Boutique sans stock, fournisseur étranger, client consommateur : qui répond de quoi

Avocat dropshipping à Paris : répondre du colis, des garanties et du fournisseur.

Le fournisseur expédie, mais le client a acheté sur votre boutique. Colis perdu, produit non conforme, délai non tenu : envers le client, la loi désigne d'abord le vendeur. Un produit dangereux ou contrefaisant relève de régimes distincts, qui visent aussi le fabricant et l'importateur. Le cabinet examine votre exposition envers les clients et les recours réellement disponibles contre le fournisseur.

Un litige client oblige à vérifier séparément deux séries de délais : ceux du consommateur contre vous, et ceux de votre recours contre le fournisseur, dont certains ont pu commencer à courir dès la remise des marchandises, avant toute réclamation. Conservez commandes, suivis de colis, échanges et photographies dès la première réclamation.

Dropshipping · Paris

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Envoyez vos conditions générales, la fiche produit, l'échange avec le fournisseur et la réclamation reçue : le cabinet vérifie votre responsabilité, vos mentions et le recours possible contre la chaîne d'approvisionnement.

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juridique

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Étude préalable de votre dossier. Examen de vos pièces et première analyse écrite de Maître Reda KOHEN, sous 24 à 48 heures ouvrées. Le règlement s'effectue en ligne après l'envoi de ce formulaire.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Dropshipping : le vendeur reste en première ligne

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit du numérique · Paris 17e

Ce que fait un avocat dropshipping à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit du numérique
  • Vente en ligne et consommation

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris : vente en ligne, droit de la consommation et contrats d'approvisionnement.

Le dropshipping est une organisation logistique, pas un régime juridique. Le client contracte avec la boutique qui encaisse le prix ; le fournisseur qui expédie reste, pour lui, un inconnu. Le cabinet part de cette asymétrie pour mesurer ce que vous devez au client et ce que vous pouvez réclamer au fournisseur.

L'article L. 221-15 du code de la consommation fait peser sur le professionnel une responsabilité de plein droit pour les obligations nées du contrat à distance, y compris celles qu'il confie à d'autres prestataires, son recours contre eux étant réservé. Ce texte gouverne les colis perdus, les retards et les défauts de conformité ; le contrat fournisseur détermine ensuite qui supporte la perte.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

Une responsabilité de plein droit

Envers le consommateur, le vendeur à distance ne peut pas renvoyer vers son fournisseur ou son transporteur. Il ne s'en libère qu'en prouvant la faute du client, l'événement imprévisible et insurmontable d'un tiers étranger au contrat ou la force majeure.

Des garanties qui ne remontent pas

La garantie légale de conformité protège le consommateur, pas le dropshipper. Le recours contre le fournisseur obéit au contrat d'achat, souvent international, et à ses propres délais.

Des mentions qui engagent

Délai de livraison, disponibilité, identité du vendeur, fabricant et personne responsable dans l'Union : chaque information affichée sur la boutique peut devenir une preuve contre elle.

Les règles

Colis, garanties, mentions : les règles applicables

Quatre règles fixent la place du dropshipper entre son client et son fournisseur.

  1. Le vendeur à distance répond de plein droit de l'exécution du contrat, même confiée à d'autres (article L. 221-15 du code de la consommation). Le tribunal judiciaire de Tarascon a jugé, pour une livraison endommagée par le transporteur choisi par le vendeur, s'agissant de la société venderesse, que « COLOR PLUS doit être tenue responsable de la mauvaise exécution de son obligation de livraison, quitte à se retourner vers son prestataire pour se faire rembourser » (TJ Tarascon, 9 janvier 2026, n° 25/01253).
  2. Le risque de perte du colis ne passe au consommateur que lorsque lui-même ou un tiers qu'il a désigné prend physiquement possession du bien (article L. 216-2 du code de la consommation), sauf s'il a confié le bien à un transporteur autre que celui proposé par le professionnel (article L. 216-3). Sous l'ancienne numérotation, la première chambre civile a cassé la décision qui avait débouté un acheteur en ligne jamais livré, en rappelant que « tout risque de perte ou d'endommagement des biens est transféré au consommateur au moment où ce dernier ou un tiers désigné par lui, et autre que le transporteur proposé par le professionnel, prend physiquement possession de ces biens » (Cass. 1re civ., 3 février 2021, pourvoi n° 19-21.046).
  3. Le vendeur doit un bien conforme et répond des défauts qui apparaissent dans les deux ans de la délivrance (article L. 217-3 du code de la consommation), présumés antérieurs pendant vingt-quatre mois pour un bien neuf et douze mois pour un bien d'occasion, sauf incompatibilité avec la nature du bien ou du défaut (article L. 217-7). Cette garantie ne profite pas au dropshipper contre son fournisseur : « n'agissant pas lui-même en qualité de consommateur à l'égard de son propre auteur, le vendeur ne bénéficie pas d'une telle garantie et ne peut donc en transmettre les droits » (Cass. 1re civ., 6 juin 2018, pourvoi n° 17-10.553).
  4. Les informations précontractuelles portent notamment sur l'identité du vendeur, le délai de livraison et les garanties légales (article L. 221-5 du code de la consommation, version en vigueur depuis le 19 juin 2026). Une indication fausse sur la disponibilité ou l'origine du produit constitue une pratique commerciale trompeuse (article L. 121-2), punie de peines aggravées lorsqu'elle est commise en ligne (article L. 132-2).

La logistique déléguée ne déplace pas la responsabilité : elle crée seulement un second rapport juridique, avec le fournisseur, qu'il faut avoir écrit avant le premier litige.

Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre position

Les pièces utiles diffèrent selon que vous défendez la boutique ou que vous préparez le recours contre le fournisseur.

Position A

Un client vous réclame

  • Commande, facture, conditions générales acceptées et fiche produit telle qu'affichée ce jour-là
  • Numéro de suivi, preuve de dépôt et historique de transport du colis
  • Réclamation du client, photographies reçues et réponses déjà envoyées
  • Mise en demeure, saisine d'un médiateur, opposition bancaire ou assignation

Position B

Vous agissez contre le fournisseur

  • Contrat d'approvisionnement, conditions générales du fournisseur ou de la plateforme d'achat
  • Bons de commande, factures d'achat et preuves de paiement
  • Messages signalant le défaut, avec leur date d'envoi
  • Décision ou accord intervenu avec le client final et montants remboursés

Datez par écrit la première dénonciation du défaut au fournisseur : en vente internationale, ce message peut décider seul du sort du recours.

Le cabinet traite aussi :

  • Vente en ligne
  • Conditions générales de vente
  • Contrats informatiques
  • Données personnelles

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Mesurer l'exposition envers le client, puis organiser le report de la perte sur la chaîne d'approvisionnement.

Étape 1

Lecture de la boutique et du contrat

Le cabinet relit les conditions générales, les fiches produits, les mentions affichées et le contrat fournisseur, pour repérer ce qui engage déjà la boutique.

Étape 2

Qualification du litige client

Non-livraison, retard, défaut de conformité, rétractation ou produit dangereux : chaque situation a son texte, son délai et ses causes d'exonération.

Étape 3

Réponse au client ou à l'administration

Le cabinet prépare la réponse au consommateur, au médiateur ou à l'enquêteur, en distinguant ce qui doit être accordé de ce qui peut être contesté.

Étape 4

Recours contre le fournisseur

Il vérifie la loi applicable, le juge compétent, les délais de dénonciation et la preuve du défaut, avant d'engager une réclamation ou une action récursoire.

Un litige isolé révèle souvent une clause manquante. La correction des conditions générales et du contrat fournisseur fait partie de la réponse.

Le calendrier

La chronologie d'un litige de dropshipping

De la commande du client au recours contre le fournisseur.

  1. Commande

    Jour de l'achat. Les informations affichées ce jour-là, délai, disponibilité, garanties, fixent l'engagement. Conservez une capture datée de la fiche produit.

  2. Expédition par le fournisseur

    Le risque reste sur la boutique tant que le client ou le tiers qu'il a désigné n'a pas pris possession du bien, sauf transporteur choisi par le client lui-même. Récupérez le numéro de suivi et la preuve de dépôt.

  3. Réclamation

    Le client a la faculté de suspendre son paiement, d'exiger la livraison dans un délai supplémentaire raisonnable, puis de mettre fin au contrat et d'être remboursé dans les quatorze jours.

  4. Rétractation

    Quatorze jours à compter de la réception, lorsque le droit existe. La boutique rend les sommes payées, livraison standard comprise, au plus tard quatorze jours après avoir été informée ; elle peut attendre la récupération du bien ou la preuve de son expédition.

  5. Dénonciation au fournisseur

    Signalez le défaut sans attendre et par écrit : la convention de Vienne enferme cette dénonciation dans un délai.

  6. Recours ou accord

    Action récursoire, réclamation contractuelle ou transaction : le choix dépend de la loi applicable, du juge compétent et des preuves réunies.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune réponse au client ni réclamation au fournisseur ne doit partir sans ces vérifications.

  • Qualité des parties : client consommateur ou professionnel, boutique vendeuse, fournisseur, transporteur et éventuelle plateforme.
  • Moment de la prise de possession : preuve de remise au client ou à un tiers désigné par lui, et non au seul transporteur.
  • Informations affichées : délai annoncé, stock, origine, fabricant, personne responsable dans l'Union et garanties.
  • Clauses des conditions générales : limitation de responsabilité, frais de retour, délai de rétractation, fonctionnalité de rétractation en ligne et médiation.
  • Contrat fournisseur : loi applicable, juridiction, délai de dénonciation des défauts, garanties consenties et preuve des échanges.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les configurations fréquentes du dropshipping fixent la première priorité du dossier.

Situation

Colis jamais arrivé

Preuve décisive : Suivi de transport, preuve de remise au client, échanges avec le transporteur et le fournisseur.

Délai : Le client peut mettre en demeure puis résoudre le contrat ; le remboursement suit dans les quatorze jours.

Action utile : Rembourser ou relivrer si la remise n'est pas prouvée, puis réclamer au fournisseur ou au transporteur.

Situation

Produit non conforme à la fiche

Preuve décisive : Fiche produit datée, photographies du client, description transmise par le fournisseur.

Délai : Garantie de deux ans pour le client ; dénonciation rapide et écrite au fournisseur.

Action utile : Mise en conformité, réduction du prix ou résolution, puis recours selon le contrat d'achat.

Situation

Produit dangereux ou accident

Preuve décisive : Identité du fabricant, de l'importateur et de la personne responsable, notices et étiquetage.

Délai : Trois mois pour désigner son fournisseur ou le producteur après la demande de la victime.

Action utile : Désigner la chaîne d'approvisionnement, informer le fabricant, retirer l'offre si nécessaire.

Situation

Contrôle ou plainte pour pratique trompeuse

Preuve décisive : Captures de la boutique, publicités, messages d'influenceurs, preuves de stock et de délais réels.

Délai : Répondre dans le délai fixé par l'enquêteur, sans corriger la boutique avant d'avoir conservé l'état initial.

Action utile : Corriger les mentions litigieuses et préparer des observations écrites documentées.

Questions fréquentes

Vos questions : dropshipping

Le dropshipping est-il légal en France ?

Oui. Aucun texte n'interdit de vendre un produit qu'un fournisseur expédie directement au client. Le dropshipping n'est pas un statut : c'est une manière d'organiser la logistique, et le droit commun de la vente à distance s'applique entièrement à la boutique. Le vendeur doit donc délivrer les informations précontractuelles de l'article L. 221-5 du code de la consommation, respecter le délai annoncé et répondre de la conformité du bien. Les difficultés viennent rarement du modèle lui-même ; elles naissent de la manière de le présenter. La cour d'appel de Versailles a ainsi retenu, dans un arrêt avant dire droit rendu par défaut, que « La dissimulation du recours au drop shipping par la société Fittrack France, qui se présente comme le créateur de ses produits, caractérise un acte de concurrence déloyale » (CA Versailles, ch. com. 3-1, 22 janvier 2025, n° 22/05851). Le même arrêt avait relevé des références mensongères à la presse et une garantie présentée de façon trompeuse. La légalité du dropshipping suppose donc une présentation exacte du rôle de la boutique, des délais réels et de l'origine des produits. Le cabinet examine ces points avant qu'un concurrent, un client ou l'administration ne les relève.

Qui est responsable quand le fournisseur n'expédie pas ou expédie mal ?

Envers le client consommateur, c'est la boutique. L'article L. 221-15 du code de la consommation place sur le vendeur une responsabilité de plein droit pour toutes les obligations nées de la vente à distance, qu'il les accomplisse lui-même ou les confie à des prestataires, son recours contre eux restant ouvert. Pour s'en libérer, il doit établir une faute de l'acheteur, un événement imprévisible et insurmontable dû à une personne étrangère au contrat, ou un cas de force majeure. Le fournisseur et le transporteur choisis par la boutique ne sont pas des tiers imprévisibles : ce sont ses prestataires. Le tribunal judiciaire de Tarascon a jugé, après une livraison détériorée, s'agissant de la société venderesse, que « COLOR PLUS doit être tenue responsable de la mauvaise exécution de son obligation de livraison, quitte à se retourner vers son prestataire pour se faire rembourser » (TJ Tarascon, 9 janvier 2026, n° 25/01253). Il s'agit d'un jugement de première instance, mais il applique la lettre du texte. La réponse au client se prépare donc sans attendre le fournisseur, tandis que le recours contre ce dernier se documente en parallèle, pièce par pièce.

Le colis n'est jamais arrivé : faut-il rembourser le client ?

Le plus souvent, oui, au terme d'une procédure précise. Tant que la remise n'est pas prouvée, le risque reste sur la boutique : selon l'article L. 216-2 du code de la consommation, le risque de perte ne passe à l'acheteur qu'à la prise de possession physique du bien, par lui ou par la personne qu'il a désignée. Sous l'ancienne numérotation, la première chambre civile a cassé la décision qui avait renvoyé l'acheteur vers La Poste (Cass. 1re civ., 3 février 2021, pourvoi n° 19-21.046). Le tribunal judiciaire de Lille a de même condamné un vendeur en ligne à rembourser le prix d'un téléphone, après avoir constaté que « le bien ne lui a jamais été livré, le colis ayant été ouvert et vidé avant son arrivée en point relais » (TJ Lille, ch. 10, 25 novembre 2025, n° 24/13631). L'acheteur a la faculté de suspendre son paiement, puis de résoudre le contrat lorsqu'une mise en demeure accordant au vendeur un délai supplémentaire raisonnable reste sans effet, ou immédiatement si le vendeur refuse de livrer, s'il est manifeste qu'il ne livrera pas ou si la date était une condition essentielle (article L. 216-6). La somme payée est alors restituée au plus tard quatorze jours après la résolution (article L. 216-7). La preuve de dépôt chez le transporteur proposé par la boutique ne suffit pas ; compte la remise au client ou au tiers qu'il a désigné, sauf s'il a lui-même choisi un autre transporteur (article L. 216-3).

Que faire quand le délai de livraison annoncé n'est pas tenu ?

Le délai affiché engage la boutique. L'article L. 216-1 du code de la consommation impose de délivrer le bien à la date ou dans le délai indiqué au consommateur, et l'article L. 111-1 fait de ce délai une information obligatoire avant la commande. En dropshipping, le délai réel dépend souvent d'un fournisseur lointain : annoncer quelques jours quand l'acheminement en demande plusieurs semaines expose à deux risques. Le premier est contractuel, avec suspension du paiement ou résolution ; le second tient à la pratique commerciale trompeuse de l'article L. 121-2, qui vise les indications fausses sur la disponibilité du bien. Le tribunal judiciaire de Nantes a alloué des dommages et intérêts à un acheteur après avoir relevé qu'un site affichait des panneaux en stock tandis que le vendeur invoquait au même moment un retard d'approvisionnement (TJ Nantes, 29 août 2025, n° 25/00519). La correction consiste à afficher le délai effectivement constaté avec le fournisseur, produit par produit, et à prévenir le client dès qu'un retard apparaît.

Le dropshipper doit-il la garantie légale de conformité ?

Oui, intégralement. Le vendeur professionnel délivre un bien conforme et répond des défauts qui apparaissent dans les deux ans de la délivrance (article L. 217-3 du code de la consommation). Un défaut révélé dans les vingt-quatre mois, ou douze mois pour un bien d'occasion, est réputé antérieur à la délivrance, sauf preuve contraire ou incompatibilité avec la nature du bien ou du défaut (article L. 217-7). Le client choisit d'abord entre réparation et remplacement (article L. 217-9), le vendeur pouvant s'écarter de ce choix, par un refus motivé, si la solution est impossible ou d'un coût disproportionné (article L. 217-12) ; il peut obtenir une réduction du prix ou la résolution si la mise en conformité est refusée, échoue ou dépasse trente jours, et sans réparation préalable lorsque le défaut est d'une particulière gravité ; la résolution est exclue si le vendeur démontre que le défaut est mineur (article L. 217-14). La conformité s'apprécie aussi au regard de ce que la boutique a présenté, échantillon, photographies ou description (article L. 217-5). Pour un dropshipper, cela signifie qu'une fiche produit reprise du fournisseur sans vérification devient la mesure de sa propre obligation. Un produit qui ne correspond pas aux photographies affichées est non conforme, quelle que soit la responsabilité du fabricant. Le cabinet relit donc les fiches produits avec la même attention que les conditions générales.

Peut-on transmettre au fournisseur la garantie due au client ?

Non, et c'est une décision défavorable au dropshipper qu'il faut connaître. La Cour de cassation juge que la garantie légale de conformité est due par le vendeur professionnel à l'acheteur consommateur, et qu'elle ne remonte pas la chaîne : « n'agissant pas lui-même en qualité de consommateur à l'égard de son propre auteur, le vendeur ne bénéficie pas d'une telle garantie et ne peut donc en transmettre les droits » (Cass. 1re civ., 6 juin 2018, pourvoi n° 17-10.553). L'arrêt en déduit l'absence d'action directe du consommateur contre le fournisseur sur ce fondement, et casse le jugement qui l'avait admise. Concrètement, la boutique supporte seule la garantie envers son client, puis doit se retourner contre son fournisseur sur un autre terrain : le contrat d'achat, la garantie des vices cachés de l'article 1641 du code civil, à exercer dans les deux ans de la découverte du vice (article 1648), ou, en vente internationale, la convention de Vienne. Le contrat fournisseur doit donc prévoir lui-même les garanties, leur durée et la prise en charge des retours.

Le dropshipper peut-il se retourner contre un fournisseur établi hors de France ?

Oui, mais dans les limites de la loi qui gouverne le contrat d'achat. La chambre commerciale admet le recours du vendeur final condamné envers son client contre un vendeur antérieur de la chaîne : dans une affaire de carrelage, elle approuve la cour d'appel qui « en a exactement déduit que l'action récursoire de la société Bois et matériaux, vendeur final, contre la société CMC, son fournisseur, était recevable » (Cass. com., 3 février 2021, n° 19-13.260), la cour d'appel ayant fondé ce recours sur le code italien de la consommation, pris pour l'application de la directive de 1999. Le même arrêt casse pourtant la condamnation du fournisseur, et c'est la partie défavorable : la convention de Vienne s'appliquait au recours, et « l'acheteur est déchu du droit de se prévaloir d'un défaut de conformité s'il ne le dénonce pas au plus tard dans le délai de deux ans à compter de la date à laquelle les marchandises lui ont été effectivement remises » (même arrêt). La Cour a précisé ensuite que « ce délai de deux ans est un délai de dénonciation du défaut de conformité et non un délai pour agir » (Cass. com., 26 octobre 2022, n° 20-22.528). Le dropshipper doit donc dénoncer chaque défaut au fournisseur par écrit et rapidement, sans attendre l'issue du litige avec son client.

La clause de juridiction du fournisseur s'impose-t-elle au revendeur ?

Souvent, oui, et elle peut écarter le juge français. Dans un litige entre un distributeur français et son fournisseur, la première chambre civile a appliqué la clause attributive de juridiction stipulée dans le contrat de distribution, y compris à une action fondée sur des pratiques anticoncurrentielles, au motif que ces pratiques n'étaient pas étrangères au rapport contractuel ; elle a conclu que « la Cour de cassation est en mesure de mettre fin au litige en constatant l'incompétence des juridictions françaises » (Cass. 1re civ., 30 janvier 2019, n° 16-25.259). L'arrêt statue au regard de l'ancien règlement (CE) n° 44/2001. Aujourd'hui, une clause désignant le juge d'un État membre relève de l'article 25 du règlement (UE) n° 1215/2012, quel que soit le domicile des parties ; le régime dépend donc d'abord du juge désigné et de la date de l'action. Il montre néanmoins le poids d'une clause acceptée sans lecture. Avant de passer commande en volume, le dropshipper vérifie la loi applicable et le juge désigné dans les conditions du fournisseur ou de la plateforme d'achat, puis négocie, quand il le peut, un for et une loi qui rendent son recours réaliste.

Les conditions générales peuvent-elles limiter la responsabilité de la boutique ?

Pas envers un consommateur. L'article R. 212-1 du code de la consommation, 6°, présume abusive de manière irréfragable la clause qui supprime ou réduit le droit à réparation du consommateur en cas de manquement du professionnel. La première chambre civile a cassé le jugement qui avait fait jouer une telle clause, en rappelant que « la clause ayant pour objet de supprimer ou de réduire le droit à réparation du préjudice subi par le consommateur en cas de manquement du professionnel à l'une des ses obligations est présumée abusive de manière irréfragable » (Cass. 1re civ., 11 décembre 2019, n° 18-21.164). Une clause abusive est réputée non écrite (article L. 241-1). Les formules fréquentes en dropshipping, absence de responsabilité pour les retards du transporteur, renvoi du client vers le fabricant, délais de livraison purement indicatifs, sont donc inefficaces et peuvent alimenter un contrôle. Les conditions générales utiles décrivent plutôt le fonctionnement réel : délai effectif, procédure de réclamation, adresse de retour, garanties légales et médiateur de la consommation.

Qui paie le retour quand le client se rétracte ?

Lorsque le droit de rétractation existe, le consommateur dispose de quatorze jours à compter de la réception du bien pour l'exercer sans motif (article L. 221-18 du code de la consommation) ; il est exclu notamment pour les biens personnalisés, périssables ou descellés et non renvoyables pour des raisons d'hygiène (article L. 221-28). Seuls les frais directs du renvoi peuvent lui être laissés, à condition qu'il en ait été averti ; sinon, ils pèsent sur la boutique (article L. 221-23). Les sommes payées, livraison standard comprise, lui sont rendues au plus tard quatorze jours après que la boutique a été informée de sa décision, sans le supplément d'une livraison plus coûteuse qu'il aurait choisie ; pour un bien, la boutique peut attendre de l'avoir récupéré ou d'avoir reçu la justification de son renvoi (article L. 221-24). En dropshipping, l'adresse de retour pose une difficulté pratique : si le client n'a pas été informé avant la commande que les frais de renvoi restent à sa charge, ces frais pèsent sur la boutique, même vers un entrepôt lointain. L'adresse elle-même doit être vérifiée à part. Depuis le 19 juin 2026, l'article L. 221-5 vise aussi, le cas échéant, l'existence et l'emplacement de la fonctionnalité de rétractation, que l'article L. 221-21 impose de mettre gratuitement à disposition pour les contrats conclus au moyen d'une interface en ligne. Le cabinet vérifie que la page de commande, les conditions générales et le formulaire de rétractation disent la même chose.

Qui répond d'un produit importé dangereux vendu sans stock ?

La responsabilité du fait des produits défectueux pèse d'abord sur le producteur, auquel l'article 1245-5 du code civil assimile celui qui importe le produit dans l'Union en vue de sa distribution. Lorsque le producteur ne peut être identifié, le vendeur professionnel répond du défaut, sauf à désigner son propre fournisseur ou le producteur dans les trois mois de la demande de la victime (article 1245-6). Cette subsidiarité joue aussi contre la victime : le tribunal judiciaire de Dax a rouvert les débats en jugeant que « la responsabilité du fait du produit défectueux pèse à titre principal sur le seul producteur, c'est à dire le fabricant du produit », la victime devant établir qu'elle n'avait pas pu identifier ce producteur (TJ Dax, 1re ch., 7 mai 2026, n° 25/01425). Depuis le 13 décembre 2024, le règlement (UE) 2023/988 relatif à la sécurité générale des produits exige, pour les produits qu'il couvre et sous réserve des règles sectorielles et transitoires, un opérateur économique responsable établi dans l'Union (article 16) ; il impose aux vendeurs en ligne d'afficher le fabricant, la personne responsable lorsque le fabricant est établi hors de l'Union, et les avertissements de sécurité (article 19). Une boutique incapable de nommer cette chaîne s'expose au premier rang.

Quelles mentions la boutique doit-elle afficher ?

Avant la commande, le client doit connaître l'identité du vendeur, ses coordonnées postales, téléphoniques et électroniques, les caractéristiques essentielles du produit, le prix, le délai de livraison, les garanties légales, les modalités de rétractation et la possibilité de recourir à un médiateur (article L. 221-5 du code de la consommation et article L. 111-1). Le dropshipping ajoute des mentions propres au produit : depuis le règlement (UE) 2023/988 relatif à la sécurité générale des produits, l'offre en ligne indique le fabricant, la personne responsable dans l'Union lorsque le fabricant est établi hors de l'Union, les informations d'identification du produit et les avertissements de sécurité (article 19). Les informations d'identification du vendeur en ligne prévues par l'article 19 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique doivent aussi figurer ; ce texte fait l'objet d'une abrogation programmée au 1er janvier 2027 sur Légifrance, et la rédaction applicable à cette date sera vérifiée. Une mention exacte coûte peu ; une mention fausse sur l'origine, la disponibilité ou le fabricant tombe sous l'article L. 121-2.

Le cabinet peut-il auditer une boutique déjà en ligne ?

Oui. Le cabinet peut intervenir sur une boutique déjà ouverte, avant ou après une première réclamation. L'examen porte sur quatre ensembles : les conditions générales, la page de commande et la fonctionnalité de rétractation en ligne, au regard de l'article L. 221-5 du code de la consommation et des clauses présumées abusives ; les fiches produits, qui fixent la conformité attendue ; les mentions de sécurité et d'identification du fabricant ; enfin le contrat ou les conditions du fournisseur, loi applicable, juridiction, garanties et délais de dénonciation. L'audit distingue ce qui doit être corrigé immédiatement de ce qui relève d'une amélioration. Il signale aussi les présentations qui pourraient être lues comme une dissimulation du modèle, à la lumière de l'arrêt de la cour d'appel de Versailles rendu avant dire droit (CA Versailles, ch. com. 3-1, 22 janvier 2025, n° 22/05851). Une étude préalable à 80 € permet de faire ce premier point sur les pièces transmises, puis de décider s'il faut reprendre les documents ou préparer un litige en cours. Le cabinet ne promet aucun résultat : il vérifie les textes, les décisions et les preuves disponibles.

Une réclamation client ou un fournisseur défaillant ? Faites le point aujourd'hui.

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