Clause d'arbitrage, instance arbitrale, recours en annulation : contrats internationaux et siège à Paris

Avocat arbitrage à Paris : clause, instance et recours contre la sentence internationale.

Votre contrat avec un partenaire étranger renvoie à un arbitrage siégeant à Paris, ou une sentence vient d'être rendue contre votre société. Le cabinet examine la clause, la constitution du tribunal arbitral, la régularité de la procédure et les cinq griefs qui seuls permettent d'attaquer la sentence.

Une sentence internationale rendue en France se conteste dans un délai de principe d'un mois à compter de sa notification, devant la cour d'appel de Paris. Une irrégularité tue devant les arbitres peut être réputée abandonnée : conservez la chronologie de la procédure arbitrale.

Arbitrage international · Paris

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Envoyez le contrat et sa clause, le règlement d'arbitrage visé, l'acte de mission, les ordonnances de procédure et, s'il existe, l'acte de notification de la sentence : le cabinet vérifie d'abord les délais en cours.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Arbitrage international : ce que le juge parisien contrôle

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit international des affaires · Paris 17e

Ce que fait un avocat arbitrage à Paris

  • Barreau de Paris
  • Arbitrage international
  • Recours en annulation

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, intervient en droit international des affaires, sur la clause d'arbitrage d'un contrat transfrontière et sur la contestation ou la défense d'une sentence devant le juge français.

Lorsque le siège de l'arbitrage est fixé à Paris, le droit français organise le contrôle de la sentence. Il ne s'agit pas d'un second procès : la cour d'appel de Paris vérifie la compétence des arbitres, la constitution du tribunal, le respect de la mission, la contradiction et la conformité à l'ordre public international.

Le cabinet peut intervenir à chaque étape : lecture de la clause au moment de la négociation ou lors du premier désaccord, saisine du juge d'appui, suivi des irrégularités au fil de l'instance, recours en annulation ou défense contre ce recours, demande d'arrêt de l'exécution de la sentence.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

La clause, appréciée par le droit du siège

En arbitrage international, l'existence et l'efficacité de la clause s'apprécient d'après la commune volonté des parties, sans passer nécessairement par une loi nationale.

Cinq griefs, pas un de plus

L'article 1520 du code de procédure civile limite le recours en annulation à cinq cas. Le juge ne révise pas le fond de la sentence.

Un calendrier court

En principe, le recours n'est plus recevable un mois après la notification de la sentence ; et, une fois formé, il ne suspend pas l'exécution.

Les règles

Clause, tribunal arbitral, sentence : les règles du siège parisien

Quatre règles commandent un arbitrage international dont le siège est en France.

  1. Deux formes de convention existent : la clause compromissoire, stipulée dans le contrat avant tout différend, et le compromis, signé une fois le litige né (article 1442 du code de procédure civile). Dans un arbitrage international, elle n'obéit à aucune condition de forme (article 1507) et peut renvoyer à un règlement pour désigner les arbitres (article 1508). La Cour de cassation juge que « la clause compromissoire est indépendante juridiquement du contrat principal qui la contient directement ou par référence » (Cass. 1re civ., 28 septembre 2022, n° 20-20.260).
  2. Les arbitres tranchent eux-mêmes, et seuls, les contestations qui portent sur leur propre pouvoir de juger (article 1465 du code de procédure civile). Lorsqu'un arbitrage a déjà été engagé, la Cour de cassation retient que « le tribunal arbitral, saisi en premier lieu, est compétent par priorité pour apprécier si un différend entre dans le champ d'application de la convention d'arbitrage » (Cass. 1re civ., 17 mars 2021, n° 20-14.360).
  3. Contre une sentence internationale rendue en France, une seule voie est ouverte, le recours en annulation (article 1518), que l'on porte devant la cour d'appel de Paris au plus tard un mois après la notification (article 1519). Les cas d'ouverture sont limitativement énumérés par l'article 1520 du code de procédure civile : compétence, constitution du tribunal, mission, contradiction, ordre public international.
  4. Celui qui connaît une irrégularité et la tait sans raison légitime pendant l'instance arbitrale est réputé y avoir renoncé (article 1466). La Cour de cassation précise que l'échec d'une demande de récusation adressée à l'institution « ne constitue pas un motif légitime de ne pas invoquer, devant le tribunal arbitral, l'irrégularité de sa constitution pour la même raison » (Cass. 1re civ., 7 juin 2023, n° 21-24.968).

Le juge de l'annulation contrôle la sentence, pas la manière dont les arbitres ont apprécié le contrat ou les preuves. Un grief qui revient à rediscuter le fond est voué à l'échec. Pour vérifier la conformité à l'ordre public international, le juge peut toutefois apprécier autrement les faits et examiner des preuves nouvelles, sans réviser la sentence au fond.

Vos pièces

Les pièces à réunir selon votre position dans l'arbitrage

Le contrôle porte d'abord sur la procédure arbitrale : chaque grief s'appuie sur les actes de l'instance, que des preuves nouvelles peuvent compléter, notamment sur une compétence déjà débattue ou sur l'ordre public international.

Position A

Vous contestez la sentence

  • La sentence, l'acte de notification ou de signification et la date de sa remise
  • Le contrat, la clause d'arbitrage et le règlement d'arbitrage applicable
  • L'acte de mission, les ordonnances de procédure et les échanges avec l'institution
  • Les déclarations d'indépendance des arbitres et tout élément révélé après leur acceptation

Position B

Vous défendez la sentence ou voulez l'exécuter

  • La sentence, la preuve de sa notification et l'éventuelle ordonnance d'exequatur
  • Les mémoires où l'adversaire s'est défendu au fond sans soulever l'irrégularité invoquée
  • Les éléments sur la solvabilité de l'adversaire et ses actifs situés en France
  • Toute stipulation de renonciation au recours en annulation

Ne laissez pas courir le délai d'un mois en attendant une négociation : la discussion amiable ne suspend pas le délai de recours.

Le cabinet traite aussi :

  • Contrats internationaux
  • Exequatur
  • Juge d'appui
  • Mesures conservatoires

La méthode

Comment le cabinet conduit le dossier

Sécuriser les délais, puis isoler les griefs que le juge français peut réellement accueillir.

Étape 1

Fixer le calendrier

Le cabinet identifie la date et le mode de notification de la sentence, calcule le délai de recours et vérifie si une renonciation au recours a été stipulée.

Étape 2

Relire la clause et la procédure

La clause, le règlement d'arbitrage, l'acte de mission et les ordonnances permettent de rattacher chaque irrégularité à l'un des cinq cas de l'article 1520.

Étape 3

Vérifier ce qui a été soulevé devant les arbitres

Une irrégularité de constitution ou de procédure non invoquée en temps utile peut être réputée abandonnée. Le cabinet reconstitue ce qui a été dit, et quand.

Étape 4

Recours, défense et exécution

Selon la position du client, le cabinet prépare le recours en annulation, la défense de la sentence, ou la demande d'arrêt ou d'aménagement de son exécution devant la cour d'appel de Paris.

Un grief d'ordre public international, comme la corruption ou le blanchiment, se prouve devant la cour d'appel avec des éléments précis et concordants. Il ne se présume pas.

Le calendrier

La chronologie d'un arbitrage international

De la clause du contrat à l'arrêt de la cour d'appel de Paris.

  1. Signature du contrat

    Avant tout litige. La clause fixe le siège, l'institution ou l'arbitrage ad hoc, le nombre d'arbitres, la langue et, le cas échéant, le droit applicable.

  2. Naissance du différend

    Avant la constitution du tribunal arbitral, une mesure d'instruction ou une mesure urgente peut encore être demandée au juge étatique.

  3. Constitution du tribunal

    Les arbitres acceptent leur mission et révèlent toute circonstance susceptible d'affecter leur indépendance ; en cas de blocage, le juge d'appui intervient.

  4. Instance arbitrale

    Chaque irrégularité connue se soulève en temps utile devant les arbitres : sauf motif légitime, celle qui a été tue est réputée abandonnée, l'ordre public international de fond obéissant à un régime propre.

  5. Sentence et notification

    Le délai d'un mois pour former le recours en annulation court à compter de la notification, faite en principe par signification.

  6. Recours devant la cour d'appel

    La cour d'appel de Paris examine les seuls griefs de l'article 1520 ; le rejet du recours confère l'exequatur à la sentence.

Les vérifications

Ce que le cabinet vérifie avant d'attaquer ou de défendre une sentence

Un recours en annulation se construit sur des actes précis de la procédure arbitrale.

  • Caractère international de l'arbitrage : opération mettant en cause des flux ou des intérêts qui dépassent le cadre d'un seul État.
  • Siège et juge compétent : arbitrage se déroulant en France, juge d'appui parisien, cour d'appel de Paris pour le recours.
  • Délai : date et forme de la notification de la sentence, notification à un État étranger, éventuelle convention des parties sur la notification.
  • Griefs recevables : rattachement de chaque critique à l'un des cinq cas de l'article 1520, et, pour une irrégularité de procédure connue pendant l'instance, preuve qu'elle a été soulevée en temps utile, l'ordre public international de fond échappant à cette exigence.
  • Exécution : risque pour la trésorerie ou la continuité de l'entreprise, qui peut justifier une demande d'arrêt ou d'aménagement de l'exécution.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Six situations fréquentes et la première décision qu'elles appellent.

Situation

Un partenaire étranger saisit un tribunal français malgré la clause

Preuve décisive : Le contrat, la clause et, s'il existe, l'acte d'engagement de l'arbitrage.

Délai : L'exception d'incompétence se soulève avant toute défense au fond.

Action utile : Opposer la clause et la priorité du tribunal arbitral, le juge étatique ne pouvant retenir l'affaire que si le tribunal arbitral n'est pas encore saisi et si la clause est manifestement nulle ou manifestement inapplicable (article 1448 du code de procédure civile).

Situation

L'autre partie ne nomme pas son arbitre

Preuve décisive : La clause, la notification de la demande d'arbitrage et les relances restées sans réponse.

Délai : Selon la clause et le règlement ; à défaut de modalités convenues, pour un tribunal de trois arbitres, un mois après réception de la demande de désignation restée sans suite (article 1452 du code de procédure civile).

Action utile : Saisir l'institution ou, à défaut, le président du tribunal judiciaire de Paris comme juge d'appui.

Situation

Un lien entre un arbitre et l'adversaire apparaît

Preuve décisive : Déclarations d'indépendance, informations publiques, dates de découverte du lien.

Délai : La contestation se porte devant l'institution puis devant les arbitres, sans attendre la sentence.

Action utile : Demander la récusation et soulever l'irrégularité de la constitution devant le tribunal arbitral.

Situation

La sentence a été rendue contre votre société

Preuve décisive : Sentence, acte de notification, mémoires et ordonnances de procédure.

Délai : En principe, un mois à compter de la notification pour saisir la cour d'appel de Paris.

Action utile : Former le recours en annulation sur les griefs de l'article 1520 et, si besoin, demander l'arrêt de l'exécution.

Situation

L'exécution immédiate menacerait l'entreprise

Preuve décisive : Comptes, plan de trésorerie, attestation d'un professionnel indépendant sur la continuité d'exploitation.

Délai : La demande s'inscrit dans un recours en annulation ou, lorsque cette voie est ouverte, dans un appel de l'ordonnance d'exequatur.

Action utile : Demander au premier président, ou au conseiller de la mise en état, d'arrêter l'exécution ou d'en fixer les modalités.

Situation

Votre adversaire attaque la sentence que vous avez obtenue

Preuve décisive : Mémoires montrant que l'irrégularité invoquée n'a pas été soulevée devant les arbitres.

Délai : Les conclusions en défense suivent le calendrier fixé par la cour d'appel.

Action utile : Opposer la renonciation de l'article 1466 et l'interdiction de toute révision au fond.

Questions fréquentes

Vos questions : arbitrage international

Notre contrat avec une société étrangère prévoit un arbitrage à Paris : quel droit gouverne la clause ?

Lorsque le siège de l'arbitrage international est en France, la Cour de cassation n'impose pas de rattacher la clause à une loi nationale. Elle juge que l'existence et l'efficacité de la convention d'arbitrage s'apprécient d'après la commune volonté des parties, sous réserve des règles impératives du droit français et de l'ordre public international, à moins que les parties aient expressément soumis la clause à une loi déterminée. Dans l'arrêt du 28 septembre 2022, le choix du droit anglais pour régir le contrat n'a pas suffi à soumettre la clause elle-même à ce droit : la cour d'appel pouvait appliquer les règles matérielles françaises du siège. Il en résulte une conséquence pratique. Si vous souhaitez qu'une loi précise gouverne la clause, la stipulation doit le dire expressément ; à défaut, le juge parisien recherchera la volonté commune des parties dans l'ensemble des échanges et des documents contractuels. Le contrat principal peut être régi par une loi étrangère sans que cela change le régime de la clause. Sur le fond, les arbitres appliquent les règles de droit désignées par les parties, sinon celles qu'ils jugent adaptées, et prennent toujours en considération les usages du commerce (article 1511 du code de procédure civile).

Quels griefs permettent d'obtenir l'annulation d'une sentence arbitrale internationale ?

L'article 1520 du code de procédure civile ouvre le recours en annulation dans cinq cas seulement : le tribunal arbitral s'est déclaré à tort compétent ou incompétent ; il a été irrégulièrement constitué ; il a statué sans se conformer à sa mission ; le principe de la contradiction n'a pas été respecté ; la reconnaissance ou l'exécution de la sentence est contraire à l'ordre public international. La liste est fermée. Une erreur de droit ou une mauvaise appréciation des preuves par les arbitres n'est pas, à elle seule, un cas d'annulation. La Cour de cassation l'a rappelé à propos du contrôle de la compétence : « ce contrôle est exclusif de toute révision au fond de la sentence » (Cass. 1re civ., 2 avril 2025, n° 23-16.338). Lorsque la compétence a été débattue devant les arbitres, les parties ne sont toutefois « pas privées du droit d'invoquer sur cette question, devant le juge de l'annulation, de nouveaux moyens et arguments » (Cass. 1re civ., 2 décembre 2020, n° 19-15.396). Le travail préalable consiste donc à reprendre chaque critique et à vérifier si elle entre dans l'un des cinq cas, avec les pièces de l'instance arbitrale qui la démontrent. Une critique qui ne s'y rattache pas affaiblit le recours au lieu de le renforcer. Le cabinet sélectionne les griefs utiles avant la rédaction du recours.

Combien de temps avons-nous pour attaquer une sentence rendue à Paris ?

Le recours en annulation est porté devant la cour d'appel de Paris. On peut le former dès le prononcé de la sentence ; il devient irrecevable un mois après la notification, réalisée par signification sauf accord contraire des parties (article 1519 du code de procédure civile). Le délai expire le dernier jour à vingt-quatre heures et, s'il tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant (article 642 du code de procédure civile). Le point de départ dépend donc de la forme exacte de la notification : une signification régulière, ou le mode prévu par la clause ou le règlement d'arbitrage. Lorsque le destinataire est un État étranger, la question devient plus délicate. La cour d'appel de Paris a rappelé que « La détermination du point de départ du délai de recours, en cas de notification internationale à destination d'un Etat étranger, s'apprécie en fonction des conventions applicables » (CA Paris, pôle 5 ch. 16, 14 mai 2024, n° 23/01696). Dans cette affaire, faute de preuve de la remise de l'acte au destinataire désigné, le délai n'avait pas couru et le recours de l'État a été jugé recevable. Pour une société privée, la prudence commande de compter le délai à partir de la première remise de la sentence et de ne pas attendre la fin d'une discussion amiable.

Le recours en annulation empêche-t-il le gagnant d'exécuter la sentence ?

Non, en principe. En arbitrage international, ni le recours en annulation ni l'appel de l'ordonnance d'exequatur ne bloquent l'exécution. Le premier président, en référé, ou le conseiller de la mise en état une fois saisi, peut cependant l'arrêter ou en adapter les modalités lorsqu'elle risque de porter une atteinte grave aux droits de l'une des parties (article 1526 du code de procédure civile, dans sa rédaction en vigueur au 1er novembre 2026, qui continue de régir les sentences non soumises au texte nouveau par l'article 22 du décret du 6 août 2026). Cette atteinte grave doit être étayée par des pièces adaptées au risque invoqué, notamment des documents financiers lorsque la continuité de l'entreprise est en jeu. Dans une ordonnance du 12 septembre 2023 (CA Paris, pôle 5 ch. 16, n° 22/14963), le conseiller de la mise en état a arrêté l'exécution d'une sentence de 18 millions d'euros après avoir relevé, au vu d'un rapport des commissaires aux comptes, que « l'exécution immédiate de la sentence serait de nature à compromettre la continuité d'exploitation de la société et la pérennité de ses activités » (CA Paris, ord. CME, 12 septembre 2023). Le seul désaccord avec la sentence ne suffit pas. Pour les sentences rendues après le 1er janvier 2027, le texte nouveau parle de suspendre l'exécution par une ordonnance non susceptible de recours (article 1526 dans sa rédaction issue du décret du 6 août 2026).

La cour d'appel de Paris peut-elle rejuger le litige tranché par les arbitres ?

Non. Le juge de l'annulation contrôle la sentence au regard des cinq cas de l'article 1520, sans réexaminer le bien-fondé de la solution retenue par les arbitres. Dans un arrêt du 2 avril 2025, la Cour de cassation a cassé l'arrêt qui avait annulé une sentence d'incompétence : la cour d'appel avait qualifié de règle de fond l'exigence d'antériorité de l'investissement, puis annulé la sentence pour l'avoir appliquée, ce qui revenait à réviser la sentence au fond. Le même arrêt approuve, sur un autre point, la distinction entre la compétence du tribunal arbitral et la recevabilité des demandes : l'inobservation d'un préalable de procédure « se rapportait non à la compétence du tribunal arbitral, mais à l'examen de la recevabilité des demandes qui échappait au contrôle du juge de l'annulation » (Cass. 1re civ., 2 avril 2025, n° 23-16.338). Pour une partie qui envisage un recours, cette jurisprudence est défavorable lorsque la critique porte en réalité sur l'interprétation du contrat ou l'appréciation des faits. Le cabinet vérifie donc d'abord si le grief touche le pouvoir juridictionnel des arbitres ou seulement la manière dont ils ont jugé.

Peut-on invoquer devant le juge une corruption qui n'a pas été plaidée devant les arbitres ?

Oui, lorsque le grief relève de l'ordre public international de fond. La Cour de cassation juge que « Le respect de l'ordre public international de fond ne peut être conditionné par l'attitude d'une partie devant l'arbitre » (Cass. 1re civ., 7 septembre 2022, n° 20-22.118). Dans cette affaire, l'État soutenait que la sentence donnait effet à une transaction obtenue par corruption. La Cour a approuvé la cour d'appel d'avoir examiné l'ensemble des pièces produites, même nouvelles, en relevant qu'« aucune limitation n'est apportée à son pouvoir de rechercher en droit et en fait tous les éléments concernant les vices en question » (même arrêt). Cette ouverture ne dispense pas de prouver. La corruption ou le blanchiment se démontrent par des éléments précis et concordants, discutés contradictoirement devant la cour. L'allégation générale, sans pièces, ne suffit pas. La solution ne vaut pas non plus pour les irrégularités de procédure, comme la constitution du tribunal, qui obéissent à la règle de renonciation de l'article 1466 du code de procédure civile.

Comment le juge contrôle-t-il l'ordre public international dans une sentence ?

Le juge de l'annulation doit rechercher si la reconnaissance ou l'exécution de la sentence est compatible avec l'ordre public international. Dans l'arrêt de principe du 23 mars 2022 (Cass. 1re civ., n° 17-17.981), la Cour de cassation a approuvé l'annulation d'une sentence d'investissement dont l'exécution aurait fait bénéficier l'investisseur du produit d'activités de blanchiment. Elle précise que la recherche du juge « n'était ni limitée aux éléments de preuve produits devant les arbitres ni liée par les constatations, appréciations et qualifications opérées par eux » (Cass. 1re civ., 23 mars 2022). Le contrôle reste toutefois exigeant pour celui qui l'invoque. Dans un arrêt du 23 janvier 2024 (CA Paris, pôle 5 ch. 16, n° 22/16431), la cour d'appel de Paris a rejeté un recours qui soutenait que le contrat exécuté par la sentence constituait une entente anticoncurrentielle, après avoir rappelé que « Ce contrôle s'attache seulement à examiner si l'exécution des dispositions prises par le tribunal arbitral viole de manière caractérisée les principes et valeurs compris dans cet ordre public international » (CA Paris, 23 janvier 2024). Ces deux décisions montrent la ligne de partage : une atteinte caractérisée et prouvée, et non une simple discussion du droit appliqué.

Un arbitre a des liens avec le cabinet de la partie adverse : la sentence est-elle fragile ?

Pas nécessairement. Le juge apprécie si les circonstances invoquées peuvent provoquer, dans l'esprit des parties, un doute raisonnable sur l'indépendance et l'impartialité de l'arbitre, qualités que la Cour de cassation décrit comme étant « de l'essence même de la fonction arbitrale » (Cass. 1re civ., 7 juin 2023, n° 21-24.968). Dans cette affaire, l'arbitre avait été désigné deux fois par le cabinet d'avocats de la partie adverse et avait rédigé deux consultations pour lui ; la cour d'appel a jugé que ces relations n'avaient pas un caractère systématique créant un courant d'affaires, et le pourvoi a été rejeté. La même décision est défavorable sur un second point : la partie qui avait demandé en vain la récusation à l'institution, puis s'était défendue au fond sans soulever l'irrégularité devant le tribunal arbitral, était réputée y avoir renoncé. L'arbitre doit révéler, avant et pendant sa mission, toute circonstance de cette nature, et un différend sur son maintien se règle par l'institution ou par le juge d'appui saisi dans le mois de la révélation ou de la découverte du fait (article 1456 du code de procédure civile).

Une clause d'arbitrage peut-elle être écartée au profit d'un client non professionnel ?

Oui, lorsque la clause est abusive au sens du droit de l'Union. Dans un arrêt du 30 septembre 2020 (Cass. 1re civ., n° 18-19.241), une cliente résidant en France avait signé, pour des conseils sur une succession en Espagne, une offre de services renvoyant à un arbitrage à Madrid. La Cour de cassation a approuvé la cour d'appel d'avoir écarté la clause, en jugeant que « La règle procédurale de priorité édictée par ce texte ne peut avoir pour effet de rendre impossible, ou excessivement difficile, l'exercice des droits conférés au consommateur par le droit communautaire » (Cass. 1re civ., 30 septembre 2020). La cour avait relevé une clause type pré-rédigée par le professionnel, stipulée en français dans la première offre puis seulement dans les conditions générales en espagnol dans la seconde, que la cliente, qui ne maîtrisait pas l'espagnol, n'était pas en mesure de négocier. En droit interne, l'article 2061 du code civil interdit en outre d'opposer la clause à celui qui a signé en dehors de son activité professionnelle. Entre sociétés, la priorité du tribunal arbitral reste la règle. Le cabinet vérifie donc la qualité de chaque partie, les conditions de signature et la rédaction de la clause avant de soutenir qu'elle est inapplicable.

Un juge français peut-il ordonner une mesure urgente alors que le contrat prévoit l'arbitrage ?

Oui, jusqu'à la constitution du tribunal arbitral. L'article 1449 du code de procédure civile autorise alors le recours au juge étatique pour une mesure d'instruction, ou pour une mesure provisoire ou conservatoire, les saisies conservatoires et les sûretés judiciaires suivant leurs propres règles. C'est le président du tribunal judiciaire, ou du tribunal compétent en matière commerciale, qui se prononce, en appliquant l'article 145 lorsqu'il s'agit d'établir une preuve. Encore faut-il saisir le bon juge. Dans un arrêt du 23 juin 2021 (Cass. 1re civ., n° 19-13.350), la Cour de cassation a jugé que le président du tribunal de commerce de Paris n'était pas territorialement compétent pour ordonner des mesures d'instruction contre des sociétés domiciliées dans le Calvados, alors même que le siège de l'arbitrage était fixé à Paris. Le juge compétent est celui qui connaîtrait du fond si les parties ne se prévalaient pas de la clause, ou celui du lieu d'exécution des mesures. Une fois le tribunal arbitral constitué, c'est en principe à lui que les demandes provisoires doivent être adressées.

Qui désigne l'arbitre lorsque l'autre partie ne répond pas ?

La clause ou le règlement d'arbitrage auquel elle renvoie prévoit d'abord le mécanisme de désignation (article 1508 du code de procédure civile). Lorsque l'institution chargée d'organiser l'arbitrage n'intervient pas, ou en l'absence d'institution, le juge d'appui prend le relais. En matière d'arbitrage international, ce juge est, sauf clause contraire, le président du tribunal judiciaire de Paris, notamment lorsque l'arbitrage se déroule en France (article 1505 du code de procédure civile). Dans une décision du 15 décembre 2023 (TJ Paris, n° 23/57974), le président du tribunal judiciaire de Paris, statuant comme juge d'appui, a désigné un arbitre unique après que la partie défenderesse, invitée à se prononcer sur une proposition, était restée silencieuse, et après l'échec d'une médiation préalable prévue au contrat. La demande au juge d'appui doit établir la clause, le siège, la notification du différend et le blocage. À compter du 1er janvier 2027, le juge d'appui parisien pourra aussi être saisi pour la production d'une pièce détenue par un tiers résidant en France (article 1505 dans sa rédaction issue du décret du 6 août 2026).

Peut-on renoncer par avance au recours en annulation ?

Oui, en arbitrage international, par une convention spéciale et expresse, conclue à tout moment (article 1522 du code de procédure civile). Une formule générale sur le caractère définitif de la sentence ne suffit pas nécessairement à exprimer cette renonciation : le texte exige une convention spéciale. La renonciation n'efface pas tout contrôle. Les parties peuvent toujours faire appel de l'ordonnance d'exequatur pour l'un des cinq motifs de l'article 1520, dans le mois de la notification de la sentence revêtue de l'exequatur, délai que l'article 643 augmente de deux mois pour les personnes qui demeurent à l'étranger. Le contrôle est donc déplacé au stade de l'exécution en France, sans disparaître. Ce choix se fait de préférence à la rédaction du contrat, en mesurant ce qu'il apporte en rapidité et ce qu'il retire en garanties. Il suppose aussi de vérifier si la sentence a vocation à être exécutée en France ou dans un autre État, où le contrôle obéira à d'autres règles. À l'inverse, la partie qui a obtenu une sentence vérifie si son adversaire a renoncé à ce recours, avant de discuter la recevabilité de celui qu'il forme.

Que change le décret du 6 août 2026 pour un arbitrage international en cours ?

Le texte réformateur, décret n° 2026-741 du 6 août 2026, prend effet au 1er janvier 2027, mais son article 22 fixe trois points de départ distincts. Les nouvelles règles relatives à la convention d'arbitrage, dont la définition de l'arbitrage international, s'appliquent aux conventions conclues après cette date ; le nouveau texte vise les intérêts économiques internationaux (article 1504 nouveau). Les règles touchant notamment la constitution du tribunal et la révélation visent les tribunaux arbitraux constitués à partir de 2027. Celles qui régissent la sentence, l'exequatur et les recours, dont les articles 1526 et 1527, s'appliquent aux sentences rendues après cette date. Pour une sentence rendue à partir de 2027, le rejet au fond du recours en annulation confère à la sentence l'exequatur ou, si son exécution ne peut pas être poursuivie, sa reconnaissance (article 1527 nouveau). Au 1er novembre 2026, un arbitrage engagé sur une clause ancienne peut donc relever successivement des deux régimes. Le cabinet date chaque étape, convention, constitution et sentence, avant d'appliquer un texte.

Une clause à lire ou une sentence à contester ? Faites le point sur les délais.

Envoyez le contrat, la clause, la sentence et son acte de notification : le cabinet examine le délai de recours, les griefs recevables et la question de l'exécution.

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