Artistes, auteurs-compositeurs et labels : contrats, édition, droits voisins
Avocat droit de la musique à Paris : contrat d'artiste, édition et droits voisins face au label.
Contrat d'artiste, contrat de licence, édition musicale, redevances de streaming et rémunération équitable : un avocat musique lit d'abord ce que le contrat cède, puis ce que le label ou l'éditeur doit en retour. Le cabinet examine les engagements de chaque partie avant la signature comme en cas de rupture.
Une résiliation se prépare : mise en demeure préalable, relevés de redevances, constat d'exploitation sur les plateformes et accord des coauteurs ou co-interprètes. Conservez contrats, avenants, relevés et échanges avant d'écrire au label.
Droit de la musique · Paris
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Envoyez le contrat d'artiste ou d'édition, ses avenants, les relevés de redevances et les échanges avec le label : le cabinet examine les droits cédés, les sommes dues et les voies de sortie.
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juridique
Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Droit de la musique : ce que le contrat cède et ce qu'il doit
Propriété intellectuelle · Paris 17e
Ce que fait un avocat droit de la musique à Paris
- Barreau de Paris
- Propriété intellectuelle
- Contrats de la musique
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris : contrats d'artiste, édition musicale et droits voisins des artistes-interprètes.
La relation entre un artiste et son label repose sur plusieurs textes à la fois. Le code de la propriété intellectuelle encadre la cession des droits voisins et des droits d'auteur, le code du travail régit la séance d'enregistrement, et le code civil gouverne l'inexécution et la résolution du contrat.
Le cabinet peut intervenir pour l'artiste-interprète, l'auteur-compositeur ou le producteur indépendant. Il examine la rédaction des contrats, la conformité des relevés aux exigences de l'article L. 212-15 du code de la propriété intellectuelle, et la solidité d'une résiliation avant qu'elle soit notifiée.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Le contrat d'artiste
Séance payée en salaire, redevances proportionnelles, albums fermes et optionnels, exclusivité et clause de préférence : chaque stipulation se lit au regard du code du travail et du code de la propriété intellectuelle.
L'édition musicale
L'éditeur doit une exploitation permanente et suivie et une reddition des comptes, avec un état au moins annuel à défaut d'autres modalités au contrat ; le pacte de préférence se décompte en œuvres, non en albums.
Les droits voisins
Autorisation écrite de chaque fixation, rémunération distincte par mode d'exploitation, rémunération équitable et droit moral de l'interprète protègent l'artiste au-delà du contrat.
Les règles
Artiste, label, éditeur : les règles applicables
Cinq règles structurent la relation entre un artiste, son producteur de phonogrammes et son éditeur.
- La fixation, la reproduction et la communication au public de la prestation exigent l'autorisation écrite de l'artiste-interprète (article L. 212-3 du code de la propriété intellectuelle). La Cour de cassation juge que « la fixation est constituée par la première incorporation de la prestation de l'artiste dans un support » (Cass. 1re civ., 12 septembre 2018, n° 17-19.490).
- Chaque droit cédé au producteur fait l'objet d'une mention distincte et d'un domaine délimité (article L. 212-11 du code de la propriété intellectuelle), et chaque mode d'exploitation, physique ou électronique, d'une rémunération distincte (article L. 212-13 du code de la propriété intellectuelle). Le producteur rend compte semestriellement lorsque la rémunération dépend des recettes (article L. 212-15 du code de la propriété intellectuelle).
- La redevance due pour l'exploitation de l'enregistrement n'est pas un salaire lorsque la présence de l'artiste n'est plus requise et qu'elle dépend du produit des ventes (article L. 7121-8 du code du travail). La Cour de cassation a approuvé une cour d'appel qui avait jugé que « les sommes litigieuses ne présentaient pas le caractère de salaire » (Cass. 2e civ., 6 juillet 2017, n° 16-20.276).
- L'éditeur doit une exploitation permanente et suivie (article L. 132-12 du code de la propriété intellectuelle) et une reddition des comptes (article L. 132-13 du code de la propriété intellectuelle). Le pacte de préférence est limité, pour chaque genre, à cinq ouvrages nouveaux ou à la production réalisée pendant cinq ans (article L. 132-4 du code de la propriété intellectuelle), et « Il en résulte qu'en matière d'édition musicale, un ouvrage au sens de l'article L. 132-4 du code de la propriété intellectuelle » désigne une œuvre musicale, non un album (Cass. 1re civ., 13 mai 2026, n° 24-15.857).
- Pour un contrat conclu depuis le 1er octobre 2016, la résolution unilatérale suppose, sauf urgence, une mise en demeure préalable puis une notification motivée (article 1226 du code civil) ; un contrat plus ancien reste soumis à la loi antérieure (article 9 de l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016). Dans un arrêt défavorable à l'artiste, la cour d'appel de Paris a jugé, eu égard à l'ancienneté des albums et à l'absence de réclamation antérieure, que le défaut de paiement des exploitations numériques « n'est pas d'une gravité suffisante pour justifier la résiliation du contrat » (CA Paris, pôle 5 ch. 1, 11 mars 2026, n° 24/10758).
Un label n'achète pas l'artiste : il acquiert des droits désignés, pour des usages, des territoires et une durée définis. Ce qui n'est pas cédé par écrit reste à l'artiste ou à l'auteur.
Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre position
Le contrat, ses avenants et les relevés de redevances permettent de mesurer ce qui a été cédé et ce qui reste dû.
Position A
Vous êtes artiste ou auteur-compositeur
- Contrat d'artiste, de licence ou d'édition signé, avec ses avenants et options levées
- Relevés de redevances, décomptes d'avances et bulletins de salaire des séances
- Captures des plateformes, procès-verbal de constat et liens d'exploitation
- Échanges avec le label, l'éditeur, le manager et les coauteurs ou co-interprètes
Position B
Vous êtes producteur ou label indépendant
- Contrats conclus avec les artistes et, le cas échéant, avec le distributeur
- Autorisations écrites de fixation et feuilles de présence des sessions
- Relevés semestriels transmis et données de vente ou d'écoute reçues
- Mise en demeure, notification de résiliation ou assignation reçue
Ne notifiez pas une résiliation et ne retirez pas un titre des plateformes avant d'avoir réuni la preuve de l'exploitation et des manquements : une rupture mal fondée peut se retourner contre son auteur.
Le cabinet traite aussi :
- Droit d'auteur
- Édition musicale
- Droits voisins
- Contrat de travail de l'artiste
La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Lire le contrat, établir les comptes, choisir la sortie ou la négociation.
Étape 1
Lecture du contrat et des avenants
Le cabinet identifie les droits cédés, leur durée, les territoires, les modes d'exploitation, les albums fermes et optionnels, et la clause de préférence éventuelle.
Étape 2
Contrôle des comptes
Les relevés sont rapprochés des taux contractuels, des abattements, des avances et des données d'exploitation ; les relevés manquants sont réclamés par écrit.
Étape 3
Choix du fondement
Résolution pour inexécution, résiliation pour défaut d'exploitation, demande de rémunération supplémentaire ou indemnisation d'une rupture : le fondement suit les preuves réunies.
Étape 4
Négociation, médiation ou action
Le cabinet prépare une renégociation, une saisine du médiateur de la musique prévue par l'article L. 214-6 du code de la propriété intellectuelle, ou une action devant la juridiction compétente.
Une demande chiffrée, appuyée sur des relevés et un constat d'exploitation, ouvre une négociation plus utile qu'un reproche général adressé au label.
Le calendrier
La chronologie d'un différend avec un label
De la signature du contrat d'artiste à la résiliation ou au jugement.
Avant la signature
Dès réception du projet. Relecture des droits cédés, des taux par mode d'exploitation, des albums fermes, de l'exclusivité et des clauses de préférence.
Premières sessions
Avant la première captation. Autorisation écrite de fixation, contrats de travail des séances et calendrier d'enregistrement établi avec le producteur.
Exploitation
Chaque semestre. Réception et contrôle des relevés ; conservation des preuves d'exploitation sur les plateformes et des données d'écoute.
Réclamation
Dès le premier relevé manquant. Demande écrite de relevés et de justificatifs, désignation éventuelle d'un expert-comptable, mise en demeure assortie d'un délai.
Résolution ou médiation
Si l'inexécution persiste. Notification motivée après mise en demeure, sauf urgence, ou saisine du médiateur de la musique pour une conciliation.
Action en justice
Selon le fondement de l'action. Résolution judiciaire, paiement des redevances et dommages-intérêts : les actions civiles se prescrivent par cinq ans à compter du jour où l'artiste a connu ou aurait dû connaître les faits (article 2224 du code civil) ; la contestation de la rupture d'un contrat de travail se prescrit en principe par douze mois à compter de sa notification (article L. 1471-1 du code du travail).
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucune réclamation ne doit reposer sur une impression de sous-paiement.
- Qualification du contrat : contrat d'artiste salarié, contrat de licence, contrat de production ou contrat d'édition.
- Droits cédés : mention distincte, étendue, destination, lieu et durée de chaque droit, et modes d'exploitation couverts.
- Rémunération : taux par mode d'exploitation, assiette, abattements, avances récupérables et rémunération minimale du streaming.
- Preuve : relevés reçus, constat d'exploitation, données des plateformes, échanges et date de la première réclamation.
- Parties : coauteurs, co-interprètes, société venant aux droits du label initial et organisme de gestion collective concerné.
Synthèse
Situation, preuve, réponse
Les configurations fréquentes permettent de fixer la première priorité du dossier.
Situation
Projet de contrat d'artiste à signer
Preuve décisive : Projet complet, annexes, conditions d'avance et plan de sortie annoncé.
Délai : Avant toute signature et toute entrée en studio.
Action utile : Relecture clause par clause et propositions de modification des droits cédés et des taux.
Situation
Redevances non versées depuis plusieurs semestres
Preuve décisive : Contrat, derniers relevés reçus, captures des plateformes et relances écrites.
Délai : Cinq ans à compter du jour où chaque manquement a été connu ou aurait dû l'être.
Action utile : Demande de relevés, contrôle par expert-comptable, puis mise en demeure chiffrée.
Situation
Album retiré ou jamais exploité
Preuve décisive : Constat d'absence sur les plateformes, échanges avec le label, calendrier de sortie promis.
Délai : Selon le fondement : droit commun, absence d'exploitation ou délai de cinquante ans.
Action utile : Notification au producteur et résiliation fondée sur le texte adapté.
Situation
Label qui rompt le contrat avant les albums prévus
Preuve décisive : Contrat, courrier de rupture, ventes antérieures et engagements de promotion.
Délai : En principe douze mois à compter de la notification de la rupture du contrat de travail.
Action utile : Demande d'indemnisation incluant la perte de chance sur les albums non produits.
Situation
Éditeur inactif sur le catalogue
Preuve décisive : Contrat d'édition, états annuels, absence de placement ou de synchronisation.
Délai : Manquements des cinq années précédant l'assignation.
Action utile : Mise en demeure puis résolution du contrat d'édition.
Situation
Pacte de préférence jugé trop long
Preuve décisive : Pacte signé, liste des œuvres remises et réponses de l'éditeur.
Délai : Dès la remise de nouvelles œuvres.
Action utile : Décompte en œuvres et contestation de l'engagement excédant la limite légale.
Questions fréquentes
Vos questions : droit de la musique
Que vérifier dans un contrat d'artiste avant de le signer ?
Le contrat d'artiste confie au label l'enregistrement de vos interprétations et leur exploitation. Il réunit deux relations distinctes. D'une part, la séance d'enregistrement est payée en salaire, puisque l'article L. 7121-3 du code du travail présume salarié l'artiste dont une personne s'assure le concours moyennant rémunération. D'autre part, la cession de vos droits voisins ouvre droit à des redevances calculées sur les recettes. La lecture commence par l'objet : nombre d'albums fermes et optionnels, délai d'entrée en studio, date de commercialisation promise et durée d'exclusivité. Elle se poursuit par la liste des droits cédés, car l'article L. 212-11 du code de la propriété intellectuelle exige que chacun fasse l'objet d'une mention distincte et que son domaine soit délimité quant à l'étendue, la destination, le lieu et la durée. Il faut ensuite contrôler le taux et l'assiette des redevances, les abattements, la récupération des avances et la périodicité des relevés. Une clause de préférence qui suit l'artiste après son départ d'un groupe ou après le terme mérite une attention particulière. Dans une espèce où un membre quittant un groupe devait accorder au producteur une préférence pendant douze mois, la cour d'appel de Paris, relevant que le producteur ne démontrait pas l'intérêt légitime de cette restriction et qu'aucune contrepartie financière n'était prévue, a jugé au regard de l'article L. 1121-1 du code du travail que « Cette clause est donc nulle et de nul effet » (CA Paris, pôle 6 ch. 3, 24 avril 2024, n° 21/01638). Le cabinet examine le projet clause par clause et signale ce qui peut être négocié avant la signature.
Les redevances d'un artiste-interprète sont-elles un salaire ?
Non, lorsque deux conditions sont réunies. Selon l'article L. 7121-8 du code du travail, la rémunération due à l'artiste pour la vente ou l'exploitation de l'enregistrement n'est pas un salaire dès que sa présence physique n'est plus requise et que la somme dépend du produit de l'exploitation, non du salaire de la séance. La Cour de cassation a approuvé une cour d'appel qui, constatant des redevances proportionnelles aux ventes et une avance conforme aux prévisions, a jugé que « les sommes litigieuses ne présentaient pas le caractère de salaire » (Cass. 2e civ., 6 juillet 2017, n° 16-20.276). Cet arrêt rejette le pourvoi de l'URSSAF, la cour d'appel ayant jugé infondé le redressement de cotisations notifié à un producteur. La distinction a des effets concrets. Les cachets d'enregistrement suivent le régime social et fiscal du salaire, tandis que les redevances relèvent d'un autre traitement. Un contrat qui fixe une redevance forfaitaire, sans lien avec les ventes, s'expose à une requalification. À l'inverse, une avance trop élevée par rapport aux prévisions peut brouiller l'analyse. Le cabinet vérifie la rédaction des clauses de rémunération, la cohérence entre cachets, avances et redevances, et la manière dont les relevés distinguent ces sommes. Ce contrôle prépare aussi toute discussion ultérieure sur des redevances impayées.
Le label doit-il payer séparément le streaming et les ventes physiques ?
Oui. L'article L. 212-13 du code de la propriété intellectuelle impose au contrat conclu entre l'artiste-interprète et le producteur de phonogrammes de fixer une rémunération minimale garantie en contrepartie de l'autorisation de fixation, rémunérée en salaire. Le même texte prévoit que chaque mode d'exploitation prévu au contrat fait l'objet d'une rémunération distincte, et il désigne expressément comme modes distincts la vente sous forme physique et la mise à disposition par voie électronique. Une redevance unique couvrant indistinctement le disque, le téléchargement et l'écoute en ligne ne répond donc pas à cette exigence. Pour la diffusion en flux, l'article L. 212-14 du code de la propriété intellectuelle prévoit en outre une garantie de rémunération minimale, dont les modalités et le niveau sont fixés par accords collectifs ou, à défaut, par une commission présidée par un représentant de l'État. Cette garantie doit rester proportionnelle à la valeur économique des droits, sauf les cas où le forfait est admis. En pratique, le contrat doit montrer, ligne par ligne, quel taux s'applique au physique, au téléchargement, au streaming et aux synchronisations. Le cabinet rapproche ces stipulations des relevés reçus et vérifie que chaque source de revenu y apparaît sous une rubrique propre.
Comment obtenir des relevés de redevances fiables de son label ?
Lorsque le contrat prévoit une rémunération proportionnelle payée directement par le producteur, l'article L. 212-15 du code de la propriété intellectuelle oblige celui-ci à rendre compte semestriellement à l'artiste du calcul de sa rémunération, de façon explicite et transparente. À la demande de l'artiste, le producteur fournit à un expert-comptable mandaté par lui toutes justifications propres à établir l'exactitude des comptes. L'article L. 212-3-1 du code de la propriété intellectuelle ajoute une information au moins annuelle sur l'ensemble des revenus générés, en distinguant chaque mode d'exploitation. La première démarche consiste donc à réclamer par écrit les relevés manquants et les justificatifs, avec un délai précis. Si le label reste silencieux, la désignation d'un expert-comptable permet de contrôler les déclarations des plateformes, les abattements appliqués et la récupération des avances. L'artiste doit établir l'obligation dont il réclame l'exécution et produire les pièces utiles, tandis que le label qui se prétend libéré doit justifier le paiement, selon l'article 1353 du code civil. Dans une affaire jugée en 2026, la cour d'appel de Paris a relevé que, faute de production des pièces jointes reçues du label, « la cour n'est pas en mesure d'apprécier le bien-fondé de ses griefs de non-paiement des royalties dues » (CA Paris, pôle 5 ch. 1, 11 mars 2026, n° 24/10758). Le cabinet rassemble les contrats, relevés et échanges avant toute réclamation, puis chiffre l'écart réclamé.
Peut-on résilier son contrat d'artiste si le label n'exploite plus l'album ?
Plusieurs voies existent, avec des conditions différentes. En droit commun, l'article 1224 du code civil distingue la résolution par application d'une clause résolutoire et celle qui sanctionne une inexécution suffisamment grave, par notification du créancier ou par décision de justice. Le code de la propriété intellectuelle ajoute des mécanismes propres. L'article L. 212-3-3 du code de la propriété intellectuelle ouvre à l'artiste qui a transmis ses droits à titre exclusif un droit de résiliation en l'absence de toute exploitation de son interprétation, selon des modalités fixées par accord collectif ou, à défaut, par décret. L'article L. 212-3-5 du code de la propriété intellectuelle permet, au-delà des cinquante premières années du délai de soixante-dix ans, de notifier au producteur son intention de résilier lorsqu'il n'offre pas à la vente des exemplaires en quantité suffisante ou ne met pas le phonogramme à la disposition du public en ligne ; si, dans les douze mois qui suivent, il ne fait ni l'un ni l'autre, l'artiste peut exercer son droit de résiliation. L'article L. 212-12 du code de la propriété intellectuelle permet enfin au juge d'ordonner toute mesure appropriée en cas d'abus notoire dans le non-usage des droits cédés. Le choix dépend de l'ancienneté du phonogramme, de la nature des manquements et des preuves disponibles. Un procès-verbal de constat sur les plateformes, les relevés reçus et les échanges avec le label constituent le socle du dossier. Le cabinet vérifie quel fondement correspond aux faits avant d'adresser la moindre notification.
Comment notifier la résiliation d'un contrat à un label sans commettre d'erreur ?
Pour un contrat conclu depuis le 1er octobre 2016, la résolution par notification obéit à un ordre strict ; un contrat antérieur reste soumis à la loi ancienne, selon l'article 9 de l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016. L'article 1226 du code civil exige, sauf urgence, une mise en demeure préalable qui laisse au débiteur un délai raisonnable et annonce expressément qu'à défaut d'exécution le contrat sera résolu. Ce n'est qu'après la persistance de l'inexécution que le créancier notifie la résolution et ses raisons. Le débiteur peut alors saisir le juge, et le créancier doit prouver la gravité de l'inexécution. Dans un arrêt défavorable à l'artiste, la cour d'appel de Paris a refusé de constater une résiliation notifiée par un musicien à son label, faute d'une mise en demeure préalable invitant le label, débiteur de l'obligation, à s'exécuter dans un certain délai (CA Paris, pôle 5 ch. 1, 11 mars 2026, n° 24/10758). Le courrier en cause notifiait la résiliation, mettait en demeure et fixait une date d'effet antérieure dans le même envoi. Saisie à titre subsidiaire, la cour a ajouté que le défaut de paiement des exploitations numériques « n'est pas d'une gravité suffisante pour justifier la résiliation du contrat » au regard de l'ancienneté des albums et de l'absence de réclamation antérieure (CA Paris, pôle 5 ch. 1, 11 mars 2026, n° 24/10758). Cette décision montre qu'une résiliation mal construite peut rester sans effet. Le cabinet rédige d'abord la mise en demeure, puis la notification, en conservant la preuve de chaque envoi.
Que faire si le label rompt le contrat avant la sortie des albums prévus ?
Lorsque le contrat d'artiste est un contrat de travail à durée déterminée, sa rupture anticipée à l'initiative de l'employeur, hors faute grave, force majeure ou inaptitude, ouvre droit à des dommages-intérêts au moins égaux aux rémunérations que l'artiste aurait perçues jusqu'au terme, selon l'article L. 1243-4 du code du travail. La Cour de cassation précise que ce montant n'est qu'un minimum. Elle a approuvé une cour d'appel qui avait relevé que « la rupture illicite des contrats à durée déterminée avait empêché la réalisation de deux des albums faisant l'objet des contrats » et indemnisé la perte de chance de percevoir les gains liés à leur exploitation (Cass. soc., 3 juillet 2019, n° 18-12.306). Deux ans plus tard, elle a censuré un arrêt qui limitait l'indemnisation aux seuls salaires, en jugeant que ce texte « ne limite pas le préjudice dont il peut réclamer réparation aux seules rémunérations dont il aurait été privé » (Cass. soc., 15 septembre 2021, n° 19-21.311). L'artiste doit toutefois établir le caractère direct et certain de ce préjudice. Les ventes des albums précédents, l'audience sur les plateformes, les dates de concert et les engagements promotionnels permettent d'en mesurer l'importance. Le cabinet réunit ces éléments, chiffre la perte de chance et vérifie la juridiction compétente avant toute saisine.
Un pacte de préférence peut-il lier un auteur-compositeur à son éditeur pour plusieurs albums ?
Le principe est la nullité de la cession globale des œuvres futures, posé par l'article L. 131-1 du code de la propriété intellectuelle. L'article L. 132-4 du code de la propriété intellectuelle admet une exception encadrée : l'auteur peut accorder à un éditeur un droit de préférence pour ses œuvres futures de genres nettement déterminés, limité pour chaque genre à cinq ouvrages nouveaux ou à la production réalisée dans un délai de cinq ans à compter de la signature du premier contrat. La question est de savoir ce que désigne un ouvrage en musique. La Cour de cassation a tranché en 2026 : « Il en résulte qu'en matière d'édition musicale, un ouvrage au sens de l'article L. 132-4 du code de la propriété intellectuelle » correspond à une œuvre musicale et non à un album regroupant plusieurs titres (Cass. 1re civ., 13 mai 2026, n° 24-15.857). Elle a rejeté le pourvoi des éditeurs qui soutenaient le contraire. Un pacte calculé en albums peut donc dépasser les bornes légales et encourir l'annulation, comme dans cette affaire où l'engagement n'était limité ni dans le temps ni à cinq ouvrages. L'éditeur qui bénéficie de la préférence doit en outre faire connaître sa décision par écrit dans les trois mois de la remise de chaque œuvre, et deux refus successifs rendent sa liberté à l'auteur pour le genre concerné, à charge pour lui de rembourser d'abord les avances reçues sur ses œuvres futures. Le cabinet décompte les titres remis et vérifie si l'engagement reste dans les bornes du texte.
Que peut exiger un compositeur de son éditeur musical ?
Le contrat d'édition, défini par l'article L. 132-1 du code de la propriété intellectuelle, transfère à l'éditeur le droit de fabriquer ou de faire fabriquer des exemplaires de l'œuvre, à charge pour lui d'en assurer la publication et la diffusion. Deux obligations en découlent. Selon l'article L. 132-12 du code de la propriété intellectuelle, l'éditeur doit assurer à l'œuvre une exploitation permanente et suivie et une diffusion commerciale conformes aux usages de la profession. Selon l'article L. 132-13 du code de la propriété intellectuelle, il doit rendre compte, et l'auteur peut exiger au moins une fois l'an un état des exploitations et des redevances. La Cour de cassation juge que, malgré la prescription quinquennale de l'article 2224 du code civil, « des manquements prolongés de l'éditeur à ses obligations au cours des cinq années précédant l'assignation peuvent justifier une résolution de contrat conclu avec l'auteur » (Cass. 1re civ., 5 juin 2024, n° 22-24.462). Elle a cassé l'arrêt qui avait déclaré prescrites les demandes du compositeur sans rechercher si les manquements s'étaient poursuivis pendant la période non prescrite. Cette cassation renvoie l'affaire devant les juges du fond ; elle ne condamne pas l'éditeur. Elle signifie qu'une inaction ancienne n'éteint pas le grief si elle dure encore. Le cabinet reconstitue la chronologie des relevés et des exploitations pour situer les manquements dans le temps.
La rémunération d'un auteur peut-elle être un forfait par exemplaire vendu ?
En principe, non. L'article L. 131-4 du code de la propriété intellectuelle impose que la cession des droits de l'auteur comporte une rémunération appropriée et proportionnelle aux recettes provenant de la vente ou de l'exploitation. Le forfait n'est admis que dans des cas limités, par exemple lorsque la base de calcul ne peut pratiquement être déterminée ou que les moyens de contrôle font défaut. La Cour de cassation a censuré un arrêt qui avait fixé les droits d'auteur éludés à partir d'un montant fixe par tranche de mille exemplaires d'un album vendu, en rappelant que « la rémunération de l'auteur doit être proportionnelle aux recettes provenant de la vente ou de d'exploitation » (Cass. 1re civ., 4 juillet 2019, n° 17-31.424). Un montant fixe par unité, même indexé sur les volumes, ne remplace donc pas un pourcentage des recettes. Cette règle concerne le parolier et le compositeur dans leurs relations avec l'éditeur. Pour l'artiste-interprète, l'article L. 212-3 du code de la propriété intellectuelle prévoit une règle voisine, avec une rémunération appropriée et proportionnelle à la valeur économique réelle ou potentielle des droits cédés. L'article L. 212-3-2 du code de la propriété intellectuelle ajoute, à défaut de mécanisme comparable prévu au contrat ou par un accord collectif ou professionnel applicable, un droit à rémunération supplémentaire lorsque la rémunération prévue se révèle exagérément faible par rapport à l'ensemble des revenus ultérieurement tirés de l'exploitation par le cessionnaire. Le cabinet vérifie l'assiette retenue par le contrat et la conformité de chaque clause de rémunération.
Qui touche la rémunération équitable quand une musique passe en magasin ou à la radio ?
Lorsqu'un phonogramme a été publié à des fins de commerce, l'artiste-interprète et le producteur ne peuvent s'opposer à sa communication directe dans un lieu public, hors spectacle, ni à sa radiodiffusion, selon l'article L. 214-1 du code de la propriété intellectuelle. En contrepartie, l'utilisateur verse une rémunération équitable, que le même texte réserve aux artistes-interprètes et aux producteurs de phonogrammes. Cette rémunération ne dépend pas du contrat d'artiste : c'est un droit à rémunération que le label ne peut s'approprier. L'article L. 212-11 du code de la propriété intellectuelle interdit d'ailleurs qu'une avance consentie par le producteur soit remboursée par une cession des sommes dues au titre de l'article L. 214-1, toute clause contraire étant nulle. La Cour de cassation a jugé qu'une enseigne diffusant dans ses magasins des titres issus d'une plate-forme en ligne en réalisait la communication directe dans un lieu public et devait la rémunération équitable, peu important le procédé technique utilisé (Cass. 1re civ., 11 décembre 2019, n° 18-21.211). Dans cette affaire, l'origine des titres, issus d'une plate-forme proposant des licences libres, n'a pas empêché l'application du régime à l'enseigne. Le cabinet vérifie l'inscription de l'artiste auprès de l'organisme compétent, les clauses de cession de créances du contrat et les déclarations transmises, afin de repérer les sommes qui n'ont pas été réparties.
À partir de quand l'artiste doit-il donner son accord pour un enregistrement ?
Dès la première captation. L'article L. 212-3 du code de la propriété intellectuelle soumet à l'autorisation écrite de l'artiste-interprète la fixation de sa prestation, sa reproduction et sa communication au public. La Cour de cassation précise que « la fixation est constituée par la première incorporation de la prestation de l'artiste dans un support » (Cass. 1re civ., 12 septembre 2018, n° 17-19.490). Elle a cassé, dans une affaire portant sur des sketches enregistrés en public, l'arrêt qui situait la fixation à la date du master final, au terme des opérations de production. Les dates comptent aussi pour la durée des droits. L'article L. 211-4 du code de la propriété intellectuelle fait durer les droits de l'artiste cinquante ans à compter du 1er janvier suivant l'interprétation ; si, pendant cette période, l'interprétation fixée dans un phonogramme est mise à la disposition du public ou communiquée au public, ils expirent soixante-dix ans après le 1er janvier qui suit le premier de ces faits. Pour un artiste, cela signifie qu'une séance de studio, un enregistrement de répétition ou une captation de concert ne peuvent être exploités sans un écrit qui l'autorise. Pour un label, cela impose de recueillir l'autorisation avant de lancer l'enregistrement, et non au moment de la sortie. Le cabinet vérifie que chaque captation exploitée est couverte par une autorisation écrite et que les dates figurant aux contrats correspondent aux sessions réelles.
Un coauteur d'une chanson peut-il agir seul contre une exploitation non autorisée ?
Pas toujours. Une chanson écrite et composée à plusieurs est souvent une œuvre de collaboration, dont les droits appartiennent en commun aux coauteurs. La Cour de cassation juge que « si le coauteur d'une oeuvre de collaboration peut agir seul pour la défense de son droit moral, c'est à la condition que sa contribution puisse être individualisée » (Cass. 1re civ., 21 mars 2018, n° 17-14.728). À défaut, il doit mettre en cause les autres auteurs, à peine d'irrecevabilité. Dans cette affaire, les paroles avaient été écrites à partir de poèmes préexistants, en collaboration étroite avec leurs auteurs, et la contribution du chanteur était indivisible de la leur. La même logique se retrouve pour les interprètes. L'article L. 212-3-6 du code de la propriété intellectuelle prévoit que, lorsqu'un phonogramme contient les prestations de plusieurs artistes-interprètes, ceux-ci exercent d'un commun accord le droit de résiliation de l'article L. 212-3-5, le juge tranchant en cas de désaccord ; le IV de l'article L. 212-3-3 du code de la propriété intellectuelle pose la même règle pour la résiliation faute de toute exploitation. La cour d'appel de Paris a refusé de prononcer la résiliation demandée par un seul des deux interprètes d'un album, notamment parce que l'autre n'avait pas été appelé à l'instance (CA Paris, pôle 5 ch. 1, 11 mars 2026, n° 24/10758). Avant toute action, le cabinet identifie donc tous les auteurs et interprètes concernés, vérifie si les contributions sont séparables et, selon le fondement retenu, organise leur mise en cause ou leur accord.
Le droit moral protège-t-il l'artiste contre un remontage de son titre pour une publicité ?
L'article L. 212-2 du code de la propriété intellectuelle reconnaît à l'artiste-interprète le droit au respect de son nom, de sa qualité et de son interprétation, droit inaliénable et imprescriptible. Ce droit ne disparaît pas par la cession des droits patrimoniaux, et l'article L. 212-10 du code de la propriété intellectuelle précise que la conclusion d'un contrat avec un producteur de phonogrammes n'emporte pas dérogation à ce droit. Sa mise en œuvre dépend cependant de ce que l'artiste a accepté. La Cour de cassation approuve le principe selon lequel « l'exploitation d'une musique de film n'est de nature à porter atteinte au droit moral de l'auteur, y ayant consenti, qu'autant qu'elle risque d'altérer l'oeuvre ou de déconsidérer celui-ci » (Cass. 1re civ., 5 juin 2024, n° 22-24.462). Dans cette espèce, le compositeur avait autorisé la sonorisation de films publicitaires ; les coupes, l'ajout d'un effet de réverbération et d'un bruitage n'ont pas été jugés constitutifs d'une dénaturation, et la cour a écarté de même l'atteinte au droit de l'artiste au respect de son interprétation. L'artiste qui a consenti à une exploitation publicitaire doit donc démontrer une altération ou un contexte dévalorisant, non une simple modification technique. Le cabinet compare la version exploitée à l'enregistrement d'origine, relit l'autorisation donnée et apprécie si l'atteinte peut être soutenue.
Sources et pages liées
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Page mise à jour le 1er novembre 2026.
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