Contrôle sur place, en ligne ou sur pièces · mise en demeure · formation restreinte

Avocat CNIL à Paris : répondre au contrôle, à la mise en demeure et à la procédure de sanction.

Agents de la CNIL dans vos locaux, questionnaire après une plainte, constat en ligne sur votre site, mise en demeure à délai court ou rapport proposant une amende : chaque étape a ses règles, ses délais et ses garanties. La sanction CNIL se discute pièce par pièce, de la délégation de contrôle jusqu'au Conseil d'État.

Le rapport de sanction ouvre un délai d'un mois pour répondre par écrit. Une mise en demeure fixe son propre délai, parfois très bref. Conservez le procès-verbal de contrôle et chaque courrier de la Commission avec sa date de réception.

Procédures CNIL · Paris

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Envoyez le procès-verbal de contrôle, les questionnaires reçus, la mise en demeure ou le rapport de sanction, avec vos réponses déjà envoyées : le cabinet examine la procédure, les manquements retenus et le délai qui court.

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juridique

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Étude préalable de votre dossier. Examen de vos pièces et première analyse écrite de Maître Reda KOHEN, sous 24 à 48 heures ouvrées. Le règlement s'effectue en ligne après l'envoi de ce formulaire.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Procédure CNIL : ce qui se joue à chaque étape

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit du numérique · Paris 17e

Ce que fait un avocat CNIL à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit du numérique
  • Contrôles et sanctions CNIL

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir auprès des entreprises, associations, professions libérales et collectivités qui font l'objet d'un contrôle de la CNIL, d'une mise en demeure ou d'une procédure devant la formation restreinte.

Une procédure CNIL ne commence pas avec l'amende. Elle se construit dès la visite des agents, le constat en ligne ou le questionnaire envoyé après une plainte, car le procès-verbal et les réponses de l'organisme fixent les faits sur lesquels le rapporteur travaillera ensuite.

Le cabinet relit les constatations, sépare ce qui relève d'un manquement réel de ce qui tient à une lecture discutable du traitement, prépare les réponses écrites et les mesures correctrices, puis défend le dossier devant la formation restreinte et prépare, si nécessaire, la contestation devant le Conseil d'État, avec un avocat au Conseil d'État lorsque son ministère est obligatoire, notamment contre une sanction.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Le contrôle, première pièce du dossier

Le procès-verbal dressé sur place ou sur convocation est contradictoire. Ce qui y figure, ou n'y figure pas, pèse ensuite sur le rapport et sur la sanction proposée.

Des délais fixés par le décret

Un mois pour répondre au rapport de sanction, des mémoires échangés au même rythme, une convocation au moins quinze jours avant la séance de la formation restreinte.

Un seul juge, le Conseil d'État

Mise en demeure, rappel à l'ordre ou amende : le recours se forme directement devant le Conseil d'État, dans un délai de deux mois.

Les règles

Contrôle, mise en demeure, amende : les règles applicables

Quatre ensembles de textes encadrent la procédure, du premier contact avec la délégation jusqu'au recours.

  1. Entre 6 heures et 21 heures, la délégation peut entrer dans les lieux où un traitement est mis en œuvre, après information du parquet ; si l'organisme refuse la visite, ou si les lieux sont affectés au domicile privé, seule une ordonnance du JLD permet de la réaliser (loi Informatique et Libertés, art. 19). Hors contrôle sur place, les agents peuvent consulter en ligne les données rendues accessibles, et le Conseil d'État a jugé qu'ils peuvent télécharger les fichiers exposés par un défaut de sécurité (CE, 4 novembre 2020, n° 433311).
  2. Lorsqu'un manquement peut être corrigé, le président de la CNIL choisit entre un simple rappel des obligations et une mise en demeure dans le délai qu'il fixe, la justification de la mise en conformité pouvant être exigée sous vingt-quatre heures en cas d'urgence, et cette mise en demeure peut être rendue publique (loi de 1978, art. 20, III). Cette étape n'est pas un préalable obligatoire : le Conseil d'État admet la saisine directe de la formation restreinte (CE, 4 novembre 2020, SERGIC).
  3. La formation restreinte se prononce au vu d'un rapport rédigé par un commissaire étranger à cette formation et communiqué à l'organisme poursuivi (loi de 1978, art. 22), qui dispose d'un mois pour présenter ses observations et doit être convoqué au moins quinze jours avant la séance, sept jours en cas de report (article 40 du décret du 29 mai 2019). Parmi les mesures possibles figurent le rappel à l'ordre, l'injonction de mise en conformité avec une astreinte plafonnée à 100 000 euros quotidiens, la limitation ou l'interdiction du traitement et l'amende (art. 20, IV).
  4. Le plafond de l'amende atteint 10 millions d'euros, ou pour une entreprise 2 % du chiffre d'affaires annuel mondial total de l'exercice précédent si ce montant est plus élevé, et passe à 20 millions ou 4 % de ce même chiffre d'affaires pour les manquements visés à l'article 83, paragraphes 5 et 6, du RGPD, et son montant tient compte des critères de ce même article. La délibération se conteste directement devant le Conseil d'État, sans passer par un tribunal administratif (CJA, art. R. 311-1), dans les deux mois qui suivent sa notification (article R. 421-1 du même code).

Le procès-verbal est dressé dès le contrôle, mais les droits de la défense au sens strict ne s'ouvrent, selon le Conseil d'État, qu'avec la notification du rapport de sanction. Ce qui est dit et remis avant cette date compte déjà.

Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon l'étape de la procédure

Les pièces utiles ne sont pas les mêmes avant et après la saisine de la formation restreinte.

Étape A

Contrôle réalisé ou mise en demeure reçue

  • Ordre de mission, procès-verbal de contrôle, liste des documents copiés ou saisis
  • Questionnaire de la CNIL, réponses envoyées et pièces jointes, avec leurs dates
  • Registre des traitements, analyses d'impact, contrats de sous-traitance concernés
  • Mise en demeure, délai imparti et justificatifs des mesures déjà prises

Étape B

Rapport de sanction ou délibération notifiés

  • Rapport du rapporteur, date de notification et proposition de mesure
  • Accès au dossier de procédure et pièces dont la copie a été obtenue
  • Chiffre d'affaires mondial, comptes du groupe et éléments financiers récents
  • Délibération de la formation restreinte et modalités de publication décidées

Ne modifiez pas un site, un formulaire ou un paramétrage de traceurs sans conserver une capture datée de l'état antérieur : la chronologie de la mise en conformité est un élément de la discussion sur le montant.

Le cabinet traite aussi :

  • RGPD et conformité
  • Cybersécurité
  • Violation de données
  • Contentieux informatique

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Lire la procédure, corriger ce qui doit l'être et défendre ce qui peut l'être.

Étape 1

Reconstituer le contrôle

Le cabinet reprend l'ordre de mission, le procès-verbal, les échanges et les documents remis, pour savoir précisément ce que la délégation a constaté et ce qu'elle a seulement déduit.

Étape 2

Qualifier chaque manquement

Base légale, information des personnes, durée de conservation, sécurité, traceurs, sous-traitance : chaque grief est confronté au traitement réel et aux textes applicables.

Étape 3

Corriger et documenter

Les mesures correctrices sont décidées, datées et prouvées. La rapidité de la mise en conformité a déjà conduit le Conseil d'État à réduire une amende jugée disproportionnée.

Étape 4

Défendre devant la formation restreinte

Observations écrites dans le mois, mémoires en réplique, audience, puis, selon la délibération, recours de plein contentieux devant le Conseil d'État dans les deux mois.

Une réponse à la CNIL n'est pas une plaidoirie. Elle doit rester exacte et vérifiable, car elle sera lue par le rapporteur, puis par la formation restreinte, puis éventuellement par le juge.

Le calendrier

La chronologie d'une procédure CNIL

Du contrôle à la délibération, puis au recours.

  1. Contrôle

    Jour J. Visite sur place, contrôle sur pièces, sur convocation ou en ligne ; un procès-verbal est dressé, contradictoire pour la visite et la convocation.

  2. Suites du contrôle

    Courrier de clôture, rappel aux obligations, mise en demeure assortie d'un délai, ou désignation d'un rapporteur en vue d'une sanction.

  3. Instruction

    Le rapporteur peut demander des pièces, entendre l'organisme et faire procéder à des contrôles complémentaires avant d'établir son rapport.

  4. Rapport notifié

    Un mois pour répondre par écrit ; des mémoires peuvent suivre, toujours dans le délai d'un mois, et le mis en cause produit en dernier.

  5. Séance

    Convocation au moins quinze jours avant la séance, ou sept jours en cas de report, observations orales devant la formation restreinte, puis délibération.

  6. Recours

    Deux mois à compter de la notification pour saisir le Conseil d'État, qui contrôle la régularité, les manquements et la proportionnalité de la mesure.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant de répondre

Chaque réponse à la Commission engage la suite de la procédure.

  • Régularité du contrôle : habilitation des agents, information du procureur, droit d'opposition, autorisation du juge si elle était requise.
  • Exactitude du procès-verbal : constats datés, documents copiés, explications recueillies et éventuelles réserves formulées sur place.
  • Qualification des manquements : responsable de traitement ou sous-traitant, texte visé, période retenue, caractère continu ou ponctuel.
  • Proportionnalité de la mesure proposée : critères de l'article 83 du RGPD, chiffre d'affaires pris en compte, publicité envisagée.
  • Délais : délai de la mise en demeure, mois pour les observations, convocation à quinze jours, deux mois pour le recours.

Synthèse

Situation, pièces, réponse

Les configurations les plus fréquentes et la première priorité de chacune.

Situation

Questionnaire de la CNIL après une plainte

Preuve décisive : Plainte transmise, registre des traitements, échanges avec la personne concernée, preuve des réponses données.

Délai : Le délai indiqué dans le courrier doit être tenu ou une prolongation demandée par écrit.

Action utile : Réponse précise et documentée, correction immédiate du point litigieux si le grief est fondé.

Situation

Délégation de la CNIL dans les locaux

Preuve décisive : Ordre de mission, procès-verbal, liste des copies réalisées, noms des personnes entendues.

Délai : Le procès-verbal se relit avant signature et les réserves se formulent sur place.

Action utile : Assistance pendant la visite, puis note sur les constats et les documents remis.

Situation

Contrôle en ligne d'un site ou d'une application

Preuve décisive : Procès-verbal de constat en ligne, captures, paramétrage des traceurs et de la bannière à la date du contrôle.

Délai : Figer l'état du site à la date du constat avant toute modification.

Action utile : Analyse technique et juridique des constats, mise en conformité datée et prouvée.

Situation

Mise en demeure de la CNIL reçue

Preuve décisive : Décision de mise en demeure, liste des manquements, délai imparti, mesures déjà engagées.

Délai : Le délai court dès la notification ; le recours au Conseil d'État obéit aux deux mois.

Action utile : Plan de mise en conformité justifié dans le délai, recours si un manquement est contestable.

Situation

Rapport proposant une sanction CNIL

Preuve décisive : Rapport notifié, dossier de procédure, données financières, chronologie des corrections.

Délai : Un mois pour les observations écrites, prolongation possible sur demande.

Action utile : Observations sur chaque manquement, sur le montant de l'amende CNIL et sur la publicité proposée.

Situation

Délibération de sanction prononcée

Preuve décisive : Délibération, mesures prononcées, astreinte éventuelle, modalités de publication.

Délai : Deux mois à compter de la notification pour saisir le Conseil d'État.

Action utile : Recours de plein contentieux, exécution des injonctions et gestion des suites civiles.

Questions fréquentes

Vos questions : contrôle et sanction CNIL

Que faire le jour où une délégation de la CNIL se présente dans l'entreprise ?

Recevez la délégation, demandez l'ordre de mission et prévenez immédiatement la direction, le délégué à la protection des données et votre avocat. La loi Informatique et Libertés ouvre aux agents habilités les locaux où des données sont traitées, de 6 heures à 21 heures, le parquet devant en être averti à l'avance (art. 19, I). Les lieux ou parties de lieux affectés au domicile privé ne peuvent être visités qu'avec l'autorisation préalable du juge des libertés et de la détention. Celui qui répond des lieux doit être averti qu'il peut refuser la visite. Les agents peuvent demander communication de tous documents, en prendre copie, recueillir des renseignements et accéder aux programmes et aux données. Désignez un interlocuteur unique, notez les questions posées et les documents remis, et ne fournissez que des réponses que vous pouvez vérifier. Le procès-verbal est dressé contradictoirement lorsque le contrôle a lieu sur place : relisez-le avant de le signer et faites porter vos observations si un constat vous paraît inexact ou incomplet. La liste des documents saisis lui est annexée. Ce procès-verbal servira de base au rapporteur si une procédure de sanction est engagée, d'où l'intérêt de le traiter comme la première pièce du dossier.

Une entreprise peut-elle s'opposer à la visite des agents de la CNIL ?

Oui, dans un cadre précis. L'article 19, II, de la loi Informatique et Libertés prévoit que le responsable des locaux est informé de son droit d'opposition ; s'il l'exerce, la visite suppose une ordonnance préalable du JLD du tribunal judiciaire dans le ressort duquel se trouvent les locaux. Le même texte permet toutefois au juge d'autoriser une visite sans information préalable du responsable lorsque l'urgence, la gravité des faits ou le risque de destruction de documents le justifie ; l'opposition n'est alors plus possible, et l'occupant peut se faire assister d'un conseil de son choix. L'opposition n'est donc pas une faute en soi, mais elle a des conséquences pratiques : elle retarde la visite et peut conduire la Commission à revenir avec une ordonnance. L'article 226-22-2 du code pénal punit d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende l'entrave à l'action de la CNIL, notamment l'opposition à une visite autorisée par le juge, le refus de communiquer les renseignements et documents utiles ou leur dissimulation. Le choix de s'opposer se fait donc en connaissance de cause, après avoir mesuré ce que la délégation cherche et ce que l'entreprise gagne à différer.

Le secret professionnel peut-il être opposé aux contrôleurs de la CNIL ?

En principe, non. L'article 19, III, de la loi Informatique et Libertés pose que le secret ne peut être opposé aux membres et agents de la Commission. Le texte réserve toutefois trois exceptions : les informations couvertes par le secret professionnel applicable aux relations entre un avocat et son client, le secret des sources des traitements journalistiques et, dans certaines conditions, le secret médical. Pour ce dernier, la communication des données médicales individuelles issues de traitements de soins, de diagnostic ou de recherche ne peut se faire que sous l'autorité et en présence d'un médecin. Le secret des affaires n'est pas cité parmi ces exceptions ; il ne permet donc pas, à lui seul, de refuser la remise d'un document demandé. En pratique, isolez avant le contrôle les consultations et correspondances échangées avec votre avocat, signalez-les comme telles si la délégation les demande et faites mentionner la difficulté au procès-verbal. Pour les données de santé, organisez la présence d'un médecin plutôt que d'opposer un refus global, qui pourrait être lu comme un défaut de coopération ou, pire, comme une entrave.

Les constatations faites en ligne sur un site peuvent-elles être contestées ?

Elles peuvent être discutées, mais leur principe est solidement admis. L'article 19, III, de la loi permet aux agents, hors contrôle sur place ou sur convocation, de consulter depuis un service en ligne les données librement accessibles ou rendues accessibles, y compris par imprudence, par négligence ou par le fait d'un tiers, et de les retranscrire dans des documents utilisables pour le contrôle. Ils peuvent aussi agir sous une identité d'emprunt pour contrôler un service en ligne. Dans l'affaire SERGIC, une société de gestion immobilière soutenait que les constatations en ligne étaient nulles parce que les agents avaient téléchargé les documents exposés par une faille de son site. Le Conseil d'État a rejeté l'argument et jugé que les agents peuvent télécharger les fichiers rendus accessibles par un défaut de sécurité ; la requête de la société a été rejetée (CE, 4 novembre 2020, n° 433311). La contestation utile porte donc moins sur la méthode que sur le contenu : date et heure du constat, version du site, parcours suivi, paramétrage des traceurs à ce moment précis. D'où l'intérêt d'archiver l'état du site avant toute correction.

Quel délai laisse une mise en demeure de la CNIL et que doit-on y répondre ?

Le délai est fixé par la décision elle-même. L'article 20, III, de la loi Informatique et Libertés permet au président de la CNIL, lorsque le manquement peut faire l'objet d'une mise en conformité, de mettre en demeure le responsable de traitement ou son sous-traitant dans le délai qu'il fixe. La mise en demeure peut viser la satisfaction des demandes d'une personne concernée, la mise en conformité des traitements, la communication d'une violation de données ou la rectification et l'effacement de données. Le président peut exiger qu'il soit justifié de la mise en conformité dans un délai qu'il fixe, ramené à vingt-quatre heures en cas d'urgence ; il prononce la clôture de la procédure lorsque c'est le cas. La réponse doit donc démontrer, pièces à l'appui, ce qui a été modifié et à quelle date : captures, nouvelles mentions d'information, contrats amendés, procédures internes, journaux techniques. Si le délai est irréaliste, une demande motivée de prolongation vaut mieux qu'un silence. La mise en demeure peut être rendue publique à la demande du président ; la décision de clôture reçoit alors la même publicité.

Peut-on attaquer une mise en demeure ou un rappel aux obligations devant le Conseil d'État ?

Oui. Le Conseil d'État juge seul, sans appel, les actes que la Commission adopte dans l'exercice de son contrôle, y compris ceux de son président (CJA, art. R. 311-1, 4°), dans le délai de deux mois prévu par l'article R. 421-1 du même code. La commune de Beaucaire avait contesté une mise en demeure portant notamment sur l'analyse d'impact de son dispositif de vidéoprotection : le Conseil d'État a examiné la légalité de la décision, jugé l'analyse d'impact nécessaire au regard de l'ampleur du dispositif et rejeté la requête. Il a aussi jugé irrecevables les conclusions tendant à l'abrogation de la mise en demeure au motif que la commune s'y était conformée (CE, 30 avril 2024, n° 472864). De même, la société TotalEnergies a pu contester le rappel à ses obligations prononcé après les réclamations de trois salariés ; sa requête a été rejetée, le juge relevant qu'elle avait été informée des réclamations et mise à même de présenter ses observations (CE, 1er décembre 2025, n° 498023). Le recours est donc ouvert, mais il suppose un grief juridique réel.

Une amende de la CNIL suppose-t-elle une mise en demeure restée sans effet ?

Non. L'article 20, IV, de la loi Informatique et Libertés autorise le président à porter l'affaire devant la formation restreinte, éventuellement après un avertissement ou une mesure correctrice, ce qui signifie que ces étapes sont possibles mais pas obligatoires. Le Conseil d'État l'a jugé, sous la numérotation alors en vigueur de la loi, à propos de la société SERGIC, sanctionnée de 400 000 euros pour un défaut de sécurité de son site et une conservation excessive de documents de candidats à la location : il a jugé que la sanction n'était pas subordonnée à une mise en demeure préalable, puis a tenu pour proportionnée une amende représentant moins de 1 % du chiffre d'affaires de la société (CE, 4 novembre 2020, n° 433311). Cette solution est défavorable aux organismes contrôlés : un contrôle peut déboucher directement sur un rapport proposant une sanction. Elle commande de traiter chaque contrôle comme le début possible d'une procédure de sanction, en corrigeant sans attendre les défauts constatés et en conservant la preuve de ces corrections. À l'inverse, lorsqu'une mise en demeure a été adressée, son exécution justifiée dans le délai permet au président de clore la procédure de mise en demeure, sans que le texte interdise ensuite de saisir la formation restreinte.

Comment se défendre après la notification du rapport de sanction ?

La notification du rapport ouvre la phase contradictoire. Selon l'article 40 du décret du 29 mai 2019, le mis en cause dispose d'un mois pour adresser ses observations écrites au rapporteur et au président de la formation restreinte ; chaque mémoire ultérieur est produit dans le même délai et le mis en cause a toujours la possibilité de produire en dernier. Le dossier de procédure est mis à sa disposition et il peut en prendre copie. Il est convoqué au moins quinze jours avant la séance, sept jours en cas de réexamen ou de report à une séance ultérieure, et peut être assisté ou représenté par le conseil de son choix ; dans ce cas, le conseil reçoit seul les actes de procédure, à l'exception de la désignation du rapporteur et de la notification de la décision. Le Conseil d'État juge que les droits de la défense s'appliquent à partir de la notification du rapport prévu par l'article 22 de la loi, et non aux diligences antérieures du rapporteur, sauf atteinte irrémédiable ; il a rejeté sur ce point la requête de l'éditeur d'applications Voodoo (CE, 14 mai 2024, n° 472221). Les observations doivent reprendre chaque manquement, la période retenue, les mesures prises et les éléments financiers, avant que l'instruction ne soit déclarée close.

Comment la formation restreinte fixe-t-elle le montant d'une amende CNIL ?

Elle applique les plafonds de l'article 20, IV, 7°, de la loi et les critères de l'article 83, paragraphe 2, du RGPD : nature, gravité et durée de la violation, nombre de personnes concernées, caractère délibéré ou négligent, mesures prises pour atténuer le dommage, degré de coopération, catégories de données, antécédents et avantages financiers obtenus. Le Conseil d'État exerce un contrôle de proportionnalité, mais il n'impose pas à la Commission d'expliciter le calcul : dans l'affaire Voodoo, il a jugé que la formation restreinte n'avait pas à indiquer les éléments chiffrés du mode de détermination de l'amende de 3 millions d'euros (CE, 14 mai 2024, n° 472221). Pour Orange, il a admis une amende globale de 50 millions d'euros, représentant 0,11 % du chiffre d'affaires mondial, sans décomposition par manquement (CE, 16 octobre 2026, n° 501268). Dans l'affaire Ubeeqo, l'amende de 175 000 euros a été appréciée en tenant compte du chiffre d'affaires du groupe auquel appartenait la société (CE, 6 décembre 2023, n° 467368). Ces trois requêtes ont été rejetées : la discussion sur le montant se prépare dès les observations écrites, chiffres à l'appui.

Se mettre en conformité après le contrôle peut-il réduire la sanction ?

Oui, les mesures correctrices peuvent atténuer la sanction, leur rapidité et leur effectivité étant appréciées avec les autres circonstances de l'affaire. Dans l'affaire Optical Center, des factures de clients étaient accessibles sans authentification sur le site de l'opticien. Le Conseil d'État a jugé disproportionnée une amende de 250 000 euros fixée sans tenir compte de la célérité avec laquelle la société avait apporté les mesures correctrices, et l'a ramenée à 200 000 euros (CE, 17 avril 2019, n° 422575). La décision, rendue sous l'empire de l'ancienne rédaction de la loi de 1978, illustre un critère aujourd'hui repris à l'article 83 du RGPD : les mesures prises pour atténuer le dommage. Elle a une limite nette. Dans l'affaire Futura Internationale, sanctionnée de 500 000 euros pour démarchage téléphonique malgré des oppositions, le juge a relevé que les correctifs apportés en cours de procédure n'avaient pas mis fin de façon effective aux manquements et que la société avait manqué à son obligation de coopération ; la requête a été rejetée (CE, 1er mars 2021, n° 437808). Une mise en conformité tardive, partielle ou non prouvée pèse donc beaucoup moins dans cette appréciation. Datez chaque correction, conservez l'état antérieur et transmettez les justificatifs au rapporteur.

La sanction sera-t-elle publiée sous le nom de l'entreprise ?

Elle peut l'être. L'article 22 de la loi Informatique et Libertés permet à la formation restreinte de rendre publiques les mesures qu'elle prend et d'ordonner leur insertion dans des publications qu'elle désigne, aux frais de la personne sanctionnée ; elle peut aussi ordonner que chaque personne concernée soit informée individuellement de la violation et de la mesure. Dans les affaires SERGIC, Voodoo et celle évoquée ci-après, la délibération a été publiée nominativement pendant deux ans, puis anonymisée. Le Conseil d'État contrôle la proportionnalité de cette publicité, mais il l'admet largement : il a validé la publication pendant deux ans d'une sanction de 30 000 euros visant un office public de l'habitat qui avait utilisé le fichier de ses locataires pour leur adresser un courrier étranger aux finalités du traitement, en relevant son effet dissuasif auprès des acteurs du secteur (CE, 5 octobre 2020, n° 424440). La même analyse a été retenue pour l'éditeur de jeux mobiles Voodoo, dont les applications touchaient un très large public (CE, 14 mai 2024). La publicité se discute donc dans les observations écrites, avec des arguments propres : faible nombre de personnes, correction immédiate, absence de risque persistant.

Qu'est-ce que la procédure simplifiée et quand la CNIL l'utilise-t-elle ?

La procédure simplifiée est prévue par l'article 22-1 de la loi Informatique et Libertés, telle que modifiée avec effet au 28 mai 2026. Le président de la CNIL peut l'engager lorsque le rappel à l'ordre, l'injonction ou l'amende constituent la réponse appropriée et que l'affaire ne présente pas de difficulté particulière, eu égard à une jurisprudence établie, aux décisions antérieures de la formation restreinte ou à la simplicité des questions posées. L'amende encourue ne peut alors dépasser 20 000 euros et l'astreinte 100 euros par jour ; ces montants sont portés à 100 000 euros et 500 euros lorsque le chiffre d'affaires annuel mondial total de l'exercice précédent du responsable dépasse 50 millions d'euros. Le président de la formation restreinte, ou l'un des membres de cette formation qu'il désigne, statue seul au vu du rapport d'un agent des services, après que le mis en cause a pu présenter des observations écrites et demander à être entendu. Les décisions rendues selon cette procédure ne peuvent pas être rendues publiques. Le président de la formation restreinte peut refuser de l'utiliser ou l'interrompre, auquel cas la procédure reprend avec les garanties de l'article 22. Les mêmes exigences de preuve et de réponse s'appliquent donc, à une échelle plus courte.

Une décision de la CNIL peut-elle être utilisée contre l'entreprise devant le juge civil ?

Oui, comme élément de preuve, sans lier le juge. Des clients d'un fabricant de portefeuilles de cryptoactifs, victime de cyberattaques, demandaient réparation de la divulgation de leurs données ; la CNIL avait sanctionné l'entreprise pour insuffisance des mesures de sécurité. Le tribunal judiciaire de Paris a rappelé qu'« Il est constant que la décision rendue par la CNIL ne lie pas le tribunal » (TJ Paris, 4 mars 2025, n° 22/03497), tout en ordonnant la réouverture des débats afin que les demandeurs puissent en solliciter la communication. Dans une autre instance née des mêmes fuites, le juge de la mise en état a ordonné à l'entreprise de déposer au greffe, à son intention, la version confidentielle et une version expurgée de la délibération, avant d'examiner les conditions de leur communication, en rappelant que « si le secret des affaires ou le principe de confidentialité ne constituent pas en eux-mêmes un obstacle à la production forcée d’une pièce » (TJ Paris, 9 décembre 2025, n° 22/00774), la production reste subordonnée à un motif légitime, à sa nécessité et à l'absence d'atteinte disproportionnée. Ces décisions avant dire droit sont défavorables à l'entreprise sanctionnée. La victime doit cependant prouver son dommage : la Cour de cassation juge que « la simple violation du règlement général sur la protection des données n'ouvre pas, à elle seule, droit à réparation » (Cour de cassation, chambre sociale, 24 juin 2026, pourvoi n° 24-22.792).

Un contrôle ou une mise en demeure de la CNIL ? Faites le point aujourd'hui.

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