Conventions réglementées — dirigeants, associés, sociétés
Avocat conventions réglementées à Paris : sécuriser les contrats entre dirigeant, associé et société.
Bail avec la SCI familiale, management fees de la holding, compte courant rémunéré : tout contrat entre la société et ceux qui la dirigent ou la contrôlent suit une procédure précise. Le cabinet qualifie, fait approuver et documente le prix de marché.
La convention non documentée se conteste deux ou trois exercices plus tard, quand les preuves du prix de marché n'existent plus. La documentation se construit avant la signature.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — gouvernance et conventions réglementées.
Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr
Page mise à jour le 11 juin 2026.
Trois régimes selon la forme
SA : autorisation préalable motivée du conseil (article L. 225-38). SAS : présentation aux associés sur rapport (article L. 227-10). SARL : approbation par l'assemblée, sans le vote de l'intéressé (article L. 223-19).
Trois statuts de convention
Courante à conditions normales : régime ordinaire. Réglementée non approuvée : effets maintenus mais responsabilité des intéressés. Interdite — emprunt du dirigeant personne physique : nullité de plein droit.
Le prix de marché, cœur de la défense
Étude indépendante datée d'avant la signature, traçabilité de la prestation fournie, cohérence avec les conditions de marché : trois piliers documentaires qui se préparent en amont.
Réponse rapide
La convention réglementée vise tout contrat entre la société et un dirigeant, un associé significatif ou une entreprise liée, directement ou par personne interposée. La procédure suit trois temps : information, autorisation préalable quand un conseil existe, approbation sur rapport spécial. La convention non approuvée produit ses effets mais expose à la réparation des conséquences dommageables ; en SA, l'annulation se prescrit par trois ans, sauf dissimulation. Le contentieux réel porte sur le déséquilibre économique : le prix de marché se documente avant la signature.
Comprendre votre situation
Conventions réglementées : ce qui décide vraiment du dossier
Sept points pour qualifier, approuver et documenter — ou contester une convention déséquilibrée.
Panneau 1 — Le périmètre
Qualifier avant de signer
Quatre règles structurent le régime des conventions réglementées.
Le périmètre couvre les conventions entre la société et ses dirigeants, ses associés significatifs (10 % des droits de vote en SA) ou des entreprises liées, directement ou par personne interposée (articles L. 225-38, L. 227-10, L. 223-19 du code de commerce).
La procédure varie : autorisation préalable motivée du conseil en SA, rapport aux associés en SAS, approbation en assemblée sans le vote de l'intéressé en SARL.
La convention courante conclue à des conditions normales échappe au régime (articles L. 225-39 et L. 227-11) — mais le même loyer surévalué bascule en convention réglementée.
La convention interdite — emprunt, découvert ou caution de la société au profit du dirigeant personne physique — est nulle de plein droit.
En SA, la convention conclue sans autorisation préalable peut être annulée si elle a des conséquences dommageables, dans les trois ans de la convention sauf dissimulation (article L. 225-42), la nullité pouvant être couverte par un vote de l'assemblée sur rapport spécial. Le vrai contentieux porte sur le déséquilibre : une convention approuvée mais conclue à prix anormal engage la responsabilité du dirigeant.
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut réunir pour sécuriser ou contester
La preuve du prix de marché se construit avant la signature, jamais après l'assignation.
Dirigeant ou société
- Projet de convention et conditions financières
- Étude indépendante du prix de marché datée d'avant la signature
- Procès-verbaux d'autorisation et rapports spéciaux
- Suivi de la prestation : time sheets, livrables, comparables
Associé contestataire
- Statuts et liste des conventions visées aux rapports
- Comptes annuels et annexes
- Conventions suspectes : bail, management fees, compte courant
- Preuves du déséquilibre : comparables de marché, expertises
Erreur fréquente : laisser courir une convention « bénigne » — bail familial, facturation intra-groupe — qui ressort en contentieux deux exercices plus tard.
Cas fréquents traités par le cabinet :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Confondre les régimes coûte cher : la procédure suit la forme sociale.
Audit du périmètre
Qualification par renvoi aux articles L. 225-38, L. 227-10 ou L. 223-19 ; identification des conventions par personne interposée.
Documentation du prix
Étude indépendante avant signature, traçabilité de la prestation, cohérence avec le marché.
Procédure d'approbation
Information du conseil et du commissaire, autorisation préalable motivée en SA, rapport spécial, approbation par les associés sans le vote de l'intéressé.
Régularisation ou contentieux
Couverture des nullités par vote sur rapport spécial, ou action en responsabilité et en annulation côté associé lésé.
Le commissaire aux comptes, quand il existe, reçoit communication des conventions et établit le rapport spécial : son information est une étape, pas une option.
Panneau 4 — Le calendrier
La timeline d'une convention réglementée
Un ordre chronologique précis selon la forme sociale.
Étape 1 — Qualification
Audit du périmètre : réglementée, courante ou interdite.
Étape 2 — Information
Communication du projet au conseil et au commissaire aux comptes : conditions financières et intérêt pour la société.
Étape 3 — Autorisation préalable
Conseil d'administration ou de surveillance en SA, motivation au procès-verbal.
Étape 4 — Signature
Mention au procès-verbal d'autorisation, conservation de la documentation prix de marché.
Étape 5 — Rapport spécial
Rapport du commissaire ou du président présenté aux associés.
Étape 6 — Approbation
Vote des associés sans la voix de l'intéressé, mention au registre, suivi annuel des conventions poursuivies.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant la signature
Aucune convention sensible sans avoir validé ces points.
Qualification : réglementée, courante à conditions normales, ou interdite.
Périmètre indirect : personnes interposées, SCI familiales, sociétés sœurs.
Procédure propre à la forme sociale, vote de l'intéressé exclu.
Prix de marché documenté par une étude indépendante antérieure à la signature.
Traçabilité de la prestation : temps passés, livrables, comparables.
Suivi annuel des conventions poursuivies et mention aux rapports.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Quelle différence entre une convention courante et une convention réglementée ?
Une convention courante est conclue dans le cours normal de l'activité de la société et à des conditions habituelles du marché. Elle échappe à la procédure d'autorisation et d'approbation des conventions réglementées (article L. 227-11 pour la SAS, article L. 225-39 pour la SA). Une convention réglementée concerne au contraire un acte non habituel ou conclu à des conditions spécifiques : bail entre le dirigeant et la société, prestations entre sociétés liées, garantie de la société pour un emprunt personnel du dirigeant. La frontière n'est pas toujours évidente : un loyer pratiqué au prix de marché peut être courant, le même loyer surévalué bascule en convention réglementée.
Qui doit approuver la convention réglementée selon la forme sociale ?
En SA classique, l'autorisation préalable revient au conseil d'administration ou au conseil de surveillance, l'approbation finale à l'assemblée générale ordinaire sur rapport spécial du commissaire aux comptes (article L. 225-38). En SAS, il n'y a pas d'autorisation préalable obligatoire, sauf clause statutaire spécifique : les associés statuent sur rapport du commissaire aux comptes ou du président (article L. 227-10). En SARL, l'assemblée des associés statue sur rapport du gérant ou du commissaire aux comptes ; le gérant ou l'associé intéressé ne prend pas part au vote (article L. 223-19).
Que se passe-t-il si la convention réglementée n'est pas approuvée ?
La convention non approuvée produit néanmoins ses effets : elle n'est pas annulée automatiquement. Mais la personne intéressée et, le cas échéant, les autres dirigeants supportent les conséquences dommageables pour la société (article L. 227-10 pour la SAS, article L. 223-19 pour la SARL). En SA, l'article L. 225-42 permet à la société d'agir en nullité dans un délai de trois ans à compter de la convention, prolongé en cas de dissimulation. La nullité peut être couverte par un vote ultérieur de l'assemblée sur rapport spécial.
Comment prouver qu'une convention est conclue au prix de marché ?
La preuve repose sur trois piliers documentaires datés d'avant la signature. Premier pilier : une étude indépendante (expertise immobilière, avis d'expert sectoriel, étude de prix de transfert). Deuxième pilier : la traçabilité de la prestation effectivement fournie, notamment par des time sheets pour les management fées et un suivi mensuel de l'exécution. Troisième pilier : la comparaison avec les conditions pratiquées avec des tiers comparables. L'absence d'un seul de ces piliers fragilisé la défense en cas de contestation.
Un dirigeant peut-il être indirectement intéressé à une convention ?
Oui, et c'est le cas le plus fréquent. L'article L. 225-38 vise expressément les conventions auxquelles le dirigeant est indirectement intéressé. Sont concernées : les conventions avec une société dans laquelle le dirigeant détient une participation, occupe un mandat social ou a un conjoint impliqué ; les conventions avec un proche parent ; les conventions avec une SCI familiale dont le dirigeant ou son conjoint est associé. Le dirigeant qui doute doit faire trancher la qualification par le conseil ou le commissaire aux comptes avant la signature.
Une holding qui facture des management fées à sa filiale est-elle concernée ?
Très souvent oui. Si le dirigeant de la filiale est aussi associé ou dirigeant de la holding, la convention de prestations entre dans le périmètre de l'article L. 227-10 (SAS) ou L. 223-19 (SARL). Cette convention doit être documentée par un contrat précis, des time sheets justifiant les diligences réelles, une méthode de tarification cohérente avec un coût de marché, et une approbation annuelle. À défaut, la convention s'expose à la requalification fiscale et à l'action en responsabilité du dirigeant intéressé pour faute de gestion.
Le compte courant d'associé est-il une convention réglementée ?
Le compte courant d'associé en lui-même n'est pas systématiquement une convention réglementée, mais ses modalités le sont presque toujours. La convention de blocage, la rémunération à un taux supérieur au taux fiscal, la stipulation d'une garantie ou la fixation de conditions de remboursement doivent suivre la procédure des conventions réglementées. En SARL, l'avance non rémunérée d'un gérant non associé est soumise à approbation préalable. La pratique du cabinet : faire approuver chaque année les conditions du compte courant en même temps que les comptes annuels.
Quelle est la prescription pour contester une convention réglementée ?
Pour la SA, l'action en nullité de la convention conclue sans autorisation préalable se prescrit par trois ans à compter de la convention (article L. 225-42). Si la convention a été dissimulée, le délai court à compter de la révélation. Pour l'action en responsabilité contre le dirigeant intéressé, la prescription quinquennale de l'article 2224 du Code civil s'applique. L'associé minoritaire qui découvre une convention suspecte doit donc agir rapidement, en commençant par une expertise de gestion (article L. 223-37 pour la SARL, L. 225-231 pour la SA).
Quel rôle joue le commissaire aux comptes ?
Le commissaire aux comptes établit le rapport spécial sur les conventions réglementées présenté à l'assemblée. Ce rapport décrit les conventions, indique leur objet, les conditions essentielles et l'identité des personnes intéressées. Le commissaire ne porte pas de jugement sur l'opportunité de la convention, il informe les associés. En l'absence de commissaire aux comptes, c'est le président qui établit ce rapport en SAS. Un rapport bâclé ou incomplet expose le commissaire à une responsabilité civile et professionnelle, et fragilisé la convention.
Peut-on régulariser une convention oubliée ?
Oui, dans plusieurs cas. Pour la SA, la nullité d'une convention non autorisée peut être couverte par un vote ultérieur de l'assemblée générale sur rapport spécial du commissaire aux comptes exposant les circonstances. Pour la SAS et la SARL, la convention non approuvée n'est pas nulle ; il suffit de la présenter à la prochaine assemblée pour qu'elle soit régulièrement approuvée. La régularisation n'efface toutefois pas la responsabilité éventuelle du dirigeant pour les conséquences dommageables déjà subies.
Quelles conventions sont totalement interdites ?
L'article L. 225-43 (SA) et L. 223-21 (SARL) interdisent à la société de consentir aux dirigeants personnes physiques (et à certains proches) un emprunt, un découvert en compte courant ou une caution. Ces conventions sont nulles de plein droit, sans possibilité de couverture par une approbation ultérieure. L'interdiction ne concerne pas les dirigeants personnes morales (sociétés mères, holdings). Pour la SAS, les statuts peuvent prévoir des interdictions équivalentes.
La rémunération du dirigeant est-elle une convention réglementée ?
Non, lorsque la rémunération est fixée par l'organe collégial compétent (assemblée des associés en SARL, conseil d'administration ou assemblée en SA selon les statuts). La Cour de cassation l'a clairement jugé (Cass. com., 4 mai 2010, n° 09-13.205). Le dirigeant peut donc participer au vote sur sa propre rémunération en SARL, à condition qu'il s'agisse d'une fixation institutionnelle. En revanche, une convention spécifique sur un avantage particulier (stock-options, retraite chapeau, indemnité de départ) bascule dans le régime des conventions réglementées.
Une convention avec un actionnaire détenant 5 % est-elle visée ?
Non. Le seuil légal est fixé à 10 % des droits de vote. Seules les conventions conclues entre la société et un actionnaire dépassant ce seuil entrent dans le périmètre de l'article L. 225-38 (SA) ou L. 227-10 (SAS). En SARL, le régime vise tous les associés sans condition de seuil (article L. 223-19). Cette différence est cruciale : un actionnaire minoritaire d'une SAS qui détient 7 % peut conclure librement une convention avec la société, alors qu'un associé de SARL est toujours soumis à la procédure.
Quel est le coût d'un audit des conventions réglementées par le cabinet ?
Les honoraires varient selon le périmètre et le nombre de conventions à auditer. Pour une PME standard avec 5 à 15 conventions sur trois exercices, le forfait s'établit autour de 3 000 à 6 500 euros HT pour un audit complet, la qualification et un mémo de régularisation. Pour un groupe avec holding et plusieurs filiales, la mission passe en facturation au temps passé avec budget plafonné. Le contentieux est facturé séparément, en fonction de l'enjeu et de la juridiction. Un devis détaillé est remis après une première analyse du dossier.
Le tribunal de commerce de Paris est-il compétent pour les contentieux ?
Oui, lorsque la société a son siège dans le ressort. Le tribunal de commerce de Paris est compétent pour les actions en nullité d'une convention réglementée, l'action en responsabilité contre le dirigeant intéressé et l'expertise de gestion. Pour les sociétés siégeant hors Île-de-France, le tribunal de commerce du siège est compétent. Les pactes d'actionnaires peuvent prévoir une clause attributive de compétence ou d'arbitrage. Le cabinet plaide régulièrement devant le tribunal de commerce de Paris en demande comme en défense.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Code de commerce sur Légifrance — articles L. 223-19, L. 225-38 à L. 225-42, L. 227-10 et L. 227-11
Synthèse
Situation, risque, document, décision
Les arbitrages les plus fréquents observés en cabinet sur les conventions réglementées.
| Situation | Risque principal | Document à prévoir | Décision recommandée |
|---|---|---|---|
| Bail signé avec une SCI du dirigeant ou de son conjoint | Loyer hors prix de marché et nullité de la convention | Expertise locative, rapport spécial du commissaire aux comptes | Documenter le prix de marché et passer la convention en assemblée |
| Holding qui facture des management fées à la filiale | Requalification fiscale et action en responsabilité du dirigeant | Convention de prestations, time sheets, comparables marché | Formaliser la convention et tenir un suivi mensuel des temps |
| Compte courant d'associé rémunéré ou bloqué | Avantage indu reproché au gérant majoritaire | Convention de compte courant, justificatif du taux de marché | Faire approuver chaque année le solde et les conditions |
| Augmentation de la rémunération exceptionnelle du dirigeant | Confusion entre rémunération institutionnelle et convention | Décision de l'organe compétent, motivation, comparables sectoriels | Distinguer la fixation par l'assemblée et la convention spécifique |
| Cession d'un actif de la société à une société soeur | Vente à prix avantageux et faute de gestion | Évaluation indépendante, autorisation préalable motivée | Faire évaluer par un expert tiers et documenter la procédure |
| Garantie de la société pour un emprunt personnel du dirigeant | Contrepartie absente et risque pénal d'abus de bien social | Convention détaillant l'intérêt social, autorisation expresse | Refuser sauf contrepartie réelle pour la société et autorisation |
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