Avocat des restaurateurs à Paris
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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Fonds de restaurant : de l'achat au litige
Fonds, bail, licence · Paris 17e
Ce que fait un avocat des restaurateurs à Paris
- Barreau de Paris
- Fonds de commerce et bail
- Cabinet à Paris 17e
Avocat au Barreau de Paris : achat et vente du fonds de restaurant, bail commercial, licence, location-gérance, éviction et litiges entre cédant et repreneur.
Un restaurant se vend rarement comme un objet. L'acquéreur reprend une clientèle, une enseigne, un matériel, un droit au bail et souvent une licence, et le privilège du vendeur, qui suppose un acte de vente dûment enregistré, ne porte que sur les éléments énumérés dans la vente et dans l'inscription, avec des prix distincts pour les éléments incorporels, le matériel et les marchandises (article L. 141-5 du code de commerce). C'est à l'acquéreur de faire publier la vente dans les quinze jours (article L. 141-12), et ce n'est qu'ensuite que s'ouvre le délai des oppositions. Le cabinet part donc de l'acte et du bail pour savoir, à chaque étape, ce que chaque partie reçoit vraiment et ce qu'elle risque.
Envoyez le compromis, le bail ou l'acte reçu, même incomplet : le cabinet les lit et vous indique ce qui manque, au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Acheter : sécuriser le prix
Compromis, conditions suspensives, publication, puis dix jours, à compter de la dernière publication, pendant lesquels les créanciers du vendeur peuvent former opposition au paiement du prix (article L. 141-14).
Exploiter : tenir les titres
Bail et destination, licence et permis d'exploitation valable dix ans (article L. 3332-1-1), location-gérance publiée : chaque titre obéit à son propre régime.
Céder ou défendre le fonds
Information des salariés au plus tard un mois avant la vente, dans les entreprises non tenues d'avoir un comité social et économique aux attributions économiques (article L. 141-23), renouvellement, indemnité d'éviction, clause résolutoire.
Les leviers
Payer, transmettre, exploiter, défendre
Quatre règles décident de ce que vaut un fonds de restaurant au moment où il change de mains.
- Le prix ne se règle pas avant la fin des oppositions. L'acquéreur qui paie trop tôt n'est pas libéré à l'égard des tiers (article L. 141-17), et la Cour de cassation juge que « l'acquéreur d'un fonds de commerce, qui paie son vendeur avant l'expiration du délai de dix jours suivant la publication de la vente, ouvert aux créanciers du précédent propriétaire pour former opposition au paiement du prix, n'est pas libéré à l'égard des tiers » (Cass. com., 8 mars 2023, n° 21-18.677). Solution défavorable à l'acquéreur, exposé à payer une seconde fois.
- Le bail suit le fonds, avec ses clauses. La clause qui interdit de céder le bail à l'acquéreur du fonds est réputée non écrite (article L. 145-16), mais la clause d'agrément demeure. Même dans une cession autorisée par le juge-commissaire, la Cour de cassation retient que « le bailleur est fondé à se prévaloir de la clause du bail prévoyant l'agrément du cessionnaire par le bailleur » (Cass. com., 19 avril 2023, n° 21-20.655), solution favorable au bailleur.
- La licence se transmet, mais elle peut s'éteindre. Un débit de 3e ou 4e catégorie qui a cessé d'exister depuis plus de cinq ans est considéré comme supprimé et ne peut plus être transmis, ce délai étant étendu en cas de liquidation judiciaire jusqu'à la clôture des opérations et suspendu pendant une fermeture provisoire judiciaire ou administrative (article L. 3333-1). Sans licence adaptée, pas de vente de boissons alcooliques : « la vente de boissons alcooliques n'est autorisée qu'aux détenteurs d'une des licences qu'ils prévoient » (Cass. com., 2 septembre 2020, n° 18-24.863).
- Le fonds vaut aussi par son droit au bail. Face à un refus de renouvellement, « L'indemnité d'éviction doit être fixée en tenant compte de la valeur du droit au bail des locaux dont le locataire est évincé, lequel est un élément du fonds de commerce » (Cass. 3e civ., 13 octobre 2021, n° 20-19.340), même si le restaurateur s'est déjà réinstallé ailleurs.
Location-gérance non publiée, risque immédiat : jusqu'à la publication du contrat, le propriétaire du fonds répond solidairement des dettes contractées par le gérant pour l'exploitation (article L. 144-7 du code de commerce).
Vos pièces
Ce qu'il faut réunir pour évaluer le fonds
Un fonds de restaurant se juge sur pièces : celles qui prouvent la clientèle, le local et le droit de servir.
Position A
Cédant ou exploitant
- Bail, avenants, dernier loyer et correspondance avec le bailleur
- Récépissé de la licence, permis d'exploitation, déclarations de mutation
- Bilans, liasses et chiffre d'affaires mensuel des trois derniers exercices
- Registre du personnel, contrats de travail, contrat de location-gérance
Position B
Acquéreur ou repreneur
- Compromis, conditions suspensives et offre de prêt
- État des inscriptions et nantissements grevant le fonds
- Autorisation de terrasse et arrêtés visant l'établissement
- Inventaire du matériel, contrats de fourniture et de maintenance
Erreurs fréquentes : verser le prix au vendeur le jour de l'acte, signer sans l'accord du bailleur exigé par le bail, acheter une licence restée inexploitée pendant des années, confier le fonds en gérance sans publier le contrat.
Le cabinet mobilise aussi :
- Séquestre du prix
- Registre des nantissements
- Déclaration de mutation
- Constat de commissaire de justice
La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
L'ordre ne change pas : comprendre ce que contient le fonds, puis écrire, puis exécuter, puis défendre.
Étape 1
Lecture du fonds
Bail, licence, comptes, contrats en cours et inscriptions : ce que le fonds contient réellement et ce qui le fragilise.
Étape 2
Rédaction de l'acte
Compromis, acte de cession, location-gérance ou cession de parts, avec des prix distincts par élément et des garanties datées.
Étape 3
Formalités et prix
Information des salariés, déclaration de mutation, publication, séquestre et paiement du vendeur à l'issue du délai d'opposition.
Étape 4
Défense du fonds
Commandement, refus de renouvellement, éviction, litige avec le cédant : réponse écrite, puis saisine du juge si nécessaire.
Repères : publicité dans les quinze jours de la vente ; dix jours d'opposition ; garantie du cédant envers le bailleur invocable trois ans au plus après la cession du bail (article L. 145-16-2), plafond qui ne s'applique pas immédiatement aux baux en cours lors de l'entrée en vigueur du texte en 2014 (Cass. 3e civ., 11 avril 2019, n° 18-16.121) ; congé du bail donné six mois à l'avance (article L. 145-9).
Le calendrier
Les étapes d'une vente de fonds de restaurant
Du premier échange au paiement du vendeur, dans l'ordre habituel ; la durée de chaque étape dépend du fonds et du financement.
Audit
En premier. Bail, licence, comptes, personnel, inscriptions sur le fonds, situation de la terrasse.
Compromis
Après l'audit. Conditions suspensives : prêt, accord du bailleur, terrasse sollicitée avant la vente (article L. 2124-33).
Salariés
Un mois avant la vente, si le texte s'applique. Information des salariés pour leur permettre de présenter une offre, dans les entreprises non tenues d'avoir un comité social et économique aux attributions économiques ; la vente peut intervenir plus tôt si chaque salarié a renoncé à présenter une offre (article L. 141-23).
Licence
Quinze jours avant, au moins. Déclaration écrite de mutation du propriétaire ou du gérant du débit (article L. 3332-4).
Acte et publicité
Quinzaine de l'acte. Signature, enregistrement, annonce légale et avis au Bodacc à la diligence de l'acquéreur.
Prix
Après les oppositions. Dix jours à compter de la dernière publication pour les oppositions (article L. 141-14), puis règlement des oppositions éventuelles et paiement du vendeur par le séquestre, jamais avant.
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant de signer
Aucune cession, gérance ou reprise sans avoir validé ces points.
- Durée restant à courir du bail, destination, clause d'agrément et garantie exigée du cédant.
- Catégorie de la licence, date de la dernière exploitation, permis d'exploitation à jour.
- Chiffre d'affaires déclaré, ventilation du prix entre incorporel, matériel et marchandises.
- Inscriptions de nantissement et privilèges sur le fonds, oppositions prévisibles.
- Contrats de travail transférés et information préalable des salariés.
- Engagements du vendeur repris ou exclus, clause de non-concurrence bornée.
Synthèse
Situation, risque, acte, décision
Les arbitrages les plus courants sur un fonds de restaurant.
Situation
Achat du fonds financé par un prêt
Risque principal : Prêt refusé après le compromis.
Acte à privilégier : Condition suspensive précise et datée.
Décision recommandée : Fixer montant, taux et délai avant de signer.
Situation
Paiement du prix au vendeur
Risque principal : Payer deux fois les créanciers opposants.
Acte à privilégier : Séquestre jusqu'à l'issue des oppositions.
Décision recommandée : Ne rien verser le jour de l'acte.
Situation
Bail soumis à l'agrément du bailleur
Risque principal : Cession inopposable, repreneur évincé.
Acte à privilégier : Demande d'agrément avant la signature.
Décision recommandée : Faire de l'agrément une condition du compromis.
Situation
Licence IV peu ou pas exploitée
Risque principal : Licence supprimée si le débit a cessé d'exister depuis plus de cinq ans, sauf report légal.
Acte à privilégier : Preuve de la dernière exploitation.
Décision recommandée : Vérifier avant d'en payer la valeur.
Situation
Fonds confié en location-gérance
Risque principal : Dettes du gérant et retour des salariés.
Acte à privilégier : Contrat publié, garanties, inventaire.
Décision recommandée : Publier sans délai et suivre l'exploitation.
Situation
Refus de renouvellement du bail
Risque principal : Perte du local et du fonds.
Acte à privilégier : Indemnité d'éviction chiffrée.
Décision recommandée : Discuter la valeur du droit au bail.
Questions fréquentes
Vos questions : le fonds de restaurant
Pourquoi faire relire le compromis d'achat d'un restaurant avant de le signer ?
Parce que le compromis fige presque tout. Le prix, sa ventilation, les éléments cédés, les conditions suspensives et le calendrier y sont arrêtés, et le privilège du vendeur ne portera que sur les éléments énumérés dans la vente et dans l'inscription, ou, à défaut de désignation précise, sur l'enseigne, le nom commercial, le droit au bail et la clientèle, avec des prix distincts pour les éléments incorporels, le matériel et les marchandises (article L. 141-5). Une fois signé, il ne reste souvent que la négociation des détails.
Pour un restaurant, trois conditions comptent particulièrement : l'obtention du prêt, l'accord du bailleur lorsque le bail l'exige, et le sort de la terrasse, dont l'acquéreur peut solliciter l'autorisation avant la vente, l'autorisation ne valant qu'une fois la cession prouvée à l'administration (article L. 2124-33, domaine public). Le vendeur doit en outre communiquer les informations déterminantes que l'acquéreur ignore légitimement, devoir que les parties ne peuvent ni limiter ni exclure (article 1112-1 du code civil).
Le cabinet relit le compromis au regard du bail, des comptes et de la licence, propose les clauses qui manquent et signale ce qui doit être obtenu avant l'acte définitif. L'examen se fait sur les pièces, avant toute signature.
Racheter le fonds ou les parts de la société qui exploite le restaurant : quelle différence ?
L'achat du fonds transfère des éléments d'exploitation, sans le passé de la société venderesse. La Cour de cassation juge qu'en l'absence de clause expresse, « la cession d'un fonds de commerce n'emporte pas de plein droit celle des obligations dont le vendeur pouvait être tenu en vertu d'engagements initialement souscrits par lui » (Cass. com., 25 octobre 2023, n° 21-20.156). L'acquéreur ne reprend donc, sauf exceptions légales comme les contrats de travail, que ce que l'acte prévoit.
L'achat des parts fait au contraire entrer l'acquéreur dans une société qui reste la même, avec ses dettes, ses contrats et ses litiges. La société demeure locataire, de sorte que l'opération n'emporte pas par elle-même cession du bail ; le bail doit cependant être lu pour vérifier qu'aucune clause n'encadre la cession des parts ou le changement de dirigeant, et les comptes comme les engagements de la société doivent être audités.
Dans les deux cas, la rédaction de l'acte compte. À propos d'une cession de parts d'une société exploitant un fonds situé sur le domaine public, la Cour de cassation a rappelé que « l'avocat rédacteur d'acte est tenu à l'égard de toutes les parties, quelles que soient leurs compétences personnelles, d'une obligation de conseil et, le cas échéant, de mise en garde en ce qui concerne, notamment, les effets et les risques des stipulations convenues » (Cass. 1re civ., 10 novembre 2021, n° 20-12.235). Le cabinet compare les deux montages selon le passif connu, le bail et le financement.
Quand l'acquéreur peut-il verser le prix du fonds au vendeur ?
Pas avant l'expiration du délai d'opposition. L'acquéreur fait paraître la vente dans un journal habilité et au Bodacc dans les quinze jours de l'acte (article L. 141-12). Pendant les dix jours qui suivent la dernière parution, chaque créancier du vendeur, même si sa créance n'est pas encore exigible, peut s'opposer à ce que le prix soit versé, le bailleur ne pouvant toutefois former opposition pour les loyers en cours ou à échoir (article L. 141-14).
L'acquéreur qui paie avant ce terme n'est pas libéré à l'égard des tiers (article L. 141-17). La Cour de cassation l'a confirmé contre un cessionnaire qui avait réglé directement une partie du prix : « l'acquéreur d'un fonds de commerce, qui paie son vendeur avant l'expiration du délai de dix jours suivant la publication de la vente, ouvert aux créanciers du précédent propriétaire pour former opposition au paiement du prix, n'est pas libéré à l'égard des tiers » (Cass. com., 8 mars 2023, n° 21-18.677). L'arrêt, défavorable à l'acquéreur, précise que les créanciers sont des tiers, qu'ils aient ou non formé opposition.
D'où l'usage du séquestre : le prix est remis à un tiers désigné dans l'acte, qui ne le libère qu'après examen des oppositions. Le cabinet organise ce séquestre et vérifie l'état des inscriptions avant la signature.
Le bailleur peut-il s'opposer à la cession du bail avec le fonds de restaurant ?
Il ne peut pas l'interdire : les conventions tendant à interdire au locataire de céder son bail à l'acquéreur de son fonds de commerce sont réputées non écrites (article L. 145-16). Il peut en revanche l'encadrer par une clause d'agrément, par l'intervention à l'acte ou par une garantie solidaire du cédant, que le bailleur ne peut invoquer que durant trois ans à compter de la cession (article L. 145-16-2). Ce plafond n'est pas d'application immédiate aux baux en cours lors de l'entrée en vigueur du texte, en 2014 : la Cour de cassation juge que ce texte « ne répond pas à un motif impérieux d'intérêt général justifiant son application immédiate » (Cass. 3e civ., 11 avril 2019, n° 18-16.121). La date du bail et son histoire contractuelle doivent donc être vérifiées.
La clause d'agrément s'applique même à la cession du fonds entier. Dans une liquidation judiciaire, la Cour de cassation a censuré l'arrêt qui l'avait écartée au motif qu'elle ne visait que la cession du bail seul, et jugé que « le bailleur est fondé à se prévaloir de la clause du bail prévoyant l'agrément du cessionnaire par le bailleur » (Cass. com., 19 avril 2023, n° 21-20.655). Solution défavorable au repreneur qui néglige l'agrément.
Le cédant qui passe outre en supporte les suites. Lorsque le cédant est tenu de garantir le cessionnaire de l'éviction qu'il subit parce que le bailleur, à qui la cession est inopposable, lui dénie la qualité de locataire, la Cour de cassation juge qu'« il ne peut obtenir du cessionnaire évincé le remboursement des loyers et indemnités d'occupation qu'il a payés au bailleur pour la période où le cessionnaire a occupé sans faute les locaux » (Cass. 3e civ., 4 juillet 2024, n° 23-13.822).
La licence IV est-elle transmise avec le fonds de commerce ?
Elle peut l'être, à condition que l'acte la désigne et que la licence soit encore vivante. La licence de 4e catégorie permet de vendre pour consommer sur place toutes les boissons dont la consommation demeure autorisée ; la licence de 3e catégorie se limite aux groupes un et trois (article L. 3331-1). Le restaurant qui ne vend de l'alcool qu'à l'occasion des principaux repas et comme accessoire de la nourriture peut se contenter d'une licence de restaurant : la petite licence pour les boissons du troisième groupe, la licence restaurant pour toutes les boissons dont la consommation est autorisée (article L. 3331-2).
La transmission obéit à des formalités. Le changement de propriétaire ou de gérant doit être déclaré par écrit, au minimum quinze jours avant qu'il intervienne (article L. 3332-4), et le déclarant doit avoir suivi la formation qui donne lieu au permis d'exploitation (article L. 3332-1-1). Le transfert du débit dans le département suppose l'autorisation du préfet, après consultation obligatoire des maires concernés (article L. 3332-11).
Le premier contrôle porte sur la date de la dernière exploitation : le débit qui a cessé d'exister depuis plus de cinq ans est considéré comme supprimé et ne peut plus être transmis, ce délai étant toutefois étendu en cas de liquidation judiciaire jusqu'à la clôture des opérations et suspendu pendant une fermeture provisoire prononcée par l'autorité judiciaire ou administrative (article L. 3333-1). Le cabinet vérifie ces éléments avant que le prix de la licence soit arrêté.
Le vendeur d'un restaurant peut-il rouvrir un établissement à proximité ?
Le vendeur est tenu de garantir l'acquéreur contre l'éviction, même sans stipulation particulière (article 1626 du code civil). Le vendeur d'un fonds qui ouvre un restaurant comparable dans la même rue s'expose ainsi à ce que l'acquéreur invoque cette garantie pour détournement de la clientèle cédée.
L'interdiction n'est pas illimitée. À propos d'une cession de droits sociaux, la Cour de cassation exige que « l'interdiction pour le vendeur de se rétablir soit proportionnée aux intérêts légitimes à protéger » (Cass. com., 10 novembre 2021, n° 21-11.975). Elle a censuré l'arrêt qui avait sanctionné des cédants rétablis plus de trois ans après la vente, sans rechercher si l'interdiction se justifiait encore à cette date. La justification de l'interdiction s'apprécie donc concrètement, au moment des faits reprochés, au regard de l'activité cédée et du marché concerné. Solution favorable aux vendeurs dans cette affaire.
D'où l'intérêt d'une clause de non-concurrence rédigée dans l'acte, limitée dans le temps et dans l'espace, et adaptée au type de restauration cédé. Le cabinet la rédige selon la position du client, vendeur ou acquéreur, et l'analyse lorsqu'un litige survient.
Faut-il informer les salariés du restaurant avant de vendre le fonds ?
Oui, dans les entreprises qui n'ont pas l'obligation de mettre en place un comité social et économique doté des attributions économiques. Le propriétaire qui veut vendre le fonds en informe les salariés au plus tard un mois avant la vente, afin de leur permettre de présenter une offre (article L. 141-23 du code de commerce). Ce délai résulte de la rédaction en vigueur depuis le 28 mai 2026.
La vente peut intervenir plus tôt si chaque salarié a fait connaître sa décision de ne pas présenter d'offre. Lorsqu'une action en responsabilité est engagée, le juge peut, à la demande du ministère public, prononcer une amende civile qui ne peut excéder 0,5 % du montant de la vente, selon le même article.
La vente ne rompt pas les contrats de travail. En cas de modification dans la situation juridique de l'employeur, notamment par vente, tous les contrats en cours subsistent entre le nouvel employeur et le personnel (article L. 1224-1 du code du travail). L'acquéreur doit donc connaître, avant de signer, les contrats, les salaires et les éventuels litiges qu'il reprend.
Mettre son restaurant en location-gérance : quels risques pour le propriétaire du fonds ?
La location-gérance permet de confier l'exploitation à un gérant qui l'assure à ses risques et périls (article L. 144-1). Le propriétaire conserve le fonds et perçoit une redevance, mais il ne se désintéresse pas de l'exploitation.
Le premier risque tient à la publicité. Jusqu'à la publication du contrat, le loueur est solidairement responsable avec le gérant des dettes contractées pour l'exploitation du fonds (article L. 144-7). Une gérance non publiée expose ainsi le propriétaire aux dettes de fournisseurs qu'il n'a jamais choisis.
Le second tient au personnel. Lorsque le contrat prend fin, notamment par la liquidation du gérant, la Cour de cassation juge que, « sauf ruine du fonds, la résiliation du contrat de location-gérance par le liquidateur judiciaire entraîne le retour du fonds dans le patrimoine de son propriétaire lequel doit assumer toutes les obligations du contrat de travail » (Cass. soc., 3 avril 2024, n° 22-10.261). Le propriétaire reprend donc les salariés dès la résiliation, sauf ruine du fonds. Le cabinet rédige le contrat, les garanties et l'inventaire, et suit la publication.
Un restaurant peut-il ajouter la vente à emporter ou la livraison sans l'accord du bailleur ?
Tout dépend de la destination du bail. Une activité connexe ou complémentaire peut s'ajouter à celle du bail : le locataire fait connaître son intention au propriétaire par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, en indiquant les activités envisagées, et le propriétaire a deux mois pour contester leur caractère connexe ou complémentaire, à peine de déchéance ; en cas de désaccord, le juge se prononce au regard, notamment, de l'évolution des usages commerciaux (article L. 145-47).
Une activité réellement différente relève de la déspécialisation plénière, que le juge peut autoriser eu égard à la conjoncture économique et aux nécessités de l'organisation rationnelle de la distribution, lorsque la nouvelle activité est compatible avec la destination, les caractères et la situation de l'immeuble, le premier locataire d'un local compris dans une unité commerciale définie par un programme de construction ne pouvant toutefois s'en prévaloir pendant neuf ans à compter de son entrée en jouissance (article L. 145-48). Le passage d'un restaurant traditionnel à une cuisine tournée vers la livraison, avec des allées et venues de coursiers et des horaires élargis, mérite d'être examiné sous cet angle.
Le risque de l'activité non autorisée est concret : le bailleur peut délivrer un commandement visant la clause résolutoire, ou s'en servir plus tard pour refuser le renouvellement. Le cabinet relit la clause de destination, rédige la notification et répond à la contestation du bailleur.
Le bailleur refuse de renouveler le bail du restaurant : que vaut le fonds ?
Le bailleur peut refuser le renouvellement, mais il doit en principe une indemnité d'éviction égale au préjudice causé, qui comprend notamment la valeur marchande du fonds, les frais de déménagement et de réinstallation et les droits de mutation d'un fonds de même valeur (article L. 145-14). Le refus sans indemnité suppose l'une des exceptions prévues par la loi, notamment un motif grave et légitime à l'encontre du locataire, avec, pour l'inexécution d'une obligation ou la cessation sans raison sérieuse de l'exploitation, une mise en demeure par acte extrajudiciaire restée sans effet plus d'un mois, ou un immeuble à démolir pour insalubrité reconnue ou ne pouvant plus être occupé sans danger (article L. 145-17).
Le droit au bail entre dans le calcul, même si le restaurateur a retrouvé un local moins cher. La Cour de cassation juge que « L'indemnité d'éviction doit être fixée en tenant compte de la valeur du droit au bail des locaux dont le locataire est évincé, lequel est un élément du fonds de commerce » (Cass. 3e civ., 13 octobre 2021, n° 20-19.340).
Le congé déguisé est traité comme un refus. Un congé qui propose un nouveau bail à des clauses différentes, hors le prix, « doit s'analyser comme un congé avec refus de renouvellement ouvrant droit à indemnité d'éviction » (Cass. 3e civ., 11 janvier 2024, n° 22-20.872). Le cabinet chiffre l'indemnité et discute l'évaluation proposée par l'expert.
Le juge peut-il suspendre une clause résolutoire visant une autre obligation que le loyer ?
Oui. La clause n'opère qu'à l'issue d'un délai d'un mois suivant un commandement resté sans effet, délai que l'acte doit rappeler sous peine de nullité. Tant que la résiliation n'a pas été constatée ou prononcée par une décision ayant acquis l'autorité de la chose jugée, le juge saisi d'une demande de délais peut suspendre la clause (article L. 145-41).
Ce pouvoir n'est pas limité aux loyers impayés. Dans une affaire de restaurant, le commandement visait l'obligation de reprendre l'activité ; la cour d'appel avait refusé d'examiner la demande de délais. La Cour de cassation a cassé l'arrêt, en jugeant que « la suspension des effets d'une clause résolutoire peut être décidée par le juge, quel que soit le manquement à ses obligations reproché au locataire » (Cass. 3e civ., 6 février 2025, n° 23-18.360).
Pour les loyers impayés, la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 a durci la règle : le locataire doit être en mesure d'apurer sa dette et avoir repris le règlement complet du loyer courant avant la première audience. Ce régime s'applique aux demandes de suspension introduites à compter de l'entrée en vigueur de cette loi, selon le même article. Le cabinet vérifie le commandement dès sa réception, car le mois court vite.
Que risque le créancier nanti sur le fonds si le bail du restaurant est résilié ?
Le fonds de commerce peut être nanti, notamment au profit de la banque qui a financé son achat (article L. 142-1). Or le droit au bail en est souvent l'élément principal : s'il disparaît, le gage perd l'essentiel de sa valeur.
La loi protège ce créancier. Le propriétaire qui poursuit la résiliation du bail d'un local où s'exploite un fonds grevé d'inscriptions doit notifier sa demande aux créanciers inscrits, et le jugement ne peut intervenir qu'un mois après cette notification (article L. 143-2).
L'omission engage le bailleur. La Cour de cassation a censuré l'arrêt qui refusait d'indemniser un créancier nanti, alors qu'informé de l'assignation il « aurait pu payer l'arriéré de loyers à la date du commandement de payer et aurait ainsi pu préserver le droit au bail et, par voie de conséquence, le fonds de commerce » (Cass. 3e civ., 25 octobre 2018, n° 17-16.828). Le cabinet vérifie l'état des inscriptions au greffe du lieu d'exploitation du fonds avant toute action.
Vendeur et acquéreur ne s'accordent pas sur le prix calculé d'après le chiffre d'affaires : qui tranche ?
Pas le juge. Le prix de la vente doit être déterminé et désigné par les parties (article 1591 du code civil), mais il peut être laissé à l'estimation d'un tiers (article 1592). La Cour de cassation en déduit que « le juge ne peut procéder à la fixation du prix de la vente » (Cass. com., 4 juin 2025, n° 24-11.580).
Dans cette affaire, l'acte fixait le prix d'après un chiffre d'affaires établi par un tiers désigné d'un commun accord, sous déduction de certaines ventes. Les juges du fond avaient eux-mêmes chiffré les éléments à retrancher, sur lesquels les parties étaient en désaccord. La cassation est intervenue sans renvoi.
La leçon vaut pour les restaurants vendus sur la base d'un multiple du chiffre d'affaires. L'acte doit définir le chiffre retenu, les recettes exclues, la période de référence et le rôle du tiers évaluateur. Le cabinet rédige ces clauses avant la signature, pour éviter que le désaccord ne laisse la vente sans prix.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Textes cités sur cette page, contrôlés sur Légifrance au 1er novembre 2026, puis les pages du cabinet consacrées aux sujets voisins.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN
Réponse du cabinet
Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.
Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me
Réponse du cabinet
Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.
Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.
Réponse du cabinet
Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.
Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !
Réponse du cabinet
La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.
Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.
Réponse du cabinet
Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.
Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.
Réponse du cabinet
Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.
En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !
Réponse du cabinet
Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.
J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz
Réponse du cabinet
Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.
J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.
Réponse du cabinet
Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.
