Entreprise candidate ou titulaire : offre écartée, référé, sommes impayées

Avocat marché public à Paris : contester le rejet d'une offre et obtenir le paiement.

Lettre de rejet laconique, offre écartée comme anormalement basse, notation contestable, contrat signé trop tôt ou acheteur qui tarde à payer : chaque situation ouvre une voie précise, référé précontractuel, référé contractuel, recours en validité, action indemnitaire ou référé-provision, avec un délai qui lui est propre.

Le référé précontractuel doit être introduit avant la signature du contrat. En procédure formalisée, l'acheteur peut en principe signer onze jours après l'envoi électronique de la lettre de rejet, et parfois sans attendre : transmettez-la le jour même de sa réception.

Marchés publics · Paris

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Envoyez la lettre de rejet, le règlement de la consultation, votre offre et les échanges avec l'acheteur, ou, pour un impayé, le marché, les demandes de paiement et les factures : le cabinet examine la voie ouverte et le délai qui reste.

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juridique

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Marché public : ce qui décide vraiment du dossier

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit public · Paris 17e

Ce que fait un avocat marché public à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit public
  • Commande publique

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir aux côtés des entreprises qui répondent aux consultations des acheteurs publics, puis qui exécutent le marché obtenu.

La page part du point de vue de l'entreprise candidate. Le cabinet examine la lettre de rejet, le règlement de la consultation et l'offre, puis vérifie si un manquement de l'acheteur a pu léser l'entreprise, ce qui seul ouvre le référé précontractuel selon l'article L. 551-10 du code de justice administrative.

Une fois le marché attribué, la question devient souvent financière. Le cabinet contrôle le délai de paiement, les intérêts moratoires dus de plein droit, l'indemnité forfaitaire de recouvrement et la voie la plus rapide pour obtenir une somme que l'acheteur ne conteste pas sérieusement.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Agir avant la signature

Le référé précontractuel suspend la signature du contrat dès sa notification à l'acheteur. Après la signature, seules des voies plus étroites restent ouvertes.

Un contrôle limité du juge

Le juge ne refait pas la notation des offres. Il sanctionne un manquement aux règles de publicité et de mise en concurrence, une dénaturation ou une erreur manifeste.

Le paiement a ses règles

Trente jours pour payer en principe, des intérêts moratoires qui courent sans formalité et une indemnité de 40 euros : le retard de l'acheteur se chiffre dès le lendemain de l'échéance.

Les règles

Rejet, référé, paiement : les règles applicables

Cinq règles structurent la défense d'une entreprise candidate puis titulaire.

  1. Dès qu'il a fait son choix, l'acheteur notifie sans délai à chaque candidat ou soumissionnaire écarté le rejet de sa candidature ou de son offre (articles L. 2181-1 et R. 2181-1 du code de la commande publique). En procédure formalisée, cette notification mentionne les motifs du rejet et, si l'attribution est intervenue, le nom de l'attributaire, les motifs de son choix et la date à partir de laquelle il pourra signer (article R. 2181-3 du code de la commande publique) ; en procédure adaptée, les motifs sont communiqués sur demande, dans les quinze jours de sa réception (article R. 2181-2 du code de la commande publique). Le Conseil d'État juge que l'absence de ces informations est un manquement, mais qu'il disparaît si elles sont communiquées assez tôt avant que le juge ne statue (CE, 27 septembre 2024, n° 490697).
  2. En procédure formalisée, onze jours au moins séparent l'envoi de la notification de rejet et la signature, seize jours si l'envoi n'est pas électronique (article R. 2182-1 du code de la commande publique), sauf pour le marché attribué au seul opérateur ayant participé à la consultation et pour les marchés subséquents d'un accord-cadre (article R. 2182-2 du code de la commande publique). Ce délai ne vaut que pour les marchés soumis à une procédure formalisée avec publication au Journal officiel de l'Union européenne ; il ne s'impose pas au marché de maîtrise d'œuvre conclu avec le lauréat d'un concours restreint (CE, 13 mars 2025, n° 498701).
  3. Le juge du référé précontractuel est saisi avant la conclusion du contrat (article L. 551-1 du code de justice administrative) ; le contrat ne peut plus être signé à compter de sa saisine (article L. 551-4 du code de justice administrative). Il peut enjoindre à l'acheteur de se conformer à ses obligations, suspendre la procédure, annuler les décisions de passation et supprimer des clauses irrégulières (article L. 551-2 du code de justice administrative).
  4. Une offre anormalement basse est celle dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché ; l'acheteur doit demander des justifications avant de la rejeter (articles L. 2152-5 et L. 2152-6 du code de la commande publique). Le juge des référés n'exerce sur ce rejet qu'un contrôle de l'erreur manifeste (CE, 23 décembre 2025, n° 507574).
  5. Le pouvoir adjudicateur paie en principe dans les trente jours de la réception de la demande de paiement (article R. 2192-10 du code de la commande publique et article R. 2192-12 du code de la commande publique), cinquante jours pour les établissements publics de santé et soixante pour certaines entreprises publiques (article R. 2192-11 du code de la commande publique) ; pour le solde d'un marché de travaux ou de maîtrise d'œuvre, le délai court de la réception du décompte général et définitif (article R. 2192-16 du code de la commande publique). À défaut, les intérêts moratoires et une indemnité forfaitaire de 40 euros sont dus de plein droit (article L. 2192-13 du code de la commande publique et article D. 2192-35 du code de la commande publique).

Ces délais se calculent à partir de dates précises : envoi de la lettre de rejet, notification du référé à l'acheteur, réception de la demande de paiement. Une date incertaine se prouve avant d'agir.

Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre position

La date d'envoi de chaque document compte autant que son contenu : elle fixe les délais encore ouverts.

Position A

Votre candidature ou votre offre a été écartée

  • Lettre de rejet avec sa date et son mode d'envoi, électronique ou postal
  • Avis d'appel public à la concurrence, règlement de la consultation et cahier des charges
  • Votre offre complète, y compris le mémoire technique et le bordereau des prix
  • Demande de justification de prix reçue, votre réponse et tout échange avec l'acheteur

Position B

Vous êtes titulaire et attendez un paiement

  • Acte d'engagement, cahier des clauses administratives particulières et CCAG visé
  • Demandes de paiement, factures et preuve de leur date de réception
  • Ordres de service, procès-verbaux de réception et projet de décompte final
  • Actes spéciaux de sous-traitance et notifications de cession de créance

Ne laissez pas sans réponse une demande de justification de prix : l'offre peut être écartée faute de justifications suffisantes, et le juge ne contrôle ce rejet que de manière restreinte.

Le cabinet traite aussi :

  • Droit public
  • Tribunal administratif
  • Droit administratif
  • Responsabilité de l'État

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Mesurer le délai restant, identifier le manquement utile, choisir le juge et la demande.

Étape 1

Dater la lettre de rejet

Le cabinet reconstitue la chronologie de la consultation, la date d'envoi de la notification et la date à partir de laquelle l'acheteur peut signer.

Étape 2

Rechercher le manquement qui lèse

Information des candidats, critères et méthode de notation, offre anormalement basse, conflit d'intérêts : seul un manquement susceptible d'avoir lésé l'entreprise ouvre le référé.

Étape 3

Saisir le juge et notifier l'acheteur

La requête est déposée au tribunal administratif, puis notifiée à l'acheteur conformément à l'article R. 551-1 du code de justice administrative, ce qui déclenche la suspension de la signature.

Étape 4

Chiffrer et recouvrer

Après l'attribution ou l'exécution, le cabinet chiffre le préjudice d'éviction ou la créance, les intérêts moratoires et l'indemnité forfaitaire, puis adresse la demande préalable ou saisit le juge du référé-provision.

Un moyen tardif ou inopérant affaiblit la requête. Le référé se construit sur peu de manquements, choisis parce qu'ils ont pu léser l'entreprise, fût-ce indirectement en avantageant un concurrent.

Le calendrier

La chronologie d'une consultation contestée

De la lettre de rejet à la décision du juge ou au paiement.

  1. Lettre de rejet

    Jour J. Notez la date et le mode d'envoi ; en procédure formalisée, vérifiez la présence des motifs, du nom de l'attributaire et de la date de signature possible.

  2. Demande de motifs

    Si la lettre est incomplète ou si la procédure était adaptée, demandez les motifs, dus dans les quinze jours de la réception de la demande ; les caractéristiques de l'offre retenue ne sont dues que si votre offre n'a pas été écartée comme irrégulière, inacceptable ou inappropriée.

  3. Référé précontractuel

    Avant la signature, saisissez le juge et notifiez le recours à l'acheteur ; la signature est alors suspendue jusqu'à la notification de la décision.

  4. Décision du juge

    Le juge statue en principe dans les vingt jours et ne peut statuer avant le seizième jour suivant l'envoi de la décision d'attribution, ou le onzième si l'envoi a été électronique.

  5. Contrat signé

    Le référé contractuel reste possible dans les trente et un jours de l'avis d'attribution publié au JOUE ou, pour un marché fondé sur un accord-cadre, de la notification de sa conclusion ; à défaut, dans les six mois de la conclusion.

  6. Exécution et paiement

    Chaque demande de paiement est en principe réglée dans les trente jours de sa réception, sauf délai propre à certains acheteurs ou au solde des travaux ; au-delà, intérêts moratoires et indemnité forfaitaire courent de plein droit.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Un recours mal ciblé coûte du temps à l'entreprise et peut lui être opposé.

  • Procédure suivie : adaptée, formalisée, négociée ou concours, car le délai de suspension et le référé contractuel en dépendent.
  • Date exacte : envoi de la lettre de rejet, signature éventuelle du contrat, publication d'un avis d'attribution.
  • Régularité de votre propre offre : complétude, réponse à une demande de justification, conformité au cahier des charges.
  • Manquement en lien avec votre éviction : critères, méthode de notation, offre de l'attributaire, impartialité de l'acheteur.
  • Créance chiffrée : demande de paiement datée, échéance, montant des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les configurations fréquentes d'une entreprise face à un acheteur public.

Situation

Offre rejetée, contrat pas encore signé

Preuve décisive : Lettre de rejet datée, règlement de la consultation, offre déposée et rapport d'analyse si obtenu.

Délai : Avant la signature, qui peut en principe intervenir onze jours après l'envoi électronique du rejet en procédure formalisée.

Action utile : Référé précontractuel, notifié à l'acheteur pour suspendre la signature.

Situation

Offre anormalement basse écartée

Preuve décisive : Demande de justification, réponse détaillée, sous-détails de prix, devis fournisseurs.

Délai : Pour agir en référé précontractuel, saisir le juge avant la signature du contrat.

Action utile : Référé précontractuel fondé sur l'erreur manifeste d'appréciation de l'acheteur.

Situation

Notation jugée incohérente

Preuve décisive : Grille de notation publiée, pondération des critères et sous-critères, notes obtenues.

Délai : À vérifier dès la réception des motifs détaillés.

Action utile : Contester une méthode qui neutralise un critère ou une dénaturation de l'offre, non l'appréciation de sa valeur.

Situation

Contrat signé pendant la suspension

Preuve décisive : Accusé de réception de la notification du référé, date de signature du contrat.

Délai : Trente et un jours après l'avis d'attribution au JOUE ou la notification d'un marché fondé sur un accord-cadre, six mois à défaut.

Action utile : Référé contractuel tendant à la nullité, à la résiliation ou à une pénalité financière.

Situation

Éviction irrégulière, contrat exécuté

Preuve décisive : Classement des offres, motifs de l'éviction, comptes permettant de chiffrer la marge perdue.

Délai : Deux mois après les mesures de publicité du contrat pour en contester la validité.

Action utile : Recours en contestation de validité assorti d'une demande indemnitaire.

Situation

Factures du marché impayées

Preuve décisive : Demandes de paiement, accusés de réception, relances et décompte.

Délai : Intérêts dus dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement, trente jours en principe.

Action utile : Demande préalable chiffrée, puis référé-provision si la créance n'est pas sérieusement contestable.

Questions fréquentes

Vos questions : marché public

Mon offre a été rejetée : que doit contenir la lettre de l'acheteur ?

La lettre de rejet n'est pas une simple formalité. L'acheteur doit notifier sans délai sa décision à chaque candidat ou soumissionnaire écarté (article R. 2181-1 du code de la commande publique). En procédure formalisée, cette notification mentionne les motifs du rejet ; lorsqu'elle intervient après l'attribution, elle indique aussi le nom de l'attributaire, les motifs qui ont conduit au choix de son offre et la date à partir de laquelle l'acheteur est susceptible de signer (article R. 2181-3 du code de la commande publique).

En procédure adaptée, l'entreprise obtient les motifs du rejet sur demande, dans les quinze jours de la réception de celle-ci ; si son offre n'était ni inappropriée, ni irrégulière, ni inacceptable, l'acheteur communique en outre les caractéristiques et avantages de l'offre retenue et le nom de l'attributaire (article R. 2181-2 du code de la commande publique). En procédure formalisée, le soumissionnaire dont l'offre n'a pas été écartée pour l'un de ces motifs obtient, dans le même délai, les caractéristiques et avantages de l'offre retenue (article R. 2181-4 du code de la commande publique).

Le défaut d'information n'entraîne pas à lui seul l'annulation. Dans une affaire de travaux routiers, le Conseil d'État a jugé que l'information tardive, quinze mois après le choix de la commission d'appel d'offres, ne constituait pas en elle-même un manquement, et que les motifs communiqués en cours d'instance, assez tôt avant l'ordonnance, privaient le moyen de portée ; la demande de l'entreprise a été rejetée (CE, 27 septembre 2024, n° 490697). Le cabinet vérifie donc d'abord ce qui manque, puis le temps restant pour l'obtenir et l'exploiter.

Quel délai pour saisir le juge du référé précontractuel ?

Le référé précontractuel doit être introduit avant la conclusion du contrat (article L. 551-1 du code de justice administrative). Aucun délai fixe ne court à partir de la lettre de rejet : la limite est la signature. Or, en procédure formalisée, l'acheteur peut signer onze jours après l'envoi de la notification de rejet, seize jours si elle n'a pas été transmise par voie électronique (article R. 2182-1 du code de la commande publique), sauf pour un marché attribué au seul opérateur ayant participé ou un marché subséquent d'un accord-cadre (article R. 2182-2 du code de la commande publique). Pour un marché passé en procédure adaptée, ce délai minimal ne s'impose pas et la signature peut être plus rapide.

La saisine du tribunal administratif ne suffit pas à protéger l'entreprise si l'acheteur l'ignore. L'auteur du recours doit le notifier au pouvoir adjudicateur, la notification étant réputée accomplie à sa réception (article R. 551-1 du code de justice administrative). À compter de la saisine, le contrat ne peut être signé jusqu'à la notification de la décision du juge (article L. 551-4 du code de justice administrative).

Le Conseil d'État a précisé que la suspension court dès la réception d'une télécopie ou d'un courriel adressé au service compétent, même hors des horaires d'ouverture. Une collectivité qui avait signé dans la matinée même d'un tel envoi a été condamnée à une pénalité de 10 000 euros (CE, 27 mai 2020, n° 435982). Le cabinet prépare donc la requête et sa notification ensemble, pour un envoi le même jour.

Que peut obtenir l'entreprise devant le juge du référé précontractuel ?

Le juge peut ordonner à l'acheteur de se conformer à ses obligations, suspendre l'exécution de toute décision relative à la passation, annuler ces décisions et supprimer des clauses ou prescriptions irrégulières destinées à figurer dans le contrat (article L. 551-2 du code de justice administrative). Il statue en principe dans un délai de vingt jours et ne peut statuer avant le seizième jour suivant l'envoi de la décision d'attribution, ramené au onzième jour en cas d'envoi électronique à tous les opérateurs (article R. 551-5 du code de justice administrative).

L'annulation porte en général sur la procédure à partir du stade où le manquement est apparu. Dans l'affaire Colas France, le Conseil d'État a annulé le rejet de l'offre et la procédure au stade de l'analyse des offres, en enjoignant à l'acheteur de la reprendre à ce stade s'il entendait poursuivre (CE, 9 octobre 2026, n° 514694). Dans l'affaire Experis, la procédure a été annulée dès l'examen des candidatures, avec obligation d'exclure le concurrent en conflit d'intérêts (CE, 3 avril 2026, n° 510005).

Le juge n'attribue pas le marché à l'entreprise requérante et n'accorde pas d'indemnité dans ce cadre. Seule une entreprise qui avait intérêt à conclure le contrat et qui est susceptible d'être lésée par le manquement peut agir (article L. 551-10 du code de justice administrative). Le cabinet formule donc des demandes limitées à ce que le juge peut ordonner, et réserve la question indemnitaire à une autre procédure.

Mon offre a été écartée comme anormalement basse : peut-on la défendre ?

L'offre anormalement basse est celle dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché (article L. 2152-5 du code de la commande publique). Avant de la rejeter, l'acheteur doit exiger des précisions et justifications (article L. 2152-6 du code de la commande publique). Les justifications peuvent tenir au mode d'exécution, aux solutions techniques, à des conditions exceptionnellement favorables ou à l'originalité de l'offre (article R. 2152-3 du code de la commande publique).

La défense se prépare dès la demande de justification. Dans l'affaire Colas France, l'acheteur s'appuyait surtout sur la comparaison avec les autres offres, sans produire les bases de ses détails quantitatifs estimatifs, alors que l'entreprise avait décomposé les prix interrogés et produit des devis : le Conseil d'État a jugé le rejet entaché d'erreur manifeste d'appréciation et annulé la procédure au stade de l'analyse des offres (CE, 9 octobre 2026, n° 514694).

Une issue inverse est également possible. Dans l'affaire Eurofins, des prix trois à quatre fois inférieurs à ceux de la même société quelques années plus tôt n'étaient justifiés que par une mutualisation de tournées jugée inopérante ; le Conseil d'État a confirmé le rejet de l'offre et rejeté la demande de l'entreprise, en rappelant que le juge des référés ne contrôle que l'erreur manifeste (CE, 23 décembre 2025, n° 507574). Le cabinet aide l'entreprise à répondre point par point, avec des sous-détails de prix chiffrés et vérifiables.

Le juge peut-il revoir la note attribuée à mon offre ?

Non, pas en tant que telle. L'acheteur définit librement sa méthode de notation pour chacun des critères publiés. Le juge du référé précontractuel ne se prononce pas sur l'appréciation de la valeur d'une offre ni sur les mérites respectifs des offres, ce qui exclut une simple discussion des notes obtenues (CE, 24 novembre 2023, n° 473674).

Deux griefs restent utiles. D'abord, une méthode de notation est irrégulière si les éléments pris en compte n'ont aucun lien avec les critères, ou si la manière de combiner ces éléments prive de leur portée les critères ou neutralise leur pondération. Ensuite, le juge vérifie que l'acheteur n'a pas dénaturé une offre en méconnaissant ou en altérant manifestement ses termes. Le Conseil d'État a posé ces règles dans une affaire de vélos en libre-service à Saint-Malo, où il a annulé l'ordonnance qui avait reconstitué la note technique de la candidate évincée, puis rejeté sa demande : des notes à décimales traduisant des appréciations littérales sur une échelle à cinq degrés ne rendaient pas, par elles-mêmes, la méthode irrégulière (CE, 24 novembre 2023, n° 473674).

La critique d'une notation exige donc les grilles, la pondération des sous-critères et le rapport d'analyse. Le cabinet ne retient ce moyen que lorsqu'un écart précis entre l'offre et sa notation peut être démontré, pièces à l'appui, et qu'il a pu léser l'entreprise, fût-ce indirectement en avantageant un concurrent, ce que le juge du référé précontractuel recherche (CE, 23 décembre 2025, n° 507574).

Mon offre était elle-même irrégulière : puis-je encore agir ?

L'acheteur écarte les offres irrégulières, inacceptables ou inappropriées (article L. 2152-1 du code de la commande publique). Est irrégulière l'offre qui ne respecte pas les exigences des documents de la consultation, notamment parce qu'elle est incomplète, ou qui méconnaît la législation applicable (article L. 2152-2 du code de la commande publique).

La règle connaît une exception utile. Dans un marché de nettoyage en Martinique, le juge du référé contractuel avait refusé d'examiner l'irrégularité de l'offre de l'attributaire au motif que l'offre de la requérante était elle-même irrégulière. Le Conseil d'État a censuré ce raisonnement : l'irrégularité de l'offre du concurrent évincé ne l'empêche pas de se prévaloir de celle de l'attributaire, notamment lorsqu'elle tient à un prix anormalement bas. Il a annulé le lot concerné, dont le prix était inférieur de plus de 60 % à l'estimation de l'acheteur (CE, 27 mai 2020, n° 435982).

Le cabinet vérifie donc d'abord la régularité de l'offre de l'entreprise, puis celle de l'offre retenue. Lorsque les deux posent difficulté, l'irrégularité de l'attributaire reste invocable, à côté des autres griefs que le juge du référé contractuel peut sanctionner, comme une signature intervenue pendant la suspension (article L. 551-20 du code de justice administrative).

Le contrat est déjà signé : un référé contractuel est-il encore possible ?

Une fois le contrat conclu, le juge du référé contractuel peut être saisi (article L. 551-13 du code de justice administrative). Il n'est pas ouvert à l'entreprise qui a déjà exercé un référé précontractuel lorsque l'acheteur a respecté la suspension et s'est conformé à la décision rendue (article L. 551-14 du code de justice administrative). Il doit être exercé au plus tard le trente et unième jour suivant la publication au JOUE d'un avis d'attribution ou, pour un marché fondé sur un accord-cadre ou un système d'acquisition dynamique, la notification de sa conclusion ; à défaut, dans les six mois à compter du lendemain de la conclusion (article R. 551-7 du code de justice administrative).

Le juge prononce la nullité en l'absence totale de publicité ou de publication requise au JOUE, et dans certains cas de signature prématurée qui ont privé l'entreprise du référé précontractuel et affecté ses chances (article L. 551-18 du code de justice administrative). Lorsque le contrat a été signé avant l'expiration du délai requis ou pendant la suspension, il peut aussi le résilier, réduire sa durée ou infliger une pénalité financière (article L. 551-20 du code de justice administrative).

Les sanctions liées à une signature prématurée supposent que le délai de suspension s'appliquait ; la nullité pour absence de publicité requise n'en dépend pas (article L. 551-18 du code de justice administrative). Le Conseil d'État a rejeté le recours d'un architecte contre un marché de maîtrise d'œuvre conclu après un concours restreint, ce marché n'étant pas soumis au délai de l'article R. 2182-1, même si la commune s'était fixé un délai qu'elle n'a pas respecté (CE, 13 mars 2025, n° 498701). Le cabinet contrôle donc d'abord la procédure applicable.

Comment contester la validité d'un marché public après sa signature ?

Au-delà du référé contractuel, le concurrent évincé peut saisir le juge du contrat d'un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines clauses divisibles, le cas échéant assorti de demandes indemnitaires. Ce recours doit être exercé dans les deux mois des mesures de publicité appropriées, notamment un avis mentionnant la conclusion du contrat et ses modalités de consultation (CE, 19 juillet 2023, n° 465308).

Sans publicité suffisante, le recours reste enfermé dans un délai raisonnable à compter de la connaissance du contrat. Dans l'affaire Seateam aviation, le Conseil d'État a confirmé la tardiveté d'un recours introduit près de cinq ans après un avis d'attribution indiquant l'objet du contrat et les parties, la cour ayant retenu un délai d'un an (CE, 19 juillet 2023, n° 465308). La demande de l'entreprise a été rejetée.

Les moyens sont limités. Le concurrent évincé ne peut invoquer, outre les vices d'ordre public, que les manquements aux règles de passation en rapport direct avec son éviction. Le Conseil d'État a toutefois censuré une cour qui avait écarté, pour une société dont l'offre était régulière, le grief tiré des délais d'exécution irréguliers de l'offre attributaire : ce manquement était en rapport direct avec l'éviction (CE, 21 juillet 2022, n° 456472). Le cabinet sélectionne les moyens au regard de ce lien.

Peut-on obtenir des dommages et intérêts après une éviction irrégulière ?

Oui, lorsque l'irrégularité de la procédure a causé directement le préjudice. Le juge recherche d'abord si le candidat était dépourvu de toute chance de remporter le contrat : dans ce cas, aucune indemnité n'est due. Sinon, il a droit au remboursement des frais de présentation de l'offre. Si le candidat avait des chances sérieuses d'emporter le contrat, il est indemnisé de son manque à gagner, qui inclut ces frais, sauf renonciation de l'acheteur au contrat pour un motif d'intérêt général (CE, 2 décembre 2019, n° 423936).

Le manque à gagner doit être certain. Pour un marché de restauration conclu pour douze mois, renouvelable deux fois, le Conseil d'État a limité l'indemnité à la période initiale, les reconductions éventuelles n'étant pas certaines ; la condamnation a été ramenée à 66 666,66 euros (CE, 2 décembre 2019, n° 423936).

L'appréciation des chances est concrète. Dans l'affaire Vert Marine, une cour avait jugé l'entreprise dépourvue de toute chance en raison de la moindre valeur de son offre et de ses réserves sur le projet. Le Conseil d'État a annulé cet arrêt : une fois écartée l'offre irrégulière de l'attributaire, celle de Vert Marine, dont la régularité n'était pas contestée, restait seule en lice (CE, 12 février 2026, n° 501708). Le cabinet reconstitue le classement et chiffre la marge à partir des comptes de l'entreprise.

Un conflit d'intérêts chez l'acheteur peut-il faire annuler la procédure ?

Oui. L'acheteur peut exclure un candidat dont la candidature crée une situation de conflit d'intérêts lorsqu'il ne peut y être remédié autrement. Constitue une telle situation celle où une personne qui participe à la procédure, ou peut en influencer l'issue, a un intérêt financier, économique ou personnel susceptible de compromettre son impartialité ou son indépendance (article L. 2141-10 du code de la commande publique).

Le Conseil d'État en a fait application à un accord-cadre de prestations informatiques. La directrice générale de la société d'assistance à maîtrise d'ouvrage de l'acheteur était l'épouse du dirigeant d'un soumissionnaire. Cette société avait visité les locaux des candidats et pris connaissance des offres. Le juge a retenu un conflit d'intérêts, jugé que l'absence d'exclusion constituait un manquement susceptible de léser le concurrent, annulé la procédure au stade de l'examen des candidatures et enjoint d'exclure le soumissionnaire concerné (CE, 3 avril 2026, n° 510005).

D'autres exclusions sont possibles, par exemple contre l'entreprise qui, au cours des trois années précédentes, a dû verser des dommages et intérêts ou a été sanctionnée par une résiliation du fait d'un manquement grave ou persistant à ses obligations lors de l'exécution d'un contrat de la commande publique antérieur (article L. 2141-7 du code de la commande publique). Le cabinet examine ces liens à partir des pièces publiques et des informations obtenues dans la procédure, sans spéculation sur les personnes.

L'acheteur public paie en retard : quels intérêts et quelle indemnité réclamer ?

Le délai prévu par le marché ne peut excéder le délai réglementaire (article L. 2192-10 du code de la commande publique), fixé à trente jours en principe (article R. 2192-10 du code de la commande publique), à cinquante jours pour les établissements publics de santé et à soixante jours pour certaines entreprises publiques (article R. 2192-11 du code de la commande publique). Ce délai court en principe de la réception de la demande de paiement par l'acheteur ou, selon le marché, par le maître d'œuvre (article R. 2192-12 du code de la commande publique) ; pour le solde d'un marché de travaux ou de maîtrise d'œuvre, il court de la réception du décompte général et définitif (article R. 2192-16 du code de la commande publique), et il peut être interrompu une fois si la demande est incomplète ou erronée (article R. 2192-27 du code de la commande publique).

Dès le lendemain de l'échéance, le retard fait courir de plein droit des intérêts moratoires et donne droit à une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement (article L. 2192-13 du code de la commande publique). Le taux est celui des opérations principales de refinancement les plus récentes de la Banque centrale européenne, en vigueur au premier jour du semestre civil au cours duquel les intérêts ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage (article R. 2192-31 du code de la commande publique). Les intérêts courent jusqu'à la mise en paiement du principal (article R. 2192-32 du code de la commande publique) et l'indemnité forfaitaire est de 40 euros (article D. 2192-35 du code de la commande publique).

Le cabinet calcule les intérêts facture par facture.

Comment obtenir rapidement une somme due par l'acheteur public ?

Le juge des référés peut accorder une provision au créancier, même sans demande au fond, lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable ; il peut subordonner son versement à une garantie (article R. 541-1 du code de justice administrative). Cette voie convient à une facture acceptée, à un solde arrêté ou à des intérêts moratoires calculés sur des dates incontestées.

Une requête tendant au paiement d'une somme d'argent n'est en principe recevable qu'après une décision de l'administration sur une demande préalable ; le délai de recours de deux mois ne s'applique pas aux mesures prises pour l'exécution d'un contrat (article R. 421-1 du code de justice administrative). La demande préalable doit donc être adressée et chiffrée avant toute saisine du juge du fond.

Dans un marché de travaux, la clôture des comptes suit les stipulations du CCAG auquel le marché renvoie. Sous le CCAG Travaux de 2014, le Conseil d'État a jugé qu'un décompte général tacite ne pouvait naître si le projet de décompte final n'avait été adressé qu'au maître d'ouvrage, sans transmission au maître d'œuvre ; le pourvoi de l'entreprise a été rejeté (CE, 25 juin 2018, n° 417738). Le cabinet vérifie la version du CCAG applicable et les destinataires de chaque envoi avant de soutenir qu'une créance est acquise.

Sous-traitant d'un marché public : qui paie et devant quel juge agir ?

Le sous-traitant direct accepté, dont les conditions de paiement ont été agréées par l'acheteur, est payé directement par lui pour la part du marché qu'il exécute, et toute renonciation à ce paiement direct est réputée non écrite (article L. 2193-11 du code de la commande publique). Le seuil du paiement direct est fixé à 600 euros toutes taxes comprises, sauf pour certains marchés de défense (article R. 2193-10 du code de la commande publique).

Le choix du juge est déterminant. La Cour de cassation a jugé que « les litiges relatifs au paiement direct au sous-traitant, par le maître d'ouvrage délégué, du prix des travaux exécutés dans le cadre d'un marché de travaux publics, qui, ne concernant pas l'exécution d'une convention de droit privé unissant les parties, impliquent que soient appréciées les conditions dans lesquelles un contrat portant sur la réalisation de travaux publics a été exécuté, relèvent de la compétence du juge administratif » (Cass. 3e civ., 25 avril 2024, n° 22-22.912) ; elle a déclaré la juridiction judiciaire incompétente pour la demande du sous-traitant.

La cession de créance obéit à une règle distincte. La notification d'une cession ou d'un nantissement au titre d'un marché public est adressée au comptable public assignataire désigné dans le marché (article R. 2191-55 du code de la commande publique), dans les formes de l'article R. 313-17 du code monétaire et financier. La Cour de cassation juge que ce dernier texte « n'est applicable qu'aux cessions de créance détenues sur des personnes morales de droit public » (Cass. 3e civ., 8 décembre 2021, n° 20-16.152) ; le débiteur cédé étant l'entreprise principale, la cession n'avait pas à être notifiée au comptable, et le pourvoi de cette entreprise a été rejeté.

Une offre écartée ou un marché impayé ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez la lettre de rejet, le règlement de la consultation ou les demandes de paiement restées sans suite : le cabinet identifie la voie encore ouverte et le délai à tenir.

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