Avocat BTP à Paris

Signer. Bâtir. Encaisser.

Roi noir et roi blanc d'un jeu d'échecs, image du face-à-face entre l'entreprise et le maître de l'ouvrage
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Devis, marché, situations de travaux, sous-traitants : présentez-nous le chantier et les pièces qui l'encadrent.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Entreprise du bâtiment : du devis signé au dernier règlement

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Marchés privés, chantier, paiement · Paris 17e

Ce que fait un avocat BTP à Paris

  • Barreau de Paris
  • Marchés privés de travaux
  • Cabinet à Paris 17e

Avocat au Barreau de Paris : rédaction et relecture des marchés, garanties de paiement, sous-traitance, réception, recouvrement des situations.

Pour une PME du bâtiment, le droit se joue trois fois sur chaque chantier. À la signature, le choix entre un prix global et forfaitaire et un prix à l'unité ou au métré décide de ce qui pourra être facturé en plus : chargé à forfait de construire un bâtiment d'après un plan arrêté avec le propriétaire du sol, l'entrepreneur ne peut obtenir aucune hausse pour des changements que le maître de l'ouvrage n'a pas autorisés par écrit avec leur prix (article 1793 du code civil). Pendant les travaux, la garantie de paiement due par le maître de l'ouvrage professionnel (article 1799-1) et les règles de la sous-traitance (loi n° 75-1334, article 3) protègent la trésorerie. À la fin, la réception (article 1792-6) fixe le point de départ des garanties, et le marché en fait souvent la condition du solde. Le cabinet examine ces trois moments avec les pièces du chantier.

Envoyez le devis ou le marché, les situations et les échanges écrits, même incomplets : le cabinet les classe et vous indique ce qui manque, au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Signer : choisir le prix

Prix global et forfaitaire, ou prix à l'unité ou au métré : le second se paie selon les quantités commandées et exécutées ; le premier, pour un bâtiment construit sur un plan arrêté, ne change qu'avec l'accord écrit du maître de l'ouvrage sur la modification et son prix (article 1793).

Bâtir : tenir le chantier

Assurance décennale à justifier dès le premier jour de travaux (code des assurances, article L. 241-1), sous-traitants présentés et agréés, ordres et avenants conservés par écrit.

Encaisser : faire régler

Garantie de paiement réclamée à temps, retenue de garantie limitée à 5 % et consignée (loi n° 71-584, article 1er), réception prononcée pour faire courir le délai d'un an au terme duquel la retenue est libérée, sauf opposition motivée (article 2).

Les leviers

Prix, garantie, sous-traitance, assurance

Quatre règles, appliquées par la Cour de cassation, décident de ce qu'une entreprise du bâtiment encaisse réellement à la fin d'un chantier.

  1. Au forfait, le supplément se prouve par un écrit : la Cour de cassation a approuvé le refus de payer à une entreprise des modifications, pour l'essentiel non imputables au maître de l'ouvrage, qui représentaient 13 % du marché et qui « n'étaient pas d'une ampleur telle qu'elle puisse caractériser un bouleversement de l'économie du contrat » (Cass. 3e civ., 6 mars 2025, n° 23-18.916), solution défavorable à l'entreprise, rendue au vu des clauses du marché et non comme un seuil général. Elle admet en revanche le paiement lorsque le promoteur a donné son accord par écrit, « Les parties pouvant décider de sortir du forfait dans les conditions prévues à l'article 1793 du code civil » (Cass. 3e civ., 5 janvier 2022, n° 20-14.615) ; le même arrêt exige un accord exprès et non équivoque, écarte l'accord tacite et ne permet d'indemniser des surcoûts non acceptés qu'en cas de faute du maître de l'ouvrage ou de bouleversement de l'économie du contrat.
  2. La garantie de paiement se réclame jusqu'au dernier euro : selon la Cour de cassation, « le maître de l'ouvrage est débiteur de l'obligation de délivrer une garantie de paiement dès la signature du marché, laquelle peut être sollicitée à tout moment, même après la résiliation du contrat dès lors que le montant des travaux n'a pas été intégralement réglé » (Cass. 3e civ., 15 avril 2021, n° 19-24.878). Et c'est au client qui prétend y échapper de prouver que les travaux servaient des besoins étrangers à son activité professionnelle, car « la SCI ne rapportait pas la preuve, dont la charge lui incombait, que le marché avait pour objet de satisfaire des besoins ne ressortissant pas à son activité professionnelle » (Cass. 3e civ., 24 avril 2003, n° 01-13.439).
  3. La sous-traitance irrégulière fragilise d'abord le sous-traité : le sous-traitant non accepté, ou dont les conditions de paiement ne sont pas agréées, peut résilier le sous-traité (loi n° 75-1334, article 3) ; celui qui n'a reçu ni caution ni délégation de paiement peut en invoquer la nullité (article 14). Tant qu'il n'exerce pas la sanction qui lui est ouverte, « si le sous-traitant n'use pas de la faculté de résiliation unilatérale qui lui est ouverte par l'article 3 de la loi précitée et n'invoque pas la nullité de celui-ci sur le fondement de l'article 14 de la même loi, le contrat doit recevoir application » (Cass. 3e civ., 10 novembre 2021, n° 20-19.372). S'il obtient la nullité, « dans le cas où le sous-traité annulé a été exécuté, la créance de restitution du sous-traitant correspond au coût réel des travaux réalisés, à l'exclusion de ceux qu'il a effectués pour reprendre les malfaçons dont il est l'auteur » (Cass. 3e civ., 8 juin 2023, n° 22-13.330).
  4. L'assurance décennale ne couvre que les activités déclarées : un constructeur assuré pour des lots de technique courante a réalisé une maison individuelle, et la Cour de cassation a approuvé la décision selon laquelle « l'activité construction de maison individuelle n'ayant pas été déclarée, les demandes en garantie formées par M. X... devaient être rejetées » (Cass. 3e civ., 18 octobre 2018, n° 17-23.741), solution défavorable au maître de l'ouvrage, privé de la garantie de cet assureur pour les travaux en cause.

Le forfait se perd aussi par la rupture : le client peut rompre seul un marché à forfait, même en cours d'exécution, s'il indemnise l'entreprise de ses frais, des ouvrages faits et du bénéfice qu'elle pouvait attendre (code civil, article 1794), mais cette indemnité suppose que le marché soit réellement forfaitaire (Cass. 3e civ., 26 juin 2025, n° 23-23.942).

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir pour défendre un chantier

Le juge tranche sur ce qui a été écrit pendant le chantier, rarement sur ce qui a été dit. La qualité du dossier se décide donc avant le litige.

Position A

Entreprise titulaire du marché

  • Devis signé ou marché, conditions générales, plans et descriptif annexés
  • Ordres de service, avenants, courriels validant chaque modification et son prix
  • Situations de travaux, factures, relances et preuves de leur envoi
  • Attestation d'assurance décennale avec la liste des activités déclarées

Position B

Sous-traitant ou entreprise de second rang

  • Contrat de sous-traitance, date de signature et date du premier jour sur le chantier
  • Acte d'acceptation du sous-traitant et d'agrément de ses conditions de paiement
  • Caution bancaire ou délégation de paiement, avec leur date
  • Mises en demeure adressées à l'entreprise principale et au maître de l'ouvrage

Erreurs fréquentes : commencer des travaux supplémentaires sur un accord oral ; laisser entrer un sous-traitant sur le chantier avant sa caution ; accepter une retenue de garantie supérieure à 5 % ou non consignée ; ne jamais demander la réception.

Selon le dossier, peuvent aussi intervenir :

  • Commissaire de justice
  • Expert judiciaire
  • Assureur décennal
  • Caution bancaire

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

L'ordre est toujours le même : lire le marché, reconstituer ce qui a été commandé et exécuté, puis choisir le levier qui fait payer.

Étape 1

Lecture du marché

Nature du prix, pièces contractuelles, clauses de pénalités, de retenue et de résiliation, qualité du maître de l'ouvrage, consommateur ou professionnel.

Étape 2

Reconstitution du chantier

Tableau des travaux commandés, modifiés et réalisés, rapproché des situations, des paiements et des écrits qui autorisent chaque supplément.

Étape 3

Levier adapté

Demande de garantie de paiement, suspension lorsque la garantie manque et que des travaux restent impayés, mise en demeure du maître de l'ouvrage par le sous-traitant, demande de réception.

Étape 4

Paiement ou procédure

Accord écrit sur le décompte, sinon injonction de payer, demande de provision en référé ou action au fond, avec expertise si l'ouvrage est discuté.

Repères : suspension possible des travaux quinze jours après une mise en demeure restée sans effet, si aucune garantie n'a été fournie et que des travaux exécutés restent impayés (article 1799-1) ; action directe du sous-traitant un mois après la mise en demeure de l'entreprise principale (article 12 de la loi de 1975) ; garantie de parfait achèvement d'un an à compter de la réception (article 1792-6).

Le calendrier

Les étapes d'un chantier sécurisé

De l'offre au dernier règlement, les moments où un écrit change l'issue d'un litige.

  1. Offre et signature

    Avant le chantier. Prix global et forfaitaire ou prix à l'unité, pièces annexées, garantie de paiement prévue, retenue de garantie et sa consignation.

  2. Ouverture du chantier

    Premier jour. Attestation d'assurance décennale remise, sous-traitants présentés au maître de l'ouvrage avec leur caution.

  3. Exécution

    Chaque mois. Situations de travaux, ordres de service écrits, devis complémentaires acceptés avant exécution.

  4. Fin des travaux

    Demande écrite de réception, à l'amiable ou devant le juge à défaut d'accord (article 1792-6).

  5. Décompte et solde

    Après la réception. Levée des réserves, facture de solde selon le marché, relance puis mise en demeure ; un an après la réception, retenue de garantie libérée sauf opposition motivée (loi n° 71-584, article 2).

  6. Prescription

    Deux ou cinq ans. Deux ans contre un client consommateur (code de la consommation, article L. 218-2), à compter des faits qui permettent d'agir, souvent l'achèvement ; cinq ans dans les autres cas (article L. 110-4 du code de commerce, article 2224 du code civil).

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune mise en demeure ni assignation sans avoir validé ces points.

  • Nature du prix : forfait global, ou prix à l'unité et au métré.
  • Écrits signés par le maître de l'ouvrage pour chaque travail supplémentaire et son prix.
  • Qualité du maître de l'ouvrage, professionnel ou consommateur, pour la garantie, les pénalités et la prescription.
  • Acceptation des sous-traitants, agrément de leurs conditions de paiement, caution ou délégation.
  • Activités déclarées à l'assureur décennal au regard des travaux réellement exécutés.
  • Date d'achèvement, réception et réserves, point de départ des délais.
  • Clauses de pénalités et de résiliation, mises en demeure reçues ou envoyées.

Synthèse

Situation, risque, acte, décision

Les arbitrages les plus fréquents d'une entreprise du bâtiment sur un marché privé.

Situation

Travaux en plus demandés sur le chantier

Risque principal : Supplément refusé au titre du forfait.

Acte à privilégier : Devis complémentaire signé avant exécution.

Décision recommandée : Ne rien exécuter sans prix accepté par écrit.

Situation

Client professionnel qui paie en retard

Risque principal : Trésorerie épuisée en cours de chantier.

Acte à privilégier : Demande de garantie de paiement, puis mise en demeure.

Décision recommandée : Sans garantie, suspendre quinze jours après mise en demeure.

Situation

Sous-traitant présent sans agrément ni caution

Risque principal : Résiliation s'il n'est pas agréé, nullité sans caution ni délégation.

Acte à privilégier : Présentation au maître de l'ouvrage, caution ou délégation.

Décision recommandée : Régulariser avant le premier jour de travaux.

Situation

Lot hors des activités assurées

Risque principal : Refus de garantie de l'assureur décennal.

Acte à privilégier : Extension de la police avant la signature.

Décision recommandée : Refuser le lot ou étendre l'assurance.

Situation

Marché résilié par le client

Risque principal : Perte du gain attendu sur le chantier.

Acte à privilégier : Analyse du motif et de la nature du prix.

Décision recommandée : Chiffrer dépenses, travaux et gain manqué.

Situation

Facture de solde restée impayée

Risque principal : Action prescrite contre un client consommateur.

Acte à privilégier : Réception, décompte, mise en demeure datée.

Décision recommandée : Compter deux ans dès l'achèvement, par prudence.

Questions fréquentes

Vos questions : entreprises du bâtiment

Pourquoi une PME du bâtiment consulte-t-elle un avocat avant de signer un marché ?

Parce que la plupart des litiges de chantier se décident au moment de la signature. Le marché fixe la nature du prix, les pièces qui décrivent l'ouvrage, les pénalités, la retenue de garantie, les conditions de résiliation et la façon de faire valider une modification. Une fois les travaux commencés, l'entreprise négocie en position de faiblesse, car elle a engagé des matériaux et de la main-d'œuvre.

Le marché de travaux est un louage d'ouvrage au sens du code civil (article 1779 du code civil). Lorsqu'il s'est chargé à forfait de construire un bâtiment d'après un plan arrêté avec le propriétaire du sol, l'entrepreneur ne peut réclamer aucune augmentation pour des changements que le maître de l'ouvrage n'a pas autorisés par écrit, prix compris (article 1793). La Cour de cassation l'applique avec rigueur : elle a approuvé le refus de payer à une entreprise des travaux qui « n'étaient pas d'une ampleur telle qu'elle puisse caractériser un bouleversement de l'économie du contrat » (Cass. 3e civ., 6 mars 2025, n° 23-18.916), alors qu'ils représentaient 13 % du marché. La cour d'appel s'était fondée sur les clauses du marché et sur l'origine des modifications : ce pourcentage n'est pas un seuil général.

Le cabinet relit le projet de marché ou les conditions générales de l'entreprise, signale les clauses déséquilibrées et propose une rédaction qui laisse une trace écrite à chaque modification. Il vérifie aussi que l'assurance décennale couvre bien les lots proposés.

Le client ajoute des travaux en cours de chantier : comment être sûr d'être payé ?

Tout dépend de la nature du prix, non du nom du document : un devis peut lui-même fixer un prix forfaitaire. Dans un marché à prix unitaires ou au métré, les travaux réellement commandés se paient selon le bordereau convenu, à charge pour l'entreprise de prouver la commande. Dans un marché à forfait, l'accord écrit du maître de l'ouvrage sur la modification et sur son prix est la seule voie sûre (article 1793).

La Cour de cassation admet que le forfait n'est pas une prison : « Les parties pouvant décider de sortir du forfait dans les conditions prévues à l'article 1793 du code civil » (Cass. 3e civ., 5 janvier 2022, n° 20-14.615), elle a approuvé une cour d'appel d'avoir condamné un promoteur à payer des travaux de modification décidés par ordre de service à la suite d'un devis accepté par écrit. L'écrit a fait la différence. Le même arrêt casse en revanche la condamnation à payer un caniveau accepté seulement de façon tacite : seul un accord exprès et non équivoque permet de facturer le supplément, et des surcoûts non acceptés ne s'indemnisent qu'en cas de faute du maître de l'ouvrage ou de bouleversement de l'économie du contrat.

La pratique la plus simple consiste à transmettre un devis complémentaire avant d'exécuter, et à n'engager les travaux qu'après sa signature ou un courriel d'acceptation qui reprend le prix. Un compte rendu de chantier qui mentionne la demande du client, sans prix, ne suffit pas toujours. Le cabinet peut rédiger le modèle d'avenant et la procédure interne que l'entreprise utilisera sur chaque chantier.

Le maître de l'ouvrage professionnel ne fournit aucune garantie de paiement : que peut faire l'entreprise ?

Elle peut la réclamer à tout moment. Le client d'un marché privé de travaux doit assurer à l'entreprise une garantie de paiement au-delà d'un seuil fixé par décret, en principe par un cautionnement solidaire d'un établissement habilité lorsqu'il ne finance pas l'opération par un crédit spécifique (article 1799-1 du code civil). Faute de garantie, et si des travaux exécutés restent impayés, l'entreprise peut interrompre les travaux si sa mise en demeure n'a reçu aucune suite dans les quinze jours, selon le même article.

La Cour de cassation précise que « le maître de l'ouvrage est débiteur de l'obligation de délivrer une garantie de paiement dès la signature du marché, laquelle peut être sollicitée à tout moment, même après la résiliation du contrat dès lors que le montant des travaux n'a pas été intégralement réglé » (Cass. 3e civ., 15 avril 2021, n° 19-24.878). Dans cette affaire, elle a censuré la cour d'appel qui avait dit n'y avoir lieu à référé sur la demande de garantie, en retenant notamment que le marché était résilié et le solde sérieusement contestable.

Le client ne peut pas se contenter d'affirmer qu'il agit à titre privé : la preuve lui incombe, la Cour de cassation ayant approuvé une cour d'appel d'avoir retenu que « la SCI ne rapportait pas la preuve, dont la charge lui incombait, que le marché avait pour objet de satisfaire des besoins ne ressortissant pas à son activité professionnelle » (Cass. 3e civ., 24 avril 2003, n° 01-13.439). Le cabinet rédige la demande de garantie et la mise en demeure, puis saisit le juge des référés si nécessaire.

L'entreprise peut-elle arrêter le chantier quand le client ne règle plus les situations ?

Pas n'importe comment. Le code civil permet à une partie de refuser d'exécuter son obligation lorsque l'autre n'exécute pas la sienne et que cette inexécution est suffisamment grave (article 1219 du code civil). Un retard de paiement isolé, ou une contestation sérieuse sur la qualité des travaux, peut ne pas suffire, et l'arrêt du chantier se retournerait alors contre l'entreprise, qui deviendrait elle-même défaillante.

Le fondement le plus sûr reste la garantie de paiement. Lorsque le maître de l'ouvrage n'en a fourni aucune et que des travaux exécutés restent impayés, la loi autorise l'interruption des travaux lorsque la mise en demeure n'a reçu aucune suite dans les quinze jours (article 1799-1). La démarche est alors encadrée et datée.

En pratique, le cabinet vérifie le montant réellement exigible au regard du marché, la qualité du client, l'existence d'une garantie, puis rédige la mise en demeure qui annonce la suspension. Il conseille de faire constater l'état du chantier au jour de l'arrêt, afin que l'entreprise ne soit pas accusée ensuite d'avoir abandonné les travaux.

Le client résilie le marché en cours de travaux : quelle indemnité l'entreprise peut-elle obtenir ?

Dans un marché à forfait, le client peut mettre fin seul au contrat, même chantier commencé, en réglant à l'entreprise ses frais, la valeur des ouvrages faits et le bénéfice qu'elle en attendait (code civil, article 1794). Ce texte protège l'entreprise : le gain manqué fait partie de l'indemnité.

Deux arrêts récents en limitent la portée, au détriment de l'entreprise. Le premier rappelle que « une partie ne peut pas prétendre à l'exécution d'un contrat résilié, mais seulement à des dommages-intérêts compensant le préjudice causé par la résiliation fautive » (Cass. 3e civ., 26 juin 2025, n° 23-23.942) ; la cour d'appel qui avait alloué tout le gain attendu sans constater que le marché était forfaitaire a été censurée. Le second, du 25 juin 2026, juge que « la faculté de résiliation unilatérale d'un marché à forfait par le maître de l'ouvrage, prévue à l'article 1794 du code civil, ne prive pas celui-ci de la possibilité de résilier le marché dans les conditions du droit commun » (Cass. 3e civ., 25 juin 2026, n° 24-18.064). Rendu au visa de l'ancien article 1184 du code civil, cet arrêt casse avec renvoi sans dire que les griefs étaient établis : l'indemnité de l'article 1794 peut être écartée si la résiliation pour inexécution est justifiée. Sous le droit actuel, le maître de l'ouvrage qui résilie ainsi doit, sauf urgence, mettre en demeure, notifier sa décision motivée et, en cas de contestation, prouver la gravité de l'inexécution (article 1226 du code civil).

La valeur de la réclamation dépend donc de la nature du prix et de ce que le client reproche à l'entreprise. Le cabinet reconstitue les dépenses engagées, les travaux exécutés et la marge attendue, puis répond point par point aux griefs avancés pour justifier la rupture.

L'entreprise principale doit-elle faire agréer son sous-traitant avant qu'il commence ?

Oui. L'entrepreneur qui recourt à un sous-traitant doit le faire accepter et faire agréer ses conditions de paiement par le maître de l'ouvrage, dès la signature puis tout au long du marché (loi n° 75-1334, article 3). Il doit en outre garantir les paiements dus au sous-traitant par le cautionnement d'un établissement agréé, à moins que le client ne règle lui-même le sous-traitant par délégation, sans quoi le sous-traité est nul (article 14).

Les parties peuvent organiser l'ordre des formalités. La Cour de cassation admet que « les parties à un contrat de sous-traitance peuvent convenir que celui-ci ne sera formé ou ne prendra effet qu'à compter de la date à laquelle le sous-traitant sera agréé par le maître de l'ouvrage et ses conditions de paiement par lui acceptées » (Cass. 3e civ., 30 avril 2025, n° 23-19.086). Dans ce cas, une délégation de paiement ou une caution obtenue à la date de l'agrément exclut la nullité, sauf si le sous-traitant a commencé ses travaux avant d'obtenir ces garanties.

La date du premier jour sur le chantier devient alors décisive. Le cabinet rédige la clause de prise d'effet, prépare le dossier de présentation au maître de l'ouvrage et vérifie que la caution est délivrée avant toute intervention.

Le sous-traitant n'a pas reçu de caution : peut-il suspendre ses travaux sans risque ?

Non, et la solution lui est défavorable. Le sous-traitant qui n'a pas été accepté, ou dont les conditions de paiement n'ont pas été agréées, peut résilier le sous-traité ; celui qui n'a reçu ni caution ni délégation de paiement conforme peut en invoquer la nullité, une délégation régulière dispensant de la caution (article 14 de la loi n° 75-1334). S'il n'exerce pas la sanction qui lui est ouverte, selon la Cour de cassation, « si le sous-traitant n'use pas de la faculté de résiliation unilatérale qui lui est ouverte par l'article 3 de la loi précitée et n'invoque pas la nullité de celui-ci sur le fondement de l'article 14 de la même loi, le contrat doit recevoir application » (Cass. 3e civ., 10 novembre 2021, n° 20-19.372).

Dans cette affaire, le sous-traitant avait arrêté le chantier en invoquant l'absence de cautionnement valable. La cour d'appel avait jugé abusive la rupture prononcée ensuite par l'entreprise principale ; son arrêt a été cassé, car le contrat, non résilié ni annulé, devait recevoir application. Le sous-traitant qui suspend sans exercer l'une de ces deux voies s'expose ainsi à se voir reprocher un abandon.

Le cabinet aide le sous-traitant à choisir : obtenir la caution, résilier par un écrit clair s'il n'a pas été accepté, ou demander la nullité en mesurant ses conséquences financières. Il assiste aussi l'entreprise principale qui veut régulariser la situation avant qu'elle ne dégénère.

Que récupère le sous-traitant lorsque le sous-traité est annulé ?

La nullité efface le prix convenu. Le sous-traitant n'est plus payé selon son contrat, mais il obtient la restitution de la valeur de ce qu'il a réalisé. Selon la Cour de cassation, « dans le cas où le sous-traité annulé a été exécuté, la créance de restitution du sous-traitant correspond au coût réel des travaux réalisés, à l'exclusion de ceux qu'il a effectués pour reprendre les malfaçons dont il est l'auteur » (Cass. 3e civ., 8 juin 2023, n° 22-13.330). La facture des reprises de ses propres malfaçons reste donc à sa charge.

Sans annulation, le contrat fixe le plafond. La Cour de cassation l'a rappelé dans un arrêt défavorable au sous-traitant : « le sous-traitant dont le contrat n'est pas annulé ne peut prétendre, pour l'indemnisation du coût de ses travaux, à d'autres sommes que celles prévues par le sous-traité » (Cass. 3e civ., 18 janvier 2024, n° 22-20.995). Un sous-traitant qui estime son prix insuffisant ne peut donc pas obtenir davantage en se plaçant sur le terrain de la responsabilité, sauf à faire annuler le sous-traité.

Le choix entre exécution du contrat et nullité se fait donc chiffres en main. Le cabinet compare le prix du sous-traité au coût réel justifié par les pièces comptables, déduit les reprises éventuelles et indique la voie la plus favorable, avant toute mise en demeure.

Quelles activités l'entreprise doit-elle déclarer à son assureur décennal ?

Toutes celles qu'elle exerce réellement. Chaque constructeur exposé à la garantie décennale doit être assuré et en apporter la preuve au démarrage de chaque chantier (code des assurances, article L. 241-1). La responsabilité en cause est celle de plein droit du constructeur pour les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (article 1792 du code civil).

Le contrat d'assurance ne couvre que les activités déclarées. La Cour de cassation a approuvé la décision selon laquelle « l'activité construction de maison individuelle n'ayant pas été déclarée, les demandes en garantie formées par M. X... devaient être rejetées » (Cass. 3e civ., 18 octobre 2018, n° 17-23.741), l'entreprise n'étant assurée que pour des lots de technique courante. La solution, défavorable au maître de l'ouvrage, le prive de la garantie de cet assureur pour les travaux en cause.

Avant d'accepter un lot nouveau, l'entreprise compare donc l'intitulé exact de ses activités assurées avec les travaux du devis. Le cabinet relit l'attestation et les conditions particulières de la police, et signale les écarts à corriger auprès de l'assureur avant la signature.

Pourquoi l'entreprise a-t-elle intérêt à demander elle-même la réception des travaux ?

Parce que la réception déclenche presque tout ce qui lui est favorable. Elle est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage accepte l'ouvrage, avec ou sans réserves, et l'une ou l'autre partie peut la provoquer, par accord ou, faute d'accord, devant le juge (article 1792-6 du code civil). L'entreprise n'a donc pas à attendre le bon vouloir du client.

La réception fait courir, en même temps, la garantie de parfait achèvement d'un an, qui couvre les désordres réservés au procès-verbal et ceux révélés ensuite et notifiés par écrit, la garantie de bon fonctionnement d'au moins deux ans (article 1792-3) et le délai de dix ans de la responsabilité décennale (article 1792-4-1). Le marché en fait souvent la condition du paiement du solde. La retenue de garantie, que la loi plafonne à 5 % des acomptes et que le client consigne, sauf caution bancaire fournie par l'entreprise (loi n° 71-584, article 1er), est libérée un an après la réception, avec ou sans réserves, si le maître de l'ouvrage n'a pas notifié à la caution ou au consignataire une opposition motivée par lettre recommandée (article 2).

Le cabinet rédige la convocation à la réception, prépare le procès-verbal et, si le client refuse ou ne se présente pas, saisit le juge pour qu'il fixe la date à laquelle l'ouvrage était en état d'être reçu.

Une facture de travaux impayée produit-elle des intérêts de retard sans clause particulière ?

Entre professionnels, oui. Les pénalités de retard du code de commerce s'appliquent même si le marché ne les mentionne pas, et elles s'appliquent aux acomptes. La Cour de cassation l'a jugé, sous l'ancienne numérotation du texte, en énonçant que « Les pénalités de retard prévues par ce texte, qui sont dues de plein droit, sans rappel et sans avoir à être mentionnées dans le contrat, et sont notamment applicables aux acomptes dus en vertu d'un marché de travaux » (Cass. com., 21 octobre 2020, n° 18-25.749). Elle a censuré une cour d'appel qui avait refusé ces pénalités au motif que la SCI cliente n'était pas commerçante.

La règle figure aujourd'hui à l'article L. 441-10 du code de commerce, qui encadre aussi les délais de paiement entre professionnels et prévoit une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Ces pénalités ne jouent pas contre un client qui ne contracte pas pour son activité professionnelle : l'entreprise réclame alors les intérêts au taux légal à compter de sa mise en demeure (article 1231-6 du code civil).

Le cabinet vérifie la qualité du client, calcule les pénalités situation par situation et les intègre à la mise en demeure, puis à la requête en injonction de payer ou à l'assignation.

Dans quel délai l'entreprise doit-elle agir pour une facture restée impayée ?

Le délai dépend du client. Contre un client consommateur, l'action d'un professionnel pour les services qu'il lui fournit se prescrit par deux ans (code de la consommation, article L. 218-2). Contre un client professionnel, le délai est de cinq ans, sur le fondement de l'article L. 110-4 du code de commerce lorsqu'une partie est commerçante, sinon du droit commun (article 2224 du code civil).

Le point de départ a changé. La Cour de cassation retenait autrefois, contre un consommateur, la date de la facture ; elle juge désormais qu'« il y a donc lieu de prendre en compte la date de la connaissance des faits qui permet au professionnel d'exercer son action, laquelle peut être caractérisée par l'achèvement des travaux ou l'exécution des prestations » (Cass. 1re civ., 19 mai 2021, n° 20-12.520). Dans l'affaire jugée, elle a toutefois maintenu la date de la facture pour ne pas priver l'entreprise de l'accès au juge. Retarder la facturation ne prolonge donc plus le délai.

Deux ans passent vite sur un chantier qui s'achève par des réserves et des discussions. Une relance ne suffit pas à interrompre la prescription : il faut que le client reconnaisse le droit de l'entreprise (article 2240 du code civil) ou une demande en justice, même en référé (article 2241). Le cabinet date l'achèvement, calcule l'échéance et engage la procédure adaptée avant son terme.

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kader ladjouzi
il y a 1 mois

Meilleur avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris. Un avocat humain et à l’écoute, avec une équipe formidable. Merci à vous Maître KOHEN

Réponse du cabinet

Maître Reda KOHEN et son équipe vous remercient pour ces mots, qui les encouragent.

Janou SAMUEL
il y a 2 mois

Merci à Me KOHEN pour ses analyses de la jurisprudence récente relative à la la réticence dolosive dans la vente immobilière. Cela me conforte dans une action en annulation que j'envisage après avoir acquis une maison impactée de graves désordres intentionnellement dissimulés par la venderesse et non signalés par l'agent immobilier; également de désordres (remontées d'humidité) caractérisées par des fissures évolutives traversantes et des tâches d'humidité, non signalées par l'agent immobilier… Pire, désordres dissimulés par ce dernier ou à son initiative, sous une couche de peinture et par des plaques de polystyrène collées au plafond d'une chambre. Et ledit agent immobilier est la rédacteur de l'avant contrat où ne figure bien sûr aucune information concernant l'ensemble de ces désordres. Juste ajouter qu'étant âgé de 77 ans et souffrant de troubles cognitifs, j'ai la certitude que l'agent immobilier a pensé que je ne serai pas en mesure de découvrir la tromperie et surtout de caractériser l'intention frauduleuse, encore moins d'engager une action en justice compte tenu de la complexité et de la longueur de la procédure... C'est pourquoi j'opte pour la voie pénale, dans la me

Réponse du cabinet

Merci pour votre lecture attentive de nos analyses de jurisprudence sur la réticence dolosive dans la vente immobilière. Les situations personnelles ne peuvent pas être examinées dans cet espace public, mais le cabinet Kohen Avocats continuera de suivre et de commenter les décisions récentes en droit immobilier.

Paul MALIK (powlo)
il y a 5 mois

Maître Reda KOHEN m'a accompagné dans un différend concernant un compromis de vente avec une partie défaillante. Il a su m'accompagner avec professionnalisme et réactivité, je le recommande.

Réponse du cabinet

Un conseil juridique n'a de valeur que s'il arrive à temps — ravi d'avoir été au rendez-vous. Merci pour ce mot.

Rayan Kallout
il y a 6 mois

Je recommande vivement Maître Reda Kohen. Grâce à ses explications, j’ai pu récupérer mon dépôt de garantie dans une situation qui semblait bloquée. Il a su être réactif, clair et très professionnel. Un grand merci pour son aide précieuse !

Réponse du cabinet

La restitution du dépôt de garantie est un contentieux locatif plus fréquent qu'on ne le croit ; ravi que la situation se soit débloquée rapidement. Merci pour ce retour.

Naji Jouahri
il y a 6 mois

Excellent accompagnement de Maître Kohen dans un dossier où se mélangent droit des affaires et droit immobilier. Analyse juridique claire dès le premier rendez-vous, jusqu'à l'audience. Avocat professionnel et disponible, je recommande fortement son cabinet à Paris 17.

Réponse du cabinet

Les dossiers au croisement du droit des affaires et du droit immobilier exigent une vision d'ensemble — c'est le cœur de la pratique du cabinet, du premier rendez-vous à l'audience. Merci pour cette recommandation précise.

Halim Tunde
il y a 6 mois

Maître Kohen m'a assistée dans un recouvrement d'impayés face à un preneur défaillant. Procédure maîtrisée de bout en bout, du commandement de payer jusqu'à l'expulsion. Humain, à l'écoute, et toujours joignable. Merci pour votre travail.

Réponse du cabinet

Le recouvrement des loyers impayés demande une procédure tenue de bout en bout, sans temps mort — heureux d'avoir mené la vôtre à son terme. Merci pour ce témoignage.

Cha
il y a 6 mois

En tant que jeune étudiante résident en appartement, mon bailleur a essayé de me faire quitter mon logement alors qu’il ne m’avait adressé aucune lettre de congé. J’ai donc contacté Monsieur Reda Kohen pour m’aider car je n’arrivais pas à gérer la situation seul. En seulement 3 jours tout a été réglé, Maître Kohen m’a défendu et accompagner avec une implication et une efficacité irréprochable. Je ne peux que vous recommander son professionnalisme !

Réponse du cabinet

Un congé irrégulier ne fait pas quitter un logement : ravi que la situation ait été rétablie en quelques jours. Bonne continuation dans vos études.

Asmaa Maazaz
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Kohen pour un litige immobilier complexe et je recommande vivement son cabinet. Il est très professionnel, il a su analyser mon dossier avec rigueur dès le premier rendez-vous et m’expliquer clairement les options possibles. Grâce à son expertise, nous avons obtenu une issue très favorable. Réactif, pédagogue et engagé, c’est un avocat en qui on peut vraiment avoir confiance. Cordialement, Mlle Maazaz

Réponse du cabinet

Merci beaucoup Mademoiselle Maazaz pour ce retour. La rigueur d'analyse et la réactivité sont des engagements essentiels de notre cabinet d'avocat en droit immobilier à Paris, où chaque dossier exige une approche sur mesure. Ravi que nous ayons pu obtenir une issue favorable. Le cabinet reste à votre disposition. Bien à vous.

chaymaa aouadi
il y a 7 mois

J’ai fait appel à Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier à Paris, et je suis entièrement satisfait de son accompagnement. Très professionnel, réactif et à l’écoute. Il a su analyser rapidement mon dossier, expliquer clairement la stratégie juridique et défendre mes intérêts avec efficacité. Grâce à son expertise et sa détermination, nous avons obtenu un résultat très favorable. Je recommande vivement Maître Kohen à toute personne recherchant un avocat en droit immobilier à Paris.

Réponse du cabinet

Un grand merci pour ce témoignage. C'est exactement ce type de retour qui donne tout son sens à notre engagement en droit immobilier à Paris. Votre satisfaction est notre meilleure recommandation.