Contrat d'influence, livrables, mentions publicitaires, droits sur les contenus · côté annonceur

Avocat influenceur à Paris : sécuriser le contrat de la marque et sa campagne.

Une marque entre dans le régime de l'influence commerciale lorsqu'elle rémunère, en argent ou en avantages en nature, un créateur qui mobilise sa notoriété auprès de son audience pour promouvoir ses produits en ligne. Le contrat doit fixer les livrables, la rémunération, les mentions publicitaires, les droits sur les contenus et la sortie en cas de crise. Le cabinet examine ces points avant la signature, pendant la campagne et lors d'un litige.

Avant tout paiement, conservez le brief, les échanges, les captures datées des publications et les statistiques transmises. Une publication supprimée ou modifiée se prouve mal après coup.

Influence commerciale · Paris

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Envoyez le projet de contrat ou le contrat signé, le brief, les factures, les publications concernées et les échanges avec l'influenceur ou l'agence : le cabinet vérifie la conformité du contrat et la position de la marque.

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juridique

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Marque et influenceur : ce que le contrat doit verrouiller

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit du numérique · Paris 17e

Ce que fait un avocat influenceur à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit du numérique
  • Annonceurs et marques

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir auprès des marques, des enseignes et des entreprises qui confient la promotion de leurs produits ou services à un influenceur, directement ou par une agence.

La relation entre l'annonceur et le créateur de contenu n'est plus un simple accord commercial. La loi du 9 juin 2023 définit l'influence commerciale (loi n° 2023-451, art. 1er), et son article 8 impose un contrat écrit, des clauses obligatoires et une responsabilité solidaire envers les tiers.

Le cabinet examine la campagne du point de vue de la marque : ce qu'elle achète réellement, ce qu'elle peut exiger, ce qu'elle doit contrôler dans les publications et ce qu'elle conserve sur les contenus produits. Il vérifie aussi les risques que la marque sous-estime souvent, comme la requalification sociale ou la perte d'image liée à la personnalité choisie.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Un contrat qui décrit la prestation

Nombre de publications, formats, plateformes, dates, validation préalable et indicateurs : un engagement précis dans le contrat se prouve et se réclame plus facilement qu'une attente restée orale.

Une responsabilité partagée

Envers les tiers lésés par une publication, la marque répond pour le tout, aux côtés du créateur et de son agent.

Des contenus à exploiter sans risque

L'autorisation d'exploiter l'image et les droits d'auteur vaut pour une durée, des supports et un territoire définis ; la marque doit savoir ce qu'elle peut réutiliser.

Les règles

Contrat d'influence : les règles que la marque doit connaître

Cinq règles encadrent la relation entre l'annonceur et l'influenceur.

  1. Le contrat passé entre l'annonceur et l'influenceur, directement ou par l'intermédiaire d'un agent, doit être écrit sous peine de nullité ; il désigne les parties et leur résidence fiscale, décrit les missions, chiffre le paiement ou les avantages consentis, règle la propriété intellectuelle et retient le droit français quand la campagne s'adresse notamment au public français (loi n° 2023-451, art. 8).
  2. L'écrit devient obligatoire lorsque le total versé par la même marque au même créateur sur l'année, cadeaux et prestations offertes compris, pour une même opération promotionnelle, atteint 1 000 € HT (décret n° 2025-1137, art. 1er) ; ce seuil s'applique depuis le 1er janvier 2026 (même décret, art. 2).
  3. La marque, son mandataire, le créateur et son agent répondent ensemble, et chacun pour le tout, des préjudices subis par des tiers lors de l'exécution de la campagne (loi n° 2023-451, art. 8, III). Une publication qui ne révèle pas clairement son intention commerciale, lorsque celle-ci ne ressort pas du contexte, constitue une pratique commerciale trompeuse (loi n° 2023-451, art. 5-2), délit réprimé par le code de la consommation (C. consom., art. L. 132-2).
  4. Le créateur payé pour montrer un produit à son public, même de façon occasionnelle, peut relever de l'activité de mannequin définie par l'article L. 7123-2 du code du travail, et son contrat est alors présumé être un contrat de travail (article L. 7123-3). La Cour de cassation a jugé que la présomption visait « la présentation directe au public d'un produit par un athlète à l'occasion de diverses manifestations » (Civ. 2e, 12 mai 2021, n° 19-24.610).
  5. Lorsque la réputation de la personnalité est entrée dans le contrat comme élément essentiel, sa disparition peut rendre le contrat caduc (article 1186 du code civil). La chambre commerciale a approuvé la caducité d'un contrat de production après avoir relevé que la réputation et l'image positive de l'animateur « étaient entrées dans le champ contractuel en tant qu'élément essentiel » (Cass. com., 2 septembre 2026, n° 25-11.818).

En dessous de 1 000 € HT, l'écrit prévu par l'article 8 n'est plus obligatoire, mais il reste utile : sans contrat précis, la marque prouve mal ce qu'elle a commandé et ce qu'elle peut exploiter.

Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon le moment de la campagne

Les pièces utiles diffèrent selon que le contrat reste à signer ou que la campagne a déjà donné lieu à un différend.

Situation A

La marque prépare la collaboration

  • Projet de contrat, conditions générales de l'agence ou de la plateforme et brief créatif
  • Montant prévu, produits offerts, frais pris en charge et calendrier des publications
  • Statistiques d'audience communiquées par l'influenceur ou son agent avant la signature
  • Usages envisagés des contenus : réseaux de la marque, site, publicité payante, points de vente

Situation B

La campagne pose difficulté

  • Contrat signé, bons de commande, factures et preuves de paiement
  • Captures datées des publications, ou constat de leur absence, et liens vers les contenus
  • Échanges avec l'influenceur, l'agent ou l'agence sur les retards, refus ou modifications
  • Mise en demeure, réclamation d'un tiers ou demande d'une autorité reçue par la marque

Ne retirez pas un contenu, ne suspendez pas un paiement et ne publiez pas de communiqué avant d'avoir figé la preuve et vérifié ce que le contrat autorise.

Le cabinet traite aussi :

  • Droit du numérique
  • E-commerce
  • Contrats informatiques
  • Données personnelles

La méthode

Comment le cabinet accompagne la marque

Relire ce qui a été promis, l'écrire dans des termes vérifiables et préparer la sortie.

Étape 1

Lecture du projet ou du dossier

Le cabinet identifie les parties réelles, le rôle de l'agence, la rémunération totale sur l'année et les publications attendues, puis il repère les clauses absentes ou ambiguës.

Étape 2

Rédaction ou renégociation des clauses

Livrables, validation, mentions publicitaires, exclusivité, cession des droits, moralité, résiliation et pénalités sont rédigés pour pouvoir être prouvés et, si besoin, plaidés.

Étape 3

Contrôle pendant la campagne

Le cabinet vérifie les mentions affichées, les allégations sur le produit et le respect du calendrier, et conseille la marque sur les demandes de correction à adresser.

Étape 4

Réclamation, rupture ou défense

En cas d'inexécution, de crise d'image ou de mise en cause par un tiers, il choisit entre mise en demeure, suspension, résolution, caducité ou action en justice selon les pièces.

Une clause de moralité utile décrit les faits visés, la procédure de rupture et le sort des contenus déjà publiés, plutôt qu'une formule générale sur l'image de la marque.

Le calendrier

La chronologie d'une collaboration d'influence

De la sélection du créateur à la fin d'exploitation des contenus.

  1. Sélection

    Avant tout engagement. Demandez les statistiques d'audience, les collaborations en cours et l'identité de la structure qui facturera.

  2. Contrat

    Formalisez par écrit les mentions obligatoires, les livrables, la rémunération globale et les droits sur les contenus.

  3. Validation des contenus

    Prévoyez un délai de relecture, la mention de l'intention commerciale et l'interdiction des allégations non justifiées.

  4. Diffusion

    Conservez les captures datées et les statistiques de chaque publication au fil de la campagne.

  5. Clôture

    Rapprochez les publications réalisées des livrables, puis réglez ou contestez la facture en connaissance de cause.

  6. Après la campagne

    Respectez la durée et les supports de la cession ; retirez ou renégociez les contenus dont les droits arrivent à échéance.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant la signature

Un contrat d'influence se juge sur ce qu'il permet de prouver.

  • Qualification : personne physique ou société, agent, agence ou plateforme d'affiliation, et rôle exact de chacun dans la chaîne de paiement.
  • Seuil et forme : rémunérations et avantages en nature cumulés sur l'année pour un même objectif promotionnel, et présence des mentions de l'article 8.
  • Livrables : formats, nombre, dates, plateformes, durée de mise en ligne et engagements de résultat éventuels, chiffrés et mesurables.
  • Conformité du message : mention de l'intention commerciale, produits ou secteurs encadrés, images retouchées ou virtuelles.
  • Droits sur les contenus et sortie : cession délimitée, risque de requalification sociale, clause de moralité, résiliation et pénalités proportionnées.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les difficultés les plus fréquentes côté annonceur et la première priorité de chacune.

Situation

Publications non réalisées ou incomplètes

Preuve décisive : Contrat ou devis, liste des livrables, captures datées et relances adressées à l'influenceur ou à l'agence.

Délai : Mettre en demeure dès le dépassement de la date prévue, avant le règlement du solde.

Action utile : Exécution forcée, réduction du prix ou résolution selon l'article 1217 du code civil, les restitutions dépendant de l'utilité des prestations déjà réalisées.

Situation

Résultats inférieurs aux attentes

Preuve décisive : Engagements chiffrés figurant au contrat, statistiques remises avant la signature et rapports de campagne.

Délai : Réunir les statistiques pendant la campagne, tant que les plateformes les affichent.

Action utile : Réclamer seulement ce que le contrat garantit ; faute d'engagement écrit de performance, la demande reste fragile.

Situation

Polémique visant l'influenceur

Preuve décisive : Contenu de la clause de moralité, dates et retentissement public des faits, contenus encore en ligne.

Délai : Agir vite pour suspendre la diffusion, sans rompre avant d'avoir vérifié la procédure contractuelle.

Action utile : Suspension, résiliation selon la clause ou caducité si la réputation était un élément essentiel du contrat.

Situation

Mention publicitaire absente

Preuve décisive : Captures des publications, brief de la marque et validations données par écrit.

Délai : Demander la correction dès le constat, la publication restant visible.

Action utile : Correction ou retrait du contenu et révision des process de validation de la marque.

Situation

Réutilisation des contenus contestée

Preuve décisive : Clauses de cession, durée et supports autorisés, liste des usages faits par la marque.

Délai : Vérifier l'échéance des droits avant chaque nouvelle diffusion.

Action utile : Retrait des usages non couverts, renégociation de la cession ou défense fondée sur l'autorisation écrite.

Situation

Agence intermédiaire défaillante

Preuve décisive : Contrat avec l'agence, factures, paiements et échanges avec les créateurs sélectionnés.

Délai : Agir sans attendre, en vérifiant la durée des clauses de non-sollicitation encore en cours.

Action utile : Mise en demeure, restitution des sommes, vérification des clauses d'exclusivité et de non-sollicitation.

Questions fréquentes

Vos questions : la marque face à l'influenceur

À partir de quel montant la marque doit-elle signer un écrit avec l'influenceur ?

Le I de l'article 8 de la loi du 9 juin 2023 exige un contrat écrit, à peine de nullité, entre l'influenceur et l'annonceur ou leurs mandataires. Le II du même article écarte cette exigence en dessous d'un montant fixé par décret. Depuis le 1er janvier 2026, ce plancher est fixé à 1 000 € HT (décret n° 2025-1137, art. 1er). On additionne tout ce que la marque a payé ou offert au même créateur au cours d'une même année pour un même objectif promotionnel. Plusieurs petites opérations liées à un même lancement peuvent donc franchir ensemble le seuil, alors que chacune paraissait modeste. Le produit offert, le séjour pris en charge ou l'accès gratuit à un service entrent dans le total pour leur valeur. En dessous du seuil, l'écrit reste vivement utile : il fixe les livrables, la mention publicitaire et les droits sur les contenus, que la marque devra prouver en cas de litige. Le cabinet reconstitue les engagements de l'année avec chaque créateur avant de rédiger ou de compléter le contrat, puis il vérifie la présence de toutes les mentions imposées par la loi.

Quelles clauses une marque doit-elle prévoir sur les livrables et la performance ?

La loi impose de décrire la nature des missions confiées (loi n° 2023-451, art. 8), mais elle ne précise pas le niveau de détail attendu. C'est au contrat de dire combien de publications, sur quelles plateformes, sous quel format, à quelles dates et pour quelle durée de mise en ligne. En cas de litige, le juge compare d'abord les engagements établis avec la livraison effective, et le contrat écrit reste la preuve la plus sûre de ces engagements. Le tribunal de commerce de Bordeaux a refusé de reprocher à un prestataire le nombre de mentions et de vues, au motif que « le devis signé par les parties ne prévoit pas de délai de livraison ni d'engagement particulier en termes de performance médiatique sur les réseaux sociaux » (T. com. Bordeaux, 30 mars 2026, n° 2025F01087). Cette décision est défavorable au client qui avait commandé la campagne. Si la marque attend un volume de vues, un taux d'engagement ou un nombre de clics, elle doit l'écrire, préciser l'outil de mesure et prévoir la conséquence d'un résultat insuffisant : réduction du prix, publication supplémentaire ou résiliation. Le cabinet transforme les attentes du brief en obligations vérifiables et en sanctions proportionnées.

La marque répond-elle des propos tenus par l'influenceur dans sa publication ?

Oui, dans une large mesure. Selon le texte de 2023 (loi n° 2023-451, art. 8, III), la marque, son mandataire, le créateur et son agent répondent solidairement des préjudices que la campagne cause à des tiers. La victime d'un contenu fautif peut donc demander réparation de l'entier dommage à la marque, qui se retournera ensuite contre le créateur selon le contrat. La même loi soumet aussi l'influence aux règles de publicité propres à certains secteurs, notamment la santé, l'alcool ou les produits financiers (loi n° 2023-451, art. 3). Une allégation fausse sur le produit peut enfin constituer une pratique commerciale trompeuse au sens de l'article L. 121-2 du code de la consommation. Sur le plan pénal, la responsabilité d'une société suppose d'établir l'organe ou le représentant qui a agi pour son compte : la chambre criminelle a cassé une condamnation prononcée à propos d'un publi-reportage, rendue « sans déterminer par quel organe ou représentant de la société les manquements qu'elle a constatés ont été commis pour le compte de celle-ci » (Cass. crim., 1er avril 2025, n° 24-82.506). Cette exigence de motivation ne réduit pas les obligations de la marque. Le cabinet vérifie les allégations du brief avant diffusion et organise la validation écrite des contenus.

Comment la marque s'assure-t-elle que la collaboration est clairement signalée ?

Le texte de 2023 (loi n° 2023-451, art. 5-2) qualifie de pratique commerciale trompeuse l'absence de mention claire, lisible et compréhensible de l'intention commerciale, lorsque celle-ci ne ressort pas déjà du contexte. Le texte donne pour exemples les mots publicité et collaboration commerciale, mais admet une formule équivalente adaptée au format. L'article L. 121-4, 11°, du code de la consommation répute aussi trompeuse la promotion financée par un professionnel et présentée comme un contenu éditorial sans l'indiquer clairement. La cour d'appel de Paris a retenu une pratique trompeuse pour un article de blog anonyme favorable à son auteur, le contexte de la publication ne permettant pas au lecteur, selon ses termes, « de se rendre compte que celle-ci émane d'un concurrent » (CA Paris, pôle 5 ch. 11, 14 mars 2025, n° 22/16356). La marque a intérêt à imposer la mention dans le contrat, à préciser son emplacement pour chaque format et à se réserver un droit de faire corriger la publication. Pour les images dont la silhouette ou le visage ont été retouchés, et pour celles qui représentent un visage ou une silhouette produits par intelligence artificielle, la loi (loi n° 2023-451, art. 5) impose en outre les mentions Images retouchées ou Images virtuelles, ou une mention équivalente adaptée au format. Le cabinet rédige ces clauses et le process de validation interne de la marque.

Un créateur payé pour présenter un produit peut-il être considéré comme salarié de la marque ?

Le risque existe et il est souvent ignoré des annonceurs. L'article L. 7123-2 du code du travail range parmi les mannequins celui qui montre au public un produit ou un service, en personne ou par des images de lui-même, fût-ce une seule fois. Le contrat qui rémunère ce concours est présumé être un contrat de travail (article L. 7123-3), et la présomption subsiste quelle que soit la qualification donnée par les parties (article L. 7123-4). La deuxième chambre civile a appliqué ce régime à des sportifs rémunérés pour porter les équipements d'une marque, en reprochant aux juges du fond d'avoir inversé la charge de la preuve (Civ. 2e, 12 mai 2021, n° 19-24.610). Cette décision est défavorable à l'entreprise : c'est à elle de démontrer l'absence de lien de subordination, à défaut de quoi les sommes peuvent entrer dans l'assiette des cotisations sociales. La facturation par une société de l'influenceur ne règle pas, à elle seule, la question. Le cabinet examine le degré de contrôle que le contrat donne à la marque sur le contenu et le déroulement de la prestation, puis il adapte la rédaction et le circuit de facturation.

La marque peut-elle mettre fin au partenariat si l'influenceur est pris dans une polémique ?

Tout dépend de ce que prévoit le contrat et de la gravité des faits. Une clause de moralité bien rédigée décrit les comportements visés, la procédure de notification et le sort des contenus déjà diffusés. Sans clause, la marque peut invoquer la caducité de l'article 1186 du code civil si un élément essentiel du contrat disparaît. La Cour de cassation a approuvé la caducité d'un contrat de production lorsque la réputation de l'animateur, retenue comme élément essentiel, avait disparu sans possibilité raisonnable de rétablissement pendant la durée restant à courir (Cass. com., 2 septembre 2026, n° 25-11.818). Cette solution suppose de démontrer que la réputation était entrée dans le champ contractuel et que sa perte échappait aux parties. L'arrêt exige aussi que cet élément ne puisse pas être rétabli pendant la durée restant à courir, ce qu'une controverse passagère établit difficilement. La marque doit aussi respecter la procédure qu'elle a elle-même stipulée : dans un litige d'agence commerciale, le tribunal de commerce de Melun a jugé irrégulière une rupture pour faute prononcée sans la notification préalable et la mise en demeure prévues au contrat (T. com. Melun, 8 juin 2026, n° 2025F00219). Le cabinet qualifie les faits, vérifie la clause applicable et prépare une rupture motivée, avec le retrait ou le maintien des contenus selon l'intérêt de la marque.

Pendant combien de temps la marque peut-elle réutiliser les vidéos et photos de l'influenceur ?

Seulement dans les limites de l'autorisation donnée, qu'un écrit précis permet de prouver. L'image d'une personne relève de l'article 9 du code civil, et la cour d'appel de Paris rappelle que « l'utilisation ne peut dépasser l'autorisation donnée, l'accord, même tacite, doit être suffisamment précis et l'autorisation donnée parfaitement respectée » (CA Paris, pôle 2 ch. 7, 29 juin 2022, n° 20/15538). Dans cette affaire, la marque et ses prestataires ont été condamnés in solidum pour une exploitation publicitaire dépassant ce que le modèle avait accepté. Lorsque la vidéo constitue une œuvre, la cession des droits d'auteur exige que chaque droit cédé soit mentionné distinctement et que son domaine soit délimité quant à l'étendue, la destination, le lieu et la durée (article L. 131-3 du code de la propriété intellectuelle). Une autorisation sans durée peut être résiliée moyennant le préavis prévu ou, à défaut, un délai raisonnable (article 1211 du code civil) : le tribunal judiciaire de Paris a admis une rupture immédiate au vu des circonstances particulières de l'espèce, et il a condamné la société qui maintenait les vidéos en ligne (TJ Paris, 17e ch., 14 février 2024, n° 23/02029). La marque doit donc énumérer les supports, les territoires, les durées et les usages payants prévus. Le cabinet audite les contenus déjà exploités et propose, si nécessaire, une cession complémentaire.

L'influenceur n'a pas publié ce qui était prévu : que peut obtenir la marque ?

L'article 1217 du code civil permet à la partie victime d'une inexécution de suspendre sa propre prestation, de poursuivre l'exécution forcée, d'obtenir une réduction du prix, de provoquer la résolution du contrat ou de demander réparation, ces sanctions pouvant se cumuler lorsqu'elles sont compatibles. Le tribunal de commerce de Rennes a ainsi condamné une agence à rembourser 75 % de sa facture à une marque, en relevant « seuls 4 posts ayant été diffusés sur le compte Instagram GEMITY sur les 18 prévus pendant la période de la campagne » (Trib. com. Rennes, 4 mars 2025, n° 2024F00411). Le même jugement a rejeté la demande d'indemnisation forfaitaire de la marque, faute de précision sur les objectifs et sur le calcul du préjudice. La marque doit donc chiffrer ce qu'elle réclame à partir de pièces : sommes versées, coûts engagés pour le lancement, perte démontrée. Une clause pénale facilite la réclamation, mais le juge peut la réduire si elle est manifestement excessive (article 1231-5 du code civil). Le cabinet dresse le tableau des livrables promis et réalisés, adresse la mise en demeure et choisit la sanction la plus adaptée au dossier.

La marque peut-elle refuser de payer tant que la campagne n'a pas démarré ?

Pas toujours, et cette question se retourne souvent contre l'annonceur. L'exception d'inexécution de l'article 1219 du code civil suppose une inexécution suffisamment grave de l'autre partie. Si le contrat prévoit un acompte avant le lancement, le prestataire peut à son tour suspendre ses prestations tant que l'acompte n'est pas réglé. La cour d'appel de Paris l'a jugé pour une campagne de mise en relation avec des influenceurs et de gestion de réseaux sociaux : faute de paiement de la première facture prévue au contrat, elle a retenu que « la société TLI était fondée à ne pas mettre en oeuvre les prestations proposées » (CA Paris, pôle 5 ch. 5, 9 avril 2026, n° 23/15180). La marque a été condamnée à régler la facture et à indemniser la perte de gains du prestataire. Cet arrêt est défavorable à l'annonceur. Avant de retenir un paiement, il faut relire l'ordre des obligations, vérifier qui devait agir le premier et dater chaque relance. Le cabinet analyse cette chronologie et propose, selon le cas, un paiement sous réserve, une mise en demeure ou une demande de résolution.

Que faire si l'audience annoncée par l'influenceur paraît surévaluée ?

Une audience exagérée peut caractériser un dol si l'influenceur a obtenu le consentement de la marque par des manœuvres, des mensonges ou la dissimulation intentionnelle d'une information déterminante (article 1137 du code civil). La preuve reste exigeante. Dans un partenariat de visibilité conclu par un sponsor avec une ligue sportive, la cour d'appel de Paris a rejeté la demande de nullité fondée sur un nombre de participants que le sponsor estimait gonflé, en retenant que la ligue ne s'était « rendue coupable d'aucune dissimulation ou tromperie » (CA Paris, pôle 5 ch. 11, 24 janvier 2025, n° 22/13807). Le sponsor a même été condamné à payer les sommes dues et des dommages-intérêts. Cette décision défavorable à l'annonceur montre l'intérêt de définir l'indicateur dans le contrat : abonnés, vues uniques, portée, public situé en France, et de faire garantir l'exactitude des statistiques remises avant la signature. La marque peut aussi demander des captures issues des outils de la plateforme plutôt que des chiffres recopiés. Le cabinet rédige ces garanties, compare les statistiques avant et après la campagne et apprécie s'il existe une base sérieuse pour contester le contrat.

La marque travaille avec une agence ou une plateforme d'affiliation : quelles clauses surveiller ?

L'agence est souvent le seul cocontractant de la marque, alors que les créateurs agissent sous son contrôle. Le contrat doit dire qui choisit les influenceurs, qui valide les contenus, qui répond des manquements et qui paie chaque créateur. L'agent d'influenceur doit éviter les conflits d'intérêts et veiller à la conformité de son activité (loi n° 2023-451, art. 7), mais la marque reste solidairement responsable envers les tiers (loi n° 2023-451, art. 8). Les clauses d'exclusivité et de non-sollicitation pèsent aussi sur l'annonceur. Le tribunal des activités économiques de Nanterre a condamné une marque à payer 10 000 euros à une plateforme d'affiliation pour avoir sollicité des affiliés de son réseau, après avoir réduit la pénalité de 45 000 euros réclamée, en retenant qu'elle ne pouvait pas « de bonne foi, au moment de la rupture contentieuse du contrat, revendiquer la nullité des clauses du contrat » (TAE Nanterre, 5e ch., 9 décembre 2025, n° 2023F01901). Le même jugement a rejeté la demande fondée sur l'exclusivité, faute de préjudice démontré. Avant de quitter une agence pour contracter directement avec un créateur, la marque doit donc relire la durée de ces clauses. Le cabinet vérifie ces engagements et les conditions de sortie, afin d'identifier et de limiter le risque de pénalité.

L'influenceur est installé hors de l'Union européenne : quelles précautions pour la marque ?

Le créateur installé en dehors de l'Union, de l'Espace économique européen et de la Suisse qui cible un public en France, lorsqu'il exerce sous forme de société ou comme entrepreneur individuel au sens du code de commerce, doit nommer par écrit un représentant établi dans l'Union (loi n° 2023-451, art. 9). Ce représentant garantit la conformité des contrats d'influence visant le public français et répond aux demandes des autorités. Le II du même article impose séparément à tout créateur établi hors de ces États, dès lors qu'il vise même accessoirement le public français, une assurance de responsabilité civile professionnelle souscrite auprès d'un assureur établi dans l'Union. La marque a intérêt à obtenir la copie de cette désignation et l'attestation d'assurance avant la signature, puis à les annexer au contrat. Le 5° du I de l'article 8 impose en outre de soumettre le contrat au droit français lorsque la campagne vise notamment un public établi en France. Ces exigences protègent la marque, tenue pour le tout envers les tiers lésés, qui aura besoin d'un interlocuteur et d'un patrimoine saisissable en cas de difficulté. Le cabinet contrôle l'identité de la structure qui facture, sa résidence fiscale, le représentant désigné et la couverture d'assurance, puis il adapte les clauses de paiement à ce niveau de risque.

Un ancien partenaire continue d'exploiter la notoriété de la campagne : quel recours ?

Une fois le contrat terminé, l'ancien partenaire ne peut plus utiliser la marque, ses visuels ou sa campagne comme s'il en restait associé. À défaut de droit de propriété intellectuelle invocable, la marque peut agir en parasitisme sur le fondement de l'article 1240 du code civil. La chambre commerciale admet cette action quel que soit le statut des parties, « dès lors que l'auteur se place dans le sillage de la victime en profitant indûment de ses efforts, de son savoir-faire, de sa notoriété ou de ses investissements » (Cass. com., 16 février 2022, n° 20-13.542). Dans cette affaire, des affiches de campagne avaient été détournées quelques jours après leur lancement. La marque doit prouver la reprise, sa date, sa diffusion et les investissements qu'elle avait engagés. Le contrat d'influence peut prévenir cette difficulté en fixant la date de retrait des contenus sponsorisés, l'interdiction de se présenter comme ambassadeur après la fin du contrat et le sort des codes promotionnels. Le cabinet fait constater les usages litigieux, adresse une mise en demeure et, si la reprise continue, engage l'action adaptée.

Un contrat d'influence à signer ou une campagne qui dérape ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez le contrat, le brief et les publications concernées : le cabinet vérifie les clauses, la position de la marque et la réponse à donner.

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