Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Vigilance forte inondations dans le Gard aujourd’hui : copropriété inondée, syndic, assurance et indemnisation (2026)

Le lundi 19 octobre 2026, Météo-France a placé le sud-est de la France face à un épisode méditerranéen d’une intensité redoutée : des pluies orageuses remontent de la Méditerranée dès le matin sur le Gard et l’Hérault, avec des cumuls possibles de 60 à 80 millimètres en une heure, des rafales jusqu’à 80 km/h, de la grêle et une forte activité électrique, avant un décalage vers l’est mardi 20 octobre. Sur l’ensemble de l’épisode, les cumuls attendus sur l’est de l’Hérault et le Gard sont de l’ordre de 200 à 250 millimètres, localement 300 millimètres, et huit départements sont placés en vigilance orange pour la journée de mardi. Les recherches Google suivent : la tendance « vigilance forte inondations » dépasse les 200 000 recherches en France avec une progression de 1 000 %, et les internautes tapent « vigilance forte inondations Gard », « vigilance forte inondations Hérault » ou « inondation Montpellier ».

Quand l’eau envahit le hall, le parking souterrain, les caves ou la chaufferie d’une copropriété, des questions très concrètes se posent dans l’urgence : le syndic doit-il intervenir immédiatement, qui déclare le sinistre et à quel assureur, qui paie les premières réparations, et à quelles conditions l’assurance indemnisera au titre des catastrophes naturelles ? Cet article répond à ces questions pour les copropriétaires, les occupants et les syndics confrontés à l’épisode des 19 et 20 octobre 2026. La première partie décrit qui doit agir dès l’eau entrée dans l’immeuble ; la seconde explique comment obtenir l’indemnisation et que faire si la commune n’est pas reconnue en catastrophe naturelle ou si l’assureur refuse de payer.

I. Vigilance forte inondations dans le Gard et l’Hérault aujourd’hui : qui doit agir quand l’eau envahit la copropriété

A. Syndic qui ne fait rien après l’inondation : conservation des parties communes et mesures d’urgence

Dans une copropriété, l’eau ne s’arrête pas à la porte des appartements : elle envahit les parties communes — hall d’entrée, cages d’escalier, ascenseurs, parkings, caves, locaux techniques — et c’est le syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic, qui répond de leur conservation. La cour d’appel de Paris l’a rappelé le 9 octobre 2025 (pôle 1, chambre 3, RG 25/00127) dans une affaire de défaut d’entretien d’une toiture-terrasse, partie commune : dès lors que les dommages trouvent leur origine dans une partie commune, le syndicat a, selon la cour, « à répondre seul et de plein droit des dommages de toute nature trouvant leur origine dans les parties communes, sans préjudice de toutes actions récursoires qu’il lui appartiendra le cas échéant d’engager ultérieurement ». Le juge des référés avait déduit des constats d’expertise que « le syndicat des copropriétaires avait manifestement manqué à son obligation de conservation et d’entretien des parties communes », et ce refus d’agir constituait un trouble qu’il convenait de faire cesser, sous astreinte.

Concrètement, dès que le syndic est informé que l’eau pénètre dans l’immeuble, il doit organiser la sauvegarde : faire évacuer et pomper l’eau, protéger les équipements électriques, neutraliser les ascenseurs inondés, bâcher les toitures arrachées, condamner les accès dangereux et commander les premières remises en état. Ces dépenses de sauvegarde relèvent de l’administration courante de l’immeuble et de son devoir de conservation ; attendre la prochaine assemblée générale annuelle alors que l’eau continue de dégrader les murs serait une faute, car « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer », aux termes de l’article 1240 du code civil. Le conseil syndical doit être associé sans délai, et les copropriétaires informés par écrit des mesures prises et des devis engagés.

Si le syndic reste inerte malgré les signalements, chaque copropriétaire peut le mettre en demeure par lettre recommandée de prendre les mesures de conservation, en décrivant précisément les désordres et le danger. En cas d’urgence persistante, le juge des référés peut être saisi pour faire ordonner les travaux de sauvegarde sous astreinte, comme dans l’affaire parisienne où l’astreinte de 600 euros par jour de retard a été confirmée en appel au regard de l’ancienneté des désordres et de l’abstention du syndicat depuis le dépôt du rapport d’expertise. Le copropriétaire qui obtient gain de cause peut en outre être dispensé de participer à la dépense commune des frais de procédure exposés par le syndicat, ainsi que l’a jugé la cour d’appel dans cette même décision. Pour les réflexes voisins en matière de dégâts des eaux en copropriété, les règles de répartition entre assurance de l’immeuble et assurances privatives sont les mêmes que pour un dégât des eaux classique en copropriété : l’assurance de l’immeuble prend les parties communes et les assurances privatives prennent les lots privatifs.

Il faut distinguer deux responsabilités qui se cumulent sans se confondre : celle du syndicat des copropriétaires pour les dommages nés des parties communes, et la responsabilité personnelle du syndic s’il commet une faute de gestion, par exemple en négligeant de déclarer le sinistre à l’assurance de l’immeuble ou en laissant des installations dangereuses en l’état. Les copropriétaires bailleurs, eux, doivent également informer leurs locataires et vérifier l’habitabilité des logements : un appartement inondé dont l’installation électrique est compromise ne peut être maintenu en location sans vérification, et le loyer d’un local devenu inhabitable peut être discuté selon l’étendue de la privation de jouissance.

B. Inondation appartement que déclarer : preuves, inventaire et avis à l’assureur

La première réflexe après la décrue conditionne toute l’indemnisation à venir : prouver. Photographiez et filmez chaque pièce, les parties communes, le niveau atteint par l’eau sur les murs, les meubles et appareils endommagés, les compteurs et installations techniques. Conservez les factures d’achat des biens détruits, les devis de remise en état, les tickets de frais engagés dans l’urgence (pompage, nettoyage, relogement provisoire) et toute correspondance avec le syndic. Dressez un inventaire écrit, pièce par pièce, daté et signé, et faites constater les désordres par un commissaire de justice si le montant des dommages le justifie : son constat fera foi jusqu’à preuve contraire. Surtout, ne jetez rien avant le passage de l’expert d’assurance — ou photographiez méticuleusement ce qui doit être évacué pour des raisons sanitaires — car l’assureur pourrait contester l’étendue des dommages non documentés.

La déclaration à l’assureur doit partir sans attendre, et certainement sans attendre l’arrêté de catastrophe naturelle. L’article L. 113-2 du code des assurances impose à l’assuré « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur », et précise que « Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés ». Concrètement, vérifiez le délai inscrit dans vos conditions générales — souvent cinq jours — et déclarez par lettre recommandée ou par tout moyen convenu au contrat, en décrivant les faits, la date du sinistre et l’état estimatif des dommages. Si la déclaration est tardive, tout n’est pas perdu : le même article prévoit que « Lorsqu’elle est prévue par une clause du contrat, la déchéance pour déclaration tardive au regard des délais prévus au 3° et au 4° ci-dessus ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard dans la déclaration lui a causé un préjudice », et elle ne peut être opposée quand le retard résulte d’un cas fortuit ou de force majeure.

En copropriété, les déclarations se dédoublent : le syndic déclare le sinistre de l’immeuble à l’assurance collective — dommages aux parties communes et responsabilité du syndicat — tandis que chaque copropriétaire occupant ou bailleur déclare à sa propre assurance habitation les dommages à ses parties privatives et à son mobilier. Le locataire déclare à son assurance les dommages à ses biens et informe immédiatement son bailleur, de préférence par écrit. Cette double déclaration évite les renvois de responsabilité entre assureurs : l’assurance de l’immeuble prend les parties communes, l’assurance habitation prend le privatif, et chacune exerce ensuite ses recours. Conservez les récépissés de déclaration et exigez du syndic la copie de la sienne : en cas de carence du syndic, le copropriétaire pourra démontrer qu’il a, lui, accompli ses diligences.

Enfin, déclarez également le sinistre en mairie : c’est la commune qui sollicitera auprès du préfet la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, et les signalements des sinistrés alimentent son dossier. Photographiez aussi l’environnement — rue inondée, cours d’eau sorti de son lit, voisins sinistrés — car ces éléments aideront à établir l’intensité anormale du phénomène si l’assureur la discute. Chaque preuve rassemblée dans les premières heures comptera double : pour l’expertise amiable et, en cas de désaccord persistant, devant le juge.

II. Copropriété inondée : comment se faire indemniser après l’épisode méditerranéen

A. Arrêté de catastrophe naturelle : garantie, expertise et délais de l’assureur

L’indemnisation des inondations des 19 et 20 octobre 2026 reposera, pour l’essentiel, sur le régime légal des catastrophes naturelles. L’article L. 125-1 du code des assurances dispose que les contrats garantissant les dommages aux biens « ouvrent droit à la garantie de l’assuré contre les effets des catastrophes naturelles », et que « Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles, au sens du présent chapitre, les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel », lorsque les mesures habituelles de prévention n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises. Trois conditions se cumulent donc : un contrat couvrant les dommages aux biens, un agent naturel d’intensité anormale qui soit la cause déterminante du dommage, et un arrêté interministériel, car « L’état de catastrophe naturelle est constaté par arrêté interministériel qui détermine les zones et les périodes où s’est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages résultant de celle-ci couverts par la garantie visée au premier alinéa du présent article ». Bonne nouvelle pour les contrats : cette garantie s’impose à l’assureur même si la clause est absente du contrat, puisque « Les contrats mentionnés à l’article L. 125-1 sont réputés, nonobstant toute disposition contraire, contenir une telle clause », aux termes de l’article L. 125-3 du code des assurances.

La jurisprudence récente illustre ces conditions. Le 5 novembre 2025, la cour d’appel de Paris (pôle 4, chambre 8, RG 23/14891) a jugé qu’une inondation reconnue catastrophe naturelle par arrêté était la cause de fissures apparues sur les murs porteurs d’une maison : « Les fortes pluviométries sont donc vraisemblablement le facteur déterminant des désordres », avait retenu l’expert judiciaire, et la cour a confirmé que l’assureur devait sa garantie. Elle a toutefois rappelé une limite importante : « seul le dommage matériel direct est indemnisable » au titre de cette garantie, écartant par exemple une barrière anti-racines sans lien direct avec la réparation de l’immeuble. Dans cette affaire, l’assureur a été condamné à plus de 169 000 euros de remise en état et 12 000 euros de frais annexes. Autre enseignement, venu de la Cour de cassation le 12 février 2026 (2e chambre civile, pourvoi n° 24-15.504) : le juge qui retient la garantie doit vérifier la condition des mesures habituelles de prévention, car « En se déterminant ainsi, sans rechercher si les mesures habituelles pour prévenir ces dommages avaient effectivement été prises, ou si, l’ayant été, n’avaient pu empêcher leur survenance, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ». Pour une copropriété, cela signifie que l’entretien régulier — toitures, étanchéité, réseaux d’évacuation — n’est pas seulement une obligation de gestion : c’est aussi une condition de l’indemnisation future.

Une fois l’arrêté publié au Journal officiel, des délais stricts s’imposent à l’assureur, fixés par l’article L. 125-2 du code des assurances : « A compter de la réception de la déclaration du sinistre ou de la date de publication, lorsque celle-ci est postérieure, de la décision administrative constatant l’état de catastrophe naturelle, l’assureur dispose d’un délai d’un mois pour informer l’assuré des modalités de mise en jeu des garanties prévues au contrat et pour ordonner une expertise lorsque l’assureur le juge nécessaire ». Puis « Il fait une proposition d’indemnisation ou de réparation en nature résultant de cette garantie, dans un délai d’un mois à compter soit de la réception de l’état estimatif transmis par l’assuré en l’absence d’expertise, soit de la réception du rapport d’expertise définitif ». Enfin, « A compter de la réception de l’accord de l’assuré sur la proposition d’indemnisation, l’assureur dispose d’un délai d’un mois pour missionner l’entreprise de réparation ou d’un délai de vingt et un jours pour verser l’indemnisation due ». L’expertise doit être contradictoire : assistez-y, faites-vous accompagner de votre propre expert si les enjeux sont importants, et transmettez un état estimatif chiffré avec devis. Notez que la garantie ne peut comporter d’autres abattements que ceux fixés par les clauses types, et qu’une franchise légale reste applicable : vérifiez son montant ligne par ligne avant d’accepter la proposition.

Les occupants dont la résidence principale est devenue inhabitable ne sont pas oubliés : le texte actuel de l’article L. 125-1 prend en charge « les frais de relogement d’urgence des personnes sinistrées dont la résidence principale est rendue impropre à l’habitation pour des raisons de sécurité, de salubrité ou d’hygiène », selon des modalités fixées par décret. Conservez donc les factures d’hôtel ou de location temporaire. Au-delà de l’assurance, les collectivités peuvent mobiliser le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier, dont l’article L. 561-3 du code de l’environnement précise qu’&il est chargé de financer les indemnités allouées en vertu des dispositions de l’article L. 561-1 ainsi que les dépenses liées à la limitation de l’accès et à la remise en état des terrains. Renseignez-vous en mairie sur les aides locales susceptibles de compléter l’indemnisation assurantielle.

B. Commune non reconnue ou assureur qui refuse : contester et agir dans les délais

Tout le mécanisme précédent repose sur l’arrêté interministériel : sans reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour votre commune, la garantie légale ne joue pas et l’assureur opposera un refus fondé sur l’absence d’arrêté. La demande de reconnaissance est déposée par le maire auprès du préfet, qui instruit le dossier avant transmission aux ministères de l’intérieur et de l’économie. Les sinistrés ont donc intérêt à signaler leurs dommages en mairie dès les premiers jours : plus le dossier communal est documenté, plus ses chances d’aboutir sont sérieuses. Si l’arrêté reconnaît d’autres communes du Gard ou de l’Hérault mais pas la vôtre, ne considérez pas la partie perdue : la commune peut former un recours gracieux puis contester le refus devant le tribunal administratif, et le juge administratif exerce un contrôle sur l’appréciation de l’intensité anormale du phénomène.

La cour administrative d’appel de Marseille l’a illustré le 15 mai 2023 (n° 21MA03188) à propos d’une commune du Var contestant le refus de reconnaissance pour des mouvements de terrain : la cour a vérifié si les ministres avaient commis une erreur d’appréciation en estimant que l’événement ne présentait pas une intensité anormale, en confrontant les critères météorologiques et l’étude des sols, avant de rejeter la requête au motif que les critères n’étaient pas remplis et qu’il n’était pas établi que « les ministres en cause auraient commis une erreur d’appréciation en considérant que l’événement climatique de l’été 2017 ne présentait pas une intensité anormale sur son territoire de nature à caractériser un état de catastrophe naturelle ». L’affaire concernait la sécheresse et non une inondation, mais la méthode du juge est transposable : motivation de la décision, examen des données météorologiques et des rapports d’expertise, comparaison avec les communes voisines traitées selon une méthodologie identique. Dans cette décision, la cour rappelait aussi la règle, dans sa rédaction alors applicable, selon laquelle « Aucune demande communale de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ne peut donner lieu à une décision favorable de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle par arrêté interministériel lorsqu’elle intervient dix-huit mois après le début de l’événement naturel qui y donne naissance » : les communes doivent donc agir vite, et les sinistrés les y inciter.

Si l’arrêté est publié mais que votre assureur refuse néanmoins sa garantie — en contestant le lien entre l’inondation et vos désordres, en invoquant un défaut d’entretien ou des fondations non conformes — plusieurs leviers existent. D’abord, l’expertise contradictoire : demandez une contre-expertise, produisez l’étude des sols, les constats et les attestations de voisins, et rappelez que c’est à l’assureur de démontrer que l’agent naturel n’est pas la cause déterminante. Ensuite, la médiation de l’assurance, gratuite et préalable utile avant tout procès. Enfin, l’action en justice contre l’assureur, en visant la garantie catastrophe naturelle et, le cas échéant, les garanties complémentaires du contrat comme les tempêtes ou les dégâts des eaux. Attention au temps qui passe : « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance », prévient l’article L. 114-1 du code des assurances. Ce délai de principe court vite quand l’expertise s’éternise : alors ne laissez pas le dossier s’enliser : réagissez par écrit et sans tarder.

N’acceptez pas de transaction définitive sous la pression du premier chiffrage si les désordres évoluent : les fissures consécutives aux mouvements de sols argileux, fréquents dans le Gard et l’Hérault, peuvent apparaître des mois après la décrue, comme l’a montré l’affaire jugée par la cour d’appel de Paris où les désordres s’étaient révélés dix mois après l’inondation. Faites constater toute aggravation par écrit, complétez votre déclaration et exigez un complément d’expertise. Et si le syndic tarde à réclamer l’indemnisation de l’immeuble, mettez-le en demeure : l’assurance collective se prescrit elle aussi, et la copropriété ne doit pas perdre ses droits par l’inaction de son mandataire. En cas de désaccord technique persistant sur les causes, l’expertise judiciaire ordonnée en référé reste l’arme décisive, comme dans les deux affaires parisiennes citées dans cet article.

Conclusion

Gardez méticuleusement chaque courrier, chaque rapport d’expertise et chaque facture : en cas de désaccord ultérieur avec l’assureur ou avec le syndic, ce dossier chronologique fera la différence devant le médiateur comme devant le juge. Et si des fissures ou des désordres nouveaux apparaissent dans les semaines qui suivent la décrue, signalez-les par écrit sans tarder afin qu’ils soient rattachés au même sinistre.

L’épisode méditerranéen des 19 et 20 octobre 2026, avec ses cumuls de 200 à 300 millimètres sur le Gard et l’Hérault et ses huit départements en vigilance orange, causera des dégâts dans de nombreuses copropriétés. Les réflexes qui protègent sont simples : exiger du syndic les mesures de sauvegarde des parties communes, photographier et inventorier chaque dommage, déclarer le sinistre aux assureurs sans attendre l’arrêté, signaler les dommages en mairie, puis suivre l’expertise et les délais d’indemnisation imposés à l’assureur. Si la commune n’est pas reconnue ou si l’assureur refuse sa garantie, le recours gracieux et administratif pour l’une, la contre-expertise, la médiation puis l’action en justice pour l’autre offrent des voies réelles, à condition d’agir avant que la prescription de deux ans n’efface les droits. L’eau se retire en quelques jours ; les droits, eux, se défendent pendant des mois, preuves en main.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».