Compte vendeur suspendu, annonces bloquées, fonds retenus sur une place de marché en ligne

Avocat marketplace à Paris : contester la suspension de votre compte vendeur.

Un compte vendeur désactivé, des offres retirées après un signalement, un solde de ventes gelé ou un préavis de fermeture : la place de marché doit exposer ses motifs, ouvrir une voie de réclamation et respecter le contrat. Le cabinet examine la notification, les conditions générales et la preuve du grief avant de choisir entre réclamation interne, mise en demeure et référé.

Chaque jour de blocage pèse sur le chiffre d'affaires et le classement des offres. Conservez dès maintenant la notification, les captures de l'espace vendeur, l'état du solde et l'historique des ventes, puis répondez à la plateforme sans reconnaissance hâtive.

Marketplace · Paris

Recevez une première analyse

Envoyez la notification de suspension, les échanges avec le support vendeur, les conditions générales acceptées et l'état du solde : le cabinet vérifie le motif invoqué, les délais et la voie de recours adaptée.

24 à 48 h

première lecture
juridique

80 €TTC

Étude préalable de votre dossier. Examen de vos pièces et première analyse écrite de Maître Reda KOHEN, sous 24 à 48 heures ouvrées. Le règlement s'effectue en ligne après l'envoi de ce formulaire.

Cliquez ou glissez vos fichiers ici
Tous formats acceptés (PDF, Word, images, etc.)

Envoi en cours...

Le règlement vaut demande d'exécution immédiate de votre analyse. Vos données sont utilisées uniquement pour traiter votre demande. Conditions · Politique de confidentialité.

Ils parlent de nous

  • Lexbase

Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Compte vendeur suspendu : ce qui décide de l'issue

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit du numérique · Paris 17e

Ce que fait un avocat marketplace à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit du numérique
  • Vendeurs sur place de marché

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, intervient pour les entreprises qui vendent sur une place de marché en ligne et dont le compte, les offres ou les paiements ont été restreints.

La suspension d'un compte vendeur n'est ni toujours fautive ni toujours régulière. Le cabinet lit d'abord l'exposé des motifs reçu, puis le rapproche des conditions générales, des signalements invoqués et des pièces que le vendeur peut produire pour contester le grief.

Lorsque le vendeur, établi dans l'Union, propose ses produits à des consommateurs situés dans l'Union, le règlement (UE) 2019/1150, dit P2B, impose au fournisseur d'un service d'intermédiation en ligne de motiver la restriction et de respecter un préavis de trente jours avant une résiliation totale, sauf exceptions limitées. Le III de l'article L. 442-1 du code de commerce rend le fournisseur responsable du préjudice né du non-respect de ces obligations.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Le motif exact

La plateforme doit indiquer les faits précis et la clause des conditions générales qui fondent la mesure, y compris le contenu d'un signalement émanant d'un tiers.

La charge de la preuve

Lorsque le vendeur conteste le manquement allégué, la plateforme doit établir le fait qu'elle lui impute, selon la règle générale de l'article 9 du code de procédure civile.

Le juge de l'urgence

Le président de la juridiction commerciale peut ordonner une remise en état pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite, et accorder une provision lorsque l'obligation n'est pas sérieusement contestable.

Les règles

Suspension, résiliation, blocage : les règles applicables

Cinq règles encadrent la décision de la plateforme et le recours du vendeur.

  1. Une restriction ou une suspension doit être motivée sur un support durable au plus tard lorsqu'elle prend effet, et une résiliation totale au moins trente jours avant, sauf obligation légale, raison impérative ou manquements répétés prouvés (article 4 du règlement (UE) 2019/1150). À propos d'une rupture opérée sans permettre aux utilisateurs de clarifier les faits par la procédure interne de plainte, le juge des référés du tribunal des activités économiques de Paris a retenu que « la décision des défenderesses revêt un caractère brutal et met en péril l'activité économique des demanderesses » (TAE Paris, réf., 11 février 2026, n° 2026007039).
  2. Le fournisseur d'un service d'intermédiation en ligne qui ne respecte pas les obligations expressément prévues par ce règlement engage sa responsabilité et doit réparer le préjudice causé (article L. 442-1, III, du code de commerce). Lorsque la suspension du compte ou des paiements repose sur le caractère illicite des offres ou sur leur incompatibilité avec les conditions générales, l'hébergeur doit en outre délivrer un exposé des motifs clair et spécifique (article 17 du règlement (UE) 2022/2065).
  3. Le contrat n'autorise la suspension que dans les cas qu'il prévoit, et ces cas doivent être établis. Dans une affaire de désactivation fondée sur une capture de messagerie contestée, le juge a retenu que « la suspension du compte CNER sans motif contractuel valable constitue un trouble manifestement illicite » (TAE Paris, réf., 8 juillet 2026, n° J2026000518), puis ordonné la réactivation du compte sur le fondement de l'article 873 du code de procédure civile.
  4. La suspension reste licite lorsque l'activité du vendeur est elle-même illicite. La Cour de cassation juge qu'en appliquant une clause de suspension prompte pour raisons légales, « un hébergeur ne crée pas un déséquilibre significatif au sens de l'article L. 442-6, I, 2°, devenu l'article L. 442-1, 2° du code de commerce » (Cass. com., 4 septembre 2024, n° 22-12.321). Cette décision, rendue à propos d'un service de référencement payant, est défavorable à l'utilisateur suspendu.
  5. Les litiges fondés sur l'article L. 442-1 relèvent de juridictions désignées par décret (article L. 442-4, III, du code de commerce et article D. 442-2), dont les décisions sont portées devant la cour d'appel de Paris. La Cour de cassation précise que cette désignation « institue une règle de compétence d'attribution exclusive et non une fin de non-recevoir » (Cass. com., 18 octobre 2023, n° 21-15.378).

Une plateforme peut suspendre légitimement un vendeur qui vend un produit illicite ou ne fournit pas les informations exigées. Le recours n'a de chances sérieuses que si le grief est contestable sur pièces ou si la procédure de motivation et de réclamation n'a pas été respectée.

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir selon votre situation

La notification, le contrat et l'historique du compte permettent de vérifier le motif et de mesurer l'atteinte.

Situation A

Votre compte est suspendu ou désactivé

  • Notification de suspension ou de désactivation et tous les messages du support vendeur, datés
  • Conditions générales acceptées, dans la version applicable à la date de la mesure
  • Captures de l'espace vendeur : indicateurs de performance, alertes, état du solde et des virements
  • Factures fournisseurs, certificats de conformité, autorisations de marque et justificatifs d'identité transmis

Situation B

Vos offres ont été bloquées sur signalement

  • Avis de retrait mentionnant le droit invoqué, le numéro de réclamation et, s'il est communiqué, l'auteur du signalement
  • Titres et documents d'origine des produits : achats, chaîne de distribution, créations propres
  • Historique des ventes par référence avant et après le blocage, marge et stock immobilisé
  • Échanges avec le titulaire du droit invoqué ou avec ses conseils

Ne supprimez ni ne modifiez les fiches produits, les avis ou les messages tant que la preuve de l'état du compte n'a pas été conservée. Une réponse au support qui admet un manquement inexistant peut ensuite vous être opposée.

Le cabinet traite aussi :

  • Droit du numérique
  • E-commerce
  • Contentieux informatique
  • Contrats informatiques

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Lire le motif, tenir la preuve, puis choisir la voie la plus rapide qui reste proportionnée.

Étape 1

Lecture de la notification et du contrat

Le cabinet identifie la mesure prise, la clause invoquée, l'entité qui gère le compte et celle qui détient les fonds, puis vérifie le respect des délais de motivation et de préavis.

Étape 2

Réclamation interne structurée

La réponse adressée à la plateforme expose les faits, joint les pièces utiles, conteste le grief lorsqu'il est inexact et demande le réexamen dans le cadre du système interne prévu par les textes.

Étape 3

Mise en demeure et médiation

À défaut de réponse utile, une mise en demeure précise le motif à communiquer, le délai de réintégration, le sort du solde et la conservation des données, et peut proposer l'un des médiateurs désignés.

Étape 4

Référé ou action au fond

Si l'activité est menacée, le cabinet prépare une demande en référé de réactivation ou de provision devant la juridiction compétente, puis, selon le dossier, l'action en réparation du préjudice.

Le choix du défendeur compte autant que le fondement. La société qui exploite le service vendeur, celle qui détient les fonds et la filiale française n'ont pas le même rôle, et une erreur peut faire échouer la demande.

Le calendrier

La chronologie d'une suspension contestée

De la notification à la réactivation ou à la décision du juge.

  1. Notification

    Jour de la mesure. Enregistrez la notification, l'état du compte, le solde et les offres concernées avant toute réponse.

  2. Analyse du motif

    Rapprochez le grief des conditions générales et vérifiez si l'exposé des motifs mentionne des faits précis et le signalement d'un tiers.

  3. Réclamation interne

    Déposez une réclamation documentée par le canal prévu, en conservant la preuve de son envoi et de la réponse reçue.

  4. Mise en demeure

    Demandez par écrit la réintégration, la communication du motif complet et la libération du solde non contesté.

  5. Médiation ou référé

    Selon l'urgence, proposez l'un des médiateurs désignés ou saisissez le juge des référés pour une mesure de remise en état ou une provision.

  6. Fond et réparation

    L'action au fond permet de discuter la régularité de la mesure et d'obtenir la réparation du préjudice établi poste par poste.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Une action contre une plateforme se prépare sur pièces, jamais sur la seule perte d'accès.

  • Nature de la mesure : restriction d'offres, suspension temporaire, désactivation ou résiliation totale, et date de prise d'effet.
  • Motivation reçue : faits précis, clause invoquée, contenu du signalement d'un tiers, support durable.
  • Fondement du grief : produit, documents d'identification, indicateurs de performance, avis clients ou droit de propriété intellectuelle.
  • Entités en cause : société qui exploite le service vendeur, établissement qui détient les fonds, filiale française, auteur du signalement.
  • Juridiction et préjudice : clause attributive, compétence spécialisée, ventes perdues, stock, référencement et frais, chacun rattaché à une pièce.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les configurations fréquentes permettent de fixer la première priorité du dossier.

Situation

Désactivation sur une plainte client contestée

Preuve décisive : Notification, pièce invoquée par la plateforme, éléments établissant que le message ou la commande n'émanent pas du vendeur.

Délai : Contester rapidement et conserver la preuve de la réclamation, afin de documenter le désaccord et de limiter les effets du blocage.

Action utile : Réclamation, mise en demeure, puis référé de réactivation si le grief n'est pas établi.

Situation

Résiliation sans préavis

Preuve décisive : Date de la notification, date d'effet, motif invoqué et historique des avertissements reçus.

Délai : Le préavis de trente jours se vérifie au regard de la date d'effet annoncée.

Action utile : Discuter l'exception invoquée par la plateforme et chiffrer le préjudice lié au défaut de préavis.

Situation

Solde des ventes retenu

Preuve décisive : Relevé du solde, virements suspendus, demandes de vérification d'identité et réponses apportées.

Délai : Répondre aux demandes de vérification sans délai, en gardant trace de chaque envoi.

Action utile : Demande de libération du solde non contesté, puis provision en référé si l'obligation n'est pas sérieusement contestable.

Situation

Offres bloquées après un signalement concurrent

Preuve décisive : Avis de retrait, droit invoqué, origine des produits, ventes avant et après le blocage.

Délai : Contester rapidement auprès de la plateforme et réunir la preuve de la licéité du produit.

Action utile : Contre-notification, puis action en responsabilité contre l'auteur d'un signalement injustifié.

Situation

Suspension pour documents manquants

Preuve décisive : Liste des informations demandées, pièces fournies, accusés de réception de la plateforme.

Délai : Compléter le dossier sans attendre : faute de correction des informations de traçabilité demandées, la plateforme doit suspendre le service jusqu'à régularisation.

Action utile : Régulariser d'abord, contester ensuite une suspension maintenue malgré un dossier complet.

Situation

Indicateurs de performance dépassés

Preuve décisive : Taux de retard, d'annulation ou de réclamation, causes logistiques, mesures correctives.

Délai : Documenter les causes avant que l'avertissement ne devienne une désactivation.

Action utile : Plan de correction argumenté et, si la mesure paraît disproportionnée, réclamation puis négociation.

Questions fréquentes

Vos questions : compte vendeur et marketplace

Une marketplace peut-elle suspendre un compte vendeur sans explication ?

Non, en principe. Lorsque le vendeur est établi dans l'Union et vend à des consommateurs situés dans l'Union, le règlement (UE) 2019/1150 impose au fournisseur d'un service d'intermédiation en ligne de transmettre l'exposé des motifs d'une restriction ou d'une suspension sur un support durable, avant qu'elle ne prenne effet ou au moment où elle prend effet. Cet exposé doit mentionner les faits ou circonstances spécifiques, y compris le contenu des signalements émanant de tiers, ainsi que le motif tiré des conditions générales. Le texte ne dispense de cet exposé que dans deux cas : une obligation légale ou réglementaire interdit de communiquer ces éléments, ou la plateforme prouve des manquements répétés aux conditions générales ayant conduit à la résiliation de la totalité de ses services. Le règlement (UE) 2022/2065 ajoute, pour l'hébergeur, l'obligation de fournir un exposé clair et spécifique lorsque la suspension du compte ou des paiements est motivée par le caractère illicite des informations fournies ou par leur incompatibilité avec les conditions générales. Un message automatique qui se borne à viser une politique générale ne répond pas toujours à ces exigences. Le cabinet compare la notification reçue à ces textes et aux conditions générales, puis formule une demande de motivation complète. Le défaut de motivation ne suffit pas toujours à obtenir la réactivation, mais il fragilise la position de la plateforme et peut ouvrir une action en réparation sur le fondement du III de l'article L. 442-1 du code de commerce.

Quel délai la plateforme doit-elle respecter avant une fermeture définitive ?

Lorsque le fournisseur décide de résilier la totalité de ses services à une entreprise utilisatrice, l'article 4, paragraphe 2, du règlement (UE) 2019/1150 exige la transmission de l'exposé des motifs au moins trente jours avant la prise d'effet. Ce délai ne s'applique pas lorsque la plateforme est tenue par une obligation légale de résilier plus vite, lorsqu'elle exerce un droit de résiliation pour une raison impérative prévue par le droit national, ou lorsqu'elle prouve que le vendeur a enfreint à plusieurs reprises les conditions générales. Dans ces cas, l'exposé des motifs reste dû sans retard indu, sauf lorsque la loi interdit de le communiquer ou que la résiliation résulte de manquements répétés prouvés, hypothèses dans lesquelles l'article 4, paragraphe 5, en dispense. Il faut donc distinguer la suspension temporaire, qui peut prendre effet immédiatement si elle est motivée, et la résiliation totale, qui suppose en principe ce préavis. La qualification retenue par la plateforme n'est pas décisive : sans que le règlement prévoie de conversion automatique en résiliation, les effets concrets d'une suspension qui se prolonge peuvent être discutés comme une rupture, même partielle, d'une relation commerciale établie au sens du II de l'article L. 442-1 du code de commerce. Le cabinet relève la date de notification, la date d'effet et l'exception invoquée, puis vérifie que la plateforme dispose réellement de la preuve des manquements répétés qu'elle allègue. Ces éléments déterminent ensuite le préjudice indemnisable.

Comment utiliser la procédure interne de réclamation de la plateforme ?

Le règlement P2B oblige le fournisseur à proposer un système interne de traitement des plaintes, accessible et gratuit, qui traite les réclamations dans un délai raisonnable et communique un résultat personnalisé (article 11 du règlement (UE) 2019/1150). Cette obligation ne pèse pas sur les fournisseurs qui sont de petites entreprises au sens de la recommandation européenne. Le règlement sur les services numériques ouvre de son côté, pendant au moins six mois à compter du jour où le vendeur est informé de la décision, un système interne de réclamation contre la suspension du compte, du service ou de la capacité de monétisation fondée sur le caractère illicite des informations ou sur leur incompatibilité avec les conditions générales, et impose que la décision rendue sur la réclamation soit prise sous le contrôle de collaborateurs qualifiés et pas uniquement par des moyens automatisés (article 20 du règlement (UE) 2022/2065). Cette section du règlement ne s'applique pas aux plateformes qui sont des microentreprises ou des petites entreprises, sauf si elles ont été désignées comme très grandes plateformes en ligne (article 19). Une réclamation utile répond point par point au grief, joint les pièces qui le contredisent et demande expressément le réexamen. Elle évite les reconnaissances générales de manquement, que la plateforme pourrait retenir comme manquements répétés. Le cabinet rédige ou relit cette réclamation, conserve la preuve de son dépôt et en fait la première pièce d'une éventuelle mise en demeure ou d'un référé.

Quand saisir le juge des référés pour obtenir la réactivation du compte ?

Le président de la juridiction commerciale peut, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire les mesures de remise en état qui s'imposent pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite (article 873 du code de procédure civile). Dans une affaire jugée à Paris, le juge a relevé que « l'urgence subsiste à ce que CNER puisse retrouver l'usage normal de son compte Amazon qui constitue pour elle un vecteur de diffusion de ses produits et une source de chiffre d'affaires » (TAE Paris, réf., 8 juillet 2026, n° J2026000518), et a ordonné la réactivation dans un délai de huit jours à compter de la signification de l'ordonnance, sans astreinte. Le référé n'est pas pour autant une voie sûre. Dans une autre espèce relative à la suspension d'un compte professionnel sur une plateforme de réservation culturelle, le même tribunal a dit n'y avoir lieu à référé au motif que les pièces et déclarations « font apparaître l'existence de contestations sérieuses qui excluent les pouvoirs du juge des référés » (TAE Paris, réf., 12 juin 2026, n° 2025083533). Le cabinet n'engage cette voie que si le grief est contestable sur pièces et si l'atteinte à l'activité est démontrée par les chiffres du compte.

La plateforme peut-elle conserver le solde des ventes après la désactivation ?

La retenue du solde se discute au regard du contrat, des obligations de vérification qui pèsent sur l'établissement de paiement et du caractère contesté ou non de la créance. Dans l'ordonnance parisienne du 8 juillet 2026, la société de paiement invoquait l'absence d'accomplissement des vérifications d'identité exigées au titre de la lutte contre le blanchiment. Le juge a jugé ces vérifications légitimes, tout en retenant que « l'obligation de paiement pesant sur AMAZON PAYMENTS EUROPE de la somme de 60.033,91 € au profit de CNER n'est pas sérieusement contestable » (TAE Paris, réf., 8 juillet 2026, n° J2026000518). Il a ordonné le versement provisionnel de cette somme sur le compte CARPA de l'avocat du vendeur, lui-même tenu aux obligations de vigilance. Cette solution d'espèce montre deux points pratiques : la demande vise l'entité qui détient effectivement les fonds, et le vendeur doit prouver qu'il a cherché à satisfaire aux demandes de vérification. Le règlement (UE) 2022/2065 range par ailleurs la suspension des paiements parmi les restrictions qui appellent un exposé des motifs, lorsqu'elle est fondée sur le caractère illicite des informations fournies par le vendeur ou sur leur incompatibilité avec les conditions générales. Le cabinet reconstitue le solde, les virements suspendus et les échanges de vérification avant de demander la libération des sommes non contestées.

Qui doit prouver le manquement reproché au vendeur ?

Il incombe à chaque partie de prouver les faits nécessaires au succès de sa prétention (article 9 du code de procédure civile). Lorsque la plateforme suspend un compte en invoquant une clause qui vise un manquement grave ou répété du vendeur, elle doit, en cas de contestation, établir que ce manquement lui est imputable. Dans l'affaire jugée le 8 juillet 2026, la désactivation reposait sur une capture de conversation dont le vendeur soutenait qu'elle était fabriquée. Le juge a retenu qu'« Amazon ne peut, également et au nom d'un éventuel privilège du préalable que lui conférerait son contrat d'adhésion, inverser la charge de la preuve » (TAE Paris, réf., 8 juillet 2026, n° J2026000518), et a relevé que le conseil de la plateforme ne connaissait pas les vérifications faites sur l'authenticité de la pièce. La solution dépend de l'espèce : si la plateforme produit des éléments concordants, la contestation du vendeur peut échouer. Le cabinet recherche ce qui permet de mettre en doute la pièce invoquée, par exemple la chronologie de la commande, l'adresse du client ou la cohérence des messages, et demande à la plateforme de produire le signalement qui fonde sa décision.

Un concurrent a fait bloquer mes annonces : peut-il être condamné ?

Oui, lorsque le blocage obtenu n'était pas justifié. Le tribunal judiciaire de Paris a jugé que, lorsqu'elle émane d'une personne y ayant un intérêt commercial, « la notification à un fournisseur de services numériques tendant à faire cesser la vente d'un produit est faite aux risques et périls de son auteur » (TJ Paris, 3e ch. 2e sect., 21 novembre 2025, n° 23/05116). Il précise que cette notification est fautive si l'interdiction recherchée n'aurait pas été prononcée par un jugement au fond, indépendamment de la bonne foi de son auteur, et a condamné l'auteur des demandes de blocage à 43 000 euros de dommages et intérêts. Le même jugement a toutefois rejeté la demande d'injonction de déblocage. Le raisonnement s'appuie sur la jurisprudence relative au dénigrement : à propos d'une lettre adressée par un titulaire de droits d'auteur aux revendeurs d'un concurrent, la Cour de cassation juge, en l'absence de décision de justice retenant l'existence d'actes de contrefaçon de droits d'auteur, que « le seul fait d'informer des tiers d'une possible contrefaçon de ces droits est constitutif d'un dénigrement des produits argués de contrefaçon » (Cass. com., 15 octobre 2025, n° 24-11.150), arrêt de cassation partielle avec renvoi. Le cabinet vérifie l'existence, la validité et la portée du droit invoqué avant d'engager la responsabilité de l'auteur du signalement sur le fondement de l'article 1240 du code civil.

La clause donnant compétence aux tribunaux du Luxembourg s'impose-t-elle ?

Les conditions générales de plusieurs places de marché désignent une juridiction étrangère. Leur portée dépend du fondement de l'action et de l'état de la procédure. Dans une affaire où des sociétés titulaires de comptes clients et d'avoirs en chèques-cadeaux, et non de comptes vendeurs, reprochaient à la plateforme une rupture brutale des relations commerciales, le tribunal des activités économiques de Nanterre a écarté la clause au profit des juridictions françaises, retenant que si le litige porte sur une responsabilité délictuelle, la juridiction du lieu du fait dommageable prévaut ; il a ensuite indiqué que « le tribunal se dira incompétent et renverra l'affaire pour le tout devant le tribunal des activités économiques de Paris » (TAE Nanterre, 20 octobre 2026, n° 2024F02216), juridiction désignée pour l'application de l'article L. 442-1. Dans une autre affaire, le président du même tribunal a retenu sa compétence en référé parce qu'une ordonnance antérieure non contestée l'avait déjà admise (TAE Nanterre, réf., 21 janvier 2025, n° 2024R01152). Ces solutions ne valent pas règle générale : elles dépendent du fondement invoqué et de l'état de la procédure. Le cabinet choisit le fondement et la juridiction avant l'assignation, car une erreur peut coûter plusieurs mois.

Peut-on invoquer la rupture brutale d'une relation commerciale établie contre la plateforme ?

Le II de l'article L. 442-1 du code de commerce sanctionne la rupture brutale, même partielle, d'une relation commerciale établie sans préavis écrit suffisant, mais réserve la faculté de résilier sans préavis en cas d'inexécution par l'autre partie de ses obligations. Le juge des référés parisien a ordonné le maintien d'un abonnement à un site d'annonces jusqu'au 31 décembre 2026 sous astreinte, en retenant notamment l'ancienneté de plus de douze ans de la relation (TAE Paris, réf., 11 février 2026, n° 2026007039). À l'inverse, le tribunal de commerce de Lille a débouté un vendeur dont le catalogue avait été retiré d'une place de marché, après avoir constaté une rupture sans préavis, au motif que « celle-ci est due à l'inexécution pendant plusieurs années par la société BEOWERS, de ses obligations dans le cadre du contrat de services Marketplace » (TC Lille Métropole, 6 mars 2025, n° 2023013520). Cette décision est défavorable au vendeur : des avertissements écrits et répétés de la plateforme pèsent lourd. Le cabinet mesure l'ancienneté et la régularité du courant d'affaires, recense les avertissements reçus et vérifie s'ils portaient sur des manquements réels avant de retenir ce fondement.

Contre quelle société du groupe faut-il agir ?

Les grandes places de marché répartissent leurs activités entre plusieurs sociétés : l'une exploite le service vendeur, une autre détient les fonds en qualité d'établissement de paiement, une filiale française assure parfois des fonctions de support commercial. Le choix du défendeur conditionne l'issue. Dans une affaire jugée par la cour d'appel de Paris, un vendeur dont le compte avait été clôturé pour un taux de retard d'expédition supérieur au seuil toléré n'a pu poursuivre que la filiale française, les sociétés luxembourgeoises ayant été écartées sur la compétence ; la cour a retenu que les courriels produits n'établissaient pas « l'existence d'un courant d'affaires régulier, significatif et stable caractérisant une relation commerciale établie avec la société Amazon France Services » (CA Paris, pôle 5 ch. 4, 26 octobre 2022, n° 20/17089). Le vendeur a été débouté, et la décision lui est défavorable. Dans l'ordonnance parisienne de 2026, la filiale française a de même été mise hors de cause, la réactivation étant ordonnée à la société exploitante et la provision à la société de paiement (TAE Paris, réf., 8 juillet 2026, n° J2026000518). Le cabinet identifie chaque entité à partir des conditions générales et des relevés avant de rédiger l'assignation.

Une suspension pour informations manquantes sur l'identité du vendeur est-elle contestable ?

Le règlement (UE) 2022/2065, article 30 impose aux plateformes, sauf lorsqu'elles sont des microentreprises ou des petites entreprises (article 29), qui permettent aux consommateurs de conclure des contrats à distance avec des professionnels de recueillir, avant toute mise en vente, le nom, l'adresse, les coordonnées, un document d'identification, les coordonnées du compte de paiement, l'immatriculation éventuelle et une autocertification de conformité des produits. Lorsque la plateforme a des raisons de penser qu'une information est inexacte, incomplète ou obsolète, elle demande au professionnel d'y remédier et, à défaut, suspend rapidement son service jusqu'à ce que la demande soit entièrement satisfaite. Une telle suspension est donc d'abord une obligation de la plateforme, et la contester sans avoir régularisé le dossier a peu de chances d'aboutir. Elle devient discutable lorsque le vendeur a transmis des documents complets et fiables, que la plateforme ne précise pas l'élément jugé insuffisant ou qu'elle maintient la mesure sans réexamen. Le professionnel suspendu conserve le droit d'introduire une réclamation par le système interne de la plateforme et devant un organe de règlement extrajudiciaire certifié (article 30, paragraphe 4). Le cabinet reconstitue la liste des demandes, les pièces envoyées et les accusés de réception, puis formule une réclamation qui identifie précisément l'information en cause et demande la levée de la suspension dans un délai déterminé.

Comment chiffrer le préjudice causé par la suspension ?

Le préjudice se démontre poste par poste à partir des données du compte et de la comptabilité du vendeur : marge perdue pendant la durée du blocage, stock immobilisé ou devenu invendable, frais logistiques exposés, campagnes publicitaires interrompues, perte de classement et d'avis clients, frais engagés pour la réclamation. Le fondement choisi influe sur l'évaluation : réparation du non-respect des obligations du règlement P2B (article L. 442-1, III, du code de commerce), défaut de préavis en cas de rupture brutale, faute de l'auteur d'un signalement injustifié (article 1240 du code civil) ou manquement contractuel, le contrat devant être exécuté de bonne foi (article 1104 du code civil). Une affirmation générale de perte de chiffre d'affaires ne suffit pas : la durée de l'interruption et les ventes réellement réalisables doivent être établies. Lorsque les éléments sont détenus par la plateforme ou par l'auteur du signalement, une mesure d'instruction peut être sollicitée avant tout procès (article 145 du code de procédure civile). Le cabinet établit un tableau des ventes par référence avant et après la mesure, rattache chaque poste à une pièce et écarte ceux qui ne peuvent être prouvés. Pour un exemple sur un grand opérateur, voir aussi notre analyse du compte Amazon suspendu.

Un compte vendeur bloqué ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez la notification, les échanges avec la plateforme et l'état de votre solde : le cabinet vérifie le motif, les délais applicables et la voie de recours adaptée.

Les dernières actualités.