Image d'un salarié, d'un bien, de locaux ou d'une marque : l'entreprise face à l'image
Avocat droit à l'image à Paris : salariés, biens et marques de l'entreprise.
Photographie d'un salarié sur le site ou une plaquette, vidéo tournée dans des locaux, cliché d'un immeuble repris dans une publicité, visuels d'une campagne détournés : chaque situation relève d'un fondement distinct. Le cabinet examine l'autorisation, le support et le droit invoqué avant toute demande de retrait.
Une autorisation d'image se lit dans ses termes exacts : durée, supports, territoire et contextes exclus. Conservez l'écrit signé, les captures datées et l'adresse précise de chaque diffusion avant tout retrait.
Droit à l'image · Paris
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Envoyez l'autorisation signée, les captures datées, le contrat de travail ou de prestation et les échanges sur le retrait : le cabinet examine le fondement applicable et les preuves disponibles.
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première lecture
juridique
Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Droit à l'image : ce que l'entreprise doit vérifier
Propriété intellectuelle · Paris 17e
Ce que fait un avocat droit à l'image à Paris
- Barreau de Paris
- Propriété intellectuelle
- Image et entreprise
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, intervient en propriété intellectuelle et sur les questions d'image qui se posent dans la vie d'une entreprise.
Le cabinet part d'une question simple : quelle image, appartenant à qui, diffusée par qui et sur quel support ? Le portrait d'un salarié, la façade d'un immeuble et l'affiche d'une marque n'obéissent pas aux mêmes règles, et une erreur de fondement compromet la demande dès la mise en demeure.
La protection de l'image d'une personne physique repose sur l'article 9 du code civil. L'image d'un bien relève du droit de propriété de l'article 544 et de l'exigence d'un trouble anormal. Les visuels d'une marque se défendent par la responsabilité civile de l'article 1240, au titre du parasitisme ou du dénigrement, et parfois par le droit d'auteur.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
L'image du salarié
Une autorisation donnée pendant le contrat ne vaut pas sans limite : sa durée, ses supports et son lien avec l'exécution du contrat décident de sa portée.
L'image d'un bien ou de locaux
Le propriétaire n'a pas de droit exclusif sur l'image de sa chose, mais il peut agir contre un usage qui lui cause un trouble anormal.
L'image d'une marque
Une société ne peut invoquer sa vie privée. Elle protège ses visuels et sa réputation par d'autres voies, qu'il faut choisir avec soin.
Les règles
Salarié, bien, marque : les règles applicables
Cinq règles organisent l'analyse selon la nature de l'image en cause.
- Le salarié conserve un droit sur son image pendant et après le contrat. La chambre sociale approuve une cour d'appel qui, relevant que les limites d'une autorisation donnée sans limitation dans le temps n'étaient pas stipulées de façon suffisamment claire quant à sa durée, en a conclu que « ladite autorisation devait cesser à la rupture du contrat de travail » (Cass. soc., 13 mai 2026, n° 24-19.117). Chaque écrit se lit donc dans ses termes, et la photographie maintenue sur le site après la rupture a ouvert droit à réparation sur le fondement de l'article 9 du code civil.
- Pour l'image d'une personne, la réparation ne dépend pas de la preuve d'un dommage distinct. La Cour de cassation a cassé l'arrêt qui exigeait un préjudice personnel, au motif que « la seule constatation de l'atteinte au droit à l'image ouvre droit à réparation » (Cass. soc., 19 janvier 2022, n° 20-12.420). L'arrêt consacre le droit à réparation sans fixer de barème ni de critères de calcul du montant.
- L'image d'un bien n'appartient pas en exclusivité à son propriétaire. L'assemblée plénière pose que « le propriétaire d'une chose ne dispose pas d'un droit exclusif sur l'image de celle-ci » (Cass. ass. plén., 7 mai 2004, n° 02-10.450) et réserve l'action au cas où l'utilisation par un tiers cause un trouble anormal, dont la preuve incombe au propriétaire.
- Une vidéo tournée dans des locaux sans autorisation peut justifier un référé fondé sur l'article 544 du code civil et l'article 835 du code de procédure civile. La première chambre civile admet le trouble manifestement illicite sous réserve d'une mise en balance avec la liberté d'expression, déjà exigée en 2024 (Cass. 1re civ., 10 juillet 2024, n° 22-23.170) et précisée en 2026 (Cass. 1re civ., 14 octobre 2026, n° 25-16.277).
- Une personne morale ne dispose pas d'un droit à la vie privée. La Cour de cassation énonce que « seules les personnes physiques peuvent se prévaloir d'une atteinte à la vie privée au sens de l'article 9 du code civil » (Cass. 1re civ., 17 mars 2016, n° 15-14.072). L'entreprise protège alors son nom, ses locaux, sa réputation et ses campagnes par d'autres fondements.
Le même cliché peut réunir l'image d'un salarié, celle de locaux et une œuvre protégée : chaque droit appelle sa propre preuve et son propre titulaire, et une demande mal fondée sur l'un ne se rattrape pas toujours par l'autre.
Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre position
Les pièces changent selon que vous êtes la personne représentée, le propriétaire du bien ou l'entreprise qui diffuse.
Position A
Votre image ou votre bien est exploité
- Captures datées de chaque diffusion, avec l'adresse exacte de la page et le support utilisé
- Autorisation signée, contrat de travail, avenant ou courriel par lequel l'accord aurait été donné
- Date de départ de l'entreprise ou de fin de la prestation, et demandes de retrait déjà envoyées
- Titre de propriété, plans ou photographies montrant les limites du bien ou des locaux filmés
Position B
Votre entreprise diffuse ou est mise en cause
- Autorisations recueillies, avec leur durée, leurs supports, leur territoire et les contextes exclus
- Inventaire des supports où figure l'image : site, réseaux, plaquettes, présentations, salons
- Mise en demeure ou assignation reçue, avec la date de première réclamation
- Contrats avec le photographe, l'agence ou la banque d'images et licences correspondantes
Ne supprimez pas une image contestée avant d'avoir conservé une preuve datée de sa diffusion : la durée et l'étendue de l'usage servent à apprécier la réparation dans un sens comme dans l'autre.
Le cabinet traite aussi :
- Droit d'auteur
- Droit des marques
- Droit audiovisuel
- Propriété intellectuelle
La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Identifier l'image, lire l'autorisation, choisir le fondement, puis agir de façon proportionnée.
Étape 1
Identifier l'image et son titulaire
Personne physique reconnaissable, immeuble, intérieur de locaux, logo ou campagne : la nature de l'image détermine le droit invoqué et la personne qui peut agir.
Étape 2
Lire l'autorisation
Le cabinet compare chaque diffusion aux limites écrites de l'accord : durée, supports, territoire, contextes exclus et rattachement à l'exécution du contrat.
Étape 3
Choisir le fondement
Article 9 du code civil pour une personne, article 544 et trouble anormal pour un bien, article 1240 pour le parasitisme ou le dénigrement, droit d'auteur pour une œuvre.
Étape 4
Demander le retrait ou se défendre
Mise en demeure ciblée, négociation d'un retrait ou d'une licence, référé lorsque le trouble est manifeste, ou action au fond pour la réparation.
Une même publication peut mettre en jeu plusieurs droits : l'image du salarié, celle des locaux et la photographie elle-même. Chaque droit a son titulaire et sa preuve.
Le calendrier
La chronologie d'un litige sur l'image
De la découverte de la diffusion à l'accord ou à la décision.
Découverte de la diffusion
Dès la constatation. Captures datées, adresse précise, support et contexte de chaque publication, sans attendre un éventuel retrait.
Lecture de l'autorisation
Recherche de l'écrit, de ses limites et de la date de fin du contrat de travail ou de prestation.
Qualification
Image d'une personne, d'un bien, de locaux ou d'une marque : choix du fondement et de la juridiction.
Mise en demeure
Demande de retrait ciblée et, selon le cas, proposition de régularisation par une autorisation ou une licence.
Référé si nécessaire
Lorsque le trouble est manifeste et que la diffusion continue, demande de retrait sous astreinte devant le juge des référés.
Réparation
Action au fond, en principe dans les cinq ans de l'article 2224 du code civil à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits, ou transaction.
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucune demande ne doit reposer sur une capture isolée ou un accord supposé.
- Identification : la personne est-elle reconnaissable, le bien ou les locaux sont-ils identifiables sur l'image diffusée.
- Autorisation : existence d'un écrit, durée, supports, territoire, contextes exclus et lien avec l'exécution du contrat.
- Titulaire du droit : salarié, propriétaire, exploitant des locaux, société titulaire de la campagne, photographe ou architecte.
- Contexte de diffusion : usage commercial, information du public, débat d'intérêt général, publication interne ou externe.
- Dates : première diffusion, fin du contrat, demande de retrait, retrait effectif et point de départ de la prescription.
Synthèse
Situation, preuve, réponse
Les configurations fréquentes permettent de fixer la première priorité du dossier.
Situation
Photo d'un ancien salarié toujours en ligne
Preuve décisive : Captures datées, autorisation signée, date de rupture du contrat et demande de retrait.
Délai : Le maintien après la rupture se documente dès la sortie de l'entreprise.
Action utile : Mise en demeure de retrait, puis demande de réparation sur le fondement de l'article 9.
Situation
Salarié photographié pour une plaquette commerciale
Preuve décisive : Plaquette, date de la séance, consignes reçues et absence ou contenu de l'autorisation.
Délai : Chaque campagne ou réédition constitue un usage distinct à dater.
Action utile : Vérifier l'accord à chaque usage, régulariser ou demander réparation.
Situation
Images de vidéosurveillance utilisées contre un salarié
Preuve décisive : Note d'information, finalité déclarée, consultation des représentants du personnel et autres preuves disponibles.
Délai : La contestation se présente dès la procédure disciplinaire ou prud'homale.
Action utile : Discuter la licéité et la proportionnalité de la preuve produite.
Situation
Immeuble ou commerce repris dans une publicité
Preuve décisive : Support publicitaire, place de l'image, confusion possible et conséquences concrètes sur la jouissance.
Délai : Conserver l'état de la diffusion avant toute modification du support.
Action utile : Démontrer un trouble anormal ou renoncer à une action vouée à l'échec.
Situation
Vidéo tournée dans des locaux sans autorisation
Preuve décisive : Constat de la diffusion, plans des locaux, conditions d'accès et répercussions de la publication.
Délai : Le référé permet de faire cesser un trouble manifestement illicite ou de prévenir un dommage imminent ; agir vite préserve surtout les preuves.
Action utile : Référé fondé sur les articles 544 du code civil et 835 du code de procédure civile.
Situation
Campagne ou visuels d'une marque détournés
Preuve décisive : Investissements de la campagne, dates de lancement, reprise par le tiers et confusion créée.
Délai : La chronologie entre la campagne et sa reprise doit être établie.
Action utile : Action en parasitisme ou en dénigrement, et droit d'auteur si les visuels sont originaux.
Questions fréquentes
Vos questions : droit à l'image
Mon employeur peut-il mettre ma photo sur le site de l'entreprise sans écrit signé ?
Le droit dont une personne dispose sur son image découle de l'article 9 du code civil et couvre la captation, la conservation, la reproduction et l'utilisation de cette image. Le lien de subordination ne donne pas à l'employeur un droit d'utiliser le visage de ses salariés pour sa communication. La chambre sociale a cassé un arrêt qui refusait toute indemnité à des salariés photographiés avec leur équipe pour le site internet, en rappelant que « la seule constatation de l'atteinte au droit à l'image ouvre droit à réparation » (Cass. soc., 19 janvier 2022, n° 20-12.420). L'écrit n'est pas exigé par un texte, mais il est la seule manière sûre de prouver l'accord et d'en fixer les limites. Un accord oral ou tacite reste discuté, et c'est à celui qui diffuse de l'établir. Le cabinet examine la date de la photographie, l'usage qui en est fait et les échanges éventuels, puis indique si une demande de retrait ou une régularisation est la voie la plus adaptée.
J'ai signé une autorisation sans durée : vaut-elle encore après mon départ ?
La Cour de cassation s'est prononcée sur cette situation précise le 13 mai 2026 (Cass. soc., 13 mai 2026, n° 24-19.117). Un salarié avait signé en 2014 un écrit autorisant son employeur à exploiter son image, sans limitation dans le temps, et sa photographie était restée sur le site après la rupture. La chambre sociale approuve la cour d'appel d'avoir jugé que les limites de l'autorisation n'étaient pas stipulées de façon suffisamment claire quant à sa durée. Elle valide la conclusion selon laquelle « ladite autorisation devait cesser à la rupture du contrat de travail » (Cass. soc., 13 mai 2026, n° 24-19.117). L'usage postérieur ouvrait donc droit à réparation. La solution ne condamne pas toute autorisation large : la Cour rappelle que les parties restent libres de fixer clairement la durée, le territoire, les supports et les contextes exclus. Le cabinet lit l'écrit signé clause par clause et le confronte à chaque diffusion postérieure au départ.
Avoir posé lors de la séance photo de l'entreprise vaut-il accord pour toutes les diffusions ?
Non, la participation à une séance ne prouve pas, à elle seule, l'accord pour toutes les utilisations ultérieures. La cour d'appel de Versailles a jugé, pour un salarié photographié en studio et présenté ensuite dans des plaquettes adressées aux clients, que « la circonstance qu'il ait accepté la prise de photographies n'étant pas suffisante pour caractériser son consentement tacite à leur conservation, leur reproduction et leur utilisation » (CA Versailles, ch. soc. 4-4, 15 janvier 2025, n° 24/01138). Elle a relevé que l'employeur avait décidé la séance dans le cadre de son pouvoir de direction et a alloué 2 000 euros pour chacune des deux campagnes. Cette décision d'appel est rendue sur des faits précis et ne fixe pas un barème. Elle montre toutefois qu'une plaquette réservée aux clients reste une utilisation de l'image. Pour l'entreprise, la conséquence pratique est simple : faire signer avant la séance une autorisation qui décrit les usages prévus et leur durée.
Que doit contenir une autorisation d'exploitation de l'image d'un salarié ?
L'arrêt du 13 mai 2026 donne la grille de lecture : l'article 9 du code civil est seul applicable à la cession du droit à l'image, à l'exclusion notamment du code de la propriété intellectuelle, et relève de la liberté contractuelle. L'autorisation tient lorsque les parties ont stipulé de façon suffisamment claire sa durée, son domaine géographique, la nature des supports et l'exclusion de certains contextes. La Cour ajoute que « la méconnaissance de ce texte peut être invoquée lorsque la diffusion litigieuse ne se rattache pas à l'exécution du contrat » (Cass. soc., 13 mai 2026, n° 24-19.117). Une clause utile précise donc les supports visés (site, réseaux, plaquettes, salons), la durée, le sort de l'image à la fin du contrat et la possibilité d'un retrait. Elle doit rester proportionnée au but recherché, conformément à l'article L. 1121-1 du code du travail. Le cabinet rédige ou relit ces clauses pour qu'elles correspondent aux usages réels de l'entreprise.
L'employeur peut-il filmer les salariés et produire ces images contre eux ?
L'article L. 1222-4 du code du travail interdit de collecter une information personnelle sur un salarié par un dispositif qui n'a pas été porté préalablement à sa connaissance. Une vidéosurveillance non déclarée aux salariés fournit donc une preuve illicite, ce qui n'entraîne pas automatiquement son rejet. La chambre sociale exige du juge un contrôle en plusieurs temps : « le juge doit d'abord s'interroger sur la légitimité du contrôle opéré par l'employeur et vérifier s'il existait des raisons concrètes qui justifiaient le recours à la surveillance et l'ampleur de celle-ci » (Cass. soc., 8 mars 2023, n° 21-17.802). Il recherche ensuite si un moyen moins intrusif permettait le même résultat, puis apprécie la proportionnalité de l'atteinte. Dans cette affaire, les enregistrements ont été écartés parce que l'employeur disposait d'un audit qu'il n'avait pas produit. Il s'agit ici de la preuve et de la vie personnelle du salarié, non d'une exploitation de son image, mais la question se pose souvent dans le même dossier.
Un salarié peut-il publier sur ses réseaux l'image d'un produit ou d'une collection de l'entreprise ?
La question ne relève plus du droit à l'image du salarié mais de ses obligations envers l'employeur. Dans une affaire jugée par la chambre sociale, une salariée avait publié la photographie d'une collection encore confidentielle sur un compte privé comptant plus de deux cents contacts professionnels de la mode (Cass. soc., 30 septembre 2020, n° 19-12.058). Le contrat contenait une clause de confidentialité. La Cour approuve la cour d'appel d'avoir jugé que « cette publication caractérisait un manquement à l'obligation contractuelle de confidentialité de la salariée et constituait une faute grave rendant impossible son maintien dans l'entreprise » (Cass. soc., 30 septembre 2020, n° 19-12.058). La décision est défavorable au salarié : la publication d'une image de produit peut fonder un licenciement. Elle admet aussi la production d'éléments tirés d'un compte privé lorsque cette production est indispensable au droit à la preuve et proportionnée. Le cabinet vérifie la clause de confidentialité, le caractère public ou non de l'information et le mode d'obtention de la preuve.
Une société peut-elle invoquer un droit à l'image ou sa vie privée ?
Non sur le terrain de la vie privée, et la réponse est défavorable aux entreprises qui la tentent. La Cour de cassation a cassé un arrêt qui avait ordonné le retrait d'une caméra au nom de la vie privée d'une boulangerie, en jugeant que « seules les personnes physiques peuvent se prévaloir d'une atteinte à la vie privée au sens de l'article 9 du code civil » (Cass. 1re civ., 17 mars 2016, n° 15-14.072). Elle reconnaît en revanche aux personnes morales un droit à la protection de leur nom, de leur domicile, de leurs correspondances et de leur réputation. L'entreprise agit donc sur d'autres fondements : le droit de propriété de l'article 544 du code civil pour ses locaux, la responsabilité de l'article 1240 pour le dénigrement ou le parasitisme, le droit des marques ou le droit d'auteur pour ses signes et visuels. Le choix du fondement conditionne la recevabilité de la demande et la juridiction compétente. Le cabinet le fixe avant toute mise en demeure.
Un tiers peut-il utiliser la photo de notre immeuble ou de notre commerce dans sa publicité ?
Le principe joue contre le propriétaire : l'assemblée plénière juge que « le propriétaire d'une chose ne dispose pas d'un droit exclusif sur l'image de celle-ci » (Cass. ass. plén., 7 mai 2004, n° 02-10.450). Il peut seulement s'opposer à l'utilisation de cette image par un tiers lorsqu'elle lui cause un trouble anormal. Dans cette affaire, un hôtel particulier classé figurait sur le dépliant d'un promoteur pour illustrer l'environnement d'un programme voisin, et la demande a été rejetée faute de trouble établi. La cour d'appel d'Aix-en-Provence a, à l'inverse, ordonné en référé le retrait de cinq photographies présentant le parc d'un voisin comme une partie de l'hôtel mis en vente, retenant que « plus qu'une atteinte causée à l'image du parc, l'illicéité du trouble résulte de l'exploitation d'images représentant le parc, comme faisant partie intégrante de l'hôtel » (CA Aix-en-Provence, ch. 1-2, 6 novembre 2025, n° 24/14250). Elle a refusé le retrait des vues de façade et l'interdiction de toute utilisation future. Le trouble se prouve donc par la confusion ou l'atteinte concrète à la jouissance, non par la seule reproduction.
Une vidéo tournée dans nos locaux sans autorisation peut-elle être retirée en référé ?
Oui, sous conditions. La première chambre civile juge, sur le fondement de l'article 544 du code civil et de l'article 835 du code de procédure civile, qu'un propriétaire peut s'opposer à la diffusion d'une vidéo réalisée sur sa propriété. Elle précise : « Peut caractériser un tel trouble la diffusion d'une vidéo, tournée à l'intérieur de ses locaux sans son autorisation, peu important qu'elle l'ait été ou non au cours d'une intrusion et que son auteur soit ou non identifié » (Cass. 1re civ., 10 juillet 2024, n° 22-23.170). Le pourvoi de l'association auteur de la vidéo a été rejeté. Le juge des référés peut faire cesser un trouble manifestement illicite ou prévenir un dommage imminent, à condition de disposer d'un constat de la publication et de la preuve que les images ont bien été prises dans les locaux sans accord. Le juge doit toutefois mettre ce droit en balance avec la liberté d'expression, comme le rappelle déjà cet arrêt et comme la Cour l'a précisé en 2026. Le cabinet prépare le constat, les plans et la chronologie avant la saisine.
Une association ou un média peut-il diffuser des images de nos installations au nom de l'intérêt général ?
La liberté d'expression protège la diffusion d'informations sur un sujet d'intérêt général, et le juge doit la concilier avec le droit de propriété. Le 14 octobre 2026, la première chambre civile a précisé que le retrait d'une vidéo tournée dans des locaux d'élevage ne se justifie que si, après mise en balance des intérêts, cette mesure répond à un besoin social impérieux (Cass. 1re civ., 14 octobre 2026, n° 25-16.277). Elle a pourtant cassé l'arrêt qui avait rejeté les demandes de la société, parce que la cour d'appel avait statué « sans se prononcer sur les éléments invoqués au titre des répercussions de la diffusion de la vidéo » (Cass. 1re civ., 14 octobre 2026, n° 25-16.277). Ces répercussions tenaient à des réactions violentes en ligne et à des tracts visant la société et ses salariés. L'affaire est renvoyée devant la cour d'appel de Rennes : rien n'est encore jugé au fond. Pour une entreprise, la leçon porte sur la preuve : documenter précisément les conséquences de la diffusion sur l'activité, les salariés et la sécurité.
Un concurrent ou un tiers reprend nos visuels ou notre campagne : quelle action ?
Une campagne publicitaire ne relève pas du droit à l'image au sens de l'article 9, mais elle peut être protégée par la responsabilité civile. La chambre commerciale admet l'action en parasitisme, fondée sur l'article 1240 du code civil, quels que soient le statut ou l'activité des parties, « dès lors que l'auteur se place dans le sillage de la victime en profitant indûment de ses efforts, de son savoir-faire, de sa notoriété ou de ses investissements » (Cass. com., 16 février 2022, n° 20-13.542). Dans cette affaire, des affiches d'une association de protection animale avaient été détournées quelques jours après leur lancement au profit d'autres causes, et la condamnation a été maintenue. La preuve porte sur les investissements engagés, la notoriété de la campagne, la date de la reprise et l'affaiblissement du message. Si les visuels sont originaux, le droit d'auteur peut s'ajouter, et le droit des marques lorsque les conditions d'une atteinte à la marque sont réunies, ce que la seule reproduction du signe ne suffit pas à établir. Le cabinet articule ces fondements sans les confondre.
Peut-on photographier un bâtiment récent pour un usage commercial ?
Deux droits peuvent se cumuler sur un bâtiment : celui du propriétaire, limité au trouble anormal, et celui de l'architecte lorsque l'ouvrage est une œuvre originale encore protégée. L'article L. 122-5, 11°, du code de la propriété intellectuelle autorise les reproductions d'œuvres architecturales placées en permanence sur la voie publique, mais seulement lorsqu'elles sont réalisées par des personnes physiques et à l'exclusion de tout usage commercial. Une entreprise qui place la photographie d'un immeuble récent au centre d'une publicité ne bénéficie donc pas de cette exception. Elle doit vérifier l'identité de l'architecte, la date de l'œuvre et le rôle de l'image dans le support. Une simple présence accessoire dans un paysage urbain ne soulève pas les mêmes questions qu'une reproduction centrale. Le cabinet examine aussi la licence du photographe, souvent distincte des droits sur le bâtiment représenté. Une photographie achetée auprès d'une banque d'images ne couvre que les droits que le vendeur détenait réellement, ce qui impose de lire les conditions de la licence avant toute campagne. Si l'image montre aussi des personnes reconnaissables, leur accord reste une question distincte.
Un ancien salarié réclame réparation pour une photo diffusée il y a plusieurs années : est-il hors délai ?
L'action en réparation d'une atteinte à l'image relève en principe de l'article 2224 du code civil : cinq ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits. Le point de départ dépend de la connaissance de la diffusion, qui ne coïncide pas toujours avec la mise en ligne. L'arrêt de Versailles indemnise séparément deux utilisations distinctes, en 2012 et en 2015, sans trancher la prescription ni les effets du maintien en ligne sur son point de départ (CA Versailles, ch. soc. 4-4, 15 janvier 2025, n° 24/01138). L'entreprise doit donc reconstituer la date de chaque usage, la date de rupture du contrat et celle de la première réclamation. Le délai se vérifie selon le fondement de l'action : la seule diffusion dans un média ne soumet pas une atteinte à l'image au régime de la loi du 29 juillet 1881, comme le montre l'arrêt du 10 juillet 2024 pour une action fondée sur la propriété (Cass. 1re civ., 10 juillet 2024, n° 22-23.170). Le cabinet établit cette chronologie avant de répondre à une mise en demeure ou d'engager une action. Du côté de l'entreprise, retirer l'image dès la réclamation limite la durée de l'usage discuté, sans effacer les diffusions antérieures.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
Une image à retirer, une autorisation à vérifier ? Faites le point aujourd'hui.
Envoyez l'autorisation, les captures datées et les échanges déjà réunis : le cabinet identifie le fondement, les preuves à préserver et la réponse adaptée.
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