Entrepôt, stock perdu, contrat de prestation logistique, droit de rétention, chargeurs et prestataires

Avocat logistique à Paris : stock perdu en entrepôt et responsabilité du dépositaire.

Marchandises volées, détruites par un incendie, avariées ou manquantes à l'inventaire, stock retenu pour des factures impayées : le contrat logistique se lit d'abord comme un contrat de dépôt. Le cabinet examine la garde, la preuve et les clauses, côté chargeur comme côté prestataire.

Faites constater l'état du stock et conservez bons de réception, inventaires, rapports d'incident et échanges avant tout déplacement des marchandises : la preuve de la remise et de l'état décide de la charge de la preuve.

Logistique et entreposage · Paris

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Envoyez le contrat de prestation logistique, les conditions générales, les bons d'entrée et de sortie, les inventaires et les factures : le cabinet examine la qualification, la responsabilité et le délai pour agir.

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juridique

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Étude préalable de votre dossier. Examen de vos pièces et première analyse écrite de Maître Reda KOHEN, sous 24 à 48 heures ouvrées. Le règlement s'effectue en ligne après l'envoi de ce formulaire.

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Ils parlent de nous

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Contrat logistique : ce que le juge examine

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit des transports · Paris 17e

Ce que fait un avocat logistique à Paris

  • Barreau de Paris
  • Transports et logistique
  • Contrat de dépôt

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir sur les litiges nés de l'entreposage et de la garde de marchandises confiées à un prestataire logistique.

Un contrat logistique réunit souvent plusieurs prestations : réception, stockage, préparation de commandes, expédition. Le cabinet identifie celles qui relèvent du dépôt, défini par l'article 1915 du code civil, et celles qui relèvent du transport ou de l'entreprise, car le régime de responsabilité et le délai pour agir en dépendent.

Lorsque le stock est perdu ou détérioré, la Cour de cassation fait peser sur le dépositaire la preuve qu'il est étranger au dommage (Cass. com., 18 février 2026, n° 24-17.226). Le cabinet vérifie ensuite la force majeure invoquée, les clauses limitatives, le droit de rétention et la prescription applicable.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

La garde du stock

Le dépositaire rémunéré répond des marchandises reçues et doit prouver qu'il a donné les soins requis ou que la perte lui est étrangère.

Les clauses du contrat

Plafond d'indemnisation, définition contractuelle de la force majeure, droit de rétention et gage : chaque clause se vérifie avant et après le sinistre.

Le bon délai

Dépôt, entreprise ou transport : la qualification retenue fait passer le délai pour agir de cinq ans à un an.

Les règles

Entrepôt et dépôt : les règles applicables

Quatre règles structurent un litige sur des marchandises confiées à un logisticien.

  1. Le dépositaire doit garder la chose avec les mêmes soins que ses propres biens (article 1927 du code civil), avec plus de rigueur lorsqu'il est rémunéré (article 1928). En cas de perte ou de détérioration, c'est à lui de prouver qu'il y est étranger ou que la cause relève de la force majeure (Cass. com., 18 février 2026, n° 24-17.226).
  2. La cour d'appel de Versailles qualifie cette obligation de moyens de renforcée, au motif que « le dépositaire professionnel est présumé fautif chaque fois qu'il restitue la chose détériorée ou qu'il ne peut pas la restituer » (CA Versailles, ch. com. 3-1, 24 octobre 2024, n° 23/04991). Le prestataire peut toutefois renverser cette présomption en justifiant des mesures de sécurité convenues, comme dans cette affaire où le déposant a été débouté.
  3. La force majeure suppose que le dépositaire ait pris des mesures appropriées pour éviter le dommage (article 1218 du code civil). Un portail hors d'usage et des caméras défaillantes l'excluent (Cass. 1re civ., 6 juin 2018, n° 16-26.783) ; un incendie criminel commis malgré clôture, éclairage et fermeture a pu, au contraire, exonérer le dépositaire (CA Grenoble, ch. com., 11 décembre 2025, n° 23/02196).
  4. Le dépositaire impayé peut retenir le stock (article 1948 du code civil), mais il ne peut ni s'en servir ni en disposer sans autorisation (article 1930). La destruction de palettes sans accord du déposant ni décision de justice engage sa responsabilité (CA Versailles, ch. com. 3-1, 3 septembre 2025, n° 23/03331).

L'intitulé du contrat ne décide pas du régime : le juge regarde les prestations effectivement confiées, les factures émises et l'intention des parties.

Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre position

La remise des marchandises, leur état et les conditions de garde sont les trois faits à établir.

Position A

Vos marchandises sont perdues ou abîmées

  • Contrat de prestation logistique, conditions générales acceptées et éventuelle convention de dépôt
  • Bons de réception, inventaires d'entrée et états de stock périodiques
  • Constat, photographies, rapport d'expertise et déclaration de sinistre à votre assureur
  • Factures d'achat ou de production établissant la valeur des marchandises

Position B

Vous êtes le prestataire mis en cause

  • Cahier des charges de sécurité, contrôles d'accès, enregistrements de surveillance
  • Rapports d'incident, plainte pénale, rapports d'expertise incendie ou intrusion
  • Réserves émises à la réception et preuve de l'état antérieur des marchandises
  • Polices d'assurance, factures impayées et échanges sur la reprise du stock

Ne déplacez pas, ne triez pas et ne détruisez pas les marchandises sinistrées avant qu'un constat contradictoire ou une expertise en ait fixé l'état.

Le cabinet traite aussi :

  • Transport routier
  • Droit douanier
  • Droit des transports
  • Rupture de relation commerciale

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Qualifier le contrat, préserver la preuve du stock, puis choisir la voie proportionnée.

Étape 1

Lecture du contrat et des flux

Le cabinet sépare les prestations de garde, de manutention, de préparation et de transport, puis rapproche le contrat des factures réellement émises.

Étape 2

Preuve de la remise et de l'état

Bons de réception, inventaires et constats établissent ce qui a été confié et dans quel état, point de départ de la présomption pesant sur le dépositaire.

Étape 3

Analyse des clauses et des assurances

Plafond d'indemnisation, force majeure contractuelle, renonciation à recours et gage sont confrontés aux faits et aux polices de chaque partie.

Étape 4

Réclamation, expertise ou action

Selon le dossier, le cabinet prépare une mise en demeure, une expertise contradictoire, une demande de restitution ou l'action au fond dans le délai applicable.

Une perte de stock se démontre par des écarts documentés : un inventaire contradictoire vaut mieux qu'une estimation établie après coup.

Le calendrier

La chronologie d'un litige d'entrepôt

Du constat de l'écart de stock à l'accord ou à la décision.

  1. Découverte

    Dès l'incident. Faites constater l'état des marchandises et du site ; notez les dates, les quantités et les références concernées.

  2. Inventaire contradictoire

    Demandez un inventaire en présence des deux parties et comparez-le aux bons d'entrée et aux derniers états de stock.

  3. Déclarations

    Déclarez le sinistre à votre assureur et réunissez la plainte pénale éventuelle, les rapports d'incident et les échanges.

  4. Vérification du délai

    Qualifiez le contrat pour savoir si l'action se prescrit par un an ou par cinq ans, puis calculez le point de départ.

  5. Réclamation

    Adressez une mise en demeure chiffrée au prestataire, ou au client si les factures restent impayées.

  6. Accord ou jugement

    La solution peut porter sur l'indemnisation, la restitution du stock, le paiement des frais de garde ou l'attribution des marchandises gagées.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Chaque demande repose sur un fait établi et sur la règle qui le gouverne.

  • Qualification : dépôt, entreprise, transport ou commission, au vu des prestations et des factures réellement émises.
  • Remise et état : quantités, références et état des marchandises au moment de l'entrée en stock.
  • Cause du dommage : vol, incendie, avarie, nuisibles, erreur de préparation, et mesures de prévention en place.
  • Clauses : plafond, force majeure conventionnelle, droit de rétention, gage, acceptation des conditions générales.
  • Délai : prescription d'un an ou de cinq ans, point de départ et actes déjà intervenus.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Les configurations fréquentes permettent de fixer la première priorité du dossier.

Situation

Écart d'inventaire inexpliqué

Preuve décisive : Bons d'entrée, états de stock successifs, inventaire contradictoire et historique du logiciel de gestion.

Délai : Faire établir l'écart avant toute réorganisation du stock.

Action utile : Mise en demeure au dépositaire, qui doit prouver qu'il est étranger à la perte.

Situation

Vol ou cambriolage de l'entrepôt

Preuve décisive : Plainte, constat, état des clôtures, alarmes et caméras le jour des faits, clauses de sécurité.

Délai : Obtenir rapidement les enregistrements et rapports d'intervention.

Action utile : Contester ou soutenir la force majeure selon les mesures de prévention établies.

Situation

Incendie ou dégât des eaux

Preuve décisive : Enquête, rapport d'expertise sur l'origine, conformité des installations, polices d'assurance.

Délai : Participer aux réunions d'expertise dès leur ouverture.

Action utile : Rechercher la cause, l'imputabilité et les garanties mobilisables.

Situation

Avarie de produits stockés

Preuve décisive : État à la réception, conditions de stockage, températures, rapports de contrôle et constats.

Délai : Préserver les lots concernés avant toute destruction.

Action utile : Réclamation fondée sur le dépôt et discussion de la clause limitative ou d'une faute lourde.

Situation

Stock retenu pour factures impayées

Preuve décisive : Factures, contrat, clause de rétention ou de gage, lien entre les sommes et les marchandises.

Délai : Pendant une rétention légitime, des frais de garde peuvent rester dus selon le contrat et les prestations assurées.

Action utile : Paiement ou consignation, puis accord sur la restitution ou saisine du juge pour le surplus contesté.

Situation

Fin brutale du contrat logistique

Preuve décisive : Durée de la relation, volumes, investissements dédiés et notification écrite de la rupture.

Délai : Le préavis s'apprécie à la date de la notification.

Action utile : Demande de réparation pour rupture brutale ou défense fondée sur l'inexécution du partenaire.

Questions fréquentes

Vos questions : logistique

Quelles règles s'appliquent à un contrat de prestation logistique ?

Aucun code ne règle en bloc le contrat logistique. Le juge le découpe selon les prestations réellement confiées : la garde des marchandises relève du dépôt, défini par l'article 1915 du code civil comme l'acte par lequel on reçoit la chose d'autrui à charge de la garder et de la restituer en nature. La réception, la préparation de commandes, l'étiquetage ou la gestion des retours empruntent plutôt au contrat d'entreprise. Le transport, s'il domine l'opération, attire ses propres règles de livraison et de prescription. La cour d'appel de Grenoble a ainsi retenu un contrat de dépôt pour une société chargée d'assurer la logistique de matériaux confiés, sans exiger la production d'un contrat écrit (CA Grenoble, ch. com., 11 décembre 2025, n° 23/02196). Cette qualification commande ensuite la charge de la preuve, le délai pour agir et la portée des clauses. Le cabinet lit donc d'abord le contrat, les conditions générales, les bons de réception et les factures, car ce sont ces pièces qui révèlent ce que le prestataire s'était réellement engagé à faire. Un intitulé commercial ne suffit pas à fixer le régime applicable.

Le prestataire logistique est-il responsable d'un stock perdu ou abîmé ?

Le dépositaire doit apporter à la garde de la chose les mêmes soins qu'à ses propres biens, selon l'article 1927 du code civil, et l'article 1928 du code civil impose une appréciation plus rigoureuse lorsqu'il est rémunéré. La Cour de cassation en déduit que, « si le dépositaire n'est tenu que d'une obligation de moyens, il lui incombe, en cas de perte ou détérioration de la chose déposée, de prouver qu'il y est étranger » (Cass. com., 18 février 2026, n° 24-17.226). Le chargeur n'a donc pas à démontrer une faute précise : il établit la remise des marchandises, leur état et la perte ou l'avarie constatée. Le prestataire doit alors prouver qu'il a donné les soins attendus, que la cause relève de la force majeure ou que le défaut existait avant le dépôt. La première chambre civile ajoute que le doute sur la cause du dommage profite au déposant lorsque le dépositaire ne parvient pas à s'exonérer (Cass. 1re civ., 15 octobre 2025, n° 23-22.176). Cette répartition rend décisifs les documents d'entrée en stock, les inventaires et les rapports d'incident.

Comment le logisticien peut-il échapper à sa responsabilité ?

Le dépositaire dispose de trois voies. Il peut prouver qu'il a apporté les soins requis, invoquer la force majeure, ou établir que la détérioration existait avant la remise. La Cour de cassation le formule ainsi : « Le dépositaire peut encore s'exonérer en prouvant que la détérioration existait avant le dépôt » (Cass. com., 18 février 2026, n° 24-17.226). L'article 1929 du code civil écarte toute responsabilité pour force majeure, sauf si le dépositaire avait été mis en demeure de restituer. La cour d'appel de Versailles a jugé qu'un prestataire avait renversé la présomption en justifiant d'une zone fermée et d'une télésurveillance permanente conformes au dispositif contractuel ; le déposant a été débouté de sa demande (CA Versailles, ch. com. 3-1, 24 octobre 2024, n° 23/04991). Cette décision est défavorable au chargeur et montre que le cahier des charges de sécurité, signé par les deux parties, peut servir de défense au logisticien. Le cabinet examine donc les engagements de sûreté stipulés, leur respect effectif et les preuves que chaque partie peut produire sur ce point précis.

Un vol ou un cambriolage dans l'entrepôt constitue-t-il un cas de force majeure ?

Pas automatiquement. L'article 1218 du code civil définit la force majeure comme un événement échappant au contrôle du débiteur, imprévisible lors du contrat et dont les effets ne pouvaient être évités par des mesures appropriées. La Cour de cassation a censuré une cour d'appel qui avait admis la force majeure sur la seule foi d'une plainte pour cambriolage, sans rechercher si le dépositaire avait pris des mesures pour prévenir l'intrusion (Cass. com., 18 février 2026, n° 24-17.226). Dans une autre affaire, le portail d'accès était hors d'usage et trois caméras sur cinq ne fonctionnaient pas : la cour d'appel a pu retenir que « le dépositaire n'avait pas pris les précautions nécessaires pour éviter le vol, de sorte qu'il ne pouvait invoquer la force majeure » (Cass. 1re civ., 6 juin 2018, n° 16-26.783). À l'inverse, une clause qualifiant contractuellement le vol avec violence de force majeure a été appliquée au profit du prestataire (CA Versailles, ch. com. 3-1, 24 octobre 2024, n° 23/04991). La lecture du contrat et l'état réel des protections le jour des faits orientent donc la réponse.

L'incendie d'un entrepôt exonère-t-il le dépositaire ?

Tout dépend de l'origine du feu et des précautions prises. La cour d'appel de Grenoble a confirmé que « la responsabilité du dépositaire est exclue pour cas de force majeure lorsque la destruction des biens a pour origine un incendie criminel extérieur à l'entreprise dépositaire » (CA Grenoble, ch. com., 11 décembre 2025, n° 23/02196). Cette solution repose sur des faits précis : site clos par un grillage, éclairage permanent, locaux verrouillés, et auteurs ayant découpé la clôture et neutralisé le transformateur avant d'allumer le feu. Pour le propriétaire des marchandises et son assureur, cette décision est défavorable : l'action du propriétaire avait été déclarée irrecevable en première instance, et la cour a rejeté le recours de l'assureur subrogé qui l'avait indemnisé, la garantie de l'assureur du dépositaire n'ayant pas à être mobilisée. Elle ne fait pas de tout incendie une force majeure. Un départ de feu lié à une installation électrique, à un stockage non conforme ou à une surveillance défaillante ne présente pas les mêmes caractères. Le cabinet demande donc l'enquête pénale, les rapports d'expertise incendie, les attestations de conformité et les échanges avec les assureurs avant toute position.

Une clause limitant la responsabilité du logisticien est-elle valable ?

En principe oui, dans certaines limites. L'article 1170 du code civil répute non écrite la clause qui prive de sa substance l'obligation essentielle du débiteur. Examinant une renonciation réciproque à recours signée par l'entrepositaire, le déposant et l'assureur du dépositaire pour un stock de palettes, la cour d'appel de Nîmes a rappelé que, « Dès lors qu'une clause limitative de responsabilité ne vide pas de toute substance l'obligation essentielle du contrat de stockage, elle ne doit pas être déclarée non écrite » (CA Nîmes, 4e ch. com., 19 décembre 2025, n° 23/02086). Elle a jugé cette renonciation valable. Un plafond d'indemnisation ou une renonciation à recours peut donc être opposé au chargeur, tant qu'il ne vide pas l'obligation de garde de sa substance. La même cour a toutefois refusé d'appliquer la renonciation parce que le dépositaire avait commis une faute lourde : l'article 1231-3 du code civil réserve la faute lourde ou dolosive, qui permet d'obtenir réparation au-delà du dommage prévisible. Avant d'accepter un plafond ou une renonciation à recours, il faut donc rapprocher la valeur du stock, l'assurance de chaque partie et l'étendue de l'aménagement consenti. Après un sinistre, le cabinet vérifie l'acceptation effective de la clause, sa rédaction et les faits susceptibles de caractériser une faute lourde.

Qu'est-ce qu'une faute lourde dans la garde de marchandises ?

La faute lourde ne se déduit pas du seul manquement contractuel, même à une obligation essentielle ; elle suppose un comportement d'une gravité particulière. La cour d'appel de Nîmes retient que « Constitue une faute lourde le comportement d'une extrême gravité, confinant au dol et dénotant l'inaptitude du débiteur de l'obligation à l'accomplissement de la mission contractuelle qu'il avait acceptée » (CA Nîmes, 4e ch. com., 19 décembre 2025, n° 23/02086). Dans cette espèce, des nuisibles avaient contaminé des palettes de denrées alimentaires et l'entrepositaire avait remplacé des produits atteints par des produits prélevés sur d'autres palettes saines, dissimulant ainsi les pertes. La cour a infirmé le jugement, rejeté la fin de non-recevoir tirée de la renonciation à recours et condamné le logisticien à indemniser le déposant, son assureur devant le garantir dans les limites de la police. La preuve d'une telle faute repose sur des constats, des rapports d'expertise et des échanges internes. Le cabinet recherche donc les éléments montrant non une simple négligence, mais une désorganisation ou une dissimulation incompatible avec la mission acceptée.

Le logisticien peut-il garder le stock tant que ses factures ne sont pas payées ?

Oui, dans la mesure de ce qui lui est dû au titre du dépôt. L'article 1948 du code civil permet au dépositaire de retenir le dépôt jusqu'à l'entier paiement des sommes dues à raison de ce dépôt, et l'article 2286 du code civil ouvre plus largement le droit de rétention au créancier dont la créance est née à l'occasion de la détention de la chose. La cour d'appel d'Agen a jugé que « le droit de rétention permet de s'opposer à la restitution des biens lorsque le dépositaire est créancier du déposant en vertu du dépôt, et qu'il existe un lien de connexité entre la créance du dépositaire et le contrat de dépôt » (CA Agen, ch. civ., 12 mars 2025, n° 24/00219). Le contrat reconnaissant au prestataire un droit de rétention garantissant ses créances, frais de garde compris, le client d'un prestataire de logistique pour le commerce en ligne a été condamné à payer les factures de stockage émises pendant la rétention. Pour le chargeur, cette décision est défavorable ; le paiement ou la consignation des seules sommes admises ne suffit pas toujours à lever la rétention, et le surplus se règle par accord ou devant le juge. Le cabinet vérifie la connexité de chaque facture avec les marchandises retenues.

Le prestataire peut-il vendre ou détruire les marchandises qu'il conserve ?

Non, sans accord du propriétaire ou décision de justice. L'article 1930 du code civil interdit au dépositaire de se servir de la chose sans permission, et le droit de rétention autorise seulement à refuser la restitution. La cour d'appel de Versailles a jugé que, malgré plusieurs demandes de reprise du stock restées sans suite, « le dépositaire ne pouvait disposer de la marchandise de la société Fleuron, sauf à engager une action judiciaire afin d'y être autorisée » (CA Versailles, ch. com. 3-1, 3 septembre 2025, n° 23/03331). Ayant détruit les palettes sans autorisation, le dépositaire a été condamné à indemniser la perte de leur valeur. Le prestataire impayé dispose d'autres voies. Lorsque ses conditions générales stipulent un gage sur les marchandises, il peut demander au juge leur attribution judiciaire ; la cour d'appel de Lyon l'a ordonnée et refusé une autorisation de vente devenue inutile, « l'attribution transférant la propriété de celle-ci au créancier », le surplus de valeur revenant au débiteur (CA Lyon, 3e ch. A, 10 septembre 2026, n° 25/00404). Le cabinet identifie la clause, inventorie le stock par constat et choisit la procédure adaptée.

Quel délai pour agir après une perte ou une avarie en entrepôt ?

Le délai dépend de la qualification du contrat. Les obligations nées entre commerçants se prescrivent par cinq ans selon l'article 2224 du code civil et l'article L. 110-4 du code de commerce, sauf prescription spéciale plus courte. Le contrat de transport relève, lui, du délai d'un an prévu par l'article L. 133-6 du code de commerce. La cour d'appel de Versailles rappelle que « Lorsque l'obligation de déplacement de marchandises est principale, le contrat est un contrat de transport et l'entreposage des marchandises dans les locaux du transporteur est une opération préalable et accessoire à l'opération principale de transport dont il suit le régime, quelle qu'ait été la durée de ce dépôt » (CA Versailles, ch. com. 3-1, 3 septembre 2025, n° 23/03331). Faute de factures de transport et en présence de factures de stockage, elle a retenu un contrat de dépôt et appliqué le délai de cinq ans. Inversement, la même cour a appliqué la prescription annale à un prestataire dont les obligations annexes ne présentaient pas d'autonomie par rapport au transport, ce qui a rendu une partie de ses factures irrecevable (CA Versailles, ch. com. 3-1, 17 juin 2026, n° 23/07243). Le point de départ diffère aussi : le délai de cinq ans court du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir, tandis que le délai d'un an court, en cas de perte totale, du jour où la remise aurait dû être effectuée et, dans les autres cas, du jour de la remise ou de l'offre au destinataire ; chaque action récursoire se prescrit par un mois.

Logisticien, transporteur ou commissionnaire : pourquoi la qualification change-t-elle tout ?

Chaque qualification emporte son régime de responsabilité, ses délais et ses actions. Le contrat d'entreprise se distingue du transport lorsque son objet dépasse le simple déplacement. Sous l'empire du droit antérieur, la Cour de cassation l'a jugé pour un déménagement, « le contrat de déménagement étant un contrat d'entreprise, lequel se différencie du contrat de transport en ce que son objet n'est pas limité au déplacement d'un mobilier » (Cass. com., 1er avril 2003, n° 01-03.109), écartant ainsi la prescription annale. Cette solution se lit désormais avec l'article L. 133-9 du code de commerce, en vigueur depuis le 10 décembre 2009, qui soumet aux règles du voiturier, prescription annale comprise, le déménagement comprenant pour partie un transport. Pour le commissionnaire, elle rappelle que « le commissionnaire est celui organise et fait exécuter, sous sa responsabilité et en son propre nom, un transport de marchandises selon les modes de son choix pour le compte d'un commettant » (Cass. com., 30 avril 2025, n° 23-23.458). Elle a censuré une cour d'appel qui avait retenu cette qualité à partir de l'extrait d'immatriculation et de conditions générales, sans établir la conclusion d'un contrat de commission pour l'envoi litigieux. Le cabinet reconstitue donc, opération par opération, qui a fait quoi : réception, stockage, préparation, organisation du transport ou déplacement effectif.

Le client d'un logisticien peut-il arrêter la relation du jour au lendemain ?

Une relation commerciale établie ne se rompt pas brutalement. L'article L. 442-1 du code de commerce, dans sa version en vigueur depuis le 20 août 2026, engage la responsabilité de celui qui rompt sans préavis écrit tenant compte notamment de la durée de la relation, et précise qu'un préavis de dix-huit mois met l'auteur à l'abri d'une contestation sur sa durée. La cour d'appel de Paris rappelle que « Le délai de préavis, qui s'apprécie au moment de la notification de la rupture, doit s'entendre du temps nécessaire à l'entreprise délaissée pour se réorganiser » (CA Paris, pôle 5 ch. 4, 29 octobre 2025, n° 23/13289). Dans cette affaire, un prestataire de logistique pour le commerce en ligne a obtenu réparation contre le client qui avait mis fin aux commandes avec un préavis insuffisant. Le texte réserve la résiliation sans préavis en cas d'inexécution par l'autre partie ; la cour a toutefois jugé que le client n'établissait pas des manquements d'une gravité suffisante pour rompre sans préavis. Le cabinet mesure l'ancienneté, la dépendance économique, les investissements dédiés, comme un entrepôt ou un logiciel, et les griefs invoqués de part et d'autre.

Un stock perdu, retenu ou abîmé ? Faites le point aujourd'hui.

Envoyez le contrat, les bons de réception, les inventaires et les échanges avec le prestataire : le cabinet identifie le régime applicable, la preuve à réunir et le délai pour agir.

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