Infogérance, maintenance, logiciel en ligne, intégration, matériel loué : la PME face à son prestataire

Avocat informatique à Paris : la PME face à son prestataire, de la panne à la sortie du contrat.

Serveur arrêté, sauvegardes absentes, rançongiciel, progiciel livré en retard, factures contestées ou changement d'infogérant bloqué : la PME cliente doit d'abord lire ce que le contrat promettait, puis prouver l'écart. Le cabinet examine les engagements du prestataire, la part du client et la sanction adaptée.

Après un incident, ne réinstallez rien et ne résiliez pas avant d'avoir conservé les journaux, les rapports de sauvegarde, les tickets et les échanges : ces traces disparaissent souvent avec la remise en service.

PME cliente d'un prestataire · Paris

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Envoyez le devis ou le contrat, les conditions générales, les factures, les tickets d'incident et les échanges avec le prestataire : le cabinet vérifie ce qui était promis et ce qui peut être demandé.

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Ils parlent de nous

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

PME et prestataire informatique : ce que le juge regarde en premier

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit du numérique · Paris 17e

Ce que fait un avocat informatique à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit du numérique
  • Contrats et litiges informatiques

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir pour l'entreprise cliente dans ses relations avec un infogérant, un intégrateur, un éditeur de logiciel en ligne ou un mainteneur.

Une PME confie souvent tout son système d'information à un seul prestataire, sur la foi d'un devis et de conditions générales qu'elle n'a pas négociées. Le jour où le serveur tombe ou où les données disparaissent, la question devient simple : qu'avait-il promis, et qu'a-t-il fait ?

Le cabinet examine les documents contractuels, le devoir de conseil du professionnel, la collaboration attendue du client et les clauses qui limitent l'indemnisation. Il distingue ensuite ce qui relève d'une négociation, d'une mesure urgente devant le juge des référés ou d'une action en responsabilité.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Ce qui était promis

Devis, bon de commande, conditions générales, annexe de niveau de service et échanges préalables fixent l'étendue réelle des obligations du prestataire.

La part du client

L'expression des besoins, la réponse aux demandes du prestataire et le signalement des incidents pèsent sur le partage des responsabilités.

Les données de l'entreprise

Sauvegarde, sécurité, codes d'accès et restitution en fin de contrat conditionnent la continuité de l'activité et la sortie du prestataire.

Les règles

Les règles qui encadrent la relation avec le prestataire

Cinq règles à vérifier dans la relation avec le prestataire.

  1. Lorsqu'un matériel est loué à une société de financement et entretenu par un autre prestataire, les contrats peuvent former un ensemble. L'article 1186 du code civil rend caducs les contrats liés à celui qui disparaît, si le cocontractant connaissait l'opération d'ensemble. La Cour de cassation juge que « Les contrats concomitants ou successifs qui s'inscrivent dans une opération incluant une location financière étant interdépendants », leur sort reste lié (Cass. com., 10 janvier 2024, n° 22-20.466, publié).
  2. Le prestataire professionnel doit se renseigner sur les besoins de son client et l'alerter sur les risques. La cour d'appel de Reims rappelle que « L'obligation de conseil inhérente à tout contrat de fourniture informatique impose au vendeur de se renseigner sur les besoins de l'acheteur et d'informer ce dernier de l'aptitude du produit proposé à l'utilisation qui en est prévue » (CA Reims, ch. civ. et com., 28 avril 2026, n° 24/01502). Le devoir d'information précontractuelle de l'article 1112-1 du code civil reste limité aux informations déterminantes.
  3. Le client n'est pas passif. Dans la même affaire, la cour retient qu'« il appartenait incontestablement à la société MISA de mieux définir ses besoins et d'établir un cahier des charges préalablement à la conclusion du contrat », et partage la responsabilité par moitié (CA Reims, 28 avril 2026). Un client qui rompt sans manquement grave établi peut même voir le contrat résilié à ses torts exclusifs (CA Paris, pôle 5 ch. 11, 22 novembre 2024, n° 21/08604).
  4. Les plafonds d'indemnisation sont valables entre professionnels, sauf s'ils privent de sa substance l'obligation essentielle (article 1170 du code civil) ou en cas de faute lourde ou dolosive (article 1231-3). Pour un hébergeur tenu à 99,5 % de disponibilité, la cour d'appel de Versailles a jugé qu'« il n'y a donc pas lieu de réputer non-écrite la clause limitative de responsabilité figurant dans les conditions générales, celle-ci devant produire son plein effet » (CA Versailles, 12e ch., 19 mai 2022, n° 20/05106).
  5. Face à une inexécution, l'article 1217 du code civil laisse au client plusieurs réponses : refuser de payer, réduire le prix, exiger l'exécution, résoudre le contrat, demander réparation. Chacune a ses conditions. La suspension des paiements suppose une inexécution suffisamment grave (article 1219), et la résolution par notification exige une mise en demeure préalable, sauf urgence (article 1226).

Le contrat du prestataire n'est pas toujours celui que la PME croit avoir signé : conditions générales acceptées en ligne, annexes techniques et devis successifs se combinent. Leur lecture complète précède toute réclamation.

Vos pièces

Les pièces à réunir selon le moment

La preuve d'un manquement informatique se construit avec des documents datés et des traces techniques conservées.

Situation A

Vous signez, renouvelez ou changez de prestataire

  • Devis, bon de commande, conditions générales et annexe de niveau de service proposés
  • Description écrite de vos besoins, même sommaire, et réponses du prestataire
  • Liste des données, accès administrateur et licences à récupérer en fin de contrat
  • Contrat de location du matériel et contrat de maintenance, s'ils sont distincts

Situation B

Un incident ou un désaccord est en cours

  • Tickets, courriels et comptes rendus d'intervention, dans l'ordre chronologique
  • Journaux, rapports de sauvegarde, alertes de sécurité et rapport d'un expert éventuel
  • Factures payées ou contestées, relances et mises en demeure échangées
  • Éléments chiffrant l'arrêt d'activité : heures perdues, commandes manquées, frais de remise en état

Demandez par écrit au prestataire la conservation des journaux et des sauvegardes dès l'incident, et faites constater l'état du système avant toute réinstallation ou migration.

Le cabinet traite aussi :

  • Contrats informatiques
  • Contentieux informatique
  • Cybersécurité
  • Données personnelles

La méthode

Comment le cabinet traite le dossier

Lire le contrat, établir les faits, puis choisir entre négociation, référé et action au fond.

Étape 1

Reconstituer le cadre contractuel

Le cabinet rassemble devis, conditions générales, annexes et échanges, puis identifie les obligations promises, les exclusions et les plafonds de responsabilité qui s'appliquent réellement.

Étape 2

Établir la chronologie technique

Les tickets, journaux et rapports permettent de dater l'incident, d'identifier qui avait la main sur le système et de mesurer la part éventuelle du client.

Étape 3

Préserver la continuité de l'entreprise

Lorsque le prestataire retient les accès ou les données, une demande urgente peut viser la remise des codes et la restitution des données devant le juge des référés.

Étape 4

Réclamer, négocier ou agir

Mise en demeure motivée, réduction du prix, résolution du contrat ou action en responsabilité : la voie retenue dépend des preuves disponibles et de la gravité du manquement.

Un litige informatique se gagne rarement sur une impression d'incompétence. Il se gagne sur l'écart démontré entre l'engagement écrit et la prestation réellement fournie.

Le calendrier

La chronologie d'un différend avec le prestataire

De l'incident à la sortie du contrat ou à la décision du juge.

  1. Incident

    Le jour même. Notez l'heure, les postes et services touchés ; ouvrez un ticket écrit et demandez la conservation des traces.

  2. Relevé des engagements

    Rassemblez le devis, les conditions générales, l'annexe de niveau de service et les échanges qui ont précédé la signature.

  3. Mise en demeure

    Demandez l'exécution dans un délai raisonnable, en précisant si nécessaire qu'à défaut le contrat pourra être résolu.

  4. Mesures urgentes

    En cas de rétention des accès ou des données, le juge des référés peut ordonner la remise des codes et la réversibilité.

  5. Expertise

    Si la cause est discutée, une mesure d'instruction peut être demandée avant tout procès, s'il existe un motif légitime et que l'action envisagée n'est pas manifestement vouée à l'échec.

  6. Sortie ou jugement

    Accord transactionnel, résolution, réduction du prix ou condamnation à indemniser, selon les preuves et les clauses applicables.

Les vérifications

Ce que le cabinet vérifie avant toute réclamation

Une demande contre un prestataire informatique repose sur des documents, non sur un ressenti.

  • Documents contractuels opposables : devis signé, conditions générales acceptées, annexes techniques et avenants successifs.
  • Nature de l'obligation en cause : sauvegarde, sécurité, disponibilité, délai de livraison ou simple assistance.
  • Rôle du client : expression des besoins, réponses aux demandes, signalements écrits et paiement des factures.
  • Clauses sensibles : plafond d'indemnisation, exclusions, durée d'engagement, indemnité de résiliation et sort des données.
  • Préjudice chiffrable : arrêt d'activité, reconstitution des données, frais de remise en état, chacun appuyé par une pièce.

Synthèse

Situation, preuve, première décision

Six configurations fréquentes pour une entreprise cliente, et la priorité qui s'en dégage.

Situation

Rançongiciel sur un parc maintenu par un prestataire

Preuve décisive : Rapport d'incident, configuration des serveurs, mises à jour, pare-feu et périmètre confié au prestataire.

Délai : Conserver les traces avant la reconstruction du système.

Action utile : Rechercher le manquement au conseil ou à la sécurité, puis la part du client.

Situation

Sauvegardes inexistantes au moment de la panne

Preuve décisive : Contrat de maintenance, rapports de sauvegarde, personne qui les recevait et les vérifiait.

Délai : Figer les rapports et l'état des supports dès la découverte.

Action utile : Réclamer la réparation du coût de reconstitution et de l'arrêt d'activité.

Situation

Progiciel ou site livré en retard ou incomplet

Preuve décisive : Planning, comptes rendus de pilotage, procès-verbaux de recette et demandes écrites restées sans réponse.

Délai : Ne pas signer de recette sans réserve pour un livrable non conforme.

Action utile : Mise en demeure, puis réduction du prix ou résolution selon la gravité.

Situation

Matériel loué dont la maintenance a cessé

Preuve décisive : Contrat de location, contrat de maintenance, bon de livraison et éléments rattachant les contrats à une même opération.

Délai : Agir avant que le loueur n'exige l'indemnité de résiliation.

Action utile : Invoquer l'interdépendance et la caducité de la location.

Situation

Changement d'infogérant bloqué

Preuve décisive : Liste des accès administrateur, données hébergées, demandes de restitution et refus du prestataire.

Délai : Anticiper la restitution avant la date de fin du contrat.

Action utile : Mise en demeure, puis référé pour la remise des codes et la réversibilité.

Situation

Prestataire en redressement ou en liquidation

Preuve décisive : Jugement d'ouverture, contrats en cours, créances antérieures et éléments sur la continuité du service.

Délai : Interroger l'administrateur ou le liquidateur sur la poursuite du contrat.

Action utile : Mise en demeure de prendre parti et déclaration de créance.

Questions fréquentes

Vos questions : PME et prestataire informatique

Dans quels cas une PME consulte-t-elle un avocat face à son prestataire informatique ?

Le plus souvent après un événement qui interrompt l'activité : serveur hors service, rançongiciel, perte de données, logiciel livré inutilisable ou infogérant qui refuse de transmettre les accès. D'autres dossiers commencent plus tôt, au moment de signer un devis, de renouveler un contrat de maintenance ou de changer de prestataire. Dans tous les cas, la première question porte sur les documents : que contiennent le devis, les conditions générales, l'annexe de niveau de service et les échanges préalables ? La seconde porte sur les faits : qui administrait le système, qui recevait les alertes, qui avait la charge des sauvegardes ? Les sanctions de l'inexécution sont énumérées par l'article 1217 du code civil, mais leur choix dépend de la preuve disponible et de la gravité du manquement. Le cabinet peut intervenir pour examiner ces éléments, rédiger une mise en demeure, négocier une sortie ordonnée ou saisir le juge. Le volet rédactionnel et la négociation des clauses sont développés sur la page consacrée aux contrats informatiques, et la conduite d'un procès après un projet en échec sur celle du contentieux informatique.

Le prestataire devait-il nous avertir des risques de la solution qu'il a installée ?

Oui, dans une mesure qui dépend de la compétence du client. Le professionnel doit s'enquérir des besoins de l'entreprise et l'informer de l'adéquation de la solution proposée. La cour d'appel de Reims juge qu'il appartenait au prestataire, « si elle se jugeait insuffisamment informée, de refuser de s'engager, d'émettre des réserves ou d'inviter le client à préciser ses besoins » (CA Reims, 28 avril 2026, n° 24/01502). Dans cette affaire, une PME sans compétence informatique approfondie avait subi un rançongiciel après une installation réalisée par le prestataire ; la cour a retenu un manquement au devoir de conseil. Elle a toutefois laissé la moitié du dommage à la charge du client, faute de cahier des charges et d'informations suffisantes transmises au prestataire. L'obligation d'information précontractuelle de l'article 1112-1 du code civil a aussi ses limites : la Cour de cassation juge que « le devoir d'information précontractuelle ne porte que sur les informations qui ont un lien direct et nécessaire avec le contenu du contrat ou la qualité des parties, et dont l'importance est déterminante pour le consentement de l'autre partie » (Cass. com., 14 mai 2025, n° 23-17.948, publié). Il faut donc montrer quelle information manquait et pourquoi elle aurait changé la décision.

Faute de cahier des charges, l'entreprise cliente perd-elle tout recours ?

Non, mais l'absence de cahier des charges change la discussion. Le juge recherche alors si le prestataire a lui-même analysé les besoins et accompagné son client profane. Dans une affaire de progiciel de gestion, la cour d'appel de Paris a relevé que « Si l'absence de cahier des charges ne peut être reproché à la société Avenir Déconstruction, profane », les journées d'analyse prévues et les échanges montraient que le prestataire avait rempli son obligation (CA Paris, pôle 5 ch. 11, 22 novembre 2024, n° 21/08604). L'issue a été défavorable au client : faute de manquement grave démontré, sa résiliation a été jugée fautive et le contrat résilié à ses torts exclusifs, avec paiement des sommes dues. À l'inverse, la cour d'appel de Reims a retenu la responsabilité d'un prestataire qui n'avait pas interrogé son client sur ses besoins de sécurité, tout en partageant le dommage par moitié (CA Reims, 28 avril 2026). Ces décisions montrent qu'un dossier se juge sur les échanges réels : demandes du prestataire, réponses du client, comptes rendus de réunion et alertes formulées par écrit. Le cabinet reconstitue ce fil avant d'apprécier la position de la PME.

Après un rançongiciel, le prestataire de maintenance doit-il indemniser l'entreprise ?

Sa responsabilité dépend du périmètre qui lui était confié. Si le contrat le chargeait d'administrer et de sécuriser le système, une faille imputable à son intervention peut engager sa responsabilité contractuelle sur le fondement de l'article 1231-1 du code civil. Le tribunal des activités économiques de Paris a ainsi condamné un prestataire qui, selon le jugement, « était responsable de la mise en place et de la maintenance des systèmes informatiques et devait veiller à en assurer la sécurité », après une intrusion permise par un filtrage oublié (TAE Paris, ch. 1-3, 8 octobre 2025, n° 2024005541). Cette décision de première instance reste liée à ses faits, et notamment à l'aveu écrit du prestataire. Lorsque le client a lui-même contribué au dommage, par exemple en n'exprimant pas ses besoins de sécurité, un partage de responsabilité peut être retenu, comme l'a fait la cour d'appel de Reims. Si le prestataire traite des données personnelles pour le compte de l'entreprise, il est sous-traitant au sens du règlement (UE) 2016/679 et doit notamment respecter les obligations de sécurité de ses articles 28 et 32. Le cabinet commence par établir le périmètre confié, la chronologie de l'attaque et le rapport technique disponible.

Les sauvegardes ne fonctionnaient plus : qui supporte la perte des données ?

Celui qui en avait réellement la charge, ce que le contrat et la pratique permettent d'établir. Une clause confiant au client la vérification quotidienne des sauvegardes ne règle pas tout. Le tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon a déclaré inopposable une telle clause, qui figurait dans un projet de contrat jamais signé, et a constaté que la pratique confirmait la charge du prestataire, en relevant que le personnel du client « n'était ni compétente, ni formée, ni n'intervenait dans la gestion des sauvegardes », et a déclaré le prestataire entièrement responsable (T. com. La Roche-sur-Yon, 14 janvier 2025, n° 2023005634). Le technicien avait débranché les sauvegardes pour des tests et lui seul recevait les rapports quotidiens. Une autre affaire, distincte, porte sur l'effacement des sauvegardes lors d'une résiliation intervenue en 2023. La cour d'appel de Paris a jugé manifestement vouée à l'échec l'action d'une entreprise dont les données avaient été supprimées à la résiliation, des clauses claires l'ayant informée de cette suppression, en relevant que « L'obligation de restituer des fichiers intègres qui est visée par cet article s'impose à la société Nemoxia pendant la durée d'exécution du contrat » (CA Paris, pôle 1 ch. 2, 9 avril 2026, n° 25/11299). Cette solution ne préjuge pas des obligations de récupération des données qui s'imposent désormais aux services entrant dans le champ du règlement (UE) 2023/2854. Le cabinet lit donc les clauses de sauvegarde et de résiliation avant de mettre fin à un contrat.

Peut-on cesser de payer les factures d'un prestataire qui n'exécute pas ses obligations ?

C'est possible, mais risqué si l'inexécution n'est pas démontrée. L'article 1219 du code civil permet de refuser d'exécuter sa propre obligation lorsque l'autre partie n'exécute pas la sienne et que ce manquement est suffisamment grave. La preuve de cette gravité pèse sur celui qui suspend ses paiements. La cour d'appel de Rennes l'a rappelé à une entreprise de restauration qui reprochait des dysfonctionnements à son fournisseur de caisse et de logiciel : elle avait signé sans réserve le dernier procès-verbal de recette et « ne justifie d'aucune demande d'intervention circonstanciée, comme prévue au contrat » ; la cour en a conclu qu'« En conséquence, l'exception d'inexécution n'est pas justifiée » (CA Rennes, 3e ch. com., 9 septembre 2025, n° 24/03931). Le client a été condamné à payer les factures avec intérêts. Une autre voie existe pour une prestation mal exécutée : l'article 1223 permet, après mise en demeure et si le prix n'est pas encore entièrement payé, de notifier dans les meilleurs délais une réduction proportionnelle du prix ; après paiement, à défaut d'accord, la réduction se demande au juge. Le cabinet vérifie d'abord les signalements écrits, les tickets restés sans réponse et les recettes signées, puis choisit entre suspension, réduction ou résolution.

Comment rompre le contrat sans attendre une décision du juge ?

Par une résolution notifiée, qui suppose une inexécution suffisamment grave (article 1224 du code civil). L'article 1226 organise la procédure : mise en demeure préalable, sauf urgence, indiquant qu'à défaut d'exécution dans un délai raisonnable le contrat pourra être résolu ; puis notification de la résolution et de ses raisons. Le prestataire peut contester devant le juge, et c'est alors au client de prouver la gravité du manquement. Pour les contrats conclus avant le 1er octobre 2016, la Cour de cassation admet aussi qu'une partie mette fin au contrat à ses risques et périls en raison du comportement grave de l'autre, et précise qu'« En cas de contestation, c'est à la partie qui a mis fin au contrat de rapporter la preuve d'un tel comportement » (Cass. com., 22 novembre 2023, n° 22-16.514, publié). Le risque est réel : une rupture mal fondée se retourne contre le client, comme dans l'affaire jugée par la cour d'appel de Paris le 22 novembre 2024, où la résiliation a été prononcée aux torts exclusifs de l'entreprise. Le cabinet prépare donc la mise en demeure, conserve la preuve de la persistance du manquement et organise la reprise du service avant la notification.

Le plafond d'indemnisation prévu au contrat peut-il être écarté ?

Dans des cas précis, que les juges appliquent strictement. L'article 1231-3 du code civil limite la réparation au dommage prévisible, sauf faute lourde ou dolosive, et l'article 1170 répute non écrite la clause qui prive de sa substance l'obligation essentielle. La cour d'appel de Paris rappelle que « Seule est réputée non écrite la clause limitative de réparation qui contredit la portée de l'obligation essentielle souscrite par le débiteur » et que « les clauses limitatives de responsabilité ou de réparation ne peuvent être écartées qu'en cas de dol ou de faute lourde » (CA Paris, pôle 5 ch. 11, 1er décembre 2023, n° 21/06139). Dans cette affaire, l'indemnisation d'une entreprise cliente d'un opérateur a été ramenée au montant facturé sur six mois. Pour un contrat d'adhésion, l'article 1171 permet aussi d'écarter une clause non négociable créant un déséquilibre significatif. Entre partenaires commerciaux, l'article L. 442-1 du code de commerce sanctionne le fait de soumettre ou de tenter de soumettre l'autre partie à des obligations créant un déséquilibre significatif, et la Cour de cassation précise que « L'appréciation du déséquilibre significatif passe par une analyse concrète de l'économie générale du contrat » (Cass. com., 26 février 2025, n° 23-20.225, publié). La meilleure protection reste la négociation du plafond avant la signature.

Le matériel est loué à une société de financement : que devient le loyer si la maintenance disparaît ?

La PME qui loue ses copieurs, serveurs ou postes à une société de financement, tandis qu'un autre prestataire assure la maintenance ou les services, est souvent prise entre deux contrats. L'article 1186 du code civil prévoit que, lorsque plusieurs contrats sont nécessaires à une même opération, la disparition de l'un rend caducs ceux qui en dépendaient, si le cocontractant connaissait l'opération d'ensemble. La Cour de cassation en tire une règle nette pour les opérations comprenant une location financière : « Dans les contrats formant une opération incluant une location financière, sont réputées non écrites les clauses inconciliables avec cette interdépendance » (Cass. com., 10 janvier 2024, n° 22-20.466, publié). Dans cette affaire, le loueur avait obtenu la résiliation aux torts du locataire en invoquant une clause qui l'obligeait à trouver seul un nouveau mainteneur ; l'arrêt a été cassé au profit du locataire. L'issue dépend toutefois de la preuve que les contrats appartenaient à la même opération ; dans la configuration jugée, la Cour a déduit de l'inclusion du contrat dans une opération comportant une location financière que le loueur connaissait nécessairement l'opération d'ensemble. Le cabinet rassemble les bons de commande, les procès-verbaux de livraison et les échanges entre le fournisseur et le loueur avant de répondre à une demande d'indemnité de résiliation.

Comment récupérer nos données et nos accès en changeant d'infogérant ou de logiciel en ligne ?

D'abord par le contrat, ensuite par le juge si le prestataire bloque la transition. Le juge des référés peut prescrire les mesures nécessaires pour faire cesser un trouble manifestement illicite, même en présence d'une contestation sérieuse, et ordonner l'exécution d'une obligation de faire dont l'existence n'est pas sérieusement contestable (article 873 du code de procédure civile). Le tribunal des activités économiques de Marseille a jugé que « la réversibilité est nécessaire pour le client (utilisateur du logiciel ou du système objet du contrat) afin qu'il puisse reprendre, au terme du contrat, l'exploitation des données », et que « l'absence de réversibilité des données informatiques cause un trouble manifestement illicite » ; il a ordonné la réversibilité complète et la remise des codes administrateur (TAE Marseille, ord. réf., 17 juin 2025, n° 2025R00202). Pour les services de traitement de données, notamment en nuage, le règlement (UE) 2023/2854, applicable depuis le 12 septembre 2025, impose dans son article 25 un préavis de changement de deux mois au plus, une période transitoire de trente jours calendaires en principe, portée à sept mois au plus en cas d'impossibilité technique motivée, puis une période de récupération des données d'au moins trente jours calendaires. Son article 29 limite les frais de changement aux coûts directs jusqu'au 12 janvier 2027, puis les interdit, avec des exceptions pour les services conçus sur mesure (article 31). Le cabinet dresse la liste des données et accès à obtenir avant la date de sortie.

Notre prestataire est placé en redressement ou en liquidation judiciaire : que faire ?

Le jugement d'ouverture ne met pas fin aux contrats en cours. Selon l'article L. 622-13 du code de commerce, applicable au redressement par l'article L. 631-14, lorsqu'un administrateur est désigné, lui seul peut exiger la poursuite du contrat, et le client doit continuer à exécuter ses propres obligations. À défaut d'administrateur, le débiteur exerce cette faculté après avis conforme du mandataire judiciaire (article L. 627-2). Le client peut adresser à l'administrateur une mise en demeure de prendre parti : sans réponse pendant plus d'un mois, le contrat est résilié de plein droit, sous réserve d'un délai différent fixé par le juge-commissaire. En liquidation, l'article L. 641-11-1 reprend le même mécanisme à l'égard du liquidateur. Pour une PME dont l'activité dépend d'un hébergement ou d'une maintenance, l'enjeu est double : garder le service pendant la transition et récupérer ses données avant l'arrêt de l'entreprise défaillante. Les sommes déjà versées pour des prestations non fournies relèvent de la déclaration de créance au passif. Le cabinet peut intervenir pour interroger l'administrateur ou le liquidateur, préparer la mise en demeure, organiser la restitution des données et vérifier la déclaration des créances. Un code source déposé chez un tiers, s'il est prévu au contrat, doit aussi être réclamé selon les conditions du dépôt.

Faut-il obtenir une expertise judiciaire avant d'assigner le prestataire ?

Souvent, lorsque la cause technique de l'incident est discutée. L'article 145 du code de procédure civile permet de demander, avant tout procès, une mesure d'instruction s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de faits dont la solution du litige peut dépendre. Le juge n'ordonne pas la mesure automatiquement. La cour d'appel de Paris rappelle que le demandeur doit « justifier que le litige potentiel n'est pas manifestement voué à l'échec et que la mesure est de nature à améliorer la situation probatoire du demandeur » (CA Paris, pôle 1 ch. 2, 9 avril 2026, n° 25/11299). Dans cette affaire, l'expertise a été refusée à une entreprise dont les données avaient été effacées à la résiliation, parce que les conditions générales prévoyaient cette suppression. La décision illustre un piège fréquent : le juge des référés lit les clauses claires du contrat avant d'ordonner une expertise. Le cabinet vérifie donc les stipulations sur la sauvegarde, la restitution et la responsabilité, puis prépare une demande d'expertise ciblée sur les points techniques réellement contestés : origine de la panne, configuration de sécurité, état des sauvegardes ou conformité du livrable.

Dans quel délai l'entreprise doit-elle agir contre son prestataire informatique ?

Les obligations nées du commerce entre commerçants, ou entre un commerçant et un non-commerçant, se prescrivent par cinq ans, sauf prescription spéciale plus courte (article L. 110-4 du code de commerce). Le droit commun retient la même durée, à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir (article 2224 du code civil). Le point de départ n'est donc pas toujours la date de signature : il peut s'agir de la découverte d'un dysfonctionnement, d'une perte de données ou de l'échec d'une restauration. Ce délai de cinq ans ne doit pas faire oublier des échéances plus courtes et plus pratiques. Les journaux techniques sont souvent écrasés après quelques semaines, les données hébergées peuvent être effacées à la fin du contrat, et une recette signée sans réserve rend plus difficile la contestation d'un livrable. Les délais propres à une procédure collective du prestataire s'ajoutent à ce calendrier. Le cabinet établit la chronologie, identifie le fondement de l'action et contrôle le délai applicable avant toute mise en demeure. Il recommande d'agir sur la preuve dès l'incident, même si la décision de saisir le juge vient plus tard.

Un différend avec votre prestataire informatique ? Faites le point sur pièces.

Transmettez le devis, les conditions générales, les factures et les échanges liés à l'incident : le cabinet examine les engagements du prestataire, la part de l'entreprise et la réponse proportionnée.

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