Retrait refusé, frais de déblocage, plateforme disparue : épargnants et investisseurs particuliers
Avocat arnaque placement à Paris : épargne bloquée, preuves et recours collectif.
Votre plateforme de placement refuse le retrait, réclame une taxe ou des frais avant tout remboursement, ou ne répond plus. Avant de verser un euro de plus, il faut figer la preuve, identifier les comptes qui ont reçu les fonds et choisir entre l'action contre la banque, la plainte et la voie collective.
Ne payez aucune somme présentée comme une taxe, un frais de déblocage ou une garantie de retrait. Conservez le site, les échanges et les relevés avant que la plateforme ne ferme ses accès.
Placements bloqués · Paris
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Envoyez les relevés de compte, les ordres de virement, les captures du tableau de bord et les échanges avec le prétendu conseiller : le cabinet examine la chronologie et les recours possibles.
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première lecture
juridique
Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Épargne bloquée sur une plateforme : ce que le dossier doit démontrer
Crypto et fintech · Paris 17e
Ce que fait un avocat arnaque placement à Paris
- Barreau de Paris
- Placements frauduleux
- Responsabilité bancaire
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir pour les épargnants dont les fonds restent bloqués sur une plateforme de placement, de trading ou de crypto-actifs.
Le scénario se répète d'un dossier à l'autre dans la jurisprudence : un faux conseiller, un tableau de bord qui affiche des gains, puis une demande de taxe ou de frais au moment du retrait. Le cabinet reprend chaque virement, chaque bénéficiaire et chaque date pour savoir qui peut encore répondre de la perte.
Trois voies coexistent et ne se valent pas : la plainte pour escroquerie au sens de l'article 313-1 du code pénal, l'action contre la banque sur le fondement de l'article 1231-1 du code civil et la voie collective lorsque les victimes sont nombreuses. Le choix dépend des preuves disponibles et de l'état de la jurisprudence, dont plusieurs décisions récentes ont débouté les épargnants.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Le blocage comme signal
Une taxe exigée pour libérer un capital est un procédé relevé par les juges dans des affaires d'escroquerie aux placements. Le paiement de ces frais aggrave la perte sans débloquer les fonds.
La banque n'est pas garante
Un virement que vous avez ordonné est une opération autorisée. Lorsqu'elle n'est que teneur de compte, la banque ne répond d'un virement autorisé qu'en cas de manquement à sa vigilance face à une anomalie apparente, ce qui suppose une démonstration précise.
Plusieurs victimes, plusieurs voies
Associations de défense des investisseurs, action de groupe refondue en 2025, procédure collective de la société émettrice : chaque voie a ses conditions et ses limites.
Les règles
Fonds bloqués, banque, plateforme : les règles qui décident
Quatre règles commandent l'analyse d'un placement bloqué.
- Un virement est une opération autorisée dès lors que le payeur a consenti à son exécution (article L. 133-6 du code monétaire et financier). La Cour de cassation rappelle que « le banquier est tenu d'un devoir de non-immixtion lui imposant de ne pas procéder à des investigations sur l'origine, le motif ou l'opportunité des mouvements du compte de son client » (Cass. com., 25 mars 2026, n° 24-18.093) et a rejeté le pourvoi de l'épargnante.
- La responsabilité de la banque reste possible malgré une opération autorisée : la Cour de cassation approuve une cour d'appel d'avoir jugé que « si la responsabilité de la banque ne pouvait pas être recherchée sur le fondement des articles L. 133-18 et L. 133-23 du code monétaire et financier, elle pouvait l'être en cas de manquement à son obligation de vigilance » (Cass. com., 12 juin 2025, n° 24-13.697). Elle a pourtant cassé l'arrêt, faute pour les juges d'avoir recherché si la confirmation obtenue d'une personne habilitée avait permis à la banque de satisfaire à son devoir de vigilance.
- Le manquement suppose une anomalie apparente. La cour d'appel de Paris a retenu « la mention sur le relevé, établi par la banque elle-même, d'un bénéficiaire du paiement inscrit sur la liste noire de l'AMF au moment de l'opération » (CA Paris, pôle 5 ch. 6, 9 juillet 2025, n° 23/10785) et condamné la banque, en réduisant l'indemnité pour la négligence de l'épargnant.
- Fournir à des tiers, à titre habituel, des services d'investissement relève en principe d'un agrément, sous réserve des exceptions légales (article L. 532-1 du code monétaire et financier) et son absence est pénalement sanctionnée (article L. 573-1 du code monétaire et financier). Pour le service de prise ferme, la Cour de cassation précise toutefois que ce défaut d'agrément « ne peut avoir pour effet d'entraîner la nullité des contrats conclus » (Cass. com., 9 juillet 2025, n° 23-15.492), la responsabilité civile du prestataire pouvant en revanche être recherchée.
Plusieurs décisions récentes citées sur cette page ont rejeté l'action de l'épargnant contre sa banque. Le dossier se gagne sur un fait précis que la banque connaissait ou pouvait voir au moment du virement, pas sur l'ampleur de la perte.
Vos pièces
Les pièces à réunir selon votre situation
La preuve disparaît vite : le site ferme, le conseiller change de numéro, l'espace client devient inaccessible.
Situation A
Vos fonds sont bloqués
- Relevés de compte et ordres de virement, avec l'identité et le pays de chaque bénéficiaire
- Captures datées du site, du tableau de bord, des soldes affichés et des refus de retrait
- Courriels, messages, enregistrements et numéros du prétendu conseiller
- Contrats, bulletins de souscription, demandes de taxe ou de frais de déblocage
Situation B
D'autres épargnants sont touchés
- Liste des victimes identifiées, montants versés et comptes bénéficiaires communs
- Récépissés de plainte et numéros de procédure déjà ouverts
- Publications de l'AMF ou de l'ACPR visant la plateforme et leur date
- Jugement d'ouverture de procédure collective de la société émettrice, s'il existe
N'utilisez pas un service de récupération de fonds trouvé en ligne et ne communiquez aucun identifiant bancaire : les victimes de faux placements sont fréquemment sollicitées une seconde fois.
Le cabinet traite aussi :
- Fraude bancaire
- Crypto-actifs
- Financement participatif
- Escroquerie en ligne
La méthode
Comment le cabinet traite un placement bloqué
Arrêter la perte, établir la chronologie, puis choisir la voie qui tient au regard des preuves.
Étape 1
Reconstituer les flux
Le cabinet reprend chaque virement, sa date, son montant, son bénéficiaire et sa banque de destination, puis le confronte aux messages reçus et aux soldes affichés par la plateforme.
Étape 2
Situer la plateforme dans le temps
La date d'inscription de la plateforme ou des comptes bénéficiaires sur une liste d'alerte, comparée à celle des virements, conditionne souvent l'issue de l'action contre la banque.
Étape 3
Réclamer et obtenir les pièces
Une réclamation écrite à la banque demande les ordres, les justificatifs et les alertes émises. En cas de refus, une mesure fondée sur l'article 145 du code de procédure civile peut être sollicitée.
Étape 4
Agir seul ou avec d'autres
Selon le nombre de victimes et l'état de la société émettrice, le cabinet examine la plainte, l'action civile contre la banque, le recours à une association habilitée ou la déclaration au passif.
Une action contre la banque engagée sans pièce sur l'anomalie apparente expose à un débouté et à une condamnation aux dépens. L'examen préalable des relevés permet d'apprécier ce risque, sans le supprimer.
Le calendrier
La chronologie d'un placement bloqué
Du premier refus de retrait à la décision du juge.
Refus de retrait
Jour du blocage. Cessez tout versement, refusez toute taxe ou garantie demandée et faites des captures datées de l'espace client.
Opposition et signalement
Informez immédiatement votre banque, révoquez les ordres qui peuvent encore l'être et demandez le rappel des virements exécutés, sans garantie de récupération, car un ordre reçu par la banque est en principe irrévocable (article L. 133-8 du code monétaire et financier). Signalez aussi la plateforme à l'AMF ou à l'ACPR.
Plainte
Déposez plainte pour escroquerie avec la liste des virements ; le récépissé et le numéro de procédure serviront dans toutes les démarches suivantes.
Réclamation bancaire
Adressez à la banque une réclamation motivée, demandez les ordres et justificatifs, puis conservez sa réponse ou son silence.
Choix de la voie
Action en responsabilité contre la banque, constitution de partie civile, recours à une association habilitée ou déclaration de créance selon la situation.
Délais
L'action en responsabilité devant le juge civil se prescrit en principe par cinq ans à compter du jour où l'épargnant a connu ou aurait dû connaître les faits (article 2224 du code civil) ; devant le juge pénal, l'action civile suit la prescription de l'action publique selon l'article 10 du code de procédure pénale. Le point de départ se discute et doit être sécurisé tôt.
Les vérifications
Ce que le cabinet vérifie avant toute action
Une action contre une banque ou un intermédiaire se prépare sur pièces, jamais sur la seule ampleur de la perte.
- Consentement aux virements : ordres signés, validations par application, plafonds modifiés et démarches faites en agence.
- Anomalie apparente : bénéficiaire visible sur le relevé, pays de destination, devise, fréquence et cohérence avec le fonctionnement habituel du compte.
- Liste d'alerte : date d'inscription de la plateforme et des sociétés bénéficiaires, comparée à la date de chaque virement.
- Statut de l'intermédiaire : agrément, enregistrement, conseiller en investissements financiers, procédure collective ou sanction de l'AMF.
- Prescription et faute de l'épargnant : date de connaissance de l'escroquerie, recherches faites avant d'investir, paiements reçus en retour.
Synthèse
Situation, preuve, réponse
Les configurations les plus fréquentes et la première priorité de chacune.
Situation
Retrait refusé et taxe exigée
Preuve décisive : Captures du solde affiché, message réclamant la taxe ou les frais, relevés des paiements déjà faits.
Délai : Immédiat : tout nouveau versement accroît la perte.
Action utile : Refus de payer, arrêt des nouveaux virements, demande à la banque de rappel des fonds sans garantie de résultat, plainte pour escroquerie.
Situation
Plateforme inscrite sur une liste noire
Preuve décisive : Date de la publication de l'AMF et nom du bénéficiaire tel qu'il apparaît sur le relevé.
Délai : Comparer ces dates avant toute réclamation.
Action utile : Réclamation motivée à la banque, puis action en responsabilité si l'anomalie était visible.
Situation
Faux livret ou faux conseiller bancaire
Preuve décisive : Documents à l'en-tête usurpé, échanges, coordonnées du compte bénéficiaire et confirmation de la banque imitée.
Délai : Signalement sans attendre à la banque dont l'identité est usurpée.
Action utile : Plainte, demande de rappel des fonds et analyse de la vigilance de la banque.
Situation
Société émettrice en liquidation
Preuve décisive : Jugement d'ouverture, contrats de placement, montants versés et sommes déjà reçues.
Délai : Déclarer la créance dans le délai qui court en principe de la publication du jugement (article L. 622-24 du code de commerce), sauf avertissement personnel ou créance de partie civile fixée plus tard.
Action utile : Déclaration au passif ; l'action pour préjudice collectif revient au liquidateur.
Situation
Nombreuses victimes d'un même schéma
Preuve décisive : Liste des épargnants, comptes bénéficiaires communs, plaintes déjà déposées.
Délai : Coordonner les plaintes pour éviter des procédures dispersées.
Action utile : Constitution de partie civile, mandat à une association habilitée ou action de groupe.
Situation
Placement conseillé par un intermédiaire
Preuve décisive : Lettre de mission, documents remis, statut et éventuelle sanction de l'intermédiaire.
Délai : Le point de départ de la prescription se discute : agir dès la découverte.
Action utile : Action en responsabilité contre l'intermédiaire et, si une garantie couvre cette responsabilité, action directe contre son assureur (article L. 124-3 du code des assurances), plainte si la fraude est établie.
Questions fréquentes
Vos questions : arnaque au placement
Ma plateforme me demande une taxe pour débloquer mon capital : que faire ?
Ne payez pas. Dans les affaires d'escroquerie aux placements, la demande d'une taxe sur les bénéfices, de frais de dossier ou d'une garantie au moment du retrait est un procédé récurrent : il permet d'obtenir un dernier versement sans jamais libérer les fonds. Dans une affaire jugée par la cour d'appel de Paris, des épargnants avaient réglé plus de 47 000 euros présentés comme une taxe, sans récupérer les 60 000 euros attendus, puis découvert la radiation de la société. La cour a pourtant débouté le couple de son action contre la banque, en retenant que « le client est libre de disposer de ses économies comme il l'entend, et de modifier ses habitudes de gestion, sans que cela ne puisse justifier une intervention de la banque teneur de compte » (CA Paris, pôle 5 ch. 6, 19 mars 2025, n° 23/19538). La leçon est double : le blocage doit déclencher l'arrêt immédiat des paiements, et l'action contre la banque ne repose jamais sur la seule perte. Conservez les messages réclamant la taxe, les captures du solde affiché et les relevés, informez votre banque, puis déposez plainte avec la liste complète des virements.
La banque doit-elle rembourser les virements faits vers un faux placement ?
Pas automatiquement. Les virements que vous avez ordonnés sont des opérations autorisées au sens de l'article L. 133-6 du code monétaire et financier, ce qui écarte le régime de remboursement des opérations non autorisées. La responsabilité de la banque se fonde alors sur le droit commun de l'article 1231-1 du code civil et sur son devoir de vigilance. La Cour de cassation a rappelé que « le devoir de non-immixtion du banquier dans les affaires de son client ne cède, en vertu de son obligation de vigilance, qu'en cas d'anomalie apparente » (Cass. com., 2 mai 2024, n° 22-17.233), et elle a rejeté le pourvoi. Concrètement, l'épargnant doit montrer qu'un élément visible pour la banque, au moment du virement, aurait dû l'alerter : bénéficiaire connu comme frauduleux, destination atypique, incohérence manifeste avec le fonctionnement du compte. Un montant élevé ou inhabituel ne suffit pas toujours. Le cabinet examine les relevés et les ordres un par un avant de conseiller une réclamation ou une action, car une demande mal étayée expose à un débouté.
Une plateforme inscrite sur la liste noire de l'AMF engage-t-elle la banque ?
Seulement si la banque pouvait le voir. La cour d'appel de Paris a condamné une banque qui avait exécuté des paiements alors que le bénéficiaire figurait sur la liste noire et apparaissait sur le relevé, en retenant « la mention sur le relevé, établi par la banque elle-même, d'un bénéficiaire du paiement inscrit sur la liste noire de l'AMF au moment de l'opération » (CA Paris, pôle 5 ch. 6, 9 juillet 2025, n° 23/10785). À l'inverse, la même chambre a écarté la responsabilité lorsque les virements visaient d'autres sociétés que la plateforme inscrite, dans des pays de l'Union qui « n'étaient pas placés dans des zones à risque particulier » (CA Paris, pôle 5 ch. 6, 26 novembre 2025, n° 24/08247), et lorsque l'inscription était postérieure aux virements (CA Paris, pôle 5 ch. 6, 30 avril 2025, n° 23/05410). Deux dates comptent donc : celle de la publication de l'AMF et celle de chaque virement. Le nom du bénéficiaire tel qu'il figure sur le relevé compte autant que le nom commercial de la plateforme. Le cabinet rapproche ces éléments avant toute réclamation.
Ma part de responsabilité peut-elle réduire l'indemnisation ?
Oui. Même lorsque la banque est jugée fautive, le juge peut réduire l'indemnité en retenant la négligence de l'épargnant. Dans l'affaire où la cour d'appel de Paris a retenu le manquement de la banque, elle a aussi relevé que le client avait contribué à son préjudice en ne se renseignant pas sur son correspondant et « en cédant à la promesse de gains importants par le biais de l'acquisition prétendue de produits inhabituels et non régulés » (CA Paris, pôle 5 ch. 6, 9 juillet 2025, n° 23/10785). L'indemnité accordée a été inférieure à la somme demandée et le préjudice moral a été rejeté faute de lien établi. La réparation prend d'ailleurs souvent la forme d'une perte de chance, non d'un remboursement intégral des virements. Il faut donc préparer la réponse à cet argument dès le départ : profil de l'épargnant, documents reçus, apparence de sérieux de la plateforme, techniques de pression employées et démarches de vérification effectuées. Ces éléments ne suppriment pas la faute de la victime, mais ils pèsent sur la part laissée à sa charge.
Comment prouver une arnaque au placement quand le site a disparu ?
La preuve se reconstitue à partir de ce que vous détenez et de ce que détiennent les tiers. De votre côté : relevés bancaires, ordres de virement, confirmations par application, courriels, messages, captures d'écran, contrats et numéros d'appel. Du côté des tiers : la banque conserve les ordres et justificatifs, et l'article 145 du code de procédure civile permet de demander en justice, avant tout procès, les mesures d'instruction utiles lorsqu'il existe un motif légitime. Le juge des référés de Béziers a ainsi ordonné à une banque de communiquer des ordres de virement contestés, en rappelant que « l'expiration du délai de prescription n'interdit pas au juge d'ordonner la présentation du document qui aurait été conservé » (TJ Béziers, référés, 18 septembre 2026, n° 26/00401). La même ordonnance limite toutefois la communication aux documents que la banque était tenue de conserver pendant dix ans. Il faut donc agir avant que les pièces ne sortent de cette période. Une chronologie unique, qui relie chaque virement à un message reçu, rend ensuite le dossier lisible pour l'enquêteur comme pour le juge civil.
Faut-il porter plainte pour un placement frauduleux, et à quoi sert-elle ?
La plainte est utile, même lorsque les auteurs sont à l'étranger. L'escroquerie suppose l'usage d'une fausse qualité ou de manœuvres frauduleuses déterminant la victime à remettre des fonds ; elle est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende par l'article 313-1 du code pénal. Fournir des services d'investissement sans agrément est en outre puni par l'article L. 573-1 du code monétaire et financier. La plainte porte les faits à la connaissance des autorités et peut conduire à une enquête qui recherche les comptes de réception et, si les conditions sont réunies, procède à des saisies. Elle date aussi la prise de conscience de l'escroquerie, ce qui peut compter pour la prescription de l'action contre la banque. L'article 85 du code de procédure pénale ouvre ensuite la plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction, si le procureur a fait savoir qu'il ne poursuivrait pas ou si trois mois se sont écoulés depuis une plainte déposée auprès de lui contre récépissé ou par lettre recommandée avec avis de réception, ou depuis l'envoi dans les mêmes formes d'une copie de la plainte déposée auprès des enquêteurs. L'article 2 du même code réserve l'action civile à ceux qui ont personnellement souffert du dommage causé par l'infraction.
Quel est le délai pour agir contre la banque après un faux placement ?
L'action en responsabilité contre la banque se prescrit par cinq ans à compter du jour où l'épargnant a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir (article 2224 du code civil). Tout le débat porte sur ce point de départ. La banque soutient souvent que le client aurait dû douter dès la souscription ou dès l'absence de revenus. La cour d'appel de Limoges a écarté cet argument pour un épargnant profane qui avait reçu des paiements réguliers de la société, en jugeant qu'« Il n'a pu se déterminer du caractère douteux qu'à compter du jour où il a pris conscience de cette escroquerie » (CA Limoges, ch. civ., 29 avril 2026, n° 25/00620). Elle a retenu la date de sa plainte et déclaré son action recevable. Cette solution dépend des faits : paiements reçus, alertes publiques, sanctions de l'AMF, échanges avec l'intermédiaire. Sur le plan pénal, l'action publique des délits se prescrit par six ans selon l'article 8 du code de procédure pénale. Le cabinet fixe la date la plus prudente et agit en conséquence.
Plusieurs épargnants sont victimes de la même plateforme : peut-on agir ensemble ?
Oui, par plusieurs voies qui obéissent à des conditions distinctes. Les associations ayant pour objet statutaire explicite la défense des investisseurs en titres ou produits financiers peuvent agir devant toutes les juridictions, même par constitution de partie civile, pour les faits portant atteinte à l'intérêt collectif des investisseurs, à condition d'être agréées ou de remplir les critères de droits de vote prévus par le texte et d'avoir communiqué leurs statuts à l'AMF (article L. 452-1 du code monétaire et financier). Lorsque plusieurs investisseurs personnes physiques ont subi des préjudices individuels causés par une même personne et ayant une origine commune, une telle association peut agir en réparation en leur nom si elle a été mandatée par écrit par au moins deux d'entre eux (article L. 452-2 du code monétaire et financier). L'action de groupe a par ailleurs été refondue par l'article 16 de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025, qui la réserve en principe aux associations agréées à cette fin et l'ouvre pour un même manquement ou un manquement de même nature d'un professionnel. Les personnes qui pouvaient agir sous l'ancien régime conservent cette faculté pendant deux ans à compter du 3 mai 2025, et les actions introduites avant la publication de la loi restent soumises aux anciens textes. Devant le juge pénal, chaque victime peut aussi se constituer partie civile dans la même procédure. Le choix dépend de l'identité des responsables solvables, du nombre de victimes et des preuves communes. Le cabinet peut intervenir pour un épargnant ou pour un groupe coordonné, en vérifiant que chaque demande reste individualisée.
Une action de groupe peut-elle aboutir pour des placements perdus ?
Elle reste exigeante. Avant la réforme entrée en vigueur le 3 mai 2025, le tribunal judiciaire de Paris a déclaré irrecevable l'action de groupe d'une association de consommateurs portant sur des fonds à formule, en rappelant qu'il appartient à l'association requérante de rapporter la preuve d'un manquement du professionnel cause de préjudices individuels pour des consommateurs placés dans une situation similaire (TJ Paris, actions de groupe, 3 avril 2024, n° 18/02914). Le texte alors applicable a été abrogé et remplacé par le régime unifié de l'article 16 de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025, qui vise un même manquement ou un manquement de même nature et permet de demander la cessation du manquement, la réparation des préjudices, ou les deux. La logique demeure : il faut un défendeur identifié et solvable, souvent une banque ou un intermédiaire, et un manquement commun démontrable. Face à des escrocs anonymes installés hors de l'Union, l'action de groupe n'apporte guère de réponse ; la voie pénale coordonnée et l'action individuelle contre la banque restent alors plus réalistes.
La société de placement est en liquidation : puis-je encore agir seul ?
Pas toujours. Lorsque la société émettrice fait l'objet d'une liquidation judiciaire, le liquidateur a seul qualité pour agir dans l'intérêt collectif des créanciers. Dans l'affaire Aristophil, des investisseurs reprochaient aux banques d'avoir permis la fraude ; la Cour de cassation a rejeté leurs pourvois en jugeant que « Le préjudice résultant d'une faute ayant contribué à la cessation des paiements est par conséquent un préjudice collectif dont il appartient au seul liquidateur de demander la réparation » (Cass. com., 10 juin 2026, n° 24-18.425). Les investisseurs qui réclamaient les sommes déclarées au passif ont été jugés irrecevables. Cette décision défavorable impose de distinguer deux préjudices : celui qui correspond à une fraction du passif, réservé au liquidateur, et un préjudice propre, distinct, que l'épargnant pourrait encore invoquer, par exemple contre sa propre banque pour un manquement à son égard. La déclaration de créance dans le délai reste indispensable. Le cabinet vérifie l'état de la procédure collective avant toute assignation.
Un faux livret d'épargne au nom d'une vraie banque : qui est responsable ?
L'usurpation de l'identité d'une banque connue rend le placement crédible : documents à l'en-tête, faux conseiller, taux supérieurs au marché, puis virement vers un compte ouvert ailleurs. La banque imitée n'est pas, par principe, débitrice de l'épargnant qui n'était pas son client. La question se déplace vers la banque qui a exécuté les virements et, parfois, vers celle qui a ouvert le compte de réception. Pour la première, la Cour de cassation exige une anomalie décelable. Dans une affaire de faux ordres de virement, elle a approuvé une cour d'appel qui avait écarté la faute après avoir constaté que les virements restaient dans les plafonds convenus, étaient couverts par le solde et que « la destination des virements était un compte détenu dans les livres d'une banque agréée dans un pays membre de l'Union européenne qui n'attirait pas spécialement l'attention en termes de sécurité » (Cass. com., 12 juin 2025, n° 24-10.168), le pourvoi étant rejeté. Une destination dans l'Union n'est donc pas, en soi, une anomalie. Il faut documenter tout ce que la banque savait : motif indiqué, échanges en agence, plafonds relevés, alertes reçues. Le signalement immédiat à la banque dont l'identité a été utilisée aide aussi l'enquête.
Peut-on faire annuler le placement souscrit auprès d'un prestataire sans agrément ?
Pas sur le seul fondement du défaut d'agrément. L'article L. 532-1 du code monétaire et financier soumet la fourniture de services d'investissement à un agrément, et le président de l'AMF peut mettre en demeure les opérateurs d'offres en ligne non autorisées, puis demander au président du tribunal judiciaire de Paris d'en ordonner le blocage, selon l'article L. 621-13-5 du code monétaire et financier. Mais la Cour de cassation juge que la méconnaissance de l'exigence d'agrément « ne peut avoir pour effet d'entraîner la nullité des contrats conclus » (Cass. com., 9 juillet 2025, n° 23-15.492). Elle admet en revanche que ce manquement engage la responsabilité civile du prestataire lorsqu'il cause à son cocontractant un préjudice personnel et direct lié à la privation des garanties de l'agrément. L'arrêt concernait un service de prise ferme entre sociétés et ne vise que le défaut d'agrément : il ne se prononce ni sur les autres services d'investissement ni sur une nullité fondée sur une autre cause, qui reste à examiner au vu des faits. Pour l'épargnant, la voie la plus sûre sur ce terrain est donc indemnitaire et suppose un défendeur identifiable et solvable. Contre une plateforme anonyme, la plainte pénale et l'examen de la responsabilité de la banque prennent le relais.
La CIVI peut-elle indemniser une victime de faux placement ?
Dans certaines limites. L'article 706-14 du code de procédure pénale permet à la victime d'une escroquerie qui ne peut obtenir une réparation effective et suffisante, et se trouve de ce fait dans une situation matérielle ou psychologique grave, de demander une indemnité si ses ressources sont inférieures au plafond de l'aide juridictionnelle partielle. L'indemnité est plafonnée au triple du montant mensuel de ce plafond : elle ne compense jamais une épargne importante. La commission de Nancy a en outre déclaré irrecevable la demande présentée après le décès d'une victime d'une escroquerie de grande ampleur, en relevant que « les ayants cause de la victime décédée n'ayant pas qualité, en leur seule qualité d'héritiers de la victime, pour demander le bénéfice de l'indemnité » (TJ Nancy, CIVI, 21 janvier 2025, n° 24/00794). La demande doit donc être présentée par la victime elle-même, avec ses justificatifs de ressources et la preuve de l'impossibilité d'obtenir réparation ailleurs. Cette voie complète les autres, elle ne les remplace pas.
Un site promet de récupérer mes fonds contre paiement : est-ce fiable ?
La prudence s'impose. Après un faux placement, les victimes reçoivent souvent des offres de sociétés de récupération, de prétendus enquêteurs ou de faux avocats qui réclament des frais d'avance, un pourcentage ou un accès à distance à l'ordinateur. Ces sollicitations relèvent fréquemment du même schéma que l'escroquerie initiale. Avant tout échange, vérifiez l'identité de l'interlocuteur : un avocat est inscrit à un barreau, et cette inscription se vérifie auprès de l'ordre concerné. Aucun professionnel sérieux ne peut garantir la restitution des fonds, car celle-ci dépend de l'identification des comptes, des saisies opérées dans l'enquête et de la solvabilité des responsables. Ne communiquez ni identifiants bancaires, ni copie de pièce d'identité à un interlocuteur non vérifié. Le cabinet examine les pièces au cours d'une étude préalable, sans promesse de résultat, et indique quelles voies restent ouvertes au regard de la jurisprudence, y compris lorsqu'elle est défavorable. Signalez aussi ces nouvelles sollicitations dans la plainte déjà déposée.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
Des fonds bloqués sur une plateforme ? Faites le point aujourd'hui.
Envoyez les relevés, les ordres de virement et les échanges avec la plateforme : le cabinet identifie les preuves à préserver et les voies encore ouvertes.
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