NDA avant cession, levée de fonds ou partenariat : portée, preuve et sanction

Avocat accord de confidentialité à Paris : portée du NDA et sanction de la fuite avant une cession ou un partenariat.

Data room d'une cession de titres, discussions de partenariat industriel, présentation d'un fonds à un repreneur : l'accord de confidentialité, ou NDA, encadre ce que l'autre partie peut lire, utiliser et révéler. Sa valeur se mesure au jour du litige, lorsqu'il faut prouver quelle information a été transmise et comment elle a été utilisée.

Une fuite se prouve par la pièce transmise et par l'usage qui en a été fait. Conservez l'accord signé, la liste des documents remis, les accès à la data room et les échanges avant toute relance.

Accord de confidentialité · Paris

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Envoyez le projet de NDA ou l'accord signé, la lettre d'intention éventuelle, l'index de la data room et les échanges utiles : le cabinet examine la portée de l'engagement et les preuves disponibles.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Accord de confidentialité : ce que le juge vérifie

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit des affaires · Paris 17e

Ce que fait un avocat accord de confidentialité à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit des affaires
  • Cessions et partenariats

Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris : droit des affaires, cessions d'entreprise et contrats commerciaux.

Un accord de confidentialité n'a de valeur que s'il permet, le moment venu, de désigner l'information protégée, de prouver sa transmission et de rattacher son usage à un manquement. Le cabinet examine l'accord sous cet angle, avant la signature comme après une fuite supposée.

Le contrat tient lieu de loi à ceux qui l'ont fait (article 1103 du code civil). Hors de tout contrat, l'article 1112-2 du code civil engage déjà la responsabilité de celui qui utilise ou divulgue sans autorisation une information confidentielle obtenue à l'occasion des négociations. Le NDA précise ce socle : périmètre, destinataires, durée, restitution et sanction.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

La définition de l'information

Une liste datée des documents remis, rattachée à l'accord, protège mieux qu'une formule générale qui couvre tout et ne désigne rien.

L'usage autorisé

L'accord fixe la seule finalité admise, par exemple l'évaluation de la cession, et exclut tout autre usage, y compris interne au groupe du destinataire.

La sanction prévue

Clause pénale, restitution et destruction des copies se rédigent avant la signature, car le préjudice d'une fuite reste difficile à chiffrer après coup.

Les règles

Cession, partenariat, data room : les règles applicables

Cinq règles commandent la portée d'un NDA et l'issue d'une action pour violation.

  1. Le créancier de la confidentialité doit identifier l'information protégée et établir le manquement reproché, utilisation ou divulgation non autorisée selon les termes de l'accord. La cour d'appel d'Orléans a débouté un cédant au motif que « Dès lors qu'elle n'établit aucun lien entre une information déterminée et confidentielle et les griefs qu'elle élève à l'endroit des intimés, la société Rubex échoue à établir une quelconque violation de l'accord de confidentialité » (CA Orléans, ch. com., 18 septembre 2025, n° 23/01684). Cette décision, défavorable au cédant, montre que l'accord signé ne suffit pas sans la preuve de ce qui a été remis.
  2. Dans le même sens, la cour d'appel de Rennes a infirmé une condamnation prononcée en première instance, en jugeant qu'« Il appartient à la société Conscientia de viser les informations confidentielles communiquées ou le secret des affaires qui auraient été utilisés » (CA Rennes, 3e ch. com., 27 janvier 2026, n° 25/00525). Faute de preuve que les documents litigieux figuraient parmi les informations remises pendant les pourparlers, la violation n'a pas été retenue.
  3. La publication d'une partie des informations ne libère pas le débiteur du reste. La Cour de cassation a jugé que « la publication de la demande de brevet ne pouvait avoir pour effet de rendre caduc l'accord de confidentialité en lui-même ni de libérer le débiteur de son obligation de confidentialité à l'égard des éléments protégés par l'accord, non divulgués par cette publication » (Cass. com., 17 mai 2023, n° 19-25.007).
  4. Sans NDA, l'article 1112-2 du code civil sanctionne l'usage ou la divulgation non autorisés d'une information confidentielle obtenue pendant les négociations. Lorsque l'information répond aux trois critères de l'article L. 151-1 du code de commerce, sa divulgation en violation d'une obligation de ne pas divulguer est illicite (article L. 151-5) et engage la responsabilité civile de son auteur (article L. 152-1).
  5. La rupture des pourparlers reste libre, sous réserve de la bonne foi exigée par l'article 1112 du code civil. La cour d'appel de Versailles rappelle que « Les pourparlers peuvent être rompus sur décision unilatérale d'une partie, libre de ne pas contracter, de sorte que le seul fait de rompre des pourparlers n'est pas en soi fautif » (CA Versailles, 12e ch., 12 janvier 2023, n° 21/02823) ; dans cette espèce, elle a toutefois retenu une rupture fautive, survenue après un accord de confidentialité et des due diligences.

Un NDA n'oblige pas à conclure la cession ou le partenariat. Il protège l'information échangée ; la rupture des discussions relève d'un autre régime, celui de l'article 1112 du code civil.

Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre position

La date, le contenu et la circulation des documents sont au cœur de la preuve d'une violation.

Position A

Vous avez communiqué l'information

  • Accord de confidentialité signé, lettre d'intention et avenants éventuels
  • Index de la data room, journaux d'accès et liste datée des documents remis
  • Courriels et comptes rendus de réunion montrant ce qui a été dit ou montré
  • Éléments laissant penser à un usage : offre concurrente, débauchage, produit proche

Position B

Vous êtes accusé de violation

  • Mise en demeure ou assignation reçue, avec les pièces qu'elle vise
  • Preuve que l'information était publique ou déjà détenue avant l'accord
  • Documents datés montrant un développement indépendant
  • Échanges établissant la fin des discussions et la restitution ou destruction des copies

Ne supprimez aucun fichier et ne formulez aucune accusation publique avant d'avoir figé la preuve : une suppression ou une déclaration précipitée peut se retourner contre son auteur.

Le cabinet traite aussi :

  • Cession de parts et d'actions
  • Due diligence
  • Concurrence déloyale
  • Protocole de cession

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Rédiger un engagement qui se prouve, puis répondre à la fuite avec des pièces.

Étape 1

Lire l'opération et les documents

Le cabinet examine l'opération envisagée, la nature des informations à échanger, les personnes qui y auront accès et les documents déjà transmis avant toute signature.

Étape 2

Rédiger ou relire le NDA

Définition des informations, finalité unique, destinataires autorisés, durée, exclusions, restitution, clause pénale et loi applicable : chaque stipulation est rédigée pour pouvoir être prouvée.

Étape 3

Figer la preuve d'une fuite

En cas de soupçon, le cabinet rapproche les documents remis de l'usage constaté ; si la preuve est entre les mains de l'autre partie, une mesure fondée sur l'article 145 du code de procédure civile peut être envisagée.

Étape 4

Mettre en demeure et agir

Selon les pièces, le cabinet prépare une mise en demeure, une demande en référé pour faire cesser l'usage, ou une action en réparation fondée sur le contrat ou sur le secret des affaires.

Une mesure d'instruction doit rester ciblée : la Cour de cassation censure l'arrêt qui ne vérifie pas si les mesures ordonnées s'analysent en une mesure générale d'investigation (Cass. 2e civ., 1er décembre 2016, n° 15-22.916).

Le calendrier

La chronologie d'un NDA avant cession

De la première prise de contact à la fin de l'obligation de confidentialité.

  1. Premier contact

    Avant toute remise. Aucun document chiffré ni fichier client ne part avant la signature de l'accord, même pour une présentation sommaire de l'entreprise.

  2. Signature du NDA

    L'accord fixe le périmètre, la finalité, les destinataires, la durée et la sanction ; un engagement pris pour une société à constituer doit le dire expressément.

  3. Ouverture de la data room

    Chaque document remis est indexé et daté ; les accès sont nominatifs et leur journal est conservé aussi longtemps qu'une action reste possible, au-delà de la fin de l'obligation.

  4. Négociation et audit

    Les informations sensibles données oralement sont confirmées par écrit et rattachées à l'accord, faute de quoi leur contenu sera difficile à établir.

  5. Fin des discussions

    Demandez par écrit la restitution ou la destruction des copies et une attestation de l'autre partie, en conservant votre propre exemplaire.

  6. Après la rupture

    L'obligation survit pendant la durée stipulée ; l'action pour atteinte au secret des affaires se prescrit par cinq ans à compter du jour où le détenteur légitime a connu ou aurait dû connaître le dernier fait qui en est la cause, selon l'article L. 152-2 du code de commerce.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Les décisions d'Orléans et de Rennes citées plus haut montrent qu'une action pour violation de NDA peut échouer faute de preuve précise.

  • Signataires : qui s'est engagé, pour quelle société, et si l'engagement couvre une société à constituer ou des sociétés du groupe.
  • Périmètre : définition de l'information et exclusions pour les données publiques, déjà détenues ou reçues d'un tiers.
  • Transmission : liste datée des documents effectivement remis, accès à la data room et échanges oraux confirmés par écrit.
  • Usage : lien concret entre une information déterminée et l'acte reproché, distinct de la connaissance générale du secteur.
  • Sanction et délai : clause pénale, restitution, durée de l'obligation, prescription de l'article 2224 du code civil et de l'article L. 152-2 du code de commerce.

Synthèse

Situation, preuve, réponse

Six configurations fréquentes autour d'un NDA de cession ou de partenariat.

Situation

Repreneur qui débauche un salarié après la data room

Preuve décisive : Accord signé, chronologie des contacts avec le salarié, preuve que l'existence des négociations lui a été révélée.

Délai : Rapprocher dès que possible les dates de démission et d'embauche de celles des pourparlers.

Action utile : Mise en demeure, puis demande de réparation si la divulgation de l'opération est établie.

Situation

Partenaire qui lance un produit proche

Preuve décisive : Documents techniques remis, dates de remise, comparaison avec le produit et éléments sur son développement.

Délai : Agir avant une diffusion large si une interdiction est recherchée.

Action utile : Référé pour faire cesser l'usage, mesure d'instruction ciblée, puis action au fond.

Situation

Document confidentiel publié en ligne

Preuve décisive : Constat de la diffusion, adresse de la page, date, et lien avec le document remis sous l'accord.

Délai : Faire constater la diffusion avant tout retrait de la page.

Action utile : Demande de retrait puis, selon l'accord, clause pénale ou réparation du préjudice prouvé, sans double indemnisation du même dommage.

Situation

Discussions rompues sans motif après l'audit

Preuve décisive : Durée et avancement des pourparlers, offres, frais engagés, motif donné à la rupture.

Délai : Réunir les frais exposés et les échanges avant qu'ils ne se dispersent.

Action utile : Réparation de la rupture fautive dans les limites de l'article 1112 du code civil, distincte du NDA.

Situation

Engagement signé pour une société à créer

Preuve décisive : Termes de l'engagement, identité de la société constituée, acte conclu sans l'intermédiaire.

Délai : Vérifier la durée stipulée de l'engagement au jour de l'opération.

Action utile : Action contre le signataire et, selon les termes de l'acte, contre la société constituée.

Situation

Vous êtes mis en cause pour une fuite

Preuve décisive : Origine indépendante de l'information, caractère public, absence de remise du document visé.

Délai : Répondre à la mise en demeure en préservant vos propres pièces.

Action utile : Contester le lien entre l'information déterminée et le grief, discuter la clause pénale.

Questions fréquentes

Vos questions : accord de confidentialité

Que doit contenir un accord de confidentialité signé avant une cession d'entreprise ?

L'accord doit d'abord désigner les informations protégées. Une formule générale visant toute information échangée paraît protectrice, mais elle laisse au créancier la charge de démontrer, le jour du litige, quel document précis a été remis et utilisé. Une annexe datée, complétée par l'index de la data room, rend cette démonstration possible. L'accord fixe ensuite la finalité unique de l'usage, par exemple l'évaluation de l'opération, et la liste des personnes autorisées à connaître les informations : dirigeants, conseils, financeurs. Il prévoit les exclusions classiques, comme l'information déjà publique ou déjà détenue, ainsi que la durée de l'obligation, la restitution ou la destruction des copies et la sanction. La cour d'appel d'Orléans a rejeté l'action d'un cédant qui ne reliait aucune information déterminée aux griefs invoqués (CA Orléans, ch. com., 18 septembre 2025, n° 23/01684). Cette décision défavorable illustre le risque d'un accord qui ne permet pas d'identifier ce qui a été transmis. Le cabinet relit chaque stipulation au regard de la preuve qu'elle permettra d'apporter, et non de sa seule formulation.

Un engagement de confidentialité signé par le seul repreneur est-il valable ?

Un engagement de confidentialité peut prendre la forme d'une lettre adressée par le cédant et contresignée par le seul destinataire. Le contrat tient lieu de loi à ceux qui l'ont fait, selon l'article 1103 du code civil, et aucun texte n'impose une forme particulière à ce type d'engagement. Dans une affaire jugée par la cour d'appel de Paris, la lettre émanait du cédant et la formule d'engagement avait été signée par le représentant de la société candidate au rachat. La cour a qualifié l'acte d'engagement unilatéral de confidentialité et condamné son auteur à réparer le préjudice causé par sa violation (CA Paris, pôle 5 ch. 4, 13 septembre 2023, n° 21/09217). Ce qui compte est donc la preuve de l'engagement pris par celui à qui l'on reproche la fuite, de son contenu et de sa date. Un engagement signé des deux côtés reste préférable, car il permet de prévoir des obligations réciproques lorsque chaque partie communique des informations. Le cabinet vérifie qui a signé, en quelle qualité et pour quelle société, avant toute réclamation.

Que risque le repreneur qui révèle l'existence des négociations à un salarié du cédant ?

L'existence même d'une cession en discussion peut être couverte par l'accord. Dans l'affaire jugée par la cour d'appel de Paris le 13 septembre 2023, le candidat au rachat avait informé un cadre de la société cible des négociations en cours, puis l'avait embauché. La cour a retenu que « Cette chronologie suffit à établir que son débauchage est la suite directe de la violation de l'engagement de confidentialité » (CA Paris, pôle 5 ch. 4, 13 septembre 2023, n° 21/09217). Elle a ensuite caractérisé « un préjudice moral résidant dans sa déstabilisation dans les pourparlers qu'elle menait avec son salarié, puis avec elle, pour le rachat des parts de ses associés » (même arrêt), et l'a réparé par une indemnité de 10 000 euros, en réduisant le montant fixé en première instance. La même décision écarte en revanche le grief tiré de l'utilisation des informations pour créer une société concurrente, faute de preuve que ce projet reposait sur des données confidentielles. La leçon pratique est double : prévoir expressément la confidentialité de l'opération elle-même, et documenter la chronologie des contacts avec les salariés. Le cabinet rapproche ces dates de celles des pourparlers avant de chiffrer une demande.

Comment prouver la violation d'un NDA conclu avant un partenariat ?

La preuve repose sur trois éléments : l'information était couverte par l'accord, elle a été remise au destinataire, et elle a été utilisée ou révélée en dehors de la finalité convenue. La cour d'appel de Rennes a infirmé une condamnation en jugeant qu'« Il appartient à la société Conscientia de viser les informations confidentielles communiquées ou le secret des affaires qui auraient été utilisés » (CA Rennes, 3e ch. com., 27 janvier 2026, n° 25/00525). Dans cette affaire, les documents dont la reprise était reprochée n'apparaissaient pas parmi les informations transmises pendant les pourparlers, et les constats produits décrivaient une copie de fichiers sans en révéler le contenu. Cette décision est défavorable au demandeur. Pour éviter cet écueil, il faut conserver l'index daté de la data room, les courriels de transmission, les journaux d'accès et les comptes rendus de réunion. Il faut ensuite comparer précisément le document remis et le produit, l'offre ou le document adverse. Lorsque la preuve se trouve chez l'autre partie, une mesure d'instruction peut être demandée avant tout procès au fond sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile, à condition de justifier d'un motif légitime et de solliciter une mesure légalement admissible et ciblée.

L'information devenue en partie publique reste-t-elle protégée par le NDA ?

Pour la part qui n'a pas été rendue publique, oui. La Cour de cassation a censuré un arrêt qui avait déclaré caduc un accord de confidentialité après la publication d'une demande de brevet, en jugeant que « la publication de la demande de brevet ne pouvait avoir pour effet de rendre caduc l'accord de confidentialité en lui-même ni de libérer le débiteur de son obligation de confidentialité à l'égard des éléments protégés par l'accord, non divulgués par cette publication » (Cass. com., 17 mai 2023, n° 19-25.007). La publication n'expose que ce qu'elle contient : les échanges commerciaux, les factures ou les informations techniques non publiées restent soumis à l'accord. La même décision reproche aux juges du fond d'avoir statué « sans analyser concrètement si les pièces litigieuses avaient été échangées dans des conditions de confidentialité s'opposant à leur remise à un tiers » (même arrêt), ce qui impose une analyse document par document. En pratique, lorsqu'une partie invoque la publicité d'une information pour s'affranchir de l'accord, il faut isoler précisément ce qui a été publié et ce qui ne l'a pas été. La clause d'exclusion des informations publiques doit d'ailleurs viser l'information devenue publique sans faute du destinataire, et non toute information figurant dans un document partiellement diffusé. Le cabinet procède à cette comparaison avant de répondre à l'argument.

Une clause pénale prévue dans un NDA peut-elle être réduite par le juge ?

Oui. L'article 1231-5 du code civil permet au juge, même d'office, de modérer ou d'augmenter la pénalité convenue lorsqu'elle est manifestement excessive ou dérisoire. La cour d'appel de Dijon a jugé, à propos d'un contrat de confidentialité violé par la mise en ligne d'une vidéo, que « la seule justification du manquement sanctionné par la clause suffit à rendre exigible la clause pénale, même en l'absence de preuve de tout préjudice » (CA Dijon, 2e ch. civ., 22 mai 2025, n° 22/00399). Elle a néanmoins jugé excessive la pénalité stipulée de 150 000 euros et l'a ramenée à 20 000 euros, en tenant compte des circonstances. La Cour de cassation retient, pour sa part, qu'une stipulation qui indemnise forfaitairement le créancier et vise à contraindre le débiteur à exécuter constitue une clause pénale, que le juge peut alors modérer ; l'arrêt portait sur un préavis contractuel et sur les textes antérieurs à 2016, et la Cour, jugeant la pénalité non disproportionnée, a refusé de la réduire et condamné au paiement du montant stipulé (Cass. com., 17 septembre 2025, n° 24-15.287). Une clause pénale dispense donc de chiffrer le préjudice, mais elle reste exposée à la révision. Un montant en rapport avec la valeur réelle des informations et l'enjeu de l'opération résiste mieux qu'un chiffre purement dissuasif.

Un NDA signé par une personne engage-t-il la société qu'elle crée pour acheter ?

Le contrat ne crée d'obligations qu'entre les parties, selon l'article 1199 du code civil. Un engagement signé par une personne physique ne lie donc pas, par principe, une société distincte. La réponse dépend des termes de l'acte. Dans une affaire jugée par le tribunal des activités économiques de Marseille, le candidat avait signé l'engagement en son nom et pour le compte de la société à constituer pour l'acquisition. Le tribunal a estimé que « l'esprit de cet engagement étend naturellement les obligations prises au nom de Monsieur [U] à la société à constituer pour l'acquisition des biens proposés » (TAE Marseille, ch. 10, 27 mai 2026, n° 2025F00590). Il a condamné le signataire à verser 16 000 euros à l'intermédiaire, la cession ayant été conclue moins de deux ans après la signature sans passer par lui. Il s'agit d'une décision de première instance, rendue sur les termes précis de cet engagement, et non d'une règle générale. Pour éviter toute discussion, l'accord doit nommer la ou les sociétés engagées, prévoir l'adhésion de la société constituée et obliger le signataire à faire respecter l'engagement par les entités qu'il contrôle.

Combien de temps dure l'obligation de confidentialité après l'échec des discussions ?

La durée est celle que prévoit l'accord. Aucun texte ne fixe une durée unique pour un NDA, mais l'article 1210 du code civil prohibe les engagements perpétuels, chaque contractant pouvant y mettre fin dans les conditions du contrat à durée indéterminée. L'article 1211 du code civil permet alors de mettre fin à un contrat à durée indéterminée en respectant le préavis prévu ou, à défaut, un délai raisonnable. Un accord sans terme expose donc le créancier à une résiliation qu'il n'aura pas choisie. La durée se négocie selon la nature des informations et l'opération envisagée ; l'engagement examiné par le tribunal des activités économiques de Marseille fixait par exemple vingt-quatre mois à compter de sa signature (TAE Marseille, ch. 10, 27 mai 2026, n° 2025F00590). Pour un savoir-faire ou une information technique durable, la durée peut être distinguée selon la nature des informations. Le cabinet vérifie la durée stipulée au jour des faits reprochés, ainsi que le point de départ choisi par les parties.

Le NDA interdit-il au repreneur d'embaucher les salariés du cédant ?

Pas en lui-même. Un accord de confidentialité protège des informations ; il n'interdit le recrutement que s'il contient une stipulation en ce sens. La cour d'appel d'Orléans a rejeté la demande d'un cédant qui reprochait au candidat malheureux le débauchage de ses salariés, en relevant qu'« aucune clause de l'accord de confidentialité ne stipule une interdiction d'embaucher un salarié ou un ancien salarié de la société Rubex » (CA Orléans, ch. com., 18 septembre 2025, n° 23/01684). La clause qui interdisait de solliciter le personnel visait seulement à empêcher l'obtention d'informations confidentielles par ce canal. Cette décision est défavorable au cédant. Elle se distingue de l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 13 septembre 2023, où l'embauche était la conséquence d'une divulgation de l'existence des négociations, elle-même interdite par l'engagement (CA Paris, pôle 5 ch. 4, 13 septembre 2023, n° 21/09217). Lorsque la protection du personnel compte, l'accord doit contenir une clause de non-sollicitation distincte, limitée dans le temps et dans son objet. À défaut, le cédant devra démontrer une divulgation interdite ou un comportement déloyal relevant d'un autre fondement.

Peut-on obtenir en urgence l'arrêt de l'usage d'informations confidentielles ?

Oui, à certaines conditions. Selon la juridiction compétente, le président du tribunal judiciaire (article 835 du code de procédure civile) ou le président de la juridiction commerciale (article 873 du même code) peut prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite. Lorsque l'information constitue un secret des affaires, l'article L. 152-4 du code de commerce permet en outre d'obtenir, sur requête ou en référé, des mesures provisoires et conservatoires. L'article R. 152-1 du même code autorise notamment, y compris sous astreinte, l'interdiction d'utiliser ou de divulguer le secret, mais ces mesures deviennent caduques si le juge du fond n'est pas saisi dans les vingt jours ouvrables ou trente et un jours civils suivant l'ordonnance. La demande doit reposer sur des pièces précises : l'accord, la liste des documents remis et les indices d'un usage actuel. Si l'usage est soupçonné mais non établi, une mesure d'instruction fondée sur l'article 145 du code de procédure civile peut d'abord permettre de recueillir la preuve. La Cour de cassation exige toutefois que le juge vérifie, lorsqu'il y est invité, que la mesure ordonnée ne constitue pas une mesure générale d'investigation (Cass. 2e civ., 1er décembre 2016, n° 15-22.916). Le cabinet calibre donc la demande sur les documents et les personnes réellement concernés.

L'autre partie peut-elle produire en justice un document couvert par le NDA ?

Dans certaines limites, oui. Statuant sur un document confidentiel diffusé au sein d'un réseau de franchise, la Cour de cassation a jugé que « le droit à la preuve peut justifier la production d'éléments couverts par le secret des affaires, à condition que cette production soit indispensable à son exercice et que l'atteinte soit strictement proportionnée au but poursuivi » (Cass. com., 5 juin 2024, n° 23-10.954). Elle a censuré l'arrêt qui avait sanctionné la production de la pièce sans vérifier si elle était indispensable à la preuve de la concurrence déloyale alléguée. Cette décision est défavorable au détenteur du secret sur ce point. L'obligation contractuelle de confidentialité ne fait donc pas obstacle, par principe, à toute production en justice. En sens inverse, l'article L. 153-1 du code de commerce permet au juge de prendre connaissance seul d'une pièce, d'en limiter la communication à certains éléments ou d'en restreindre l'accès, lorsque la protection du secret ne peut être assurée autrement. Celui qui craint une divulgation à l'occasion du procès doit demander ces mesures. Celui qui produit la pièce doit justifier qu'elle est indispensable à l'exercice du droit à la preuve et que l'atteinte au secret est strictement proportionnée au but poursuivi.

Signer un NDA oblige-t-il à conclure la cession ou le partenariat ?

Non. L'article 1112 du code civil pose que l'initiative, le déroulement et la rupture des négociations précontractuelles sont libres, sous réserve de la bonne foi. La cour d'appel de Versailles rappelle que « Les pourparlers peuvent être rompus sur décision unilatérale d'une partie, libre de ne pas contracter, de sorte que le seul fait de rompre des pourparlers n'est pas en soi fautif » (CA Versailles, 12e ch., 12 janvier 2023, n° 21/02823). Dans cette affaire, un accord de confidentialité avait été signé, des due diligences menées et une offre émise ; la cour a néanmoins retenu une rupture fautive au regard des circonstances et alloué 75 000 euros, en réduisant le montant fixé en première instance. Le même texte limite la réparation : elle ne peut compenser ni la perte des avantages attendus du contrat non conclu, ni la perte de chance d'obtenir ces avantages. Le NDA et la rupture des pourparlers relèvent donc de deux régimes distincts. Le premier sanctionne l'usage ou la divulgation d'une information ; le second, un comportement déloyal dans la conduite des discussions. Une même affaire peut réunir les deux griefs, à condition de les prouver séparément.

Un NDA à signer ou une fuite à traiter ? Faites le point aujourd'hui.

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