Réclamation contentieuse, sursis de paiement, tribunal administratif : SARL, SAS, EURL et entrepreneurs
Avocat contentieux fiscal entreprise à Paris : de la réclamation de la PME au tribunal administratif.
Après une vérification de comptabilité, la société reçoit un avis de mise en recouvrement portant des rappels d'impôt sur les sociétés, de TVA ou de CFE. Le contentieux fiscal commence alors par une réclamation contentieuse adressée au service dont dépend le lieu d'imposition ou, après un contrôle mené par une autre direction, au directeur de cette direction, puis se poursuit devant le tribunal administratif lorsque le rejet ou le silence de l'administration laisse le désaccord entier.
Le délai de la réclamation, le délai de saisine du tribunal et le délai de quinze jours ouvert en cas de refus des garanties courent chacun de leur côté. Datez chaque avis reçu par la société avant toute autre démarche.
Contentieux fiscal des PME · Paris
Recevez une première analyse
Envoyez l'avis de mise en recouvrement, la proposition de rectification, les observations de la société, la réponse du service et, s'il existe, le rejet de la réclamation : le cabinet examine les délais, la qualité du signataire et les moyens à faire valoir.
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première lecture
juridique
Cabinet Kohen Avocats, Paris 17
Contentieux fiscal de la PME : ce qui se joue entre la réclamation et le jugement
Droit fiscal · Paris 17e
Ce que fait un avocat contentieux fiscal entreprise à Paris
- Barreau de Paris
- Fiscalité des PME
- Juge de l'impôt
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, peut intervenir pour les sociétés et les entrepreneurs qui contestent des rappels d'impôt après un contrôle.
Une PME aborde souvent le contentieux avec le dossier du contrôle, l'expert-comptable et un calendrier serré. Le cabinet reprend d'abord les actes notifiés à la société, vérifie qui pouvait signer pour elle, puis isole les rappels que la réclamation doit viser précisément.
La juridiction administrative connaît des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, ce qui couvre l'impôt sur les sociétés, la TVA, la cotisation foncière des entreprises et les pénalités qui les accompagnent (article L. 199 du livre des procédures fiscales, ou LPF). Le dossier est donc construit pour ce juge, qui se prononce sur pièces et sur les écritures échangées.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris
Une réclamation bien bornée
Le tribunal ne pourra pas juger au-delà des impositions et du montant visés dans la réclamation : le périmètre se fixe dans les réclamations déposées, qu'une réclamation complémentaire ne peut étendre que dans le délai encore ouvert.
Le bon signataire
Gérant, président, mandataire muni d'un pouvoir ou avocat : la recevabilité dépend de la personne qui agit au nom de la société.
Des délais qui se cumulent
Délai de réclamation, silence de six mois, deux mois après un rejet notifié : chaque étape a son propre point de départ.
Les règles
Réclamation et tribunal administratif : les règles qui s'imposent à la PME
Cinq règles encadrent le chemin d'une société entre l'avis de mise en recouvrement et le jugement.
- La société conteste d'abord devant l'administration : la réclamation est adressée au service territorial dont dépend le lieu d'imposition (article R*190-1 du LPF). Pour l'impôt sur les sociétés et la TVA, la date limite tombe le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle où l'avis de mise en recouvrement a été notifié (article R*196-1), et l'entreprise rectifiée bénéficie aussi d'un délai identique au délai de reprise de l'administration (article R*196-3).
- La réclamation doit identifier l'imposition, exposer sommairement les moyens, porter une signature et joindre l'avis de mise en recouvrement (article R*197-3). Celui qui agit pour la société sans en être le représentant légal justifie d'un mandat, sauf s'il est avocat (article R*197-4). La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté comme irrecevable la requête d'une SARL dont le représentant habilité ne pouvait être identifié (CAA Marseille, 31 mai 2018, n° 16MA02775).
- L'administration statue en six mois, prolongeables de trois mois sur information de la société (article R*198-10). Le recours se forme dans les deux mois qui suivent la décision notifiée ou, faute de réponse, dès l'expiration du délai de six mois (article R*199-1). Le Conseil d'État a précisé que seule une décision expresse mentionnant les voies et délais de recours déclenche ce délai de deux mois (CE, avis, 21 octobre 2020, n° 443327).
- Devant le tribunal, la société ne peut viser d'autres impositions que celles de sa réclamation (article R*200-2), mais elle peut présenter des moyens nouveaux tant que l'instruction n'est pas close, sans dépasser le dégrèvement demandé (article L. 199 C). La cour de Marseille a ainsi déclaré une demande irrecevable pour la part qui excédait les périodes et le montant réclamés (CAA Marseille, 2 octobre 2026, n° 25MA01509).
- La charge de la preuve dépend du chemin suivi pendant le contrôle. Lorsque la commission départementale a été saisie, l'administration prouve en principe, sauf comptabilité gravement irrégulière et imposition conforme à l'avis (article L. 192). Pour la majoration de 40 %, l'administration doit établir à la fois l'insuffisance déclarative et l'intention d'éluder l'impôt (CE, 23 juillet 2024, n° 489235).
Les articles L. 190, L. 199 et L. 195 A du LPF sont cités dans leur version en vigueur au 1er novembre 2026. Légifrance publie déjà, pour chacun d'eux, une nouvelle version applicable à compter du 1er janvier 2027.
Vos pièces
Les pièces à réunir selon le stade du litige
La société produit les actes du contrôle, les preuves comptables et la trace de chaque envoi.
Stade A
La réclamation n'est pas encore partie
- Avis de vérification, proposition de rectification, observations de la société et réponse de l'administration
- Avis de mise en recouvrement, avec la date de réception et l'enveloppe ou l'accusé de dépôt en ligne
- Extrait Kbis, statuts et, si un tiers signe, pouvoir écrit du représentant légal
- Grand livre, factures, contrats et attestations qui contredisent chaque chef de rectification
Stade B
La réclamation a été rejetée ou reste sans réponse
- Copie intégrale de la réclamation déposée et preuve de sa date d'envoi
- Décision de rejet, avec l'enveloppe ou la date de mise à disposition dans l'espace professionnel
- Courriers du comptable public sur les garanties, les relances et les éventuelles mesures conservatoires
- Avis de la commission départementale ou compte rendu de l'entretien avec l'interlocuteur, s'ils existent
Ne laissez pas un nouveau rappel ou un rejet partiel sans lecture attentive : un document intitulé proposition de rectification peut contenir une décision sur une réclamation et faire courir un délai.
Le cabinet traite aussi :
- Vérification de comptabilité
- Sursis de paiement
- Majorations fiscales
- Dirigeant de société
La méthode
Comment le cabinet conduit le dossier de la société
Fixer le calendrier, choisir les moyens, puis tenir la procédure jusqu'au jugement.
Étape 1
Reconstituer le calendrier
Le cabinet date chaque acte reçu par la société et calcule la limite de réclamation, le délai de réponse de l'administration et la fenêtre de saisine du tribunal.
Étape 2
Trier les moyens
Les irrégularités du contrôle, la motivation des rectifications, la preuve des recettes ou des charges et les pénalités sont examinées séparément, avec leur effet réel sur chaque rappel.
Étape 3
Rédiger la réclamation
La réclamation chiffre le dégrèvement demandé, vise chaque imposition, joint les pièces et, si la trésorerie l'exige, demande le sursis de paiement avec les garanties adaptées.
Étape 4
Plaider devant le tribunal
Après le rejet ou le silence de six mois, le cabinet prépare la requête, répond aux mémoires de l'administration et complète les moyens avant la clôture de l'instruction.
Un moyen de procédure ne profite qu'aux impositions qu'il affecte réellement. La réclamation gagne en force lorsqu'elle relie chaque grief à un rappel identifié et à son montant.
Le calendrier
Le calendrier d'une réclamation de PME
De l'avis de mise en recouvrement au jugement du tribunal administratif.
Avis de mise en recouvrement
Jour de la réception. Notez la date de réception par la société, conservez l'enveloppe et identifiez les impositions et les pénalités réclamées.
Réclamation
Pour l'impôt sur les sociétés et la TVA, déposez-la au plus tard le 31 décembre de la deuxième année après cette notification ; pour la CFE, impôt direct local, au plus tard le 31 décembre de l'année suivante (article R*196-2 du LPF). Chiffrez le dégrèvement et, si besoin, demandez le sursis de paiement.
Garanties
Au-delà du seuil réglementaire, le comptable demande des garanties ; leur refus ouvre un référé devant le tribunal administratif dans les quinze jours.
Instruction par l'administration
Le service dispose de six mois, éventuellement prolongés de trois mois, et motive tout rejet total ou partiel.
Saisine du tribunal
Dans les deux mois suivant la réception d'un rejet qui mentionne les voies et délais de recours, ou à tout moment après six mois de silence tant qu'aucun rejet exprès n'a été régulièrement notifié.
Jugement et suites
Le jugement peut prononcer la décharge, une réduction ou le rejet ; l'appel se forme ensuite devant la cour administrative d'appel.
Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant de déposer
Une réclamation recevable et complète évite de perdre un dégrèvement pour une raison de forme.
- Qualité du signataire : représentant légal inscrit au registre, mandataire muni d'un pouvoir écrit, ou avocat dispensé de mandat.
- Périmètre exact : impositions, périodes, droits et pénalités visés, avec le montant du dégrèvement demandé.
- Délais : date limite de réclamation, éventuel délai spécial après rectification et date de tout rejet déjà notifié.
- Garanties du contrôle : débat oral, recours hiérarchique, commission et documents obtenus de tiers ; le rang de l'interlocuteur s'apprécie selon ses fonctions et non son grade (CE, 26 décembre 2018, n° 421809).
- Trésorerie : opportunité du sursis de paiement, garanties disponibles et risque de mesures conservatoires.
Synthèse
Situation de la société, preuve, réponse
Les configurations fréquentes après un contrôle fixent la première priorité du dossier.
Situation
Rappels de TVA et d'impôt sur les sociétés après vérification
Preuve décisive : Proposition de rectification, réponse aux observations, avis de mise en recouvrement et pièces comptables.
Délai : Pour l'impôt sur les sociétés et la TVA, jusqu'au 31 décembre de la deuxième année après l'avis de mise en recouvrement ; pour la CFE, jusqu'au 31 décembre de l'année suivante.
Action utile : Réclamation chiffrée par rappel, avec les moyens de procédure et de fond rattachés à chaque montant.
Situation
Rejet glissé dans une proposition de rectification
Preuve décisive : Le document lui-même, sa date de réception et la mention éventuelle des voies et délais de recours.
Délai : Deux mois à compter de la réception si le rejet est exprès et mentionne les voies et délais de recours ; à défaut, délai raisonnable d'un an.
Action utile : Qualifier le document puis saisir le tribunal sans attendre une nouvelle demande de remboursement.
Situation
Réclamation restée sans réponse
Preuve décisive : Accusé de dépôt ou de réception de la réclamation et absence de décision notifiée.
Délai : Le tribunal peut être saisi à l'expiration du délai de six mois.
Action utile : Saisir le tribunal administratif lorsque la trésorerie ou les garanties imposent une décision rapide.
Situation
Trésorerie menacée par le recouvrement
Preuve décisive : Réclamation contenant la demande expresse de sursis, garanties proposées et réponse du comptable.
Délai : Quinze jours pour contester le refus des garanties devant le juge du référé.
Action utile : Demande de sursis chiffrée, offre de garanties et, en cas de refus, référé fiscal après consignation du dixième des impôts contestés, à laquelle une caution bancaire ou des valeurs mobilières cotées peuvent se substituer.
Situation
Majoration de 40 % contestée
Preuve décisive : Motivation de la pénalité dans la proposition de rectification et éléments sur la bonne foi de la société.
Délai : Les pénalités doivent figurer dans une réclamation recevable ; les arguments qui les contestent peuvent ensuite être complétés avant la clôture de l'instruction.
Action utile : Contester séparément l'intention d'éluder l'impôt, dont la preuve incombe à l'administration.
Situation
Dirigeant assigné pour les impôts de la société
Preuve décisive : Assignation du comptable public, historique des déclarations et des paiements, causes des défaillances.
Délai : Délais de la procédure civile devant le président du tribunal judiciaire.
Action utile : Discuter la gravité et la répétition des manquements et leur lien avec l'impossibilité de recouvrer.
Questions fréquentes
Vos questions : contentieux fiscal de l'entreprise
À partir de quand une PME peut-elle réclamer après une proposition de rectification ?
Pour des rappels d'impôt, la réclamation vise les impositions mises en recouvrement : l'avis de mise en recouvrement chiffre les droits, les intérêts et les majorations effectivement réclamés et sert de point de départ au délai. Le livre des procédures fiscales prévoit une ouverture plus précoce pour un cas particulier, celui d'une rectification qui réduit un déficit ou un excédent de TVA déductible sans entraîner d'imposition supplémentaire : la réclamation est alors possible dès la réception de la réponse aux observations de la société, trente jours après une notification de taxation d'office ou après l'avis de la commission lorsque celle-ci a été saisie (article L. 190 du LPF). La date limite se calcule à partir de l'avis de mise en recouvrement : pour l'impôt sur les sociétés ou la TVA, la réclamation reste recevable jusqu'au 31 décembre de la deuxième année qui suit sa notification (article R*196-1) ; pour la CFE, impôt direct local, le terme est le 31 décembre de l'année suivante (article R*196-2). Une société rectifiée bénéficie aussi d'un délai égal à celui dont disposait l'administration pour la reprise (article R*196-3), ce qui peut allonger le calendrier pour certaines années. Le cabinet vérifie ces deux bornes avant de conclure qu'un délai est expiré, puis fixe une date de dépôt qui laisse le temps de réunir les pièces comptables.
Qui doit signer la réclamation présentée au nom de la société ?
La réclamation d'une société porte la signature de son auteur, et l'absence de signature conduit l'administration à inviter le contribuable à régulariser dans un délai de trente jours (article R*197-3). Le gérant de SARL, le président de SAS ou toute personne qui a le droit d'agir au nom de la société signe sans pouvoir particulier. Un tiers, par exemple un expert-comptable ou un salarié, doit en revanche justifier d'un mandat régulier produit avec l'acte, tandis que l'avocat inscrit au barreau en est dispensé (article R*197-4). La question se retrouve devant le juge : dans une affaire où une SARL agissait par des représentants non identifiés, la cour administrative d'appel de Marseille a vérifié qui avait qualité pour la représenter, puis a rejeté la requête comme irrecevable faute de pouvoir l'identifier (CAA Marseille, 31 mai 2018, n° 16MA02775). Il faut donc contrôler l'extrait Kbis, les statuts et toute administration provisoire avant de signer, surtout lorsque la direction de l'entreprise a changé depuis le contrôle.
Un rejet écrit dans une proposition de rectification fait-il courir le délai de recours ?
Il peut le faire, et cette situation se présente souvent lorsqu'une société a demandé le remboursement d'un crédit de TVA. Le Conseil d'État a jugé qu'une demande de remboursement présentée sur le fondement de l'article 271 du code général des impôts constitue une réclamation, et qu'un rejet formalisé dans une proposition de rectification peut valoir décision expresse lorsqu'il ressort sans ambiguïté du document (CE, 14 novembre 2025, n° 498880). Dans cette affaire, la société n'avait pas saisi le juge et avait reporté le crédit sur ses déclarations suivantes avant de demander à nouveau son remboursement. Le Conseil d'État a rejeté son pourvoi : la première décision était devenue définitive et les demandes suivantes ont été jugées tardives. La décision est défavorable à l'entreprise et montre le risque concret. Lorsque le document ne mentionne pas les voies et délais de recours, la société dispose en principe d'un délai raisonnable qui ne peut, sauf circonstance exceptionnelle, excéder un an à compter de la date où elle en a eu connaissance, comme le rappelle la même décision. Le cabinet lit donc chaque proposition de rectification en recherchant si elle tranche une demande antérieure de la société.
Que faire lorsque l'administration ne répond pas à la réclamation de l'entreprise ?
Le service dispose de six mois pour statuer et peut annoncer, avant ce terme, un délai complémentaire qui ne dépasse pas trois mois (article R*198-10). Une fois le délai de six mois expiré sans décision, la société peut porter le litige devant le tribunal administratif (article R*199-1). Elle n'y est pas tenue à date fixe : dans son avis du 21 octobre 2020, le Conseil d'État a indiqué que le silence de l'administration ne fait courir aucun délai de recours tant qu'une décision expresse de rejet n'a pas été régulièrement notifiée (CE, avis, 21 octobre 2020, n° 443327). Le même avis réserve le délai de deux mois au rejet exprès qui mentionne les voies et délais de recours. Attendre n'est pas toujours prudent pour autant : le recouvrement peut reprendre si aucun sursis n'a été demandé, et une décision explicite peut arriver à tout moment avec son propre délai. Le cabinet apprécie donc l'intérêt de saisir le tribunal sans attendre, au regard de la trésorerie de la société et des garanties déjà constituées.
La société peut-elle différer le paiement des rappels pendant sa réclamation ?
Oui, à condition de le demander expressément dans la réclamation et de chiffrer le dégrèvement attendu, ou d'en indiquer les bases (article L. 277 du LPF). La partie contestée des droits et des pénalités cesse alors d'être exigible jusqu'à la décision définitive de l'administration ou du tribunal. Au-delà d'un montant fixé par décret, le comptable public demande des garanties : caution bancaire, hypothèque, nantissement de fonds de commerce ou versement en espèces sur un compte d'attente (article R*277-1). À défaut de garanties ou si elles sont jugées insuffisantes, il peut prendre des mesures conservatoires. Si le comptable refuse les garanties offertes par la société, celle-ci dispose de quinze jours à compter du refus reçu pour saisir le juge des référés du tribunal administratif, après avoir consigné le dixième des impôts contestés, une caution bancaire ou la remise de valeurs mobilières cotées pouvant tenir lieu de cette consignation (article L. 279). Pour une PME, le choix des garanties pèse sur le crédit bancaire et sur la relation avec les fournisseurs : le cabinet en discute avec le dirigeant avant le dépôt, afin que la demande de sursis ne crée pas une difficulté de trésorerie plus lourde que le rappel lui-même.
La société peut-elle demander au tribunal plus que dans sa réclamation ?
Non. Le tribunal administratif ne peut être saisi que des impositions que la réclamation visait déjà (article R*200-2), et la jurisprudence en déduit qu'il ne peut pas non plus demander une décharge supérieure au montant réclamé. La cour administrative d'appel de Marseille a appliqué cette règle à un professionnel qui contestait devant le juge l'ensemble des rappels de TVA d'une vérification, alors que ses réclamations ne visaient que quelques mois et une fraction du montant : ses conclusions ont été déclarées irrecevables pour le surplus (CAA Marseille, 2 octobre 2026, n° 25MA01509). Le Conseil d'État raisonne de la même manière lorsqu'un dégrèvement partiel a déjà été accordé : un jugement qui avait accueilli la totalité de la demande d'une SCI a été annulé, les conclusions n'étant que partiellement recevables (CE, 23 décembre 2025, n° 503744). La réclamation doit donc viser toutes les périodes et tous les montants contestables, quitte à abandonner ensuite un chef de demande.
Un argument absent de la réclamation peut-il encore être invoqué devant le tribunal administratif ?
Oui. La société comme l'administration peuvent faire valoir tout moyen nouveau devant le tribunal puis devant la cour, tant que l'instruction reste ouverte et sans excéder le dégrèvement demandé au départ (article L. 199 C du LPF). Dans l'arrêt du 2 octobre 2026, la cour de Marseille a admis qu'un moyen tiré de l'irrégularité de l'avis de mise en recouvrement soit soulevé pour la première fois devant le tribunal, sans incidence sur la recevabilité de la demande (CAA Marseille, 2 octobre 2026, n° 25MA01509). Le requérant a pourtant perdu sur ce point, la cour ayant jugé l'avis régulier et le signataire compétent. Cette souplesse porte sur les arguments, non sur le périmètre : un moyen nouveau ne permet pas d'étendre la demande à une autre année ou à un montant plus élevé. Elle profite aussi à l'administration, qui peut défendre l'imposition par un autre raisonnement en cours d'instance. La réclamation gagne donc à exposer dès le départ les moyens essentiels, la requête permettant ensuite de compléter l'argumentation à partir des pièces produites par le service.
Qui doit prouver devant le juge après une vérification de comptabilité ?
La réponse dépend de ce qui s'est passé pendant le contrôle. Lorsque la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a été saisie, l'administration supporte la charge de la preuve quel que soit l'avis rendu (article L. 192 du LPF). La charge passe au contribuable lorsque deux conditions se cumulent, une comptabilité comportant de graves irrégularités et une imposition établie conformément à l'avis de la commission, l'administration devant toujours prouver devant le juge les graves irrégularités qu'elle invoque. Elle lui incombe aussi à défaut de comptabilité ou de pièces en tenant lieu. La commission n'est compétente que pour certains désaccords, notamment le montant du résultat ou du chiffre d'affaires déterminé selon un régime réel (article L. 59 A du LPF). Hors de ces textes, chaque partie établit les faits utiles à sa prétention, mais le Conseil d'État rappelle que les éléments de preuve qu'une partie est seule à détenir ne peuvent être réclamés qu'à elle (CE, 10 mai 2019, n° 413847). Pour une PME, cela signifie que les inventaires, les écritures de stock et les pièces internes doivent être produits par l'entreprise elle-même, avec les explications du commissaire aux comptes ou de l'expert-comptable lorsque ceux-ci peuvent éclairer les écritures discutées.
Un débat oral et contradictoire insuffisant avec le vérificateur fait-il tomber les rappels ?
Pas automatiquement. Lorsque la vérification se déroule, comme il est de règle, dans les locaux de l'entreprise, c'est à la société qui se plaint de ne pas avoir pu dialoguer avec le vérificateur de démontrer que celui-ci s'est refusé à tout débat. Dans l'affaire jugée le 10 mai 2019, le Conseil d'État a relevé que le vérificateur avait rencontré à plusieurs reprises le représentant de la société au siège, et le pourvoi de l'entreprise a été rejeté (CE, 10 mai 2019, n° 413847). Cette décision est défavorable au contribuable et illustre la difficulté de la preuve. Un tel moyen se prépare avec des éléments datés : agenda des interventions, courriels demandant un rendez-vous resté sans suite, compte rendu de l'entretien de synthèse, durée réelle de présence sur place. Pour les entreprises dont le chiffre d'affaires ou les recettes ne dépassent pas les seuils auxquels renvoie l'article L. 52 du LPF, la vérification sur place est en principe limitée à trois mois, sous réserve des exceptions et suspensions prévues par ce texte. Le cabinet confronte le récit du dirigeant aux mentions de la proposition de rectification, qui décrit souvent elle-même les réunions tenues pendant le contrôle.
L'administration doit-elle remettre à la société les documents obtenus auprès de sa banque ou de ses clients ?
Elle doit informer l'entreprise de la teneur et de l'origine des renseignements obtenus de tiers sur lesquels elle fonde les rectifications, et lui en communiquer une copie avant la mise en recouvrement si la société le demande (article L. 76 B du LPF). Le Conseil d'État rattache cette obligation à toutes les procédures d'imposition et précise que l'information doit être assez précise pour permettre un accès aux documents avant la mise en recouvrement (CE, 24 décembre 2020, n° 433456). Dans cette affaire, il a pourtant censuré l'arrêt favorable aux contribuables, faute pour la cour d'avoir recherché s'ils pouvaient accéder eux-mêmes, effectivement et directement, aux relevés bancaires de la société. La sanction est aussi circonscrite : le manquement n'affecte que les impositions pour lesquelles les documents ont servi, que ce soit pour conduire la procédure ou pour calculer l'impôt (CE, 24 avril 2019, n° 414420). La demande de communication se formule donc par écrit, pendant le contrôle, et le grief se rattache ensuite aux seuls rappels concernés.
Comment contester la majoration de 40 % appliquée à la société ?
La majoration de 40 % sanctionne le manquement délibéré (article 1729 du code général des impôts). Lorsque la société la conteste, la preuve de la mauvaise foi incombe à l'administration (article L. 195 A du LPF). Le Conseil d'État exige qu'elle démontre deux éléments : l'insuffisance ou l'inexactitude des déclarations, puis l'intention d'éluder l'impôt. Dans une affaire de rappels de TVA visant une SAS, il a confirmé la décharge des majorations, la cour ayant pu juger l'intention non établie dès lors que les omissions ne portaient que sur une partie de la période vérifiée (CE, 23 juillet 2024, n° 489235). Il ne s'agit pas d'une règle générale : chaque dossier est apprécié selon la nature des erreurs, leur montant, leur répétition et la compétence de l'entreprise. La contestation des pénalités se mène en parallèle de celle des droits, avec des arguments propres, car une PME peut perdre sur le principal et obtenir la décharge des majorations. Le cabinet relit la motivation de la pénalité dans la proposition de rectification, souvent plus courte que celle des rappels.
La société peut-elle saisir seule le tribunal administratif ?
Pour l'impôt sur les sociétés, la TVA et les taxes assimilées, la société n'est pas tenue de recourir à un avocat devant le tribunal administratif. Le code de justice administrative impose en principe le ministère d'avocat pour les demandes de décharge ou de réduction de sommes réclamées (article R. 431-2), mais il écarte cette exigence pour les litiges relatifs aux contributions directes et aux taxes sur le chiffre d'affaires (article R. 431-3). La requête peut aussi être signée par un autre mandataire, qui doit alors justifier d'un mandat régulier (article R*200-2 du LPF). La société agit par son représentant légal, et le juge peut vérifier sa qualité pour agir. La difficulté tient moins à la recevabilité qu'à la technique : délimitation des conclusions, choix des moyens utiles, réponse aux mémoires de l'administration et respect de la clôture de l'instruction. Une société qui agit seule doit au moins vérifier que sa requête vise les mêmes impositions que sa réclamation et qu'elle est déposée dans le délai ouvert par la décision ou le silence de l'administration.
Le dirigeant peut-il être poursuivi pour les impôts que la société ne paie pas ?
Oui, dans un cadre distinct du contentieux de l'impôt. Lorsque des manœuvres frauduleuses ou l'inobservation grave et répétée des obligations fiscales ont rendu impossible le recouvrement, le dirigeant de droit ou de fait peut être déclaré solidairement responsable des impositions et pénalités de la société par le président du tribunal judiciaire (article L. 267 du LPF). La Cour de cassation a jugé que « la décision d'engager l'action prévue à l'article L. 267 du livre des procédures fiscales, qui est prise par le responsable départemental des finances publiques, quand bien même seul le comptable public peut exercer l'action, ne constitue pas une décision soumise au respect d'une procédure contradictoire préalable » (Cass. com., 15 février 2023, n° 21-18.395). Le pourvoi du dirigeant a été rejeté : cette décision lui est défavorable. La défense se construit alors sur les conditions du texte, à savoir la gravité et la répétition des manquements, leur imputabilité au dirigeant et leur lien avec l'impossibilité de recouvrer. La réclamation de la société et cette action ne se confondent pas, mais le sort des rappels contestés pèse sur le montant que le comptable peut réclamer au dirigeant.
Comment la société récupère-t-elle les sommes payées après un dégrèvement ?
Lorsque l'administration accorde un dégrèvement à la suite d'une réclamation pour erreur d'assiette ou de calcul, ou lorsque le tribunal le prononce, les sommes déjà payées sont remboursées avec des intérêts moratoires qui courent du jour du paiement (article L. 208 du LPF). Les sommes consignées au titre des garanties sont restituées avec ces mêmes intérêts. La date de départ se discute : la cour administrative d'appel de Paris a jugé, pour une cotisation sur la valeur ajoutée payée par acomptes, que les intérêts partent du jour où la somme est devenue indisponible pour l'entreprise, et a condamné l'État à verser un complément (CAA Paris, 20 juillet 2022, n° 21PA01698). Dans cette affaire, la société avait dû former une seconde réclamation pour obtenir la différence, puis faire appel. Il faut donc contrôler le calcul joint à la décision de dégrèvement, rapprocher les dates de chaque versement et réclamer rapidement l'écart. Pour une PME, ces intérêts compensent en partie le coût de trésorerie supporté pendant la durée du litige.
Sources et pages liées
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Pour aller plus loin
Page mise à jour le 1er novembre 2026.
Un avis de mise en recouvrement à contester ? Faites le point aujourd'hui.
Envoyez les actes du contrôle, l'avis de mise en recouvrement et, s'il existe, le rejet de la réclamation : le cabinet examine les délais, la recevabilité et les moyens utiles pour la société.
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