Dirigeant qui dépose, créancier qui déclare : la procédure vue de chaque côté du passif
Avocat liquidation judiciaire à Paris : déposer, déclarer, préparer la clôture.
Déclaration de cessation des paiements, liquidation judiciaire simplifiée, déclaration de créance, lettre de contestation du liquidateur, compensation, clôture pour insuffisance d'actif et reprise des poursuites : chaque étape a son délai et ses pièces. La page suit l'entreprise débitrice et ses créanciers, du dépôt au greffe jusqu'aux suites de la clôture.
Le dirigeant dispose de quarante-cinq jours après la cessation des paiements pour demander l'ouverture, sauf conciliation demandée dans ce délai ; le créancier a en principe deux mois suivant l'annonce du jugement au BODACC pour déclarer, délai qui court de l'avertissement personnel pour le titulaire d'une sûreté publiée et s'allonge hors de France métropolitaine. Notez ces dates avant toute autre démarche.
Liquidation judiciaire · Paris
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Envoyez le jugement ou l'assignation, la situation de trésorerie, la liste des créanciers ou, si vous êtes créancier, vos factures, contrats et la publication BODACC : le cabinet vérifie les délais en cours et les pièces à produire.
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juridique
Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Liquidation judiciaire : les étapes qui engagent chaque partie
Droit des affaires · Paris 17e
Ce que fait un avocat liquidation judiciaire à Paris
- Barreau de Paris
- Droit des affaires
- Procédures collectives
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir aux côtés du dirigeant qui doit déposer le bilan de sa société comme aux côtés du créancier qui doit faire valoir sa créance au passif.
La liquidation judiciaire est ouverte au débiteur en cessation des paiements dont le redressement est manifestement impossible (article L. 640-1 du code de commerce). Pour le dirigeant, l'enjeu porte sur la date de cessation des paiements, la qualité du dossier déposé au greffe et la coopération avec le liquidateur. Pour le créancier, tout se joue sur la déclaration, sa vérification et les recours ouverts après la clôture.
Le cabinet examine les pièces disponibles, reconstitue la chronologie des impayés et vérifie, selon votre position, l'état du passif exigible et de l'actif disponible ou la régularité de la déclaration de créance. La procédure applicable à la déclaration est celle des articles L. 622-24 à L. 622-27 du code de commerce, auxquels renvoie l'article L. 641-3 du code de commerce.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Un dépôt daté et complet
Le dossier joint à la demande d'ouverture, signé et certifié par le dirigeant, fixe la base de travail du tribunal et du liquidateur.
Une créance déclarée à temps
Le créancier déclare dans les deux mois suivant l'annonce du jugement au BODACC, délai allongé pour celui qui demeure hors de France métropolitaine.
Des suites à anticiper
La clôture pour insuffisance d'actif ferme en principe les poursuites individuelles, sauf exceptions légales que le créancier doit identifier à l'avance.
Les règles
Dépôt, créances, clôture : les règles applicables
Cinq règles du code de commerce encadrent la liquidation judiciaire du point de vue du débiteur et de ses créanciers.
- La cessation des paiements est caractérisée lorsque les dettes échues ne peuvent plus être réglées au moyen de l'actif disponible ; le débiteur qui établit que ses réserves de crédit ou les moratoires consentis par ses créanciers lui permettent d'y faire face n'est pas en cessation des paiements (article L. 631-1 du code de commerce). La Cour de cassation juge « qu'un immeuble non encore vendu ne constitue pas un actif disponible » (Cass. com., 17 juin 2020, n° 18-22.747), solution défavorable au débiteur qui compte sur un bien à vendre.
- Le débiteur a quarante-cinq jours, à partir de la cessation des paiements, pour solliciter lui-même l'ouverture, à moins d'avoir sollicité une conciliation pendant cette période (article L. 640-4 du code de commerce). La demande est déposée au greffe avec les comptes annuels, un état du passif exigible et de l'actif disponible, une situation de trésorerie de moins d'un mois et la liste chiffrée des créanciers (article R. 631-1 du code de commerce, rendu applicable par l'article R. 640-1 du code de commerce).
- Les créanciers antérieurs, salariés exceptés, déclarent leurs créances dans les délais fixés par décret ; la déclaration peut être faite par un préposé ou un mandataire, puis ratifiée jusqu'à la décision d'admission (article L. 622-24 du code de commerce). Le délai est de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (article R. 622-24 du code de commerce).
- Le créancier dont la créance est discutée doit répondre au mandataire dans les trente jours, faute de quoi il ne peut plus contester la proposition, sauf si la discussion porte sur la régularité de la déclaration (article L. 622-27 du code de commerce). Le débiteur qui ne formule pas ses observations dans le délai réglementaire perd, lui aussi, toute contestation ultérieure (article L. 624-1 du code de commerce).
- Après une clôture prononcée pour insuffisance d'actif, les créanciers restent en principe privés de leur droit de poursuite individuelle, sauf exceptions énumérées par la loi, dont la fraude et le recours du coobligé qui a payé (article L. 643-11 du code de commerce). La deuxième chambre civile en déduit qu'un commandement de payer aux fins de saisie-vente « ne peut être délivré, lorsque le créancier n'a pas recouvré l'exercice individuel de ses actions contre le débiteur, à la seule fin d'interrompre la prescription » (Cass. 2e civ., 22 mai 2025, n° 22-17.465).
La date de cessation des paiements retenue dans le jugement peut être reportée, sans pouvoir être antérieure de plus de dix-huit mois au jugement d'ouverture (article L. 631-8 du code de commerce, applicable par renvoi de l'article L. 641-1 du code de commerce) : le dirigeant doit donc dater lui-même ses premiers impayés.
Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre position
Le dirigeant et le créancier n'ont ni les mêmes délais ni les mêmes pièces à réunir.
Position A
Vous dirigez la société débitrice
- Comptes annuels du dernier exercice, situation de trésorerie récente et état du passif exigible et de l'actif disponible
- Liste des créanciers avec les montants, les sûretés consenties et les engagements hors bilan
- Nombre de salariés, chiffre d'affaires et inventaire sommaire des biens de l'entreprise
- Assignation reçue d'un créancier ou convocation faisant suite à une requête du ministère public, et échanges avec l'expert-comptable sur la date des premiers impayés
Position B
Vous êtes créancier
- Factures, contrat, bons de commande et relevé de compte faisant apparaître le solde dû
- Annonce BODACC du jugement d'ouverture et, pour une sûreté publiée, l'avertissement reçu du liquidateur
- Déclaration de créance déjà adressée, pouvoir du signataire et lettre de discussion reçue
- Actes de cautionnement, garanties et éventuelle instance en cours contre le débiteur
Après le jugement, le débiteur ne peut plus payer une créance antérieure, sauf exceptions légales telles que la compensation de créances connexes ou le paiement autorisé par le juge-commissaire ; un paiement fait en violation de cette interdiction peut être annulé à la demande de tout intéressé ou du ministère public dans les trois ans (article L. 622-7 du code de commerce).
Le cabinet traite aussi :
- Procédures collectives
- Entreprises en difficulté
- Responsabilité du dirigeant
- Recouvrement de créances
La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Fixer les dates, réunir les pièces, puis suivre la procédure jusqu'à sa clôture.
Étape 1
Arrêter la chronologie
Le cabinet reprend la date des premiers impayés, des mises en demeure et des refus de crédit pour situer la cessation des paiements et les délais déjà ouverts.
Étape 2
Préparer le dépôt ou la déclaration
Côté dirigeant, le dossier de demande d'ouverture est vérifié pièce par pièce. Côté créancier, la déclaration est chiffrée, justifiée et adressée au liquidateur dans le délai.
Étape 3
Suivre la vérification du passif
Une lettre de discussion appelle une réponse motivée sous trente jours. Le cabinet examine la contestation, prépare les explications et, s'il le faut, les observations devant le juge-commissaire appelé à statuer sur l'admission de la créance.
Étape 4
Anticiper la clôture et ses suites
Le cabinet vérifie si la clôture laisse une voie de poursuite au créancier, par l'effet de la fraude, d'une exception légale ou du recours d'un coobligé, et ce que le dirigeant doit encore au titre de ses engagements personnels.
Une procédure collective se lit sur pièces : un délai manqué ou une lettre restée sans réponse produit souvent un effet définitif que le juge ne peut plus corriger.
Le calendrier
La chronologie d'une liquidation judiciaire
Du premier impayé à la clôture de la procédure.
Cessation des paiements
Jour J. Le passif exigible ne peut plus être réglé avec l'actif disponible, compte tenu des réserves de crédit et des moratoires dont le débiteur justifie.
Demande d'ouverture
Avant J + 45 jours. Le représentant légal dépose au greffe la demande et ses pièces, sauf conciliation demandée dans le même délai.
Jugement d'ouverture
Le tribunal désigne le juge-commissaire et le liquidateur, fixe la date de cessation des paiements et le délai d'examen de la clôture.
Déclaration des créances
Deux mois après le BODACC. Les créanciers antérieurs, salariés et créanciers d'aliments exceptés, déclarent au liquidateur ; le titulaire d'une sûreté publiée attend l'avertissement personnel qui fait courir son délai.
Vérification du passif
Le liquidateur discute les créances contestées ; le créancier répond sous trente jours, le juge-commissaire statue.
Clôture
Pour extinction du passif ou insuffisance d'actif ; tout créancier peut saisir le tribunal aux fins de clôture deux ans après le jugement de liquidation.
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Dans une liquidation judiciaire, les délais et la qualité des personnes priment souvent sur le fond.
- Date de cessation des paiements : premiers impayés, réserves de crédit, moratoires et actif réellement disponible.
- Procédure applicable : liquidation de droit commun ou simplifiée, et éventuelle conciliation en cours qui ferme l'assignation.
- Point de départ des délais : publication BODACC, avertissement personnel du titulaire de sûreté, réception de la lettre de discussion.
- Qualité du signataire de la déclaration de créance et ratification par le créancier avant la décision d'admission.
- Engagements personnels du dirigeant : cautionnements, garanties et coobligations qui survivent à la clôture.
Synthèse
Situation, preuve, réponse
Les configurations fréquentes déterminent la première priorité du dossier.
Situation
Le dirigeant constate qu'il ne peut plus payer
Preuve décisive : Situation de trésorerie, échéancier des dettes exigibles, refus de crédit ou de délais.
Délai : Quarante-cinq jours, comptés depuis la cessation des paiements.
Action utile : Demande d'ouverture déposée au greffe avec le dossier complet, ou conciliation si elle reste possible.
Situation
Un créancier assigne la société en liquidation
Preuve décisive : Assignation, pièces jointes sur l'absence de perspective de redressement, état réel de la trésorerie.
Délai : Préparer la défense avant l'audience d'ouverture.
Action utile : Discuter la cessation des paiements, le caractère manifestement impossible du redressement et l'éventuelle procédure subsidiaire.
Situation
Une facture impayée par une société liquidée
Preuve décisive : Facture, contrat, annonce BODACC du jugement et relevé du solde.
Délai : Deux mois suivant l'annonce du jugement au BODACC.
Action utile : Déclaration de créance chiffrée et justifiée au liquidateur, puis suivi de la vérification.
Situation
Le liquidateur discute la créance déclarée
Preuve décisive : Lettre recommandée de discussion, déclaration initiale et pièces justificatives.
Délai : Trente jours à compter de la réception de la lettre.
Action utile : Réponse motivée au liquidateur, puis observations devant le juge-commissaire.
Situation
La créance n'a pas été déclarée à temps
Preuve décisive : Liste des créanciers remise par le débiteur, preuve d'une omission ou d'une impossibilité de connaître la créance.
Délai : Six mois à compter de la publication du jugement, sauf exceptions légales.
Action utile : Requête en relevé de forclusion devant le juge-commissaire.
Situation
La liquidation est clôturée pour insuffisance d'actif
Preuve décisive : Jugement de clôture, éléments établissant une fraude, paiements faits comme caution ou coobligé.
Délai : Saisir le tribunal de la procédure si l'autorisation n'a pas été donnée à la clôture.
Action utile : Demande d'autorisation de reprise des poursuites ou recours du coobligé qui a payé.
Questions fréquentes
Vos questions : liquidation judiciaire
Comment savoir si la société est en cessation des paiements ?
Une entreprise est en cessation des paiements lorsqu'elle ne peut plus régler ses dettes exigibles au moyen de son actif disponible (article L. 631-1 du code de commerce). Le passif exigible regroupe les dettes échues dont le paiement peut être réclamé immédiatement : loyers, factures fournisseurs, cotisations sociales, impôts, échéances bancaires. L'actif disponible comprend la trésorerie et ce qui peut être mobilisé sans délai. Le texte réserve le cas des lignes de crédit et des délais accordés par les créanciers : lorsque le débiteur établit qu'ils lui permettent de couvrir les dettes échues, l'état de cessation n'est pas caractérisé.
Un bien de valeur ne compense donc pas, par lui-même, un passif devenu exigible. La Cour de cassation a censuré une cour d'appel en rappelant « qu'un immeuble non encore vendu ne constitue pas un actif disponible » (Cass. com., 17 juin 2020, n° 18-22.747). Le raisonnement vaut pour un stock difficile à écouler ou une créance encore litigieuse.
En cas d'appel du jugement d'ouverture, la situation est réexaminée au jour de l'arrêt. La cour d'appel de Paris a jugé que « la cessation des paiements s'apprécie au jour où la cour statue » et a confirmé la liquidation d'une société qui ne justifiait d'aucun actif disponible (CA Paris, pôle 5 ch. 8, 22 décembre 2023, n° 23/06499). Cette appréciation en appel ne déplace pas le délai de quarante-cinq jours, qui court de la cessation effective des paiements, dont le tribunal fixe ensuite la date. Le cabinet reconstitue avec le dirigeant le jour où les dettes exigibles ont cessé d'être couvertes par l'actif disponible.
Quelles pièces joindre à la demande d'ouverture d'une liquidation judiciaire ?
La demande est déposée au greffe du tribunal compétent par le représentant légal de la personne morale ou par le débiteur personne physique (article R. 631-1 du code de commerce, applicable à la liquidation par l'article R. 640-1 du code de commerce). Elle comprend les comptes annuels du dernier exercice et une série de pièces énumérées par le texte : état du passif exigible et de l'actif disponible avec une déclaration de cessation des paiements, situation de trésorerie de moins d'un mois, nombre de salariés et chiffre d'affaires, état chiffré des créances et des dettes avec l'identité des créanciers, état des sûretés et des engagements hors bilan, inventaire sommaire des biens.
S'y ajoute une attestation sur l'honneur relative à l'existence ou à l'absence d'un mandat ad hoc ou d'une conciliation dans les dix-huit mois précédents. Les documents sont datés, signés et certifiés sincères et véritables par le demandeur ; plusieurs d'entre eux doivent être établis à la date de la demande ou dans les sept jours qui précèdent.
Pour une liquidation, les éléments de nature à établir que le redressement est manifestement impossible doivent être joints à la demande (article R. 640-1 du code de commerce). Le cabinet vérifie la cohérence entre la liste des créanciers et la comptabilité : un créancier omis de cette liste peut ensuite obtenir plus facilement un relevé de forclusion, et une liste incomplète fragilise la position du dirigeant devant le liquidateur.
Qu'est-ce que la liquidation judiciaire simplifiée ?
La liquidation judiciaire simplifiée est une variante de la procédure réservée aux entreprises de petite taille. Elle s'applique si l'actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier et si le nombre de ses salariés au cours des six mois précédant l'ouverture et son chiffre d'affaires hors taxes ne dépassent pas des seuils fixés par décret (article L. 641-2 du code de commerce). Lorsque le débiteur est une personne physique, seule l'absence de bien immobilier est exigée, et ses droits sur la résidence principale, insaisissables de droit en vertu de l'article L. 526-1 du code de commerce, ne font pas obstacle à la procédure simplifiée.
Si le tribunal dispose des éléments nécessaires, il statue sur l'application de la procédure simplifiée dans le jugement de liquidation lui-même. À défaut, le président du tribunal se prononce au vu d'un rapport sur la situation du débiteur que le liquidateur établit dans le mois de sa désignation.
Pour le dirigeant, la qualité du dossier déposé conditionne cette orientation : un inventaire exact, des chiffres d'effectif et de chiffre d'affaires vérifiés et l'absence d'immeuble démontrée permettent au tribunal de trancher dès l'ouverture. Pour le créancier, la procédure simplifiée ne dispense pas de déclarer sa créance dans le délai de deux mois. Le cabinet vérifie les seuils réglementaires en vigueur à la date de la demande avant d'indiquer au dirigeant la procédure probable.
Le dirigeant garde-t-il un rôle après le jugement de liquidation ?
Le jugement emporte de plein droit, à partir de sa date, le dessaisissement du débiteur pour l'administration et la disposition de ses biens composant le patrimoine engagé par l'activité professionnelle ; ses droits et actions concernant son patrimoine sont exercés par le liquidateur pendant toute la durée de la procédure (article L. 641-9 du code de commerce). Lorsque le débiteur est une société, son dirigeant ne peut donc plus, pour le compte de celle-ci, payer un fournisseur, encaisser une créance ni vendre un équipement.
Le débiteur conserve toutefois des droits propres, notamment celui de contester les décisions qui le concernent. La Cour de cassation rappelle que le débiteur peut former un appel, puis un pourvoi, contre la décision qui prononce sa liquidation, pourvu qu'il agisse contre le liquidateur ou en sa présence. Elle précise aussi, dans un sens défavorable au débiteur, qu'« il n'est, en revanche, pas recevable à agir en responsabilité contre l'avocat qu'il a mandaté pour le représenter et l'assister dans l'exercice de ce droit propre » (Cass. com., 8 février 2023, n° 21-16.954), cette action patrimoniale relevant du liquidateur.
Le dirigeant reste aussi tenu de coopérer : remise de l'inventaire, de la liste des créanciers, des contrats en cours et des instances pendantes (article L. 622-6 du code de commerce). L'interdiction de gérer peut être prononcée contre celui qui, de mauvaise foi, ne remet pas ces renseignements dans le mois du jugement (article L. 653-8 du code de commerce).
Un créancier peut-il demander lui-même la liquidation judiciaire de son débiteur ?
Oui. Lorsqu'aucune conciliation n'est en cours, la procédure peut être ouverte sur l'assignation d'un créancier, quelle que soit la nature de sa créance (article L. 640-5 du code de commerce). Si le débiteur a cessé son activité, l'assignation doit intervenir dans un délai d'un an, qui court selon les cas de la radiation du registre du commerce et des sociétés, de la cessation de l'activité ou de la publication de l'achèvement de la liquidation.
L'assignation est encadrée. Elle est irrecevable, et le juge doit le relever d'office, si elle contient une autre demande que l'ouverture de la liquidation, une demande subsidiaire de redressement judiciaire étant seule admise (article R. 640-1 du code de commerce). Elle doit aussi être accompagnée des éléments de nature à établir que le redressement est manifestement impossible.
Pour le créancier, cette voie n'est pas un mode de recouvrement : une fois la procédure ouverte, il devra déclarer sa créance comme les autres et sera payé selon son rang. Elle se justifie lorsque l'actif se dégrade et qu'un liquidateur doit en reprendre le contrôle. Pour le dirigeant assigné, le débat porte sur la cessation des paiements, appréciée au jour où le juge statue, et sur les perspectives réelles de redressement. Le cabinet examine les pièces jointes à l'assignation et les éléments de trésorerie avant l'audience.
Qui peut signer la déclaration de créance et que doit-elle contenir ?
La déclaration peut être faite par le créancier lui-même ou par tout préposé ou mandataire de son choix. Le créancier peut ratifier la déclaration faite en son nom jusqu'à ce que le juge statue sur l'admission (article L. 622-24 du code de commerce). L'absence de titre ne dispense pas de déclarer ; une créance dont le montant n'est pas encore définitivement fixé est déclarée sur la base d'une évaluation.
La Cour de cassation a précisé qu'« aucune forme particulière n'est prévue pour cette ratification, qui peut être implicite » (Cass. com., 10 mars 2021, n° 19-22.385). Dans cette affaire, une banque qui avait conclu devant la cour d'appel à l'admission de sa créance avait nécessairement ratifié la déclaration faite par son préposé, même si la chaîne des délégations de pouvoir était incomplète.
En pratique, la déclaration est adressée au liquidateur, qui en est le destinataire en liquidation judiciaire (article L. 641-3 du code de commerce). Elle porte le montant dû au jour du jugement d'ouverture, les sommes à échoir avec leurs échéances, la nature et l'assiette de la sûreté éventuelle, et elle est certifiée sincère par le créancier sauf titre exécutoire (article L. 622-25 du code de commerce). Le cabinet chiffre la créance à la date du jugement d'ouverture, rassemble les pièces et vérifie que le signataire dispose d'un pouvoir ou que la ratification interviendra en temps utile.
Le liquidateur conteste ma créance : que faire de la lettre reçue ?
Lorsqu'une créance est discutée, le mandataire en avise le créancier par lettre recommandée avec avis de réception, qui précise l'objet de la discussion, le montant dont l'inscription est proposée et rappelle l'article L. 622-27 (article R. 624-1 du code de commerce). Le créancier dispose de trente jours à compter de la réception pour répondre ; à défaut, il ne peut plus contester la proposition du mandataire, sauf si la discussion porte sur la régularité de la déclaration (article L. 622-27 du code de commerce).
La sanction suppose une lettre exacte. La Cour de cassation a cassé un arrêt qui avait déclaré l'appel d'un créancier irrecevable alors que la lettre omettait de mentionner l'exception relative à la régularité de la déclaration, de sorte que « le rappel des dispositions applicables que contenait la lettre n'était pas exact » (Cass. com., 20 janvier 2021, n° 19-19.415).
La sanction est également écartée lorsqu'une instance était déjà en cours. La Cour juge que ces sanctions « ne sont pas applicables lorsqu'une instance au fond, relative à la créance déclarée, était en cours au jour de l'ouverture de la procédure collective du débiteur » (Cass. com., 13 février 2019, n° 17-28.749). Le cabinet répond dans le délai, avec les pièces, et vérifie ensuite si la lettre reçue respectait les exigences du texte.
Combien de temps pour demander un relevé de forclusion ?
Le créancier qui n'a pas déclaré dans le délai n'est pas admis dans les répartitions et les dividendes, sauf décision du juge-commissaire levant cette forclusion. Il lui faut établir que le retard ne lui est pas imputable, ou que le débiteur a oublié de le porter sur la liste des créanciers remise au mandataire (article L. 622-26 du code de commerce). Relevé, il ne concourt qu'aux distributions postérieures à sa demande.
L'action en relevé de forclusion doit être exercée dans un délai de six mois. Ce délai court en principe à compter de la publication du jugement d'ouverture ; pour le titulaire d'une sûreté publiée ou d'un contrat publié, il court à compter de la réception de l'avis qui lui est donné. Par exception, le créancier qui justifie avoir été placé dans l'impossibilité de connaître l'obligation du débiteur avant l'expiration des six mois bénéficie d'un point de départ reporté au jour où il ne pouvait plus ignorer sa créance.
Une fois relevé, le créancier dispose d'un nouveau délai de déclaration, ouvert à partir du jour où la décision lui est notifiée et réduit de moitié (article L. 622-24 du code de commerce). Le cabinet reconstitue la date de publication, vérifie la liste des créanciers remise par le débiteur et rassemble la preuve de l'omission ou de l'ignorance avant de saisir le juge-commissaire.
Peut-on compenser sa dette envers la société liquidée avec sa propre créance ?
Le jugement d'ouverture interdit de payer toute créance antérieure, à l'exception du paiement par compensation de créances connexes (article L. 622-7 du code de commerce). Des créances sont connexes lorsqu'elles naissent de l'exécution ou de l'inexécution d'un même contrat : un client qui doit encore un prix peut ainsi opposer la créance de pénalités ou de malfaçons née de la même prestation.
La Cour de cassation a précisé la démarche du juge saisi par le liquidateur d'une demande en paiement. Il doit d'abord se prononcer sur le caractère vraisemblable de la créance opposée et, dans l'affirmative, ordonner la compensation à concurrence du montant à fixer par le juge-commissaire, « sans que le créancier n'ait à prouver que sa créance a été admise à ce stade » (Cass. com., 30 septembre 2026, n° 25-18.783). L'arrêt a été cassé parce que la cour d'appel n'avait pas relevé cette vraisemblance.
La compensation suppose que la créance ait été déclarée. Des contrats distincts peuvent aussi produire des créances connexes, à condition d'établir qu'ils forment un même ensemble : la Cour de cassation l'a admis lorsque « les créances réciproques résultaient de l'exécution de plusieurs conventions constituant les éléments d'un ensemble contractuel unique servant de cadre général aux relations d'affaires entre les parties » (Cass. com., 18 février 2003, n° 00-13.369), arrêt cassé sur un autre point. À défaut d'un tel ensemble, deux marchés sans lien ne se compensent pas. Le cabinet vérifie la connexité, la déclaration et le chiffrage avant de répondre à la demande du liquidateur.
La banque peut-elle poursuivre la caution pendant et après la liquidation ?
La déclaration de créance interrompt la prescription jusqu'à la clôture de la procédure, dispense de toute mise en demeure et vaut acte de poursuites (article L. 622-25-1 du code de commerce). La Cour de cassation a rappelé que, rendue applicable par l'article L. 641-3, cette règle signifie que « la déclaration de créance interrompt la prescription jusqu'à la clôture de la procédure de liquidation judiciaire » (Cass. com., 4 février 2026, n° 24-20.467).
L'effet profite aussi au créancier à l'égard de la caution, solution défavorable à cette dernière : « la déclaration de créance au passif du débiteur principal en procédure collective interrompt la prescription à l'égard de la caution » et cet effet se prolonge jusqu'à la clôture (Cass. com., 25 octobre 2023, n° 22-18.680). Dans cette affaire, jugée sous l'ancienne rédaction de l'article L. 622-24, la banque qui avait déclaré en 2012 pouvait encore agir contre la caution en 2018, la clôture étant intervenue en 2017.
Le dirigeant qui s'est porté caution des prêts de sa société doit donc s'attendre à être poursuivi, y compris plusieurs années après le jugement de liquidation. Le cabinet vérifie la date de la déclaration, celle de la clôture, la validité de l'acte de cautionnement et les moyens de défense propres à la caution.
Combien de temps dure une liquidation judiciaire ?
Le texte ne fixe pas une durée unique. Dans le jugement qui ouvre la liquidation, le tribunal fixe le délai au terme duquel la clôture devra être examinée ; s'il ne peut la prononcer à cette date, il peut proroger le terme par une décision motivée (article L. 643-9 du code de commerce). La durée dépend donc de la réalisation des actifs, des instances en cours et de la vérification du passif. La procédure simplifiée obéit à un calendrier plus court : la clôture est prononcée au plus tard six mois après la décision qui l'a ordonnée, délai porté à un an au-delà de seuils d'effectif et de chiffre d'affaires, et prorogeable de trois mois au plus par jugement spécialement motivé (article L. 644-5 du code de commerce).
La clôture est prononcée lorsqu'il n'existe plus de passif exigible, lorsque le liquidateur dispose de sommes suffisantes pour désintéresser les créanciers, lorsque l'insuffisance de l'actif rend impossible la poursuite des opérations, ou lorsque l'intérêt de cette poursuite est disproportionné par rapport aux difficultés de réalisation des actifs résiduels. Le tribunal statue après avoir entendu ou dûment appelé le débiteur.
Le tribunal peut être saisi à tout moment par le liquidateur, le débiteur ou le ministère public, et se saisir d'office. À l'expiration d'un délai de deux ans à compter du jugement de liquidation, tout créancier peut également le saisir aux fins de clôture. Le cabinet peut préparer cette saisine lorsque la procédure s'éternise sans opération utile, ou au contraire défendre l'intérêt d'une prorogation lorsqu'une action en cours peut encore améliorer le dividende.
La fraude du débiteur permet-elle de reprendre les poursuites ?
En principe, la clôture pour insuffisance d'actif ne rend pas aux créanciers leurs actions individuelles. Lorsque le débiteur a fraudé un ou plusieurs créanciers, le tribunal autorise la reprise des actions de tout créancier ; il statue lors de la clôture ou ultérieurement, à la demande de tout intéressé (article L. 643-11 du code de commerce).
La Cour de cassation juge que « même un créancier n'ayant pas déclaré sa créance est autorisé, en cas de fraude, à reprendre ses actions individuelles », et que la fraude n'impose pas d'établir l'intention de nuire (Cass. com., 26 juin 2019, n° 17-31.236). Le débiteur avait omis ce créancier de la liste remise au liquidateur et l'avait laissé dans l'ignorance de sa liquidation.
L'autorisation doit être obtenue du tribunal de la procédure. Le créancier qui invoque une fraude après la clôture « doit y être autorisé par le tribunal de la procédure collective si celui-ci n'a pas donné cette autorisation lors de la clôture » (Cass. com., 5 février 2020, n° 18-22.569) ; le juge du fond ne peut condamner le débiteur sans constater cette autorisation. Le cabinet rassemble les éléments de dissimulation et saisit la juridiction compétente avant toute mesure d'exécution.
Un coobligé qui a payé peut-il se retourner contre le débiteur ?
Oui, dans les limites du texte. Les coobligés et les personnes ayant consenti une sûreté personnelle ou affecté un bien en garantie peuvent poursuivre le débiteur après la clôture pour insuffisance d'actif s'ils ont payé à sa place (article L. 643-11 du code de commerce).
La Cour de cassation a admis ce recours au profit d'une épouse coobligée des prêts souscrits pendant le mariage, recevable à poursuivre le débiteur « au fur et à mesure de ses paiements effectués à la suite des demandes de la banque, même postérieurs à la clôture de la liquidation judiciaire pour insuffisance d'actif » (Cass. com., 19 avril 2023, n° 21-19.563).
Le recours ne s'étend pas à tous les garants. La Cour juge, de façon défavorable à la caution solvens, que ce texte « ne permet pas à la caution qui a acquitté la dette principale d'exercer dans les conditions prévues par ce texte un recours contre un cofidéjusseur » dont la liquidation a été clôturée, sauf confusion de patrimoines (Cass. com., 5 mai 2021, n° 20-14.672). Le cabinet examine l'acte de garantie, les paiements effectués et la qualité de chaque obligé avant d'engager un recours.
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