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Convoqué à une assemblée sans les comptes : obtenir les documents et faire annuler la délibération en 2026

Vous venez de recevoir une convocation à une assemblée générale de votre SARL ou de votre SAS, prévue dans quelques jours, et aucun compte, aucun rapport de gestion, aucun projet de résolution n’y est joint. Faut-il vous déplacer, voter quand même, exiger les documents par écrit, ou refuser de siéger ? En septembre 2026, à la rentrée, les assemblées de rattrapage se multiplient : approbation tardive des comptes de l’exercice 2025, régularisation d’assemblées antérieures, décisions collectives prises dans l’urgence. Or un associé convoqué sans les documents n’est pas démuni. Le Code de commerce lui ouvre un droit de communication préalable, un droit de poser des questions écrites au gérant, et une action en annulation des délibérations adoptées sans cette information. La Cour de cassation a précisé pas à pas le régime de ces nullités, y compris dans un revirement du 15 mars 2023 pour les SAS. Ce guide explique quels documents exiger selon la forme de votre société, comment les réclamer utilement, et comment contester une assemblée tenue sans vous informer, à Paris comme ailleurs en Île-de-France.

I. Exiger les documents avant de voter quand on est convoqué sans les comptes

A. En SARL, rapport de gestion, inventaire et comptes annuels quinze jours avant l’assemblée

Dans la société à responsabilité limitée, le gérant doit soumettre à l’approbation des associés le rapport de gestion, l’inventaire et les comptes annuels, réunis en assemblée dans le délai de six mois à compter de la clôture de l’exercice sous réserve de prolongation de ce délai par décision de justice. Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, l’assemblée aurait donc dû se tenir avant le 30 juin 2026, sauf prorogation obtenue du président du tribunal. Les assemblées convoquées à la rentrée de septembre 2026 sont souvent des assemblées tardives, et c’est précisément dans ce contexte que les oublis de communication se produisent.

Le deuxième alinéa de l’article L. 223-26 du Code de commerce énumère les pièces dues aux associés : le rapport de gestion, l’inventaire et les comptes annuels établis par les gérants, le texte des résolutions proposées ainsi que, le cas échéant, le rapport du commissaire aux comptes et les comptes consolidés, communiqués aux associés dans les conditions et délais déterminés par décret. La sanction est écrite dans le texte lui-même : Toute délibération, prise en violation des dispositions du présent alinéa et du décret pris pour son application, peut être annulée. Le mot peut a son importance : la nullité reste facultative pour le juge, comme la jurisprudence récente l’a rappelé avec force.

Le délai de communication est fixé par l’article R. 223-18 du Code de commerce : les comptes annuels, le rapport de gestion et le texte des résolutions proposées sont adressés aux associés quinze jours au moins avant la date de l’assemblée. Pendant ces quinze jours, l’inventaire reste tenu au siège social à la disposition des associés, qui peuvent le consulter sans en prendre copie. Concrètement, une convocation reçue le 22 septembre pour une assemblée fixée au 28 septembre, sans aucun document joint, viole ce délai : même si les pièces arrivent trois jours avant la réunion, l’associé n’a pas disposé du temps d’examen que la loi lui garantit.

L’arrêt de la cour d’appel de Paris du 10 novembre 2022 (RG 20/06712) illustre exactement cette situation : la convocation adressée le 31 mars 2017 ne comportait pas les comptes clos à approuver, et les comptes ainsi que le projet des résolutions n’ont été transmis que par courriel du 15 avril 2017, soit trois jours avant l’assemblée, alors que l’associée n’avait jamais accepté l’envoi dématérialisé. La cour en a déduit que les dispositions des articles L. 223-26, R. 223-18 et R. 223-19 ont donc été méconnues. Cet arrêt sert de mode d’emploi : conservez l’enveloppe de convocation, le courriel et son horodatage, la liste des pièces jointes. La preuve du défaut de communication conditionne toute contestation ultérieure.

Le même arrêt apporte toutefois une mise en garde : l’associée, nue-propriétaire sans droit de vote sur l’approbation des comptes, a vu sa demande de nullité rejetée, la cour relevant que cette absence de communication à un associé ne bénéficiant pas du droit de vote sur les comptes de la société n’a eu aucune incidence sur ledit vote, et qu’il n’y a donc pas lieu de prononcer la nullité de la délibération. Moralité pratique : avant d’assigner, vérifiez vos droits de vote sur la résolution concernée. La nullité suppose un grief réel, pas une simple irrégularité de papier.

Enfin, l’envoi par courriel ne vaut communication que si vous l’avez accepté. À l’époque des faits jugés en 2022, l’article R. 223-20 subordonnait la voie électronique à l’accord écrit de chaque associé, donné au plus tard vingt jours avant l’assemblée, faute de quoi la convocation et les documents sont transmis à l’adresse indiquée par l’associé selon le mode convenu. Si vous n’avez jamais accepté les convocations par courriel, un envoi tardif par mail ne régularise rien. Signalez-le par écrit au gérant dès réception, en rappelant votre adresse postale.

B. En SAS et en société anonyme, obtenir les comptes et les listes avant toute décision collective

Dans la société par actions simplifiée, les statuts déterminent librement les décisions prises collectivement et leurs formes : les statuts déterminent les décisions qui doivent être prises collectivement par les associés dans les formes et conditions qu’ils prévoient. Cette liberté ne supprime pas le droit à l’information. D’une part, les matières réservées par la loi à la collectivité des associés (comptes annuels, bénéfices, augmentation ou réduction de capital, fusion, scission, dissolution, transformation, nomination des commissaires aux comptes) restent exercées collectivement dans les conditions prévues par les statuts. D’autre part, le droit commun de la participation s’applique : tout associé a le droit de participer aux décisions collectives, et l’associé tenu à l’écart d’une décision collective peut en poursuivre l’annulation.

La Cour de cassation a donné à ce droit une portée nouvelle dans un arrêt de revirement du 15 mars 2023 (pourvoi n° 21-18.324, publié au Bulletin) : l’alinéa 4 de l’article L. 227-9 du Code de commerce, institué afin de compléter, pour les sociétés par actions simplifiées, le régime de droit commun des nullités, doit être lu comme visant les décisions prises en violation de clauses statutaires stipulées en application du premier alinéa et permettant, lorsque cette violation est de nature à influer sur le résultat du processus de décision, à tout intéressé d’en poursuivre l’annulation. Depuis cet arrêt, la violation des clauses statutaires qui organisent les décisions collectives de la SAS peut donc fonder une annulation, là où l’ancienne jurisprudence l’excluait. Si vos statuts de SAS imposent, par exemple, une convocation écrite huit jours avant avec ordre du jour et rapport du président, et que le président réunit les associés du jour au lendemain sans dossier, l’action en nullité devient recevable, sous réserve de démontrer l’influence sur le vote.

Le même arrêt rappelle le cadre général des nullités : aux termes de l’alinéa 4, les décisions prises en violation des dispositions de cet article peuvent être annulées à la demande de tout intéressé. Tout intéressé vise large : l’associé évincé, mais aussi, selon les cas, la société elle-même ou un tiers dont les droits dépendent de la décision. En pratique, c’est l’associé convoqué sans dossier qui agit, en demandant au tribunal de constater qu’il n’a pas pu voter en connaissance de cause.

Dans la société anonyme, le droit de communication préalable est détaillé à l’article L. 225-115 du Code de commerce : tout actionnaire a droit, dans les conditions et délais déterminés par décret en Conseil d’Etat, d’obtenir communication des comptes annuels, des rapports du conseil d’administration et des commissaires aux comptes, du texte et de l’exposé des motifs des résolutions proposées, ainsi que des renseignements sur les candidats aux organes de direction. S’y ajoute le droit d’obtenir, avant la réunion de toute assemblée générale, communication de la liste des actionnaires. Le décret précise les délais : à compter de la convocation de l’assemblée générale ordinaire annuelle et au moins pendant le délai de quinze jours qui précède la date de la réunion, tout actionnaire a le droit de prendre connaissance, au siège social, des documents et renseignements énumérés aux articles L. 225-115 et R. 225-83. Si votre SAS renvoie aux règles de la SA pour l’information des associés, ces textes servent de référence directe.

Première démarche utile, quelle que soit la forme sociale : adressez sans attendre une demande écrite de communication au dirigeant, en visant les textes applicables et en listant les pièces manquantes (comptes annuels, rapport de gestion, texte des résolutions, rapports du commissaire aux comptes, comptes consolidés le cas échéant). Réclamez également la consultation de l’inventaire au siège. Cette lettre fait courir les preuves : en cas de silence ou d’envoi tardif, elle établira que la société a été mise en mesure de régulariser et ne l’a pas fait. Les juridictions tiennent compte de l’attitude des deux parties, et un associé qui réclame les pièces dès la convocation se place en position bien plus solide que celui qui attend le jour de l’assemblée pour protester.

Deuxième réflexe : posez vos questions par écrit. En SARL, à compter de la communication prévue à l’alinéa précédent, tout associé a la faculté de poser par écrit des questions auxquelles le gérant est tenu de répondre au cours de l’assemblée. Même si la communication initiale a manqué, l’envoi de questions écrites avant la réunion oblige la gérance à s’expliquer en séance et fait apparaître au procès-verbal les points restés obscurs. Dans l’affaire jugée par la cour d’appel de Paris en 2022, l’associée avait adressé le 13 avril 2017 un courrier réclamant une réponse détaillée sur un litige entre sociétés du groupe ; le sort de cette question a été discuté devant la cour, qui a relevé qu’une réponse écrite avait fini par être apportée lors d’une assemblée ultérieure. Posez des questions précises, chiffrées, et conservez la preuve de leur envoi.

II. Faire annuler l’assemblée ou sauver son vote quand la délibération a été prise sans vous informer

A. Une nullité facultative : démontrer la privation du droit de vote et l’influence sur le résultat

Ni le défaut de communication des documents ni l’irrégularité de convocation n’entraînent une annulation automatique. En SARL, l’article L. 223-27 du Code de commerce dispose que les associés sont convoqués dans les formes et délais prévus par décret, que la convocation est faite par le gérant ou, à défaut, par le commissaire aux comptes, et que l’assemblée ne peut se tenir avant l’expiration du délai de communication des documents mentionnés à l’article L. 223-26. Le dernier alinéa du texte ajoute que toute assemblée irrégulièrement convoquée peut être annulée. Le verbe pouvoir confie au juge une faculté d’appréciation, pas une obligation.

La Cour de cassation l’a jugé sans détour le 29 mai 2024 (pourvoi n° 21-21.559) : il résulte de ce texte que le défaut de convocation régulière de l’associé d’une société à responsabilité limitée à l’assemblée générale de cette société n’entraîne la nullité des délibérations de cette assemblée que si cette irrégularité a privé l’associé de son droit d’y prendre part et qu’elle était de nature à influer sur le résultat du processus de décision. Deux conditions cumulatives en ressortent : avoir été privé du droit de participer, et démontrer que l’irrégularité a pu peser sur l’issue du vote. Une cour d’appel qui annule automatiquement, sans apprécier la portée du vice, voit sa décision censurée.

Le 11 octobre 2023 (pourvoi n° 21-24.646), la même chambre a confirmé la logique : les dispositions du dernier alinéa de l’article L. 223-27 du Code de commerce, qui prévoient que toute assemblée irrégulièrement convoquée peut être annulée, et la règle selon laquelle le juge conserve la liberté d’appréciation de l’opportunité d’une telle annulation concernent l’hypothèse d’une irrégularité de convocation de l’assemblée générale. Autrement dit, le pouvoir modérateur du juge joue pour les vices de convocation et de communication, mais ne s’étend pas aux situations où l’assemblée a valablement siégé. Dans cette affaire, l’annulation était demandée parce que des assemblées avaient été tenues avec des personnes qui n’avaient en réalité jamais eu la qualité d’associés ; la Cour a approuvé la cour d’appel d’avoir statué sur le fondement de l’article 1844 du Code civil, dont il résulte que seuls les associés ont le droit de participer aux décisions collectives.

Concrètement, votre assignation doit articuler trois éléments. D’abord, l’irrégularité : convocation sans les comptes, envoi trois jours avant au lieu de quinze, courriel non accepté, texte des résolutions manquant, rapport du commissaire aux comptes absent. Ensuite, la privation : vous n’avez pas pu examiner les chiffres, comparer les exercices, vérifier les conventions avec le dirigeant, ni préparer vos questions écrites ; si vous vous êtes abstenu de siéger pour protester, expliquez pourquoi votre absence résulte de l’irrégularité et non d’un désintérêt. Enfin, l’influence possible : votre part de voix aurait changé la majorité sur l’approbation des comptes, l’affectation du résultat, le quitus ou la rémunération du gérant ; à 50/50, toute voix manquante vicie l’adoption ; en deçà, montrez que le débat éclairé aurait pu rallier d’autres associés.

La défense oppose classiquement trois réponses, qu’il faut anticiper. Première réponse : aucun grief, les comptes étaient simples, la société sans activité, l’associé les connaissait déjà. Répliquez par le caractère d’ordre public du délai de quinze jours et par les points précis que vous n’avez pas pu contrôler (valorisation des stocks, provisions, comptes courants, conventions réglementées). Deuxième réponse : régularisation ultérieure, avec une nouvelle assemblée qui a confirmé les résolutions. Vérifiez alors si la seconde assemblée a, elle, respecté les droits des associés ; une confirmation obtenue dans les mêmes conditions ne purge rien. Troisième réponse : abus du droit d’agir, associé procédurier qui multiplie les recours dans un conflit global. Dans l’arrêt parisien de 2022, la cour a écarté ce reproche en relevant que plusieurs irrégularités avaient entaché l’assemblée et qu’elles n’avaient été corrigées qu’après l’introduction de l’action ; agir vite après l’assemblée contestée protège donc contre l’argument de la chicane.

En SAS, le raisonnement se transpose avec le test dégagé par le revirement du 15 mars 2023 : la violation des clauses statutaires organisant les décisions collectives ouvre l’annulation lorsque cette violation est de nature à influer sur le résultat du processus de décision. Relisez vos statuts avant d’assigner : délai de convocation, contenu du dossier joint, modalités de vote, quorum. Chaque écart documenté entre les statuts et la convocation reçue renforce la demande, à condition de relier cet écart au sens de votre vote.

B. Questions écrites, régularisation et action en justice : agir dans les délais à Paris et en Île-de-France

Le calendrier commande la stratégie. Dès réception d’une convocation sans dossier, écrivez au gérant ou au président : demande de communication des pièces, rappel du délai de quinze jours, réserve d’annulation, demande de report de l’assemblée à une date permettant l’examen des comptes. Adressez la lettre en recommandé avec accusé de réception, et doublez par courriel pour l’horodatage. Si la société vous transmet les documents quelques jours avant la réunion, répondez par écrit que le délai légal n’est pas respecté et maintenez la demande de report ; sans report, présentez-vous à l’assemblée, faites consigner votre protestation au procès-verbal, posez vos questions et votez contre les résolutions insuffisamment éclairées, ou abstenez-vous en motivant. Un associé absent sans protestation préalable s’expose à l’objection qu’il a renoncé à participer.

Le jour de l’assemblée, exploitez le droit aux questions écrites. En SARL, le gérant doit répondre en séance aux questions posées par écrit après la communication des documents. Faites porter vos questions sur les zones à risque : variation inexpliquée du chiffre d’affaires ou des charges, créances douteuses, stocks, provisions pour litiges, conventions entre la société et le gérant ou ses proches, rémunérations et avantages, affectation du résultat et dividendes, continuité d’exploitation. Demandez l’inscription de vos questions et des réponses au procès-verbal, et réclamez une copie du procès-verbal. Ce document fera foi des débats et des refus de réponse.

Après l’assemblée, ne laissez pas passer les semaines. Faites constater par votre conseil les pièces manquantes au jour de la réunion, réunissez la convocation, les enveloppes, les courriels avec leurs dates, vos lettres de réclamation, le procès-verbal et les comptes tardivement transmis. Sollicitez si besoin la communication permanente des documents des trois derniers exercices, que l’article L. 223-26 ouvre à tout associé à toute époque, et comparez les chiffres votés avec les pièces comptables. Puis assignez en nullité des délibérations devant le tribunal compétent : le tribunal judiciaire de Paris pour les sociétés dont le siège est à Paris, ou le tribunal du siège social pour les sociétés d’Île-de-France, généralement en formation collégiale pour ce contentieux. Demandez à titre principal l’annulation des délibérations prises sans information suffisante et, à titre subsidiaire, des dommages-intérêts si la faute du dirigeant vous a causé un préjudice distinct.

Anticipez la régularisation adverse. L’article L. 235-3 du Code de commerce éteint l’action en nullité lorsque la cause de la nullité a cessé d’exister au jour où le tribunal statue au fond en première instance, sauf illicéité de l’objet social. Dans l’affaire parisienne de 2022, un mandataire ad hoc avait fait convoquer une nouvelle assemblée qui avait nommé la gérance, et la cour a jugé que la cause de nullité avait cessé d’exister au jour où les premiers juges ont statué, et qu’il n’y a donc pas lieu de faire droit à la nullité soulevée de ce chef pour la désignation du gérant. Pour éviter cet écueil, contestez aussi la régularité de l’assemblée de rattrapage si elle reproduit les mêmes vices, et demandez au juge de constater que l’information due ne vous a jamais été donnée avant le vote initial. Quand la société convoque une nouvelle assemblée en cours d’instance, exigez cette fois l’envoi complet du dossier quinze jours avant et contrôlez-le pièce par pièce.

La responsabilité du dirigeant peut compléter l’annulation. Les gérants de SARL répondent envers la société et envers les tiers des infractions aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés à responsabilité limitée, des violations des statuts et des fautes commises dans leur gestion. Le défaut organisé d’information, les comptes présentés sans inventaire ni rapport, le refus de répondre aux questions écrites caractérisent de telles fautes. Si l’approbation des comptes obtenue sans débat vous a privé de dividendes, a couvert une convention abusive ou a retardé la révélation de difficultés, chiffrez ce préjudice et demandez-en réparation sur ce fondement, en plus de l’annulation. L’action en responsabilité se prescrit par trois ans à compter du fait dommageable ou de sa révélation tardive pour les associés qui n’avaient pas l’information.

À Paris et en Île-de-France, quelques points pratiques méritent l’attention. Les greffes parisiens traitent un volume élevé de prorogations du délai d’approbation des comptes ; vérifiez au greffe du tribunal de commerce si la société a obtenu une prorogation avant d’invoquer le retard comme indice de désorganisation. Pour la consultation de l’inventaire au siège social, déplacez-vous avec un huissier ou un conseil si vous redoutez un refus d’accès, surtout dans les sociétés familiales ou conflictuelles. Enfin, les juridictions franciliennes sanctionnent les demandes purement tactiques : dans l’arrêt de 2022, la cour a confirmé le rejet des dommages-intérêts réclamés sans preuve d’une faute, d’un préjudice et d’un lien de causalité, tout en écartant l’abus de procédure parce que des irrégularités réelles avaient été constatées. Ne demandez que ce que vos pièces établissent.

Conclusion

Convoqué sans les comptes, l’associé n’a ni à voter à l’aveugle ni à subir la délibération. La loi lui donne les pièces, le délai de quinze jours et les questions écrites ; le juge lui ouvre l’annulation des délibérations adoptées sans cette information, à condition de démontrer une privation réelle et une influence possible sur le vote. La jurisprudence de 2022 à 2024, couronnée par le revirement du 15 mars 2023 pour les SAS, dessine une méthode claire : réclamer par écrit dès la convocation, protester et questionner en séance, puis assigner vite en visant l’irrégularité, le grief et l’influence sur le résultat. Appliquée avec rigueur, cette méthode transforme une convocation bâclée en assemblée à refaire, dans des conditions qui protègent enfin votre vote.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».