). La décision est défavorable au loueur évincé, qui avait reçu sept mois de préavis. La même chambre a retenu l'exclusion pour la commission de transport (Cass. com., 23 septembre 2026, n° 24-21.950).

Le sous-traitant évincé a donc intérêt à vérifier d'abord ce que l'écrit prévoit sur le préavis, puis la durée réelle de la relation et le préavis effectivement accordé, sans oublier le délai d'un an : dans l'affaire de commission de transport, l'action fondée sur le préavis du contrat type avait été jugée prescrite en application de l'article L. 133-6, et le pourvoi a été rejeté. Le donneur d'ordre, lui, gagne à notifier la rupture par écrit, avec un préavis au moins égal à celui du contrat type en vigueur au jour de la notification. Le cabinet examine ces éléments avant toute réclamation ou toute notification.

4,9286 avis Google
kader ladjouzi
il y a 1 mois

Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN

Réponse du cabinet

Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.

Janou SAMUEL
il y a 2 mois

Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me

Réponse du cabinet

Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.

Paul MALIK (powlo)
il y a 5 mois

Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.

Réponse du cabinet

Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.

Rayan Kallout
il y a 6 mois

Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !

Réponse du cabinet

La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.

Naji Jouahri
il y a 6 mois

Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.

Réponse du cabinet

Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.

Halim Tunde
il y a 6 mois

Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.

Réponse du cabinet

Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.

Cha
il y a 6 mois

En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !

Réponse du cabinet

Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.

Asmaa Maazaz
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz

Réponse du cabinet

Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.

chaymaa aouadi
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.

Réponse du cabinet

Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.