PME, commerces et sociétés de services sans délégué à la protection des données

Avocat RGPD à Paris : la conformité d'une PME sans DPO interne.

Registre des traitements, caméras et logiciels de contrôle des salariés, demandes d'accès, prestataires informatiques, courriers de la CNIL : sans délégué à la protection des données, ces sujets reviennent au dirigeant. Le cabinet examine ce que l'entreprise peut démontrer, pièce par pièce, et ce qui doit être corrigé.

Une demande d'accès appelle une réponse dans le délai d'un mois, et un courrier de la CNIL laissé sans suite peut à lui seul fonder une amende. Conservez les échanges et les dates de réception.

RGPD des PME · Paris

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Envoyez le registre s'il existe, les notes d'information remises aux salariés, les contrats des prestataires et le courrier reçu : le cabinet vérifie les obligations applicables et les preuves déjà disponibles.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

RGPD sans DPO interne : ce que l'entreprise doit pouvoir montrer

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit du numérique · Paris 17e

Ce que fait un avocat RGPD à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit du numérique
  • Données personnelles

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir auprès des PME en matière de données personnelles, de surveillance des salariés, de contrats informatiques et de relations avec la CNIL.

Une PME qui n'a pas désigné de délégué à la protection des données reste responsable de ses traitements. Le dirigeant doit pouvoir montrer pourquoi les données sont collectées, qui y accède, combien de temps elles sont gardées et comment elles sont protégées. Le cabinet part des outils réellement utilisés, pas d'un modèle générique.

Les litiges naissent souvent hors de tout projet de conformité : une caméra installée pour les vols sert à reprocher une faute, un salarié licencié réclame ses courriels, une messagerie piratée sert à détourner un paiement. Dans chacun de ces cas, le juge examine ce que l'entreprise avait prévu et documenté avant l'incident.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

La preuve de la conformité

L'article 24 du RGPD impose au responsable du traitement d'être en mesure de démontrer sa conformité : la note d'information, le contrat et le registre valent plus qu'une déclaration d'intention.

Les salariés d'abord

Caméras, géolocalisation, logiciels de téléphonie ou de messagerie : un dispositif non porté à la connaissance des salariés fragilise la preuve qu'il produit.

La CNIL et ses courriers

Pour les petites structures, la CNIL peut statuer par une procédure simplifiée. Répondre dans les délais fixés est déjà une obligation sanctionnée.

Les règles

Registre, salariés, CNIL : les règles qui s'appliquent à la PME

Quatre règles structurent l'analyse d'une PME qui traite des données sans délégué désigné.

  1. Un dispositif qui sert aussi à contrôler l'activité des salariés doit leur être porté à connaissance (article L. 1222-4 du code du travail) et, dans une entreprise d'au moins cinquante salariés, faire l'objet d'une information et d'une consultation préalables du comité social et économique (article L. 2312-38 du code du travail, placé parmi les attributions que l'article L. 2312-1 du code du travail réserve au comité de ces entreprises). Pour des faits soumis à la loi informatique et libertés dans sa rédaction alors applicable, la chambre sociale a retenu en 2021 que l'employeur dont la vidéosurveillance d'une pharmacie permettait aussi de surveiller le personnel « aurait dû informer les salariés et consulter le comité d'entreprise sur l'utilisation de ce dispositif à cette fin » (Cass. soc., 10 novembre 2021, n° 20-12.263), et elle a cassé l'arrêt qui avait admis cette preuve.
  2. Le registre des activités de traitement de l'article 30 du RGPD n'est pas imposé à une structure qui emploie moins de 250 personnes, à moins que le traitement soit susceptible de comporter un risque pour les droits des personnes, ne soit pas occasionnel, ou porte sur des catégories particulières de données ou sur des données relatives aux condamnations pénales et aux infractions (article 30, paragraphe 5, du règlement (UE) 2016/679). La paie, la gestion du personnel ou le fichier clients sont en pratique des traitements permanents, ce qui ramène la plupart des PME dans l'obligation.
  3. La désignation d'un délégué n'est obligatoire que dans trois cas : un traitement effectué par une autorité ou un organisme public, des activités de base qui exigent un suivi régulier et systématique des personnes à grande échelle, ou des activités de base consistant à traiter à grande échelle des catégories particulières de données ou des données relatives aux condamnations et aux infractions (article 37 du RGPD). Hors de ces cas, l'entreprise peut s'en passer, mais elle reste tenue de démontrer sa conformité au titre de l'article 24 et de sécuriser ses traitements au titre de l'article 32.
  4. La CNIL peut rappeler à ses obligations, mettre en demeure ou sanctionner (article 20 de la loi du 6 janvier 1978). Selon la procédure simplifiée de l'article 22-1 de la même loi, l'amende ne peut excéder 20 000 euros et l'astreinte 100 euros par jour, montants portés à 100 000 euros et 500 euros pour un responsable dont le chiffre d'affaires annuel mondial total de l'exercice précédent excède 50 millions d'euros. Le Conseil d'État a confirmé une amende de 15 000 euros prononcée selon cette voie contre une société restée muette (CE, 28 novembre 2025, n° 499566).

L'absence de délégué ne réduit pas les obligations de la société, qui reste seule responsable de ses traitements : il revient alors au dirigeant d'organiser la répartition des tâches et la conservation des notes, contrats et réponses que la CNIL ou le juge demanderont.

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir selon votre situation

Les mêmes documents servent à la mise en conformité, à la réponse à la CNIL et à la défense devant le juge.

Situation A

Vous organisez la conformité de la PME

  • Liste des logiciels utilisés : paie, CRM, messagerie, téléphonie, caméras, géolocalisation
  • Notes d'information remises aux salariés et mentions figurant sur le site et les formulaires
  • Contrats des prestataires qui hébergent ou traitent les données pour le compte de l'entreprise
  • Registre existant, durées de conservation pratiquées et accès donnés à chaque service

Situation B

Vous recevez une demande, une plainte ou un contrôle

  • Demande d'accès, d'effacement ou d'opposition, avec sa date de réception
  • Courrier, procès-verbal de contrôle ou mise en demeure de la CNIL et ses délais
  • Lettre de licenciement, requête prud'homale ou réclamation qui invoque le RGPD
  • Journal de l'incident en cas de piratage : dates, comptes touchés, mesures prises

Après une demande, un contrôle ou l'annonce d'un litige, suspendez la suppression des seuls enregistrements et courriels qui s'y rapportent : isolez-les, limitez leur accès et notez la raison et la durée de cette conservation. Les autres données suivent leurs durées habituelles.

Le cabinet traite aussi :

  • Contrôle CNIL
  • Délégué à la protection des données
  • Cybersécurité
  • Contrats informatiques

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Partir des outils réels, mesurer l'écart avec les textes, puis traiter l'urgence.

Étape 1

Inventaire des traitements réels

Le cabinet recense avec le dirigeant les logiciels, fichiers et dispositifs en service, leurs finalités et les personnes qui y accèdent, sans partir d'un modèle standard.

Étape 2

Contrôle des points sensibles

Surveillance des salariés, prospection, sécurité de la messagerie, contrats des prestataires et durées de conservation sont confrontés aux articles du RGPD, du code du travail et du code des postes.

Étape 3

Documents à produire ou corriger

Notes d'information, clauses de sous-traitance, registre et procédure de réponse aux demandes sont rédigés ou repris pour que l'entreprise puisse démontrer sa conformité.

Étape 4

Réponse à une demande ou à la CNIL

En cas de demande d'accès, de contrôle ou de procédure de sanction, le cabinet prépare les réponses dans les délais, les observations écrites et, si nécessaire, le recours devant le Conseil d'État.

Une conformité utile se mesure à ce que l'entreprise peut produire en quelques jours, au moment où un salarié, un client ou la CNIL le lui demande.

Le calendrier

Les délais qui pèsent sur la PME

De la demande reçue à la décision de la CNIL ou du juge.

  1. Demande d'une personne

    Un mois. L'article 12, paragraphe 3, du RGPD impose de répondre dans le mois de la réception. Ce délai peut être prolongé de deux mois compte tenu de la complexité et du nombre de demandes, à condition d'informer la personne de la prolongation et de ses motifs dans ce premier mois.

  2. Violation de données

    Notification à la CNIL obligatoire sauf absence de risque, dans les meilleurs délais et si possible au plus tard 72 heures après la découverte, tout retard devant être motivé (article 33 du RGPD) ; information des personnes en cas de risque élevé, sauf exceptions prévues par l'article 34.

  3. Contrôle sur place

    Les documents demandés dans le procès-verbal sont à transmettre dans le délai fixé par la CNIL, dont une prolongation peut être sollicitée.

  4. Mise en demeure

    Le président de la CNIL fixe le délai de mise en conformité, qui peut être de vingt-quatre heures en cas d'urgence, selon l'article 20 de la loi de 1978.

  5. Rapport de sanction

    Le rapport est notifié à l'entreprise, qui peut se faire assister, présenter des observations écrites et demander à être entendue avant la décision.

  6. Recours

    La sanction se conteste devant le Conseil d'État, qui examine la régularité de la procédure, la réalité des manquements et la proportion de l'amende.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant de conclure

Aucune réponse ne doit reposer sur un modèle de conformité téléchargé.

  • Finalité de chaque outil : sécurité, gestion, prospection ou contrôle de l'activité, et information correspondante des salariés et des clients.
  • Obligation de registre et de délégué : effectif, caractère occasionnel ou non du traitement, données sensibles, activité de base.
  • Contrats des prestataires : instructions, confidentialité, sécurité, sous-traitants ultérieurs et sort des données à la fin du contrat.
  • Traceurs et prospection : consentement préalable au dépôt des cookies qui ne sont pas strictement nécessaires au service demandé (article 82 de la loi de 1978) et aux courriels commerciaux adressés à des particuliers hors exception clients (article L. 34-5 du code des postes).
  • Traçabilité des réponses : date de réception des demandes, preuves d'envoi, échanges avec la CNIL et adresse de réception effectivement consultée.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les configurations fréquentes dans une PME permettent de fixer la première priorité.

Situation

Caméra installée contre les vols

Preuve décisive : Note d'information, panneau, consultation du CSE dans une entreprise d'au moins cinquante salariés, angle de prise de vue.

Délai : Avant toute exploitation des images contre un salarié.

Action utile : Encadrer la finalité, limiter les accès et la durée, et vérifier la recevabilité avant un licenciement.

Situation

Salarié sortant qui réclame ses données

Preuve décisive : Date de la demande, contenu de la messagerie, de l'agenda et des conversations internes.

Délai : Un mois à compter de la réception.

Action utile : Communiquer en occultant les données de tiers non indispensables, plutôt que refuser en bloc.

Situation

Courrier de la CNIL resté sans réponse

Preuve décisive : Accusés de réception, adresse de destination, échanges internes.

Délai : Le délai indiqué dans le courrier, prolongation demandée par écrit si besoin.

Action utile : Répondre point par point et transmettre les pièces demandées, puis corriger les manquements.

Situation

Messagerie piratée et virement détourné

Preuve décisive : Journal de l'incident, mesures de sécurité en place, échanges avec le client trompé.

Délai : Notification à la CNIL, sauf absence de risque, si possible sous 72 heures après la découverte.

Action utile : Documenter les mesures de l'article 32, prévenir les personnes exposées et préparer la défense.

Situation

Campagne de courriels commerciaux

Preuve décisive : Origine des adresses, consentement recueilli, lien de désinscription.

Délai : Avant l'envoi.

Action utile : Distinguer clients existants, prospects particuliers et prospects professionnels, et cesser l'envoi aux adresses sans base valable.

Situation

Nouveau logiciel RH ou de téléphonie

Preuve décisive : Contrat de l'éditeur, paramétrage, données collectées, accès des managers.

Délai : Avant la mise en service.

Action utile : Informer les salariés, consulter le CSE de l'entreprise d'au moins cinquante salariés si le logiciel permet un contrôle, signer une clause de sous-traitance.

Questions fréquentes

Vos questions : RGPD dans une PME

Une PME de moins de 250 salariés doit-elle tenir un registre des traitements ?

L'article 30 du RGPD impose à chaque responsable du traitement de tenir un registre des activités de traitement. Son paragraphe 5 écarte cette obligation pour une structure qui emploie moins de 250 personnes, mais l'exception tombe dans trois cas : le traitement comporte un risque pour les droits des personnes, il n'est pas occasionnel, ou il porte sur des données sensibles ou relatives à des condamnations (règlement (UE) 2016/679, article 30). La paie, la gestion des congés, le fichier clients ou la facturation fonctionnent toute l'année : ce ne sont pas des traitements occasionnels. Une PME qui emploie dix personnes et tient un fichier clients se trouve donc, en pratique, tenue de documenter ces traitements. Le registre n'est pas un formulaire administratif à déposer. Il sert de base à tout le reste : réponse à une demande d'accès, information des salariés, contrat avec les prestataires, réponse à un contrôle. La proposition de règlement dite omnibus numérique, encore en discussion au Parlement européen à l'automne 2026, ne modifie pas le droit applicable tant qu'elle n'est pas adoptée et publiée. Le cabinet établit avec le dirigeant un registre limité aux traitements réels de l'entreprise, rédigé pour être tenu à jour sans service juridique interne.

Notre entreprise est-elle obligée de désigner un délégué à la protection des données ?

L'article 37 du RGPD ne rend la désignation obligatoire que dans trois situations : le traitement est effectué par une autorité ou un organisme public, les activités de base exigent un suivi régulier et systématique des personnes à grande échelle, ou elles consistent à traiter à grande échelle des catégories particulières de données, comme la santé ou les opinions, ou des données relatives aux condamnations et aux infractions. Une agence immobilière, un commerce, un cabinet de conseil ou une entreprise du bâtiment relèvent rarement de ces hypothèses, car le traitement de données n'y est pas l'activité de base. Hors de ces cas, la désignation reste facultative. Le délégué peut être un salarié ou un prestataire extérieur lié par un contrat de service, selon le paragraphe 6 du même article. Lorsqu'elle désigne un délégué, l'entreprise doit l'associer aux questions de protection des données, lui donner les moyens d'agir et ne pas lui adresser d'instructions sur l'exercice de ses missions (article 38). Renoncer à cette désignation ne dispense d'aucune autre obligation. Le cabinet vérifie d'abord si l'activité de base entre dans l'un des trois cas, puis organise la répartition des tâches entre le dirigeant, les responsables de service et, si la PME le souhaite, un délégué externe.

Sans DPO, qui répond de la conformité RGPD dans l'entreprise ?

La société, en sa qualité de responsable du traitement, répond des manquements devant la CNIL et devant le juge. L'article 24 du RGPD lui impose de mettre en œuvre des mesures appropriées et de pouvoir prouver la conformité du traitement. En pratique, le dirigeant porte cette charge : c'est à lui que la CNIL adresse ses demandes, et c'est lui qui doit retrouver les notes d'information, contrats et réponses. Le Conseil d'État a rappelé que les dirigeants d'entreprises privées et les responsables de traitement ont l'obligation de coopérer avec la CNIL, en répondant avec diligence à ses demandes de communication. Il a maintenu une amende de 10 000 euros contre un commerce dont le gérant avait demandé de ne pas signer le procès-verbal de contrôle puis n'avait répondu ni au procès-verbal ni à la relance (CE, 30 janvier 2024, n° 473254). Ce manquement est autonome : il a été sanctionné sans que la conformité du système de vidéosurveillance contrôlé ait pu être appréciée. Le cabinet aide le dirigeant à désigner en interne une personne chargée de recevoir et d'orienter les demandes, et à tenir un dossier de preuves consultable rapidement.

Peut-on installer une caméra dans un commerce ou un atelier sans informer les salariés ?

Non lorsque la caméra permet aussi de contrôler leur activité. L'article L. 1222-4 du code du travail interdit de collecter une information concernant personnellement un salarié par un dispositif qui n'a pas été porté préalablement à sa connaissance. Dans une entreprise d'au moins cinquante salariés, le comité social et économique doit en outre être informé et consulté, avant la décision de mise en œuvre, sur les moyens permettant un contrôle de l'activité. Dans une affaire tranchée selon la loi informatique et libertés dans sa version alors en vigueur, une pharmacie avait installé un système destiné à la sécurité des biens et des personnes, qui « permettait également de contrôler et de surveiller l'activité des salariés » (Cass. soc., 10 novembre 2021, n° 20-12.263). La Cour de cassation en a déduit que la preuve tirée des enregistrements était illicite et a cassé l'arrêt qui avait validé le licenciement pour faute grave. L'article 13 du RGPD exige aujourd'hui une information comparable lors de la collecte. La finalité affichée compte aussi : une caméra présentée comme antivol ne se transforme pas, sans nouvelle information, en outil de contrôle du personnel. Le cabinet vérifie la note remise aux salariés, l'affichage, la consultation du comité et l'angle de prise de vue avant toute exploitation des images.

Une vidéo non conforme peut-elle servir à prouver la faute d'un salarié ?

Une preuve illicite n'est pas automatiquement écartée, mais elle n'est admise qu'à des conditions strictes. Le juge vérifie si le contrôle reposait sur des raisons concrètes, si l'employeur disposait d'un moyen moins intrusif et si l'atteinte à la vie personnelle est proportionnée. La solution peut être défavorable à l'employeur : la Cour de cassation a approuvé l'irrecevabilité d'enregistrements dès lors que « la production des enregistrements litigieux n'était pas indispensable à l'exercice du droit à la preuve de l'employeur, dès lors que celui-ci disposait d'un autre moyen de preuve qu'il n'avait pas versé aux débats » (Cass. soc., 8 mars 2023, n° 21-17.802). Elle a en revanche admis la vidéo lorsque « le visionnage des enregistrements avait été limité dans le temps, dans un contexte de disparition de stocks, après des premières recherches restées infructueuses et avait été réalisé par la seule dirigeante de l'entreprise » (Cass. soc., 14 février 2024, n° 22-23.073). Dans une PME, ce dernier critère joue souvent : qui a regardé les images, pendant combien de temps et après quelles vérifications. Le cabinet reconstitue cette chronologie avant d'engager une procédure disciplinaire fondée sur des images.

Une caméra qui filme en permanence un salarié seul à son poste est-elle admise ?

La surveillance continue d'un salarié qui travaille seul est la configuration la plus exposée. L'article L. 1121-1 du code du travail interdit d'apporter aux droits des personnes des restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche ni proportionnées au but recherché. Dans un restaurant, la cour d'appel avait constaté que le cuisinier « était soumis à la surveillance constante de la caméra qui y était installée » (Cass. soc., 23 juin 2021, n° 19-13.856). La Cour de cassation a approuvé les juges qui ont tenu ce dispositif pour « attentatoire à la vie personnelle du salarié et disproportionné au but allégué » (Cass. soc., 23 juin 2021, n° 19-13.856), de sorte que les enregistrements n'étaient pas opposables au salarié ; le pourvoi de l'employeur a été rejeté. L'objectif de sécurité des personnes et des biens ne suffit donc pas lorsque la caméra cadre en continu un poste occupé par une seule personne. Pour une petite entreprise, la solution consiste à orienter les caméras vers les accès, la caisse ou les réserves, à limiter la conservation des images et à réserver leur consultation à des incidents précis. Le cabinet examine le plan d'implantation et les paramètres d'enregistrement avec le prestataire qui a posé le système.

Les données d'un logiciel de téléphonie ou de gestion peuvent-elles fonder un licenciement ?

Ces outils produisent des données personnelles : heures de connexion, appels décrochés, temps de traitement. Leur exploitation sans information préalable porte atteinte à la vie privée des salariés, mais la preuve peut être admise si elle est indispensable et proportionnée. Dans un centre d'appels, l'employeur « s'était borné à produire l'exploitation des données issues du logiciel de gestion informatisée du centre d'appels » (Cass. soc., 22 janvier 2025, n° 22-15.793), limitée aux communications professionnelles et complétée par un constat de commissaire de justice. La Cour de cassation a jugé cette production proportionnée et rejeté le pourvoi des salariées licenciées. Cette décision est favorable à l'employeur, mais elle tient à la sélection étroite des données produites : une extraction massive ou étendue à des échanges personnels aurait appelé une autre appréciation. Une PME qui déploie un logiciel de téléphonie, de pointage ou de gestion des tâches doit informer les salariés avant toute collecte les concernant et, si elle compte au moins cinquante salariés, informer ou consulter le comité social et économique avant d'introduire l'outil, selon qu'il sert à la gestion du personnel ou au contrôle de l'activité. Le cabinet relit le contrat de l'éditeur, les paramètres activés et la note d'information avant qu'un litige ne fasse de ces données une pièce contestée.

Un ancien salarié réclame ses courriels et son agenda : que doit faire l'employeur ?

L'article 15 du RGPD donne à toute personne le droit d'obtenir une copie de ses données. La messagerie professionnelle, l'agenda et les conversations internes d'un salarié en contiennent. La réponse est due dans le délai d'un mois prévu par l'article 12, paragraphe 3. Un refus fondé sur la seule confidentialité des affaires est risqué. La cour d'appel de Versailles a ordonné en référé la communication des courriels, de l'agenda et des conversations d'un salarié dont la période d'essai avait été rompue, en relevant que la société avait refusé « sans que la société [1] n'établisse devant la cour en quoi leur communication serait de nature à porter atteinte aux droits et libertés d'autrui » (CA Versailles, ch. soc. 4-2, 3 juin 2026, n° 25/02036). La même décision rappelle qu'il appartient au juge « de veiller au principe de minimisation des données à caractère personnel » (CA Versailles, ch. soc. 4-2, 3 juin 2026, n° 25/02036), et ordonne l'occultation des coordonnées des clients et des autres salariés. La voie utile pour l'entreprise consiste donc à communiquer en masquant ce qui concerne des tiers, plutôt qu'à opposer un refus global. Le cabinet organise l'extraction, les occultations et la lettre d'accompagnement.

Que risque une PME qui ne répond pas aux courriers de la CNIL ?

Le défaut de réponse est en lui-même un manquement. L'article 31 du RGPD impose au responsable du traitement de coopérer avec l'autorité de contrôle, et la loi de 1978 interdit aux dirigeants de s'opposer à l'action de la CNIL. Le Conseil d'État l'a appliqué à une société qui n'avait répondu ni à une personne demandant l'effacement de ses données, ni aux relances et à la mise en demeure de la CNIL, revenues avec la mention pli avisé et non réclamé (CE, 28 novembre 2025, n° 499566). La société soutenait que les messages avaient été classés comme indésirables par un mauvais paramétrage de sa boîte générique. Le juge a retenu une négligence prolongée et maintenu l'amende de 15 000 euros et l'injonction sous astreinte, en relevant qu'il n'était pas établi que ce montant excédait les capacités contributives de l'entreprise. Cette décision est défavorable à la PME et montre un point concret : l'adresse électronique publiée pour l'exercice des droits doit être réellement lue, et les recommandés doivent être retirés. Le cabinet vérifie ces circuits de réception et, lorsqu'un courrier est déjà en souffrance, prépare une réponse complète avec les pièces demandées.

Qu'est-ce que la procédure simplifiée de sanction de la CNIL ?

Prévue par l'article 22-1 de la loi informatique et libertés, elle permet au président de la formation restreinte, ou au membre qu'il désigne, de statuer seul sur une affaire qui ne présente pas de difficulté particulière. Elle n'ouvre que certaines mesures : rappel à l'ordre, injonction sous astreinte et amende. Dans sa rédaction en vigueur depuis le 28 mai 2026, l'amende ne peut dépasser 20 000 euros et l'astreinte 100 euros par jour ; ces plafonds passent à 100 000 euros et 500 euros lorsque le chiffre d'affaires annuel mondial total de l'exercice précédent du responsable de traitement excède 50 millions d'euros. La décision ne peut pas être rendue publique. Les garanties restent réelles : un rapport établi par un agent de la CNIL est notifié à l'entreprise, qui peut se faire assister, présenter des observations écrites et demander à être entendue. Le président de la formation restreinte peut aussi refuser cette voie et renvoyer à la procédure ordinaire de l'article 22. Pour une PME, les observations écrites sont le moment décisif : elles doivent montrer les corrections déjà faites, la coopération et la situation financière. Le cabinet les rédige à partir du rapport notifié.

Un piratage de messagerie engage-t-il la responsabilité de la PME envers ses clients ?

Il peut l'engager si l'entreprise ne prouve pas que ses mesures de sécurité étaient appropriées. L'article 32 du RGPD impose des mesures adaptées au risque, et l'article 82 ouvre une action en réparation. Le tribunal judiciaire de Nice a jugé une agence immobilière, constituée en SARL, dont la messagerie d'un gestionnaire avait été piratée : le locataire avait reçu des courriels frauduleux et versé ses loyers sur un compte détourné. Le tribunal a retenu que « Le responsable du traitement en cause supporte la charge de prouver le caractère approprié des mesures de sécurité qu'il a mises en œuvre au titre de l'article 32 dudit règlement » (TJ Nice, 3e ch. civ., 18 novembre 2025, n° 22/03193). L'agence n'apportant aucune réponse sur ce point, elle a été condamnée à indemniser le locataire, pour cette faute et pour un manquement distinct relatif au loyer. Cette solution de première instance est défavorable à l'entreprise et peut être discutée en appel, mais elle montre ce qui compte : authentification renforcée, journalisation, procédure de vérification des changements de coordonnées bancaires, preuve de la date de découverte de l'incident. Le cabinet aide à documenter ces mesures avant l'incident et à organiser la défense après.

Peut-on envoyer des courriels de prospection à des clients sans leur consentement ?

L'article L. 34-5 du code des postes interdit la prospection directe par courrier électronique utilisant les coordonnées d'une personne physique qui n'y a pas consenti préalablement. Une exception vise les clients : leurs coordonnées doivent avoir été recueillies auprès d'eux à l'occasion d'une vente ou d'une prestation, la prospection doit porter sur des produits ou services analogues fournis par la même entreprise, et le destinataire doit s'être vu offrir un moyen simple et gratuit de s'opposer dès la collecte de ses coordonnées puis à chaque message, sans l'avoir refusé d'emblée. Un fichier de particuliers acheté ne bénéficie pas de cette exception : il faut pouvoir établir le consentement recueilli par le vendeur du fichier, y compris pour la transmission à des partenaires. Pour des professionnels sollicités sur un sujet en rapport avec leur fonction, la CNIL admet une prospection fondée sur l'intérêt légitime, à condition de les informer et de leur permettre de s'opposer (fiche de la CNIL sur la prospection par courrier électronique). Le même raisonnement s'applique aux traceurs déposés sur le site, qui supposent un consentement préalable sauf exceptions (article 82 de la loi de 1978). Pour une PME, le risque vient souvent d'un outil d'envoi configuré par un prestataire, qui mélange clients et prospects dans une même liste. Le cabinet vérifie l'origine des adresses, la formulation du consentement et le lien de désinscription avant une campagne.

Faut-il un contrat particulier avec l'hébergeur ou le prestataire informatique ?

Oui dès que le prestataire traite des données pour le compte de l'entreprise : hébergement, logiciel de paie en ligne, CRM, maintenance avec accès aux serveurs. L'article 28 du RGPD impose de ne recourir qu'à un sous-traitant présentant des garanties suffisantes, et de régir la relation par un contrat qui précise ce qui est traité, pendant combien de temps, dans quel but et à propos de quelles personnes. Le contrat doit notamment prévoir que le prestataire n'agit que sur instruction documentée, que son personnel est tenu à la confidentialité, qu'il assure la sécurité et qu'il ne recrute pas un autre sous-traitant sans autorisation écrite. Le prestataire doit aussi signaler toute violation au responsable du traitement sans délai injustifié (article 33, paragraphe 2). Les conditions générales standard des éditeurs contiennent souvent ces clauses, mais pas toujours le sort des données à la fin du contrat ni le lieu d'hébergement. Le cabinet relit ces contrats, négocie les clauses manquantes et vérifie la réversibilité.

Enregistrer les réunions du CSE peut-il constituer un traitement illicite ?

Oui lorsque l'enregistrement poursuit une finalité que la loi ne lui reconnaît pas. Le code du travail permet l'enregistrement des séances du comité social et économique pour la seule rédaction du procès-verbal, qui relève du secrétaire du comité. Un employeur avait enregistré les séances pour contrôler la fidélité des procès-verbaux et se constituer des preuves. La chambre sociale a validé l'analyse des juges d'appel, pour qui « l'employeur avait ainsi recueilli les données personnelles des représentants du personnel » (Cass. soc., 7 octobre 2026, n° 25-10.664), et qu'il avait agi « à des fins étrangères à l'obligation légale d'établissement par le secrétaire du comité des procès-verbaux des délibérations de l'instance » (Cass. soc., 7 octobre 2026, n° 25-10.664). Faute d'intérêt légitime au sens de l'article 6 du RGPD, le trouble manifestement illicite était caractérisé et le pourvoi de l'employeur a été rejeté. Cette décision est défavorable à l'entreprise. Elle concerne les structures d'au moins cinquante salariés, mais son raisonnement vaut pour tout enregistrement de réunions ou d'entretiens : la base légale se vérifie avant d'appuyer sur le bouton. Le cabinet examine les pratiques d'enregistrement et les documents qui les encadrent.

Un courrier de la CNIL, une demande d'accès ou un outil à encadrer ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez le courrier reçu, les contrats et les notes d'information déjà en place : le cabinet vérifie les obligations applicables, les délais et les preuves à réunir.

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