Boutique en ligne, politique de retour, rétractation et remboursement des clients

Avocat e-commerce à Paris : rétractation, retours et remboursements de votre boutique en ligne.

Un retour de colis met en jeu trois questions distinctes : le client pouvait-il se rétracter, dans quel état et à quel coût le bien revient-il, et dans quel délai la boutique doit-elle rembourser. Chaque réponse dépend des informations données avant la commande et de la preuve que la boutique sait en produire.

Le remboursement après rétractation est enfermé dans un délai de quatorze jours, et chaque retard alourdit la somme due selon un barème légal. Conservez la commande, les échanges et la preuve de l'expédition du retour dès la première réclamation.

E-commerce · Paris

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Envoyez les conditions générales en vigueur à la date de la commande, les captures du tunnel de commande, la confirmation adressée au client et les échanges sur le retour : le cabinet examine les délais encore ouverts et les sommes réellement dues.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Boutique en ligne : ce que la loi impose au moment du retour

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit du numérique · Paris 17e

Ce que fait un avocat e-commerce à Paris

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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, intervient en droit du numérique et peut accompagner les exploitants de boutiques en ligne comme leurs clients dans les litiges de rétractation, de retour et de remboursement.

Une politique de retour se juge le jour où un client renvoie un article. Le cabinet relit les conditions générales applicables à la date de la commande, le parcours d'achat, le courriel de confirmation et la réponse donnée au client, puis compare l'ensemble aux règles d'ordre public du code de la consommation.

Le droit de rétractation d'un achat à distance dure quatorze jours et part, pour un bien, de sa réception (C. consom., art. L. 221-18). Le remboursement intervient dans un délai de quatorze jours, que la boutique peut différer jusqu'au premier de ces deux faits, la récupération du colis ou la preuve de son expédition par le client, sauf si elle a proposé de venir le chercher (C. consom., art. L. 221-24). Les clauses qui privent le client de ces droits ne lui sont pas opposables, car le chapitre est d'ordre public (C. consom., art. L. 221-29).

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Le délai et son point de départ

La date de réception du colis, la livraison en plusieurs envois et la nature du contrat déterminent le dernier jour utile pour se rétracter.

Le remboursement et son barème

Un remboursement tardif est majoré de plein droit selon la durée du retard, sans que le client ait à prouver un préjudice.

L'état du bien renvoyé

Une dépréciation ne se présume pas : la boutique doit prouver une manipulation excédant ce qui était nécessaire pour essayer le bien.

Les règles

Rétractation et retour : les quatre règles qui décident

Ces règles s'appliquent à toute vente conclue sur un site entre une boutique et un consommateur.

  1. Le contrat conclu à distance suppose un système organisé de vente sans présence physique simultanée des parties (C. consom., art. L. 221-1). La Cour de cassation juge que « les conditions matérielles de remise au professionnel de l'offre, qui a été reçue et signée par le consommateur en dehors des locaux de ce professionnel, sans aucune négociation au moment de cette remise, sont sans influence sur la qualification de contrat à distance » (Cass. 1re civ., 5 novembre 2025, n° 23-22.883). Pour un bien, le délai de quatorze jours court de sa réception par le client ou par un tiers qu'il a désigné, autre que le transporteur (C. consom., art. L. 221-18).
  2. Avant la commande, la boutique indique les conditions, le délai et les modalités de la rétractation, joint le formulaire type et précise si les frais de renvoi restent au client (C. consom., art. L. 221-5). La preuve de cette information pèse sur elle (C. consom., art. L. 221-7). Si l'information sur le droit de rétractation lui-même manque, le délai s'allonge de douze mois, sauf information donnée en cours de prolongation ; l'oubli de la mention des frais de renvoi les met seulement à la charge de la boutique (C. consom., art. L. 221-20). Le tribunal judiciaire de Paris a refusé d'opposer à un acheteur des conditions générales, faute pour le vendeur de produire une pièce sur son parcours de commande (TJ Paris, 16 juin 2026, n° 23/11006).
  3. Le remboursement couvre l'intégralité du prix payé, livraison standard incluse, avec le moyen de paiement utilisé pour la commande, à moins que le client accepte expressément un autre mode (C. consom., art. L. 221-24). Passé le délai, les sommes sont majorées de plein droit par paliers (C. consom., art. L. 242-4). La Cour de cassation a validé ce barème, jugeant que « cette sanction constitue une mesure propre à assurer la protection des consommateurs et à garantir l'effectivité de cette protection, en ce qu'elle est dissuasive » (Cass. 1re civ., 17 janvier 2018, n° 17-10.255).
  4. Le client renvoie le bien sans retard excessif et au plus tard dans les quatorze jours suivant la communication de sa rétractation, et ne supporte que les coûts directs du renvoi, sauf prise en charge par la boutique ou défaut d'information (C. consom., art. L. 221-23). Sa responsabilité n'est engagée que pour une dépréciation née de manipulations excédant l'essai du bien. Le tribunal judiciaire de Paris a jugé qu'une dépréciation alléguée ne justifiait pas un refus de rembourser, en l'absence de pièce probante (TJ Paris, 3 juin 2024, n° 23/05579).

Une clause qui écarte la rétractation, impose un avoir ou prévoit une retenue forfaitaire ne vaut pas contre le consommateur : les règles du chapitre consacré aux contrats à distance sont d'ordre public.

Vos pièces

Les pièces à réunir selon votre place dans la vente

Un litige de retour se gagne sur des documents datés, qui montrent ce que le client savait au moment de payer.

Position A

Vous exploitez la boutique

  • Conditions générales en vigueur à la date de la commande, avec leur historique de versions
  • Captures du tunnel de commande, case d'acceptation et journal technique de validation
  • Courriel de confirmation de commande et formulaire type de rétractation joint
  • Preuve de livraison, preuve de réception du retour et photographies du bien à son arrivée

Position B

Vous avez acheté sur une boutique

  • Confirmation de commande, facture et relevé du paiement
  • Date de réception du colis, suivi du transporteur ou avis de passage
  • Message de rétractation, courriel ou formulaire, avec sa date d'envoi
  • Preuve du dépôt du retour et échanges avec le service client, y compris une offre d'avoir

Photographiez le bien et l'emballage avant de le renvoyer, et conservez le bordereau de dépôt pour le transmettre à la boutique : le remboursement est dû dans les quatorze jours de l'information sur la rétractation, et la preuve de l'expédition met fin au report que la boutique peut opposer.

Le cabinet traite aussi :

  • Place de marché
  • Données des clients
  • Contrat de prestation informatique
  • Conditions générales de vente

La méthode

Comment le cabinet traite un litige de retour

Reconstituer la commande, vérifier les délais, chiffrer ce qui reste dû.

Étape 1

Reconstituer la commande

Le cabinet place sur une même ligne la date de commande, la réception, la rétractation, l'expédition du retour et chaque échange, afin de calculer les délais à partir de faits établis.

Étape 2

Contrôler l'information donnée

Il vérifie que les conditions, le formulaire et la mention des frais de renvoi figuraient bien dans le parcours d'achat, puis que la boutique peut le prouver.

Étape 3

Chiffrer les sommes

Prix, frais de livraison standard, majoration légale de retard et éventuelle indemnité de dépréciation sont calculés séparément, chacun avec sa pièce.

Étape 4

Réclamer ou répondre

Une mise en demeure motivée, une réponse argumentée au client, la saisine du médiateur ou du tribunal judiciaire compétent sont choisies selon le montant et la preuve disponible.

Un remboursement versé avant le terme du délai arrête la majoration. Une boutique qui conteste l'état du bien peut rembourser et agir ensuite sur la dépréciation qu'elle prouve.

Le calendrier

Le parcours d'un retour après rétractation

De la réception du colis au remboursement, chaque étape a sa date utile.

  1. Réception du colis

    Jour de départ. Le délai de quatorze jours court de la réception du bien, ou du dernier bien si la commande arrive en plusieurs envois. Le jour de réception n'est pas compté, et une échéance tombant un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé est reportée au premier jour ouvrable suivant (C. consom., art. L. 221-19).

  2. Décision du client

    Le client se rétracte par le formulaire, par la fonctionnalité en ligne ou par toute déclaration dénuée d'ambiguïté, avant la fin du délai.

  3. Renvoi du bien

    Le client renvoie le bien sans retard excessif et au plus tard dans les quatorze jours suivant la communication de sa rétractation, sauf si la boutique propose de venir le chercher.

  4. Remboursement

    La boutique rembourse dans les quatorze jours de l'information sur la rétractation ; elle peut attendre le premier de ces deux faits, la récupération du colis ou la preuve de son expédition, sauf si elle a proposé de le récupérer elle-même.

  5. Retard

    Au-delà, la somme due est majorée de plein droit, d'abord du taux d'intérêt légal, puis de pourcentages croissants selon la durée du retard.

  6. Réclamation

    Mise en demeure, médiation de la consommation, puis saisine du tribunal judiciaire compétent, ou de sa chambre de proximité, si le désaccord persiste sur le principe ou sur le montant.

Les vérifications

Ce que le cabinet vérifie avant de répondre au client

Une réponse à un client mécontent engage la boutique : elle doit reposer sur des faits vérifiés.

  • Qualité de l'acheteur : consommateur ou professionnel agissant pour son activité, selon la commande et les mentions de facturation.
  • Mode de conclusion : vente sur le site, commande par téléphone ou contrat signé à la suite d'un démarchage, chacun ayant ses règles.
  • Information précontractuelle : conditions, délai, formulaire, frais de renvoi et exceptions, avec la preuve de leur affichage.
  • Calendrier exact : réception, rétractation, expédition du retour, remboursement, et calcul du retard éventuel.
  • État du bien : preuve d'une dépréciation imputable à une manipulation excessive, photographies et constats datés.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Six situations fréquentes après une vente en ligne, et la première décision à prendre.

Situation

Le client renvoie un article manifestement porté

Preuve décisive : Photographies à réception, état de l'étiquette, comparaison avec l'état de livraison.

Délai : Rembourser dans les quatorze jours, puis réclamer la dépréciation prouvée.

Action utile : Chiffrer la perte de valeur et la demander séparément, sans bloquer le remboursement.

Situation

La boutique propose un avoir au lieu d'un remboursement

Preuve décisive : Courriel de rétractation, réponse de la boutique, conditions générales.

Délai : Le délai de quatorze jours continue de courir pendant l'échange.

Action utile : Rembourser avec le moyen de paiement de la commande, à moins que le client accepte expressément autre chose.

Situation

Le remboursement n'est pas intervenu

Preuve décisive : Date de rétractation, preuve de dépôt du retour, accusé de réception.

Délai : Le barème de majoration s'applique dès la fin du délai.

Action utile : Mise en demeure chiffrée, puis saisine du juge avec calcul de la majoration.

Situation

Commande personnalisée ou produit d'hygiène descellé

Preuve décisive : Spécifications données par le client, mention de l'exception avant la commande.

Délai : L'exception doit avoir été annoncée avant le paiement.

Action utile : Vérifier que le bien entre réellement dans une exception légale, interprétée strictement.

Situation

Acheteur professionnel sur le site

Preuve décisive : Mentions de facturation, numéro d'identification, objet de l'achat.

Délai : Les règles de rétractation du consommateur ne s'appliquent pas, sauf stipulation contraire.

Action utile : Appliquer les conditions générales entre professionnels et la politique commerciale annoncée.

Situation

Produit défectueux renvoyé

Preuve décisive : Description du défaut, date d'apparition, échanges avec le vendeur.

Délai : Réparation ou remplacement dans un délai qui ne peut excéder trente jours.

Action utile : Traiter au titre de la garantie de conformité, sans frais pour le client, plutôt qu'au titre de la rétractation.

Questions fréquentes

Vos questions : e-commerce et retours

Pourquoi confier la politique de retour d'une boutique en ligne à un avocat ?

Parce qu'une politique de retour est d'abord un ensemble de délais et de preuves, et qu'une erreur se paie au moment du litige. La loi fixe un délai de rétractation de quatorze jours pour les ventes à distance (C. consom., art. L. 221-18), un délai de quatorze jours pour rembourser (C. consom., art. L. 221-24) et une majoration automatique en cas de retard (C. consom., art. L. 242-4). Ces règles sont d'ordre public : une clause contraire des conditions générales ne protège pas la boutique.

Le travail de l'avocat consiste à relire le parcours réel d'un client, de la fiche produit au courriel de confirmation, et à vérifier que chaque information exigée y figure et peut être prouvée. Il rédige ensuite la page consacrée aux retours, les modèles de réponse au service client et la procédure interne de traitement des colis renvoyés.

L'enjeu apparaît dans les décisions. Le tribunal judiciaire de Paris a condamné une boutique qui avait proposé un avoir à la place du remboursement à restituer le prix et à indemniser le temps perdu par le client (TJ Paris, 6 juin 2024, n° 24/00457). Une politique écrite et cohérente évite ce type de contentieux, ou permet de le défendre sur pièces.

À partir de quel jour court le délai de quatorze jours pour un achat sur une boutique en ligne ?

Pour une vente de biens, le délai court du jour où le client, ou un tiers qu'il a désigné et qui n'est pas le transporteur, reçoit le bien (C. consom., art. L. 221-18). Si la commande comprend plusieurs biens livrés séparément, ou un bien livré en plusieurs lots, le délai part de la réception du dernier élément. Pour une livraison régulière pendant une période définie, il part du premier bien reçu. Pour une prestation de services, il court en principe de la conclusion du contrat.

La qualification de contrat à distance compte donc. La Cour de cassation a jugé que la manière dont le client remet son dossier au professionnel n'y change rien : « les conditions matérielles de remise au professionnel de l'offre, qui a été reçue et signée par le consommateur en dehors des locaux de ce professionnel, sans aucune négociation au moment de cette remise, sont sans influence sur la qualification de contrat à distance » (Cass. 1re civ., 5 novembre 2025, n° 23-22.883). L'arrêt précise aussi que la date de conclusion du contrat, utile pour une prestation de services, se déduit des règles du code civil sur l'acceptation.

En pratique, la boutique doit conserver la preuve de la date de réception, par le suivi du transporteur ou l'avis de remise, car c'est elle qui permet de dire si une rétractation tardive peut être refusée.

La boutique peut-elle rembourser un retour par un avoir ou un bon d'achat ?

Pas sans l'accord exprès du client. Lorsque le droit de rétractation est exercé, la boutique restitue l'intégralité du prix payé, frais de livraison inclus, en utilisant le même moyen de paiement que celui de la commande (C. consom., art. L. 221-24). Un autre mode de remboursement n'est possible qu'avec l'accord exprès du consommateur et à condition qu'il ne lui coûte rien. Une mention générale des conditions générales prévoyant un avoir ne vaut pas cet accord, car les règles du chapitre sont d'ordre public (C. consom., art. L. 221-29).

Le tribunal judiciaire de Paris l'a appliqué à un vêtement acheté en ligne et renvoyé dans le délai : la boutique avait reçu les articles mais refusait de rembourser et proposait un avoir. Le jugement relève qu'« Elle a néanmoins refusé de rembourser la somme versée et proposé de délivrer un avoir », puis condamne la société à restituer le prix et à verser des dommages et intérêts pour les démarches imposées au client (TJ Paris, 6 juin 2024, n° 24/00457).

L'avoir reste un outil commercial utile. Lorsque la rétractation légale est ouverte, il ne peut remplacer le remboursement qu'avec l'accord exprès du client. Pour un retour accepté hors délai par geste commercial, ses modalités, y compris un avoir seul, dépendent de l'engagement que la boutique a annoncé : il faut donc l'écrire clairement dans la politique de retour.

Que risque la boutique qui rembourse un client en retard après sa rétractation ?

Une majoration automatique, calculée sur les sommes dues. Si le remboursement intervient au plus tard dix jours après l'expiration du délai, les sommes portent intérêt au taux légal ; au-delà, elles sont majorées de 5 %, 10 %, 20 % puis 50 % selon la durée du retard, et de cinq points supplémentaires par mois, dans la limite du prix du produit, avant de revenir au taux légal (C. consom., art. L. 242-4).

La Cour de cassation a écarté la contestation de ce barème par un vendeur, jugeant que « cette sanction constitue une mesure propre à assurer la protection des consommateurs et à garantir l'effectivité de cette protection, en ce qu'elle est dissuasive » (Cass. 1re civ., 17 janvier 2018, n° 17-10.255). Elle ajoute que le barème est progressif et ne joue qu'après le délai légal, de sorte qu'il est proportionné. La même décision retient que des options de couleur ou d'équipement choisies par l'acheteur ne faisaient pas du véhicule un bien nettement personnalisé.

Les juges du fond l'appliquent concrètement. Le tribunal judiciaire de Paris a majoré de 50 % le prix d'un bien renvoyé dans son état initial (TJ Paris, 3 juin 2024, n° 23/05579), et le tribunal judiciaire de Toulon a fait courir les intérêts majorés à compter de la réception du bien renvoyé par l'acheteur (TJ Toulon, 11 juin 2026, n° 25/03361). Rembourser dans le délai, quitte à discuter ensuite l'état du bien, reste la solution la moins coûteuse.

Un client renvoie un article porté ou abîmé : la boutique peut-elle retenir une somme ?

Elle peut demander réparation d'une dépréciation, mais à des conditions strictes. La responsabilité du consommateur n'est engagée que si le bien a perdu de la valeur à la suite de manipulations allant au-delà de ce qu'exigeait l'examen du bien, de ses caractéristiques et de son fonctionnement (C. consom., art. L. 221-23). Encore faut-il que la boutique l'ait correctement informé de son droit de rétractation avant la commande.

La dépréciation ne justifie pas, à elle seule, un refus de remboursement. Le tribunal judiciaire de Paris a jugé que « Le fait que la société soutienne que le bien a été déprécié au moment du transport ne justifie pas un défaut de remboursement mais tout au plus une mise en cause de la responsabilité de l'acheteur » (TJ Paris, 3 juin 2024, n° 23/05579). Faute de document établissant la perte de valeur, la société a été condamnée à rembourser le prix majoré de 50 %, ainsi que des frais de stockage causés par la réexpédition du bien au client.

La boutique doit donc photographier le bien à son arrivée, décrire précisément les traces d'usage et chiffrer la perte de valeur, puis, par précaution lorsque la dépréciation est contestée, rembourser dans le délai et réclamer l'indemnité de manière distincte, pour ne pas s'exposer à la majoration. Une retenue forfaitaire inscrite dans les conditions générales ne remplace pas cette preuve.

Le client doit-il utiliser le formulaire de rétractation fourni par la boutique ?

Non. Le consommateur informe la boutique de sa décision par le formulaire type ou par toute autre déclaration dénuée d'ambiguïté, envoyée avant la fin du délai (C. consom., art. L. 221-21). Un courriel clair suffit. Pour les contrats conclus au moyen d'une interface en ligne, la boutique doit en outre mettre à disposition, sans frais, une fonctionnalité permettant d'exercer ce droit, dont un décret fixe la présentation.

La cour d'appel de Paris a retenu, à propos d'un contrat conclu hors établissement entre une professionnelle sans salarié et un éditeur de publicité, que la rétractation avait été valablement exercée par l'envoi, en l'absence de bordereau de rétractation, d'« un courriel, le lendemain de la conclusion du contrat, informant clairement et sans ambiguïté de sa volonté de se rétracter » (CA Paris, pôle 5 ch. 5, 10 octobre 2024, n° 21/13774). La règle sur la forme de la déclaration est la même pour les ventes à distance.

La boutique a intérêt à dater la réception de toute déclaration de rétractation, quel qu'en soit le support : c'est le jour où elle en est informée que court son délai de remboursement (C. consom., art. L. 221-24). Lorsque le formulaire est rempli en ligne sur son site, elle doit en outre adresser sans délai un accusé de réception sur support durable (C. consom., art. L. 221-21). Un refus fondé sur le seul choix du canal par le client n'a pas d'appui dans le texte.

Que se passe-t-il si la boutique n'a pas informé le client de son droit de rétractation ?

Le délai s'allonge de douze mois, comptés à partir de la fin du premier délai de quatorze jours (C. consom., art. L. 221-20). Si la boutique fournit l'information pendant cette prolongation, le délai expire quatorze jours après sa réception par le client. L'information exigée comprend les conditions, le délai, les modalités d'exercice, le formulaire type et, le cas échéant, l'emplacement de la fonctionnalité de rétractation (C. consom., art. L. 221-5, 7°).

La prolongation a une limite, et elle peut jouer contre l'acheteur. Dans une vente de véhicule en ligne, le tribunal judiciaire de Paris a retenu que le vendeur ne prouvait pas avoir informé l'acheteur, puis a calculé le délai prolongé à partir de la livraison : il avait expiré avant la lettre de rétractation. Le jugement précise que « S’agissant d’un délai prefix et non d’un délai de prescription, il n’a pas été interrompu » par la saisine antérieure d'une juridiction (TJ Paris, 16 juin 2026, n° 23/11006). L'acheteur a été débouté de sa demande de résolution et de majoration.

Pour la boutique, la leçon est double : l'absence d'information ouvre un risque pendant plus d'un an, mais un calendrier précis permet de répondre à une rétractation présentée trop tard.

Comment la boutique prouve-t-elle que le client a accepté ses conditions générales ?

Par des pièces qui montrent le parcours réellement suivi par le client. C'est au professionnel de démontrer qu'il a délivré les informations exigées (C. consom., art. L. 221-7). Dans une affaire de contrat hors établissement, la Cour de cassation a jugé que « la charge de la preuve de l'accomplissement par le professionnel des obligations légales d'information mises à sa charge à l'occasion de la conclusion d'un contrat hors établissement pèse sur celui-ci » et a cassé l'arrêt qui reprochait aux acheteurs de ne produire qu'une copie incomplète du contrat (Cass. 1re civ., 1er février 2023, n° 20-22.176).

La même logique s'applique au site marchand. Le tribunal judiciaire de Paris a refusé à un vendeur en ligne le bénéfice de ses conditions générales, en relevant qu'« elle ne produit aucune pièce pour établir le processus de commande mis en place sur son site » (TJ Paris, 16 juin 2026, n° 23/11006). Affirmer que l'acceptation était techniquement obligatoire ne suffit pas.

La boutique doit donc archiver chaque version de ses conditions générales avec sa date de mise en ligne, conserver les captures du tunnel de commande, le journal technique de la case d'acceptation et le courriel de confirmation envoyé sur support durable avec le formulaire de rétractation (C. consom., art. L. 221-13).

Les conditions générales peuvent-elles exclure tout retour ou tout remboursement ?

Non, à l'égard d'un consommateur. Les dispositions relatives aux contrats conclus à distance sont d'ordre public (C. consom., art. L. 221-29). Une clause annonçant qu'aucune annulation n'est possible, qu'aucun remboursement ne sera accordé ou que seuls les échanges sont acceptés ne prive pas le client de son droit de rétractation lorsque la loi le lui ouvre.

La cour d'appel de Paris l'a jugé pour une clause stipulant qu'une commande signée était ferme et définitive : le professionnel « n'est pas fondé à opposer des conditions générales faisant obstacle à l'exercice du droit de rétractation » (CA Paris, pôle 5 ch. 5, 10 octobre 2024, n° 21/13774). L'espèce portait sur un contrat hors établissement, mais le caractère d'ordre public vaut pour l'ensemble du chapitre.

Les conditions générales gardent leur utilité pour annoncer les exceptions légales réelles, par exemple les biens confectionnés selon les spécifications du client, les biens périssables ou les produits d'hygiène descellés (C. consom., art. L. 221-28). Elles doivent alors les énoncer avant la commande, avec les circonstances dans lesquelles le client perd son droit. Il faut distinguer deux erreurs. Une exception invoquée pour un produit standard, qui n'entre dans aucun cas légal, laisse au client son droit de rétractation : la boutique doit alors rembourser, avec la majoration de C. consom., art. L. 242-4 si elle tarde. Le défaut d'information sur une exception réellement applicable méconnaît le 10° de l'article L. 221-5, mais ne crée pas à lui seul un droit de rétractation que la loi exclut.

Un acheteur professionnel peut-il se rétracter d'une commande passée sur le site ?

En principe non. Le droit de rétractation du code de la consommation protège le consommateur. Son extension aux professionnels employant cinq salariés au plus ne concerne que les contrats conclus hors établissement, à condition que leur objet reste étranger à l'activité principale du professionnel sollicité (C. consom., art. L. 221-3). Une société qui commande sur un site marchand, sans démarchage, ne relève pas de cette extension.

La distinction compte lorsque la boutique vend aussi par démarchage ou en salon. La Cour de cassation applique alors l'extension avec précision : pour une société civile de moyens, elle juge que « l'activité principale d'une société civile de moyens, qui consiste à faciliter l'exercice de la profession de ses membres, doit s'apprécier au regard de cette activité professionnelle » (Cass. com., 30 avril 2025, n° 24-10.316). Elle a ainsi cassé l'arrêt qui refusait la rétractation pour la location d'un photocopieur.

Pour les ventes en ligne entre professionnels, la politique de retour relève des conditions générales de vente et de la négociation. La boutique peut accorder un droit de retour commercial, à condition d'en fixer clairement le délai, l'état exigé et le mode de remboursement.

Retour d'un produit défectueux : faut-il passer par la rétractation ou par la garantie de conformité ?

Ce sont deux régimes distincts. La rétractation permet de renoncer à l'achat sans motif pendant quatorze jours. La garantie légale de conformité oblige le vendeur à répondre des défauts présents lors de la délivrance qui se révèlent dans un délai de deux ans (C. consom., art. L. 217-3), ceux qui apparaissent dans les vingt-quatre mois étant présumés antérieurs, douze mois pour un bien d'occasion (C. consom., art. L. 217-7).

En cas de défaut, le client a droit à la réparation ou au remplacement, puis, à défaut, à la réduction du prix ou à la résolution (C. consom., art. L. 217-8). La mise en conformité a lieu dans un délai qui ne peut dépasser trente jours après la demande (C. consom., art. L. 217-10) et sans aucun frais pour le client (C. consom., art. L. 217-11). Contrairement à la rétractation, les coûts de renvoi d'un bien défectueux ne peuvent donc pas lui être laissés.

Le choix du fondement change le calendrier et les frais. Un client qui découvre un défaut dans les quatorze jours peut se trouver en mesure d'invoquer l'un ou l'autre régime ; la boutique a intérêt à répondre sur le fondement présenté, car traiter une demande de garantie comme une rétractation pour lui imputer les frais de retour l'expose à une contestation.

Une boutique qui fait créer son site par un prestataire démarcheur peut-elle se rétracter ?

Parfois, lorsque le contrat a été conclu hors établissement. Le professionnel employant cinq salariés au plus bénéficie des règles protectrices du consommateur, dont la rétractation, lorsque le contrat porte sur un objet étranger à son activité principale (C. consom., art. L. 221-3). La création d'un site ou une campagne publicitaire proposée lors d'une visite commerciale peut entrer dans ce cas.

La Cour de cassation a rejeté le pourvoi dirigé contre un arrêt retenant que « la communication commerciale et la publicité via un site Internet n'entraient pas dans le champ de l'activité principale » d'une architecte, de sorte qu'elle pouvait se rétracter du contrat de création et de licence de son site (Cass. 1re civ., 12 septembre 2018, n° 17-17.319). L'appréciation reste souveraine et dépend de l'activité réelle de l'entreprise : un exploitant dont le métier est la vente en ligne aura plus de difficulté à soutenir que son site est étranger à son activité principale.

Le cabinet vérifie le lieu et les circonstances de la signature, l'effectif, l'objet exact du contrat et l'information reçue sur la rétractation, puis la date utile pour l'exercer.

Sources et pages liées

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Pour aller plus loin

Page mise à jour le 1er novembre 2026.

Un retour contesté ou une politique de retour à revoir ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez la commande, les conditions générales applicables et les échanges sur le retour : le cabinet vérifie les délais, les sommes dues et la preuve disponible.

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