Cession de fonds de commerce — acquéreurs et cédants
Avocat cession de fonds de commerce à Paris : audit du bail, prix et garanties.
Clientèle, droit au bail, chiffre d'affaires déclaré : la cession d'un fonds engage l'acquéreur comme le cédant bien après la signature. Le cabinet audite l'acte avant signature et défend les parties en cas de dol, d'opposition des créanciers ou de refus d'agrément du bailleur.
Le prix ne doit jamais être versé au cédant avant l'expiration du délai d'opposition des créanciers : tout paiement anticipé expose à payer deux fois. Faites relire l'acte avant de signer.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — droit immobilier et cession de fonds de commerce.
Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr
Page mise à jour le 15 juillet 2026.
Le bail, actif central du fonds
Toute clause interdisant la cession du bail à l'acquéreur du fonds est réputée non écrite (article L. 145-16 du code de commerce). Le bailleur peut en revanche imposer un agrément et des formalités, dont la méconnaissance se paie cher.
Un calendrier de paiement protecteur
Publication dans la quinzaine, opposition des créanciers pendant dix jours, séquestre du prix : l'acquéreur qui paie avant le terme n'est pas libéré à l'égard des tiers (articles L. 141-12 et suivants).
Le dol, contentieux le plus fréquent
Chiffre d'affaires gonflé, clientèle attachée à la personne du cédant : la dissimulation intentionnelle d'une information déterminante rend l'erreur toujours excusable (articles 1137 et 1139 du code civil).
Réponse rapide
La cession d'un fonds de commerce se sécurise avant la signature : audit du bail commercial (cessibilité, agrément, garantie solidaire), croisement des chiffres déclarés avec les bilans, déclarations de TVA et relevés bancaires, calibrage de la garantie d'actif et de passif. Après la signature : publication, délai d'opposition de dix jours, séquestre, puis libération progressive du prix. En cas de tromperie, l'action en nullité ou en réduction du prix pour dol reste ouverte cinq ans à compter de la découverte.
Comprendre votre situation
Cession de fonds : ce qui décide vraiment du dossier
Sept points pour sécuriser l'opération ou construire le contentieux, côté acquéreur comme côté cédant.
Panneau 1 — Le cadre
Une opération encadrée d'ordre public
Quatre règles structurent la cession et son contentieux.
Le document des chiffres d'affaires mensuels depuis la clôture du dernier exercice doit être visé à l'acte, et les livres comptables des trois derniers exercices tenus à disposition de l'acquéreur pendant trois ans (article L. 141-2 du code de commerce, toute clause contraire réputée non écrite).
La cession du bail à l'acquéreur du fonds ne peut pas être interdite ; elle peut être encadrée par un agrément et des formalités dont le non-respect expose à la résiliation (article L. 145-16).
La vente est publiée dans la quinzaine ; les créanciers du cédant disposent de dix jours pour former opposition au paiement du prix (articles L. 141-12 et L. 141-14).
Le dol — manœuvres, mensonges ou dissimulation intentionnelle d'une information déterminante — ouvre l'action en nullité ou en réduction du prix (articles 1137 et 1139 du code civil).
La chambre commerciale a jugé que l'acquéreur qui paie son vendeur avant l'expiration du délai d'opposition n'est pas libéré à l'égard des tiers (Cass. com., 8 mars 2023, n° 21-18.677), et que le défaut de diligence du cessionnaire ne fait pas obstacle à l'action en dol, l'erreur provoquée étant toujours excusable (Cass. com., 18 septembre 2024, n° 23-10.183).
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle
Chaque pièce a une utilité probatoire propre ; les comptes bancaires recoupent les bilans déclarés.
Acquéreur
- Projet d'acte de cession et bail commercial intégral avec avenants
- Trois derniers bilans et déclarations de TVA des deux dernières années
- Relevés du compte bancaire professionnel, carnet de commandes
- Pièces du registre du commerce
Cédant
- Acte de cession signé et convention de séquestre
- Justificatifs de publication aux annonces légales et au BODACC
- Courriers d'opposition reçus
- Déclaration fiscale de l'article 201 du CGI, attestations sociales
Erreurs fréquentes : se contenter des bilans déclarés sans recouper les comptes bancaires ; libérer le prix avant la fin du délai d'opposition.
Le cabinet traite aussi les rôles liés :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Une heure d'audit en amont évite, dans la majorité des dossiers, plusieurs mois de procédure.
Premier échange et envoi du dossier
Appel ou email, envoi du projet d'acte, du bail et des bilans déterminants. Première lecture juridique sous 24 à 48 heures.
Audit du bail et des comptes
Cessibilité du bail, croisement des bilans avec les comptes bancaires et les déclarations fiscales, calibrage de la garantie d'actif et de passif et de la clause de non-rétablissement.
Voie amiable ou judiciaire
Mise en demeure, négociation avec le cédant et le bailleur, ou assignation en nullité pour dol, en autorisation judiciaire de cession ou en libération du séquestre.
Suivi de la décision et de l'exécution
Signification, suivi du séquestre, mainlevée d'opposition, recouvrement des sommes ou restitution effective du prix.
Avant de signer, faites auditer le bail et les comptes : le bail à clauses défavorables ou le chiffre d'affaires invérifiable peuvent réduire la valeur du fonds de 30 à 50 %.
Panneau 4 — Le calendrier
La timeline d'une cession en pratique
De la promesse à la libération du prix. La durée réelle dépend des oppositions, du bailleur et du financement.
J 0 — Promesse
Promesse synallagmatique avec conditions suspensives (agrément du bailleur, financement, audit comptable). Indemnité d'immobilisation chez le séquestre.
J+1 à J+60
Notification au bailleur et demande d'agrément, audit comptable, obtention du financement bancaire.
J+60 à J+90 — Acte définitif
Signature avec mentions de l'article L. 141-2, document des chiffres d'affaires intermédiaires, garantie d'actif et de passif. Prix versé au séquestre.
J+90 à J+105 — Publications
Annonces légales et BODACC dans les quinze jours, déclaration de l'article 201 du CGI dans les quarante-cinq jours.
J+105 à J+115 — Oppositions
Dix jours d'opposition des créanciers à compter de la dernière publication. Aucun paiement au cédant pendant cette période.
J+120 à J+270 — Libération du prix
Apurement des oppositions ou mainlevée, paiement des créances opposantes, solde libéré après quitus fiscal et purge de la solidarité fiscale.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucune signature ni procédure sans avoir validé ces points.
Mentions obligatoires de l'article L. 141-2 : document des chiffres d'affaires intermédiaires visé, livres comptables tenus à disposition.
Audit du bail commercial : cessibilité, agrément requis, garantie solidaire, durée résiduelle, destination, charges et loyers.
Crédibilité du chiffre d'affaires : croisement bilans, TVA, relevés bancaires, carnet de commandes ; part de clientèle attachée à la personne du cédant.
Garantie d'actif et de passif : périmètre, durée, seuil, plafond, mécanique d'information et de mise en jeu.
Clause de non-rétablissement : proportionnée dans le temps et dans l'espace, nécessaire aux intérêts du cessionnaire.
Convention de séquestre et calendrier de libération du prix, oppositions éventuelles.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Quelles sont les étapes d'une cession de fonds de commerce ?
Une cession de fonds de commerce suit un parcours en sept étapes principales. La signature d'une promesse synallagmatique de cession avec conditions suspensives (agrément du bailleur, financement de l'acquéreur, audit comptable). La notification du projet au bailleur et la demande d'agrément. La réalisation des conditions suspensives, notamment l'obtention du prêt et l'audit des comptes. La signature de l'acte définitif avec mentions obligatoires de l'article L. 141-2 du code de commerce et versement du prix au séquestre. La publication aux annonces légales et au BODACC dans les quinze jours. Le délai de dix jours d'opposition des créanciers du cédant. La libération progressive du prix par le séquestre après apurement des oppositions et purge de la solidarité fiscale de trois mois. Le cabinet calibre chacune de ces étapes en amont pour éviter les contentieux ultérieurs.
Pourquoi auditer le bail commercial avant l'achat ?
Le bail commercial est généralement l'actif le plus précieux du fonds, parfois le seul réellement valorisable. Un bail à clauses défavorables, un loyer surévalué, une clause de cessibilité incompatible avec votre projet ou une autorisation administrative défaillante peuvent réduire la valeur du fonds de 30 à 50 %. L'audit porte sur la durée résiduelle, les clauses de cessibilité et d'agrément, la destination des locaux, l'éventuelle déspécialisation, le montant du loyer comparé au marché, l'historique des révisions, la situation des charges, la garantie solidaire stipulée par l'article L. 145-16-2 du code de commerce et les autorisations administratives nécessaires. Le cabinet effectue cet audit en quarante-huit heures sur la base des pièces transmises et formule une note de risques chiffrée. La page baux commerciaux détaille notre approche.
Comment fonctionne le séquestre du prix ?
Le séquestre est en pratique un notaire, un avocat ou un tiers de confiance désigné dans l'acte de cession. Il reçoit le prix de cession le jour de la signature et le conserve pendant trois à six mois. Cette durée correspond au cumul du délai d'opposition des créanciers (dix jours après la dernière publication), du délai de solidarité fiscale (trois mois à compter du dépôt de la déclaration article 201 CGI) et de l'éventuelle solidarité fiscale prolongée. La libération du prix est progressive : remboursement des oppositions justifiées, paiement des créances établies, et solde au cédant après quitus fiscal. Lorsqu'une opposition est contestable, le cédant peut saisir le juge des référés en application de l'article L. 141-15 du code de commerce pour obtenir l'autorisation de toucher son prix malgré l'opposition. Le cabinet rédige les conventions de séquestre et accompagne les contentieux liés.
Que faire si le bailleur refuse la cession du bail ?
Le refus d'agrément du bailleur n'est pas absolu. L'article L. 145-16 du code de commerce dispose que sont réputées non écrites les conventions tendant à interdire au locataire de céder son bail à l'acquéreur de son fonds. La cession à l'acquéreur du fonds est donc protégée par une règle d'ordre public. Le bailleur peut toutefois conditionner son accord à des obligations légitimes : agrément, garantie solidaire, communication des pièces du cessionnaire, intervention à l'acte. Lorsque le refus n'est pas motivé par des éléments objectifs (insolvabilité du cessionnaire, défaut d'expérience caractérisé, projet incompatible avec la destination), il peut être contesté devant le juge des référés ou le juge du fond. Le tribunal accorde l'autorisation judiciaire de cession dans la majorité des dossiers où le cessionnaire présente une surface financière suffisante et un projet conforme.
Quel est le délai d'opposition des créanciers ?
L'article L. 141-14 du code de commerce ouvre aux créanciers du cédant un délai de dix jours pour former opposition au paiement du prix, à compter de la dernière des publications prévues par l'article L. 141-12 (annonce légale et BODACC). L'opposition doit, à peine de nullité, énoncer le chiffre et les causes de la créance et contenir une élection de domicile dans le ressort du fonds. Le bailleur ne peut pas former opposition pour les loyers en cours ou à échoir, par dérogation. Pendant ce délai, le séquestre conserve l'intégralité du prix. La Cour de cassation, chambre commerciale, 8 mars 2023, n° 21-18.677, publié au Bulletin, a rappelé que le paiement effectué au cédant avant l'expiration de ce délai n'est pas libératoire à l'égard des tiers, exposant l'acquéreur à un double paiement.
Comment prouver le dol sur le chiffre d'affaires ?
La preuve du dol sur le chiffre d'affaires repose sur le croisement de plusieurs documents. Les bilans certifiés transmis lors de la cession sont confrontés aux relevés bancaires professionnels, aux déclarations de TVA, aux livres de comptabilité que le cédant doit mettre à disposition pendant trois ans selon l'article L. 141-2 du code de commerce. Lorsque l'écart entre les chiffres déclarés et la réalité dépasse 20 %, le dol est généralement caractérisé. La Cour de cassation, chambre commerciale, 4 novembre 2020, n° 18-19.747, illustre la condamnation d'une cédante qui avait dissimulé une diminution de plus de la moitié du CA sur le dernier exercice. La Cour de cassation, 18 septembre 2024, n° 23-10.183, publié au Bulletin, a précisé que le défaut de diligence du cessionnaire ne peut servir de motif au rejet de l'action en dol.
Qu'est-ce que la garantie d'actif et de passif ?
La garantie d'actif et de passif (GAP) est une convention librement négociée entre cédant et cessionnaire. Elle protège le cessionnaire contre le surgissement, après la cession, de dettes ou de passifs dont l'origine est antérieure mais qui n'avaient pas été révélés (redressement fiscal, contentieux du travail, litige client, dette fournisseur dissimulée). La GAP précise plusieurs paramètres essentiels. Le périmètre : impôts, contentieux, vices cachés sur le matériel, fonds de roulement minimal. La durée : généralement deux à trois ans, parfois cinq ans pour le fiscal. Le seuil : montant en deçà duquel la garantie n'est pas activée. Le plafond : montant maximal de l'indemnisation. La mécanique de mise en jeu : information du cédant dans un délai strict, possibilité de gestion concertée du contentieux, modalités d'évaluation du préjudice. Le cabinet rédige des GAP précises et adaptées au profil du fonds et des parties.
Quelle durée pour la clause de non-rétablissement ?
La clause de non-rétablissement interdit au cédant l'exercice d'une activité similaire pour une durée et dans une zone géographique limitées. Pour être valide, elle doit être proportionnée et nécessaire à la protection des intérêts légitimes du cessionnaire. La jurisprudence retient classiquement des durées de deux à cinq ans, et des périmètres géographiques variables selon la nature du fonds. Une boulangerie de quartier justifie une zone de un à deux kilomètres pendant trois ans. Un cabinet de conseil B2B avec clientèle nationale justifie un périmètre national pendant deux à trois ans. Une clause de cinq ans sur l'ensemble de la France pour un fonds de proximité serait probablement annulée pour disproportion. La validité s'apprécie aussi au regard de l'âge du cédant et de sa capacité à exercer une autre activité. Le cabinet rédige des clauses calibrées et défend leur validité ou leur disproportion en contentieux.
Comment lever une opposition de créancier ?
Lorsqu'un créancier forme opposition au paiement du prix, le cédant peut saisir le juge des référés du tribunal judiciaire ou du tribunal de commerce, en application de l'article L. 141-15 du code de commerce, pour obtenir l'autorisation de toucher son prix malgré l'opposition. Plusieurs motifs justifient la mainlevée. La créance n'est pas certaine, liquide et exigible. L'opposition est manifestement abusive, par exemple lorsque le créancier est lui-même débiteur du cédant. La créance est éteinte par compensation, paiement, prescription ou renonciation. La forme de l'opposition est irrégulière : absence d'élection de domicile, défaut d'énonciation du chiffre ou des causes. Le juge tranche en référé sur la base des pièces transmises. La voie amiable, par négociation directe avec le créancier opposant, reste souvent préférable lorsque la créance est partiellement justifiée.
L'agrément du bailleur est-il toujours nécessaire ?
L'agrément n'est pas légalement obligatoire mais résulte des stipulations du bail. La majorité des baux commerciaux prévoient une clause d'agrément du cessionnaire, le bailleur ayant un intérêt légitime à connaître l'identité de son nouveau locataire. La clause détaille en général les obligations procédurales : notification préalable, transmission des pièces du cessionnaire (extrait Kbis, statuts, bilans, garanties), intervention du bailleur à l'acte. Le non-respect de ces obligations peut entraîner la résiliation du bail au préjudice de l'acquéreur. L'article L. 145-16 du code de commerce protège néanmoins la cession à l'acquéreur du fonds : aucune clause ne peut interdire la cession au cessionnaire du fonds. Le bailleur peut conditionner son accord, pas l'interdire. En cas de refus injustifié, l'autorisation judiciaire est ouverte.
Quelle fiscalité pour le cédant ?
La fiscalité de la cession dépend de la qualité du cédant et du régime d'exploitation. Pour une entreprise individuelle, la plus-value est imposée au régime des plus-values professionnelles, avec exonérations possibles selon le chiffre d'affaires (article 151 septies CGI), la valeur des éléments cédés (article 238 quindecies CGI) ou le départ à la retraite (article 151 septies A CGI). Pour une société soumise à l'IS, la plus-value sur les éléments incorporels est imposée à l'impôt sur les sociétés au taux normal. Pour les associés cédant des parts ou actions, les plus-values mobilières sont imposées au prélèvement forfaitaire unique de 30 % ou au barème progressif sur option. Le cessionnaire est solidairement tenu, pendant trois mois à compter du dépôt de la déclaration article 201 CGI, du paiement de l'impôt dû par le cédant. Le cabinet conseille de prévoir un séquestre fiscal calibré sur cette période.
Quelles sont les mentions obligatoires de l'acte ?
L'article L. 141-2 du code de commerce impose, au jour de la cession, le visa par les parties d'un document présentant les chiffres d'affaires mensuels réalisés entre la clôture du dernier exercice comptable et le mois précédant la vente. Le cédant met également à la disposition de l'acquéreur, pendant trois ans, tous les livres de comptabilité tenus durant les trois exercices précédant la vente. Toute clause contraire est réputée non écrite. L'acte doit en outre comporter la désignation précise du fonds (clientèle, enseigne, nom commercial, droit au bail, matériel, marchandises), le prix ventilé entre éléments incorporels et corporels, l'origine de propriété, la situation des inscriptions de privilège, les autorisations administratives nécessaires, l'engagement de non-rétablissement et la convention de séquestre. L'omission d'une mention obligatoire engage la responsabilité du rédacteur de l'acte.
Combien de temps dure une procédure en nullité ?
L'action en nullité pour dol se prescrit par cinq ans à compter de la découverte du vice par l'acquéreur, en application de l'article 2224 du code civil. La procédure devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce de Paris dure entre douze et vingt-quatre mois en première instance. La procédure est ordinaire avec représentation obligatoire par avocat dès que la valeur du litige dépasse 10 000 EUR, ce qui est presque toujours le cas pour les cessions de fonds. La phase d'expertise judiciaire, parfois nécessaire pour établir l'écart de chiffre d'affaires, peut prolonger la durée de six à douze mois supplémentaires. En appel, la durée est généralement de douze à dix-huit mois. Le cabinet privilégie, lorsque c'est possible, la voie amiable de la transaction négociée pour réduire les délais et le coût. La transaction permet en pratique d'obtenir une réduction de prix significative en six à neuf mois.
Quel tribunal compétent pour litige cession à Paris ?
La compétence dépend de la nature du litige et de la qualité des parties. Pour un litige entre commerçants relatif à la cession (dol, garantie de passif, clause de non-rétablissement), le tribunal de commerce est compétent en application de l'article L. 721-3 du code de commerce. À Paris, il siège au 1 quai de la Corse, dans le 4e arrondissement. Pour un litige avec le bailleur (agrément, résiliation, garantie solidaire L. 145-16-2), le tribunal judiciaire est compétent. Pour un litige avec le séquestre ou les créanciers opposants, le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce sont compétents selon la qualité des parties. La compétence territoriale obéit à plusieurs règles. Pour les actions liées au bail commercial, le tribunal du lieu de situation de l'immeuble est compétent. Pour les autres actions, le tribunal du domicile du défendeur. À Paris, le tribunal judiciaire siège dans le 17e arrondissement. La représentation par avocat est obligatoire dès 10 000 EUR.
Une cession peut-elle être annulée pour défaut de mention ?
L'omission d'une mention obligatoire de l'article L. 141-2 du code de commerce, dans sa rédaction issue de la loi du 9 décembre 2016, ne peut plus en elle-même fonder la nullité automatique de la vente. La sanction de la nullité, autrefois prévue par l'article L. 141-1 du code de commerce, a été supprimée par cette loi. L'acquéreur conserve toutefois deux voies. La voie de la responsabilité civile contre le rédacteur de l'acte (notaire, avocat, expert-comptable) tenu d'une obligation de conseil et de vigilance. Le défaut d'inclusion d'une mention essentielle engage sa responsabilité, sauf à démontrer que l'information avait été transmise par ailleurs. La voie du dol, lorsque l'omission a été volontaire et a déterminé le consentement de l'acquéreur. La Cour de cassation, 18 septembre 2024, n° 23-10.183, publié au Bulletin, a réaffirmé que la dissimulation intentionnelle d'une information déterminante constitue un dol. La voie du dol reste la plus efficace lorsque la dissimulation peut être prouvée.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Code de commerce sur Légifrance — vente du fonds (L. 141-1 et s.) et statut des baux (L. 145-1 et s.)
- Code civil sur Légifrance — dol (articles 1137 et 1139) et garantie d'éviction (articles 1626 et s.)
- Code général des impôts sur Légifrance — déclaration de cession, article 201
Acquisition
Avocat pour l’achat ou l’acquisition d’un fonds de commerce à Paris : 7 vérifications avant de signer
L’acquéreur ne doit pas seulement vérifier le prix. L’audit juridique confronte le bail, les comptes et les conditions d’exploitation afin d’identifier ce qui peut réduire la valeur du fonds ou empêcher la reprise.
1. Bail commercial. Lire le bail et ses avenants : durée résiduelle, destination, loyer, charges, travaux, garantie solidaire, agrément et convocation du bailleur.
2. Chiffre d’affaires. Recouper bilans, déclarations de TVA, relevés bancaires et chiffres mensuels récents ; isoler la clientèle attachée à la personne du cédant.
3. Périmètre vendu. Lister séparément clientèle, enseigne, nom commercial, droit au bail, matériel, stock, licences, contrats et fichiers utiles à l’exploitation.
4. Autorisations. Vérifier la transférabilité des licences et autorisations, la conformité de l’activité à la destination du bail et les contraintes propres au local.
5. Sûretés et créanciers. Contrôler inscriptions, nantissements et privilèges, puis organiser les publications, le délai d’opposition et la conservation du prix.
6. Conditions suspensives. Encadrer financement, accord du bailleur, résultat de l’audit, obtention des autorisations et absence d’événement défavorable avant l’acte définitif.
7. Garanties contractuelles. Calibrer déclarations du cédant, non-rétablissement, indemnisation des informations inexactes et mécanisme de retenue ou de séquestre.
Avant signature, le cabinet relit le projet d’acte, le bail et les pièces comptables, puis remet une note de risques hiérarchisée pour négocier le prix, les conditions suspensives et les garanties.
Synthèse
Situation, preuve, délai, action
Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement l'arme procédurale.
| Situation | Preuve décisive | Délai | Action utile |
|---|---|---|---|
| Acquéreur découvre un CA réel inférieur | Bilans certifiés, déclarations de TVA, relevés bancaires comparés au déclaré | 5 ans à compter de la découverte du dol | Action en nullité ou en réduction du prix sur le fondement des articles 1137 et 1139 du code civil |
| Bailleur refuse l'agrément du cessionnaire | Notification du projet de cession, demande d'agrément, refus motivé ou silence | 2 mois à compter du refus ou de l'expiration du délai contractuel | Saisine du juge des référés ou du juge du fond pour autorisation judiciaire de cession |
| Créancier forme opposition au prix | Acte d'opposition régulier, justificatifs de la créance, élection de domicile | 10 jours après la dernière publication aux annonces légales | Demande au juge des référés de mainlevée si la créance est contestable, sur le fondement de l'article L. 141-15 du code de commerce |
| Cédant viole la clause de non-rétablissement | Constat d'huissier, captures d'écran du site, courriers de clients démarchés | Pendant la durée de la clause + 5 ans pour les dommages | Référé en cessation, action au fond en dommages et intérêts, application de la clause pénale stipulée |
| Garantie de passif déclenchée | Notification de redressement, jugement, courriers de réclamation | Durée de la garantie + délai de notification stipulé | Information du cédant dans les délais, demande d'indemnisation, action en exécution forcée si refus |
| Acquéreur a payé avant les 10 jours | Quittance du cédant, justificatif du paiement, calendrier de publication | Action des créanciers possible jusqu'à prescription | Risque de double paiement : appel en garantie du séquestre ou du rédacteur d'acte |
Dossiers
Cas pratiques du cabinet
Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.
Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées. Les chiffres correspondent à des dossiers réels mais ont été arrondis par souci de discrétion.
Annulation pour dol sur CA fictif, restitution prix 285 000 EUR
Cession d'une supérette parisienne pour 285 000 EUR. Après six mois d'exploitation, l'acquéreur constate un CA réel inférieur de 45 % aux chiffres déclarés. Le cabinet a établi, par croisement des comptes bancaires et des déclarations de TVA, la dissimulation intentionnelle. Le cédant a été condamné à la restitution intégrale du prix et à des dommages et intérêts.
Action : assignation en nullité pour dol. Résultat : restitution 285 000 EUR + dommages et intérêts 35 000 EUR.
Séquestre 142 000 EUR libéré après opposition créanciers résolue
Cession d'un restaurant dans le 11e arrondissement. Le séquestre détenait 142 000 EUR contre lesquels deux fournisseurs avaient formé opposition. Le cabinet a démontré l'absence de créance certaine, liquide et exigible pour l'un, et négocié l'apurement amiable de la seconde dette pour 18 000 EUR. Le solde a été libéré au cédant.
Action : référé en mainlevée d'opposition, négociation amiable. Résultat : libération de 124 000 EUR au cédant.
Cession refusée par bailleur, action en autorisation judiciaire
Cession d'un fonds de coiffure dans le 9e arrondissement. Le bailleur refuse l'agrément du cessionnaire au motif qu'il ne dispose pas de l'expérience requise. Le cabinet a démontré que le cessionnaire avait dix années d'expérience attestées, une surface financière solide et un projet conforme à la destination. Le tribunal a autorisé la cession malgré le refus.
Action : assignation en autorisation judiciaire de cession. Résultat : cession autorisée et perfectionnée.
Cession signée ou prête à signer ? Réagissez aujourd'hui.
Acquéreur ou cédant, l'acte de cession fixe le calendrier des paiements et des garanties. Envoyez le projet d'acte, le bail et les bilans : le cabinet répond sous 24 à 48 heures avec une note de risques.