Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Voiture incendiée : assurance tiers ou tous risques, remboursement et recours après l’incendie de Ghisonaccia (2026)

Dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 septembre 2026, vers 3 h 40 du matin, un incendie a touché trois véhicules stationnés à Ghisonaccia, en Haute-Corse : une moto, une voiture et un camping-car. Les sapeurs-pompiers de Ghisonaccia sont intervenus avec deux engins et ont éteint le sinistre, dont les circonstances restent indéterminées, comme l’a rapporté la presse régionale le 19 septembre 2026. Une semaine plus tard, dans la nuit du 25 au 26 septembre 2026, c’est une maison de la même commune qui a été détruite par une explosion, avec des inscriptions revendicatives découvertes sur place et une enquête confiée au parquet national antiterroriste, selon France 3 Régions, CNews et la presse corse du 26 septembre 2026. Deux sinistres distincts, à sept jours d’intervalle, dans la même ville : les habitants qui ont vu leur véhicule partir en fumée se posent une question simple et urgente. Qui paie pour la moto, la voiture ou le camping-car incendié, dans quel délai faut-il déclarer le sinistre, et contre qui se retourner si le feu est volontaire. La réponse dépend d’abord de votre contrat d’assurance automobile, ensuite de l’origine du feu et enfin des garanties légales qui protègent les victimes d’attentats. Ce guide explique, étape par étape, comment obtenir le remboursement de votre véhicule incendié, comment contester une expertise ou un refus de l’assureur, et quels recours exercer contre l’auteur de l’incendie.

I. Voiture incendiée : assurance tiers ou tous risques, remboursement et valeur vénale

A. Voiture brûlée : assurance tiers ou assurance tous risques, la garantie incendie de votre contrat décide du remboursement

La première chose à comprendre, c’est que la loi n’oblige personne à assurer sa propre voiture contre l’incendie. L’assurance automobile obligatoire, celle que tout conducteur doit posséder, couvre uniquement la responsabilité civile, c’est-à-dire les dommages que votre véhicule cause aux autres. L’article L. 211-1 du code des assurances l’énonce sans détour : « Toute personne physique ou toute personne morale autre que l’Etat, dont la responsabilité civile peut être engagée en raison de dommages subis par des tiers résultant d’atteintes aux personnes ou aux biens dans la réalisation desquels un véhicule est impliqué, doit, pour faire circuler celui-ci, être couverte par une assurance garantissant cette responsabilité, dans les conditions fixées par décret en Conseil d’Etat. » Rouler sans cette garantie expose à des sanctions pénales et au paiement de sa poche de tous les dommages causés aux tiers, mais cette garantie ne rembourse jamais votre propre véhicule incendié. C’est la distinction fondamentale entre la règle légale, qui impose la responsabilité civile, et la clause contractuelle, qui seule peut protéger vos propres biens.

Pour votre moto, votre voiture ou votre camping-car qui a brûlé, tout dépend donc des garanties que vous avez souscrites en plus du minimum légal. La garantie incendie, souvent regroupée avec le vol dans une formule dite intermédiaire ou incluse dans le tous risques, est facultative. Si vous êtes assuré au tiers simple, sans garantie dommages, votre assureur ne vous versera rien pour votre véhicule détruit par le feu, même si l’incendie est d’origine accidentelle ou criminelle. Si vous avez souscrit une garantie incendie ou une formule tous risques, l’assureur doit indemniser la perte de votre véhicule, déduction faite de la franchise prévue au contrat. La même logique vaut pour la moto et pour le camping-car : ce sont des véhicules terrestres à moteur au sens de la loi, qui vise « tout véhicule automoteur destiné à circuler sur le sol et qui peut être actionné par une force mécanique sans être lié à une voie ferrée, ainsi que toute remorque ». Le camping-car aménagé entre dans la première catégorie, la caravane tractée dans la seconde, et les deux relèvent du même régime d’assurance automobile, pas de l’assurance habitation, même lorsqu’ils sont stationnés devant votre domicile.

Le montant versé par l’assureur n’est jamais libre. L’assurance de biens est un contrat d’indemnité, et l’article L. 121-1 du code des assurances pose la limite : « L’assurance relative aux biens est un contrat d’indemnité ; l’indemnité due par l’assureur à l’assuré ne peut pas dépasser le montant de la valeur de la chose assurée au moment du sinistre. » Concrètement, pour une voiture de dix ans partie en fumée, l’assureur paie la valeur vénale au jour de l’incendie, c’est-à-dire le prix qu’aurait valu le véhicule sur le marché de l’occasion juste avant le sinistre, et non son prix d’achat neuf, sauf clause de valeur à neuf ou de valeur majorée pendant les premiers mois, que certains contrats tous risques proposent. Pour une moto ancienne ou un camping-car aménagé avec des équipements coûteux, chaque accessoire doit être déclaré et justifié par facture, faute de quoi l’expert n’en tiendra pas compte. Rassemblez donc dès maintenant le certificat d’immatriculation, les factures d’achat et d’entretien, les photos anciennes du véhicule et la liste des options : ce dossier fera la différence au moment de l’expertise.

L’assureur peut refuser de payer en invoquant une exclusion ou votre propre faute, mais le droit encadre strictement ces refus. L’article L. 113-1 du code des assurances dispose : « Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute de l’assuré sont à la charge de l’assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police. Toutefois, l’assureur ne répond pas des pertes et dommages provenant d’une faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré. » Deux enseignements pour le propriétaire du véhicule incendié. D’abord, toute clause d’exclusion doit être formelle et limitée, c’est-à-dire précise et sans ambiguïté. La Cour de cassation l’a rappelé le 20 janvier 2022, dans un arrêt rendu à propos d’un incendie volontaire : « une telle clause d’exclusion ne peut être tenue pour formelle et limitée dès lors qu’elle doit être interprétée » (deuxième chambre civile, pourvoi n° 20-10.529). Si votre assureur écarte votre demande en se fondant sur une clause floue qu’il faut interpréter pour l’appliquer à votre cas, ce refus est contestable. Ensuite, la faute intentionnelle qui prive l’assuré de garantie suppose une volonté véritable de provoquer le dommage. Le 16 septembre 2021, la deuxième chambre civile a jugé que « la faute intentionnelle implique la volonté de créer le dommage tel qu’il est survenu et n’exclut de la garantie due par l’assureur à l’assuré, condamné pénalement, que le dommage que cet assuré a recherché en commettant l’infraction » (pourvoi n° 19-25.678). Autrement dit, une simple imprudence, un oubli ou même une infraction pénale sans volonté de détruire votre propre véhicule ne suffit pas à vous priver d’indemnisation. En revanche, si c’est vous qui avez mis le feu à votre voiture pour toucher l’assurance, l’exclusion joue et vous risquez en outre des poursuites pour escroquerie à l’assurance.

B. Incendie de voiture : déclaration en cinq jours, preuves à garder et contre-expertise sur la valeur vénale

Le temps joue contre vous après un incendie de véhicule, et la première urgence est administrative. Vous devez donner avis du sinistre à votre assureur dès que vous en avez connaissance et au plus tard dans le délai fixé par votre contrat. L’article L. 113-2 du code des assurances impose un plancher protecteur : « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. » En pratique, la plupart des contrats automobile reprennent un délai de cinq jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre. Déclarez donc par écrit, de préférence par lettre recommandée ou par l’espace client en conservant l’accusé de réception, en décrivant les faits tels que vous les connaissez : lieu et heure de stationnement, heure de découverte, intervention des pompiers, dépôt de plainte. Si l’incendie de Ghisonaccia s’est produit vers 3 h 40 et que vous découvrez votre voiture calcinée au réveil, le délai court à partir de cette découverte, pas à partir du départ de feu.

Un retard de déclaration n’entraîne pas automatiquement la perte de vos droits. La déchéance pour déclaration tardive doit d’abord être prévue par une clause de votre contrat, et l’article L. 113-2 ajoute deux garde-fous que beaucoup d’assurés ignorent : « Lorsqu’elle est prévue par une clause du contrat, la déchéance pour déclaration tardive au regard des délais prévus au 3° et au 4° ci-dessus ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard dans la déclaration lui a causé un préjudice. Elle ne peut également être opposée dans tous les cas où le retard est dû à un cas fortuit ou de force majeure. » Si votre assureur vous oppose une déclaration tardive, exigez qu’il démontre concrètement en quoi ce retard l’a empêché de constater le sinistre ou d’en limiter les conséquences, et vérifiez que la clause figure bien dans vos conditions générales. Dans le cas d’un incendie constaté par les pompiers et la gendarmerie, avec un procès-verbal et des photos, il est difficile pour l’assureur de soutenir qu’une déclaration au sixième jour plutôt qu’au cinquième lui aurait causé un préjudice.

Parallèlement à la déclaration, constituez votre dossier de preuves comme si vous prépariez déjà une contestation. Photographiez le véhicule sous tous les angles avant tout déplacement, conservez les débris significatifs, demandez une copie de l’intervention des sapeurs-pompiers et déposez plainte contre inconnu auprès de la gendarmerie ou du commissariat, en demandant le récépissé. La plainte n’est pas une simple formalité : elle déclenche l’enquête sur l’origine criminelle éventuelle du feu et son procès-verbal servira de pièce maîtresse, tant devant votre assureur que devant le tribunal si vous devez poursuivre l’auteur. Ne faites procéder à aucun enlèvement d’épave sans l’accord écrit de l’expert, et ne signez aucun document de cession du véhicule à l’assureur avant de connaître le montant proposé.

Vient ensuite l’expertise, étape décisive pour le montant de votre remboursement. L’expert mandaté par l’assureur examine l’épave, détermine l’origine probable du feu et chiffre la valeur du véhicule avant sinistre ainsi que la valeur de l’épave. Son rapport conditionne l’offre de l’assureur, mais il ne s’agit que de l’avis d’un technicien payé par la partie adverse, pas d’une décision de justice. Si la valeur vénale retenue vous paraît sous-évaluée, si l’expert écarte des équipements facturés ou s’il conclut à une origine suspecte qui justifierait un refus, vous pouvez demander une contre-expertise par un expert automobile indépendant de votre choix. Présentez à votre expert vos factures d’entretien récentes, le contrôle technique, les annonces de véhicules équivalents qui établissent la cote réelle du marché et, pour un camping-car, les factures d’aménagement intérieur. Adressez ensuite à l’assureur une contestation écrite et chiffrée, en joignant le rapport de votre expert. Si le désaccord persiste, la médiation de l’assurance, prévue par le code des assurances, permet souvent de débloquer le dossier, et le tribunal judiciaire reste compétent pour trancher en dernier ressort. Gardez en tête le délai couperet : « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance. » (article L. 114-1 du code des assurances). Deux ans pour agir contre votre assureur à compter de l’incendie, sans attendre indéfiniment l’issue de l’enquête pénale : passé ce délai, votre action sera déclarée irrecevable, même si votre demande est fondée sur le fond.

II. Incendie volontaire, explosion et attentat : recours contre l’auteur et fonds de garantie

A. Moto, voiture ou camping-car incendié par un tiers : responsabilité de l’auteur, action directe et la leçon corse de la cour d’appel de Bastia

Lorsque le feu a été mis volontairement par un tiers, ou lorsqu’il s’est propagé depuis le véhicule d’un voisin, un second débiteur entre en scène : l’auteur de l’incendie et son propre assureur. Le principe est posé par l’article 1240 du code civil : « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » Celui qui incendie volontairement la moto ou la voiture d’autrui commet une faute qui l’oblige à réparer l’intégralité du préjudice : valeur du véhicule, frais de remorquage et de gardiennage, frais de location d’un véhicule de remplacement pendant l’immobilisation, et, pour un camping-car utilisé comme logement de vacances, le coût des nuits d’hôtel et des vacances gâchées, dûment justifiés. Cette action en responsabilité appartient à la victime même si elle a déjà été indemnisée par son propre assureur, lequel, après vous avoir payé, se retourne contre le responsable par subrogation pour récupérer ce qu’il a versé.

L’intérêt pratique majeur, c’est que vous n’avez pas besoin d’attendre que l’auteur soit solvable ou identifié avec certitude pour être payé : vous pouvez agir directement contre son assureur. L’article L. 124-3 du code des assurances vous donne ce droit : « Le tiers lésé dispose d’un droit d’action directe à l’encontre de l’assureur garantissant la responsabilité civile de la personne responsable. » Si l’enquête identifie l’auteur du feu de Ghisonaccia, l’assureur de responsabilité civile de cet auteur devra répondre de vos dommages, dans la limite des plafonds de son contrat. Et si l’auteur n’est pas assuré ou reste inconnu, votre propre garantie incendie ou tous risques prend le relais pour votre véhicule, tandis que le dépôt de plainte préserve vos droits pour la suite.

Une décision rendue en Corse illustre parfaitement la situation des véhicules voisins d’un incendie volontaire, et elle mérite d’être connue de tous les sinistrés de Ghisonaccia. Le 9 juillet 2025, la cour d’appel de Bastia a jugé le cas d’un homme qui avait volontairement mis le feu à son propre véhicule, avec des tissus imbibés d’essence, pour tromper son assureur, et dont l’incendie s’était propagé aux voitures d’autres personnes stationnées à proximité. L’assureur de l’incendiaire refusait de garantir les voisins en invoquant la clause qui exclut les dommages intentionnellement causés par l’assuré. La cour a écarté l’exclusion : « les dommages aux autres véhicules n’ont pas été recherchés par l’assuré et sont par nature involontaires, avec, en conséquence, une inapplicabilité de la clause d’exclusion revendiquée » (cour d’appel de Bastia, chambre civile, 9 juillet 2025, RG n° 24/00423). Les juges ont relevé que l’intéressé n’avait « simplement pas pensé que le feu pouvait se propager à ces véhicules », et ils ont condamné son assureur à garantir les 3 350 euros et 34 600 euros alloués aux victimes. La leçon est claire : même quand l’incendie est volontaire à l’origine, l’assureur de l’auteur doit indemniser les tiers dont les véhicules ont brûlé par propagation, dès lors que ces dommages n’étaient pas recherchés. Si l’enquête sur les feux de Ghisonaccia établit qu’un véhicule a été incendié volontairement et que le vôtre a brûlé par propagation, cet arrêt constitue un précédent directement utilisable dans votre réclamation.

Pour un cas comparable où le feu parti d’une voiture a ravagé les alentours, vous pouvez utilement lire notre analyse du dossier de Donges, où l’incendie d’un véhicule avait détruit des champs et menacé une maison, avec le détail des recours entre assurance automobile et assurance habitation : incendie parti d’une voiture à Donges, qui paie et comment se faire indemniser. Et si votre logement lui-même a été touché par l’explosion survenue une semaine après l’incendie des véhicules, notre guide consacré aux maisons sinistrées de Ghisonaccia détaille la déclaration à l’assurance habitation et l’indemnisation du bâti : maison détruite par l’explosion à Ghisonaccia, assurance et indemnisation.

B. Explosion et acte de terrorisme à Ghisonaccia : garantie attentats de votre contrat auto et Fonds de garantie des victimes

Une semaine après l’incendie des trois véhicules, l’explosion qui a détruit une maison de Ghisonaccia dans la nuit du 25 au 26 septembre 2026, avec des inscriptions revendicatives et la saisine du parquet national antiterroriste rapportées par la presse nationale, change la donne pour les sinistrés : si votre moto, votre voiture ou votre camping-car a été endommagé par le souffle de cette explosion, ou si un incendie criminel de véhicule s’inscrit dans une action terroriste, des garanties spécifiques entrent en jeu. La prudence s’impose sur les qualifications : à ce jour, l’enquête est en cours et aucune juridiction ne s’est prononcée sur la nature exacte des faits, de sorte qu’il faut raisonner en hypothèses et vérifier, dans chaque dossier, si les conditions légales sont réunies.

Première hypothèse : votre contrat automobile comporte une garantie incendie ou une garantie dommages aux corps de véhicule, et le dommage matériel subi par votre voiture, votre moto ou votre camping-car résulte d’un attentat ou d’un acte de terrorisme au sens des articles 421-1 et 421-2 du code pénal. Dans ce cas, l’article L. 126-2 du code des assurances crée une garantie légale automatique : « Les contrats d’assurance garantissant les dommages d’incendie à des biens situés sur le territoire national ainsi que les dommages aux corps de véhicules terrestres à moteur ouvrent droit à la garantie de l’assuré pour les dommages matériels directs causés aux biens assurés par un attentat ou un acte de terrorisme tel que défini par les articles 421-1 et 421-2 du code pénal subis sur le territoire national. » Le texte précise que « La réparation des dommages matériels, y compris les frais de décontamination, et la réparation des dommages immatériels consécutifs à ces dommages sont couvertes dans les limites de franchise et de plafond fixées au contrat au titre de la garantie incendie ». Concrètement, si votre voiture tous risques stationnée près de la maison visée a perdu ses vitres et sa carrosserie sous l’effet du souffle, votre assureur automobile doit prendre en charge ces dommages matériels directs, dans la limite de la franchise et du plafond de votre garantie incendie. En revanche, si vous n’êtes assuré qu’au tiers sans garantie dommages, la garantie attentats ne crée pas à elle seule une couverture : elle s’ajoute à un contrat qui protège déjà le véhicule, elle ne remplace pas la garantie que vous n’avez pas souscrite. C’est une nouvelle illustration de la distinction entre la règle légale, qui étend automatiquement la protection, et la clause contractuelle, sans laquelle il n’y a rien à étendre. Vérifiez donc vos conditions particulières avant d’invoquer ce texte.

Deuxième hypothèse : l’incendie ou l’explosion a causé des blessures à des personnes, par exemple un habitant brûlé en tentant de déplacer sa moto ou un passant atteint par des projections. Pour les atteintes à la personne résultant d’un acte de terrorisme, la loi confie la réparation intégrale au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions. L’article L. 422-1 du code des assurances dispose : « la réparation intégrale des dommages résultant d’une atteinte à la personne est assurée par l’intermédiaire du fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions. » Ce fonds est alimenté par un prélèvement sur les contrats d’assurance de biens, ce qui signifie que chaque assuré y contribue sans le savoir par sa prime. La victime blessée doit adresser sa demande au fonds, qui instruit le dossier et formule une offre d’indemnisation couvrant l’ensemble des préjudices corporels, y compris le préjudice moral et les souffrances endurées. Attention à ne pas confondre les rôles : le fonds répare intégralement les atteintes à la personne, mais pas la tôle froissée de votre voiture, qui relève de votre assureur automobile ou de l’assureur du responsable. Si vous êtes à la fois blessé et propriétaire d’un véhicule détruit, deux procédures parallèles s’ouvrent : le fonds pour votre corps, l’assureur pour votre bien.

Dans tous les cas, ne laissez pas l’enquête pénale décider seule de votre sort financier. Déposez plainte, constituez-vous partie civile si une information judiciaire est ouverte, et transmettez chaque pièce à votre assureur : procès-verbal de plainte, certificat médical initial en cas de blessure, photographies, factures. Si l’auteur est identifié et condamné, la constitution de partie civile vous permet d’obtenir des dommages et intérêts devant le tribunal répressif, sans engager un second procès au civil. Et si l’enquête s’enlise, vos actions contre l’assureur restent enfermées dans le délai de deux ans de l’article L. 114-1 : c’est ce délai, pas celui de l’instruction, qui commande votre calendrier.

Conclusion

L’incendie qui a détruit une moto, une voiture et un camping-car à Ghisonaccia dans la nuit du 18 au 19 septembre 2026 rappelle une règle simple : en assurance automobile, seul le contrat protège vos propres biens, la loi n’imposant que la responsabilité envers les tiers. Vérifiez votre garantie incendie, déclarez le sinistre dans les cinq jours ouvrés, faites chiffrer la valeur vénale par un expert indépendant en cas de désaccord, et agissez dans les deux ans. Si le feu est volontaire, l’auteur et son assureur répondent de vos dommages par l’action directe, et la cour d’appel de Bastia a confirmé que l’assureur de l’incendiaire doit garantir les véhicules voisins brûlés par propagation. Si la piste terroriste se confirme pour l’explosion voisine, la garantie attentats de votre contrat automobile et le Fonds de garantie des victimes pour les blessures complètent le dispositif. Chaque situation mêle contrat, expertise et poursuites : faites-vous accompagner tôt, avant que les délais ne se referment.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».