Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Dossier de surendettement et mutuelle résiliée pour impayés : se soigner sans garantie, déclarer l’arriéré, suspendre et contester devant le juge, que faire ?

Vos cotisations de mutuelle sont impayées depuis plusieurs mois, les remboursements complémentaires ne viennent plus et une lettre annonce la résiliation de vos garanties. Au même moment, vos autres dettes deviennent insoutenables et le dépôt d’un dossier de surendettement à la Banque de France s’impose. Faut-il payer la mutuelle en priorité, déclarer l’arriéré dans le dossier, espérer que la procédure bloque la résiliation, et comment continuer à vous soigner sans complémentaire. Cet article décrit la mécanique exacte de la suspension puis de la résiliation pour impayés, puis l’articulation avec le dossier de surendettement : déclaration sincère de l’arriéré, suspension des voies d’exécution, calcul du reste à vivre avec vos frais de santé, et contestation devant le juge des contentieux de la protection. Pour le cadre général de la procédure, reportez-vous à notre dossier de référence sur le dossier de surendettement à la Banque de France, de la recevabilité à l’effacement.

I. Mutuelle impayée : suspension des remboursements puis résiliation, ce que la loi prévoit

A. Rejet du prélèvement, mise en demeure, suspension après trente jours puis résiliation : les délais exacts

Lorsque votre complémentaire santé est une mutuelle relevant du code de la mutualité, l’impayé suit une chronologie légale stricte. Aux termes de l’article L. 221-7 de ce code, « à défaut de paiement d’une cotisation ou fraction de cotisation due dans les dix jours de son échéance, et indépendamment du droit pour la mutuelle ou l’union de poursuivre l’exécution de l’engagement contractuel en justice, la garantie ne peut être suspendue que trente jours après la mise en demeure du membre participant », texte consultable sur Légifrance, article L. 221-7 du code de la mutualité. Concrètement, le rejet d’un prélèvement ne coupe pas vos droits le lendemain : la mutuelle doit d’abord vous adresser une mise en demeure, puis laisser passer trente jours avant de suspendre la garantie. Si votre cotisation annuelle est fractionnée en mensualités, la suspension intervenue pour une fraction impayée produit ses effets jusqu’à la fin de la période annuelle considérée.

La résiliation vient ensuite, et seulement ensuite. Le même article dispose que « La mutuelle ou l’union a le droit de résilier ses garanties dix jours après l’expiration du délai de trente jours prévu à l’alinéa précédent », et impose que « Lors de la mise en demeure, le membre participant est informé qu’à l’expiration du délai prévu à l’alinéa précédent le défaut de paiement de la cotisation est susceptible d’entraîner la résiliation des garanties », selon l’article L. 221-7 du code de la mutualité. Vérifiez donc la lettre que vous avez reçue : une mise en demeure qui ne mentionne pas ce risque de résiliation fragilise la procédure suivie par l’organisme. Lorsque votre contrat santé est souscrit auprès d’une société d’assurance et non d’une mutuelle, le mécanisme est comparable : « A défaut de paiement d’une prime, ou d’une fraction de prime, dans les dix jours de son échéance, et indépendamment du droit pour l’assureur de poursuivre l’exécution du contrat en justice, la garantie ne peut être suspendue que trente jours après la mise en demeure de l’assuré », et « L’assureur a le droit de résilier le contrat dix jours après l’expiration du délai de trente jours mentionné au deuxième alinéa du présent article », selon l’article L. 113-3 du code des assurances. Dans les deux cas, comptez donc environ cinquante jours entre la mise en demeure et une résiliation régulière, avec une phase intermédiaire de suspension pendant laquelle vos soins ne sont plus remboursés par l’organisme alors que les cotisations continuent de courir.

Deux conséquences pratiques découlent de ces textes. D’abord, tant que la garantie n’est pas résiliée, elle peut reprendre : pour la mutuelle, « La garantie non résiliée reprend pour l’avenir ses effets, à midi, le lendemain du jour où ont été payées à la mutuelle ou à l’union la cotisation arriérée ou, en cas de fractionnement de la cotisation annuelle, les fractions de cotisation ayant fait l’objet de la mise en demeure et celles venues à échéance pendant la période de suspension ainsi que, éventuellement, les frais de poursuites et de recouvrement », selon l’article L. 221-7 du code de la mutualité. Payer l’arriéré avant la résiliation restaure donc vos droits pour l’avenir, même si la période de suspension reste sans remboursement. Ensuite, la résiliation n’efface pas la dette : dans les deux régimes, l’organisme conserve le droit de poursuivre en justice le paiement des cotisations impayées. C’est cet arriéré, une fois devenu une dette exigible, qui entrera dans votre dossier de surendettement.

B. Se soigner sans garantie : reste à charge, frais de santé dans le reste à vivre et complémentaire santé solidaire

Sans complémentaire, vos dépenses de santé n’ont pas disparu : elles ont seulement changé de nature. Le régime obligatoire continue de fonctionner selon ses propres règles, mais la part complémentaire des consultations, des médicaments, des analyses, des lunettes ou des soins dentaires reste à votre charge. Pour un ménage surendetté, souvent déjà contraint de choisir entre les factures, ce reste à charge devient une dépense courante à part entière, au même titre que le loyer ou l’électricité. C’est précisément pour cette raison que la loi impose à la commission de surendettement de l’intégrer dans son calcul : « La part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage ne peut être inférieure, pour le ménage en cause, au montant forfaitaire […] », et « Elle intègre le montant des dépenses de logement, d’électricité, de gaz, de chauffage, d’eau, de nourriture et de scolarité, de garde et de déplacements professionnels ainsi que les frais de santé », selon l’article L. 731-2 du code de la consommation. Rassemblez dès maintenant vos justificatifs : ordonnances renouvelables, devis dentaires ou optiques, échéanciers de dépassements d’honoraires, attestations de traitement au long cours. Une dépense de santé n’est prise en compte que si elle est établie pièce par pièce, avec son montant et sa périodicité.

Le second réflexe consiste à vérifier votre éligibilité à la complémentaire santé solidaire, qui remplace depuis plusieurs années la CMU-C et l’aide au paiement d’une complémentaire. Aux termes de l’article L. 861-1 du code de la sécurité sociale, « Les personnes mentionnées à l’article L. 160-1 ont droit à une protection complémentaire en matière de santé dans les conditions suivantes : 1° Sans acquitter de participation financière lorsque leurs ressources ainsi que celles des autres personnes membres du même foyer sont inférieures à un plafond déterminé par décret […] », et « 2° Sous réserve d’acquitter une participation financière lorsque leurs ressources ainsi que celles des autres personnes membres du même foyer sont comprises entre le plafond mentionné au 1° et ce même plafond majoré de 35 % ». Le plafond varie selon la composition du foyer et il est revalorisé chaque année. Si vos revenus ont chuté au point de justifier un dossier de surendettement, il est fréquent que votre foyer entre dans ces plafonds : déposez la demande auprès de votre caisse d’assurance maladie sans attendre la fin de la procédure de surendettement, car l’instruction suit son propre calendrier. La complémentaire santé solidaire ne règle pas l’arriéré dû à votre ancienne mutuelle, qui reste une dette à déclarer, mais elle peut prendre le relais pour vos soins courants pendant et après la procédure.

Une erreur fréquente doit être signalée : résilier vous-même votre mutuelle dès les premières difficultés, en croyant alléger vos charges, alors que la garantie pourrait encore jouer pour des soins programmés et que l’arriéré restera de toute façon exigible. L’autre erreur, inverse, consiste à continuer de payer la mutuelle en priorité sur le loyer ou les mensualités du plan, par peur de rester sans couverture, jusqu’à provoquer la déchéance du plan pour impayés. La bonne méthode tient en trois gestes : régulariser l’arriéré quand une rentrée ponctuelle le permet avant la résiliation, puisque la garantie reprend alors effet pour l’avenir ; demander la complémentaire santé solidaire dès que vos ressources le justifient ; et intégrer chaque euro de frais de santé dans le budget présenté à la commission, plutôt que de le passer sous silence par honte ou par lassitude administrative.

II. Dossier de surendettement : déclarer l’arriéré de mutuelle, obtenir la suspension et contester utilement

A. Déclarer toutes les cotisations impayées, garder la suspension des poursuites et faire calculer un reste à vivre qui soigne

Le dossier de surendettement ne trie pas vos dettes : il les recense toutes. « Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi », et « La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir », selon l’article L. 711-1 du code de la consommation. L’arriéré de cotisations de mutuelle, les frais de poursuites réclamés par l’organisme et les factures de soins restées impayées figurent donc dans la déclaration au même titre que les crédits et les loyers. La sincérité de cette déclaration conditionne tout : « Est déchue du bénéfice des dispositions du présent livre : 1° Toute personne qui a sciemment fait de fausses déclarations ou remis des documents inexacts ; 2° Toute personne qui a détourné ou dissimulé ou tenté de détourner ou de dissimuler, tout ou partie de ses biens », selon l’article L. 761-1 du code de la consommation. Omettre l’arriéré de mutuelle pour le payer discrètement en priorité, ou minorer vos ressources pour paraître plus fragile, expose à la déchéance. La bonne foi s’apprécie souplement mais sérieusement : « En matière de surendettement, l’appréciation de la bonne foi du débiteur relève du pouvoir souverain du juge du fond », juge la deuxième chambre civile dans son arrêt du 2 juillet 2020, pourvoi n° 18-26.213. Et lorsque le dossier est déposé en couple, chaque situation est examinée pour elle-même : « Il résulte de ce texte, qui n’ouvre le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement qu’aux personnes physiques de bonne foi, que le juge doit se prononcer sur la bonne foi de chaque demandeur à la procédure de surendettement », selon l’arrêt du 21 mai 2026, pourvoi n° 23-20.970.

Une fois le dossier déclaré recevable, la pression de l’huissier retombe, y compris pour l’arriéré de mutuelle. « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires », dispose l’article L. 722-2 du code de la consommation. Les cotisations de mutuelle sont des dettes ordinaires, non alimentaires : la mutuelle ne peut donc plus faire saisir vos comptes ni vos rémunérations pour cet arriéré pendant la suspension, et votre banque est informée de la décision. Cette suspension produit effet jusqu’à l’approbation d’un plan conventionnel, jusqu’à la décision imposant des mesures ou jusqu’au jugement de rétablissement personnel : « Elle précise que la suspension ou l’interdiction produit effet […] jusqu’au jugement prononçant un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou jusqu’au jugement d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire, sans pouvoir excéder deux ans. », comme le rappelle la lettre de notification décrite par l’article R. 722-5 du code de la consommation. Une nuance de juriste s’impose toutefois : cette suspension vise les procédures d’exécution, c’est-à-dire les saisies, et non la résiliation contractuelle elle-même, qui obéit aux délais du code de la mutualité ou du code des assurances décrits plus haut. Déposer un dossier ne ressuscite pas une garantie déjà résiliée et n’interdit pas par lui-même à l’organisme de prononcer une résiliation en cours : c’est pourquoi régulariser vite, avant la résiliation, ou obtenir des mesures qui apurent l’arriéré, reste décisif.

La commission établit ensuite l’état du passif et le notifie au débiteur ; la lettre de notification « reproduit les dispositions des articles L. 723-3 et R. 723-8 et indique que la contestation du débiteur est formée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au secrétariat de la commission », selon l’article R. 723-5 du code de la consommation. Si le montant réclamé par la mutuelle vous paraît gonflé de frais injustifiés, « Le débiteur peut contester l’état du passif dressé par la commission dans un délai de vingt jours. […] il ne peut plus formuler une telle demande », selon l’article R. 723-8 du code de la consommation. Puis viennent les mesures : la commission peut imposer de « […] Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours […] », ou de « […] Suspendre l’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée qui ne peut excéder deux ans », et « Sauf décision contraire de la commission, la suspension de la créance entraîne la suspension du paiement des intérêts dus à ce titre », selon l’article L. 733-1 du code de la consommation. La durée totale de ces mesures « ne peut excéder sept années », selon l’article L. 733-3 du même code. Si une saisie a déjà été pratiquée sur votre compte avant la recevabilité, la loi protège un minimum vital : « Le tiers saisi laisse […] une somme à caractère alimentaire d’un montant égal au montant forfaitaire, pour un allocataire seul […] », selon l’article L. 162-2 du code des procédures civiles d’exécution.

B. Contester la décision de la commission devant le juge et faire valoir vos frais de santé à chaque étape

Chaque décision importante de la commission peut être contestée devant le juge des contentieux de la protection, qui est le juge de votre domicile, y compris à Paris et en Île-de-France où les commissions et les juridictions traitent chaque jour ces dossiers. Contre la décision de recevabilité, « La lettre de notification indique que la décision peut faire l’objet d’un recours, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification, par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au secrétariat de la commission », selon l’article R. 722-1 du code de la consommation. Ce recours ne suspend pas les effets de la recevabilité : « Le recours formé à l’encontre de la décision de recevabilité ne suspend pas ses effets mentionnés aux articles L. 722-2 à L. 722-16 […] », selon l’article R. 722-3 du même code, ce qui signifie que la suspension des saisies continue de vous protéger pendant l’examen du recours. Contre les mesures imposées par la commission, la lettre de notification « indique que la contestation à l’encontre des mesures que la commission entend imposer est formée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception à son secrétariat dans un délai de trente jours à compter de leur notification », selon l’article R. 733-6 du code de la consommation. Notez ces trois délais sur votre calendrier dès réception de chaque lettre : quinze jours pour la recevabilité, vingt jours pour l’état du passif, trente jours pour les mesures imposées. Passés ces délais, la décision s’applique.

Devant le juge, vos frais de santé deviennent un argument de fond, pas un simple détail budgétaire. D’abord parce que le juge recalcule lui-même le reste à vivre : « Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l’article L. 731-2 », et « elle est mentionnée dans la décision », selon l’article L. 733-13 du code de la consommation, qui ajoute que « Le juge saisi de la contestation prévue à l’article L. 733-10 prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1 […] L. 733-4 et L. 733-7 […] ». Présentez vos ordonnances, vos échéanciers de soins et votre demande de complémentaire santé solidaire : le juge peut rééchelonner l’arriéré de mutuelle, suspendre son exigibilité ou combiner ces mesures avec un effacement partiel, et il peut subordonner ces mesures à des actes facilitant le paiement, puisque « La commission peut imposer que les mesures prévues aux articles L. 733-1 et L. 733-4 soient subordonnées à l’accomplissement par le débiteur d’actes propres à faciliter ou à garantir le paiement de la dette », selon l’article L. 733-7 du même code, principe confirmé par la deuxième chambre civile jugeant que, « selon l’article L. 733-7 du code de la consommation, par renvoi de l’article L. 733-13 du même code, le juge, saisi d’une contestation des mesures imposées, peut imposer que les mesures prévues aux articles L. 733-1 et L. 733-4 soient subordonnées à l’accomplissement par le débiteur d’actes propres à faciliter ou à garantir le paiement de la dette », dans son arrêt du 9 juin 2022, pourvoi n° 19-26.230.

Deux arrêts complètent utilement votre défense. D’une part, le fait de conserver un petit budget santé ou de continuer à payer certaines dépenses courantes ne prouve pas que vous pourriez payer vos dettes : la Cour de cassation a censuré un juge qui déduisait l’absence de surendettement de l’existence d’une saisie sur salaire, jugeant que « le fait qu’une saisie soit pratiquée sur les rémunérations dues au débiteur et qu’il dispose de la portion qui n’est pas saisissable, n’implique pas que celui-ci puisse faire face à ses dettes », dans son arrêt du 12 avril 2018, pourvoi n° 17-14.126, rendu au visa de l’article L. 330-1 du code de la consommation dans sa rédaction alors applicable, devenu depuis l’article L. 711-1. Un créancier, mutuelle comprise, ne peut donc soutenir que votre dossier serait irrecevable au seul motif qu’il vous reste de quoi payer la mutuelle. D’autre part, votre engagement de payer vaut pour tout votre patrimoine : « Aux termes de l’article 2284 du code civil, quiconque s’est obligé personnellement, est tenu de remplir son engagement sur tous ses biens mobiliers et immobiliers, présents et à venir », rappelle la deuxième chambre civile dans son arrêt du 22 mai 2025, pourvoi n° 23-10.900. Cette généralité joue dans les deux sens : elle fonde le traitement collectif de vos dettes, mutuelle incluse, et elle interdit de réserver un sort de faveur occulte à un créancier au détriment des autres. Enfin, si votre situation ne permet aucune mesure de remboursement, la commission examine l’orientation vers un rétablissement personnel : « Lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement mentionnées au premier alinéa, la commission peut, dans les conditions du présent livre : 1° Soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire si elle constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale », selon l’article L. 724-1 du code de la consommation.

Conclusion

Une mutuelle résiliée pour impayés n’est ni une fatalité ni une dette à part : les cotisations impayées suivent la chronologie de la mise en demeure, de la suspension après trente jours puis de la résiliation dix jours plus tard, et l’arriéré qui en résulte entre dans le dossier de surendettement comme toute dette non alimentaire. Déclarez cet arriéré avec sincérité, sous peine de déchéance ; laissez la recevabilité suspendre les saisies, tout en sachant qu’elle ne bloque pas par elle-même une résiliation contractuelle, d’où l’importance de régulariser avant qu’elle soit prononcée ; faites intégrer vos frais de santé dans le reste à vivre et demandez sans tarder la complémentaire santé solidaire si vos ressources le permettent ; contestez l’état du passif dans les vingt jours et les mesures imposées dans les trente jours lorsque les montants ou les mensualités ne tiennent pas compte de vos soins. Devant le juge des contentieux de la protection, vos dépenses de santé documentées et votre bonne foi, appréciée pour chaque déposant, sont vos meilleurs arguments pour obtenir des mesures compatibles avec vos ressources et le maintien de vos soins.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».