Travaux de copropriété — copropriétaires et syndics

Avocat travaux de copropriété à Paris : autorisation, vote et litiges.

Dès que les travaux touchent les parties communes ou l'aspect extérieur, l'autorisation de l'assemblée s'impose — et chaque catégorie de travaux a sa majorité. Le cabinet fait autoriser, conteste les votes irréguliers et fait indemniser les nuisances de chantier.

Une résolution votée à une majorité erronée s'annule dans le délai préfix de deux mois de l'article 42 : le procès-verbal se lit dès sa notification.

Maître Reda Kohen, avocat travaux de copropriété à Paris

Maître Reda Kohen

Avocat au Barreau de Paris — copropriété et contentieux des travaux.

Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr

Page mise à jour le 11 juin 2026.

Une majorité par catégorie

Majorité simple de l'article 24 pour la conservation, majorité absolue de l'article 25 pour les travaux affectant les parties communes, conditions renforcées de l'article 26 pour les transformations : la qualification décide du vote.

Le syndic peut agir seul en urgence

L'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 l'autorise à faire procéder de sa propre initiative aux travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble, sans attendre l'assemblée.

Le refus n'est pas une impasse

L'article 30, alinéa 4, permet au tribunal judiciaire d'autoriser les travaux d'amélioration refusés par l'assemblée, aux conditions qu'il fixe.

Réponse rapide

Le copropriétaire est libre dans ses parties privatives, sous réserve du règlement et de la destination de l'immeuble ; tout ce qui affecte les parties communes ou l'aspect extérieur exige l'autorisation de l'assemblée (article 25 b). Une majorité erronée s'attaque dans les deux mois de la notification du procès-verbal, par l'opposant ou le défaillant. Le refus de l'assemblée s'outrepasse par autorisation judiciaire (article 30, alinéa 4), et les nuisances anormales de chantier s'indemnisent sur dossier constitué.

Comprendre votre situation

Travaux en copropriété : ce qui décide vraiment du dossier

Sept points pour faire autoriser, contester un vote ou faire indemniser un chantier.

Panneau 1 — Les règles

Qualification des travaux, majorité du vote

Quatre règles structurent le contentieux des travaux.

1

Liberté dans les parties privatives, autorisation d'assemblée dès que les parties communes ou l'aspect extérieur sont affectés (article 25 b de la loi du 10 juillet 1965, majorité absolue) : les travaux réalisés sans autorisation préalable exposent à la remise en état, l'annulation du refus ne valant pas autorisation (Cass. 3e civ., 19 septembre 2012, n° 11-21.631).

2

Majorité simple de l'article 24 pour les travaux de conservation, de santé et de sécurité ; conditions renforcées de l'article 26 pour les transformations.

3

Le syndic agit seul en cas d'urgence pour la sauvegarde de l'immeuble (article 18) — et engage sa responsabilité s'il reste passif face à un dommage urgent (Cass. 3e civ., 6 juillet 2017, n° 16-18.950).

4

La résolution votée à une majorité erronée s'annule dans le délai préfix de deux mois (article 42, alinéa 2), sur action de l'opposant ou du défaillant.

Face au refus de l'assemblée, l'article 30, alinéa 4, ouvre l'autorisation judiciaire des travaux d'amélioration, aux conditions fixées par le tribunal. Les dommages causés par un vice de construction ou un défaut d'entretien des parties communes engagent de plein droit le syndicat, sans faute à prouver (Cass. 3e civ., 12 septembre 2012, n° 11-10.421). Les nuisances anormales de chantier s'indemnisent : agenda des incidents, attestations, photos datées et relevés en font la preuve.

Panneau 2 — Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle

Le règlement de copropriété et le procès-verbal portent la qualification et la majorité.

Copropriétaire

  • Demande adressée au syndic et ordre du jour de l'assemblée
  • Procès-verbal mentionnant le refus ou le vote contesté
  • Devis détaillés, plans et notes techniques
  • Photographies de l'état actuel

Syndic

  • Convocation envoyée vingt-et-un jours avant
  • Ordre du jour précis et devis annexés
  • Procès-verbal complet avec calcul des voix
  • Attestations de notification

Erreurs fréquentes : demande déposée trop tard pour l'ordre du jour ; résolution votée à la mauvaise majorité faute de qualification préalable des travaux.

Le cabinet traite aussi :

Autorisation judiciaire article 30Nuisances de chantierResponsabilité du syndicatTravaux d'urgence du syndic

Panneau 3 — La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

La qualification des travaux décide de la majorité — et la majorité décide du contentieux.

1

Premier échange et envoi du dossier

Règlement de copropriété, procès-verbal, devis et courriers : première lecture juridique sous 24 à 48 heures.

2

Qualification et stratégie

Parties privatives ou communes, conservation, amélioration ou transformation, majorité applicable, moyens d'action et de défense.

3

Assignation

Nullité de résolution, autorisation judiciaire de l'article 30 ou responsabilité : signification et conclusions devant le tribunal judiciaire de Paris.

4

Suivi et exécution

Expertise éventuelle, conditions fixées par le tribunal, exécution de la décision et suivi du chantier.

Le délai de deux mois de l'article 42 est préfix : la lecture du procès-verbal se fait dès réception, pas à la rentrée suivante.

Panneau 4 — Le calendrier

La chronologie d'un dossier travaux

De la demande au syndic à l'autorisation — amiable ou judiciaire.

J 0 — Demande au syndic

Demande d'inscription à l'ordre du jour avec devis et plans, dans les délais du règlement.

J+30 à J+90 — Convocation

Notification au moins vingt-et-un jours avant l'assemblée, ordre du jour précis, devis annexés.

J+60 à J+120 — Vote

Résolution adoptée ou refusée ; vérification de la majorité appliquée.

PV + 2 mois — Contestation

Délai préfix de l'article 42 pour l'opposant ou le défaillant : assignation en nullité.

En cas de refus — Article 30

Assignation en autorisation judiciaire des travaux d'amélioration, expertise éventuelle.

Chantier

Suivi des nuisances, dossier de preuve, indemnisation des troubles anormaux.

Panneau 5 — Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune assignation sans avoir validé ces points.

Qualification des travaux : privatif ou commun, conservation, amélioration, transformation.

Majorité applicable et majorité réellement appliquée au procès-verbal.

Régularité de la convocation et de l'ordre du jour.

Qualité d'opposant ou de défaillant et computation du délai de deux mois.

Pour l'article 30 : caractère d'amélioration et conditions proposables au tribunal.

Pour les nuisances : caractère anormal du trouble et dossier de preuve daté.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

FAQ

Questions fréquentes

15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.

Quels travaux nécessitent l'autorisation de l'AG ?

Tous les travaux qui affectent les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble nécessitent une autorisation préalable de l'assemblée générale, votée à la majorité absolue de l'article 25 b de la loi du 10 juillet 1965. Cela inclut le percement d'un mur porteur, la modification d'une façade, la pose d'une climatisation extérieure, la création d'une fenêtre ou d'un balcon, le percement d'un conduit dans une partie commune, l'ouverture sur une cour intérieure, le changement de destination d'un lot avec incidence visible sur l'immeuble. À l'inverse, les travaux purement internes au lot privatif (peinture, parquet, cuisine ouverte sans cloisonnement porteur) ne nécessitent pas d'autorisation. La frontière est parfois mince. La Cour de cassation a jugé le 19 septembre 2012 que l'annulation du refus d'autorisation ne vaut pas autorisation : le copropriétaire qui a réalisé les travaux sans accord préalable doit, sur action du syndicat, remettre les lieux en état. La règle est protectrice de l'immeuble.

Quelle majorité pour des travaux d'embellissement ?

Tout dépend de la nature et de l'ampleur des travaux. Les simples travaux d'entretien et de maintenance courante des parties communes relèvent de la majorité simple de l'article 24. Les travaux d'amélioration, qui modifient des éléments d'équipement ou créent des locaux affectés à l'usage commun, relèvent de l'article 26 lorsqu'ils sont importants et de l'article 25 n lorsqu'ils sont limités. Les travaux d'économies d'énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre relèvent de l'article 25 f. La pose d'antennes, de bornes de recharge ou de répartiteurs de chauffage relève de l'article 25. La passerelle de l'article 25-1 permet, si le projet a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité absolue, un second vote immédiat à la majorité simple. Le syndic doit qualifier précisément chaque résolution avant le vote, à peine de nullité.

Le copropriétaire peut-il faire des travaux privatifs sans accord ?

Oui, dans les parties privatives, le copropriétaire jouit librement de son lot et peut faire les travaux d'aménagement de son choix sans autorisation, sous réserve de respecter le règlement de copropriété et la destination de l'immeuble. Cependant, la frontière entre parties privatives et parties communes est parfois subtile. Les murs porteurs, les conduits de fumée, les canalisations principales sont en général parties communes même s'ils traversent un lot privatif. La pose d'un parquet flottant lourd peut affecter l'isolation phonique réglementée. La création d'une cuisine en lieu et place d'une chambre peut nécessiter le percement de la façade pour la VMC, ce qui touche les parties communes. Une lecture rigoureuse du règlement de copropriété est indispensable. En cas de doute, mieux vaut demander un avis écrit au syndic ou solliciter un audit auprès d'un avocat. Procéder sans autorisation expose à une remise en état aux frais du copropriétaire.

Que faire si l'AG refuse abusivement des travaux nécessaires ?

Lorsque l'assemblée générale refuse une autorisation de travaux affectant les parties communes, le copropriétaire dispose de deux voies. Première voie : l'action en nullité de la résolution de refus pour abus de majorité, dans le délai préfix de deux mois à compter de la notification du procès-verbal (article 42, alinéa 2). L'abus de majorité suppose que le refus soit dépourvu d'intérêt commun et serve uniquement à nuire au copropriétaire demandeur. Seconde voie : l'autorisation judiciaire fondée sur l'article 30, alinéa 4, de la loi de 1965, ouverte sans délai préfix. Le tribunal judiciaire vérifie que le projet est conforme à la destination de l'immeuble et ne porte pas atteinte aux droits des autres copropriétaires. Les deux voies peuvent être combinées. Le cabinet privilégie souvent l'autorisation judiciaire, plus directe et moins risquée que la nullité, qui rejoue le refus en assemblée. La décision se prend dossier par dossier, en fonction du calendrier et de la solidité des arguments.

Le syndic peut-il décider des travaux d'urgence seul ?

Oui. L'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 confère au syndic le pouvoir de faire procéder de sa propre initiative à tous les travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble en cas d'urgence. Le syndic n'a pas à attendre une délibération d'assemblée générale. Il doit cependant informer immédiatement le conseil syndical et soumettre les comptes à la plus prochaine AG. La Cour de cassation a jugé le 6 juillet 2017 que le syndic, investi du pouvoir de conserver l'immeuble, est chargé en cas d'urgence de faire procéder de sa propre initiative à tous travaux nécessaires à sa sauvegarde. À défaut, sa responsabilité est engagée à l'égard des copropriétaires victimes de son inertie. La haute juridiction a aussi précisé, dans l'arrêt du 4 janvier 2006, que les pouvoirs propres du syndic incluent les actes de pure administration, sans autorisation préalable de l'AG. L'urgence se prouve par des éléments objectifs : risque structurel, péril, infestation, infiltration aggravée.

Comment contester un vote de travaux trop coûteux ?

Le coût élevé d'une résolution travaux ne suffit pas, à lui seul, à fonder l'annulation. Il faut établir une irrégularité juridique ou un abus. Plusieurs voies sont disponibles. Première voie : la nullité pour majorité erronée si la résolution a été votée sous l'article 24 alors qu'elle relevait de l'article 25 b ou de l'article 26. Deuxième voie : la nullité pour défaut d'information préalable, si les devis ou plans n'ont pas été annexés à l'ordre du jour. Troisième voie : l'abus de majorité, si la résolution est dépourvue d'intérêt commun et avantage uniquement certains copropriétaires. Le délai pour agir est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal (article 42 alinéa 2). L'action est engagée par voie d'assignation devant le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble. Le cabinet examine en amont la solidité des griefs avant de lancer la procédure, qui peut s'avérer coûteuse en cas d'échec. Une mesure d'effet immédiat est la suspension automatique de l'exécution des travaux pendant le délai de l'article 42 (sauf urgence).

Quelle responsabilité du syndicat en cas de défaut d'entretien ?

L'article 14, alinéa 4, de la loi du 10 juillet 1965 fonde une responsabilité de plein droit du syndicat des copropriétaires pour les dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers par le vice de construction ou le défaut d'entretien des parties communes. La Cour de cassation a posé le 12 septembre 2012 que cette responsabilité est engagée à l'égard d'un copropriétaire dès lors que la cour d'appel constate que les désordres trouvent leur origine dans un vice des parties communes et qu'elle n'établit ni la faute des victimes ni celle d'un tiers. La haute juridiction a aussi jugé, dans l'arrêt du 17 décembre 2015, que le syndicat des copropriétaires est responsable de plein droit des vices de construction de l'immeuble, même antérieurs à la soumission de celui-ci au statut de la copropriété. La règle est protectrice : le copropriétaire victime n'a pas à prouver la faute du syndicat, seulement l'origine du dommage dans les parties communes. Le syndicat ne peut s'exonérer qu'en démontrant la faute exclusive de la victime ou d'un tiers.

Les nuisances de chantier sont-elles indemnisables ?

Oui, lorsque les nuisances dépassent les inconvénients normaux d'un chantier en milieu urbain. La théorie des troubles anormaux de voisinage permet d'obtenir une indemnisation. La preuve incombe au demandeur. Elle se construit par le constat de commissaire de justice, les attestations de voisins, les certificats médicaux en cas d'impact sur la santé, les relevés acoustiques certifiés, l'agenda des incidents (poussière, bruit, odeurs, restrictions d'accès), les courriers échangés avec le syndic et le maître d'ouvrage. Le caractère anormal s'apprécie au cas par cas, en fonction de la durée du chantier, de l'intensité des nuisances, du respect des horaires de chantier (en principe 8h-19h en semaine à Paris), de l'information préalable des occupants et des mesures de protection prises (bâche anti-poussière, sas de sécurité, planning communiqué). L'action est dirigée contre l'entreprise, le maître d'ouvrage et, le cas échéant, le syndicat des copropriétaires. Le délai pour agir est de cinq ans à compter de la connaissance du trouble. Le cabinet privilégie souvent la voie amiable avant l'assignation, en cas de chantier encore en cours.

Le copropriétaire bailleur peut-il répercuter les travaux ?

Tout dépend de la nature des travaux. Les charges de copropriété générales sont en principe à la charge du bailleur. Cependant, l'article 23 du décret du 26 août 1987 énumère limitativement les charges récupérables auprès du locataire (entretien courant, petites réparations, certaines fournitures de menues fournitures). Les travaux d'amélioration ou de gros œuvre restent à la charge du bailleur. En revanche, le bailleur peut déduire fiscalement les travaux engagés sur les parties communes au prorata de sa quote-part, sous le régime des charges déductibles des revenus fonciers. Les travaux votés en AG donnent lieu à un appel de fonds qui se règle en quote-part. Cet appel n'est pas récupérable sur le locataire. Le bailleur doit donc anticiper la trésorerie. En cas de travaux importants, l'AG peut décider d'un emprunt collectif étalé sur plusieurs années. Le cabinet conseille les copropriétaires bailleurs sur l'articulation des règles de copropriété, du bail d'habitation et de la fiscalité, pour optimiser la stratégie travaux.

Comment fonctionne le fonds travaux ALUR ?

Le fonds travaux, institué par la loi ALUR du 24 mars 2014 et codifié à l'article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965, est obligatoire pour toutes les copropriétés à destination totale ou partielle d'habitation. Il est alimenté par une cotisation annuelle d'au moins 5 % du budget prévisionnel, votée par l'AG. Le fonds est destiné à financer les travaux non compris dans le budget prévisionnel : ravalement, mise aux normes, gros œuvre, équipements communs. Le fonds appartient au syndicat. Il ne peut être restitué au copropriétaire qui vend son lot, sauf clause spéciale de l'acte de vente. Le syndic gère ce fonds sur un compte bancaire séparé. Le projet de plan pluriannuel de travaux, prévu par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, oblige les copropriétés à présenter en AG un plan pluriannuel pour les immeubles de plus de 15 ans. Le fonds travaux finance prioritairement les travaux figurant à ce plan. Un fonds insuffisamment alimenté expose la copropriété à des appels de fonds exceptionnels en cas de gros chantier urgent, ce qui peut fragiliser certains copropriétaires.

Le syndic peut-il imposer un prestataire ?

Non. Le syndic ne peut pas imposer un prestataire à la copropriété. Il doit présenter au moins trois devis comparatifs avant tout vote de travaux d'un montant significatif. Cette mise en concurrence garantit la transparence et permet aux copropriétaires de choisir en connaissance de cause. Les devis doivent être annexés à l'ordre du jour ou tenus à disposition au cabinet du syndic avant l'AG. Le défaut de mise en concurrence peut fonder l'annulation de la résolution adoptée. La loi exige un seuil minimum, fixé par décret, à partir duquel la mise en concurrence est obligatoire. Le syndic qui imposerait son prestataire sans concurrence engagerait sa responsabilité contractuelle envers le syndicat. Le conseil syndical joue un rôle clé : il examine les devis, peut en proposer d'autres, formule un avis motivé et signale les éventuels conflits d'intérêts. Lorsque la résolution travaux est adoptée, le syndic exécute le marché en respectant le cahier des charges voté. Tout dépassement non justifié peut conduire à un appel de fonds rectificatif soumis à un nouveau vote.

Quel tribunal pour les travaux copropriété à Paris ?

Le tribunal compétent est le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble, en application de l'article 44 du code de procédure civile. À Paris, la compétence territoriale revient au tribunal judiciaire de Paris, et la compétence d'attribution est confiée à la 8e chambre civile, qui regroupe les sections spécialisées en copropriété et baux. La représentation par avocat est obligatoire. La procédure est écrite avec mise en état conduite par un juge unique, qui peut statuer sur les fins de non-recevoir (article 789, 6°, du code de procédure civile). À l'issue de la mise en état, l'affaire est renvoyée à l'audience de jugement. Les délais d'audiencement varient entre 12 et 24 mois selon l'encombrement du tribunal. Le jugement est susceptible d'appel devant la cour d'appel de Paris dans le délai d'un mois à compter de la signification. Le pourvoi en cassation contre l'arrêt d'appel est ouvert dans les deux mois. Pour les actions en référé (suspension de travaux d'urgence ou en cours), la compétence revient au juge des référés du tribunal judiciaire, statuant en quelques semaines. Le cabinet plaide régulièrement devant ces formations.

L'autorisation de l'AG est-elle un droit acquis ?

Oui, en principe. Une fois l'autorisation de travaux votée à la majorité requise et le délai de contestation expiré (deux mois de l'article 42 alinéa 2), la décision est définitive. Le copropriétaire peut engager les travaux selon les modalités votées. L'AG ne peut pas, ultérieurement, revenir sur cette autorisation, sauf à obtenir l'accord du copropriétaire bénéficiaire. Cependant, l'autorisation cesse de produire effet si le copropriétaire ne réalise pas les travaux dans le délai imparti par la résolution ou dans un délai raisonnable. Si les travaux exécutés diffèrent substantiellement de ceux autorisés (ampleur, matériaux, esthétique), le syndicat peut agir en démolition et remise en état. La conservation de l'autorisation suppose donc le respect strict des conditions votées. En cas de modification du projet, le copropriétaire doit solliciter une nouvelle autorisation à l'AG suivante. La preuve de la régularité des travaux exécutés repose sur le copropriétaire : photographies datées, factures, certificat de conformité, déclaration achevée à la mairie le cas échéant.

Que prévoit l'article 30 loi 1965 ?

L'article 30 de la loi du 10 juillet 1965 régit deux mécanismes distincts. Le premier alinéa permet à l'AG, statuant à la majorité de l'article 25, de décider toute amélioration : transformation d'éléments d'équipement, adjonction d'éléments nouveaux, aménagement ou création de locaux communs, dès lors que la décision est conforme à la destination de l'immeuble. L'article fixe également la répartition du coût des travaux et des indemnités, en proportion des avantages tirés par chaque copropriétaire. Le quatrième alinéa, plus contentieux, permet une autorisation judiciaire de travaux refusés par l'AG sous l'article 25 b. Lorsque l'assemblée générale refuse l'autorisation prévue à l'article 25 b, tout copropriétaire ou groupe de copropriétaires peut être autorisé par le tribunal judiciaire à exécuter, aux conditions fixées par le tribunal, tous travaux d'amélioration visés à l'alinéa 1er ci-dessus. Le tribunal contrôle la conformité du projet à la destination de l'immeuble et l'absence d'atteinte aux droits des autres copropriétaires. Il peut imposer des conditions techniques, financières et esthétiques. Cette voie est utile lorsque l'AG bloque un projet utile sans abus caractérisé.

Quel délai pour contester une résolution travaux ?

Le délai préfix est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal de l'assemblée générale, en application de l'article 42, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1965. Le délai est non franc : il court à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée. La sanction est la déchéance : passé ce délai, l'action est irrecevable, quel que soit le bien-fondé du grief. Seuls les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent agir. Le copropriétaire opposant est celui qui a voté contre la résolution ; le défaillant est celui qui n'a ni assisté ni été représenté à l'AG. Le syndic doit notifier le procès-verbal aux opposants et défaillants par lettre recommandée dans le délai d'un mois suivant l'AG. La preuve de la notification incombe au syndicat (Cass. 3e civ., 17 décembre 2015, n° 14-24.630). Si la notification est irrégulière ou non prouvée, le délai ne court pas et l'action reste ouverte dans le délai de prescription quinquennale de droit commun. Le calcul exact du délai est crucial. Le cabinet anticipe systématiquement la signification de l'assignation pour éviter tout risque de forclusion par mauvaise computation.

Références

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Synthèse

Situation, preuve, délai, action

Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.

SituationPreuve décisiveDélaiAction utile
Travaux affectant les parties communes refusés en AGProcès-verbal mentionnant le refus, devis, plans, attestations techniquesAction ouverte tant que la résolution est en vigueurAssignation en autorisation judiciaire (article 30 alinéa 4)
Résolution travaux votée à une majorité erronéeProcès-verbal, calcul des voix, règlement de copropriété, qualificatif des travaux2 mois à compter de la notification du PV (article 42)Assignation en nullité de la résolution litigieuse
Travaux d'urgence non engagés par le syndicRapport d'expert, photographies, mises en demeure, devis non honorésAussi tôt que le risque est constatéRéféré en injonction sous astreinte, action en responsabilité
Nuisances de chantier dépassant la normaleConstat d'huissier, attestations, certificats médicaux, relevés acoustiquesPendant les nuisances et 5 ans aprèsAction en cessation et indemnisation contre l'entreprise et le syndicat
Malfaçons après réceptionProcès-verbal de réception, expertise contradictoire, polices décennales1 an, 2 ans ou 10 ans selon la garantieDéclaration dommages-ouvrage, assignation des constructeurs
Vice ou défaut d'entretien des parties communesExpertise judiciaire, photographies, courriers au syndic, factures de remise en état5 ans à compter de la connaissance du dommageAction en responsabilité de plein droit (article 14)

Dossiers

Cas pratiques du cabinet

Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.

Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées. Les chiffres correspondent à des dossiers réels mais ont été arrondis par souci de discrétion.

Autorisation judiciaire de pose d'une climatisation refusée en AG

Copropriétaire d'un appartement parisien, refus de l'AG d'autoriser la pose d'une unité extérieure de climatisation en façade arrière. Action en autorisation judiciaire fondée sur l'article 30 alinéa 4. Tribunal judiciaire qui autorise les travaux après expertise, avec conditions d'intégration esthétique.

Action : assignation article 30. Résultat : autorisation accordée, intégration esthétique encadrée.

Annulation d'une résolution travaux à 65 000 euros pour vice de majorité

Travaux de réfection de toiture votés à la majorité simple de l'article 24 alors que le ravalement complet relevait de l'article 25 par son ampleur. Assignation en nullité dans le délai de deux mois. Résolution annulée, syndicat reconvoqué pour un nouveau vote conforme à la majorité absolue.

Action : nullité de l'article 42 alinéa 2. Résultat : nouvelle AG ordonnée, suspension des travaux.

Syndicat condamné à 18 400 euros pour travaux d'urgence non réalisés

Infiltrations persistantes provenant de la toiture, signalées au syndic depuis 18 mois. Aucune action engagée malgré plusieurs mises en demeure. Action en responsabilité fondée sur l'article 14 de la loi de 1965 et sur le défaut d'engagement des travaux d'urgence par le syndic. Syndicat condamné aux frais de remise en état et au préjudice de jouissance.

Action : responsabilité plein droit syndicat. Résultat : indemnisation complète, travaux ordonnés sous astreinte.

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