Refus d'indemniser, silence de la compagnie, médiation et assignation depuis février 2026
Avocat vol annulé ou retardé à Paris : agir après le refus de la compagnie.
Réclamation rejetée, offre en bons d'achat, circonstance extraordinaire invoquée sans pièce ou simple silence : le refus de la compagnie ouvre une seconde étape, plus formelle depuis le 7 février 2026. Médiation préalable, assignation et preuve du retard se préparent avant de saisir le juge.
Depuis le 7 février 2026, une demande fondée sur le règlement européen portée devant le tribunal sans tentative de médiation préalable peut être déclarée irrecevable d'office. Conservez la réclamation écrite et sa date.
Vol annulé ou retardé · Paris
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Envoyez la réservation, la carte d'embarquement si vous l'avez, la réclamation adressée à la compagnie et sa réponse : le cabinet vérifie le droit à indemnisation, les délais et la voie de recours utile.
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juridique
Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Vol annulé ou retardé : ce qui décide du recours
Droit aérien · Paris 17e
Ce que fait un avocat vol annulé ou retardé à Paris
- Barreau de Paris
- Droit aérien
- Passagers et compagnies
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir pour les passagers dont la demande d'indemnisation a été rejetée ou laissée sans réponse par le transporteur aérien.
Le refus d'une compagnie n'est pas une décision. C'est une position de partie, souvent appuyée sur un motif type : circonstance extraordinaire, absence de carte d'embarquement, retard inférieur à trois heures ou vol hors du champ européen. Le cabinet examine si ce motif résiste aux pièces et à la jurisprudence.
Le décret n° 2025-772 du 5 août 2025 a modifié la suite du parcours. Les demandes fondées sur le règlement (CE) n° 261/2004 du 11 février 2004 se forment désormais par assignation, après une tentative de médiation devant un médiateur de la consommation, sauf exception prévue par le texte. Le cabinet vérifie d'abord si cette étape a été accomplie, ou si elle peut l'être encore.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
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Le motif du refus
Chaque motif avancé par la compagnie appelle une preuve précise, qu'elle doit en principe rapporter elle-même.
La médiation préalable
Sans tentative de médiation, hors motif légitime ou exception transitoire prévus par le décret, le tribunal peut écarter la demande sans examiner le fond.
Le bon tribunal
Le lieu de départ ou d'arrivée du vol peut fonder la compétence, selon la situation de la compagnie et le texte applicable.
Les règles
Indemnité, preuve, procédure : les règles applicables
Quatre règles commandent l'analyse d'un refus d'indemnisation.
- Le règlement (CE) n° 261/2004 du 11 février 2004 fixe, à ses articles 5 et 7, une indemnité forfaitaire de 250 euros pour les vols de 1 500 kilomètres ou moins, de 400 euros pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 kilomètres et les autres vols de 1 500 à 3 500 kilomètres, de 600 euros au-delà, distances mesurées par la route orthodromique. L'article 7, paragraphe 2, permet de réduire ce montant de moitié lorsque le réacheminement proposé limite le retard à l'arrivée. La Cour de cassation admet le passager arrivé à destination finale avec trois heures de retard ou plus et censure le tribunal qui fait peser sur lui la preuve de l'heure d'arrivée, « alors qu'il incombait au transporteur aérien de démontrer que M. W... avait atteint l'aéroport d'Orly avec un retard inférieur à trois heures » (Cass. 1re civ., 17 février 2021, n° 19-21.362).
- La compagnie échappe au paiement si elle prouve une circonstance extraordinaire qu'aucune mesure raisonnable n'aurait évitée (article 5, paragraphe 3, du règlement). Le tribunal judiciaire de Paris rappelle que « Les termes de circonstances extraordinaires figurant dans une disposition qui constitue une dérogation au principe de l’indemnisation forfaitaire doivent être interprétés strictement » (TJ Paris, 8 janvier 2026, n° 24/01802). La défense aboutit pourtant parfois : le tribunal de commerce de Nice a rejeté une demande après avoir retenu que « la présence d'insectes à bord de l'appareil a nécessité une intervention préalable à l'exploitation du vol » (TC Nice, 22 avril 2026, n° 2025RG01992).
- Selon le décret n° 2025-772 du 5 août 2025, applicable aux instances introduites depuis le 7 février 2026, la demande est formée par assignation, au nom d'un seul passager ou de passagers d'un même vol unis par un lien familial ou de couple, après une tentative de médiation devant un médiateur de la consommation, sauf motif légitime ou réclamation adressée à la compagnie avant le 7 août 2025, ou fait générateur antérieur d'au moins quatre ans au 7 février 2026. Le tribunal des activités économiques de Nanterre a déclaré irrecevable une assignation de mai 2026 parce que « le demandeur ne rapporte pas la preuve de la saisine du médiateur de la consommation préalablement à l'instance » (TAE Nanterre, 24 septembre 2026, n° 2026F01065).
- L'indemnité forfaitaire relève du délai de droit commun de cinq ans de l'article 2224 du code civil, que la reconnaissance du droit par la compagnie interrompt (article 2240 du code civil ; TJ Lyon, 2 juin 2026, n° 25/02044). Pour la compétence, la Cour de cassation voit dans le règlement « un régime de réparation standardisée et immédiate des préjudices que constituent les désagréments dus aux retards » et applique l'article 46 du code de procédure civile à une compagnie établie hors de l'Union (Cass. 1re civ., 9 novembre 2022, n° 21-11.304).
Le règlement (UE) 2026/2202 du 16 septembre 2026, qui modifie le règlement de 2004, n'est applicable qu'à partir du 23 octobre 2027 (article final, EUR-Lex) : les vols actuels restent régis par le texte de 2004 et la jurisprudence qui l'interprète.
Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon l'état du dossier
Le refus de la compagnie se discute à partir des pièces du voyage et de la chronologie des réclamations.
Situation A
La compagnie a refusé ou ne répond pas
- Confirmation de réservation, billet électronique et, si vous l'avez conservée, carte d'embarquement
- Réclamation écrite adressée à la compagnie, avec sa date d'envoi et l'accusé de réception éventuel
- Réponse de refus, offre de bon d'achat ou message annonçant l'annulation, avec l'heure de réception
- Horaires réels relevés par vous ou par un service de suivi des vols, captures d'écran datées
Situation B
Une démarche est déjà engagée
- Dossier de médiation : date de saisine, échanges avec le médiateur et avis rendu, ou refus d'examen
- Contrat signé avec une société de réclamation, mandat ou acte de cession de la créance
- Jugement d'irrecevabilité, requête déposée ou assignation déjà délivrée
- Liste des passagers du même vol et lien familial ou de couple qui les unit
N'acceptez pas un bon d'achat ou une indemnité réduite sans avoir vérifié le montant dû : le règlement subordonne le paiement en bons à l'accord signé du passager.
Le cabinet traite aussi :
- Médiation de la consommation
- Assignation
- Circonstances extraordinaires
- Indemnisation complémentaire
La méthode
Comment le cabinet reprend le dossier
Contrôler le refus, accomplir l'étape amiable exigée, puis porter la demande devant le juge compétent.
Étape 1
Lecture du refus et des pièces
Le cabinet confronte le motif opposé par la compagnie aux pièces du voyage : distance, horaires réels, qualité de transporteur effectif, date de l'information sur l'annulation et offre de réacheminement.
Étape 2
Vérification des délais
Il calcule le délai de cinq ans, recherche un acte de reconnaissance qui l'aurait interrompu et contrôle le délai d'un an dans lequel le médiateur doit être saisi après la réclamation écrite.
Étape 3
Médiation ou motif légitime
Si la médiation n'a pas eu lieu, le dossier est préparé pour le médiateur compétent. Si elle a échoué ou s'est révélée impossible, le cabinet réunit la preuve exigée par le décret.
Étape 4
Assignation et audience
L'assignation, délivrée par commissaire de justice devant le tribunal choisi, chiffre l'indemnité, les intérêts et, si les pièces le justifient, un préjudice distinct de l'indemnité forfaitaire.
Une demande juste peut échouer pour une raison de forme. Depuis février 2026, la médiation, l'assignation et la composition du groupe de demandeurs se vérifient avant le fond.
Le calendrier
Le parcours après un refus de la compagnie
Du vol perturbé jusqu'au jugement, chaque étape laisse une trace qui servira de preuve.
Vol perturbé
Le jour même. Photographiez les écrans d'affichage, conservez la carte d'embarquement et notez l'heure à laquelle une porte s'ouvre pour laisser sortir les passagers à l'arrivée.
Réclamation écrite
Adressez à la compagnie une demande précise et datée : numéro de vol, trajet, retard ou annulation, montant réclamé.
Refus ou silence
Conservez la réponse, même automatique. Une offre chiffrée de la compagnie peut valoir reconnaissance du droit.
Médiation
Saisissez le médiateur de la consommation dans l'année qui suit la réclamation écrite, en joignant l'ensemble des pièces.
Assignation
En cas d'échec, la demande est portée par assignation devant le tribunal compétent, avec la preuve de la tentative de médiation.
Jugement et exécution
Le jugement fixe l'indemnité, les intérêts et les frais ; il s'exécute ensuite contre la compagnie condamnée.
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'assigner
Une assignation mal préparée coûte des frais et peut être déclarée irrecevable sans examen du fond.
- Champ d'application : vol au départ de l'Union, ou vol vers l'Union opéré par un transporteur de l'Union, et qualité de transporteur effectif.
- Droit à indemnité : retard de trois heures ou plus à la destination finale, annulation annoncée moins de deux semaines avant le départ sans réacheminement dans les horaires de l'article 5, ou refus d'embarquement, distance retenue.
- Motif du refus : nature de la circonstance invoquée, pièces produites par la compagnie, mesures raisonnables prises ou non.
- Étape amiable : réclamation écrite datée, saisine du médiateur dans l'année, issue de la médiation ou motif légitime d'absence.
- Forme de l'action : assignation, demandeurs regroupés selon le décret, juridiction compétente et délai de cinq ans.
Synthèse
Refus, preuve, réponse
Les motifs de refus les plus fréquents appellent chacun une réponse différente.
Situation
La compagnie invoque une circonstance extraordinaire
Preuve décisive : Rapport technique, journal des rotations, notes météorologiques ou de contrôle aérien produits par la compagnie.
Délai : Demander les pièces dès la réclamation, avant la médiation.
Action utile : Discuter la nature de l'événement et les mesures raisonnables prises ou omises.
Situation
La compagnie conteste la durée du retard
Preuve décisive : Horaires réels, relevé de suivi du vol, attestation de retard, heure d'arrivée à l'aéroport de destination finale.
Délai : Relever les horaires le jour même ou dans les jours qui suivent.
Action utile : Rappeler que la preuve d'un retard inférieur à trois heures pèse sur le transporteur.
Situation
La compagnie exige la carte d'embarquement
Preuve décisive : Réservation confirmée, courriels de la compagnie, réacheminement, tout élément montrant le transport effectif.
Délai : Rassembler ces pièces avant la saisine du médiateur.
Action utile : Opposer la jurisprudence qui n'exige plus la carte d'embarquement pour un vol retardé.
Situation
La compagnie ne répond pas
Preuve décisive : Réclamation écrite datée, relances, accusés de réception.
Délai : Saisir le médiateur après le refus ou après le délai de réponse prévu par ses conditions, au plus tard dans l'année qui suit la réclamation écrite.
Action utile : Médiation, puis assignation si la compagnie maintient son silence ou son refus.
Situation
La compagnie propose un bon d'achat
Preuve décisive : Offre reçue, conditions d'utilisation, montant comparé au barème du règlement.
Délai : Ne rien signer avant de vérifier le montant dû.
Action utile : Refuser le bon et réclamer le paiement en argent ; si un montant inférieur a été accepté faute d'information sur les droits, examiner la demande de complément prévue par l'article 15.
Situation
Le tribunal a déclaré la demande irrecevable
Preuve décisive : Jugement, date de la réclamation, date du vol, preuve éventuelle d'une médiation.
Délai : Vérifier les voies de recours contre le jugement et la prescription, l'interruption pouvant être non avenue si la demande est définitivement rejetée.
Action utile : Examiner si le médiateur peut encore être saisi, l'année suivant la réclamation écrite pouvant être écoulée, avant de décider si une nouvelle action reste possible.
Questions fréquentes
Vos questions : recours après refus
La compagnie refuse de m'indemniser : que puis-je faire ?
Un refus n'éteint pas votre droit. Il faut d'abord identifier le motif exact avancé par la compagnie, car chaque motif appelle une réponse différente : circonstance extraordinaire, retard prétendument inférieur à trois heures, absence de preuve de l'embarquement, vol hors du champ du règlement (CE) n° 261/2004 du 11 février 2004 ou demande jugée tardive. Le cabinet confronte ce motif aux pièces du voyage et aux décisions rendues sur des situations comparables.
Depuis le 7 février 2026, la suite est encadrée par le décret n° 2025-772 du 5 août 2025. Si la compagnie maintient son refus, la demande passe par une tentative de médiation devant un médiateur de la consommation, puis, en cas d'échec, par une assignation devant le tribunal. Sautez la médiation et le juge peut déclarer la demande irrecevable sans examiner le fond, comme l'a fait le tribunal des activités économiques de Nanterre le 24 septembre 2026. Conservez donc la réclamation écrite, sa date et la réponse reçue : elles conditionnent la saisine du médiateur, qui doit intervenir dans l'année suivant cette réclamation selon l'article L. 612-2 du code de la consommation.
La médiation est-elle obligatoire avant de saisir le tribunal ?
Oui, pour les demandes fondées sur le règlement européen et introduites depuis le 7 février 2026. L'article 1er du décret n° 2025-772 du 5 août 2025 subordonne l'assignation à une tentative de médiation devant un médiateur de la consommation, dans les conditions des articles L. 612-1 à L. 612-3 du code de la consommation. L'irrecevabilité est relevée d'office : le juge n'attend pas que la compagnie la soulève.
Le texte prévoit deux motifs légitimes d'absence de médiation : des circonstances qui ont rendu impossible la saisine du médiateur dans le délai d'un an suivant la réclamation écrite, ou l'indisponibilité du médiateur lorsque la médiation n'a pas abouti dans les six mois de sa saisine. L'article 2 écarte aussi l'irrecevabilité lorsque la réclamation a été adressée à la compagnie avant la publication du décret, le 7 août 2025, ou lorsque le fait générateur remonte à quatre ans au moins avant le 7 février 2026. Pour les demandes de 5 000 euros au plus, l'article 750-1 du code de procédure civile imposait déjà une tentative préalable de résolution amiable. Le tribunal judiciaire de Toulouse a ainsi jugé recevable, le 31 juillet 2026, la demande d'un passager qui « justifie avoir saisi le médiateur du Tourisme et du Voyage qui a d’ailleurs émis un avis favorable concernant sa demande » (TJ Toulouse, 31 juillet 2026, n° 25/02405).
Que faire si la compagnie n'adhère à aucun médiateur connu ?
L'article L. 612-1 du code de la consommation oblige le professionnel à garantir au consommateur le recours effectif à un dispositif de médiation de la consommation, et à lui permettre de recourir au médiateur sectoriel lorsqu'il en existe un. Pour le transport aérien, les services publics d'information orientent les passagers vers le Médiateur Tourisme et Voyage, après vérification de la liste de ses adhérents.
Le décret n° 2025-772 du 5 août 2025 ne prévoit pas de dispense propre à la compagnie non adhérente. Il admet seulement deux motifs légitimes : l'impossibilité de saisir le médiateur dans le délai d'un an suivant la réclamation écrite, et l'indisponibilité du médiateur lorsque la médiation n'a pas abouti dans les six mois. La prudence commande donc de rechercher le médiateur désigné dans les conditions générales de la compagnie, de le saisir et de garder la preuve de chaque démarche, y compris un refus d'examen. Le cabinet vérifie ces éléments et prépare, si la médiation se révèle impossible, la démonstration du motif légitime qui sera soumise au juge. Parmi les décisions consultées pour cette page, aucune ne tranche le cas de la compagnie qui ne propose aucun médiateur.
Peut-on encore saisir le tribunal par une simple requête ?
Non, pour les demandes fondées sur le règlement européen introduites depuis le 7 février 2026. Le décret n° 2025-772 du 5 août 2025 impose l'assignation, acte délivré à la compagnie par un commissaire de justice. Une requête déposée au greffe expose le passager à une irrecevabilité, même lorsque la compagnie ne se présente pas à l'audience.
Le tribunal judiciaire de Lorient l'a jugé le 17 septembre 2026 pour une passagère qui demandait réparation d'une annulation, en relevant que « la présente procédure n’a pas fait l’objet d’une tentative préalable de conciliation et que la juridiction n’a pas été saisie par voie d’assignation » (TJ Lorient, 17 septembre 2026, n° 26/00136). Les demandes ont été déclarées irrecevables et la passagère condamnée aux dépens. Le décret encadre aussi le regroupement : une même assignation ne peut réunir que des passagers d'un même vol unis par un lien d'ascendance, de collatéralité jusqu'au quatrième degré, de mariage, de pacte civil de solidarité ou de concubinage. Un groupe d'amis ou de collègues doit donc agir par des assignations distinctes, ce qui se prépare avant la délivrance de l'acte.
La compagnie invoque une circonstance extraordinaire : faut-il la croire ?
Pas sans pièces. L'article 5, paragraphe 3, du règlement (CE) n° 261/2004 du 11 février 2004 dispense la compagnie de l'indemnité si elle prouve une circonstance extraordinaire qui n'aurait pas pu être évitée même en prenant toutes les mesures raisonnables. La charge de cette double preuve pèse sur elle, et le motif doit être examiné au regard des documents qu'elle produit.
La Cour de cassation a censuré un tribunal qui avait exonéré une compagnie au motif que l'aéroport d'Orly était fermé la nuit, en jugant « alors qu'une telle réglementation ne saurait constituer une circonstance extraordinaire » (Cass. 1re civ., 17 février 2021, n° 19-21.362). Le tribunal judiciaire de Paris a de même condamné une compagnie à payer 600 euros pour un retard de 3 heures 17 à l'arrivée, après examen du journal des rotations de l'appareil (TJ Paris, 8 janvier 2026, n° 24/01802). Le résultat n'est pas toujours favorable : le tribunal de commerce de Nice a admis la circonstance extraordinaire tirée de la présence d'insectes à bord de l'appareil et rejeté la demande d'une société de réclamation (TC Nice, 22 avril 2026, n° 2025RG01992), décision de première instance. Le cabinet demande donc les justificatifs avant d'engager des frais.
Qui doit prouver l'heure d'arrivée et la durée du retard ?
Le passager établit son contrat de transport et le vol concerné. La compagnie qui conteste devoir l'indemnité doit ensuite prouver qu'elle s'est libérée, conformément à l'article 1353 du code civil. La Cour de cassation en a tiré une conséquence nette pour la durée du retard.
Dans une affaire où l'avion, attendu à Orly à 22 h 30, s'était posé à Roissy à 0 h 18, le tribunal avait rejeté la demande faute de preuve d'un retard supérieur à trois heures. La Cour a cassé ce jugement en retenant que « le tribunal a inversé la charge de la preuve et violé les textes susvisés » (Cass. 1re civ., 17 février 2021, n° 19-21.362). Le retard se mesure à l'arrivée à la destination finale figurant sur le billet, non au départ. Lorsque l'avion se pose dans un autre aéroport, c'est donc à la compagnie de démontrer l'heure à laquelle le passager a atteint sa destination finale. En pratique, le passager a intérêt à produire un relevé des horaires réels, une attestation de retard ou des captures d'écran datées, même si la charge de la preuve contraire pèse sur la compagnie.
Je n'ai plus ma carte d'embarquement : ma demande est-elle perdue ?
Pas nécessairement. Pour un vol retardé, l'article 3, paragraphe 2, du règlement subordonne son application à une réservation confirmée et à la présentation à l'enregistrement, condition que le texte écarte en cas d'annulation et qui ne vise pas le passager transféré sur un autre vol. En 2018, la Cour de cassation avait approuvé le rejet d'une demande parce que les pièces produites ne démontraient pas que les passagers s'étaient présentés à l'enregistrement (Cass. 1re civ., 14 février 2018, n° 16-23.205). Cette solution, défavorable au passager, n'est plus suivie.
Après une ordonnance de la Cour de justice de l'Union européenne du 24 octobre 2019, la Cour de cassation a jugé que des passagers d'un vol retardé de trois heures ou plus « ne peuvent pas se voir refuser l'indemnisation en vertu de ce règlement au seul motif que, à l'occasion de leur demande d'indemnisation, ils n'ont pas prouvé leur présence à l'enregistrement » (Cass. 1re civ., 21 octobre 2020, n° 19-13.016). Il appartient alors à la compagnie de démontrer que le passager n'a pas été transporté sur le vol retardé. La réservation confirmée, les courriels reçus pendant la perturbation et les éléments de réacheminement deviennent les pièces centrales du dossier.
Quel tribunal saisir quand la compagnie est étrangère ?
Lorsque la compagnie n'est pas domiciliée dans un État membre, la Cour de cassation applique l'article 46 du code de procédure civile, qui permet de saisir, outre le tribunal du défendeur, celui du lieu d'exécution de la prestation de service. Dans l'affaire d'un vol au départ de la France vers Tunis, la cour d'appel avait refusé la compétence du lieu d'embarquement en appliquant des articles du code de l'aviation civile qui renvoient à la convention de Montréal ; son arrêt a été cassé (Cass. 1re civ., 9 novembre 2022, n° 21-11.304).
Encore faut-il que le règlement s'applique. Pour un vol au départ d'un pays tiers vers l'Union, il ne joue que si le transporteur effectif est un transporteur de l'Union. La Cour de cassation a cassé, au détriment du passager, un jugement qui avait accordé l'indemnité « sans constater que la société était un transporteur communautaire » (Cass. 1re civ., 26 septembre 2019, n° 18-21.188). Le cabinet vérifie donc le sens du vol, la compagnie qui l'a réellement opéré et son siège avant de choisir la juridiction. Pour une compagnie établie dans un autre État membre, la compétence se détermine selon les règles européennes, que le cabinet examine au cas par cas.
La compagnie m'a proposé un bon d'achat : dois-je l'accepter ?
Vous n'y êtes pas tenu. L'article 7, paragraphe 3, du règlement (CE) n° 261/2004 du 11 février 2004 prévoit un paiement en espèces, par virement ou par chèque, et ne permet le paiement en bons de voyage ou en autres services qu'avec l'accord signé du passager. Un bon dont la valeur ou les conditions d'usage ne vous conviennent pas peut donc être refusé, et le paiement en argent réclamé.
L'article 15 du même règlement interdit de limiter ou de lever les obligations envers les passagers par une dérogation ou une clause du contrat de transport. Il ouvre au passager mal informé de ses droits, qui a accepté une indemnisation inférieure, la possibilité d'agir pour obtenir une indemnisation complémentaire. Avant de signer quoi que ce soit, comparez l'offre au montant applicable à la distance du vol et conservez l'offre écrite, sa date et ses conditions. Une offre chiffrée peut aussi produire un effet utile pour vous : le tribunal judiciaire de Lyon y a vu une reconnaissance du droit qui avait interrompu la prescription (TJ Lyon, 2 juin 2026, n° 25/02044).
Peut-on obtenir davantage que l'indemnité forfaitaire ?
Oui, à deux conditions distinctes. L'article 12 du règlement (CE) n° 261/2004 du 11 février 2004 réserve d'abord le droit du passager à une indemnisation complémentaire, dont l'indemnité forfaitaire peut être déduite. Ce préjudice distinct, différent des frais de repas ou d'hôtel que l'article 9 met directement à la charge de la compagnie, doit être prouvé par des pièces : rendez-vous professionnel manqué, prestation perdue, et reposer sur un fondement de responsabilité dont les conditions sont réunies. La Cour de cassation a censuré un tribunal qui avait rejeté une telle demande « sans qu'il résulte de sa décision qu'il a examiné les pièces produites par la société Les jardins de Coppélia à l'appui de sa demande d'indemnisation complémentaire » (Cass. 1re civ., 14 mai 2025, n° 24-10.520).
Le refus prolongé de payer peut ensuite justifier des dommages et intérêts pour résistance abusive. Le tribunal judiciaire de Toulouse a accordé 100 euros à un passager dont les démarches et la mise en demeure étaient restées sans réponse, en jugant que « Cette attitude caractérise une résistance abusive de la société AIR ALGERIE » (TJ Toulouse, 31 juillet 2026, n° 25/02405). Le tribunal judiciaire de Lyon a refusé la même demande, faute de malice ou de mauvaise foi caractérisée (TJ Lyon, 2 juin 2026, n° 25/02044). Les intérêts au taux légal courent, eux, selon l'article 1231-6 du code civil.
Combien de temps reste-t-il pour agir après le refus ?
L'action en paiement de l'indemnité forfaitaire relève de la prescription de droit commun de cinq ans de l'article 2224 du code civil, qui court à compter du jour où le passager a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir. Le tribunal judiciaire de Lyon applique ce délai de droit commun à l'action fondée sur le règlement européen, qu'il fait courir à compter du vol litigieux.
Le refus de la compagnie ne fait pas courir un nouveau délai. En revanche, une reconnaissance du droit l'interrompt, selon l'article 2240 du code civil. Le tribunal judiciaire de Lyon a jugé recevable, en juin 2026, la demande d'un passager dont le vol datait du 24 juin 2017 : un courriel de la compagnie du 22 janvier 2022, acceptant de verser 250 euros, valait reconnaissance malgré la mention d'une absence de reconnaissance de responsabilité, et la compagnie a été condamnée à payer cette somme (TJ Lyon, 2 juin 2026, n° 25/02044). Deux délais se superposent désormais : le délai d'un an pour saisir le médiateur après la réclamation écrite, et le délai de cinq ans pour assigner. L'article 2238 du code civil suspend en outre la prescription à compter de l'accord des parties pour recourir à la médiation ou, à défaut d'accord écrit, de la première réunion, la seule saisine du médiateur ne suffisant pas toujours. Le cabinet calcule ces délais ensemble dès le premier échange.
Faut-il un avocat pour réclamer l'indemnisation ?
La loi ne l'impose pas pour une demande de faible montant. L'article 761 du code de procédure civile dispense de constituer avocat, devant le tribunal judiciaire, lorsque la demande porte sur 10 000 euros au plus. Le passager peut donc réclamer seul, s'il respecte la médiation préalable, l'assignation par commissaire de justice et les règles de regroupement fixées par le décret n° 2025-772 du 5 août 2025.
L'intervention d'un avocat se justifie lorsque la compagnie oppose un motif sérieux, lorsque plusieurs passagers d'une même famille veulent agir ensemble, lorsqu'un premier jugement d'irrecevabilité a été rendu ou lorsqu'un préjudice distinct s'ajoute à l'indemnité forfaitaire. Le cabinet examine d'abord les pièces et la chronologie, puis indique si le dossier justifie une procédure et dans quelles conditions. L'étude préalable du dossier est proposée à 80 euros TTC ; aucune autre somme n'est engagée sans accord écrit sur la suite de l'intervention. Les frais de signification de l'assignation restent à avancer par le demandeur.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
Une compagnie refuse de payer ou ne répond plus ? Faites le point aujourd'hui.
Envoyez la réservation, la réclamation et la réponse reçue : le cabinet vérifie le droit à indemnisation, les délais en cours et l'étape à accomplir avant le tribunal.
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