Design produit, mode et accessoires : dépôt, durée, copie

Avocat dessins et modèles à Paris : collections, design produit et copie.

Vêtement, imprimé textile, sac, chaussure, bijou ou objet de design : la protection dépend de la date de première présentation au public, du choix entre dépôt et modèle non enregistré, puis de la comparaison avec le produit concurrent. Chaque saison impose ses propres échéances.

Une photographie publiée, un défilé ou un salon fixent une date qui commande la suite. Conservez les fichiers datés, les lookbooks et les premières mises en vente avant de déposer ou de dénoncer une copie.

Dessins et modèles · Paris

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Envoyez les croquis datés, les fichiers de création, les premières publications, les reproductions déposées et les captures du produit contesté : le cabinet examine la date utile, le titre invoqué et la comparaison des apparences.

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juridique

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Design et mode : ce qui protège réellement une création

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Propriété intellectuelle · Paris 17e

Ce que fait un avocat dessins et modèles à Paris

  • Barreau de Paris
  • Propriété intellectuelle
  • Design et mode

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir en dessins et modèles auprès des créateurs, des marques de mode, des éditeurs de mobilier et des entreprises qui commercialisent des produits dont l'apparence fait vendre.

Le droit des dessins et modèles protège l'apparence d'un produit, non son idée ni sa fonction. Le cabinet commence par dater la création, identifier sa première présentation au public et recenser les formes déjà connues dans le secteur concerné.

Le code de la propriété intellectuelle (CPI) exige un dessin ou modèle nouveau et doté d'un caractère propre (article L. 511-2 du CPI). Pour une collection saisonnière, la question pratique est souvent de savoir s'il faut déposer, à quel moment, et quelle protection subsiste lorsque rien n'a été déposé.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

La date avant tout

Publication, défilé, salon ou mise en vente : la première divulgation détermine la nouveauté du dépôt et le point de départ de la protection non enregistrée.

Le titre adapté au rythme

Dépôt français, dépôt simplifié prévu pour les industries qui renouvellent souvent leurs formes, modèle de l'Union enregistré ou non : chaque option a sa durée.

La copie se démontre

La comparaison porte sur l'impression d'ensemble des produits, sur leurs dates et, pour un modèle non enregistré, sur la preuve d'une copie effective.

Les règles

Dépôt, durée, copie : les règles qui décident

Quatre règles structurent la protection d'un design de mode ou d'un produit.

  1. Le CPI protège l'aspect extérieur d'un produit, entier ou partiel, qui résulte notamment de ses lignes et de ses contours, de ses couleurs, de sa forme, de sa texture, de ses matériaux ou de son ornementation (article L. 511-1 du CPI). Le modèle doit être nouveau et présenter un caractère propre, apprécié selon l'impression d'ensemble produite sur l'observateur averti (articles L. 511-3 et L. 511-4 du CPI).
  2. La divulgation faite par le créateur ou son ayant cause n'est pas opposée au dépôt si elle date de moins de douze mois (article L. 511-6 du CPI). Le tribunal judiciaire de Paris a jugé, à propos d'un motif publié sur Instagram plus d'un an avant le dépôt, que « Cette divulgation du modèle, rendu accessible au public par ces publications sur un réseau social, intervenues respectivement plus de 14 mois et 12 mois et un jour précédant la date de dépôt de la demande d’enregistrement, est destructrice de nouveauté du modèle français n°20214282, lequel sera en conséquence annulé » (TJ Paris, 3e ch. 3e sect., 8 juillet 2026, n° 23/03033).
  3. L'enregistrement vaut cinq ans depuis la date de dépôt, et le titulaire peut le proroger par tranches de cinq ans dans la limite de vingt-cinq ans (article L. 513-1 du CPI). Sans dépôt, le règlement (CE) n° 6/2002 modifié par le règlement (UE) 2024/2822 protège seulement contre la copie, pendant trois ans courant depuis la première divulgation au public dans l'Union, le modèle qui en remplit les conditions.
  4. Le droit du titulaire couvre les modèles qui laissent à l'observateur averti la même impression visuelle d'ensemble (article L. 513-5 du CPI). Pour un modèle non enregistré, le tribunal rappelle que « Le dessin ou modèle communautaire non enregistré ne confère cependant à son titulaire le droit d'interdire les actes visés au paragraphe 1 que si l'utilisation contestée résulte d'une copie du dessin ou modèle protégé » (TJ Paris, 3e ch. 2e sect., 5 avril 2024, n° 21/15174) ; dans cette affaire de robes, la demande a été entièrement rejetée.

Un dépôt n'efface pas une divulgation trop ancienne, et un modèle non enregistré ne protège pas contre une création indépendante : ces deux limites décident de nombreux litiges de mode.

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir selon votre position

Les dates et les reproductions comptent davantage que les descriptions générales.

Position A

Vous créez ou vous constatez une copie

  • Croquis, fichiers de création, fiches techniques et échanges avec l'atelier, tous datés
  • Première publication, lookbook, défilé, salon ou mise en vente, avec preuve de la date
  • Certificat de dépôt et reproductions déposées, ou preuve de la divulgation dans l'Union
  • Captures, achats tests, factures et photographies du produit concurrent sous plusieurs angles

Position B

Vous êtes accusé de copie

  • Mise en demeure, ordonnance ou procès-verbal de saisie-contrefaçon reçus
  • Dossier de création interne, fournisseurs, dates de conception et de commande
  • Modèles antérieurs du secteur, catalogues et publications datées pouvant détruire la nouveauté
  • Volumes achetés, vendus et en stock, prix et canaux de distribution du produit visé

Ne supprimez ni publication ni fiche produit avant d'en avoir conservé une copie datée : la date de première divulgation sert aussi bien à protéger qu'à contester un modèle.

Le cabinet traite aussi :

  • Droit d'auteur
  • Concurrence déloyale
  • Contrats de cession et de licence
  • Saisie-contrefaçon

La méthode

Comment le cabinet intervient

Dater, choisir le titre, comparer les apparences, puis agir de façon proportionnée.

Étape 1

Reconstituer la chronologie de la création

Le cabinet vérifie les dates de création, de première présentation et de mise en vente, ainsi que les personnes qui ont conçu le modèle et les droits qu'elles ont cédés.

Étape 2

Choisir le dépôt adapté à la collection

Selon le nombre de pièces, leur durée de vie commerciale et les marchés visés, le cabinet examine le dépôt français, le dépôt simplifié ou le recours au modèle de l'Union.

Étape 3

Comparer les produits et qualifier l'atteinte

Les reproductions déposées ou divulguées sont rapprochées du produit contesté pour apprécier l'impression d'ensemble, puis les fondements subsidiaires sont examinés.

Étape 4

Mise en demeure, saisie ou défense

Selon la preuve disponible, le cabinet prépare une mise en demeure, une requête en saisie-contrefaçon, une action au fond ou la réponse argumentée à une accusation.

Une action fondée sur un modèle fragile expose à une demande reconventionnelle en nullité : la validité du titre se vérifie avant d'écrire au concurrent.

Le calendrier

Le calendrier d'une collection

De la création à la saison suivante, chaque étape laisse une trace utile.

  1. Création

    Dès les premiers croquis. Datez les fichiers, conservez les versions intermédiaires et faites signer les cessions par les stylistes et studios extérieurs.

  2. Première présentation

    Défilé, salon, lookbook ou publication : notez la date exacte, le lieu et le public, car elle ouvre le délai de douze mois avant dépôt.

  3. Dépôt

    Déposez les reproductions des pièces stratégiques avant l'expiration de ce délai, en choisissant les vues qui montrent l'apparence revendiquée.

  4. Mise en vente

    Surveillez les places de marché et les enseignes concurrentes, et conservez des achats tests datés en cas de produit suspect.

  5. Constat d'une copie

    Comparez les produits, réunissez la preuve des ventes et choisissez entre mise en demeure, saisie-contrefaçon et action au fond.

  6. Fin de saison

    Vérifiez les échéances de prorogation des dépôts et la durée restante des protections non enregistrées avant toute réédition.

Les vérifications

Ce que le cabinet vérifie avant d'agir

Une action en contrefaçon de modèle repose sur des dates et des images, pas sur une impression générale.

  • Date et forme de la première divulgation : publication, défilé, salon, catalogue ou vente, en France ou dans l'Union.
  • Titre invoqué : dépôt français en vigueur, modèle de l'Union enregistré ou non enregistré, et sa durée restante.
  • Antériorités du secteur : formes et motifs connus qui pourraient priver le modèle de nouveauté ou de caractère propre.
  • Titularité : créateur, employeur, studio extérieur, déposant, et chaîne des cessions écrites.
  • Préjudice : ventes du produit contesté, marges, investissements de création et atteinte à l'image de la collection.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les configurations fréquentes du design et de la mode, et la première priorité de chacune.

Situation

Collection présentée avant tout dépôt

Preuve décisive : Date du défilé, du salon ou de la publication, et reproductions des pièces présentées.

Délai : Douze mois à compter de la divulgation faite par le créateur pour déposer utilement.

Action utile : Sélectionner les pièces à déposer et préparer les vues avant l'échéance.

Situation

Pièce saisonnière non déposée copiée

Preuve décisive : Première divulgation dans l'Union et éléments montrant que le concurrent connaissait le modèle.

Délai : Trois ans depuis cette divulgation pour le modèle de l'Union non enregistré.

Action utile : Établir la copie, puis mise en demeure ou action en contrefaçon.

Situation

Imprimé textile repris par un concurrent

Preuve décisive : Fichier source daté, échantillons, factures du studio et produits reprenant le motif.

Délai : Contrefaçon de modèle : cinq ans depuis le jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître le dernier fait permettant d'agir ; prescription des autres fondements à vérifier séparément.

Action utile : Examiner ensemble modèle, droit d'auteur et concurrence déloyale.

Situation

Sac, chaussure ou bijou d'inspiration voisine

Preuve décisive : Comparaison de l'ensemble des caractéristiques et état de l'art du secteur.

Délai : Agir pendant la commercialisation pour chiffrer les ventes.

Action utile : Mesurer l'impression d'ensemble avant d'invoquer un modèle ou le parasitisme.

Situation

Mise en demeure reçue pour une copie

Preuve décisive : Dossier de création interne, antériorités datées et documents d'achat auprès des fournisseurs.

Délai : Répondre dans le délai fixé, sans reconnaître les faits.

Action utile : Contester la validité du modèle ou l'impression d'ensemble invoquée.

Situation

Saisie-contrefaçon pratiquée dans vos locaux

Preuve décisive : Ordonnance, requête, procès-verbal et liste des éléments saisis.

Délai : Vérifier sans attendre si le saisissant agit au fond dans le délai réglementaire.

Action utile : Contrôler la régularité de la saisie et la solidité du titre invoqué.

Questions fréquentes

Vos questions : dessins et modèles

Combien de temps une collection de vêtements reste-t-elle protégée par un dessin ou modèle ?

Tout dépend du titre choisi. Un dépôt à l'INPI vaut cinq ans depuis sa date, et le titulaire peut le proroger par tranches de cinq ans jusqu'à atteindre vingt-cinq ans, selon l'article L. 513-1 du CPI. Le modèle de l'Union enregistré obéit à la même logique de cinq ans renouvelables jusqu'à vingt-cinq ans, d'après l'article 12 du règlement (CE) n° 6/2002 modifié par le règlement (UE) 2024/2822. Sans aucun dépôt, ce même règlement accorde au modèle de l'Union non enregistré une protection de trois ans, courant depuis sa première divulgation au public dans l'Union, à condition qu'il soit nouveau et présente un caractère individuel. Pour une collection dont la vie commerciale ne dépasse pas une ou deux saisons, cette protection courte peut suffire, mais elle ne permet d'interdire que la copie. Les pièces reconduites d'une saison à l'autre, les modèles emblématiques et les accessoires durables justifient plus souvent un dépôt. Le cabinet examine avec vous la durée de vie commerciale de chaque pièce avant de recommander une stratégie, plutôt que de déposer l'ensemble de la collection par principe.

Le dépôt simplifié convient-il aux créations de mode renouvelées chaque saison ?

L'article L. 512-2 du CPI prévoit que, pour les dessins ou modèles relevant d'industries qui renouvellent fréquemment la forme et le décor de leurs produits, le dépôt peut être effectué sous une forme simplifiée, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État. La mode, la maroquinerie et les accessoires entrent naturellement dans cette logique de renouvellement rapide. Le même article attache cependant une conséquence sévère à ce choix : la déchéance des droits est prononcée si le dépôt n'a pas été rendu conforme aux prescriptions générales au plus tard six mois avant la date prévue pour sa publication. Le dépôt simplifié permet donc de protéger rapidement un grand nombre de pièces, mais il impose un suivi précis des échéances de mise en conformité pour les pièces que l'entreprise souhaite conserver. Le dépôt simplifié entraîne de plein droit l'ajournement de la publication à trois ans, selon l'article R. 512-10 du CPI. Au plus tard six mois avant le terme de ce délai, soit trente mois après le dépôt, le déposant doit renoncer par écrit à l'ajournement, remettre des reproductions conformes et justifier du paiement des redevances, faute de quoi la déchéance totale ou partielle des droits est constatée, selon l'article R. 512-11 du CPI. Les pièces non régularisées perdent donc leur protection, tandis que les pièces reconduites doivent être identifiées avant cette échéance.

Que vaut le délai de douze mois après la présentation d'un défilé ou d'un lookbook ?

L'article L. 511-6 du CPI écarte, pour apprécier la nouveauté et le caractère propre, la divulgation intervenue dans les douze mois précédant le dépôt lorsqu'elle émane du créateur ou de son ayant cause, ou d'un tiers agissant à partir de leurs informations. Ce délai protège la marque qui présente sa collection avant de choisir les pièces à déposer. Il ne se prolonge pas : la date de la première présentation au public reste le point de départ. Dans une affaire jugée en 2026, un motif imprimé sur des vêtements avait été publié sur un compte Instagram personnel plus de quatorze mois avant le dépôt, puis par une boutique douze mois et un jour avant ce dépôt. Le tribunal judiciaire de Paris a annulé le modèle pour défaut de nouveauté et rejeté en conséquence toutes les demandes en contrefaçon fondées sur lui (TJ Paris, 3e ch. 3e sect., 8 juillet 2026, n° 23/03033). Il faut donc conserver la trace de chaque défilé, lookbook, salon professionnel et publication, puis déposer avant l'expiration du délai les pièces que l'entreprise entend défendre. Le cabinet reconstitue cette chronologie avant tout dépôt.

Un imprimé textile se protège-t-il comme dessin ou comme œuvre ?

Les deux voies peuvent coexister, mais elles reposent sur des exigences distinctes. Le dessin ou modèle protège l'apparence nouvelle dotée d'un caractère propre, tandis que le droit d'auteur protège une œuvre originale. L'article L. 112-2 du CPI range d'ailleurs parmi les œuvres de l'esprit les créations des industries saisonnières de l'habillement et de la parure, ce qui ne dispense pas de démontrer l'originalité. Le tribunal judiciaire de Paris a ainsi refusé la protection à un imprimé floral de style impressionniste, en relevant à propos des adaptations invoquées que « Pour autant, ces adaptations relèvent plutôt de la maîtrise technique de la styliste, sans présenter en elles-mêmes aucune originalité particulière » (TJ Paris, 3e ch. 2e sect., 14 juin 2024, n° 21/08559). Toutes les demandes ont été rejetées, y compris celles fondées sur la concurrence déloyale. Dans une autre affaire de motif textile, le même tribunal a jugé que les déclinaisons revendiquées n'étaient pas originales, mais il a retenu la concurrence déloyale de plusieurs sociétés et alloué 35 000 euros de dommages et intérêts (TJ Paris, 3e ch. 2e sect., 6 février 2026, n° 22/14500). Ces décisions défavorables au droit d'auteur montrent l'intérêt d'un dépôt pour les motifs importants, et d'un dossier de création précis pour expliquer les choix du créateur.

Quelle différence entre un modèle non enregistré et un modèle déposé face à une copie ?

Le modèle déposé protège contre tout produit qui laisse à l'observateur averti la même impression visuelle d'ensemble, selon l'article L. 513-5 du CPI, même si le concurrent n'a jamais vu le modèle. Le modèle de l'Union non enregistré ne permet d'interdire que la copie : le règlement (CE) n° 6/2002 modifié par le règlement (UE) 2024/2822 exclut la création indépendante d'un créateur qui pouvait raisonnablement ignorer le modèle divulgué. Le titulaire doit aussi établir la date de première divulgation dans l'Union et les conditions de protection. Dans une affaire d'imprimé de feuillages reproduit sur une chemise et un pantalon, le tribunal judiciaire de Paris a retenu que « Le dessin figurant sur les produits litigieux présente ainsi une impression visuelle globale identique à celle du dessin ou modèle non enregistré de la société Monoprix et résulte à l’évidence d’une copie » (TJ Paris, 3e ch. 2e sect., 26 janvier 2024, n° 22/10372). Il a alloué une provision de 15 000 euros au titre de la contrefaçon. Le modèle ayant expiré, l'interdiction des ventes a été ordonnée en tant que de besoin sur le fondement du parasitisme, tandis que la demande indemnitaire supplémentaire en concurrence déloyale a été rejetée, faute de faits distincts de la contrefaçon. Dans l'affaire jugée le 8 juillet 2026, en revanche, une publication Instagram peu diffusée n'a pas suffi, à elle seule, à établir une divulgation connue des milieux spécialisés et à faire naître ce modèle non enregistré (TJ Paris, 3e ch. 3e sect., 8 juillet 2026, n° 23/03033). Le choix entre ces deux régimes se fait donc avant la copie, au moment de la collection.

Qui est titulaire d'un modèle dessiné par un styliste salarié ou indépendant ?

L'article L. 511-9 du CPI accorde la protection au créateur ou à son ayant cause et regarde l'auteur de la demande d'enregistrement, sauf preuve contraire, comme le bénéficiaire de cette protection. La Cour de cassation a précisé que « La présomption résultant de ce texte en faveur du déposant ne peut être renversée qu'en présence d'une revendication de propriété du dessin ou modèle émanant de la ou des personnes physiques l'ayant réalisé » (Cass. com., 31 janvier 2024, n° 22-20.409). Dans cette affaire, la cour d'appel avait déclaré irrecevable l'action d'une société déposante au motif que la cession invoquée n'avait pas été inscrite au registre ; l'arrêt a été cassé avec renvoi. Un concurrent poursuivi ne peut donc pas, en principe, contester la titularité du déposant en invoquant seulement l'absence de publication d'une cession. Cette présomption ne remplace pas pour autant les contrats. Pour le modèle de l'Union, l'article 14 du règlement (CE) n° 6/2002 modifié par le règlement (UE) 2024/2822 attribue le droit à l'employeur lorsque le modèle est réalisé par un salarié dans l'exercice de ses obligations ou suivant ses instructions, sauf convention contraire ou disposition contraire de la législation nationale applicable. Lorsque le modèle est conçu par un styliste indépendant, un studio ou un bureau de création, un écrit précis sur les créations visées et cohérent avec le dépôt reste la meilleure précaution, l'article L. 513-2 du CPI permettant de céder ou de concéder le droit issu de l'enregistrement. L'acte qui transmet les droits sur un modèle déposé n'est opposable aux tiers qu'après son inscription au Registre national des dessins et modèles, sous la réserve prévue par l'article L. 513-3 du CPI. Le cabinet vérifie cette chaîne des droits avant le dépôt.

La forme d'une chaussure ou d'un sac imposée par sa fonction peut-elle être protégée ?

Non pour les caractéristiques exclusivement imposées par la fonction technique du produit, que l'article L. 511-8 du CPI exclut de la protection. Le même texte écarte les formes et dimensions qui doivent nécessairement être reproduites pour qu'un produit puisse être raccordé mécaniquement à un autre. Une semelle, une fermeture, une anse ou une poignée peuvent pourtant comporter des choix esthétiques qui dépassent la seule contrainte fonctionnelle. L'analyse consiste alors à distinguer, sur les reproductions déposées, ce qui relève de la fonction et ce qui relève de l'apparence, en tenant compte de la liberté dont disposait le créateur, que l'article L. 511-4 du CPI impose de prendre en considération pour apprécier le caractère propre. Les contraintes techniques qui pèsent sur le créateur, comme les formes déjà connues du secteur, se démontrent par des pièces datées et non par une affirmation générale. Le cabinet recense les formes connues du marché avant de déposer ou d'agir, pour éviter qu'une action fondée sur des caractéristiques fonctionnelles se termine par une demande reconventionnelle en nullité du modèle.

Une enseigne reprend l'esprit d'une collection sans copier un modèle précis : quel recours ?

Lorsqu'aucun modèle n'est reproduit, la voie possible est la concurrence déloyale ou le parasitisme, fondés sur l'article 1240 du code civil. La Cour de cassation rappelle que « Le parasitisme résulte d'un ensemble d'éléments appréhendés dans leur globalité, indépendamment de tout risque de confusion », puis précise : « Il appartient à celui qui se prétend victime d'actes de parasitisme d'identifier la valeur économique individualisée qu'il invoque » (Cass. com., 5 mars 2025, n° 23-21.157). Cet arrêt est défavorable au demandeur : la cour d'appel avait constaté que la fleur quadrilobée d'une collection de bijoux concurrente ne reprenait pas l'ensemble des caractéristiques du modèle emblématique invoqué et qu'elle procédait d'un motif propre à son auteur, adapté aux tendances de la mode. Le pourvoi a été rejeté. Inversement, lorsque plusieurs éléments sont repris ensemble, le juge ne peut écarter la faute en les examinant un par un : la Cour de cassation a censuré une cour d'appel qui avait statué « sans rechercher, comme il lui incombait, si la reprise de ces éléments, considérés dans leur ensemble, n'était pas de nature à créer un risque de confusion dans l'esprit du public » (Cass. com., 4 juin 2025, n° 24-10.219). Le cabinet décrit donc l'ensemble des éléments repris, les investissements consacrés à la collection et la chronologie des lancements. Une simple inspiration de tendance reste libre, et le dossier doit établir davantage qu'une proximité de style.

Si le modèle est annulé, peut-on encore agir en concurrence déloyale en appel ?

Oui, sous conditions, depuis un arrêt de la chambre commerciale du 18 mars 2026. La Cour de cassation y retient désormais que « lorsqu'elles reposent sur les mêmes faits, une action en contrefaçon et une action en concurrence déloyale ou fondée sur le parasitisme tendent aux mêmes fins » (Cass. com., 18 mars 2026, n° 24-17.016). Elle en déduit que la partie dont l'action en contrefaçon a été rejetée en première instance, faute de droit privatif, peut former pour la première fois en appel une demande en concurrence déloyale ou en parasitisme fondée sur les mêmes faits. L'arrêt d'appel, qui avait déclaré ces demandes irrecevables, a été partiellement cassé. L'arrêt a été rendu à propos de marques annulées qui protégeaient un modèle de montre, mais sa formule vise toute action en contrefaçon. Elle intéresse donc les litiges de mode, où la validité du modèle est souvent contestée par voie reconventionnelle. La même jurisprudence rappelle que les deux actions ne peuvent être exercées simultanément à titre principal que si la concurrence déloyale repose sur une faute distincte des faits de contrefaçon. Le cabinet construit donc dès la première instance un dossier qui distingue l'atteinte au titre, la faute éventuelle et le préjudice propre à chaque fondement, afin de préserver une voie de repli si le modèle est annulé.

Que devient une saisie-contrefaçon si le modèle invoqué est ensuite annulé ?

La saisie-contrefaçon permet, sur ordonnance rendue sur requête, de faire décrire ou saisir les produits argués de contrefaçon et les documents qui s'y rapportent, selon l'article L. 521-4 du CPI. Le même article prévoit l'annulation de l'intégralité de la saisie si le demandeur ne s'est pas pourvu au fond dans le délai réglementaire. La saisie reste toutefois dépendante du titre qui l'a justifiée. Dans l'affaire du motif publié sur Instagram, le tribunal judiciaire de Paris a énoncé que « La procédure de saisie-contrefaçon étant dérogatoire au droit commun, l'annulation du titre sur lequel elle était fondée entraîne l'annulation du procès-verbal de saisie » (TJ Paris, 3e ch. 3e sect., 8 juillet 2026, n° 23/03033). Après avoir annulé le modèle pour défaut de nouveauté, il a annulé les procès-verbaux et ordonné la restitution des éléments saisis. Le saisissant perd alors le bénéfice des preuves recueillies chez son concurrent. Avant de solliciter une saisie, le cabinet contrôle la validité du titre invoqué, et notamment les divulgations antérieures au dépôt. Pour l'entreprise saisie, il vérifie la régularité des opérations, le respect des limites de l'ordonnance et l'introduction de l'action au fond dans le délai.

Comment le juge chiffre-t-il le préjudice causé par la copie d'un modèle ?

L'article L. 521-7 du CPI impose au juge de prendre en considération distinctement les conséquences économiques négatives, dont le manque à gagner et la perte subie, le préjudice moral et les bénéfices réalisés par le contrefacteur, y compris les économies d'investissements qu'il a retirées de la contrefaçon. À la demande de la partie lésée, une somme forfaitaire supérieure aux redevances qui auraient été dues peut être allouée à la place. Les montants dépendent donc des pièces produites, non d'un barème. Dans l'affaire de l'imprimé de feuillages, le tribunal judiciaire de Paris a alloué une provision de 15 000 euros et rejeté la demande au titre du préjudice moral (TJ Paris, 3e ch. 2e sect., 26 janvier 2024, n° 22/10372). Dans celle du motif textile reproduit par plusieurs sociétés, il a fixé à 35 000 euros le préjudice économique résultant de la concurrence déloyale, en tenant compte notamment de l'abondance de l'offre et de la faible valeur économique du motif (TJ Paris, 3e ch. 2e sect., 6 février 2026, n° 22/14500). Le cabinet réunit les volumes vendus, les prix, les marges et les dépenses de création pour présenter un chiffrage vérifiable.

Jusqu'à quand peut-on agir contre la copie d'un modèle de la saison passée ?

Selon l'article L. 521-3 du CPI, le titulaire dispose de cinq ans pour agir au civil, et ce délai part de la date à laquelle il a eu, ou aurait dû avoir, connaissance du dernier fait qui lui ouvre l'action. Une copie encore vendue plusieurs saisons après son lancement peut donc rester attaquable, le délai courant à partir du dernier fait connu. Encore faut-il que le droit invoqué existe à la date des faits reprochés. Le modèle de l'Union non enregistré ne protège que pendant trois ans, décomptés depuis sa première divulgation dans l'Union, et un dépôt français non prorogé cesse de produire effet à l'issue de la période de cinq ans en cours. Pour le titre français, les faits postérieurs au dépôt mais antérieurs à la publication de l'enregistrement ne peuvent être poursuivis, à l'exception de ceux commis après la notification d'une copie de la demande au concurrent, conformément à l'article L. 521-1 du CPI. Le cabinet vérifie ainsi, pour chaque période de vente, le titre en vigueur, la date à laquelle la copie a été connue et la preuve disponible, avant de choisir entre mise en demeure et action.

Une collection à protéger ou une copie à examiner ? Faites le point aujourd'hui.

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