Congé de longue maladie, accident de service, carrière, sanction : fonctionnaires d'État, territoriaux et hospitaliers

Avocat fonction publique à Paris : défendre l'agent dans sa santé, sa carrière et sa discipline.

Un refus de congé de longue maladie, un accident de service contesté, une mutation imposée, un compte rendu d'évaluation sévère ou une sanction : chaque décision individuelle prise envers un agent public obéit à des textes précis, au premier rang desquels le code général de la fonction publique, et, lorsqu'elle fait grief, se conteste devant le juge administratif dans des délais courts.

Le délai de recours contre une décision individuelle est en principe de deux mois à compter de sa notification. Conservez l'arrêté, son enveloppe ou l'accusé de réception, et les avis médicaux ou disciplinaires qui l'ont précédé.

Agents publics · Paris

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Envoyez l'arrêté contesté, sa notification, les avis du conseil médical ou du conseil de discipline et vos échanges avec le service des ressources humaines : le cabinet examine le délai, la procédure suivie et les moyens utiles.

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juridique

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Étude préalable de votre dossier. Examen de vos pièces et première analyse écrite de Maître Reda KOHEN, sous 24 à 48 heures ouvrées. Le règlement s'effectue en ligne après l'envoi de ce formulaire.

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Ils parlent de nous

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Agent public : ce que le juge administratif vérifie

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit public · Paris 17e

Ce que fait un avocat fonction publique à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit public
  • Agents publics

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir pour les fonctionnaires et les agents publics qui contestent une décision touchant leur santé, leur carrière ou leur situation disciplinaire.

L'agent arrive souvent avec une pile d'arrêtés successifs : placement en congé de maladie, passage à demi-traitement, avis médical, puis disponibilité d'office ou nouvelle affectation. Le cabinet replace ces actes dans l'ordre, identifie celui qui fait grief et vérifie, pour chacun, la date de notification et la mention des voies de recours.

Le fonctionnaire est, vis-à-vis de l'administration, dans une situation statutaire et réglementaire : ses droits résultent du code général de la fonction publique, complété par les statuts particuliers, non d'un contrat. Le dossier se construit donc à partir du texte applicable à la date de la décision, puis de la jurisprudence administrative qui en précise la lecture.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

La santé de l'agent

Congé de longue maladie, congé de longue durée, accident de service et maladie imputable : la qualification décide du traitement versé et de la suite de la carrière.

La carrière

Mutation, changement d'affectation, évaluation, titularisation et avancement : certaines mesures se contestent, d'autres relèvent de l'organisation interne du service.

La discipline

Prescription de trois ans, communication du dossier, avis du conseil de discipline et proportion de la sanction : chaque garantie se vérifie sur pièces.

Les règles

Sanction, santé, carrière : les règles qui fondent le recours

Cinq règles organisent l'essentiel des litiges individuels d'un agent public.

  1. Toute faute commise dans l'exercice ou à l'occasion des fonctions expose le fonctionnaire à une sanction choisie dans l'échelle en quatre groupes de l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique. Aucune procédure ne peut être engagée plus de trois ans après la connaissance effective des faits par l'administration ; le Conseil d'État juge que ce délai court jusqu'à la date à laquelle l'agent est régulièrement avisé de l'engagement des poursuites, et a confirmé l'annulation d'une sanction engagée trop tard (CE, 24 juin 2025, n° 476387).
  2. Lorsque les moyens lui sont soumis, le juge recherche si les faits reprochés sont fautifs, puis si la sanction choisie reste en rapport avec la gravité de la faute. Le contrôle du juge de cassation sur cette proportion reste limité : dans une affaire de révocation d'une aide-soignante absente de sa formation pendant vingt-six jours, le pourvoi de l'agent a été rejeté (CE, 13 décembre 2022, n° 452262).
  3. Tout accident survenu dans le temps et le lieu du service est présumé imputable au service, sauf faute personnelle ou circonstance particulière qui l'en détache (article L. 822-18). Pour un infarctus survenu au bureau, l'état de santé antérieur ne renverse la présomption que s'il est la cause exclusive de l'accident (CE, 18 juillet 2025, n° 476311).
  4. Le congé de longue maladie suppose une maladie qui empêche d'exercer les fonctions, impose un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée (article L. 822-6). L'administration consulte l'instance médicale mais n'est pas liée par son avis, et l'agent qui réclame une indemnité doit établir la gravité de sa pathologie : la demande d'une adjointe technique a été rejetée sur ce point (CE, 30 avril 2025, n° 472650).
  5. Une mesure qui modifie l'affectation sans atteinte aux droits statutaires ni aux droits et libertés fondamentaux, sans perte de responsabilités ni de rémunération, est une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours, sauf si elle traduit une discrimination. À l'inverse, une réduction substantielle des responsabilités rend le changement d'affectation contestable, ce que le Conseil d'État a jugé pour une agente réaffectée à l'accueil au retour de son congé de maternité (CE, 13 juillet 2021, n° 430522).

La prescription disciplinaire de trois ans figure à l'article L. 532-2 du code général de la fonction publique ; il est cité dans la version en vigueur au 1er novembre 2026. Légifrance indique pour cet article une fin de vigueur au 1er janvier 2029.

Vos pièces

Les pièces à réunir selon la décision reçue

Le dossier se lit à partir des actes notifiés et des avis qui les ont précédés.

Situation A

Votre santé est en cause

  • Arrêtés de placement en congé de maladie, de longue maladie, de longue durée ou en disponibilité d'office
  • Certificats médicaux, avis du conseil médical et rapports des médecins agréés
  • Déclaration d'accident ou de maladie, témoignages et éléments sur le lieu et l'heure des faits
  • Bulletins de traitement montrant le passage à demi-traitement ou les retenues

Situation B

Votre carrière ou votre discipline est en cause

  • Arrêté de mutation, de sanction, de refus de titularisation ou de radiation, avec sa notification
  • Convocation, rapport disciplinaire, avis du conseil de discipline et dossier individuel communiqué
  • Fiches de poste successives, organigrammes et comptes rendus d'entretien professionnel
  • Recours gracieux ou hiérarchique déjà formés et réponses de l'administration

Gardez la preuve de la date de réception de chaque arrêté. Sans elle, il devient difficile de savoir quel délai court encore et quel acte peut toujours être attaqué.

Le cabinet traite aussi :

  • Droit administratif
  • Tribunal administratif
  • Responsabilité de l'État
  • Collectivités territoriales

La méthode

Comment le cabinet examine votre situation

Identifier l'acte qui fait grief, contrôler la procédure, puis choisir la voie de recours.

Étape 1

Reconstituer la chronologie administrative

Le cabinet classe les arrêtés, avis médicaux, convocations et courriers par date de notification, puis repère la décision qui produit les effets contestés.

Étape 2

Contrôler le texte et la procédure

Base légale, compétence du signataire, consultation de l'instance médicale ou du conseil de discipline, motivation et communication du dossier sont vérifiées acte par acte.

Étape 3

Recours administratif ou demande indemnitaire

Selon le cas, un recours gracieux interrompt le délai, et une demande préalable chiffrée est adressée avant toute réclamation d'argent devant le juge.

Étape 4

Saisine du tribunal administratif et référé

Le cabinet prépare la requête au fond et, lorsque la décision prive l'agent de sa rémunération ou produit un effet immédiat, la demande de suspension.

Sauf disposition législative spéciale, un recours au fond ne suspend pas la décision contestée (article L. 4 du code de justice administrative). Lorsque la perte de traitement est immédiate, la demande de référé-suspension se prépare en même temps que la requête.

Le calendrier

Le calendrier d'une contestation d'agent public

De la décision reçue au jugement du tribunal administratif.

  1. Notification de l'arrêté

    Jour 0. Notez la date de réception et vérifiez que l'arrêté mentionne les voies et délais de recours.

  2. Recours gracieux ou hiérarchique

    Dans les deux mois. Formé dans le délai, il interrompt le délai du recours contentieux, qui repart après la réponse ou le rejet implicite.

  3. Silence de l'administration

    Deux mois après le recours. Le silence vaut en principe rejet, et un nouveau délai de deux mois s'ouvre pour saisir le juge.

  4. Demande préalable indemnitaire

    Avant de réclamer un rappel de traitement ou une indemnité, adressez une demande chiffrée à l'employeur pour obtenir une décision.

  5. Requête et référé

    La requête relève en principe du tribunal administratif du lieu d'affectation, ou de la nouvelle affectation après une mutation, ou de la dernière après une cessation de fonctions (article R. 312-12 du code de justice administrative) ; certains litiges d'agents nommés par décret du Président de la République relèvent directement du Conseil d'État. Une demande de suspension peut accompagner la requête si l'urgence le justifie.

  6. Jugement et exécution

    L'annulation peut s'accompagner d'une injonction : réintégration, réexamen de la demande ou reconstitution de carrière.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

La recevabilité du recours se joue souvent avant le fond.

  • Nature de l'acte : décision faisant grief ou mesure d'ordre intérieur, décision expresse ou rejet implicite.
  • Délai : date de notification, mention des voies et délais de recours, recours administratif déjà formé.
  • Statut : fonctionnaire titulaire, stagiaire ou contractuel, versant de l'État, territorial ou hospitalier.
  • Procédure : consultation du conseil médical ou du conseil de discipline, communication du dossier, motivation.
  • Conséquences financières : traitement perdu, demi-traitement, retenues, rappels à demander par une réclamation préalable.

Synthèse

Situation, preuve, recours

Les configurations les plus fréquentes et la première priorité de chacune.

Situation

Refus de congé de longue maladie

Preuve décisive : Certificats du médecin traitant, avis du conseil médical, dossier médical décrivant la gravité et la durée des soins.

Délai : Deux mois après la notification du refus, ou après le rejet du recours gracieux.

Action utile : Recours pour excès de pouvoir et, si le demi-traitement a été subi, demande indemnitaire préalable.

Situation

Accident sur le lieu de travail non reconnu

Preuve décisive : Déclaration d'accident, horaires de service, témoignages, certificat médical initial constatant les lésions.

Délai : Agir dès le refus d'imputabilité, avant que les arrêtés de demi-traitement ne s'enchaînent.

Action utile : Contester le refus en invoquant la présomption de l'article L. 822-18 et ses limites.

Situation

Mise à la retraite pour invalidité

Preuve décisive : Avis médicaux, expertises contradictoires, éléments sur l'aptitude à la date de la décision.

Délai : Deux mois après la notification de l'arrêté de mise à la retraite.

Action utile : Discuter l'inaptitude définitive devant le juge, qui exerce un contrôle normal sur ce point.

Situation

Mutation ou changement d'affectation

Preuve décisive : Fiches de poste, organigrammes, niveau de responsabilités et rémunération avant et après.

Délai : Deux mois, en vérifiant d'abord que la mesure fait grief.

Action utile : Recours si les responsabilités ou la rémunération diminuent, référé seulement si l'urgence est démontrée.

Situation

Sanction disciplinaire

Preuve décisive : Rapport disciplinaire, dossier communiqué, avis du conseil de discipline, éléments sur les faits reprochés.

Délai : Deux mois ; vérifier aussi la prescription de trois ans de l'action disciplinaire.

Action utile : Recours au fond sur la matérialité, la qualification et la proportion, avec référé si l'exclusion prive de traitement.

Situation

Refus de titularisation

Preuve décisive : Rapports de stage, évaluations, échanges avec le tuteur, observations présentées par le stagiaire.

Délai : Deux mois après la notification de la décision de fin de stage.

Action utile : Contrôle de l'exactitude des faits, de l'erreur manifeste et de l'absence de sanction déguisée.

Questions fréquentes

Vos questions : fonction publique

Quels dossiers un avocat fonction publique examine-t-il pour un agent ?

Un avocat fonction publique intervient sur les décisions individuelles qui touchent la situation d'un agent : placement en congé de maladie ou refus d'un congé de longue maladie, refus de reconnaître un accident de service, disponibilité d'office, mise à la retraite pour invalidité, mutation, compte rendu d'évaluation, refus de titularisation, sanction disciplinaire ou radiation des cadres. Le point commun de ces dossiers est qu'ils se jugent sur des textes précis du code général de la fonction publique, puis sur la procédure suivie par l'employeur.

Le premier travail consiste à identifier l'acte qui fait réellement grief. Une série d'arrêtés de demi-traitement découle souvent d'un refus initial d'imputabilité ; c'est ce refus qu'il faut attaquer en priorité. Le cabinet vérifie ensuite le délai : deux mois en principe, décomptés depuis la notification (article R. 421-1 du code de justice administrative), à condition que la notification mentionne les voies et délais de recours (article R. 421-5).

Le cabinet examine aussi le statut de l'intéressé. Les règles des congés de maladie du code visent le fonctionnaire ; un agent contractuel relève de textes réglementaires distincts qu'il faut identifier avant de raisonner. La page traite principalement du fonctionnaire titulaire ou stagiaire.

Comment obtenir un congé de longue maladie lorsque l'administration le refuse ?

Le congé de longue maladie est un droit pour le fonctionnaire en activité lorsque trois conditions sont réunies : la maladie l'empêche d'exercer ses fonctions, elle rend nécessaires un traitement et des soins prolongés, et elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée (article L. 822-6 du code général de la fonction publique). Sa durée maximale est de trois ans (article L. 822-7) et il peut être pris de façon continue ou discontinue (article L. 822-9).

La demande repose sur un certificat du médecin traitant, puis sur l'examen de l'instance médicale compétente. Le Conseil d'État rappelle que l'administration doit recueillir cet avis puis apprécier elle-même la demande au vu de l'ensemble des éléments, sans être liée par l'avis rendu. Dans la même affaire, il a jugé qu'il revenait à l'agente, qui réclamait une indemnité pour le refus implicite de son congé, d'établir la gravité et le caractère invalidant de sa pathologie sans lever le secret médical ; son pourvoi a été rejeté (CE, 30 avril 2025, n° 472650).

La préparation du dossier médical compte donc autant que le recours. Le cabinet vérifie les certificats produits, la date d'effet demandée, les avis rendus et la décision prise, avant de choisir entre un recours gracieux, un recours pour excès de pouvoir et une demande indemnitaire préalable.

Quel traitement perçoit un fonctionnaire en congé de maladie, en CLM ou en CLD ?

Le traitement dépend du congé accordé, d'où l'importance de la qualification. En congé de maladie ordinaire, dont la durée totale peut atteindre un an sur douze mois consécutifs (article L. 822-2), le fonctionnaire perçoit 90 % de son traitement pendant trois mois, puis la moitié pendant les neuf mois suivants (article L. 822-3). Ce taux de 90 % s'applique aux congés de maladie accordés à compter du 1er mars 2025 (article 189, V, de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025).

En congé de longue maladie, il perçoit la totalité du traitement pendant un an, puis la moitié pendant les deux années suivantes, en conservant le supplément familial de traitement et l'indemnité de résidence ; le même article permet de porter cette part à 60 % par décret (article L. 822-8). Pour le fonctionnaire de l'État, ce taux de 60 % s'applique durant la deuxième et la troisième année (article 28-1 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986). Le congé de longue durée concerne cinq affections énumérées par la loi, dont la maladie mentale et l'affection cancéreuse (article L. 822-12) ; il ouvre droit à trois ans de plein traitement puis deux ans de demi-traitement (article L. 822-15).

Lorsque l'incapacité résulte d'un accident ou d'une maladie imputable au service, le congé pour invalidité temporaire imputable au service maintient l'intégralité du traitement jusqu'à la reprise ou la mise à la retraite (article L. 822-22). Un agent placé à tort en maladie ordinaire peut ainsi perdre plusieurs mois de demi-traitement : le cabinet chiffre cet écart avant de former la demande de rappel.

Un malaise sur le lieu de travail est-il un accident de service ?

Le code pose une présomption : tout accident survenu dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice des fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, est présumé imputable au service, en l'absence de faute personnelle ou de circonstance particulière qui le détache du service (article L. 822-18). Le Conseil d'État définit l'accident comme tout événement survenu à une date certaine dont il est résulté une lésion.

Pour un infarctus survenu dans le bureau d'une gestionnaire de lycée, la cour avait exigé un lien direct et certain avec le service ; le Conseil d'État a annulé cet arrêt, en jugeant que l'état de santé antérieur ne constitue une circonstance particulière que s'il est la cause exclusive de l'accident (CE, 18 juillet 2025, n° 476311). Pour un agent de surveillance de la voie publique tombé après un malaise en patrouille, il a jugé que le fait d'avoir pris son service en se sentant mal et des allégations de prise de médicaments non confirmées médicalement ne suffisaient pas à écarter l'imputabilité ; le refus de la commune a été définitivement annulé (CE, 9 octobre 2026, n° 498762).

La preuve porte donc sur l'heure, le lieu, l'activité en cours, les lésions et leur lien avec l'événement, le Conseil d'État admettant une lésion quelle que soit sa date d'apparition. L'employeur, de son côté, doit établir la faute personnelle ou la cause exclusive qu'il invoque.

Comment faire reconnaître une dépression comme maladie imputable au service ?

Une maladie non désignée par les tableaux de maladies professionnelles peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire établit qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente d'un taux fixé par décret (article L. 822-20). Les troubles anxio-dépressifs entrent le plus souvent dans cette catégorie, ce qui place la charge de la preuve sur l'agent.

Sous l'empire de l'ancien article 57 de la loi du 26 janvier 1984, le Conseil d'État a jugé qu'une maladie est imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à la susciter, sauf fait personnel de l'agent ou autre circonstance qui l'en détache. Cette exigence joue dans les deux sens. Dans une affaire où un ingénieur territorial avait obtenu en appel la reconnaissance de son syndrome dépressif, l'arrêt a été annulé, faute pour la cour d'avoir recherché si l'attitude d'opposition reprochée à l'agent était avérée et constituait la cause déterminante de la dégradation de ses conditions de travail (CE, 22 octobre 2021, n° 437254). Cette décision est défavorable à l'agent.

Le dossier doit donc décrire les conditions de travail par des pièces datées, situer les antécédents éventuels et l'aggravation imputable au service, et anticiper l'argument du comportement personnel. Le cabinet rapproche les avis médicaux, les courriels de service et les décisions de gestion avant de formuler la demande.

Que faire si l'administration envisage une mise à la retraite pour invalidité ?

Avant toute mise à la retraite, le fonctionnaire reconnu inapte à ses fonctions doit voir son poste adapté lorsque c'est possible (article L. 826-1). À défaut, il peut être reclassé dans un autre corps ou cadre d'emplois, en priorité dans son administration (article L. 826-3), et il bénéficie d'une période de préparation au reclassement d'un an au plus, avec maintien du traitement (article L. 826-2).

Pour un fonctionnaire territorial ou hospitalier, la mise à la retraite pour invalidité suppose l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions, et la mise à la retraite d'office n'intervient qu'à l'expiration des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée, sauf maladie au caractère définitif et stabilisé insusceptible de traitement (article 30 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003). Le Conseil d'État juge que le juge exerce un contrôle normal sur cette appréciation et qu'il peut tenir compte de pièces établies après la décision, dès lors qu'elles éclairent l'état de santé réel à sa date. Dans l'affaire jugée, une expertise ordonnée par le tribunal avait conclu à l'absence de pathologie invalidante, et l'annulation de la mise à la retraite a été confirmée (CE, 29 décembre 2021, n° 437489).

Lorsque la procédure est engagée, l'agent peut demander la communication de son dossier médical, produire l'avis de ses propres médecins et solliciter une expertise. Le cabinet vérifie aussi que le reclassement a été réellement examiné avant la décision.

Une mutation dans l'intérêt du service peut-elle être contestée ?

Dans la fonction publique de l'État, l'autorité compétente procède aux mutations en tenant compte des besoins du service (article L. 512-18), et les demandes sont examinées en donnant priorité à certaines situations, comme le rapprochement de conjoints ou la suppression d'emploi (article L. 512-19). La mutation imposée se distingue de la sanction de déplacement d'office, qui appartient au deuxième groupe de l'échelle disciplinaire.

La contestation se heurte à deux obstacles. Le premier tient à la nature de l'acte : un simple changement d'affectation qui ne touche ni les droits statutaires, ni les droits et libertés fondamentaux, ni les responsabilités, ni la rémunération est une mesure d'ordre intérieur dont le recours n'est recevable que si elle traduit une discrimination, alors qu'une réduction substantielle des responsabilités le rend attaquable (CE, 13 juillet 2021, n° 430522). Le second tient au contrôle du juge : en matière de mutation dans l'intérêt du service, il ne censure l'appréciation de l'administration qu'en cas d'erreur manifeste.

Le Conseil d'État l'a rappelé en annulant la suspension accordée à un professeur muté sur une zone de remplacement, puis en rejetant sa demande faute d'urgence établie : la mutation n'emportait pas, par elle-même, de conséquences financières ou personnelles suffisantes (CE, 28 juillet 2026, n° 512444). Cette décision est défavorable à l'agent. Le dossier doit donc documenter précisément la perte de responsabilités, l'éventuel motif disciplinaire déguisé et les effets concrets de la mesure.

Le compte rendu d'entretien professionnel peut-il être attaqué ?

L'appréciation de la valeur professionnelle d'un fonctionnaire se fonde sur une évaluation individuelle donnant lieu à un compte rendu qui lui est communiqué (article L. 521-1). Ce compte rendu pèse sur l'avancement de grade, la rémunération indemnitaire et les mobilités ; il peut faire l'objet d'une demande de révision puis d'un recours devant le juge administratif.

Le contrôle du juge reste toutefois restreint sur le fond de l'appréciation. Dans une affaire concernant une attachée principale du ministère de l'intérieur, le Conseil d'État a jugé que l'entretien devait être conduit par le supérieur hiérarchique direct en fonction à la date de l'entretien, même si celui-ci n'avait pas encadré l'agente pendant toute l'année évaluée. Il a laissé à la cour l'appréciation selon laquelle un nombre de dossiers insuffisant au regard des objectifs et des délais de traitement anormalement longs n'étaient pas entachés d'erreur manifeste ; le pourvoi de l'agente a été rejeté (CE, 6 mars 2025, n° 493924).

Contester une évaluation exige donc des éléments objectifs : objectifs fixés, moyens disponibles, charge réelle, comparaison avec les années précédentes. Le cabinet vérifie d'abord la compétence de l'évaluateur et la procédure de révision, puis la cohérence des appréciations avec les pièces.

Un refus de titularisation à la fin du stage peut-il être annulé ?

Les personnes recrutées par concours ou sans concours accomplissent une période probatoire dénommée stage (article L. 327-1). Le stagiaire se trouve dans une situation provisoire, et le refus de le titulariser repose sur l'appréciation de son aptitude et de sa manière de servir.

Le Conseil d'État précise l'étendue du contrôle : le juge vérifie que la décision ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle, qu'elle ne constitue pas une sanction déguisée et qu'elle n'est pas entachée de détournement de pouvoir. Si les motifs relèvent aussi de fautes disciplinaires, l'intéressé doit avoir été mis à même de présenter ses observations. Dans l'affaire jugée, il a ajouté que des faits antérieurs au stage pouvaient fonder le refus, et a annulé l'arrêt qui avait confirmé l'annulation obtenue par une chargée de recherche (CE, 12 février 2025, n° 494075). Cette solution est défavorable à la stagiaire.

Le recours suppose donc de contester les faits eux-mêmes ou de montrer que la décision sanctionne en réalité un comportement sans procédure contradictoire. Le cabinet examine les rapports de stage, les évaluations intermédiaires et les observations présentées avant la décision.

Comment le juge contrôle-t-il la gravité d'une sanction disciplinaire ?

L'échelle des sanctions comporte quatre groupes, de l'avertissement à la révocation (article L. 533-1). Toute sanction plus lourde que celles du premier groupe exige l'avis préalable et motivé de l'organisme siégeant en conseil de discipline, et la sanction elle-même porte ses motifs (article L. 532-5). L'agent visé par la procédure obtient l'intégralité de son dossier individuel et peut se faire assister des défenseurs qu'il choisit (article L. 532-4).

Le juge, saisi de moyens en ce sens, vérifie trois points successifs : la réalité des faits, leur caractère fautif et la proportion de la sanction à la gravité de la faute. Le Conseil d'État le rappelle, tout en limitant son propre contrôle en cassation : la proportion relève de l'appréciation des juges du fond, sauf solution hors de proportion avec les fautes. Dans l'affaire d'une aide-soignante révoquée pour vingt-six jours d'absence dissimulée pendant une formation, la cour avait écarté le grief d'abandon de poste mais retenu la faute, et le pourvoi de l'agente a été rejeté (CE, 13 décembre 2022, n° 452262).

L'enjeu se trouve donc devant le tribunal et la cour. Le cabinet répond grief par grief, distingue les faits établis des simples allégations, et réunit les éléments de contexte, d'ancienneté et de manière de servir qui permettent de discuter la proportion.

L'administration peut-elle sanctionner des faits anciens ?

Le code général de la fonction publique enferme l'action disciplinaire dans un délai de trois ans. L'employeur doit engager la procédure dans les trois ans qui suivent le jour où il a effectivement connu les faits passibles de sanction, dans leur réalité, leur nature et leur étendue. L'exercice de poursuites pénales contre le fonctionnaire arrête ce compte jusqu'à la décision pénale définitive. Ces règles figurent à l'article L. 532-2, en vigueur au 1er novembre 2026.

Le Conseil d'État en a précisé le calcul dans une décision publiée au recueil. Le délai se mesure entre la connaissance effective des faits et la date à laquelle l'agent est régulièrement avisé de l'engagement de la procédure. Une décision pénale définitive s'entend d'une décision devenue irrévocable, et le délai repart pour trois ans à compter de cette date, quelle que soit la date à laquelle l'administration en est informée, sauf si elle ignorait jusque-là tout des faits. Dans l'affaire jugée, l'information de l'engagement des poursuites, reçue par l'enseignant après l'échéance, était tardive, et l'annulation de la sanction a été confirmée (CE, 24 juin 2025, n° 476387).

Le cabinet reconstitue donc ce que l'administration savait, depuis quand, et à quelle date exacte la lettre d'engagement de la procédure a été reçue.

Peut-on être radié des cadres pour abandon de poste sans avertissement ?

Non. Le code mentionne l'abandon de poste parmi les cas où le fonctionnaire peut être licencié (article L. 553-1), mais la radiation suppose une mise en demeure préalable. Le Conseil d'État exige un document écrit, notifié à l'agent, qui lui fixe un délai pour reprendre son service et l'informe du risque d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire.

Il ajoute une seconde condition tirée du statut : tout fonctionnaire en activité a droit de recevoir, dans un délai raisonnable, une affectation correspondant à son grade. Un agent dont le poste a été supprimé lors d'une réorganisation et qui n'a reçu aucune nouvelle affectation ne peut pas être regardé comme ayant rompu de lui-même le lien avec le service. Le décret de radiation d'un ingénieur en chef a été annulé pour ce motif, avec injonction de le réintégrer et de l'affecter sur un poste de son grade (CE, 11 octobre 2023, n° 464419).

Lorsque l'absence s'explique par un arrêt de travail, la situation doit être examinée avec les certificats transmis et les contre-visites éventuelles. Le cabinet vérifie la mise en demeure, son contenu, sa date de réception et la situation d'affectation de l'agent à cette date.

Que se passe-t-il si l'arrêté ne mentionne pas les délais de recours ?

Le délai de deux mois n'est opposable que si la notification mentionne les voies et délais de recours (article R. 421-5 du code de justice administrative). Cette omission ne laisse pourtant pas un délai illimité. Le Conseil d'État juge que le principe de sécurité juridique fait obstacle à la contestation indéfinie d'une décision individuelle notifiée ou connue : le recours doit alors être exercé dans un délai raisonnable qui, sauf circonstances particulières, ne dépasse pas un an après la notification de la décision ou la date à laquelle l'agent en a eu connaissance de façon certaine.

L'application de cette règle à un agent public peut être sévère. Dans l'affaire jugée, un inspecteur des impôts n'avait saisi le tribunal qu'en juin 2014, plus de deux ans et demi après avoir eu connaissance d'arrêtés de nomination et de reclassement notifiés en 2011 ; sa demande avait été rejetée comme tardive, et son pourvoi a été rejeté (CE, 10 février 2020, n° 429343). Cette décision est défavorable à l'agent.

Un recours administratif formé dans le délai interrompt le délai de recours contentieux (article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration). Le cabinet date donc chaque acte, vérifie sa notification et recherche s'il reste un délai utile avant d'engager des frais.

Peut-on suspendre en urgence une exclusion temporaire de fonctions ?

Le juge des référés peut suspendre une décision lorsque l'urgence le justifie et qu'un moyen fait naître un doute sérieux sur sa légalité (article L. 521-1 du code de justice administrative). La demande accompagne une requête au fond, car la suspension prend fin au plus tard lorsque le tribunal statue sur cette requête.

Pour l'agent privé de traitement, le Conseil d'État pose une présomption utile : une mesure qui prive un agent public de la totalité de sa rémunération pendant plus d'un mois porte, en principe, une atteinte grave et immédiate à sa situation, sauf circonstances particulières justifiées par l'employeur. Il a annulé l'ordonnance qui exigeait de l'agent la preuve d'un bouleversement de ses conditions d'existence, puis suspendu une exclusion temporaire de deux ans, dont un avec sursis, prononcée par un département (CE, 18 décembre 2024, n° 492519).

Cette présomption ne vaut pas pour toute mesure : une mutation sans effet financier propre ne caractérise pas, à elle seule, l'urgence. Le cabinet chiffre donc la perte de traitement, réunit les justificatifs de ressources et prépare dans le même temps le moyen de légalité le plus solide.

Un arrêté touche votre santé ou votre carrière ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez l'arrêté, sa notification et les avis qui l'ont précédé : le cabinet examine le délai restant, la procédure suivie et la voie de recours adaptée.

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