Vente aux enchères — saisie immobilière et adjudication
Avocat vente aux enchères immobilières à Paris : adjudication, saisie et surenchère.
Salle des criées, bougies de quatre-vingt-dix secondes, enchères portées par les seuls avocats : la vente forcée obéit à un calendrier qui ne tolère aucun report. Le cabinet assiste débiteurs saisis, enchérisseurs, adjudicataires et créanciers devant le juge de l'exécution de Paris.
Audience d'adjudication dans moins de quinze jours ou délai de surenchère de dix jours entamé ? Chaque jour compte : envoyez le commandement, le cahier des conditions et le décompte immédiatement.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — droit immobilier et procédures civiles d'exécution.
Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr
Page mise à jour le 11 juin 2026.
Des enchères réservées aux avocats
Seuls les avocats inscrits au barreau portent les enchères, avec attestation de consignation préalable — caution bancaire irrévocable ou chèque de banque de 10 % de la mise à prix (article R. 322-41-1 du CPCE).
La surenchère du dixième
Dans les dix jours de l'adjudication, par acte d'avocat déposé au greffe avec garantie bancaire : le prix remonte de 10 % et une nouvelle audience s'ouvre. Le onzième jour, c'est irrecevable.
La concentration des moyens
Les contestations se forment avant l'audience d'orientation ; après, elles ne sont recevables que pour des actes ou circonstances postérieurs. Le débiteur qui laisse passer l'orientation perd ses moyens.
Réponse rapide
La saisie immobilière commence par un commandement de payer valant saisie (mentions de l'article R. 321-3 du CPCE à peine de nullité), se joue à l'audience d'orientation — concentration des moyens, vente amiable possible dans un délai de quatre mois prorogeable de trois — et se clôt par l'adjudication. L'adjudicataire consigne le prix sous deux mois, à peine de réitération sur folle enchère. La surenchère de 10 % se forme par avocat dans les dix jours. Chaque délai est préfix.
Comprendre votre situation
Vente aux enchères : ce qui décide vraiment du dossier
Sept points pour défendre une saisie, enchérir en sécurité ou surenchérir dans les délais.
Panneau 1 — La procédure
Une mécanique de délais préfix, du commandement à l'adjudication
Quatre règles structurent la vente forcée immobilière.
Le commandement de payer valant saisie comporte, à peine de nullité, les mentions de l'article R. 321-3 du code des procédures civiles d'exécution : titre exécutoire, décompte détaillé, taux des intérêts moratoires, désignation cadastrale.
L'audience d'orientation concentre les moyens : les contestations postérieures ne sont recevables que pour des actes de la procédure postérieurs ou des circonstances nées après l'audience (Cass. 2e civ., 6 septembre 2018, n° 16-26.059).
La surenchère du dixième se forme par acte d'avocat déposé au greffe dans les dix jours de l'adjudication, avec attestation de garantie bancaire (article R. 322-51 du CPCE) — délai préfix sans régularisation.
À défaut de consignation du prix et de paiement des frais, la vente est résolue de plein droit (article L. 322-12) ; la résolution ne se constate toutefois qu'en l'absence de consignation à la date où le juge statue (Cass. 2e civ., 1er octobre 2020, n° 19-12.830).
Pour le débiteur saisi, la vente amiable autorisée par le juge de l'exécution — quatre mois prorogeables de trois — permet de céder le bien à de meilleures conditions que l'adjudication. Pour l'enchérisseur, la lecture intégrale du cahier des conditions de vente (article R. 322-10) est le préalable absolu : charges, occupations, état hypothécaire.
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle
Chaque rôle a ses pièces décisives, et chaque délai est préfix.
Débiteur saisi
- Commandement de payer valant saisie et titre exécutoire
- Dernier décompte du créancier
- État hypothécaire
- Jugement d'orientation s'il a été rendu
Enchérisseur ou adjudicataire
- Cahier des conditions de vente et jugement d'orientation
- Attestation de garantie bancaire ou chèque de banque
- Mandat à l'avocat enchérisseur
- Plan de financement incluant frais préalables et droits
Erreurs fréquentes : laisser passer l'audience d'orientation sans contester ; sous-estimer les frais préalables et la consignation à deux mois ; déposer la surenchère le onzième jour.
Le cabinet assiste aussi :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Le calendrier de la saisie immobilière ne tolère aucun report : tout se prépare en amont.
Premier échange et envoi du dossier
Appel ou email, envoi du commandement, du cahier des conditions et du dernier décompte. Première lecture juridique sous 24 à 48 heures.
Audit du calendrier et des actes
Mentions obligatoires, computation des délais, causes de nullité, calcul du budget total et de la garantie à provisionner.
Audience d'orientation ou d'adjudication
Conclusions devant le juge de l'exécution, plaidoirie, contestation du commandement, demande de vente amiable ou postulation aux enchères selon le mandat.
Suivi post-adjudication
Consignation et publication du jugement, déclaration de surenchère ou réitération sur folle enchère, coordination avec le commissaire de justice et la publicité foncière.
Pour l'enchérisseur, le cabinet calcule le prix total réel : mise à prix, frais préalables taxés, droits d'enregistrement, honoraires — avant de fixer la limite d'enchère.
Panneau 4 — Le calendrier
La timeline d'une saisie immobilière
Les étapes types jusqu'à l'adjudication et ses suites.
J 0 — Commandement
Signification du commandement valant saisie, publication au service de la publicité foncière dans les deux mois.
J+30 à J+60 — Assignation
Assignation à l'audience d'orientation devant le juge de l'exécution, dénonciation aux créanciers inscrits, dépôt du cahier des conditions de vente.
J+90 à J+150 — Orientation
Concentration des moyens : contestations tranchées, créance fixée, vente amiable autorisée ou vente forcée ordonnée.
J+180 à J+270 — Adjudication
Enchères en salle des criées, adjudication au plus offrant après la dernière bougie de quatre-vingt-dix secondes.
J+10 après — Surenchère
Déclaration de surenchère du dixième par acte d'avocat au greffe, dénonciation aux parties dans les trois jours.
J+2 mois — Consignation
Versement du prix et paiement des frais par l'adjudicataire ; à défaut, intérêts de plein droit puis réitération sur folle enchère.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucun acte sans avoir validé ces points.
Régularité du commandement : mentions de l'article R. 321-3, signification, publication, point de départ des délais.
Cahier des conditions de vente : désignation cadastrale, mise à prix, charges, situation locative, état hypothécaire.
Créance : caractère liquide et exigible, décompte ventilé, taux des intérêts.
Budget de l'enchérisseur : prix total réel, garantie de 10 % de la mise à prix, consignation à deux mois.
Computation des délais préfix : orientation, surenchère de dix jours, dénonciation sous trois jours.
Opportunité de la vente amiable pour le débiteur : mandat, compromis, calendrier de quatre mois prorogeable.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Comment se déroule une audience d'adjudication à Paris ?
L'audience d'adjudication se tient devant le juge de l'exécution du tribunal judiciaire de Paris, dans la salle des criées. Le juge vérifie d'abord la régularité des formalités préalables : publication du commandement de payer valant saisie, apposition des affiches, insertions dans les journaux d'annonces légales. L'avocat poursuivant donne lecture de la désignation du bien et rappelle la mise à prix fixée par le jugement d'orientation. Les enchères sont ensuite portées au rythme cadencé des bougies de quatre-vingt-dix secondes : tant qu'une nouvelle enchère est portée pendant le temps imparti, une nouvelle bougie est lancée. Le bien est adjugé au plus offrant après expiration de la dernière bougie sans nouvelle enchère. Le jugement d'adjudication est rendu sur le siège et constitue le titre de propriété du nouvel acquéreur, sous condition de versement du prix dans le délai légal de deux mois. Toute personne peut assister à l'audience, mais seuls les avocats inscrits au barreau peuvent enchérir.
Qui peut enchérir lors d'une vente aux enchères immobilières ?
Toute personne physique ou morale capable de contracter peut enchérir, à l'exception du débiteur saisi (qui ne peut enchérir sur son propre bien), des magistrats de la juridiction et de leurs proches. En pratique, l'enchère doit obligatoirement être portée par un avocat inscrit au barreau, qui agit pour le compte de son mandant. L'enchérisseur ne peut donc pas se présenter seul à l'audience : il doit constituer un avocat, lui donner mandat exprès, et lui remettre une caution bancaire irrévocable ou un chèque de banque équivalent à 10% du montant de la mise à prix. L'avocat produit, à peine d'irrecevabilité, l'attestation prévue par l'article R. 322-41-1 du code des procédures civiles d'exécution. L'identité du mandant n'est révélée qu'au moment de la dernière enchère retenue, par production de la pièce d'identité ou de l'extrait Kbis selon la nature de l'enchérisseur.
Faut-il un avocat pour enchérir ?
Oui, c'est une obligation absolue. L'article R. 322-39 du code des procédures civiles d'exécution prévoit que les enchères sont portées par ministère d'avocat inscrit au barreau du tribunal judiciaire devant lequel la vente est poursuivie. À Paris, l'avocat doit être inscrit au Barreau de Paris ou y avoir constitué un postulant. Cette obligation est une garantie pour la régularité de la procédure et la sécurisation du paiement : l'avocat atteste sur l'honneur que son mandant lui a remis la garantie financière nécessaire. Le mandat doit être exprès et précis : nom du mandant, désignation du bien, plafond de l'enchère autorisée. L'avocat agit en représentation et engage la responsabilité de son mandant. À l'issue de l'audience, l'avocat dresse le bordereau d'adjudication et accompagne son client dans les démarches de consignation du prix et de paiement des frais préalables.
Qu'est-ce que la surenchère du dixième ?
La surenchère du dixième est le mécanisme qui permet à toute personne intéressée d'augmenter de 10% le prix d'adjudication, déclenchant ainsi une nouvelle audience d'enchères. Elle est régie par l'article R. 322-51 du code des procédures civiles d'exécution. À peine d'irrecevabilité, la déclaration doit être formée par acte d'avocat, déposée au greffe du juge de l'exécution dans les dix jours suivant l'adjudication, et accompagnée d'une attestation de l'avocat certifiant qu'il dispose d'une caution bancaire irrévocable ou d'un chèque de banque équivalent au montant de la mise à prix surenchérie. La déclaration doit être dénoncée à l'adjudicataire, au créancier poursuivant, au débiteur saisi et aux créanciers inscrits dans un délai de trois jours. La validité de la surenchère peut être contestée dans les quinze jours de cette dénonciation. Si la déclaration est régulière, une nouvelle audience est fixée, à laquelle le bien est remis en vente sur la base de la mise à prix surenchérie. La surenchère ne peut pas être rétractée.
Le débiteur saisi peut-il défendre son bien ?
Oui, mais le calendrier est strict. Le débiteur saisi doit concentrer ses moyens à l'audience d'orientation. L'article R. 311-5 du code des procédures civiles d'exécution dispose qu'aucune contestation ni demande incidente ne peut, à peine d'irrecevabilité prononcée d'office, être formée après l'audience d'orientation, à moins qu'elle porte sur des actes de procédure postérieurs à celle-ci. La Cour de cassation veille rigoureusement à cette règle. À l'audience d'orientation, le débiteur peut contester la régularité du commandement, le caractère liquide et exigible de la créance, l'évaluation du bien, la mise à prix, les modalités du cahier des conditions de vente. Il peut également solliciter l'autorisation de procéder à une vente amiable, qui doit intervenir dans un délai maximum de quatre mois prorogeable de trois mois. Une fois passée l'audience d'orientation, les marges de manoeuvre se réduisent considérablement : seuls les actes postérieurs et les circonstances nouvelles susceptibles d'interdire la poursuite de la saisie restent contestables. La saisine d'un avocat dès la signification du commandement est donc cruciale.
Comment lire un cahier des conditions de vente ?
Le cahier des conditions de vente est le document de référence de la vente aux enchères. Il comporte plusieurs sections à examiner attentivement. Premièrement, l'origine de propriété et la désignation cadastrale, qui permettent d'identifier précisément le bien. Deuxièmement, la mise à prix fixée par le jugement d'orientation, à partir de laquelle les enchères seront portées. Troisièmement, les charges et conditions particulières : servitudes, copropriété, occupation par un locataire ou un occupant à titre gratuit, travaux à prévoir, situation locative effective. Quatrièmement, l'état hypothécaire qui révèle les inscriptions grevant le bien. Cinquièmement, l'évaluation établie par expert. Plusieurs pièges classiques exigent vigilance : un bien adjugé reste grevé de ses charges, il peut être occupé sans titre par des occupants difficiles à expulser, il peut comporter des défauts non visibles à la simple lecture. Le cabinet recommande à tout enchérisseur sérieux de visiter les lieux le jour de la visite organisée et de faire analyser le cahier par un avocat avant l'audience.
Quels sont les frais d'adjudication à prévoir ?
L'adjudicataire ne paie pas seulement le prix d'adjudication. Il doit anticiper plusieurs catégories de frais. Premièrement, les frais préalables taxés, qui couvrent les actes du commissaire de justice, les publications, les diligences du créancier poursuivant. Ces frais sont taxés par le juge à l'audience d'adjudication et payés en sus du prix. Deuxièmement, les droits d'enregistrement et taxes immobilières (5,80% en moyenne, selon les départements), à régler dans le délai légal après l'adjudication. Troisièmement, les honoraires de l'avocat enchérisseur, négociés librement. Quatrièmement, les éventuels frais de surenchère si la vente est remise. L'enchérisseur sérieux compte généralement 8 à 12% de frais sur le prix d'adjudication, en plus du prix lui-même. Pour un bien adjugé à 300 000 EUR, il faut donc prévoir un budget total de l'ordre de 325 000 à 335 000 EUR, à consigner ou régler dans le délai de deux mois prévu par l'article R. 322-66 du CPCE. Une mauvaise anticipation expose à la folle enchère et à ses conséquences financières lourdes.
Que se passe-t-il en cas de défaillance de l'adjudicataire ?
L'adjudicataire qui ne consigne pas le prix dans le délai de deux mois prévu par l'article R. 322-66 du CPCE devient un fol enchérisseur. La procédure de réitération des enchères, prévue par l'article L. 322-12 du CPCE, peut alors être engagée. Le créancier poursuivant adresse d'abord une mise en demeure de payer sous huit jours. Si l'adjudicataire ne s'exécute pas, le créancier saisit à nouveau le juge de l'exécution pour fixer une nouvelle audience d'enchères. À cette audience, l'adjudicataire défaillant doit obligatoirement être appelé : la Cour de cassation a jugé que l'adjudicataire défaillant, propriétaire du bien tant que la résolution de la vente n'a pas été constatée, doit être appelé à l'audience d'adjudication sur réitération des enchères, à laquelle il est partie (Cass. 2e civ., 9 juin 2022, n° 20-21.352, Bull.). Si le bien est revendu à un prix inférieur, le fol enchérisseur supporte la différence entre son enchère initiale et le prix de revente, et ne peut prétendre à aucune restitution des sommes déjà versées au titre des frais.
Peut-on négocier le prix après l'adjudication ?
Non. Le jugement d'adjudication fige le prix : aucune négociation a posteriori n'est possible avec le créancier poursuivant ou le débiteur saisi. L'adjudication est ferme et définitive sous réserve du versement du prix et du paiement des frais. Les seules ouvertures restent la surenchère du dixième par un tiers (qui augmente le prix de 10% mais ne le diminue pas) ou la résolution de la vente en cas de défaillance de l'adjudicataire (qui aboutit à une remise en vente, pas à une renégociation). Cette rigidité justifie une préparation minutieuse en amont : visite préalable, audit du cahier des conditions de vente, calcul du budget total avec frais, plafond d'enchère fixé par écrit avec l'avocat. L'enchérisseur qui se laisse emporter à l'audience et dépasse son plafond ne dispose d'aucun moyen de retour en arrière, sauf à devenir lui-même fol enchérisseur, ce qui aboutit à des conséquences financières lourdes. La discipline budgétaire est donc essentielle.
Quelle est la différence entre vente amiable et vente forcée ?
La vente amiable est l'option offerte par le juge de l'exécution au débiteur saisi à l'audience d'orientation. Si le débiteur en fait la demande et justifie d'une perspective sérieuse de cession à un acquéreur de son choix, le juge peut autoriser la vente amiable, qui doit intervenir dans un délai maximum de quatre mois prorogeable une fois de trois mois. Le débiteur conserve la maîtrise de la cession : il négocie le prix, choisit l'acquéreur, signe le compromis, qui est ensuite homologué par le juge. La vente forcée par adjudication est la voie classique : le bien est mis aux enchères publiques en salle des criées, sans que le débiteur ait son mot à dire sur l'identité de l'acquéreur ni sur le prix final. La vente amiable présente plusieurs avantages : prix souvent supérieur (le marché libre étant plus dynamique que la vente aux enchères), absence de frais de criée, négociation possible avec l'acquéreur sur les conditions. Elle suppose toutefois la coopération du débiteur, sa capacité à proposer un acquéreur solvable, et le respect du calendrier strict imposé par le juge.
Comment fonctionne la mise à prix ?
La mise à prix est le montant à partir duquel les enchères seront portées. Elle est fixée par le jugement d'orientation, sur proposition du créancier poursuivant et après avoir entendu le débiteur saisi. Le créancier poursuivant la fixe librement, mais il n'a pas intérêt à la fixer trop bas : si aucun enchérisseur ne se manifeste, le bien lui est adjugé d'office au montant de la mise à prix. La mise à prix est généralement fixée entre 50% et 80% de la valeur d'expertise du bien, selon la conjoncture du marché et le niveau de la dette. Le débiteur saisi peut contester la mise à prix à l'audience d'orientation : il peut soutenir qu'elle est manifestement insuffisante au regard de la valeur réelle du bien, ce qui exposerait le bien à une vente bradée. Le juge tranche en fonction de l'évaluation et des éléments du débat. Lors de l'audience d'adjudication, les enchères se développent à partir de la mise à prix par paliers libres choisis par les avocats, jusqu'à l'arrêt des enchères et l'adjudication au plus offrant.
Quel délai pour contester une vente aux enchères ?
Les délais sont stricts et varient selon l'objet de la contestation. Pour contester le commandement de payer, la régularité de la procédure ou l'évaluation du bien, le débiteur saisi doit agir avant l'audience d'orientation, sous peine de forclusion. Une fois l'audience d'orientation passée, l'article R. 311-5 du CPCE rend irrecevables les contestations nouvelles, sauf si elles portent sur des actes postérieurs ou des circonstances nouvelles susceptibles d'interdire la poursuite de la saisie. Pour contester la validité d'une déclaration de surenchère, le délai est de quinze jours à compter de la dénonciation aux parties. Pour contester le jugement d'adjudication, l'appel n'est ouvert que dans des cas limitativement énumérés et dans un délai bref. Le pourvoi en cassation reste ouvert dans les cas d'excès de pouvoir, comme la jurisprudence Cass. 2e civ., 9 juin 2022, n° 20-21.352 (Bull.) qui sanctionne l'absence d'appel de l'adjudicataire défaillant à l'audience de réitération. La règle d'or : agir vite, idéalement avant l'audience d'orientation, où tout se joue.
Le créancier peut-il surenchérir lui-même ?
Oui, le créancier poursuivant ou tout créancier inscrit peut former une surenchère, dans les mêmes conditions que tout autre intéressé : déclaration par acte d'avocat dans les dix jours suivant l'adjudication, accompagnée d'une attestation de garantie bancaire. Cette stratégie est utilisée lorsque l'adjudication a été emportée à un prix qu'ils jugent insuffisant pour couvrir leur créance. La surenchère oblige alors une nouvelle audience d'enchères avec une mise à prix majorée de 10%. Si à cette nouvelle audience aucun tiers ne se manifeste à un prix supérieur, le créancier surenchérisseur devient lui-même adjudicataire au montant de la mise à prix surenchérie. Il doit alors consigner le prix et payer les frais comme tout adjudicataire, sous peine de devenir fol enchérisseur. Cette opération a un coût et n'est pas sans risque : le créancier prend le bien à un prix qui peut s'avérer supérieur à sa valeur réelle. Elle se justifie surtout lorsque le créancier estime pouvoir revendre le bien rapidement à un meilleur prix, ou lorsqu'il a des projets stratégiques sur l'immeuble. Le cabinet conseille les créanciers sur l'opportunité de cette stratégie au cas par cas.
Comment se déroule une audience de surenchère ?
L'audience de surenchère se déroule selon les mêmes modalités que l'audience d'adjudication initiale. Elle est fixée par le greffe à la suite de la déclaration de surenchère régulière. Tous les intéressés sont avisés : adjudicataire initial, créancier poursuivant, débiteur saisi, créanciers inscrits, surenchérisseur. La mise à prix est désormais le prix d'adjudication initial majoré de 10%. À cette audience, toute personne peut enchérir par avocat, y compris l'adjudicataire initial qui a été déchu par la surenchère et peut tenter de récupérer le bien. Si une enchère supérieure à la nouvelle mise à prix est portée, le bien est adjugé au plus offrant. Si aucune enchère n'est portée au-dessus de la nouvelle mise à prix, le bien est adjugé au surenchérisseur au montant de la mise à prix surenchérie. Le surenchérisseur devient alors adjudicataire et doit consigner le prix dans le délai de deux mois. La surenchère est donc un acte engageant : le surenchérisseur est lié et doit assumer l'achat si aucun tiers ne porte d'enchère plus élevée.
Combien coûte un accompagnement par avocat ?
Le cabinet adapte sa proposition à la nature et à la complexité du dossier. Pour un débiteur saisi qui souhaite préparer l'audience d'orientation, l'accompagnement couvre l'audit du commandement, la lecture du cahier des conditions de vente, la rédaction des conclusions de contestation, la plaidoirie à l'audience, et le suivi post-orientation. Pour un enchérisseur ou un adjudicataire potentiel, l'accompagnement couvre l'audit du cahier, le calcul du budget total, la stratégie d'enchère, la postulation à l'audience d'adjudication, la déclaration de surenchère ou les démarches de consignation et de publication. Pour un surenchérisseur, l'accompagnement inclut la rédaction de la déclaration de surenchère, la dénonciation aux parties dans les trois jours, la postulation à l'audience de surenchère. Les honoraires sont fixés en début de mission après analyse du dossier. Le cabinet privilégie la transparence et la prévisibilité : un devis détaillé est remis dès le premier rendez-vous. Pour une première analyse de cahier des conditions de vente sans suite obligée, comptez sur une consultation rapide à coût fixe.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Code des procédures civiles d'exécution sur Légifrance — saisie immobilière, articles L. 311-1 et suivants, R. 321-1 et suivants
- Code de procédure civile sur Légifrance — règles générales de procédure
Synthèse
Situation, preuve, délai, action
Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.
| Situation | Preuve décisive | Délai | Action utile |
|---|---|---|---|
| Commandement de payer reçu | Acte signifié, titre exécutoire, état de la dette | Avant l'audience d'orientation | Audit du commandement, conclusions en contestation, demande de vente amiable |
| Audience d'orientation imminente | Cahier des conditions, jugement d'orientation, décompte | Au moins 15 jours avant l'audience | Concentration des moyens, contestation du commandement, demande de délais |
| Vente amiable autorisée | Mandat de vente, projet de compromis, acquéreur | 4 mois prorogeables de 3 mois | Suivi du calendrier, présentation du compromis, paiement des frais préalables taxés |
| Adjudication intervenue | Jugement d'adjudication, état des frais | 2 mois pour consigner le prix | Consignation à la Caisse des dépôts, paiement des frais, publication du jugement |
| Surenchère envisagée | Caution bancaire, mandat, identité des parties | 10 jours suivant l'adjudication | Déclaration par acte d'avocat au greffe, dénonciation aux parties dans les 3 jours |
| Adjudicataire défaillant | Mise en demeure de payer sous 8 jours | Après expiration du délai de 2 mois | Réitération des enchères, procédure article L. 322-12 CPCE, charge de la différence |
Dossiers
Cas pratiques du cabinet
Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.
Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des dossiers traités. Les chiffres correspondent à des dossiers réels arrondis par discrétion.
Surenchère du dixième : prix passé de 285 000 à 313 500 EUR
Un appartement parisien adjugé à 285 000 EUR au profit d'un investisseur. Le débiteur saisi, conseillé par le cabinet, a fait déposer une déclaration de surenchère par acte d'avocat le huitième jour, accompagnée d'une caution bancaire. La nouvelle audience a vu un tiers porter l'enchère à 313 500 EUR, soit la mise à prix surenchérie. Le débiteur n'a pas pu reprendre le bien mais le surplus a permis d'éteindre l'intégralité de la dette.
Action : surenchère stratégique. Résultat : prix +10%, dette intégralement soldée.
Annulation procédure pour vice de signification
Procédure engagée à l'encontre d'une SCI familiale. Audit du commandement à l'audience d'orientation : irrégularité de la signification au siège social, décompte erroné, défaut de mention du taux des intérêts moratoires. Conclusions ciblées et plaidoirie aboutissent à la nullité du commandement. Le créancier doit recommencer la procédure, ce qui repousse l'adjudication de plusieurs mois et ouvre une fenêtre de négociation.
Action : exception de nullité. Résultat : annulation et délai supplémentaire pour la SCI.
Folle enchère : revente avec différence à charge
Un investisseur s'est porté adjudicataire d'un local commercial parisien à 410 000 EUR sans vérifier sa capacité réelle de financement. À l'expiration du délai de deux mois, il n'a pas consigné. Le créancier a engagé la réitération des enchères, en appelant l'adjudicataire défaillant. Le bien a été revendu à 365 000 EUR. Le fol enchérisseur a été condamné à supporter la différence de 45 000 EUR plus les frais.
Action : réitération article L. 322-12. Résultat : 45 000 EUR à la charge du défaillant.
Une vente aux enchères imminente ? Réagissez aujourd'hui.
Débiteur saisi, enchérisseur, adjudicataire ou surenchérisseur : le calendrier procédural décide souvent du sort du dossier. Envoyez le commandement, le cahier des conditions et le décompte : le cabinet répond sous 24 à 48 heures.