Passagers blessés, familles de victimes, aviation légère et tiers au sol : Montréal, responsabilité, indemnisation

Avocat accident d'avion à Paris : faire reconnaître la responsabilité et indemniser les victimes et leurs proches.

Blessure à bord d'un vol commercial, décès lors d'un crash, accident d'aéroclub, d'hélicoptère ou d'ULM, dommage subi au sol : le régime applicable dépend du transporteur, de la gratuité du vol et de la place de la victime. Le délai pour agir est bref et la voie pénale ne suffit pas.

Contre le transporteur, l'action doit en principe être intentée sous peine de déchéance, dans les deux ans de l'arrivée à destination, du jour où l'avion aurait dû arriver ou de l'arrêt du transport. Une plainte pénale ne remplace pas toujours l'action civile : faites vérifier la date limite dès les premières semaines.

Accident d'avion · Paris

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Envoyez le billet ou la preuve du vol, les certificats médicaux, l'acte de décès le cas échéant, les échanges avec la compagnie ou l'assureur et les communiqués d'enquête : le cabinet examine le régime applicable et la date limite d'action.

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juridique

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Ils parlent de nous

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Accident d'avion : ce qui décide de l'indemnisation

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit aérien · Paris 17e

Ce que fait un avocat accident d'avion à Paris

  • Barreau de Paris
  • Victimes d'accident aérien
  • Convention de Montréal

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, examine les demandes des passagers blessés, des familles de victimes décédées et des personnes atteintes au sol par la chute ou les évolutions d'un aéronef.

Après un accident d'avion, trois questions commandent le dossier : qui est le transporteur au sens juridique, le vol était-il payant ou gratuit, et quelle juridiction peut être saisie. La réponse fixe le texte applicable, le plafond éventuel et le délai.

La convention de Montréal, le règlement (CE) n° 2027/97 et le code des transports organisent une responsabilité largement détachée de la preuve d'une faute pour le passager d'un vol commercial. Le vol gratuit d'un particulier, l'action contre un constructeur et le dommage au sol obéissent à des règles distinctes, que le cabinet vérifie avant toute démarche.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Un délai de deux ans

L'action contre le transporteur aérien se forme, sous peine de déchéance, dans les deux ans de l'arrivée, de l'arrivée prévue ou de l'arrêt du transport. Ce délai se surveille dès les premières semaines.

Le juge civil, pas le juge pénal

La Cour de cassation réserve l'action en responsabilité contre le transporteur et ses préposés aux juridictions civiles, même lorsqu'une information pénale est ouverte.

Les proches ont des droits propres

Conjoint, enfants, parents et concubin peuvent demander réparation de leur préjudice d'affection et de leur préjudice économique, à condition de prouver le lien avec le défunt.

Les règles

Montréal, vol gratuit, constructeur : les régimes en présence

Le même accident peut relever de plusieurs régimes selon la victime et la personne mise en cause.

  1. Pour une compagnie titulaire d'une licence européenne, l'article L. 6421-3 du code des transports soumet ces compagnies au règlement européen n° 2027/97, dans sa version modifiée, ainsi qu'à la convention signée à Montréal le 28 mai 1999. Selon son article 17, le transporteur répond de la mort ou de la blessure du passager dès lors que l'accident s'est produit à bord ou pendant l'embarquement ou le débarquement. Jusqu'à 100 000 droits de tirage spéciaux par passager dans le texte initial, montant révisé depuis selon l'article 24, l'article 21 lui interdit d'exclure ou de limiter sa responsabilité.
  2. Le transporteur qui ne relève pas de ce premier texte est soumis à la convention de Montréal par l'article L. 6421-4 du code des transports, dans sa rédaction en vigueur depuis le 10 octobre 2021. Ce renvoi laisse place à la convention internationale qui régit le voyage : la convention de Varsovie reste applicable aux relations de la France avec les États qui ne sont pas parties à celle de Montréal (Cass. crim., 2 juin 2026, n° 24-86.504). Pour un transport gratuit, sa responsabilité suppose une faute prouvée jusqu'au seuil de l'article 21 et une faute inexcusable au-delà. Sous la rédaction antérieure, la Cour de cassation jugeait déjà qu'en cas de promenade aérienne gratuite, « la responsabilité de ce particulier ne peut être engagée que si la victime prouve qu'il a commis une faute » (Cass. 1re civ., 8 avril 2021, n° 19-21.842).
  3. Ce régime vaut quel que soit le fondement invoqué par la famille, l'article L. 6421-4 interdisant de rechercher la responsabilité du transporteur hors de ses conditions, à quelque titre que ce soit. Appliquant la rédaction antérieure, qui renvoyait à la convention de Varsovie, la chambre mixte a jugé qu'à l'égard des ayants droit et des victimes indirectes, « la Convention de Varsovie est applicable, que le fondement de la demande soit contractuel » ou extracontractuel (Cass. ch. mixte, 27 mars 2026, n° 23-23.953). L'article 29 de la convention de Montréal pose la même exclusivité pour toute action en dommages-intérêts.
  4. Le constructeur de l'avion ou d'un équipement répond, lui, du défaut de son produit selon l'article 1245 du code civil. La Cour de cassation rappelle que « la responsabilité du producteur envers la victime n'est pas réduite par le fait d'un tiers ayant concouru à la réalisation du dommage » (Cass. 1re civ., 28 novembre 2018, n° 17-14.356), ce qui écarte l'argument tiré d'une maintenance ou d'une réaction d'équipage défaillante.
  5. La personne atteinte au sol n'est pas un passager. L'article L. 6131-2 du code des transports met à la charge de l'exploitant de l'aéronef une responsabilité de plein droit, que seule la faute de la victime réduit ou supprime.

Un rapport d'enquête du BEA décrit des causes, sans désigner de responsable : il éclaire le dossier civil, mais la responsabilité se discute devant le juge selon le régime applicable.

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir selon votre situation

Les pièces servent à établir le vol, l'événement, le lien avec la blessure ou le décès, puis chaque préjudice.

Situation A

Vous avez été blessé lors du vol

  • Billet, carte d'embarquement, numéro de vol et identité de la compagnie qui opérait réellement le vol
  • Rapport d'incident de l'équipage, nom des témoins, photographies et déclarations faites à l'arrivée
  • Certificats médicaux initiaux, comptes rendus d'hospitalisation, arrêts de travail et frais exposés
  • Échanges avec la compagnie, son assureur ou l'organisme social qui a pris en charge les soins

Situation B

Vous êtes proche d'une victime décédée

  • Acte de décès, livret de famille, certificat d'hérédité ou acte de notoriété
  • Preuve de la vie commune ou du lien affectif pour un concubin ou un proche sans lien de parenté
  • Revenus du défunt et du foyer, charges, aides versées régulièrement aux proches
  • Avis d'ouverture d'enquête, courriers du juge d'instruction, communiqués et rapport du BEA

Ne signez aucune quittance ni aucun protocole avec l'assureur avant d'avoir fait vérifier le régime applicable, le plafond invoqué et la part des sommes déjà versées à titre d'avance.

Le cabinet traite aussi :

  • Assurance aéronautique
  • Dommage corporel
  • Procédure pénale
  • Expertise médicale

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Identifier le régime, sécuriser le délai, puis chiffrer chaque préjudice pièce par pièce.

Étape 1

Qualifier le vol et le transporteur

Le cabinet distingue vol commercial, vol gratuit, baptême de l'air, vol d'instruction ou vol d'essai, puis identifie le transporteur contractuel et l'exploitant réel de l'appareil.

Étape 2

Fixer la date limite et le juge compétent

Le délai de deux ans, ses causes d'interruption et les tribunaux ouverts par l'article 33 de la convention de Montréal sont vérifiés avant tout échange avec l'assureur.

Étape 3

Réclamer l'avance et documenter le dommage

Pour une compagnie européenne, une avance est due après un décès. Le cabinet réunit ensuite les éléments médicaux et économiques qui permettront l'expertise et le chiffrage.

Étape 4

Négocier ou saisir le tribunal

Selon la position de l'assureur, le cabinet présente une demande chiffrée, sollicite une provision en référé ou assigne au fond devant le tribunal judiciaire compétent.

La plainte avec constitution de partie civile et l'action civile n'ont pas le même objet. Le choix entre elles, ou leur articulation, se décide au regard du délai et du juge compétent.

Le calendrier

La chronologie d'un dossier d'accident aérien

De l'accident à l'indemnisation, les étapes se recoupent et certaines dates ne se rattrapent pas.

  1. Premiers jours

    Dès l'accident. Conservez billets, photographies, coordonnées des témoins et premiers certificats ; demandez par écrit le rapport d'incident de l'équipage.

  2. Avance

    Après un décès sur un vol d'une compagnie européenne, l'avance prévue par le règlement n° 2027/97 doit être versée dans les quinze jours de l'identification de l'ayant droit.

  3. Enquêtes

    L'enquête de sécurité du BEA et l'éventuelle enquête judiciaire avancent séparément ; leurs conclusions arrivent souvent après plusieurs mois.

  4. Avant deux ans

    Assignation du transporteur ou de son assureur devant le juge civil compétent, sauf interruption régulière du délai déjà acquise et vérifiée.

  5. Expertise médicale

    Le tribunal ou l'assureur désigne un médecin ; la date de consolidation ouvre l'évaluation des préjudices permanents.

  6. Indemnisation

    Transaction ou jugement liquidant les préjudices de la victime directe, des ayants droit et le recours de l'organisme social.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Une erreur sur le régime ou sur le délai peut faire perdre l'action entière.

  • Nature du vol : transport contre rémunération, vol gratuit, vol d'instruction, promenade ou baptême, avec le lieu de départ et de destination.
  • Identité du transporteur, de l'exploitant de l'aéronef, du constructeur des équipements en cause et de leurs assureurs respectifs.
  • Point de départ du délai de deux ans, actes déjà accomplis et effet réel d'une plainte ou d'une constitution de partie civile.
  • Juridiction compétente : domicile du transporteur, lieu de destination, ou résidence principale et permanente du passager.
  • Lien entre l'événement survenu à bord et la blessure ou le décès, appuyé sur des pièces médicales et des témoignages.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Six configurations fréquentes et la priorité qu'elles imposent.

Situation

Passager blessé lors d'un vol commercial

Preuve décisive : Rapport d'incident, témoins, certificats médicaux et preuve que l'événement s'est produit à bord ou à l'embarquement.

Délai : Deux ans à compter de l'arrivée, de l'arrivée prévue ou de l'arrêt du transport.

Action utile : Réclamation chiffrée au transporteur et à son assureur, puis action fondée sur l'article 17 de la convention de Montréal.

Situation

Décès d'un proche dans un crash

Preuve décisive : Acte de décès, qualité d'héritier, lien affectif, revenus du foyer et charges du défunt.

Délai : Avance dans les quinze jours pour une compagnie européenne ; action dans les deux ans.

Action utile : Demande d'avance, puis indemnisation du préjudice d'affection, du préjudice économique et des frais d'obsèques.

Situation

Vol gratuit, aéroclub, ULM ou promenade

Preuve décisive : Circonstances du vol, qualité du pilote, éléments établissant une faute, assurance souscrite.

Délai : Deux ans, même si la faute du pilote n'apparaît que plus tard.

Action utile : Action contre le pilote ou son assureur en démontrant la faute ; examen distinct de la responsabilité de l'aéroclub.

Situation

Défaut d'un équipement de l'appareil

Preuve décisive : Rapport d'enquête, expertise technique, historique de maintenance et identification du producteur.

Délai : Trois ans de la connaissance, acquise ou exigible, du dommage, du défaut et du producteur ; extinction dix ans après la mise en circulation, sauf faute du producteur ou action engagée.

Action utile : Action en responsabilité du fait des produits défectueux, le cas échéant en référé-provision.

Situation

Dommage subi au sol

Preuve décisive : Constat des lieux, photographies, arrêtés préfectoraux, pertes de récoltes ou de revenus chiffrées.

Délai : Préserver la preuve avant enlèvement de l'épave et remise en état.

Action utile : Action contre l'exploitant de l'aéronef ; pour un avion militaire allié, contre l'État français lorsque la convention de Londres de 1951 lui confie le règlement.

Situation

Compagnie étrangère, vol international

Preuve décisive : Lieu de résidence principale et permanente, itinéraire, présence commerciale du transporteur en France.

Délai : Le choix du tribunal ne suspend pas le délai de deux ans.

Action utile : Vérifier la convention applicable, Montréal ou Varsovie selon les États concernés, puis les chefs de compétence de l'article 33 avant de saisir le tribunal judiciaire.

Questions fréquentes

Vos questions : accident d'avion

La compagnie aérienne doit-elle indemniser un passager blessé sans que celui-ci prouve une faute ?

Oui, dans la plupart des vols commerciaux. Selon l'article 17 de la convention de Montréal, le transporteur répond de la mort ou de la blessure d'un passager dès lors que l'accident s'est produit à bord ou au cours des opérations d'embarquement ou de débarquement. Pour une compagnie titulaire d'une licence européenne, l'article L. 6421-3 du code des transports rend ce régime applicable, y compris sur un vol intérieur. La victime doit donc établir trois éléments : un événement survenu pendant cette période, une lésion corporelle et le lien entre les deux. Elle n'a pas à démontrer une négligence de l'équipage. Le tribunal judiciaire de Paris a ainsi déclaré la compagnie entièrement responsable après avoir constaté que les défenderesses n'évoquaient aucune cause d'exonération : « Il y a donc lieu de déclarer la société AIR FRANCE entièrement responsable des conséquences dommageables de l'accident » (TJ Paris, 5e ch. 1re sect., 8 juillet 2025, n° 23/08270). L'affaire a ensuite été renvoyée devant la chambre spécialisée pour liquider les préjudices et statuer sur le recours de l'organisme social. Deux réserves demeurent. Le transporteur peut s'exonérer en tout ou partie s'il prouve la négligence de la victime, selon l'article 20. Au-delà du seuil de l'article 21, il échappe à la réparation complémentaire s'il prouve que le dommage n'est dû à aucune négligence ou faute de sa part, de ses préposés ou de ses mandataires, ou qu'il résulte uniquement du fait d'un tiers.

Un malaise à bord ou une maladie révélée pendant le vol ouvre-t-il droit à réparation ?

Pas en lui-même. Le régime de la convention de Montréal suppose un accident, c'est-à-dire un événement survenu pendant le transport et à l'origine de la lésion. La simple coïncidence entre le vol et l'apparition d'un trouble de santé ne suffit pas. Le tribunal judiciaire de Bobigny l'a jugé dans une affaire douloureuse : une passagère avait fait un malaise peu après le décollage et était décédée malgré les soins de l'équipage. Les proches invoquaient un déroutement antérieur pour cause de météo. Le tribunal a retenu qu'« il n'est pas établi l'existence d'un évènement extérieur à la victime, imprévu et soudain, ayant entraîné le décès » et a débouté la famille de toutes ses demandes (TJ Bobigny, ch. 21, 17 juin 2026, n° 21/00526). Cette décision défavorable montre la place de la preuve médicale : aucune autopsie n'avait été pratiquée, et la cause exacte du décès restait inconnue. Lorsqu'un passager tombe malade à bord, il faut donc rechercher un fait extérieur précis, par exemple une turbulence, un choc, un objet tombé, une erreur de service ou un défaut d'assistance, puis le relier aux constatations médicales. Le cabinet examine les rapports de vol, les déclarations de l'équipage et les certificats avant de déterminer si une action est sérieusement envisageable.

Une brûlure causée par une boisson chaude servie à bord est-elle un accident au sens de la convention ?

La Cour de justice de l'Union européenne a répondu positivement dans son arrêt du 19 décembre 2019 (CJUE, 19 décembre 2019, aff. C-532/18). Une enfant avait été brûlée par un café renversé de la tablette pendant le vol. La Cour a dit pour droit que la notion d'accident de l'article 17 couvre toutes les situations survenues à bord dans lesquelles un objet utilisé pour le service aux passagers a causé une lésion corporelle. Elle ajoute qu'il n'est pas nécessaire de rechercher si la situation résulte d'un risque propre au transport aérien. Cette interprétation lie les juridictions des États membres lorsqu'elles appliquent la convention de Montréal, que l'Union a approuvée. En pratique, le passager brûlé par une boisson, blessé par un chariot ou par un objet tombé d'un coffre doit surtout prouver la réalité de l'événement et son lien avec la lésion. Le rapport d'incident rédigé par l'équipage, les photographies de la blessure prises le jour même et le certificat du premier médecin consulté forment la base du dossier. La compagnie conserve la possibilité d'invoquer la négligence de la victime pour réduire sa responsabilité, sur le fondement de l'article 20. Le cabinet vérifie donc aussi les circonstances exactes du service et le comportement de chacun.

Quel est le délai pour agir contre la compagnie après un accident d'avion ?

Le délai est de deux ans. L'article 35 de la convention de Montréal impose d'intenter l'action, sous peine de déchéance, dans un délai de deux ans qui court à partir de l'arrivée, de la date d'arrivée prévue ou de l'interruption du voyage. Pour les transporteurs soumis au droit interne, l'article L. 6422-4 du code des transports reprend la même règle. Le mode de calcul relève de la loi du tribunal saisi : la cour d'appel de Paris en a déduit que l'action « est régie par les règles françaises civiles relatives à la computation du délai de prescription et à ses causes d'interruption » (CA Paris, pôle 4 ch. 11, 6 juillet 2023, n° 22/16279). La demande en justice interrompt donc ce délai, selon l'article 2241 du code civil. Ce délai ne se reporte pas parce que les causes de l'accident restent obscures. Selon la Cour de cassation, « l'ignorance d'une faute imputable au pilote ne caractérise pas une impossibilité d'agir » (Cass. 1re civ., 11 mai 2022, n° 21-16.647). Dans cette affaire défavorable aux familles, aucune constitution de partie civile n'avait été faite et l'action, engagée plus de deux ans après l'accident, a été déclarée prescrite. Le calendrier doit être tenu dès les premières semaines, sans attendre le rapport du BEA.

Une plainte avec constitution de partie civile interrompt-elle le délai de deux ans ?

Elle peut l'interrompre, et cette interruption résiste à un non-lieu. La chambre mixte de la Cour de cassation a tranché ce point le 27 mars 2026. Les parents d'une passagère décédée lors d'un vol d'aéroclub avaient porté plainte avec constitution de partie civile ; l'information s'était terminée par une ordonnance de non-lieu, puis ils avaient agi contre l'assureur du pilote. La cour d'appel avait déclaré leur action prescrite. La Cour de cassation a cassé cette décision en jugeant que « Ne constitue pas un rejet définitif de la demande au sens de ce texte une ordonnance de non-lieu, laquelle ne statue pas sur l'action civile » (Cass. ch. mixte, 27 mars 2026, n° 23-23.953). L'article 2243 du code civil, qui rend l'interruption non avenue en cas de rejet définitif, ne s'applique donc pas à cette situation. La cour d'appel de Paris avait déjà retenu l'effet interruptif d'une constitution de partie civile formée par les enfants d'une passagère, en rejetant la fin de non-recevoir de la compagnie (CA Paris, pôle 4 ch. 11, 6 juillet 2023, n° 22/16279). Dans ces deux affaires, l'assureur ou la compagnie ne contestait pas l'effet interruptif lui-même. Deux précautions restent donc nécessaires. La constitution de partie civile doit être prouvée, et la durée de son effet vérifiée : dans l'affaire jugée à Paris, elle avait été déclarée irrecevable, la loi pénale française ne s'appliquant pas à ces victimes, et un nouveau délai de deux ans avait couru à compter de cette ordonnance, ce que la compagnie admettait. Et l'interruption ne dispense pas, ensuite, de saisir le juge civil dans ce nouveau délai.

Le juge pénal peut-il condamner la compagnie à indemniser les familles ?

Non, pour l'action en responsabilité contre le transporteur aérien et ses préposés. Le juge pénal peut juger les personnes poursuivies pour homicide ou blessures involontaires, mais il ne peut pas statuer sur la réparation due par le transporteur. La chambre criminelle a jugé, pour un vol de promenade gratuit, que « l'action en réparation d'un tel accident aérien échappe à la compétence matérielle des juridictions répressives » (Cass. crim., 10 septembre 2019, n° 18-83.858). Elle a confirmé cette solution le 2 juin 2026 à l'égard d'associations de victimes d'accidents collectifs : les textes posent « un principe général d'incompétence matérielle des juridictions répressives pour connaître de l'action en responsabilité dirigée contre le transporteur aérien et ses préposés » (Cass. crim., 2 juin 2026, n° 24-86.504). L'arrêt a cassé les condamnations civiles prononcées au profit de ces associations, alors même que leur droit d'agir comme partie civile au procès pénal n'était pas contesté. Cette jurisprudence est défavorable à une stratégie fondée uniquement sur le procès pénal. La partie civile garde un rôle utile : accès au dossier, demandes d'actes, expression de sa position pendant les débats. Mais l'indemnisation contre la compagnie se demande devant le juge civil, dans le délai de deux ans, ce qui impose de mener les deux procédures en parallèle.

Quelle responsabilité pénale pour la compagnie, le dirigeant ou le pilote ?

L'article 221-6 du code pénal réprime l'homicide involontaire causé par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité. Lorsqu'une personne physique n'a pas causé directement le dommage, l'article 121-3 du même code exige qu'elle ait violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, ou commis une faute caractérisée exposant autrui à un risque d'une particulière gravité qu'elle ne pouvait ignorer. Cette exigence ne vise pas la compagnie elle-même : selon l'article 121-2, la personne morale répond des infractions commises pour son compte par ses organes ou représentants. La chambre criminelle a rejeté les pourvois formés contre la condamnation du gérant d'une compagnie et d'un pilote contrôleur après l'accident d'un avion de transport au décollage (Cass. crim., 8 septembre 2020, n° 18-82.150). Les juges du fond avaient relevé que le stage d'adaptation imposé par la réglementation n'avait pas été respecté et retenu que « ces négligences ont exposé objectivement la clientèle à un risque d'une particulière gravité que le prévenu ne pouvait ignorer ». Ils avaient établi le lien indirect avec l'accident en recoupant les conclusions du BEA, de la direction générale de l'armement, de l'expertise judiciaire et des témoignages. Pour les familles, la procédure pénale permet de connaître les causes et les responsabilités individuelles. Elle ne se confond pas avec l'indemnisation, qui relève du juge civil lorsqu'elle vise le transporteur. Le cabinet peut intervenir aux côtés des parties civiles tout en sécurisant l'action civile parallèle.

Un vol gratuit en aéroclub, en ULM ou en avion privé relève-t-il du même régime ?

Non. Le passager transporté gratuitement doit en principe prouver une faute. Depuis le 10 octobre 2021, l'article L. 6421-4 du code des transports soumet le transporteur qui n'est pas une compagnie titulaire d'une licence européenne à la convention de Montréal. Pour le transport gratuit, sauf convention contraire, sa responsabilité n'est engagée que si le dommage a pour cause une faute qui lui est imputable, dans la limite du seuil de l'article 21. Au-delà, il faut une faute inexcusable. Sous la rédaction antérieure, la Cour de cassation a jugé qu'une promenade aérienne offerte par un particulier, avec le même point de départ et d'arrivée, constitue un transport aérien et que « la responsabilité de ce particulier ne peut être engagée que si la victime prouve qu'il a commis une faute » (Cass. 1re civ., 8 avril 2021, n° 19-21.842). Elle a cassé l'arrêt qui avait condamné l'héritière du pilote sur le fondement de la responsabilité du fait des choses, solution défavorable aux victimes. Sous cette même rédaction antérieure, ce régime s'impose aussi lorsque la passagère était mineure et n'avait pas pu conclure de contrat, selon la chambre mixte (Cass. ch. mixte, 27 mars 2026, n° 23-23.953). La même décision relève que l'aéroclub qui n'organisait pas le vol n'avait pas à solliciter d'autorisation parentale. Le dossier repose alors sur les rapports d'enquête, la qualification du pilote et l'assurance souscrite.

Quels préjudices les proches d'une victime décédée peuvent-ils faire indemniser ?

Les proches peuvent demander réparation de leur préjudice d'affection, de leur préjudice économique et des frais liés au décès, comme les obsèques. Les héritiers peuvent aussi exercer les droits que la victime avait acquis avant son décès. La preuve du lien avec le défunt est déterminante. Dans le contentieux né d'un crash survenu aux Comores, la cour d'appel de Paris a indemnisé le concubin à hauteur de 25 000 euros, en tenant compte de l'angoisse de l'attente avant l'annonce du décès. Elle a en revanche rejeté la demande de la sœur de ce concubin, en jugeant qu'à défaut de parenté avec la victime « il leur appartient de rapporter la preuve positive de leur lien affectif avec le défunt » (CA Paris, pôle 4 ch. 10, 19 mai 2022, n° 19/12487). La même cour a écarté le préjudice économique de la mère et du concubin, faute de preuve des aides versées ou d'une communauté de vie. Elle a aussi rejeté le préjudice d'angoisse de mort imminente de la victime directe, aucune pièce n'établissant que les passagers avaient perçu le danger avant l'impact. Cet arrêt montre qu'aucun poste n'est acquis par principe : attestations, preuves de vie commune, virements réguliers et éléments sur les dernières minutes du vol doivent être réunis tôt. L'article 21 de la convention interdit au transporteur de limiter sa réparation jusqu'au seuil prévu.

Qu'est-ce que l'avance due par la compagnie après un décès ?

Le règlement (CE) n° 2027/97 modifié par le règlement (CE) n° 889/2002 impose au transporteur aérien communautaire de verser une avance aux personnes physiques ayant droit à indemnisation. Selon son article 5, cette avance est versée avec diligence et, au plus tard, quinze jours après l'identification de la personne concernée. En cas de décès, elle n'est pas inférieure à l'équivalent en euros de 16 000 droits de tirage spéciaux par passager. Elle sert à faire face aux besoins immédiats, en proportion du préjudice matériel subi. Le versement ne vaut pas reconnaissance de responsabilité et l'avance se déduit des sommes payées ensuite. Elle n'est pas remboursable, sauf lorsque la négligence de la victime est retenue selon l'article 20 de la convention de Montréal ou lorsque son bénéficiaire n'avait pas droit à indemnisation. L'article 28 de la convention prévoit un mécanisme comparable lorsque la loi du pays du transporteur l'impose. Pour une compagnie extérieure à l'Union, l'existence d'une telle obligation dépend donc de sa législation nationale. Le cabinet peut préparer la demande d'avance en justifiant la qualité de chaque ayant droit, puis veiller à ce que les sommes versées soient correctement imputées lors du règlement définitif ou de la liquidation judiciaire des préjudices.

Devant quel tribunal agir si la compagnie est étrangère ou si l'accident a eu lieu à l'étranger ?

L'article 33 de la convention de Montréal donne au demandeur le choix entre plusieurs tribunaux d'États parties : celui du domicile du transporteur, du siège principal de son exploitation, de l'établissement qui a conclu le contrat, ou celui du lieu de destination. Pour la mort ou la blessure d'un passager, une cinquième option existe : le pays où le passager avait sa résidence principale et permanente au moment de l'accident, si le transporteur y exploite des services et y dispose de locaux. Cette notion s'apprécie strictement. Dans l'affaire de la disparition d'un vol entre la Malaisie et la Chine, des familles françaises soutenaient que les victimes devaient revenir en France. La Cour de cassation a approuvé la cour d'appel, pour qui l'intention de retour « se rapproche, non de la notion de résidence, mais de celle de domicile », et qui avait fixé la résidence à Pékin, « leur lieu de séjour fixe et permanent » (Cass. 1re civ., 12 mai 2021, n° 19-24.229). Les juridictions françaises n'étaient donc pas compétentes, ce qui est une issue défavorable aux demandeurs. La même décision rappelle que l'article 29 soumet toute action, même fondée sur la disparition des victimes, aux conditions de la convention. Le choix du tribunal se prépare avec les pièces établissant la résidence réelle, avant l'expiration du délai.

Peut-on agir contre le constructeur de l'avion ou d'un équipement défaillant ?

Oui, sur le fondement de la responsabilité du fait des produits défectueux. L'article 1245 du code civil rend le producteur responsable du dommage causé par un défaut de son produit, qu'il soit ou non lié par contrat avec la victime. L'article 1245-13 ajoute que sa responsabilité n'est pas réduite par le fait d'un tiers ayant concouru au dommage. Après l'accident d'un vol entre Surabaya et Singapour, les proches des victimes demandaient une provision à l'avionneur et au fabricant d'un module électronique. La cour d'appel avait estimé l'obligation sérieusement contestable, en invoquant les défauts de maintenance de la compagnie et les réactions de l'équipage. La Cour de cassation a cassé l'arrêt en rappelant que « la responsabilité du producteur envers la victime n'est pas réduite par le fait d'un tiers ayant concouru à la réalisation du dommage » (Cass. 1re civ., 28 novembre 2018, n° 17-14.356), dès lors qu'un défaut du module avait été constaté. Cette action obéit à ses propres délais. L'article 1245-16 du code civil fixe trois ans à compter du jour où le demandeur a connu ou aurait dû connaître le dommage, le défaut et l'identité du producteur. Selon l'article 1245-15, la responsabilité du producteur s'éteint en outre dix ans après la mise en circulation du produit, sauf faute de sa part ou action en justice engagée pendant cette période. Elle peut se cumuler avec l'action contre le transporteur, sans double indemnisation du même préjudice.

Un aéronef s'est écrasé sur un terrain voisin : qui indemnise les dommages au sol ?

Le principe figure à l'article L. 6131-2 du code des transports : l'exploitant répond, sans faute à prouver, du dommage que l'appareil en mouvement, ou un élément tombé de lui, cause aux personnes et aux biens situés au sol. Seule la faute de la victime peut réduire ou écarter cette responsabilité. Pour un avion militaire étranger, la cour d'appel de Rennes a jugé, au vu de la convention de Londres du 19 juin 1951, que « toute personne ayant subi des dommages survenus sur le territoire français à l'occasion du crash d'un avion militaire de nationalité étrangère, en l'occurrence belge, peut en demander réparation à l'État français » (CA Rennes, 1re ch., 4 février 2025, n° 22/02172). Elle a exigé la preuve d'un préjudice de droit commun et d'un lien de causalité, puis alloué aux exploitants agricoles 47 852,50 euros pour la perte de leur récolte de blé. Leur demande au titre des troubles dans leurs conditions d'existence a été rejetée. Ces deux issues illustrent la méthode : chaque poste doit être documenté. Les périmètres d'interdiction fixés par arrêté, la durée d'inaccessibilité des parcelles, les analyses de pollution et les justificatifs de revenus perdus sont les pièces utiles. Il faut les réunir avant l'enlèvement de l'épave et la remise en état des lieux.

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