Élus, maires et petites communes · délibérations, arrêtés et contrats

Avocat collectivités territoriales à Paris : sécuriser les actes et les contrats de la commune.

Maire, adjoint, conseiller municipal ou secrétaire de mairie : une délibération mal préparée, un élu intéressé au vote ou un contrat signé sans habilitation exposent la commune à l'annulation et l'élu à des poursuites. Le cabinet examine l'acte, sa procédure et ses suites.

Le préfet dispose de deux mois après la transmission pour déférer un acte au tribunal administratif. Conservez la convocation, la note de synthèse, le registre et l'accusé de réception de la préfecture.

Collectivités territoriales · Paris

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Envoyez la délibération ou l'arrêté, la convocation, le procès-verbal, le contrat et les échanges avec la préfecture : le cabinet examine la régularité de l'acte et les risques pour la commune et ses élus.

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juridique

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Actes et contrats communaux : ce qui fragilise une décision

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit public · Paris 17e

Ce que fait un avocat collectivités territoriales à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit public
  • Élus et communes

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir en droit des collectivités territoriales auprès des maires, des élus municipaux et des petites communes.

Dans une commune de quelques centaines ou de quelques milliers d'habitants, le maire signe, prépare les séances et suit les contrats avec peu de services. Le cabinet vérifie la compétence de l'auteur de l'acte, la procédure suivie et la situation personnelle de chaque élu au regard de l'affaire votée.

Deux régimes se croisent souvent. Le juge administratif contrôle la légalité de la délibération et du contrat, notamment au titre de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales. Le juge pénal apprécie, pour l'élu, le favoritisme ainsi que la prise illégale d'intérêts ; la définition de ce second délit a été modifiée par la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

La délibération

Convocation, note de synthèse, quorum, vote et transmission au préfet : chaque étape conditionne la légalité et le caractère exécutoire de l'acte.

L'élu intéressé

Un intérêt distinct de celui des habitants peut rendre la délibération illégale et exposer l'élu au risque pénal : son déport s'organise après examen de cet intérêt et de son rôle.

Le contrat communal

Le maire ne signe qu'avec une délibération exécutoire ou une délégation valable, et selon la procédure de mise en concurrence que le montant impose.

Les règles

Délibérations, conflits d'intérêts, contrats : les règles applicables

Cinq règles commandent la sécurité juridique des décisions d'une petite commune.

  1. Sont illégales les délibérations auxquelles a pris part un membre du conseil intéressé à l'affaire ; depuis le 24 décembre 2025, la seule présence à la réunion ne vaut pas participation (article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales). Le Conseil d'État juge que la participation aux travaux préparatoires peut vicier la délibération, même sans vote, lorsque l'élu intéressé a pu exercer une influence (CE, 8 mars 2024, n° 461520).
  2. La prise illégale d'intérêts suppose désormais un intérêt altérant l'impartialité, l'indépendance ou l'objectivité de l'élu, et non un intérêt public (article 432-12 du code pénal). La Cour de cassation relève que « la loi du 22 décembre 2025, immédiatement applicable, a défini le délit de prise illégale d'intérêts dans un sens moins sévère » (Cass. crim., 14 octobre 2026, n° 25-81.302).
  3. Le maire ne signe un contrat qu'en vertu d'une délibération exécutoire ou d'une délégation reçue du conseil municipal (article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales). Pour un contrat de droit privé, la Cour de cassation juge que « la méconnaissance des dispositions d'ordre public relatives à la compétence de l'autorité signataire d'un contrat conclu au nom d'une commune est sanctionnée par la nullité absolue » (Cass. 1re civ., 31 janvier 2018, n° 16-21.697).
  4. Un marché peut être passé sans publicité ni mise en concurrence en dessous de 60 000 euros hors taxes pour les fournitures et services et de 100 000 euros hors taxes pour les travaux (article R. 2122-8 du code de la commande publique). Quel que soit le montant, la violation des règles d'accès et d'égalité des candidats peut caractériser le délit de favoritisme (article 432-14 du code pénal).
  5. Les délibérations et les décisions prises par délégation sont, sauf les exceptions prévues par la loi, transmises au préfet, qui peut les déférer au tribunal administratif dans les deux mois suivant leur transmission (article L. 2131-2 et article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales). Saisi par le préfet d'un contrat, le juge n'en prononce l'annulation que pour un contenu illicite, un vice du consentement ou un vice d'une particulière gravité (CE, 28 juin 2019, n° 420776).

Une délibération régulière en la forme peut rester illégale si un élu intéressé a pesé sur son contenu : la procédure et la situation des personnes se vérifient ensemble.

Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre position

La régularité d'un acte communal se lit dans ses pièces de procédure, bien plus que dans son contenu final.

Position A

Vous êtes maire ou la commune est mise en cause

  • Délibération ou arrêté, convocation, ordre du jour, note de synthèse et extrait du registre
  • Accusé de réception de la préfecture, lettre d'observations ou déféré reçu
  • Contrat, devis, pièces de la consultation et délibération ou délégation autorisant la signature
  • Liste des élus présents, votants et sortis de séance, avec leurs liens éventuels avec l'affaire

Position B

Vous êtes élu, conseiller d'opposition ou cocontractant

  • Convocation reçue, date de réception et documents communiqués avant la séance
  • Demandes d'information adressées au maire et réponses obtenues
  • Procès-verbal de séance et éléments sur la participation d'un élu intéressé
  • Contrat, courrier de résiliation ou de mise en demeure, factures et décomptes

Avant de régulariser une délibération contestée, de retirer un acte ou de signer un avenant, conservez la version initiale, sa date de transmission et la preuve de sa publication.

Le cabinet traite aussi :

  • Droit public
  • Droit administratif
  • Marchés publics
  • Tribunal administratif

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Relire la procédure, mesurer le risque, puis choisir entre régularisation, défense et recours.

Étape 1

Reconstituer la chaîne de l'acte

Le cabinet reprend la convocation, l'ordre du jour, les débats, le vote, la signature, la publication et la transmission, puis identifie l'étape qui pose difficulté.

Étape 2

Vérifier la situation des élus

Liens familiaux, professionnels, associatifs ou amicaux avec l'affaire sont examinés au regard de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales et de l'article 432-12 du code pénal.

Étape 3

Contrôler le contrat

Compétence du signataire, délégation, montant estimé du besoin, procédure suivie et clauses de résiliation sont confrontés aux textes et à la jurisprudence.

Étape 4

Régulariser, répondre ou agir

Selon le cas, le cabinet prépare une nouvelle délibération, une réponse au préfet, une défense devant le tribunal administratif ou une demande de protection de l'élu.

Une irrégularité de convocation ne se traite pas comme un défaut d'habilitation du signataire. Le cabinet mesure l'incidence de chaque vice avant de choisir entre régularisation, défense et recours.

Le calendrier

La chronologie d'un acte communal

De la convocation du conseil municipal à l'expiration des délais de recours.

  1. Convocation

    Trois ou cinq jours francs avant la séance. Trois jours francs dans les communes de moins de 3 500 habitants, cinq jours francs avec une note explicative de synthèse au-delà ; la note s'impose aussi aux petites communes pour une installation classée, et l'urgence permet d'abréger le délai jusqu'à un jour franc.

  2. Séance et vote

    Vérifiez le quorum, la sortie des élus intéressés avant le débat et le vote, et la mention exacte des votants au procès-verbal.

  3. Publication et transmission

    L'acte devient exécutoire après publication ou notification et, pour les actes concernés, après transmission au représentant de l'État.

  4. Contrôle de légalité

    Deux mois après la transmission. Le préfet peut adresser des observations ou déférer l'acte au tribunal administratif, avec une demande de suspension.

  5. Recours des tiers

    Deux mois après la publication ou la notification. Un élu ou un habitant peut contester une délibération ou un arrêté dans ce délai, fixé par l'article R. 421-1 du code de justice administrative ; la contestation d'un contrat, notamment par un concurrent évincé, obéit à des règles propres.

  6. Exécution du contrat

    Avenants, résiliation et indemnisation suivent les clauses du contrat et les règles du code de la commande publique.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Un acte communal se défend d'abord par sa procédure et par la situation de chaque signataire.

  • Compétence : délibération du conseil, délégation au maire au titre de l'article L. 2122-22, ou délégation de fonctions à un adjoint.
  • Procédure : convocation, délai, ordre du jour, note de synthèse, quorum et mentions du registre.
  • Intérêts : liens des élus avec le bénéficiaire, l'entreprise, l'association ou le terrain concerné, et sortie effective de séance.
  • Contrat : montant estimé du besoin, procédure choisie, pièces de la consultation et autorisation de signer exécutoire.
  • Délais : date de transmission au préfet, date de publication et délai de recours encore ouvert.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les situations les plus fréquentes dans une petite commune fixent la première priorité du dossier.

Situation

Adjoint propriétaire d'un terrain classé constructible

Preuve décisive : Plan local d'urbanisme, débats préparatoires, présence et vote de l'adjoint, titre de propriété.

Délai : Deux mois pour le recours contre la délibération d'approbation.

Action utile : Mesurer l'influence de l'élu sur la délibération et le risque pénal attaché à l'intérêt personnel.

Situation

Subvention à une association présidée par un élu

Preuve décisive : Statuts, composition du bureau, délibération, présence de l'élu lors de l'instruction et du vote.

Délai : Avant le vote, pour organiser le déport de l'élu.

Action utile : Qualifier le lien de l'élu avec l'association, organiser son déport s'il est intéressé et justifier l'intérêt public local de la subvention.

Situation

Travaux confiés sur simple devis

Preuve décisive : Estimation du besoin, devis demandés, bon de commande, montants cumulés des prestations homogènes ou de l'opération.

Délai : Dès la préparation de l'achat, avant tout engagement.

Action utile : Vérifier le seuil de l'article R. 2122-8 et l'absence de découpage artificiel du besoin.

Situation

Lettre d'observations ou déféré du préfet

Preuve décisive : Accusé de transmission, délibération, pièces annexes et lettre d'observations.

Délai : Deux mois après la transmission, sous réserve de l'effet interruptif d'un recours gracieux du préfet ; un mois pour statuer sur la suspension.

Action utile : Qualifier la lettre du préfet, y répondre, retirer et reprendre l'acte, ou défendre la délibération devant le tribunal administratif.

Situation

Contrat signé par le maire sans autorisation

Preuve décisive : Contrat, délibération ou délégation, date de transmission au préfet, début d'exécution.

Délai : Avant toute action du cocontractant ou de la commune sur la validité.

Action utile : Faire adopter une délibération régulière ou apprécier les conséquences de la nullité.

Situation

Maire mis en cause pénalement

Preuve décisive : Convocation, demande de protection, délibérations et pièces du dossier administratif.

Délai : Dès la première convocation ou audition.

Action utile : Demander la protection de la commune et préparer la défense sur l'intérêt et l'élément intentionnel.

Questions fréquentes

Vos questions : collectivités territoriales

Un conseiller municipal intéressé peut-il rester dans la salle pendant le vote ?

Depuis le 24 décembre 2025, l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales précise qu'un membre du conseil ne peut être considéré comme ayant pris part à la délibération du seul fait de sa présence à la réunion. La présence physique ne suffit donc plus, à elle seule, à rendre la délibération illégale. Le risque demeure lorsque l'élu intéressé participe au vote, aux débats ou à la préparation du dossier. Le Conseil d'État a jugé le 8 mars 2024 que la participation aux travaux préparatoires peut vicier la délibération, même sans vote, si l'élu a été en mesure d'exercer une influence (CE, 8 mars 2024, n° 461520). Pour une délibération d'urbanisme couvrant toute la commune, il exige en outre que la délibération ait pris en compte l'intérêt personnel de l'élu du fait de cette influence. La prudence reste de faire sortir l'élu dès l'ouverture du point concerné et de le noter au procès-verbal. Le cabinet vérifie la nature de l'intérêt, le rôle exact de l'élu en commission et en séance, et la rédaction du registre.

Qu'a changé la loi du 22 décembre 2025 pour la prise illégale d'intérêts ?

L'article 432-12 du code pénal, modifié par la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025, vise désormais un intérêt altérant l'impartialité, l'indépendance ou l'objectivité de l'élu. Un intérêt public, ou un intérêt dont la loi exclut la prise en compte, ne peut constituer un intérêt au sens du texte. Le délit n'est pas constitué lorsque l'élu ne pouvait agir autrement pour répondre à un motif impérieux d'intérêt général. La Cour de cassation a jugé que « cette loi a créé, à l'alinéa 3 de l'article 432-12 du code pénal, une cause exonératoire de la responsabilité pénale spécifique au délit de prise illégale d'intérêts » (Cass. crim., 14 octobre 2026, n° 25-86.956). Dans cette affaire, l'annulation n'a porté que sur les déclarations de culpabilité pour prise illégale d'intérêts et pour recel de ce délit, ainsi que sur les peines ; la déclaration de culpabilité du maire pour favoritisme a été maintenue. Ces nouvelles dispositions s'appliquent aux faits antérieurs non définitivement jugés, ce qui impose de relire les poursuites en cours. Le cabinet examine la nature de l'intérêt, la connaissance qu'en avait l'élu et l'éventuel motif impérieux invoqué.

Le maire d'une commune de moins de 3 500 habitants peut-il acheter un bien communal ?

L'article 432-12 du code pénal prévoit des dérogations limitées pour les communes de 3 500 habitants au plus. Le maire, les adjoints et les conseillers délégués ou suppléants peuvent traiter avec la commune pour le transfert de biens ou la fourniture de services dans la limite de 16 000 euros par an. Ils peuvent aussi acquérir une parcelle d'un lotissement communal pour y édifier leur habitation, ou conclure un bail d'habitation pour leur propre logement. Ces actes doivent être autorisés par une délibération motivée, après estimation du service des domaines. Le même texte permet l'acquisition d'un bien communal pour créer ou développer une activité professionnelle, à un prix au moins égal à l'évaluation des domaines. Dans tous les cas, la commune est représentée dans les conditions de l'article L. 2122-26 du code général des collectivités territoriales, l'élu intéressé s'abstient de participer à la délibération et le conseil ne peut se réunir à huis clos. Hors de ces cas, l'opération reste soumise au droit commun du délit. Le cabinet vérifie la population de la commune, la qualité de l'élu, l'estimation des domaines et la motivation de la délibération.

Le maire peut-il signer un contrat sans délibération du conseil municipal ?

Le maire signe au nom de la commune, mais il doit en principe y être autorisé par le conseil municipal, sauf délégation consentie au titre de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales. Ce texte permet notamment de lui déléguer les décisions relatives aux marchés lorsque les crédits sont inscrits au budget, ou la conclusion du louage de choses pour douze ans au plus. Le Conseil d'État a censuré une cour qui n'avait pas recherché si une telle délégation existait, ni quelle était la durée de la convention en cause (CE, 21 décembre 2023, n° 471189). Pour un contrat de droit privé, la Cour de cassation juge que la nullité est absolue lorsque l'autorité signataire n'était pas compétente, et que l'absence de transmission au préfet de la délibération autorisant la transaction la prive de force exécutoire (Cass. 1re civ., 31 janvier 2018, n° 16-21.697). Le cabinet contrôle l'habilitation du maire à la date de la signature et les moyens de régulariser.

À partir de quel montant une commune doit-elle mettre un marché en concurrence ?

Depuis le 1er avril 2026, l'article R. 2122-8 du code de la commande publique permet de conclure un marché sans publicité ni mise en concurrence lorsque la valeur estimée du besoin est inférieure à 60 000 euros hors taxes pour les fournitures et services, et à 100 000 euros hors taxes pour les travaux. L'acheteur doit choisir une offre pertinente, bien utiliser les deniers publics et éviter de contracter systématiquement avec le même opérateur. À partir de ces seuils, une procédure adaptée ou formalisée s'applique en principe selon l'article L. 2123-1 du même code, sauf autre cas de dispense prévu sur le fondement de l'article L. 2122-1, par exemple en cas d'urgence particulière. Le Conseil d'État a jugé que demander des devis à plusieurs entreprises ne suffit pas à soumettre un marché dispensé de mise en concurrence à la procédure adaptée, sauf référence expresse dans le règlement de la consultation (CE, 17 avril 2026, n° 503412). Le pourvoi des requérants a été rejeté. La valeur du besoin s'apprécie sur l'ensemble des fournitures ou services homogènes ou formant une unité fonctionnelle (article R. 2121-6) et, pour les travaux, sur la valeur totale de l'opération (article R. 2121-5), quel que soit le nombre de marchés. Le cabinet reprend l'estimation, les devis et la procédure retenue avant l'engagement.

Un maire peut-il être poursuivi pour favoritisme dans un petit marché ?

L'article 432-14 du code pénal réprime le fait de procurer à autrui un avantage injustifié par un acte contraire aux règles garantissant la liberté d'accès et l'égalité des candidats dans les marchés publics. Le texte ne fixe aucun seuil de montant. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi du directeur général d'une chambre de commerce, en jugeant que « la détermination des seuils d'un appel d'offres en fonction de la demande d'un candidat constitue un avantage injustifié procuré à ce dernier » (Cass. crim., 7 janvier 2026, n° 24-87.222). Cette décision est défavorable à la personne poursuivie, même si l'appel d'offres avait été abandonné. Elle a aussi retenu que « l'article 432-14 du code pénal n'exige pas que la personne poursuivie soit intervenue, en fait ou en droit, dans la procédure d'attribution d'une commande publique » (Cass. crim., 7 septembre 2022, n° 21-83.121), la culpabilité d'un agent communal étant alors maintenue. Le cabinet examine la procédure suivie, les échanges avec les entreprises et la connaissance des règles par l'élu.

Que faire lorsque le préfet défère une délibération au tribunal administratif ?

Le préfet peut déférer au tribunal administratif, dans les deux mois suivant leur transmission, les actes qu'il estime contraires à la légalité, selon l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales. Il informe sans délai la commune et lui communique les illégalités invoquées. Il peut demander la suspension de l'acte, accordée si un moyen paraît propre à créer un doute sérieux sur sa légalité ; le juge statue dans un délai d'un mois. En matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public, une demande de suspension formée dans les dix jours de la réception de l'acte le suspend jusqu'à la décision du juge ; faute de décision, l'acte redevient exécutoire un mois après cette réception. Saisi d'un contrat par le préfet, le juge apprécie l'importance des vices avant de choisir entre poursuite, régularisation, résiliation ou annulation (CE, 28 juin 2019, n° 420776). Le cabinet examine les griefs, la possibilité de retirer et de reprendre l'acte, et prépare la défense de la commune devant le tribunal administratif.

Quand une délibération ou un arrêté du maire devient-il exécutoire ?

Selon l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, les actes communaux sont exécutoires dès qu'ils ont été portés à la connaissance des intéressés et, pour les actes visés à l'article L. 2131-2, transmis au représentant de l'État. Les décisions individuelles sont notifiées à leurs destinataires. Les actes réglementaires sont en principe publiés sous forme électronique. Dans les communes de moins de 3 500 habitants, le conseil municipal choisit entre affichage, publication sur papier et publication électronique, et peut changer ce choix à tout moment. La transmission concerne notamment les délibérations, les décisions prises par délégation et certains marchés selon leur montant. Un contrat signé sur le fondement d'une délibération non transmise est exposé à la nullité, comme l'a jugé la Cour de cassation pour une transaction communale. La date de transmission fait aussi courir le délai du déféré préfectoral. Le cabinet vérifie le mode de publicité retenu par la commune, la date de transmission et la chronologie entre délibération et signature.

Le maire mis en cause pénalement bénéficie-t-il de la protection de la commune ?

L'article L. 2123-34 du code général des collectivités territoriales oblige la commune à protéger le maire, l'élu qui le supplée ou qui a reçu délégation, y compris après la fin de ses fonctions, lorsqu'il est poursuivi pour des faits n'ayant pas le caractère de faute détachable de l'exercice de ses fonctions. Le texte, dans sa version en vigueur depuis le 24 décembre 2025, étend cette protection, pour les mêmes faits, à l'élu mis en cause sans être poursuivi ou visé par une mesure alternative aux poursuites, lorsque le code de procédure pénale lui reconnaît le droit à l'assistance d'un avocat. Lorsque le maire agit comme agent de l'État, la protection relève de l'État. La commune doit souscrire une assurance couvrant le conseil juridique et les coûts de cette protection. La faute détachable pèse aussi sur la réparation civile : la Cour de cassation a rejeté le pourvoi d'un conseiller départemental condamné à indemniser le département, dont les faits commis dans son intérêt « présentent le caractère d'une faute personnelle détachable de la fonction » (Cass. crim., 7 janvier 2026, n° 23-83.644). Cette décision lui est défavorable. Le cabinet prépare la demande de protection et la défense de l'élu.

Une commune peut-elle subventionner une association présidée par un élu ?

Une commune ne peut subventionner une association que si la subvention est justifiée par un intérêt public communal ; le Conseil d'État a admis une subvention à une association dont l'activité présentait un intérêt public local, même si elle prenait position dans des débats publics (CE, 8 juillet 2020, n° 425926). Lorsque l'association est présidée par un élu, la difficulté change de nature. L'élu désigné par la commune pour la représenter dans l'association, sans rémunération ni avantage particulier, n'est pas regardé comme intéressé du seul fait de cette désignation (article L. 1111-6 du code général des collectivités territoriales). L'élu qui la préside à titre personnel a, en revanche, un intérêt à examiner ; sa participation à l'instruction, au débat ou au vote expose alors la délibération à l'illégalité au titre de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales. Sur le plan pénal, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi d'un conseiller départemental condamné après avoir suivi l'instruction des demandes de subventions d'associations qu'il présidait de fait, puis participé aux votes (Cass. crim., 7 janvier 2026, n° 23-83.644). Cette décision, motivée par référence à l'ancienne définition de l'intérêt, reste un signal défavorable pour l'élu. Le cabinet vérifie la gouvernance de l'association, les liens de l'élu et l'organisation de son déport.

Un élu d'opposition peut-il obtenir les documents avant le vote ?

Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération, selon l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales. La convocation, faite par le maire, indique les questions portées à l'ordre du jour (article L. 2121-10). Dans les communes de 3 500 habitants et plus, l'article L. 2121-12 impose l'envoi d'une note explicative de synthèse avec la convocation, cinq jours francs avant la séance. Si la délibération porte sur un contrat de service public, le projet de contrat et ses pièces peuvent être consultés en mairie. En cas d'urgence, le maire peut abréger le délai sans descendre sous un jour franc, et le conseil se prononce sur l'urgence. Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant la réunion (article L. 2121-11). Le cabinet vérifie les dates de convocation, le contenu de la note et les demandes restées sans réponse.

La commune peut-elle mettre fin à un contrat avant son terme ?

Lorsque le contrat est administratif, la commune peut le résilier unilatéralement pour un motif d'intérêt général, sous réserve des droits à indemnité du cocontractant. Le contrat peut organiser cette résiliation, son préavis et les préjudices indemnisables, et ces clauses pèsent alors lourd dans le calcul de l'indemnité. Dans une affaire jugée le 6 juillet 2026, le Conseil d'État (CE, 6 juillet 2026, n° 507234) a rappelé ce pouvoir de résiliation et n'a pas censuré l'interprétation de la cour administrative d'appel selon laquelle une clause d'une délégation de service public communale limitait l'indemnisation aux seuls préjudices qu'elle énumérait. L'arrêt n'a été annulé que sur un appel incident relatif à la période d'exploitation impossible avant la résiliation. Ce litige montre que l'indemnité se discute d'abord sur la lettre du contrat, avant toute appréciation plus générale du préjudice. Avant de résilier, la commune motive sa décision, respecte les formes et le préavis prévus par le contrat, puis chiffre les postes indemnisables. Le cocontractant, lui, doit réunir les pièces comptables qui rattachent chaque frais à l'exécution du contrat. Le cabinet relit les clauses de fin de contrat, le motif invoqué et les justificatifs avant toute notification.

Combien de temps une prise illégale d'intérêts peut-elle être poursuivie ?

L'action publique des délits se prescrit par six années révolues à compter du jour où l'infraction a été commise, selon l'article 8 du code de procédure pénale, sous réserve des causes de report, d'interruption ou de suspension. Le délai ne court qu'à partir du lendemain de ce jour. Pour la prise illégale d'intérêts, la difficulté tient au fait de conserver un intérêt, que vise l'article 432-12 du code pénal. La Cour de cassation rappelle que le texte punit le fait de conserver cet intérêt « à condition que perdure le cumul par l'auteur des qualités de personne exerçant un pouvoir de surveillance de l'opération et de personne intéressée à celle-ci » (Cass. crim., 25 juin 2025, n° 23-81.084). Elle a cassé l'arrêt qui reportait le point de départ au départ du logement, sans établir que l'élue avait conservé ses pouvoirs de surveillance pendant toute la durée de l'occupation. Elle a aussi reproché aux juges de ne pas avoir recherché une éventuelle manœuvre de dissimulation, qui peut retarder le point de départ. Le calcul dépend donc des fonctions exercées à chaque date. Le cabinet reconstitue la chronologie des mandats, des délégations et des actes de l'opération en cause.

Une délibération ou un contrat à sécuriser ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez l'acte, sa convocation, son procès-verbal et les échanges avec la préfecture : le cabinet examine sa régularité, la situation des élus et la réponse adaptée.

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