Avocat droit maritime à Paris

Charger. Prouver. Réclamer.

Cavalier d'échecs ouvert sur des pièces noires, image de la stratégie face au transporteur maritime
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Connaissement, réserves, constat d'avarie : présentez-nous le transport tel qu'il s'est déroulé.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Droit maritime : la marchandise, le navire et le chargeur

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Chargeurs, destinataires, assureurs · Paris 17e

Ce que fait un avocat en droit maritime à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit maritime
  • Cabinet à Paris 17e

Avocat au Barreau de Paris : contrat de transport par mer, connaissement, réserves, plafond d'indemnisation, recours contre le transporteur, le manutentionnaire ou le commissionnaire.

Par le contrat de transport maritime, le chargeur paie un fret et le transporteur s'engage à acheminer une marchandise déterminée d'un port à un autre (article L. 5422-1 du code des transports). Le transporteur répond des pertes et avaries survenues depuis la prise en charge jusqu'à la livraison, sauf à établir l'un des cas exceptés que la loi énumère, parmi lesquels la faute du chargeur dans l'emballage ou le marquage (article L. 5422-12). Sa dette reste plafonnée, par colis ou par kilogramme, sauf déclaration de valeur insérée au connaissement (article L. 5422-14). Le cabinet part donc des documents du transport : qui a contracté, ce que décrit le connaissement, à quelle date et dans quel état la marchandise a été remise.

Envoyez le connaissement, les réserves et le constat d'avarie dont vous disposez, même partiels : le cabinet les classe et vous indique ce qui manque, au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Charger : décrire et déclarer

Le chargeur garantit l'exactitude des mentions qu'il fait inscrire au connaissement (article L. 5422-4) ; une déclaration de valeur acceptée par le transporteur écarte le plafond légal (article L. 5422-14).

Prouver : réserver par écrit

Les réserves écrites partent au plus tard à la livraison, ou dans les trois jours pour un dommage non apparent ; à défaut, la marchandise est présumée reçue conforme au connaissement (article R. 5422-24).

Réclamer : agir dans l'année

L'action en responsabilité contre le transporteur pour pertes ou avaries doit être engagée dans l'année (article L. 5422-18), délai compté du jour où la marchandise est remise ou offerte au destinataire (article R. 5422-26).

Les leviers

Prouver, réserver, chiffrer, agir

Quatre règles décident du sort d'une réclamation portant sur une marchandise transportée par mer.

  1. La livraison est une remise matérielle, non une formalité : pour la Cour de cassation, « La livraison, qui met fin à l'exécution du contrat de transport, s'entend de l'opération matérielle par laquelle le transporteur remet la marchandise à l'ayant droit, celui-ci étant en mesure d'en prendre possession et d'en vérifier l'état » (Cass. com., 24 mai 2023, n° 21-15.151). Elle ajoute que, sauf clause contraire, « la seule remise de la marchandise par le transporteur maritime à une entreprise portuaire qui disposerait d'un monopole pour la manutention des marchandises ne vaut pas, en soi, livraison » (même arrêt), de sorte que le transporteur restait présumé responsable des palettes manquantes constatées à l'ouverture du conteneur.
  2. Le destinataire peut agir sans être nommé au connaissement : les mentions du document ne réservent pas la qualité de partie aux seules personnes qu'il désigne, et « l'action contractuelle peut être ouverte au destinataire qui invoque un préjudice du fait du transport » (Cass. com., 14 décembre 2022, n° 20-17.768).
  3. Le plafond se compte sur les colis énumérés au connaissement : la Cour de cassation a censuré l'arrêt qui retenait onze colis alors que « le connaissement portait mention du chargement de 387 caisses réunies en 10 palettes, de sorte que la limitation de responsabilité devait être calculée sur cette base » (Cass. com., 24 mai 2023, n° 21-19.835). Dans une autre affaire, soumise à la convention dans sa version d'origine, elle a rejeté le pourvoi des assureurs de la marchandise en relevant que « C'est dans l'exercice de son pouvoir souverain d'appréciation des mentions figurant au connaissement que la cour d'appel a estimé que les parties aux contrat de transport, avaient, en l'espèce, désigné le conteneur comme unité de fret » (Cass. com., 21 mai 2025, n° 24-11.519), solution défavorable aux ayants droit, le conteneur servant d'unité pour le plafond.
  4. Le délai d'un an vaut aussi sans connaissement : un simple document de réservation a suffi à soumettre la demande d'un chargeur à la prescription annale, la Cour approuvant les juges d'avoir énoncé que « l'absence de connaissement peut être suppléée par tout document similaire » (Cass. com., 6 janvier 2021, n° 18-15.228), au détriment de ce chargeur.

Le fréteur impayé ne retient pas n'importe quelle cargaison : la Cour de cassation juge que « le droit de rétention conventionnel que le fréteur tient du contrat d'affrètement ne peut être exercé que sur les biens de son cocontractant » (Cass. com., 14 juin 2023, n° 20-19.948), sauf connexité entre sa créance et la marchandise d'un tiers.

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir pour reconstituer le transport

La preuve se joue sur les documents émis au départ et sur les constats faits à l'arrivée.

Position A

Chargeur ou vendeur

  • Connaissement, lettre de transport maritime ou réservation, recto et verso
  • Facture commerciale, liste de colisage, déclaration de valeur éventuelle
  • Instructions d'empotage, photographies du chargement, numéros de plombs
  • Contrat de vente, règle Incoterm retenue, ordre donné au commissionnaire

Position B

Destinataire ou assureur de la marchandise

  • Réserves écrites adressées au transporteur, avec leur date
  • Rapport d'expertise contradictoire et convocations envoyées
  • Avis d'arrivée, bon de livraison, relevés de température du conteneur
  • Quittance d'indemnité et acte de subrogation, datés

Erreurs fréquentes : enlever la marchandise sans réserve écrite ; laisser courir l'année pendant une discussion amiable ; ignorer la clause de compétence imprimée au verso ; verser l'indemnité d'assurance sans dater la subrogation.

Selon le dossier, interviennent aussi :

  • Expert maritime
  • Commissaire d'avaries
  • Assureur facultés
  • Commissionnaire de transport

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

L'ordre ne change pas : sauver les délais, établir le dommage, désigner le bon débiteur, puis chiffrer.

Étape 1

Délais et réserves

Contrôle immédiat de la date de livraison, des réserves adressées et du délai d'un an ; prorogation négociée par écrit lorsque c'est utile.

Étape 2

Chaîne contractuelle

Identification du transporteur effectif, du commissionnaire, du manutentionnaire et des documents qui les lient, recto et verso.

Étape 3

Preuve du dommage

Expertise contradictoire, convocation des intervenants, constat de l'état de la marchandise et de son conditionnement.

Étape 4

Chiffrage et action

Calcul du plafond par colis ou par kilogramme, réclamation écrite, recherche d'un accord, puis saisine de la juridiction compétente.

Repères : réserves au plus tard à la livraison, trois jours pour un dommage non apparent (article R. 5422-24) ; action contre le transporteur dans l'année (article L. 5422-18) ; action entre l'assuré et son assureur maritime dans les deux ans (article L. 172-31 du code des assurances).

Le calendrier

Les étapes d'une réclamation sur marchandise

De l'arrivée du navire à l'action en justice, durées indicatives selon le dossier.

  1. Livraison

    Jour J. Réserves écrites au transporteur ou à son représentant au port de déchargement.

  2. Dommage caché

    Trois jours. Notification écrite d'un dommage non apparent, jours fériés non compris (article R. 5422-24).

  3. Expertise

    Semaines 1-4. Constat contradictoire, convocation du transporteur, du manutentionnaire et du commissionnaire.

  4. Réclamation

    Mois 1-3. Chiffrage, plafond applicable, demande écrite, échanges avec l'assureur de la marchandise.

  5. Prorogation

    Accord conclu après le sinistre, à formaliser par écrit, qui prolonge le délai d'un an (article L. 5422-18).

  6. Action

    Avant l'expiration du délai d'un an. Assignation devant la juridiction compétente, puis appels en garantie des autres intervenants.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune réclamation n'est engagée sans avoir validé ces points.

  • Date et lieu de la livraison effective, remise matérielle à l'ayant droit.
  • Réserves écrites, leur destinataire et leur date.
  • Qualité pour agir : chargeur, destinataire, tiers porteur, assureur subrogé.
  • Clause de compétence et loi désignée au verso du document de transport.
  • Colis ou unités énumérés au connaissement, déclaration de valeur.
  • Rôle de chaque intervenant : transporteur, commissionnaire, manutentionnaire.

Synthèse

Situation, risque, acte, décision

Les arbitrages les plus courants pour un chargeur, un destinataire ou son assureur.

Situation

Conteneur ouvert au terminal, palettes manquantes

Risque principal : Débat sur le moment de la livraison.

Acte à privilégier : Constat contradictoire à l'ouverture, plombs relevés.

Décision recommandée : Réserves écrites le jour même.

Situation

Avarie découverte après l'enlèvement

Risque principal : Présomption de réception conforme.

Acte à privilégier : Notification écrite dans les trois jours.

Décision recommandée : Expertise contradictoire sans attendre.

Situation

Destinataire absent du connaissement

Risque principal : Qualité pour agir contestée.

Acte à privilégier : Preuve du préjudice subi du fait du transport.

Décision recommandée : Agir en propre ou par l'assureur subrogé.

Situation

Clause de compétence étrangère au verso

Risque principal : Renvoi du litige hors de France.

Acte à privilégier : Examen de l'acceptation et de la lisibilité de la clause.

Décision recommandée : Si elle est inopposable, vérifier qu'une règle de compétence permet de saisir un juge français.

Situation

Cargaison de forte valeur

Risque principal : Indemnité plafonnée par colis ou par kilogramme.

Acte à privilégier : Déclaration de valeur insérée au connaissement.

Décision recommandée : Déclarer avant l'embarquement.

Situation

Cargaison retenue par le fréteur

Risque principal : Blocage pour une dette de l'affréteur.

Acte à privilégier : Contestation de la connexité entre créance et marchandise.

Décision recommandée : Demander la restitution en justice.

Questions fréquentes

Vos questions : transport maritime de marchandises

Pourquoi consulter un avocat en droit maritime dès l'arrivée d'une marchandise endommagée ?

Parce que l'essentiel se décide en quelques jours. Le réceptionnaire doit adresser ses réserves écrites au transporteur ou à son représentant au port de déchargement, au plus tard au moment de la livraison ; sinon la marchandise est présumée, sauf preuve contraire, reçue telle que le connaissement la décrit (article R. 5422-24). Pour un dommage non apparent, la notification peut encore partir dans les trois jours qui suivent la livraison, jours fériés non compris.

L'action elle-même doit être engagée dans l'année (article L. 5422-18), délai qui court du jour où la marchandise est remise ou offerte au destinataire, ou du jour où elle aurait dû l'être en cas de perte totale (article R. 5422-26). De simples pourparlers avec la compagnie ne suffisent pas à le préserver : il faut un accord de prolongation conclu après le sinistre, à formaliser par écrit pour en garder la preuve, ou une cause d'interruption ou de suspension de la prescription, comme la reconnaissance du droit par le débiteur (article 2240 du code civil) ou la demande en justice (article 2241).

Le cabinet vérifie les réserves, organise une expertise contradictoire, identifie le débiteur et chiffre la demande pendant que les délais restent ouverts. Il examine aussi le verso du document de transport, où figurent souvent la loi choisie et la juridiction désignée.

À quel moment la marchandise est-elle juridiquement livrée au destinataire ?

La Cour de cassation définit la livraison par un fait matériel : « La livraison, qui met fin à l'exécution du contrat de transport, s'entend de l'opération matérielle par laquelle le transporteur remet la marchandise à l'ayant droit, celui-ci étant en mesure d'en prendre possession et d'en vérifier l'état » (Cass. com., 24 mai 2023, n° 21-15.151). Le critère tient donc à la possibilité concrète, pour l'ayant droit, de prendre possession de la marchandise et d'en vérifier l'état.

Dans cette affaire, le conteneur avait été remis à un organisme portuaire en situation de monopole. La Cour pose que, sauf clause contraire, « la seule remise de la marchandise par le transporteur maritime à une entreprise portuaire qui disposerait d'un monopole pour la manutention des marchandises ne vaut pas, en soi, livraison » (même arrêt). Les parties avaient toutefois convenu, par une clause du connaissement, d'une livraison à l'ouverture du conteneur ; celle-ci, faite en présence du transporteur, avait révélé 23 palettes manquantes sur 44, et la Cour approuve les juges du fond d'avoir retenu que le transporteur restait présumé responsable du manquant.

La date de livraison commande à la fois le délai des réserves et le point de départ de la prescription d'un an (article R. 5422-26). Le cabinet la reconstitue à partir des avis d'arrivée, des documents du terminal, des numéros de plombs et des constats dressés à l'ouverture.

Le destinataire qui n'est pas nommé au connaissement peut-il agir contre le transporteur ?

Oui, s'il établit un préjudice né du transport. La Cour de cassation juge que les mentions du connaissement n'ont pas pour objet de réserver la qualité de partie aux seules personnes qu'elles désignent, de sorte que « l'action contractuelle peut être ouverte au destinataire qui invoque un préjudice du fait du transport » (Cass. com., 14 décembre 2022, n° 20-17.768).

Ce destinataire n'est lié par le document que pour les conditions du transport lui-même. La même décision en tire une conséquence sur la compétence : « L'acceptation de cette clause attributive de juridiction ne peut être déduite de l'existence d'un usage en matière de transport international, ni des seules relations commerciales antérieures entre les parties » (même arrêt). Dans l'espèce, la clause désignant un tribunal de Séoul, imprimée en très petits caractères au verso, avait été jugée illisible, et la compétence des juridictions françaises n'a pas été remise en cause.

L'arrêt a toutefois été cassé sur d'autres points, notamment au détriment de l'assureur de la marchandise. Sous l'empire de l'ancien article 1250 du code civil, la Cour rappelle que « la subrogation conventionnelle de l'assureur dans les droits de l'assuré résulte de la volonté expresse de ce dernier, manifestée concomitamment ou antérieurement au paiement reçu de l'assureur » (même arrêt), et reproche aux juges de ne pas avoir vérifié cette concomitance. Le cabinet contrôle donc aussi la date de la quittance au regard du paiement.

Une clause de compétence étrangère imprimée sur le document de transport s'impose-t-elle au destinataire ?

Pas toujours. Pour une lettre de transport maritime, document non négociable, la Cour de cassation a jugé, au visa de l'article 25 du règlement (UE) n° 1215/2012, que la clause convenue entre transporteur et chargeur ne produit effet contre le tiers porteur que si celui-ci a succédé aux droits et obligations du chargeur selon le droit national applicable ; à défaut, son consentement doit être vérifié.

Elle a surtout précisé que « le destinataire réel de la marchandise ou son mandataire, qui ne figure en aucune qualité sur une lettre de transport maritime, ne peut être considéré comme un tiers porteur de ce document » (Cass. com., 20 octobre 2021, n° 20-14.275). La clause qui renvoyait le litige devant la High Court de Londres ne pouvait donc pas être opposée à l'assureur subrogé dans les droits du mandataire de ce destinataire, et l'arrêt qui avait déclaré incompétente la juridiction consulaire du Havre a été cassé.

Pour un connaissement, la règle est voisine : la clause n'est opposable au destinataire que s'il l'a spécialement acceptée, ou si la compétence qu'elle institue s'impose en vertu d'un traité ou du droit de l'Union (Cass. com., 14 décembre 2022, n° 20-17.768). Le cabinet examine la nature du document émis, la place et la lisibilité de la clause et la qualité de celui qui agit, avant de choisir la juridiction à saisir.

Comment se calcule le plafond d'indemnisation lorsque la marchandise voyage en conteneur ?

Le transporteur maritime bénéficie d'une limitation fixée par l'article 4, paragraphe 5, de la convention de Bruxelles de 1924, à laquelle renvoie le code des transports (article L. 5422-13). Dans sa version modifiée par les protocoles de 1968 et 1979, la convention retient le plus élevé de deux montants : 666,67 unités de compte par colis ou unité, ou 2 unités de compte par kilogramme de poids brut, la limite la plus élevée étant applicable (Cass. com., 24 mai 2023, n° 21-19.835).

Le décompte des colis dépend du connaissement. Lorsque celui-ci énumère des colis regroupés sur une palette ou dans un conteneur, chacun compte. La Cour de cassation a ainsi censuré un arrêt qui avait retenu onze colis, alors que « le connaissement portait mention du chargement de 387 caisses réunies en 10 palettes, de sorte que la limitation de responsabilité devait être calculée sur cette base » (Cass. com., 24 mai 2023, n° 21-19.835).

Dans une autre affaire, portant sur des conteneurs de maïs doux empotés en vrac et soumise à la convention dans sa version d'origine, la Cour a rejeté le pourvoi des assureurs de la marchandise en relevant que « C'est dans l'exercice de son pouvoir souverain d'appréciation des mentions figurant au connaissement que la cour d'appel a estimé que les parties aux contrat de transport, avaient, en l'espèce, désigné le conteneur comme unité de fret » (Cass. com., 21 mai 2025, n° 24-11.519). Le conteneur constituait alors l'unité retenue pour le plafond, solution défavorable aux ayants droit de la cargaison. La rédaction du connaissement se prépare donc au départ, avec la liste de colisage.

Le chargeur peut-il obtenir une indemnisation au-delà du plafond légal ?

Deux voies existent. La première est contractuelle : le chargeur déclare la nature et la valeur de la marchandise ; insérée dans le connaissement et acceptée par le transporteur, cette déclaration écarte la limitation et fait foi contre lui, sauf preuve contraire (article L. 5422-14). Les parties peuvent aussi convenir d'une somme supérieure au plafond (article L. 5422-13).

La seconde tient à la faute : le transporteur perd la limitation s'il est prouvé que le dommage résulte de son fait ou de son omission personnels, commis avec l'intention de le provoquer, ou témérairement et avec conscience qu'il en résulterait probablement (article L. 5422-14). La preuve porte sur le comportement du transporteur lui-même, et elle est exigeante.

Reste la lettre de garantie, par laquelle le chargeur promet d'indemniser le transporteur qui délivre un connaissement sans réserves : elle est nulle à l'égard des tiers, et si la réserve volontairement omise concernait un défaut que le transporteur connaissait ou devait connaître, celui-ci ne peut plus invoquer la limitation (article L. 5422-5). Le cabinet examine ces mécanismes avant l'embarquement lorsque la valeur de la cargaison le justifie.

Passer par un commissionnaire de transport change-t-il les recours du chargeur ?

Le commissionnaire organise et fait exécuter le transport en son propre nom, selon les modes de son choix, pour le compte de son client (article L. 1411-1). Il est garant des avaries et des pertes, sauf stipulation contraire ou force majeure (article L. 132-5 du code de commerce), ainsi que des faits du commissionnaire intermédiaire auquel il adresse les marchandises (article L. 132-6).

Cette garantie a ses limites. Pour des équipements industriels acheminés par mer puis endommagés pendant le trajet routier final, la Cour de cassation a approuvé les juges d'avoir retenu que « le commissionnaire de transport n'engage sa responsabilité pour son fait personnel que lorsque celui-ci est à l'origine des avaries ou pertes de marchandises » (Cass. com., 29 mars 2023, n° 21-10.017). Tenu comme garant de ses substitués, le commissionnaire ne l'a été que dans les limites du contrat type, solution défavorable aux donneurs d'ordre.

Encore faut-il que la qualité de commissionnaire soit établie pour l'envoi en cause. À propos d'un envoi de colis, hors transport maritime, la Cour a cassé un arrêt fondé sur des motifs « tirés de documents généraux, impropres à caractériser la conclusion » (Cass. com., 30 avril 2025, n° 23-23.458) d'un contrat de commission pour les marchandises litigieuses. Le cabinet identifie donc, document par document, qui a contracté avec qui.

Qui répond des dommages survenus pendant la manutention portuaire ?

L'entrepreneur de manutention réalise la mise à bord et le débarquement, y compris les opérations sous hangar ou sur terre-plein qui les précèdent ou les suivent (article L. 5422-19). Il opère pour le compte de celui qui l'a requis, seul à pouvoir agir contre lui (article L. 5422-20), et il répond des dommages qui lui sont imputables (article L. 5422-21).

La Cour de cassation l'a rappelé en 2026 : « l'entrepreneur de manutention qui accomplit les opérations de mise à bord et de débarquement des marchandises est responsable des dommages qui lui sont imputables » (Cass. com., 14 janvier 2026, n° 24-13.726). Elle a cassé l'arrêt qui avait rejeté la demande du transporteur tendant à être garanti par le manutentionnaire des frais d'expertise mis à sa charge après un sinistre survenu pendant la manutention, et renvoyé l'affaire devant la cour d'appel.

Sa responsabilité est plafonnée comme celle du transporteur, sauf déclaration de valeur qui lui a été notifiée (article L. 5422-23), et ce plafond couvre plus que la marchandise : la Cour approuve les juges d'avoir énoncé que « la limitation de responsabilité de l'entreprise de manutention portuaire s'applique, non seulement aux dommages causés à la marchandise, mais aussi à ceux consécutifs ou annexes à ce préjudice principal » (Cass. com., 22 novembre 2023, n° 22-17.843). Toute clause qui l'exonérerait ou abaisserait ce plafond est nulle à l'égard du chargeur et du réceptionnaire (article L. 5422-24).

Le fréteur ou le transporteur impayé peut-il retenir la cargaison ?

Le capitaine peut, sur autorisation judiciaire, faire vendre une partie de la marchandise pour le paiement du fret, à moins que le destinataire ne préfère fournir une caution, et faire ordonner le dépôt du surplus (article R. 5422-20). La voie est encadrée et passe par le juge.

Le fréteur qui tient d'une charte-partie un droit de rétention ne peut pas l'opposer à tout propriétaire de cargaison. La Cour de cassation juge que « le droit de rétention conventionnel que le fréteur tient du contrat d'affrètement ne peut être exercé que sur les biens de son cocontractant » (Cass. com., 14 juin 2023, n° 20-19.948), sans préjudice d'une rétention fondée sur une connexité matérielle ou juridique entre la créance et la marchandise d'un tiers. Elle a cassé l'arrêt qui avait admis la rétention de bauxite appartenant à un tiers sans constater cette connexité.

Pour le propriétaire de la marchandise, la question est donc celle du lien entre la dette invoquée et sa cargaison. Le cabinet examine la chaîne d'affrètement (article L. 5423-1) et les documents de transport, puis peut demander la restitution en justice.

Un chargeur créancier peut-il faire saisir le navire ?

Le code des transports permet au créancier dont la créance paraît fondée en son principe de demander au juge l'autorisation d'une saisie conservatoire du navire (article L. 5114-22). Lorsque la convention de Bruxelles du 10 mai 1952 s'applique, le titulaire d'une créance maritime peut saisir le navire auquel elle se rapporte ou, sous les conditions et réserves de son article 3, un autre navire.

La saisie trouve vite sa limite lorsque le débiteur n'est pas le propriétaire. Pour une créance contre un affréteur, la Cour de cassation juge désormais qu'« une telle saisie n'est pas possible lorsqu' à la date de la demande, le navire a été redélivré, à moins que la créance maritime ne soit assortie d'un privilège conférant un droit de suite » (Cass. com., 19 novembre 2025, n° 24-11.520). L'arrêt qui avait maintenu la saisie a été cassé, solution défavorable au créancier saisissant.

Certaines créances sont privilégiées sur le navire, sur le fret et sur leurs accessoires (article L. 5114-8). Avant toute requête, le cabinet vérifie le débiteur réel, la nature de la créance, la date d'une éventuelle redélivraison et l'existence d'un privilège assorti d'un droit de suite.

L'assureur de la marchandise qui a indemnisé peut-il se retourner contre le transporteur ?

Oui. En assurance maritime, l'assureur qui a payé l'indemnité acquiert, à concurrence de son paiement, tous les droits de l'assuré nés des dommages garantis (article L. 172-29 du code des assurances). Il exerce alors ces droits avec leurs limites, plafond d'indemnisation et délai d'un an compris (article L. 5422-18).

Les actions nées du contrat d'assurance lui-même, entre l'assuré et son assureur, se prescrivent par deux ans (article L. 172-31) ; ce régime couvre le contrat qui garantit les risques du transport de marchandises par voie maritime (article L. 171-1).

Lorsque l'assureur invoque une subrogation conventionnelle, la chronologie compte : la Cour de cassation a cassé un arrêt qui n'avait pas vérifié que le paiement était intervenu en même temps que la subrogation, ou après elle (Cass. com., 14 décembre 2022, n° 20-17.768). Pour les subrogations soumises au droit actuel, l'article 1346-1 du code civil exige une subrogation expresse, consentie en même temps que le paiement, à moins qu'un acte antérieur ne l'ait prévue, la concomitance pouvant être prouvée par tous moyens. Le cabinet rapproche donc la quittance, l'acte de subrogation et la preuve du versement avant d'engager l'action.

Le délai d'un an s'applique-t-il en l'absence de connaissement ?

En principe, oui. La convention de Bruxelles de 1924 assimile au connaissement tout document similaire formant titre pour le transport de marchandises par mer. Pour un camion endommagé pendant une traversée entre l'Espagne et le Royaume-Uni, les parties n'avaient établi qu'un document de réservation ; la Cour de cassation a approuvé les juges d'avoir énoncé que « l'absence de connaissement peut être suppléée par tout document similaire » (Cass. com., 6 janvier 2021, n° 18-15.228), et la demande du chargeur, prescrite par un an, a été écartée. Solution défavorable à ce chargeur.

Contre le transporteur, le délai court du jour où la marchandise est remise ou offerte au destinataire, ou, en cas de perte totale, du jour où elle aurait dû être livrée (article R. 5422-26). Les actions dirigées contre le chargeur ou le destinataire courent du jour prévu pour la livraison (article R. 5422-22).

Les recours en garantie disposent d'un délai supplémentaire de trois mois, qui part du jour où le garanti est lui-même assigné ou du jour où il a réglé la réclamation à l'amiable (article L. 5422-18). Le cabinet établit un calendrier de ces délais dès l'ouverture du dossier.

4,9286 avis Google
kader ladjouzi
il y a 1 mois

Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN

Réponse du cabinet

Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.

Janou SAMUEL
il y a 2 mois

Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me

Réponse du cabinet

Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.

Paul MALIK (powlo)
il y a 5 mois

Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.

Réponse du cabinet

Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.

Rayan Kallout
il y a 6 mois

Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !

Réponse du cabinet

La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.

Naji Jouahri
il y a 6 mois

Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.

Réponse du cabinet

Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.

Halim Tunde
il y a 6 mois

Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.

Réponse du cabinet

Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.

Cha
il y a 6 mois

En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !

Réponse du cabinet

Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.

Asmaa Maazaz
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz

Réponse du cabinet

Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.

chaymaa aouadi
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.

Réponse du cabinet

Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.