Avocat droit fiscal à Paris
Anticiper. Structurer. Défendre.
Vente, donation, succession, holding : décrivez-nous l'opération avant de la signer.
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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Droit fiscal : l'impôt se décide avec l'acte
Immobilier, transmission, structures · Paris 17e
Ce que fait un avocat en droit fiscal à Paris
- Barreau de Paris
- Droit fiscal
- Cabinet à Paris 17e
Avocat au Barreau de Paris : fiscalité des opérations immobilières, des transmissions familiales et des structures de détention.
Une même opération met en jeu plusieurs impôts. La donation d'un immeuble supporte des droits de mutation à titre gratuit dans les conditions de l'article 750 ter du code général des impôts ; sa revente par le donataire relève ensuite de l'impôt sur la plus-value immobilière (article 150 U). Interposer une société peut modifier ce traitement, selon le régime fiscal de la société et la nature de l'opération ; la vente ultérieure des parts relève alors des droits de cession de droits sociaux (article 726). Le cabinet examine l'ensemble avant la signature, puis défend les choix faits si l'administration les conteste.
Décrivez l'opération envisagée et joignez les projets d'actes dont vous disposez : le cabinet vous indique les points à vérifier, au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Anticiper : chiffrer avant de signer
Chaque option se compare impôt par impôt, et une position de l'administration peut être demandée par rescrit, l'administration se prononçant dans les trois mois de la réception d'une demande complète (article L. 80 B) ; seule une réponse expresse l'engage (BOI-SJ-RES-10-20-10, § 350).
Structurer : choisir la détention
Détention directe, démembrement évalué selon le barème de l'article 669, société civile ou holding : la structure fixe l'impôt de chaque étape.
Défendre : répondre à l'administration
La proposition de rectification doit être motivée pour permettre des observations utiles (article L. 57 du livre des procédures fiscales).
Les leviers
Qualifier, dater, prouver, chiffrer
Quatre règles décident de l'impôt d'une opération patrimoniale, et le juge les applique à la lettre.
- La qualification se lit dans le texte, pas dans l'usage : pour la prépondérance immobilière d'une société, la Cour de cassation a relevé « Ce texte ne mentionnant que les immeubles et droits réels immobiliers, sans viser les immeubles par destination » (Cass. com., 2 décembre 2020, n° 18-25.559), et en a exclu ces derniers du calcul.
- La date du transfert fixe le régime, car les droits d'une cession de parts « sont liquidés selon la nature juridique de ces droits déterminée à la date du fait générateur des droits d'enregistrement, lequel correspond à la date du transfert de propriété » (Cass. com., 18 décembre 2024, n° 23-21.435).
- La preuve doit exister hors de l'acte : une dette que le notaire a seulement rapportée d'après les parties « peut être écartée par l'administration sans que celle-ci ait préalablement à faire juger que cette dette n'avait pas d'existence réelle » (Cass. com., 12 mars 2025, n° 23-21.706), solution défavorable à l'héritière.
- Le chiffrage intègre le passé : les donations consenties depuis moins de quinze ans par le même donateur au même bénéficiaire sont rappelées pour fixer les tranches du tarif et les abattements encore disponibles, sans que celles déjà taxées le soient une seconde fois (article 784 du code général des impôts) ; les donations reçues par un enfant renonçant ne sont pas opposées aux petits-enfants qui le représentent (Cass. com., 8 juillet 2026, n° 25-13.219).
La doctrine administrative protège le contribuable qui s'y conforme, pas l'administration qui voudrait s'en servir contre lui : la garantie de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ne joue qu'au profit de celui qui conteste son imposition (Cass. com., 7 mai 2025, n° 23-23.850).
Vos pièces
Ce qu'il faut réunir pour chiffrer l'opération
L'analyse fiscale vaut ce que valent les documents : actes antérieurs, valeurs, structure de détention.
Position A
Vendeur, donateur ou défunt
- Titres de propriété, dates et prix d'acquisition des biens
- Donations antérieures et déclarations de succession reçues
- Statuts, bilans et registre des mouvements de titres des sociétés
- Avis d'imposition et déclarations d'impôt sur la fortune immobilière
Position B
Acquéreur, donataire ou héritier
- Projets d'actes, promesse de vente ou de donation
- Évaluations des biens et termes de comparaison disponibles
- Preuves des dettes et de l'origine des fonds
- Courriers de l'administration et propositions de rectification
Erreurs fréquentes : signer la promesse avant d'avoir comparé les régimes ; déclarer une dette sans pièce qui la prouve hors de l'acte ; laisser le notaire répondre à une proposition de rectification sans mandat exprès.
Selon l'opération, le dossier peut associer :
- Notaire
- Expert-comptable
- Expert en évaluation
- Demande de rescrit
La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
L'ordre ne varie pas : comprendre l'opération, comparer les régimes, sécuriser l'acte, conserver la preuve.
Étape 1
Lecture de l'opération
Biens, parties, calendrier, actes antérieurs ; identification de chaque impôt dû, de la promesse à la revente ou à la transmission suivante.
Étape 2
Comparaison chiffrée
Détention directe ou société, vente ou donation préalable, pleine propriété ou démembrement : chaque option est chiffrée avec ses conditions et ses risques.
Étape 3
Sécurisation de l'acte
Clauses fiscales, mentions qui révèlent l'exigibilité des droits, demande de rescrit lorsque l'opération le justifie, coordination avec le notaire.
Étape 4
Suivi et défense
Calendrier des engagements à tenir, conservation des preuves, réponse aux demandes de l'administration et contestation des rehaussements.
Repères : réponse au rescrit dans les trois mois de la réception d'une demande complète, seule une réponse expresse engageant l'administration (article L. 80 B) ; droits d'enregistrement contrôlables jusqu'à l'expiration de la troisième année suivant celle de l'enregistrement si l'acte révèle suffisamment l'exigibilité (article L. 180), à défaut jusqu'à l'expiration de la sixième année suivant celle du fait générateur, sauf délai spécial (article L. 186) ; rappel des donations sur quinze ans (article 784 du code général des impôts).
Le calendrier
Les étapes d'une opération fiscale maîtrisée
De la première lecture au délai de reprise, durées indicatives selon l'opération.
Analyse
Semaines 1-2. Lecture des actes, des valeurs et de la structure ; liste des impôts en jeu.
Options chiffrées
Semaines 2-3. Comparaison des schémas possibles, conditions à remplir, pièces à constituer.
Rescrit
Trois mois après le dossier complet. Lorsque l'opération le justifie, demande écrite, précise et complète à l'administration.
Signature
Relecture des clauses fiscales et des mentions de l'acte avec le notaire.
Déclarations
Après la signature. Enregistrement, déclarations de plus-value ou de succession, preuve du dépôt et du paiement.
Délai de reprise
Trois ou six ans, selon l'acte. Conservation des preuves et suivi des engagements jusqu'à l'expiration du droit de reprise.
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant de signer
Aucune vente, donation ou restructuration patrimoniale sans avoir validé ces points.
- Nature exacte des biens et des titres transmis, forme de la société à la date du transfert.
- Donations consenties depuis moins de quinze ans et abattements déjà utilisés.
- Valeur retenue et termes de comparaison qui la justifient.
- Réalité des dettes déclarées et preuves de l'origine des fonds.
- Motifs économiques et familiaux de l'opération, au regard de l'abus de droit.
- Engagements de conservation, de réinvestissement ou de revente et leurs échéances.
Synthèse
Situation, risque, acte, décision
Les arbitrages les plus courants d'une opération immobilière, familiale ou sociétaire.
Situation
Vente de parts d'une société propriétaire d'immeubles
Risque principal : Mauvais taux de droits de cession.
Acte à privilégier : Vérification de l'actif au regard de l'article 726.
Décision recommandée : Fixer la répartition des droits dans l'acte.
Situation
Donation d'un bien avant sa revente
Risque principal : Requalification en abus de droit.
Acte à privilégier : Vérification de la chronologie des engagements et de la réalité de la donation.
Décision recommandée : Documenter les motifs non fiscaux de l'opération.
Situation
Succession avec dettes familiales
Risque principal : Dette écartée par l'administration.
Acte à privilégier : Preuves indépendantes de l'acte notarié.
Décision recommandée : Réunir les pièces avant la déclaration.
Situation
Apport de titres à une holding
Risque principal : Fin du report en cas de cession rapide.
Acte à privilégier : Plan de réinvestissement conforme à l'article 150-0 B ter.
Décision recommandée : Valider le calendrier avant l'apport.
Situation
Démembrement de propriété
Risque principal : Imposition d'un usufruit temporaire cédé.
Acte à privilégier : Évaluation selon l'article 669 et choix du schéma.
Décision recommandée : Comparer droits de mutation et impôt sur le revenu.
Situation
Proposition de rectification reçue
Risque principal : Délai expiré ou réponse sans mandat.
Acte à privilégier : Observations motivées dans le délai indiqué.
Décision recommandée : Demander la prorogation si nécessaire.
Questions fréquentes
Vos questions : fiscalité des opérations patrimoniales
Pourquoi consulter un avocat en droit fiscal avant de signer une opération ?
Parce que l'impôt d'une opération se fixe le jour où elle est conclue. Le prix d'une vente, la forme d'une donation, le choix entre détention directe et société déterminent le régime applicable, et la plupart de ces choix ne se corrigent plus une fois l'acte signé. Une erreur découverte trois ans plus tard, lors d'un contrôle, se discute alors avec les seuls documents d'époque.
La protection du contribuable tient d'abord aux textes et à la doctrine publiée. L'article L. 80 A du livre des procédures fiscales interdit à l'administration de rehausser une imposition en adoptant une interprétation différente de celle qu'elle avait formellement admise (article L. 80 A). Cette garantie ne joue qu'au profit du contribuable. La Cour de cassation a rappelé que « les dispositions de ce texte n'ont ni pour objet ni pour effet de conférer à l'administration fiscale un pouvoir réglementaire ou de lui permettre de déroger à la loi et qu'elles ne peuvent être invoquées que par un contribuable qui conteste son imposition » (Cass. com., 7 mai 2025, n° 23-23.850), au profit d'une société d'aménagement.
Le cabinet examine donc l'opération avant la signature : nature des biens, qualité des parties, impôts dus à chaque étape, pièces qui prouveront plus tard les conditions remplies.
Comment obtenir une position de l'administration fiscale avant de réaliser l'opération ?
Par une demande de rescrit. Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal, elle ne peut plus rehausser l'imposition en adoptant une appréciation différente ; saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi, elle se prononce dans un délai de trois mois (article L. 80 B, 1° du livre des procédures fiscales). Ce délai court de la réception de la demande complète par le service compétent ou, si elle était incomplète, de la réception des compléments demandés, et seule une réponse expresse engage l'administration : son silence ne vaut pas accord (BOI-SJ-RES-10-20-10, § 350).
La doctrine administrative décrit cette procédure de rescrit général et ses conditions de recevabilité (BOI-SJ-RES-10-20-10). La qualité de la demande décide de la valeur de la réponse : la garantie suppose une demande précise, complète, exacte et sincère, et la prise de position n'engage l'administration que si la situation réelle correspond à la présentation qui lui a été faite.
Le rescrit n'est pas toujours opportun. Il expose l'opération à l'administration avant sa réalisation et ne vaut que pour la situation décrite. Le cabinet aide à décider s'il faut le demander, rédige la demande en s'appuyant sur les actes projetés et vérifie, après la réponse, que l'opération signée reste conforme à ce qui a été présenté.
Quels droits d'enregistrement s'appliquent à la cession de parts d'une société qui détient des immeubles ?
Les cessions de droits sociaux supportent un droit d'enregistrement dont le taux varie selon la nature des titres et de la société ; les parts de sociétés à prépondérance immobilière obéissent à un régime propre (article 726 du code général des impôts). La qualification se vérifie donc avant de fixer le prix et la répartition des droits entre vendeur et acheteur.
Le juge s'en tient à la lettre du texte. Pour savoir si une société est à prépondérance immobilière, la Cour de cassation a relevé « Ce texte ne mentionnant que les immeubles et droits réels immobiliers, sans viser les immeubles par destination » (Cass. com., 2 décembre 2020, n° 18-25.559) : ces derniers ne comptent pas dans le calcul, et le pourvoi de l'administration a été rejeté.
La forme de la société compte aussi au jour exact du transfert. La Cour de cassation juge que « les droits d'enregistrement applicables à une cession de droits sociaux sont liquidés selon la nature juridique de ces droits déterminée à la date du fait générateur des droits d'enregistrement, lequel correspond à la date du transfert de propriété » (Cass. com., 18 décembre 2024, n° 23-21.435), même si la transformation antérieure de la société n'était pas encore publiée. Le cabinet vérifie la forme sociale à la date de la cession, et la composition de l'actif à cette date comme au cours de l'année qui la précède, période que vise aussi le texte (article 726, I, 2°).
Pendant combien de temps l'administration peut-elle revenir sur une donation ou une vente enregistrée ?
Pour les droits d'enregistrement, l'administration peut agir jusqu'à l'expiration de la troisième année suivant celle de l'enregistrement, à condition que l'exigibilité des droits ait été suffisamment révélée par l'acte lui-même, sans recherches ultérieures (article L. 180 du livre des procédures fiscales). À défaut, elle dispose du délai général, qui expire à la fin de la sixième année suivant celle du fait générateur, lorsqu'aucun délai plus court ou plus long n'est prévu (article L. 186).
La rédaction de l'acte détermine donc la durée d'exposition. Un acte qui décrit précisément les biens, leur valeur et le régime invoqué ferme plus tôt le délai qu'un acte elliptique.
La date d'enregistrement fait elle-même débat. La Cour de cassation a jugé que, lorsque les droits ont été payés au dépôt et la formalité acceptée par le comptable, « l'acte ou la déclaration soumise à droits doivent être réputés enregistrés à la date de leur dépôt afin de ne pas faire subir au contribuable un allongement du délai de reprise pour une cause qui ne lui serait pas imputable » (Cass. com., 10 mai 2024, n° 22-18.929). Pour une donation déposée un 31 décembre, ce point décidait de l'année de départ du délai. Le cabinet conserve la preuve du dépôt et du paiement.
Les donations consenties il y a plusieurs années augmentent-elles les droits de succession ?
Oui, sauf celles passées depuis plus de quinze ans. Pour liquider les droits, on ajoute à la valeur des biens transmis celle des donations antérieures consenties par le même donateur aux mêmes donataires, héritiers ou légataires, et les abattements déjà utilisés sont déduits (article 784 du code général des impôts). Chaque enfant bénéficie, sur la part reçue de chacun de ses parents, d'un abattement de 100 000 euros (article 779), et le tarif progressif s'applique ensuite (article 777).
Le rappel ne vise que les personnes qui ont elles-mêmes reçu. La Cour de cassation l'a jugé pour les petits-enfants qui succèdent à la place d'un enfant renonçant : « les représentants en ligne directe d'un héritier renonçant, qui n'ont pas la qualité de donataires, héritiers ou légataires du défunt, doivent être imposés personnellement d'après leur lien de parenté avec celui-ci » (Cass. com., 8 juillet 2026, n° 25-13.219), sans que les donations reçues par leur auteur leur soient opposées.
Le calendrier des donations se planifie donc sur quinze ans. Le cabinet reconstitue l'historique des actes, calcule les abattements disponibles et mesure l'effet d'une renonciation avant que la famille ne la décide.
Une dette mentionnée dans un acte notarié réduit-elle toujours l'actif de la succession ?
Non, et la distinction tient à ce que le notaire a lui-même constaté. Le livre des procédures fiscales protège la dette constatée par acte authentique : l'article L. 20 prévoit que « toute dette constatée par acte authentique et non échue au jour de l'ouverture de la succession ne peut être écartée par l'administration tant que celle-ci n'a pas fait juger qu'elle n'avait pas d'existence réelle » (Cass. com., 12 mars 2025, n° 23-21.706).
Cette protection est étroite. Dans la même décision, à propos d'une convention de quasi-usufruit, la Cour de cassation a jugé qu'une dette que le notaire s'était borné à rapporter d'après les déclarations des parties « peut être écartée par l'administration sans que celle-ci ait préalablement à faire juger que cette dette n'avait pas d'existence réelle » (Cass. com., 12 mars 2025, n° 23-21.706). Le pourvoi de l'héritière a été rejeté : solution défavorable au contribuable.
Une dette de restitution, une reconnaissance de dette familiale ou un compte courant doivent donc reposer sur des preuves indépendantes de l'acte : relevés bancaires, actes de vente, origine des fonds. Le cabinet vérifie ces pièces avant le dépôt de la déclaration, lorsque les héritiers peuvent encore les réunir.
Le partage entre héritiers ou entre époux supporte-t-il un droit d'enregistrement ?
Le partage de biens entre copropriétaires ou cohéritiers est assujetti à un droit de 2,50 %, ramené à 1,10 % pour le partage consécutif à un divorce, à une séparation de corps ou à la rupture d'un pacte civil de solidarité (article 746 du code général des impôts). Le montant dépend donc directement de la liquidation qui précède le partage.
Toutes les opérations qui attribuent un bien à un héritier ne sont pas des partages. La Cour de cassation a jugé que « le prélèvement préciputaire effectué par le conjoint survivant, en application de l'article 1515 du code civil, ne constitue pas une opération de partage » (Cass. com., 5 novembre 2025, n° 23-19.780) : le droit de partage n'était pas dû, et le pourvoi de l'administration a été rejeté.
La rédaction du contrat de mariage et de l'acte de liquidation a ainsi des effets fiscaux directs. Le cabinet peut relire ces actes avec le notaire, chiffrer le droit dû selon les options possibles et vérifier que la qualification retenue tiendra devant l'administration.
Comment l'usufruit et la nue-propriété sont-ils évalués et taxés ?
Pour les droits d'enregistrement, la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété se détermine par un barème fondé sur l'âge de l'usufruitier : 50 % chacun lorsque l'usufruitier a moins de 61 ans révolus, l'usufruit valant 40 % à moins de 71 ans révolus et 30 % à moins de 81 ans révolus ; l'usufruit constitué pour une durée fixe vaut 23 % de la pleine propriété par période de dix ans (article 669 du code général des impôts). Donner la nue-propriété réduit ainsi l'assiette taxable, et la réunion de l'usufruit à la nue-propriété par le décès de l'usufruitier ou l'expiration de son terme ne donne ouverture à aucun impôt (article 1133).
L'usufruit temporaire obéit à des règles propres en matière d'impôt sur le revenu. Le Conseil d'État a jugé que l'apport, à une société civile immobilière, de l'usufruit temporaire de parts sociales, rémunéré par des titres, constituait une cession à titre onéreux imposable dans la catégorie de revenus du bien démembré, alors même qu'aucune liquidité n'avait été perçue (CE, 30 mars 2026, n° 502243) : solution défavorable aux contribuables, dont le pourvoi a été rejeté.
Le cabinet compare les schémas de démembrement au regard de chaque impôt concerné, droits de mutation, impôt sur le revenu et impôt sur la fortune immobilière, avant toute signature.
Peut-on apporter ses titres à une holding avant de vendre sans payer l'impôt sur la plus-value ?
L'apport de titres à une société soumise à l'impôt sur les sociétés que l'apporteur contrôle permet de placer la plus-value en report d'imposition. Le report prend fin, notamment, lorsque les titres apportés sont vendus ou rachetés moins de trois ans après l'apport, sauf réinvestissement dans les conditions prévues par l'article 150-0 B ter du code général des impôts, que la doctrine administrative détaille (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20).
Les conditions s'apprécient sur les faits précis et à la date de l'opération. Pour un apport réalisé en 2016, le Conseil d'État a confirmé le maintien du report lorsque la société bénéficiaire, après le rachat des titres apportés, avait réinvesti plus de 50 % du produit, seuil alors prévu par le texte, en acquérant le contrôle d'une autre société, et rejeté le pourvoi du ministre (CE, 16 février 2024, n° 472835). Pour les cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026, la doctrine administrative fait état d'un réinvestissement d'au moins 70 % du produit dans un délai de trois ans (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20, § 47 et 70).
Le montage reste exposé à l'abus de droit lorsque l'acte est fictif ou lorsque, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, il n'a pu être inspiré par aucun autre motif que fiscal (article L. 64 du livre des procédures fiscales) ou a eu pour motif principal d'éluder l'impôt (article L. 64 A). L'économie d'impôt ne suffit donc pas, à elle seule, à caractériser l'abus. Le cabinet vérifie le contrôle de la holding, le calendrier, la nature du réinvestissement et la cohérence économique de l'ensemble avant l'apport.
Les titres détenus par une holding ou une société civile peuvent-ils échapper à l'impôt sur la fortune immobilière ?
L'impôt sur la fortune immobilière frappe les personnes dont les actifs immobiliers dépassent 1 300 000 euros (article 964 du code général des impôts). Les immeubles et les parts qui les représentent en sont exonérés lorsqu'ils sont affectés à l'activité principale industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale de leur propriétaire, dans les conditions de l'article 975.
Sous l'ancien impôt de solidarité sur la fortune, la Cour de cassation a jugé qu'en refusant le dégrèvement au motif d'une double interposition de sociétés, l'administration « ajoutait une condition non prévue à l'article 885 O bis du code général des impôts et à sa propre doctrine administrative » (Cass. com., 28 mai 2026, n° 25-14.220).
La qualification des titres reste stricte. À propos d'obligations remboursables en actions, la Cour de cassation a jugé que « Les ORA constituent, dans le patrimoine de leur souscripteur, jusqu'à leur remboursement, des obligations ayant la nature de créances » (Cass. com., 14 février 2024, n° 22-16.954) : elles ne pouvaient être des biens professionnels, solution défavorable aux redevables. Ces décisions portent sur l'ancien impôt ; le cabinet vérifie leur transposition au texte actuel avant de s'en prévaloir.
Quelles pénalités s'appliquent lorsqu'un montage est requalifié en abus de droit ?
L'abus de droit au sens de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales entraîne une majoration de 80 %, ramenée à 40 % lorsqu'il n'est pas établi que le contribuable a eu l'initiative principale des actes en cause ou en a été le principal bénéficiaire (article 1729 du code général des impôts). Cette majoration propre ne vise pas les actes écartés sur le fondement de l'article L. 64 A : une pénalité éventuelle suppose alors un autre fondement, que l'administration doit justifier. Le litige peut être soumis au comité de l'abus de droit fiscal (article L. 64 du livre des procédures fiscales).
Le montant de la pénalité se discute devant le juge. La Cour de cassation a jugé qu'un recours de pleine juridiction doit être ouvert et que « Le juge, saisi d'une demande en ce sens, doit vérifier que la pénalité fiscale est proportionnée au comportement du contribuable dans les circonstances de l'espèce » (Cass. com., 12 février 2025, n° 23-14.047) ; l'arrêt qui se bornait à affirmer la proportionnalité a été cassé sur ce point.
La défense porte donc sur deux plans : la réalité des motifs non fiscaux de l'opération, puis, à titre subsidiaire, la part prise par chacun et la proportion de la sanction. Le cabinet rassemble les pièces qui établissent les objectifs patrimoniaux, familiaux ou économiques poursuivis au moment de l'acte.
Que faire après une proposition de rectification portant sur des droits de donation ou de succession ?
La proposition doit être motivée de manière à permettre au contribuable de présenter ses observations ou d'accepter ; si l'administration rejette ces observations, sa réponse doit aussi être motivée (article L. 57 du livre des procédures fiscales). Le délai de réponse est prorogé de trente jours sur demande du contribuable reçue avant son expiration, selon le même article.
Qui répond compte autant que ce qui est répondu. La Cour de cassation juge que si un notaire peut présenter une réclamation sans mandat exprès, « il doit justifier d'un tel mandat pour refuser ou accepter une proposition de rectification » (Cass. com., 8 juillet 2026, n° 25-11.097) : l'administration n'avait pas à répondre aux observations d'un notaire dépourvu de mandat exprès, et la décharge obtenue en appel a été cassée, solution défavorable à l'héritière.
L'administration dispose aussi d'une marge en cours d'instance. Depuis 2025, la Cour de cassation admet qu'elle invoque un nouveau motif et que « le juge pourra, après un débat contradictoire, retenir ce nouveau motif à la condition que la substitution proposée par l'administration ne prive pas le contribuable des garanties de procédure prévues par la loi » (Cass. com., 8 octobre 2025, n° 24-16.995), solution défavorable aux contribuables sur ce moyen, l'arrêt étant par ailleurs partiellement cassé sur d'autres points. Le cabinet prépare donc la réponse comme si le dossier devait être jugé.
Quelle page du cabinet lire selon votre opération ?
Les pages du pôle fiscal du cabinet traitent chacune une opération. L'achat, la construction ou la revente d'un immeuble relèvent de la fiscalité immobilière et, pour les ventes soumises à la taxe sur la valeur ajoutée, de la TVA immobilière. La transmission familiale relève de la fiscalité des successions et, pour une entreprise, du pacte Dutreil.
Les sociétés trouveront l'impôt sur les sociétés, l'intégration fiscale et les restructurations sur la page fiscalité de l'entreprise. L'investisseur établi à l'étranger qui détient un bien en France consultera la page fiscalité internationale.
Enfin, deux pages concernent les situations déjà engagées : la régularisation fiscale, pour corriger une déclaration avant un contrôle, et le contentieux fiscal, pour contester une imposition devant l'administration puis le juge. Lorsque l'opération touche plusieurs de ces matières, le cabinet les examine ensemble.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page, vérifiées au 1er novembre 2026, et les expertises voisines du cabinet.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN
Réponse du cabinet
Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.
Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me
Réponse du cabinet
Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.
Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.
Réponse du cabinet
Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.
Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !
Réponse du cabinet
La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.
Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.
Réponse du cabinet
Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.
Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.
Réponse du cabinet
Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.
En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !
Réponse du cabinet
Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.
J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz
Réponse du cabinet
Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.
J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.
Réponse du cabinet
Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.
