Bar, restaurant, discothèque : arrêté du préfet de police, contradictoire, référé et durée

Avocat fermeture administrative à Paris : répondre au préfet, saisir le juge des référés, discuter la durée.

Fermeture administrative d'un restaurant, d'un bar ou d'une discothèque : à Paris, l'arrêté émane du préfet de police. Avant la décision, l'exploitant peut présenter ses observations. Après, le juge des référés peut suspendre la mesure si l'urgence et l'illégalité sont démontrées par des pièces précises.

Le délai laissé pour répondre à la lettre d'intention du préfet est court. Une réponse écrite, une demande d'audition et des comptes à jour pèsent ensuite sur l'issue du référé.

Fermeture administrative · Paris

Recevez une première analyse

Envoyez la lettre d'intention ou l'arrêté, les rapports de police reçus, vos observations éventuelles et les derniers documents comptables : le cabinet examine la procédure suivie, le fondement retenu et la voie de recours adaptée.

24 à 48 h

première lecture
juridique

80 €TTC

Étude préalable de votre dossier. Examen de vos pièces et première analyse écrite de Maître Reda KOHEN, sous 24 à 48 heures ouvrées. Le règlement s'effectue en ligne après l'envoi de ce formulaire.

Cliquez ou glissez vos fichiers ici
Tous formats acceptés (PDF, Word, images, etc.)

Envoi en cours...

Le règlement vaut demande d'exécution immédiate de votre analyse. Vos données sont utilisées uniquement pour traiter votre demande. Conditions · Politique de confidentialité.

Ils parlent de nous

  • Lexbase

Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Fermeture administrative : ce que le préfet doit respecter

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Restaurateurs et hôtellerie · Paris 17e

Ce que fait un avocat fermeture administrative à Paris

  • Barreau de Paris
  • Débits de boissons et restaurants
  • Référés administratifs

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut assister les exploitants de bars, restaurants et discothèques menacés d'une fermeture administrative ou déjà visés par un arrêté.

Le cabinet examine d'abord la phase qui précède l'arrêté : la lettre annonçant la mesure envisagée, les griefs qu'elle énonce, le délai laissé pour répondre et la possibilité de demander une audition. Cette phase contradictoire est souvent décisive, devant le préfet comme devant le juge.

Selon le cas, il vérifie ensuite le fondement exact de la mesure, qu'il s'agisse de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, de l'article L. 8272-2 du code du travail ou du code de la sécurité intérieure, la durée retenue au regard des plafonds légaux, et l'opportunité d'un référé-suspension ou d'un référé-liberté.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Avant l'arrêté

Des observations écrites précises, une demande d'audition et des pièces sur les mesures correctrices peuvent influer sur le principe ou la durée de la fermeture.

Le bon fondement

Infraction aux règlements, atteinte à l'ordre public, délit, travail illégal ou trafic : chaque fondement a ses conditions, sa durée maximale et ses garanties.

Le juge des référés

La suspension suppose une urgence concrètement justifiée, souvent par les comptes, et soit un doute sérieux sur la légalité, soit une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

Les règles

Préfet, contradictoire, durée : les règles applicables

Quatre règles encadrent la fermeture d'un débit de boissons ou d'un restaurant décidée par l'autorité préfectorale.

  1. La fermeture peut être ordonnée en cas d'infraction aux lois et règlements propres à ces établissements, d'atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, ou d'actes criminels ou délictueux (article L. 3332-15 du code de la santé publique). À Paris, ces compétences sont exercées par le préfet de police. Le juge y voit une mesure de police destinée à prévenir la continuation ou le retour de désordres, et non une sanction (TA Paris, 7 janvier 2025, n° 2319667).
  2. Hors avertissement, la mesure obéit au code des relations entre le public et l'administration : elle doit être motivée (article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration) et précédée d'une procédure permettant de présenter des observations écrites et, sur demande, orales (article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration). Le tribunal administratif de Nancy a annulé une fermeture de deux mois prononcée sans que soit accordé l'entretien demandé dans le délai imparti (TA Nancy, 2 juillet 2026, n° 2402200).
  3. Depuis le 20 août 2026, la durée maximale est de six mois pour une infraction aux règlements et de trois mois pour une atteinte à l'ordre public, portées respectivement à douze et six mois en cas de réitération ; une fermeture motivée par un crime ou un délit peut atteindre six mois, puis douze en cas de réitération (article L. 3332-15 du code de la santé publique, modifié par la loi n° 2026-798 du 18 août 2026).
  4. Pour les fermetures liées à l'ordre public ou à une infraction pénale, les faits doivent être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation. Le tribunal administratif de Paris apprécie ce lien objectivement, indépendamment du comportement des responsables, et a validé une fermeture de vingt et un jours après un homicide commis par un client attablé en terrasse (TA Paris, 6 janvier 2025, n° 2312039).

Une fermeture n'est pas une peine : le préfet doit justifier un risque de renouvellement des désordres. Des mesures correctrices prises rapidement et documentées sont donc un argument de fond, et pas seulement une preuve de bonne volonté.

Vos pièces

Ce qu'il faut réunir selon le stade de la procédure

Les pièces ne sont pas les mêmes avant et après la signature de l'arrêté.

Position A

Vous avez reçu une lettre d'intention

  • La lettre du préfet de police, son enveloppe ou l'accusé de remise, pour dater le délai de réponse
  • Les rapports, mains courantes ou procès-verbaux cités, ou la demande écrite de les consulter
  • Les justificatifs des mesures prises depuis les faits : sécurité, horaires, limiteur de son, personnel
  • La demande d'audition, adressée à la bonne adresse et conservée avec sa preuve d'envoi

Position B

L'arrêté de fermeture est notifié

  • L'arrêté complet, la date et le mode de notification, ainsi que les observations présentées avant
  • Bilans, comptes de résultat, relevés bancaires récents, charges fixes et effectif salarié
  • Engagements commerciaux compromis par la fermeture : privatisations, réservations, événements
  • Constats de commissaire de justice, mesures sonores ou attestations contredisant les faits reprochés

Une attestation comptable isolée convainc rarement le juge des référés. Les décisions examinées ci-dessous montrent que la preuve de l'urgence repose sur des comptes complets et datés.

Le cabinet traite aussi :

  • Licence de débit de boissons
  • Bail commercial
  • Travail dissimulé
  • Nuisances sonores

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Répondre au préfet dans les temps, puis choisir la voie contentieuse adaptée.

Étape 1

Lecture de la lettre ou de l'arrêté

Le cabinet identifie l'autorité signataire, le fondement visé, les faits reprochés, leur date et le délai laissé pour répondre ou pour saisir le juge.

Étape 2

Observations au préfet de police

Il prépare des observations écrites qui discutent les faits, le lien avec l'exploitation et la durée envisagée, et sollicite une audition lorsque cela peut servir le dossier.

Étape 3

Référé adapté à la situation

Selon l'urgence et la nature du vice, il oriente vers le référé-suspension, accompagné d'un recours au fond, ou vers le référé-liberté jugé en quarante-huit heures.

Étape 4

Recours au fond et suites

Il conduit le recours en annulation et examine, si l'arrêté est illégal, la demande indemnitaire préalable adressée à l'État pour les pertes d'exploitation justifiées.

Le référé ne prononce qu'une mesure provisoire : en référé-suspension, le recours en annulation déposé en parallèle reste à juger, dans les meilleurs délais lorsque la suspension a été ordonnée. Le référé-liberté n'exige pas, lui, de recours au fond.

Le calendrier

La chronologie d'une fermeture administrative

Du contrôle de police à la réouverture ou au jugement.

  1. Contrôle ou incident

    Jour des faits. Notez les heures, les intervenants, l'identité des personnes en cause et conservez les images et échanges utiles.

  2. Lettre d'intention

    Le préfet annonce la mesure envisagée, ses motifs et le délai pour présenter des observations écrites ou demander une audition.

  3. Observations et audition

    Répondez dans le délai, à l'adresse indiquée, avec les pièces sur les faits, la clientèle et les mesures correctrices.

  4. Arrêté et notification

    L'arrêté fixe la durée. Fondé sur le point 1 ou 2 de l'article L. 3332-15, il n'est exécutoire que quarante-huit heures après sa notification lorsque les faits datent de plus de quarante-cinq jours à sa signature.

  5. Référé

    Le référé-liberté est jugé en quarante-huit heures ; le référé-suspension suppose une requête au fond déposée en parallèle.

  6. Recours au fond

    Le recours en annulation se forme dans les deux mois de la notification ; il peut fonder ensuite une demande indemnitaire.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle dans l'arrêté

Chaque point se vérifie sur l'arrêté et sur le dossier de la phase contradictoire.

  • Autorité et signature : préfet de police à Paris, délégation de signature du signataire, compétence pour le fondement retenu.
  • Fondement : point 1, 2 ou 3 de l'article L. 3332-15, code du travail ou code de la sécurité intérieure, avec la durée maximale correspondante.
  • Contradictoire : griefs annoncés à l'avance, délai suffisant, demande d'audition traitée, urgence ou circonstances exceptionnelles réellement invoquées.
  • Faits : matérialité établie par les rapports, lien avec la fréquentation ou l'exploitation, ancienneté au jour de l'arrêté.
  • Durée : proportion avec la gravité, antécédents de l'établissement, mesures correctrices déjà prises et effets économiques.

Synthèse

Situation, priorité, réponse

Les configurations fréquentes à Paris fixent la première action utile.

Situation

Lettre d'intention reçue après un contrôle

Preuve décisive : Lettre, rapports cités, justificatifs des mesures correctrices, preuve d'envoi des observations.

Délai : Le délai indiqué dans la lettre, souvent de quelques jours.

Action utile : Observations écrites, demande d'audition et discussion de la durée envisagée.

Situation

Arrêté notifié sans observations préalables

Preuve décisive : Arrêté, date de notification, absence de lettre ou d'invitation à présenter des observations.

Délai : Agir dès la notification, avant l'exécution complète de la mesure.

Action utile : Vérifier l'urgence ou les circonstances exceptionnelles invoquées, puis référé et recours au fond.

Situation

Fermeture pour nuisances sonores ou attroupements

Preuve décisive : Procès-verbaux, distance des habitations, constats et mesures contraires, plaintes produites.

Délai : Réunir les mesures contradictoires avant l'audience de référé.

Action utile : Contester la matérialité ou la gravité des troubles et la proportion de la durée.

Situation

Avertissement du préfet de police

Preuve décisive : Courrier d'avertissement, constat initial, éléments sur les faits reprochés.

Délai : Deux mois pour le recours en annulation.

Action utile : Recours contre l'avertissement, qui conditionne une future fermeture.

Situation

Fermeture pour travail dissimulé

Preuve décisive : Procès-verbal ou rapport de contrôle, déclarations d'embauche, proportion de salariés concernés.

Délai : Durée maximale de trois mois sur le fondement du code du travail.

Action utile : Discuter la proportion, la gravité et la régularisation, et suivre la procédure pénale parallèle.

Situation

Fermeture annulée après exécution

Preuve décisive : Jugement d'annulation, comptes de la période, charges fixes, salaires et engagements perdus.

Délai : Demande préalable à l'État avant toute requête indemnitaire.

Action utile : Chiffrer la perte d'exploitation réellement justifiée et demander réparation.

Questions fréquentes

Vos questions : fermeture administrative

Qui décide la fermeture administrative d'un bar ou d'un restaurant à Paris ?

Dans les départements, la fermeture d'un débit de boissons ou d'un restaurant relève du représentant de l'État. À Paris, l'article L. 3332-15 du code de la santé publique confie expressément ces compétences au préfet de police. C'est donc lui qui signe la lettre d'intention, puis l'arrêté de fermeture, directement ou par un agent titulaire d'une délégation de signature. Le ministre de l'intérieur peut aussi prononcer, pour les infractions aux règlements et les actes délictueux, une fermeture de trois mois à un an ; la durée de la fermeture déjà prononcée par le préfet s'impute alors sur celle décidée par le ministre (article L. 3332-16 du code de la santé publique).

D'autres textes donnent au même préfet de police un pouvoir de fermeture distinct. L'article L. 332-1 du code de la sécurité intérieure vise les établissements de vente à emporter de boissons alcoolisées ou d'aliments préparés sur place dont l'activité trouble l'ordre, la sécurité ou la tranquillité publics. L'article L. 333-2 du code de la sécurité intérieure permet de fermer un local pour prévenir certaines infractions, dont le trafic de stupéfiants et le recel. La première vérification consiste donc à identifier le texte réellement appliqué, car il commande la durée maximale et les conditions de la mesure.

Le préfet doit-il entendre l'exploitant avant de fermer l'établissement ?

En principe, oui. L'article L. 3332-15 du code de la santé publique soumet les fermetures au code des relations entre le public et l'administration, à l'exception de l'avertissement. Une fermeture est une mesure de police qui doit être motivée selon l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; elle ne peut donc intervenir qu'après que l'exploitant a été mis à même de présenter des observations écrites et, s'il le demande, des observations orales, avec l'assistance d'un conseil (article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration).

Les juges vérifient le contenu réel de cette procédure. Le tribunal administratif de Lyon a annulé une fermeture de sept jours parce que plusieurs faits retenus dans l'arrêté n'avaient pas été annoncés dans les lettres adressées au gérant, ce qui l'avait privé d'une garantie (TA Lyon, 22 mai 2026, n° 2402331). Le tribunal administratif de Nancy a annulé une fermeture de deux mois faute pour l'État d'avoir accordé l'entretien demandé dans le délai de quinze jours (TA Nancy, 2 juillet 2026, n° 2402200). À l'inverse, le tribunal administratif de Paris a écarté le moyen lorsque les demandes d'audition, envoyées à une adresse électronique erronée, n'étaient jamais parvenues au préfet de police (TA Paris, 7 janvier 2025, n° 2319667).

Comment répondre à la lettre annonçant une fermeture envisagée ?

La lettre d'intention fixe le cadre de la discussion : les faits reprochés, le fondement envisagé, parfois la durée, et le délai pour répondre. Il faut d'abord dater sa réception et noter l'adresse, postale ou électronique, à laquelle les observations doivent parvenir. Une réponse envoyée ailleurs peut ne jamais être lue, ce que le tribunal administratif de Paris a retenu contre un exploitant dont les courriels comportaient une adresse incomplète.

Les observations utiles discutent chaque fait annoncé : sa date, sa matérialité, l'identité des personnes en cause et leur lien avec la clientèle. Elles décrivent ensuite les mesures prises depuis, comme le renfort de la sécurité, la modification des horaires, un limiteur de son ou une formation du personnel. L'article L. 3332-15 du code de la santé publique permet d'ailleurs au préfet de réduire la durée d'une fermeture pour atteinte à l'ordre public lorsque l'exploitant s'engage à suivre la formation du permis d'exploitation. La demande d'audition se formule par écrit, dans le délai, et se conserve avec sa preuve d'envoi. Le cabinet relit la lettre, identifie les griefs absents ou imprécis et prépare une réponse qui servira aussi devant le juge si l'arrêté est pris.

Une fermeture peut-elle être décidée sans procédure contradictoire ?

Oui, dans des cas limités. L'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration écarte la procédure contradictoire générale en cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles, ou lorsque sa mise en œuvre compromettrait l'ordre public. Il l'écarte aussi lorsqu'une loi a instauré une procédure contradictoire particulière, qui s'applique alors à sa place. L'administration doit alors pouvoir justifier la situation qu'elle invoque, et le juge en contrôle la réalité au vu des pièces du dossier.

Le tribunal administratif de Paris a jugé que le préfet de police pouvait fermer un restaurant du 8e arrondissement pendant vingt et un jours sans inviter le gérant à présenter des observations, après un homicide commis par un client installé en terrasse, en raison de l'urgence à prévenir le renouvellement de tels actes et des circonstances exceptionnelles mentionnées dans l'arrêté (TA Paris, 6 janvier 2025, n° 2312039). Cette décision est défavorable à l'exploitant, et elle repose sur des faits d'une gravité particulière. Lorsque l'arrêté intervient plusieurs semaines après des faits ordinaires, sans urgence expliquée, l'absence de contradictoire reste un moyen à examiner de près. Le cabinet compare la date des faits, celle de l'arrêté et les motifs invoqués pour écarter les observations.

Combien de temps peut durer une fermeture administrative ?

La durée dépend du fondement. Dans sa rédaction en vigueur depuis le 20 août 2026, issue de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, l'article L. 3332-15 du code de la santé publique prévoit au plus six mois pour une infraction aux lois et règlements des débits de boissons et restaurants, et douze mois en cas de réitération. Pour une atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, le plafond est de trois mois, porté à six en cas de réitération. Une fermeture motivée par un crime ou un délit peut être prononcée pour six mois, puis jusqu'à douze en cas de réitération, et entraîne l'annulation du permis d'exploitation.

Ces plafonds ne dispensent pas le préfet d'une durée proportionnée. Le Conseil d'État a jugé qu'une deuxième fermeture de deux mois, quelques mois après une première fermeture d'un mois, n'était pas disproportionnée au regard des carences constatées dans une discothèque (CE, juge des référés, 21 janvier 2026, n° 511243). Le tribunal administratif de Paris a de même tenu compte d'une fermeture antérieure de neuf jours pour valider une nouvelle fermeture de quinze jours (TA Paris, 7 janvier 2025, n° 2319667). Les antécédents de l'établissement entrent donc dans l'appréciation. Les décisions rendues avant le 20 août 2026 appliquent l'ancien plafond de deux mois pour l'ordre public : elles éclairent le contrôle de proportionnalité, pas la durée maximale actuelle.

À partir de quand l'arrêté de fermeture s'applique-t-il ?

L'arrêté s'applique en principe à compter de sa notification, selon les termes qu'il fixe. L'article L. 3332-15 du code de la santé publique prévoit une règle particulière : lorsque la fermeture repose sur une infraction aux règlements ou sur une atteinte à l'ordre public, et que les faits ont plus de quarante-cinq jours à la date de la signature, l'arrêté n'est exécutoire que quarante-huit heures après sa notification. Ce délai laisse le temps de saisir le juge des référés avant la fermeture effective.

Il faut donc relever immédiatement la date des faits retenus, celle de la signature et celle de la notification. Lorsque l'établissement ne ferme pas, l'article L. 3352-6 du code de la santé publique punit de deux mois d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende le fait de ne pas se conformer à la mesure, qui peut aussi être exécutée d'office. Contester l'arrêté ne suspend pas son exécution : seule une ordonnance du juge des référés rendue sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ou de l'article L. 521-2 du code de justice administrative peut produire cet effet. Le cabinet vérifie la computation de ces délais dès la réception de l'arrêté, puis prépare la requête en référé avant que la fermeture ne soit entièrement exécutée.

Faut-il choisir le référé-suspension ou le référé-liberté ?

Les deux procédures ne répondent pas aux mêmes conditions. Le référé-suspension de l'article L. 521-1 du code de justice administrative exige une requête en annulation déposée parallèlement, une urgence et un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. Le référé-liberté de l'article L. 521-2 du code de justice administrative suppose une urgence particulière et une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, ici la liberté d'entreprendre ; le juge statue en quarante-huit heures.

Le référé-liberté est plus rapide mais plus exigeant. Le Conseil d'État a jugé que des irrégularités de procédure alléguées ne caractérisaient pas, à elles seules, une atteinte grave et manifestement illégale justifiant son intervention (CE, juge des référés, 21 janvier 2026, n° 511243). Le tribunal administratif de Paris a pourtant suspendu en référé-liberté la fermeture de l'espace extérieur d'un établissement du bois de Vincennes, parce que les nuisances reprochées n'étaient pas établies avec la gravité alléguée (TA Paris, ord., 27 août 2025, n° 2524484). L'ordonnance rendue en référé-liberté peut être portée en appel devant le Conseil d'État dans les quinze jours de sa notification, alors que celle du référé-suspension est rendue en dernier ressort, de même que le rejet prononcé sans audience sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, même en référé-liberté (article L. 523-1 du code de justice administrative). Le choix dépend donc des pièces disponibles et de la nature du vice.

Comment démontrer l'urgence devant le juge des référés ?

L'urgence ne se présume pas. Le juge attend des éléments précis sur la situation financière de l'entreprise et sur l'effet concret de la fermeture. Le tribunal administratif de Paris a rejeté une demande fondée sur une attestation d'expert-comptable décrivant des charges fixes, alors que le bilan produit faisait apparaître un résultat excédentaire (TA Paris, ord., 30 avril 2026, n° 2613197). Le Conseil d'État a refusé de retenir l'urgence pour un commerce fermé trois mois, faute de bilans et de comptes de résultat (CE, juge des référés, 4 septembre 2026, n° 519166).

Le juge met aussi en balance la situation de l'exploitant et l'imminence des risques que la mesure veut prévenir. Le Conseil d'État l'a rappelé à propos de deux discothèques fermées un mois, en relevant des troubles répétés liés à l'alcool malgré une fermeture antérieure (CE, juge des référés, 27 juillet 2023, n° 475960). À l'inverse, l'urgence a été admise lorsque l'exploitant justifiait des privatisations déjà vendues, de charges fixes importantes et d'un risque de manque de liquidité (TA Paris, ord., 27 août 2025, n° 2524484). Le délai de saisine compte également : un retard de près d'un mois a été retenu contre une société dont le restaurant avait été fermé par un maire (TA Cergy-Pontoise, ord., 9 avril 2026, n° 2607414). Les comptes doivent donc être réunis dès la notification.

Un avertissement du préfet peut-il être contesté ?

Oui. Pour une infraction aux lois et règlements des débits de boissons et restaurants, l'article L. 3332-15 du code de la santé publique impose un avertissement préalable à toute fermeture, avertissement qui peut s'y substituer lorsque la défaillance est exceptionnelle ou facile à corriger. Cet avertissement est exclu des règles du code des relations entre le public et l'administration, mais il produit des effets réels : il conditionne une fermeture future en cas de nouvelle infraction.

La cour administrative d'appel de Paris en a déduit qu'il constitue une décision faisant grief, susceptible d'un recours pour excès de pouvoir. Elle a annulé un avertissement visant une discothèque, faute de preuve que les rixes constatées aux abords étaient imputables à une alcoolisation des clients au sein de l'établissement (CAA Paris, 4e ch., 17 mars 2021, n° 19PA03099). En 2025, saisie d'un avertissement du préfet de police adressé à un restaurant parisien accusé de servir de l'alcool sans repas, elle l'a de nouveau jugé attaquable, a annulé l'ordonnance d'irrecevabilité et renvoyé l'affaire au tribunal administratif, sans se prononcer sur sa légalité (CAA Paris, 6e ch., 2 juillet 2025, n° 25PA00435). Contester l'avertissement dans les deux mois évite qu'il serve plus tard de base incontestée à une fermeture.

Des troubles survenus devant l'établissement justifient-ils une fermeture ?

Ils le peuvent, à condition d'être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation, comme l'exige l'article L. 3332-15 du code de la santé publique pour les fermetures liées à l'ordre public ou à une infraction. Le juge apprécie ce lien objectivement. Il ne recherche pas une faute du gérant, mais l'origine des désordres dans l'activité de l'établissement.

Le tribunal administratif de Paris a retenu ce lien pour un attroupement d'une quarantaine de clients consommant de l'alcool sur le trottoir d'un bar du 11e arrondissement, et a jugé inutile une mesure acoustique pour caractériser le tapage (TA Paris, 7 janvier 2025, n° 2319667). En revanche, la cour administrative d'appel de Paris a refusé de rattacher à une discothèque des violences commises à ses abords, faute de précision sur la qualité de clients et l'état d'alcoolisation des personnes impliquées (CAA Paris, 4e ch., 17 mars 2021, n° 19PA03099). La défense porte donc sur l'identité des auteurs, l'heure des faits, la présence d'autres établissements et la distance des riverains. Le cabinet confronte chaque rapport de police à ces éléments avant de discuter la mesure.

La fermeture pour travail dissimulé suit-elle les mêmes règles ?

Elle peut reposer sur deux textes. L'article L. 8272-2 du code du travail permet à l'autorité administrative, au vu d'un procès-verbal ou d'un rapport de contrôle constatant du travail illégal, de fermer l'établissement pour trois mois au plus, par décision motivée, si la proportion de salariés concernés le justifie eu égard à la répétition ou à la gravité des faits. La mesure est levée de plein droit en cas de relaxe ou de non-lieu, et sa durée s'impute sur une éventuelle peine complémentaire de fermeture. Le préfet peut aussi se fonder sur le point 3 de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, qui vise les actes délictueux.

La cour administrative d'appel de Paris a jugé illégale une fermeture de quinze jours prononcée pour travail dissimulé, parce que les exploitants avaient régularisé les déclarations et recouru à une société de gardiennage avant l'arrêté, si bien qu'aucun désordre ne restait à prévenir (CAA Paris, 4e ch., 18 octobre 2018, n° 17PA02929). Dans une autre affaire, où une fermeture de six mois reposait aussi sur la vente d'alcool sans la licence requise, le Conseil d'État a refusé la suspension : le moyen tiré de la présomption d'innocence, opposé à la prise en compte d'un salarié non déclaré dont l'emploi était contesté et non constaté par l'autorité judiciaire, ne créait pas de doute sérieux en l'état de l'instruction (CE, 5e ch., 7 février 2018, n° 413845). Une régularisation rapide et documentée peut appuyer la contestation, surtout lorsqu'aucun antécédent ni indice de réitération ne laisse subsister de désordre à prévenir.

Peut-on obtenir réparation après une fermeture illégale ?

Oui, si l'illégalité de l'arrêté a causé un préjudice direct et certain. La cour administrative d'appel de Paris a condamné l'État à indemniser les exploitants d'un bar-restaurant du 11e arrondissement fermé quinze jours par le préfet de police, après avoir jugé la fermeture illégale faute de désordre à prévenir (CAA Paris, 4e ch., 18 octobre 2018, n° 17PA02929). Elle a retenu la perte d'exploitation et les charges fixes justifiées par le compte de résultat, la quittance de loyer et les factures, mais a écarté les postes non établis.

La demande d'indemnité doit d'abord être adressée à l'administration, car la juridiction n'est saisie d'une demande de somme d'argent qu'après une décision prise sur une réclamation préalable (article R. 421-1 du code de justice administrative). Le préjudice se prouve par les comptes de la période de fermeture, les salaires versés sans contrepartie, les engagements commerciaux perdus et l'atteinte à la clientèle. Le cabinet rattache chaque poste à une pièce avant d'engager la demande.

Dans quel délai attaquer l'arrêté de fermeture au fond ?

Le recours en annulation doit être formé devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de l'arrêté (article R. 421-1 du code de justice administrative). Un recours gracieux auprès du préfet de police, ou hiérarchique auprès du ministre, présenté dans ce délai, l'interrompt (article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration). Il ne suspend cependant pas l'exécution de la fermeture, qui continue de s'appliquer pendant son examen.

Lorsque la fermeture est courte, elle est souvent achevée avant que le tribunal ne statue au fond. Le recours garde pourtant un intérêt : il fait constater l'illégalité, il prépare une éventuelle demande indemnitaire et il empêche que la mesure soit invoquée sans discussion comme antécédent lors d'une procédure ultérieure. Le référé-suspension, de son côté, n'est recevable qu'accompagné de ce recours au fond (article L. 521-1 du code de justice administrative). En pratique, les deux requêtes sont souvent déposées le même jour. Le cabinet vérifie la date de notification, la mention des voies et délais de recours portée sur l'arrêté et le juge territorialement compétent avant tout dépôt.

Une fermeture annoncée ou déjà prononcée ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez la lettre d'intention ou l'arrêté, les rapports reçus et vos derniers comptes : le cabinet vérifie la procédure suivie, la durée retenue et la voie de référé adaptée.

Les dernières actualités.