VEFA — acquéreurs sur plan
Avocat VEFA à Paris : retard de livraison, réserves et appels de fonds.
Acheter sur plan transfère la propriété au fur et à mesure de la construction : tout se joue sur le contrat de réservation, la date de livraison et le procès-verbal de livraison. Le cabinet relit avant signature et fait indemniser les retards du promoteur.
Une livraison se prépare : les réserves se formulent au procès-verbal, précises et datées, et la consignation des 5 % se met en place avant la remise des clés — pas après.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — vente en l'état futur d'achèvement et contentieux promoteur.
Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr
Page mise à jour le 11 juin 2026.
Un contrat strictement encadré
Description détaillée, prix et modalités, délai de livraison, garantie financière d'achèvement : les mentions de l'article L. 261-11 du code de la construction et de l'habitation conditionnent la solidité du contrat, notice descriptive et plans ayant valeur contractuelle.
Le retard s'indemnise
Pénalités contractuelles par jour de retard, ou preuve du préjudice : jouissance, perte de chance locative, perte d'avantage fiscal, préjudice moral — la jurisprudence récente chiffre poste par poste.
Les 5 % de consignation
Tant que les réserves ne sont pas levées, l'acquéreur retient 5 % du prix (article R. 261-14), chez le notaire ou un séquestre. L'achèvement lui-même se contrôle judiciairement.
Réponse rapide
La VEFA (articles 1601-1 et 1601-3 du code civil, L. 261-1 et suivants du CCH) transfère la propriété du sol à l'acte puis des constructions au fil du chantier. L'acquéreur non professionnel se rétracte sous dix jours (L. 271-1). Le retard de livraison non justifié engage le promoteur (articles 1103 et 1217) : pénalités contractuelles ou indemnisation prouvée. À la livraison : procès-verbal contradictoire, réserves précises, consignation de 5 % jusqu'à leur levée, puis garanties légales — parfait achèvement, biennale, décennale.
Comprendre votre situation
VEFA : ce qui décide vraiment du dossier
Sept points pour signer en sécurité, tenir le promoteur au calendrier et réceptionner sans perdre ses droits.
Panneau 1 — Le cadre
Du contrat de réservation à la remise des clés
Quatre règles structurent le contentieux de la VEFA.
Le transfert de propriété est immédiat et progressif : le sol à la signature de l'acte authentique, les constructions au fur et à mesure (articles 1601-1 et 1601-3 du code civil).
Le contrat porte les mentions de l'article L. 261-11 du CCH — description, prix, délai de livraison, garantie financière d'achèvement — et l'acquéreur non professionnel se rétracte sous dix jours (article L. 271-1).
Le retard non justifié engage la responsabilité contractuelle du promoteur (articles 1103 et 1217) : le vendeur doit prouver l'achèvement à la date convenue (CA Versailles, 30 juin 2025, n° RG 23/01404).
Les clauses de suspension du délai s'appliquent strictement : événement légitime prouvé, attestation du maître d'œuvre, notification — à défaut, le retard reste imputable au promoteur.
L'indemnisation se chiffre poste par poste : préjudice de jouissance, perte de chance de louer ou de vendre, perte d'avantage fiscal, préjudice moral — les pertes de chance ne s'indemnisent jamais à l'identique du gain manqué (TJ Bobigny, 9 février 2026, n° RG 25/03747).
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre situation
Le contrat de réservation et le procès-verbal de livraison portent l'essentiel du contentieux.
Avant signature
- Contrat de réservation et projet d'acte authentique
- Notice descriptive et plans annexés
- Garantie financière d'achèvement et identité du garant
- Calendrier des appels de fonds et clauses de suspension du délai
Retard ou livraison
- Acte authentique et date contractuelle de livraison
- Courriers du promoteur et notifications de suspension
- Procès-verbal de livraison et réserves formulées
- Justificatifs de préjudice : loyers espérés, dispositif fiscal, frais
Erreurs fréquentes : signer le procès-verbal sans réserves précises ; libérer les 5 % avant la levée effective des réserves.
Le cabinet sécurise aussi :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Une lecture exigeante du contrat de réservation évite la majorité des contentieux ultérieurs.
Analyse précontractuelle
Promoteur, garant financier, date contractuelle, clauses de suspension, modalités des appels de fonds : cohérence du dossier avant signature.
Suivi du calendrier
Contrôle des justifications de retard : événement légitime, attestation du maître d'œuvre, notification régulière.
Livraison assistée
Préparation du procès-verbal, réserves précises et datées, consignation des 5 % chez le notaire ou un séquestre.
Indemnisation
Mise en demeure du promoteur, chiffrage des préjudices poste par poste, assignation devant le tribunal judiciaire si la voie amiable échoue.
Après livraison, les garanties légales prennent le relais : parfait achèvement un an, biennale deux ans, décennale dix ans.
Panneau 4 — Le calendrier
La timeline d'une VEFA
De la réservation à la levée des réserves.
Réservation
Contrat de réservation, dépôt de garantie, vérification du promoteur et du garant d'achèvement.
Acte authentique
Mentions de l'article L. 261-11 vérifiées, rétractation possible sous dix jours pour le non-professionnel (L. 271-1).
Chantier — Appels de fonds
Paiements échelonnés selon l'avancement, contrôle de la régularité des appels.
Date contractuelle
À défaut d'achèvement prouvé, retard imputable au promoteur : pénalités ou préjudice.
Livraison
Procès-verbal contradictoire, réserves précises, consignation des 5 % (R. 261-14).
Après livraison
Levée des réserves, libération des 5 %, garanties légales — parfait achèvement, biennale, décennale.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucune signature ni assignation sans avoir validé ces points.
Mentions obligatoires du contrat : description, prix, délai, garantie financière d'achèvement.
Clauses de suspension du délai et leur procédure de notification.
Computation du retard : date contractuelle, justifications produites, attestation du maître d'œuvre.
Préjudices chiffrables : jouissance, perte de chance locative ou fiscale, préjudice moral.
Procès-verbal de livraison : précision des réserves, consignation des 5 %.
Achèvement au sens de l'article R. 261-1, judiciairement contrôlable en cas de désaccord.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
10 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Qu'est-ce que la vente en l'état futur d'achèvement (VEFA) ?
La vente d'immeuble à construire est celle par laquelle le vendeur s'oblige à édifier un immeuble dans un délai déterminé par le contrat (article 1601-1 du code civil). La VEFA, régie par l'article 1601-3 du code civil et par les articles L. 261-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, opère un transfert immédiat de propriété : l'acquéreur devient propriétaire du sol dès la signature de l'acte authentique, puis des constructions au fur et à mesure de leur exécution.
Cette mécanique singulière appelle une vigilance particulière dès le contrat de réservation : promoteur, garant financier, date contractuelle de livraison, clauses de suspension du délai et modalités des appels de fonds s'analysent avant de signer.
Quelles sont les mentions obligatoires du contrat de VEFA ?
L'article L. 261-11 du code de la construction et de l'habitation exige plusieurs mentions obligatoires : description détaillée de l'immeuble, prix et modalités de paiement, délai de livraison, garantie financière d'achèvement ou de remboursement. La notice descriptive et les plans annexés au contrat ont valeur contractuelle.
L'absence ou l'imprécision de l'une de ces mentions fragilise le contrat et peut ouvrir la voie à une remise en cause partielle.
Peut-on se rétracter après la signature d'une VEFA ?
L'acquéreur non professionnel bénéficie d'une protection renforcée : l'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation ouvre un délai de rétractation de dix jours après la notification de l'acte. Pendant ce délai, il peut renoncer librement, sans motivation et sans pénalité.
Au-delà, le contrat lie l'acquéreur, qui doit honorer les appels de fonds selon le calendrier contractuel.
Que faire en cas de retard de livraison ?
La date de livraison est un élément essentiel du contrat. Le retard non justifié engage la responsabilité contractuelle du promoteur sur le fondement des articles 1103 et 1217 du code civil. La cour d'appel de Versailles l'a rappelé : faute pour le vendeur de prouver l'achèvement contractuel à la date convenue, le retard de livraison non justifié est constaté (CA Versailles, 1re-4e ch., 30 juin 2025, n° RG 23/01404).
Lorsque le contrat prévoit des pénalités de retard, elles s'appliquent par jour de retard sur la base d'un pourcentage du prix de vente. À défaut, l'acquéreur doit prouver son préjudice.
Comment s'indemnise le retard quand le contrat ne prévoit pas de pénalités ?
Le préjudice se prouve et se chiffre poste par poste. La cour d'appel de Versailles a alloué 8 000 euros de préjudice de jouissance pour seize mois de retard sur un bien valorisé 480 000 euros, en relevant que le retard génère un préjudice de jouissance au sens large pouvant consister en une perte de chance de vendre plus tôt (CA Versailles, 30 juin 2025, n° RG 23/01404).
Le tribunal judiciaire de Bobigny a indemnisé un retard de plus de 1 228 jours : 16 000 euros pour la perte de chance de percevoir des loyers, 12 266 euros pour la perte de chance de bénéficier du dispositif Pinel et 3 000 euros de préjudice moral (TJ Bobigny, 9 février 2026, n° RG 25/03747). La perte locative et la perte d'avantage fiscal s'indemnisent en pertes de chance, jamais à l'identique du gain manqué.
Le promoteur peut-il justifier le retard par des causes légitimes ?
Les clauses de suspension du délai sont d'application stricte. Le promoteur doit prouver l'événement légitime invoqué — intempéries, défaillance d'entreprise, injonction administrative — et produire l'attestation du maître d'œuvre prévue au contrat.
La jurisprudence admet la validité d'une clause stipulant le doublement du délai de suspension, mais le respect de la procédure de notification reste essentiel : sans attestation et sans notification, le retard demeure imputable au promoteur.
Comment se passe la livraison en VEFA ?
La livraison se matérialise par un procès-verbal de constatation de l'achèvement et de prise de possession, signé contradictoirement par le vendeur et l'acquéreur. Ce document fixe la date d'achèvement au sens de l'article R. 261-1 du code de la construction et de l'habitation et liste les réserves formulées par l'acquéreur.
Les réserves doivent être précises : nature du désordre, localisation, gravité, délai de reprise proposé. Une réserve trop vague ou non datée perd sa force probatoire.
Peut-on retenir une partie du prix tant que les réserves ne sont pas levées ?
Oui. La consignation de 5 % du prix prévue par l'article R. 261-14 du code de la construction et de l'habitation permet à l'acquéreur de retenir cette fraction tant que les réserves ne sont pas levées, généralement auprès du notaire ou d'un séquestre.
Qui apprécie si l'immeuble est achevé ?
La notion d'achèvement n'est pas laissée à l'appréciation du seul vendeur : elle est judiciairement contrôlée. En cas de désaccord des parties, il appartient au juge du fond, saisi par le garant d'achèvement d'une demande en paiement de la fraction de 95 % du prix, d'apprécier si l'immeuble est achevé au sens de l'article R. 261-1 (Cass. 3e civ., 26 novembre 2020, n° 18-17.617).
Quelles garanties après la livraison avec réserves ?
L'acquéreur conserve le bénéfice des garanties légales : la garantie de parfait achèvement de l'article 1792-6 du code civil couvre pendant un an tous les désordres signalés lors de la réception ou apparus dans l'année ; la garantie biennale de l'article 1792-3 couvre deux ans le bon fonctionnement des équipements dissociables ; la garantie décennale de l'article 1792 couvre dix ans les désordres affectant la solidité ou rendant l'ouvrage impropre à sa destination.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Code civil sur Légifrance — articles 1601-1, 1601-3, 1792 et suivants
- Code de la construction et de l'habitation sur Légifrance — articles L. 261-1 et suivants, L. 271-1, R. 261-1, R. 261-14
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